{"id":421,"date":"2016-06-27T20:01:49","date_gmt":"2016-06-27T20:01:49","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=421"},"modified":"2016-06-28T00:14:32","modified_gmt":"2016-06-28T00:14:32","slug":"la-communaute-juive-dans-le-cinema-tunisien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-communaute-juive-dans-le-cinema-tunisien\/","title":{"rendered":"La communaut\u00e9 juive dans le cin\u00e9ma tunisien"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<font face=\"Times,Times New Roman\" size=\"6\"><font color=\"#808000\">La communaut&eacute; juive dans le cin&eacute;ma tunisien<\/font><\/font><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<font color=\"#808000\" face=\"Times,Times New Roman\" size=\"4\">F&eacute;rid Boughedir <\/font><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<font face=\"Times,Times New Roman\" size=\"4\">&nbsp;<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"3\">Dans son film autobiographique <i>Les jasmins de la V&eacute;randa<\/i>, Serge Moati a fix&eacute;, &agrave; l&#39;occasion de son retour dans son pays natal, les r&eacute;miniscences de sa m&eacute;moire d&#39;enfant, lorsqu&#39;il vivait encore &agrave; Tunis. Dans <i>L&#39;Homme de cendres<\/i> de Nouri Bouzid, une longue s&eacute;quence charg&eacute;e d&#39;&eacute;motion traduit la relation privil&eacute;gi&eacute;e qu&#39;entretenait un jeune Tunisien avec son vieil ami et ma&icirc;tre artisan de confession juive. Le commentaire que le cin&eacute;aste F&eacute;rid Boughedir a d&eacute;velopp&eacute; &agrave; la suite de la projection de ces deux films a &eacute;t&eacute; l&#39;occasion d&#39;exprimer ce qu&#39;a repr&eacute;sent&eacute;, pour de nombreux Tunisiens musulmans, la perte de cette dimension d&#39;eux-m&ecirc;mes qu&#39;&eacute;tait la communaut&eacute; juive de Tunisie.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"3\">Pour aborder le sujet de la place de la communaut&eacute; juive dans la soci&eacute;t&eacute; tunisienne, laissons la complaisance de c&ocirc;t&eacute; et pr&eacute;f&eacute;rons lui le franc parler, car c&#39;est en &eacute;voquant les d&eacute;chirures, les cloisonnements, tout ce qui est arriv&eacute; entre les deux communaut&eacute;s tunisiennes, juive et musulmane, que nous arriverons &agrave; les d&eacute;passer. Exil, s&eacute;paration, nostalgie, autant de blessures qui demeurent vives &mdash; &agrave; juste raison &mdash; pour beaucoup de juifs tunisiens qui ont quitt&eacute; la Tunisie voici une vingtaine ou une trentaine d&#39;ann&eacute;es et qui sont devenus aujourd&#39;hui &agrave; moiti&eacute; fran&ccedil;ais. Mais ces blessures, ils ne sont pas les seuls &agrave; en &ecirc;tre affect&eacute;s. Beaucoup parmi les Tunisiens musulmans, dont des intellectuels et hommes de culture, m&ecirc;me s&#39;ils ne le disent qu&#39;&agrave; moiti&eacute;, se sentent aussi orphelins depuis cette s&eacute;paration.<br \/>\n\tJe suis moi-m&ecirc;me orphelin de cette Tunisie plurielle, et ce n&#39;est pas seulement parce que je suis un enfant du Lyc&eacute;e Carnot de Tunis dont le centenaire est c&eacute;l&eacute;br&eacute; cette ann&eacute;e et o&ugrave; ce sont m&ecirc;l&eacute;s les enfants des communaut&eacute;s et des religions les plus diverses au sein de larges &quot;minorit&eacute;s&quot;. C&#39;est parce que durant cette p&eacute;riode, celle des ann&eacute;es soixante, tous les nationalismes dans tous les pays arabes ont laiss&eacute; partir leurs minorit&eacute;s et ont pratiqu&eacute; l&#39;exclusion. Ce qui s&#39;est pass&eacute; en Tunisie, c&#39;est ce que l&#39;&eacute;crivain tunisienne H&eacute;l&eacute; B&eacute;ji(<a href=\"\">1<\/a>) appelle &quot;le nationalitaire&quot; c&#39;est-&agrave;-dire lorsque le nationalisme se met &agrave; se nourrir d&#39;exclusion, qu&#39;il se met &agrave; rejeter tout ce qui n&#39;est pas strictement et orthodoxiquement national selon des param&egrave;tres &eacute;troits d&#39;appartenance &agrave; la nation. Face au ph&eacute;nom&egrave;ne nationalitaire, l&#39;intellectuel tunisien &mdash; de quelque confession qu&#39;il soit &mdash; voit cette exclusion; il voit aussi qu&#39;elle peut virer &agrave; l&#39;antis&eacute;mitisme, comme elle virerait &agrave; l&#39;anti-gauchisme, &agrave; l&#39;anti-marxisme, &agrave; l&#39;anti-tout ce qui n&#39;appartient pas au majoritaire.<br \/>\n\tJe suis fier en tant que Tunisien de cette volont&eacute; aujourd&#39;hui clairement et officiellement exprim&eacute;e de panser ces blessures et de marcher &agrave; nouveau les uns vers les autres. Je trouve que c&#39;est tr&egrave;s beau que cela se fasse si vite, 25 ans &agrave; peine apr&egrave;s la fracture de juin 1967 avec tous les probl&egrave;mes de &quot;l&agrave;-bas&quot; qui se sont r&eacute;percut&eacute;s chez nous. C&#39;est r&eacute;confortant de savoir que le contact est renou&eacute; avec cette dimension de nous m&ecirc;mes, avant qu&#39;il y ait une g&eacute;n&eacute;ration future de juifs tunisiens n&eacute;s &agrave; l&#39;&eacute;tranger et qui ignorent tout de la Tunisie. Ce moment que nous vivons est tr&egrave;s important car nous sommes en train de r&eacute;&eacute;crire une partie de notre histoire, de la v&eacute;ritable histoire de la Tunisie &mdash; le drame dans les pays &agrave; parti unique &eacute;tant que l&#39;histoire est trop souvent r&eacute;&eacute;crite d&#39;une certaine fa&ccedil;on, avec des exclusions, pas seulement &agrave; l&#39;encontre de la communaut&eacute; juive, d&#39;ailleurs, mais plut&ocirc;t selon les disgr&acirc;ces de l&#39;heure. Il s&#39;agit d&#39;&ecirc;tre capable, &agrave; un moment ou &agrave; un autre, de r&eacute;tablir la v&eacute;rit&eacute;. Je sens que c&#39;est ce que nous faisons aujourd&#39;hui.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"3\">A propos du sujet plus sp&eacute;cifique du Juif dans le cin&eacute;ma tunisien, je commencerai par &eacute;voquer le personnage de Albert Samama, dit Samama Chikly, qui fut le premier cin&eacute;aste tunisien. Certains disent que ce surnom lui vient d&#39;une joyeuse confr&eacute;rie qui s&#39;appelait <i>Les Pompiers de l&#39;Ile de Chikly<\/i>, cette petite &icirc;le situ&eacute;e sur le lac de Tunis o&ugrave; Albert Samama organisait des f&ecirc;tes. Ce personnage extraordinaire &eacute;tait d&#39;une curiosit&eacute; telle qu&#39;il a &eacute;t&eacute; le premier &agrave; introduire une multitude de nouveaut&eacute;s en Tunisie, dont d&#39;ailleurs, le cin&eacute;ma. Avant d&#39;amener le cin&eacute;ma, il a &eacute;t&eacute; le premier &agrave; introduire la bicyclette, le t&eacute;l&eacute;graphique sans fil, le premier appareil &agrave; rayons X dans un h&ocirc;pital de Tunis&hellip; Comme il &eacute;tait passionn&eacute; de photographie, il s&#39;est tourn&eacute; tout naturellement vers le cin&eacute;ma, en 1895, lorsque le cin&eacute;ma a &eacute;t&eacute; invent&eacute;. Deux ans apr&egrave;s, Albert Samama Chikly organisait des projections de films en Tunisie. Non content de filmer sur terre, cet inventeur curieux et touche-&agrave;-tout, a effectu&eacute; la premi&egrave;re prise de vue en ballon entre Hammam-lif et Grombalia puis les premi&egrave;res prises de vue sous-marines. Il filme ensuite le tremblement de terre de Messine, une p&ecirc;che au thon pour le Prince de Monaco, et pendant la Guerre 14-18, les tranch&eacute;s de Verdun. Apr&egrave;s toutes ces r&eacute;alisations exp&eacute;rimentales, il d&eacute;cide de faire son premier court m&eacute;trage. C&#39;&eacute;tait en 1922. Il tourne <i>Zohra<\/i>, l&#39;histoire d&#39;une jeune fille fran&ccedil;aise qui tombe d&#39;un avion et qui est recueillie par une tribu b&eacute;douine tunisienne. Le film d&eacute;crit la vie de cette tribu dans tous ses d&eacute;tails. Il en avait confi&eacute; le r&ocirc;le principal &agrave; sa fille Hayd&eacute;e (elle vit toujours en Tunisie, plus pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; la rue de Marseille &agrave; Tunis). Je donnerai cher pour retrouver ces films que je cherche depuis longtemps. Un grand r&eacute;alisateur de Hollywood, Rex Ingram, auteur notamment de <i>Ben Hur<\/i>, avait demand&eacute; &agrave; Hayd&eacute;e Chikly de jouer dans un de ses films. Son p&egrave;re s&#39;y &eacute;tait oppos&eacute; et c&#39;est ainsi qu&#39;au lieu de laisser sa fille aller &agrave; Hollywood, Samama Chikly a d&eacute;cid&eacute; de ramener Hollywood jusqu&#39;&agrave; sa fille. Il r&eacute;alise donc<i> A&iuml;n el Ghazal <\/i>ou <i>La Fille de Carthage<\/i>, premier long m&eacute;trage de Tunisie r&eacute;alis&eacute; par un Tunisien.<br \/>\n\tApr&egrave;s ce long m&eacute;trage de Samama Chikly, de nombreux films coloniaux sont tourn&eacute;s en Tunisie et on n&#39;entend plus parler de celui qui fut le p&egrave;re du cin&eacute;ma tunisien. Sur la tombe de Samama Chikly, on peut lire cet &eacute;pitaphe: <i>&quot;Inlassable dans la curiosit&eacute;, t&eacute;m&eacute;raire dans le courage, audacieux dans l&#39;entreprise, obstin&eacute; dans l&#39;&eacute;preuve, r&eacute;sign&eacute; dans le malheur, il laisse des amis&quot;.<\/i><br \/>\n\tA l&#39;ind&eacute;pendance, il y avait en activit&eacute; deux cin&eacute;astes tunisiens professionnels, l&#39;un juif et l&#39;autre musulman. Le juif c&#39;est Andr&eacute; Bessis qui r&eacute;alise les premi&egrave;res actualit&eacute;s tunisiennes film&eacute;es sous le titre <i>Al-Aahd al-Jadid<\/i> (la nouvelle &egrave;re); l&#39;autre est M&#39;hamed Kouidi, qui r&eacute;alise son premier film en 1956 sur l&#39;Assembl&eacute;e nationale constituante tunisienne. Puis, la premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration de cin&eacute;astes form&eacute;s &agrave; l&#39;IDHEC de Paris int&egrave;grent la Soci&eacute;t&eacute; tunisienne de production et d&#39;exploitation cin&eacute;matographique (SATPEC) ou la Radio T&eacute;l&eacute;vision Tunisienne (RTT). C&#39;est seulement dix ans apr&egrave;s que Omar Kh&eacute;lifi passe du cin&eacute;ma amateur au cin&eacute;ma professionnel en tournant en 1966 le premier long m&eacute;trage de fiction r&eacute;alis&eacute; par un Tunisien apr&egrave;s l&#39;ind&eacute;pendance <i>Al-Fajr<\/i> (L&#39;aube).<br \/>\n\tEn 1986, apr&egrave;s une longue p&eacute;riode o&ugrave; il ne se passe rien de vraiment marquant, il se produit un coup de tonnerre avec <i>L&#39;Homme de cendres<\/i> r&eacute;alis&eacute; par Nouri Bouzid. Jusque-l&agrave;, si on cherche l&#39;image du juif tunisien dans le cin&eacute;ma tunisien, on ne la trouve gu&egrave;re. Le personnage du juif tunisien est certes pr&eacute;sent, quoique rarement, dans des sketches radiophoniques, dont certains ont &eacute;t&eacute; &eacute;crits par le professeur Albert Hayoun ex-professeur d&#39;anglais, et d&#39;autres par Mongi Ben Ya&iuml;che; on la trouve aussi dans certaines pi&egrave;ces de th&eacute;&acirc;tre t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es. Je citerai en particulier une pi&egrave;ce du genre comique intitul&eacute;e <i>Ech-ch&eacute;faa mil Kh&eacute;laa <\/i>(J&#39;en ai marre de la vill&eacute;giature); on y voit une famille de Tunisois musulmans qui, pour pr&eacute;parer ses vacances, part &agrave; la recherche d&#39;une maison &agrave; louer &agrave; la banlieue nord de Tunis, du c&ocirc;t&eacute; de La Goulette et de Khr&eacute;reddine. La n&eacute;gociation avec D&eacute;d&eacute;, un Tunisien juif, pour le prix de la location est assez ardue, mais ils finissent par se mettre d&#39;accord.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<i><font size=\"3\">L&#39;Homme de cendres<\/font><\/i><font size=\"3\"> fut un &eacute;v&eacute;nement capital dans le cin&eacute;ma tunisien. Ce film raconte le drame personnel d&#39;un jeune Tunisien graveur sur bois de profession (<i>naccache<\/i>) qui a &eacute;t&eacute; form&eacute; par un ma&icirc;tre-menuisier juif qui s&#39;appelle L&eacute;vy; le film aborde beaucoup de sujets tabous dans la soci&eacute;t&eacute; tunisienne, dont l&#39;un particuli&egrave;rement grave: celui du viol des jeunes gar&ccedil;ons qui r&eacute;sulte, entre autres, de la s&eacute;paration stricte entre les deux sexes. Dans ce film, le jeune gar&ccedil;on qui a subi un viol dans son enfance, se pr&eacute;pare &agrave; se marier. Il s&#39;agit d&#39;un mariage arrang&eacute; entre les parents des futurs &eacute;poux. Au moment du mariage, le jeune homme est saisi d&#39;une grande angoisse car il se demande s&#39;il est encore viril apr&egrave;s ce qui lui est arriv&eacute; et s&#39;il peut encore se marier. Comme il n&#39;ose pas en parler avec son p&egrave;re, il va revoir son ma&icirc;tre le vieux L&eacute;vy, celui qui lui a appris son m&eacute;tier, pour lui confesser son lourd secret. Lorsque ce film est pass&eacute; au festival de Cannes en 1986, et dans le climat de cette &eacute;poque, beaucoup de critiques notamment proche-orientaux ont tax&eacute; le film de sioniste parce qu&#39;il y avait le personnage du Juif L&eacute;vy. Si bien que lorsque le film a &eacute;t&eacute; programm&eacute; aux Journ&eacute;es cin&eacute;matographiques de Carthage(<a href=\"\">2<\/a>), des jeunes ont distribu&eacute; des tracts devant la salle de cin&eacute;ma Le Colis&eacute;e o&ugrave; le film &eacute;tait programm&eacute; le qualifiant de sioniste et appelant &agrave; le boycotter. Le film est n&eacute;anmoins programm&eacute; et au cours du d&eacute;bat, certains appellent &agrave; l&#39;interdire. Nouri Bouzid r&eacute;pond: &quot;Vous voulez effacer une partie de ma m&eacute;moire! Je ne vous permettrai pas d&#39;amputer une partie de ma culture&quot;. Il ajoute que &quot;ceux qui veulent &agrave; tout prix confondre &quot;juif&quot; et &quot;sioniste&quot; ont le m&ecirc;me raisonnement que ceux qui en Europe, veulent confondre &quot;arabe&quot; et &quot;terroriste&quot; ou &quot;musulman&quot; et &quot;fanatique&quot;. Tout ce d&eacute;bat reste dans le cadre de la joute id&eacute;ologique qu&#39;on a connu dans les cin&eacute;-clubs &agrave; l&#39;&eacute;poque de la culture sur-politis&eacute;e des ann&eacute;es 70. Une com&eacute;dienne &eacute;gyptienne, Ferdaous Abdelhamid, qui jouait dans un film en comp&eacute;tition et qui voulait &agrave; tout prix le Prix d&#39;interpr&eacute;tation f&eacute;minine, cherchant &agrave; tirer profit de la situation, n&#39;a rien trouv&eacute; de mieux que de se r&eacute;pandre en interviews venimeuses demandant le retrait de <i>L&#39;Homme de cendres<\/i> de la comp&eacute;tition officielle le qualifiant de &quot;pro-isra&eacute;lien&quot;, &quot;anti-arabe&quot;, etc. Vaine campagne, car le jury d&eacute;cide d&#39;attribuer le Tanit d&#39;Or &agrave; ce film. L&#39;actrice ulc&eacute;r&eacute;e, monte sur sc&egrave;ne et d&eacute;clare: &quot;Le jury de ce festival n&#39;a pas cru devoir me d&eacute;cerner de prix; mais le vrai jury reste le public tunisien qui raffole des feuilletons &eacute;gyptiens&quot;. L&#39;&eacute;preuve de v&eacute;rit&eacute; ne tardera pas &agrave; arriver pour d&eacute;mentir ce jugement. En effet, lorsque <i>L&#39;Homme de cendres <\/i>sort dans le circuit commercial en Tunisie, on s&#39;aper&ccedil;oit que non seulement toute cette campagne hostile ne laisse aucune trace; mais il se passe le contraire. Le film s&#39;affirme comme un triomphe populaire et r&eacute;alise le record de recettes absolu en Tunisie depuis l&#39;existence du cin&eacute;ma, battant des films comme <i>Rambo<\/i> et <i>Rocky<\/i>. Il sera par la suite rattrap&eacute; et d&eacute;pass&eacute; par de nouveaux films tunisiens. Avec l&#39;accueil r&eacute;serv&eacute; par le public &agrave; L&#39;Homme de cendres, il y a lieu d&#39;&ecirc;tre rassur&eacute;&hellip; malgr&eacute; tout ce qui a pu se passer, sur la mod&eacute;ration et la tol&eacute;rance qui continuent &agrave; caract&eacute;riser les Tunisiens.<br \/>\n\tIl y d&#39;autres films en relation avec ce sujet: <i>Les Jasmins de la v&eacute;randa <\/i>de Serge Moati, qui a fix&eacute; le moment charg&eacute; d&#39;&eacute;motion o&ugrave; le cin&eacute;aste retourne en Tunisie, son pays d&#39;origine, apr&egrave;s de nombreuses ann&eacute;es d&#39;absence; <i>Le Nombril du monde<\/i> de Ariel Zeitoun, tourn&eacute; en Tunisie en 1993, un film autobiographique &mdash; l&#39;histoire de son propre p&egrave;re &mdash; dont le r&ocirc;le principal est interpr&eacute;t&eacute; par Michel Boujenah; le documentaire de Mounir Baaziz sur le p&eacute;lerinage de la Ghriba r&eacute;alis&eacute; &eacute;galement en 1993. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"3\">Le dialogue intercommunautaire et interconfessionnel en Tunisie semble bouger de mani&egrave;re significative gr&acirc;ce au cin&eacute;ma. D&#39;autres projets de films existent: celui de Selma Baccar sur Habiba M&#39;sika, la grande chanteuse juive tunisienne. Je traiterai moi-m&ecirc;me dans mon prochain film qui s&#39;appellera <i>TGM <\/i>ou <i>Un &eacute;t&eacute; &agrave; la Goulette &mdash;<\/i> dont l&#39;id&eacute;e existe depuis quatre ans &mdash; de la communaut&eacute; juive tunisienne. Je n&#39;ai pas attendu qu&#39;il y ait un feu vert pour m&#39;int&eacute;resser &agrave; cette dimension capitale de notre identit&eacute; tunisienne. Je n&#39;ai pas attendu non plus que le sujet soit dans l&#39;air du temps.<br \/>\n\tSans faire de complaisance et sans nier les vrais cloisonnements ni les vraies discriminations, je crois que la Tunisie a un g&eacute;nie sp&eacute;cifique qui appartient &agrave; tous ses enfants et auquel ils ont tous contribu&eacute;. C&#39;est pour cela que les amputations de la m&eacute;moire ou de la structure socio-culturelle, m&ecirc;me temporaires, sont toujours regrettables.<br \/>\n\tPuisque nous sommes, aujourd&#39;hui, en train de recoudre ces morceaux de m&eacute;moire, je suis tr&egrave;s fier de dire qu&#39;avec l&#39;exp&eacute;rience, entre autres, de <i>L&#39;homme de cendres<\/i>, on a vu une fois de plus qu&#39;&quot;en Tunisie, c&#39;est possible&quot;. Alors faisons ensemble, &agrave; partir d&#39;aujourd&#39;hui toujours davantage, pour que ce soit tous les jours de plus en plus possible.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<a href=\"\"><font size=\"3\">F&eacute;rid Boughedir<\/font><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"2\"><a name=\"Notes\"><strong>Notes<\/strong><\/a> :<br \/>\n\t1.<i> Tunis au XVIIe si&egrave;cle. Une cit&eacute; barbaresque au temps de la course<\/i>, Editions L&#39;Harmattan, Paris, 1989 et <i>Histoire des juifs de Tunisie, des origines &agrave; nos jours<\/i>, Editions L&#39;Harmattan, Paris, 1991.<br \/>\n\t2. E. Pellissier, <i>Description de la R&eacute;gence de Tunis<\/i>, Paris, 1853, p. 186.<\/font><\/p>\n<p><!--mstheme--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La communaut&eacute; juive dans le cin&eacute;ma tunisien F&eacute;rid Boughedir &nbsp; Dans son film autobiographique Les jasmins de la V&eacute;randa, Serge Moati a fix&eacute;, &agrave; l&#39;occasion de son retour dans son pays natal, les r&eacute;miniscences de sa m&eacute;moire d&#39;enfant, lorsqu&#39;il vivait encore &agrave; Tunis. 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