{"id":42856,"date":"2026-10-03T03:28:57","date_gmt":"2026-10-03T03:28:57","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=42856"},"modified":"2026-10-03T03:28:57","modified_gmt":"2026-10-03T03:28:57","slug":"alain-giami-souvenirs-de-nabeul","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/alain-giami-souvenirs-de-nabeul\/","title":{"rendered":"Alain Giami : souvenirs de Nabeul"},"content":{"rendered":"<h2><\/h2>\n<\/p>\n<hr\/>\n<hr\/>\n<p><strong>SOUVENIRS DE TUNISIE<br \/> <\/strong><\/p>\n<p><strong><br \/> Mes parents sont originaires de Tunisie de m\u00eame que toute ma famille.<br \/> Du cot\u00e9 de ma m\u00e8re ce sont les Mamou, et du cot\u00e9 de mon p\u00e8re les Giami.<br \/> Je ne suis pas n\u00e9 en Tunisie, mai j&rsquo;y suis arriv\u00e9 en 1939 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 2 ans lorsque la guerre a commenc\u00e9. Bien sur je n&rsquo;ai pas de souvenirs de ce moment l\u00e0. Je sais que nous habitions \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque en banlieue parisienne \u00e0 Villiers sur Marne o\u00f9 mon p\u00e8re s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9 en tant que M\u00e9decin G\u00e9n\u00e9raliste. Compte tenu des \u00e9v\u00e9nements de l&rsquo;\u00e9poque et du fait que nous n&rsquo;avions aucune famille en France, il \u00e9tait bien naturel que mon p\u00e8re nous emm\u00e8ne en Tunisie aupr\u00e8s des parents de ma m\u00e8re.<\/p>\n<p> NONO<\/p>\n<p> Comme famille j&rsquo;avais :<br \/> Isaac et Marie Mamou \u00e0 Nabeul, les parents de ma m\u00e8re, que j&rsquo;appelais Nono et M\u00e9m\u00e9. Nono je l&rsquo;ai toujours connu avec une longue barbe blanche et un air s\u00e9rieux. J&rsquo;avais beaucoup de respect pour lui bien qu&rsquo;il ne soit pas s\u00e9v\u00e8re. Il habitait sur la place principale<br \/> de Nabeul, et on acc\u00e9dait \u00e0 la maison en empruntant une ruelle d&rsquo;une trentaine de m\u00e8tre de long. On empruntait ensuite un escalier qui menait \u00e0 la partie habitable dont je me souviens. Nos voisins imm\u00e9diats \u00e9taient des juifs et des arabes.<br \/> Je n&rsquo;ai jamais vraiment su \u00e0 cette \u00e9poque si Nono avait une profession ou un travail. Il avait une sorte de bureau pr\u00e8s de l&rsquo;entr\u00e9e de la ruelle, qui donnait sur la place, et souvent il \u00e9tait assis devant l&rsquo;entr\u00e9e de ce bureau. Il recevait des gens, r\u00e9guli\u00e8rement des mendiants et des gens tr\u00e8s pauvres venaient recevoir de l&rsquo;argent. C&rsquo;\u00e9tait une sorte de rituel. Je savait aussi qu&rsquo;il \u00e9tait une sorte de sage, et qu&rsquo;il recevait des gens qui avaient des conflits entre eux, pour essayer de r\u00e9soudre leur probl\u00e8me avant d&rsquo;aller devant un juge.<br \/> Je me souviens aussi que Nono coupait le cou aux poulets et aux canards, c&rsquo;\u00e9tait certainement parce qu&rsquo;il \u00e9tait tr\u00e8s religieux et qu&rsquo;il savait faire cela dans les r\u00e8gles de l&rsquo;art et de la religion. Cela m&rsquo;a beaucoup frapp\u00e9 car j&rsquo;ai le souvenir que lorsque des gens lui apportaient l&rsquo;animal vivant, l&rsquo;op\u00e9ration \u00e9tait tr\u00e8s rapide, une fois le cou du volatile coup\u00e9, il le jetait dans la ruelle, et bien que n&rsquo;ayant plus de t\u00eate l&rsquo;animal se mettait \u00e0 courir \u00e0 toute allure dans la ruelle en se cognant contre les murs ! .<br \/> Ce n&rsquo;est que lorsque j&rsquo;ai eu 6 ans, peut avant de quitter la Tunisie que j&rsquo;ai su que Nono \u00e9tait rabbin. Sur la place de Nabeul, je me rappelle d&rsquo;une pharmacie, d&rsquo;un caf\u00e9 et que la place \u00e9tait ovale, avec un terre plein en son milieu o\u00f9 il devait y avoir des grand palmiers. Il y avait aussi les cal\u00e8ches. Elles avaient une capote pour prot\u00e9ger les passager du soleil, et nous permettait de nous cacher du cocher lorsque nous nous accrochions derri\u00e8re pour se faire promener gratuitement. Mais, souvent le cocher s&rsquo;en rendait compte, et il donnait un grand coup de fouet en arri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;aveuglette, qui bien souvent nous obligeait \u00e0 nous d\u00e9crocher.<\/p>\n<p> Lorsqu&rsquo;il se mettait \u00e0 pleuvoir assez fort, l&rsquo;eau commen\u00e7ait \u00e0 monter dans la rue, sans doute faute d&rsquo;\u00e9gout, et les cal\u00e8ches avaient pratiquement de l&rsquo;eau jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;essieu.<\/p>\n<p> Nono \u00e9tait riche ( il avait d\u00fb h\u00e9riter de ses parents ), il poss\u00e9dait beaucoup de maisons et d&rsquo;immeuble en dehors de Nabeul, des vergers, des magasins&#8230; Je me souviens que je passait prendre des g\u00e2teaux dans un magasin sur la place et que je ne payais pas, car le marchand savait que j&rsquo;\u00e9tais le fils de Nono.<\/p>\n<p> ALAIN MANGE!<br \/> Le matin passait le marchand de beignets \u00e0 l&rsquo;huile en criant quelque chose &#8211; c&rsquo;\u00e9tait un d\u00e9lice. Mais souvent aussi j&rsquo;avais droit au petit d\u00e9jeuner \u00e0 une sorte de poudre blanche m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 de l&rsquo;eau et qui \u00e9tait je crois du &lsquo;draw\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb, qui \u00e9tait sens\u00e9e me fortifier et que je ha\u00efssais par-dessus tout. D&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale je n&rsquo;\u00e9tait pas facile \u00e0 faire manger. Bien souvent au moment du repas plusieurs personnes se tenaient autour de moi, et on me donnait \u00e0 manger \u00e0 la cuill\u00e8re. Au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;on m&rsquo;enfournait la nourriture dans la bouche, celle ci se remplissait car je n&rsquo;avalais pas. On me disait &lsquo;une cuill\u00e8re pour maman&rsquo;, &lsquo;une cuill\u00e8re pour m\u00e9m\u00e9 &lsquo; etc. , tandis qu&rsquo;une autre personne se mettait \u00e0 taper dans les mains en esquissant une danse du ventre, mais souvent il fallait insister, et la phrase qui revenait le plus souvent \u00e9tait &lsquo;Alain Man&#8230;ge&rsquo;, &lsquo;Alain Man&#8230;ge&rsquo; &#8230;. et ce \u00e0 tel point que lorsque je sortais dans la ruelle,<br \/> les voisins arabes qui ne comprenaient pas bien le Fran\u00e7ais, me disaient &lsquo;bonjour alainmange&rsquo;.<\/p>\n<p> LA MAISON DE NABEUL<br \/> La maison \u00e0 Nabeul \u00e9tait tr\u00e8s grande. Il y avait beaucoup de pi\u00e8ces. Certain endroits de la maison m&rsquo;\u00e9taient interdit et bien s\u00fbr c&rsquo;est surtout l\u00e0 que je voulais aller. La maison \u00e9tait \u00e0 la fois une maison et un appartement. Il n&rsquo;y avait pas de jardin, mais \u00e0 cot\u00e9 de la cuisine il y avait une cour \u00e0 ciel ouvert avec des poulaillers. Le matin ma grand-m\u00e8re allaient y chercher les \u009cufs &#8211; j&rsquo;adorai l&rsquo;\u009cuf battu avec beaucoup de sucre. Il y avait une \u00e9norme salle de bain, qui en fait \u00e9tait une chambre dans laquelle avaient \u00e9t\u00e9 install\u00e9s une baignoire, une douche et un lavabo. Comme il y avait beaucoup de place, on y avait install\u00e9 des grandes tringles auxquelles \u00e9taient suspendus tous les costumes de Nono, et il en avait beaucoup. Si bien qu&rsquo;un jour avec la douche j&rsquo;ai arros\u00e9 tous les costumes soigneusement rang\u00e9s, puis je suis all\u00e9 voir ma grand-m\u00e8re pour lui dire na\u00efvement qu&rsquo;il pleuvait dans la salle de bain&#8230;.<\/p>\n<p> La salle \u00e0 manger \u00e9tait au centre de l&rsquo;habitation. Le seul jour o\u00f9 je mangeais \u00e0 la m\u00eame table que Nono \u00e9tait le vendredi soir et le samedi. Bien s\u00fbr je n&rsquo;avais qu&rsquo;une envie, c&rsquo;\u00e9tait de quitter la table pour aller jouer. Alors que tous les autres essayaient de me faire manger, mon grand-p\u00e8re lui, s&rsquo;en fichait royalement, et je crois que c&rsquo;est la raison pour laquelle quand j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 table je mangeais sans probl\u00e8mes.<\/p>\n<p> A partir de la salle \u00e0 manger on pouvait aller dans une pi\u00e8ce dont je me rappelle parfaitement, car c&rsquo;est l\u00e0 que ma m\u00e8re et mes 2 tantes ont \u00e9t\u00e9 mises en quarantaine lorsqu&rsquo;elles ont attrap\u00e9 la typho\u00efde. Une tr\u00e8s grande pi\u00e8ce encore avec tout autour des<br \/> banquettes qui faisaient le tour complet de la pi\u00e8ce, et sur lesquelles je courrait \u00e0 toute vitesse pour m&rsquo;amuser. En plus lorsque je montais sur ces banquettes je me trouvais \u00e0 la hauteur des fen\u00eatres pour attraper les mouches sur les vitres. Je les coin\u00e7ais dans un coin du carreau puis d\u00e9licatement je leur arrachais les ailes pour les remettre ensuite par terre et les regarder marcher. Pour ma d\u00e9fense je dois pr\u00e9ciser que c&rsquo;est mon oncle Archim\u00e8de qui m&rsquo;avait appris cela. Donc je n&rsquo;\u00e9tais pas responsable&#8230;..<\/p>\n<p> LES ALLEMANDS &#8211; LA RUE DES ALLIES<\/p>\n<p> A une certaine p\u00e9riode nous habitions dans une rue qui s&rsquo;appelait la rue des alli\u00e9s. Je me rappelle que nous n&rsquo;\u00e9tions pas loin de la gare de Nabeul, et qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la rue il y avait des fils barbel\u00e9s que nous \u00e9tions oblig\u00e9s de contourner \u00e0 pied pour arriver \u00e0 la maison.<br \/> Je devais avoir 6 ans \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque et mon p\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 Nabeul et il \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e.<br \/> Bien s\u00fbr j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s fi\u00e8re de savoir que mon p\u00e8re \u00e9tait \u00e0 la guerre et je savais que les Allemands \u00e9taient les ennemi. Mon cousin Jos\u00e9 Kayat devait avoir seize ans \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Je me souviens que nous \u00e9tions sur le chemin qui conduisait de la maison de mon grand-p\u00e8re \u00e0 notre appartement dans la rue des alli\u00e9s. Je lui tenais la main et de loin nous voyons approcher \u00e0 notre rencontre un officier allemand dans son bel uniforme avec ses bottes en cuir. Alors que nous sommes sur le point de le croiser le je m&rsquo;arr\u00eate soudainement en face de lui, je l\u00e2che la main de Jos\u00e9, je pointe mon doit vers l&rsquo;officier et je lui dis : \u00ab\u00a0Sale boche.. Quand mon p\u00e8re<br \/> reviendra de la guerre il te tuera avec son gros pistolet !\u00a0\u00bb. Je pense que l&rsquo;Allemand n&rsquo;a rien compris et qu&rsquo;il \u00e0 poursuivi son chemin.<br \/> Mais ce dont je me rappelle bien c&rsquo;est que voulant reprendre la main de mon cousin, je ne l&rsquo;ai plus trouv\u00e9e, car Jos\u00e9, lui avait bien compris et avait pris les jambes \u00e0 son cou pour aller se cacher.\u00a0 Il faut dire que le fait que mon p\u00e8re soit absent n&rsquo;arrangeait pas les choses quant \u00e0 mon \u00e9ducation du fait de l&rsquo;absence d&rsquo;une autorit\u00e9 paternelle et en plus comme il \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e, toute la famille avait envisag\u00e9 que je puisse devenir orphelin et que par cons\u00e9quent il<br \/> fallait me m\u00e9nager. Donc si quelqu&rsquo;un me grondait, il y avait toujours quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre pour dire \u00a0\u00bb le pauvre, son p\u00e8re n&rsquo;est pas l\u00e0&#8230;\u00a0\u00bb.<br \/> J&rsquo;avais tr\u00e8s bien compris le parti que je pouvais tirer de cette situation et je ne m&rsquo;en privais pas. C&rsquo;est pourquoi je faisais tellement de b\u00eatises et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de r\u00e9primandes&#8230;. . <br \/> Je fouinais partout, et j&rsquo;avais remarqu\u00e9 qu&rsquo;il existait une cachette dans la maison. Elle se trouvait sous le carrelage dans une des pi\u00e8ces, et il suffisait de soulever 2 ou 3 carreaux par terre pour acc\u00e9der \u00e0 un trou o\u00f9 l&rsquo;on pouvait cacher des choses. Je suppose que cela pouvait \u00eatre des bijoux par exemple. J&rsquo;avais aussi remarqu\u00e9 qu&rsquo;on utilisait cette cachette lorsque les Allemands \u00e9taient dans les parages. Et bien s\u00fbr, un jour que l&rsquo;on me refusait quelque chose que j&rsquo;avais demand\u00e9 j&rsquo;ai menac\u00e9 de r\u00e9v\u00e9ler la cachettes aux allemands&#8230; Quel sale gosse !<\/p>\n<p> L&rsquo;OUED SAHIR<br \/> Mes grands-parents avaient une maison de vill\u00e9giature ou nous allions passer l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et qui se trouvait \u00e0 l&rsquo;Oued Sahir.<br \/> L\u00e0 il faisait beaucoup plus frais qu&rsquo;\u00e0 Nabeul et il avait un peu de vent. Bien s\u00fbr l&rsquo;oued \u00e9tait vide et \u00e0 sec. Par contre des qu&rsquo;il y avait un orage Il se remplissait rapidement et parfois m\u00eame arrivait \u00e0 d\u00e9border. Nous \u00e9tions \u00e0 quelques kilom\u00e8tres \u00e0 peine de Nabeul..<\/p>\n<p> Pendant la guerre nous allions souvent la bas non pas pour la fra\u00eecheur mais parce qu&rsquo;il y avait des tranch\u00e9es pour se cacher lors des alertes. Je me rappelle parfaitement y \u00eatre descendu \u00e0 plusieurs reprises surtout pendant la nuit et immanquablement c&rsquo;est toujours \u00e0 ce moment l\u00e0 que j&rsquo;avais envie de faire pipi. Peut \u00eatre \u00e0 cause de la peur&#8230; . Il y avait avec nous \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque mon oncle Archimede. Il n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s courageux \u00e0 ce moment l\u00e0, car une fois ma m\u00e8re avait oubli\u00e9 de prendre ma s\u009cur Mich\u00e8le \u00e2g\u00e9e alors de 3 ans ( \u00e0 quoi pensait-elle ?) et mon oncle avait refus\u00e9 d&rsquo;aller la chercher. (Cette anecdote n&rsquo;est pas un souvenir mais m&rsquo;a \u00e9t\u00e9<br \/> rapport\u00e9 par ma m\u00e8re.) <br \/> Je ne me rappelle pas avoir entendu de bombes tomber, par contre nous avions retrouve un jour une sorte de v\u00e9hicule militaire blind\u00e9 abandonn\u00e9 parce qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait enlis\u00e9 dans les sables de l&rsquo;oued.<br \/> Vers la fin de la guerre , nous \u00e9tions \u00e0 l&rsquo;Oued en \u00e9t\u00e9. Mon cousin Jos\u00e9 Kayat et moi dormions dans la m\u00eame chambre que mon grand p\u00e8re Nono. A cette \u00e9poque pour une raison dont je ne me souviens plus , Jos\u00e9 avait droit \u00e0 une grosse cuill\u00e8re \u00e0 soupe miel tout les soirs avant de se coucher. Peut \u00eatre \u00e9tait il an\u00e9mique ou avait-il maigri &#8230; bref, le fait est que lui avait droit au miel et moi non. Dans la chambre nous dormions chacun sur une banquette. Donc ce vendredi soir, dans la p\u00e9nombre, (c&rsquo;\u00e9tait chabat et il n&rsquo;y avait aucune lumi\u00e8re allum\u00e9e dans la chambre.) mon grand p\u00e8re prend le grand pot de miel sur une \u00e9tag\u00e8re au-dessus de son lit,<br \/> remplit une cuill\u00e8re \u00e0 soupe et l&rsquo;enfourne dans la bouche grande ouverte de Jos\u00e9 qui attendait la bouche grande ouverte \u00e9videmment.<br \/> Moi, de mon cot\u00e9 je les regardais avec le yeux grand ouverts et envie. Nono remet ensuite le pot de miel \u00e0 sa place sur l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re au-dessus de son lit. Puis dans la p\u00e9nombre nous nous couchons. Quelques heures plus tard au milieu de la nuit, je me r\u00e9veille et qu&rsquo;est ce que je vois dans la p\u00e9nombre ? Le pot de miel sur son \u00e9tag\u00e8re, auquel je n&rsquo;ai pas droit. C&rsquo;est donc en t\u00e2tonnant et avec pr\u00e9caution que je monte sur le lit de Nono pour attraper le pot de miel, et bien s\u00fbr arrive ce qui devait arriver, le pot de miel m&rsquo;\u00e9chappe, se renverse sur la grande barbe blanche de mon grand-p\u00e8re allong\u00e9 au-dessous de l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re. Catastrophe, car il ne peut m\u00eame pas allumer la lumi\u00e8re pour se nettoyer et a d\u00fb attendre la lumi\u00e8re du jour avec le miel dans sa barbe et sur sa peau. Je ne me souviens pas avoir \u00e9t\u00e9 puni, mais je n&rsquo;ai pas eu droit au miel non plus!<\/p>\n<p> TUNIS &#8211; RUE DE ROME<br \/> Pendant une certaine p\u00e9riode nous habitions aussi \u00e0 Tunis. Nous \u00e9tions h\u00e9berg\u00e9s par une de mes tantes ( Gilberte ou Georgette ) dans un immeuble au n\u00b0 1 de la Rue de Rome. C&rsquo;est immeuble qui appartenait \u00e0 mon grand-p\u00e8re avait 3 ou 4 \u00e9tages et se trouvait au croisement le la Rue de Rome et de l&rsquo;Avenue Jules Ferry. Du balcon on pouvait voir le tramway tourner. De l&rsquo;autre cot\u00e9 de l&rsquo;Avenue Jules Ferry on voyait la r\u00e9sidence du Bey je crois. Non loin de l&rsquo;immeuble se trouvait le lyc\u00e9e et l&rsquo;\u00e9glise. En bas il y avait une p\u00e2tisserie et un magasin de photo.<\/p>\n<p> C&rsquo;est dans cet immeuble que ma soeur Mich\u00e8le est n\u00e9e. Ce jour l\u00e0 le Dr Corcos \u00e9tait venu pour faire accoucher ma m\u00e8re. Pour que je me tienne tranquille on m&rsquo;avait donn\u00e9 des bonbons et une boite ronde en m\u00e9tal remplie de Halva. Sans que l&rsquo;on puisse me voir, j&rsquo;avais malgr\u00e9 tout cach\u00e9 le chapeau du docteur sous un lit. Quelques minutes plus tard, on est venu me chercher pour me montrer ma nouvelle petite soeur, dans la chambre, et que l&rsquo;on avait plac\u00e9 dans un berceau. \u00ab\u00a0Regarde comme elle est belle ta petite soeur, Alain!\u00a0\u00bb. Et je n&rsquo;ai rien trouv\u00e9 de mieux que de lancer la boite m\u00e9tallique de halva sur elle. Heureusement j&rsquo;avais rat\u00e9 ma cible. Par contre le docteur est rest\u00e9 tr\u00e8s longtemps chez nous ce jour l\u00e0. Il ne trouvait plus son chapeau! <\/p>\n<p> MON ONCLE ALBERT<br \/> Albert le mari de ma tante Gilberte avait un tr\u00e8s beau magasin de chaussure dans l&rsquo;Avenue de Paris. Ce jour l\u00e0, ma m\u00e8re m&rsquo;avait confi\u00e9 \u00e0 mon oncle pour se reposer de moi. J&rsquo;\u00e9tais donc dans son beau magasin de chaussure, sous la garde et la responsabilit\u00e9 d&rsquo;Albert. Dans un premier temps j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 m\u00e9langer les chaussures homme avec les chaussures pour femme, puis \u00e0 m\u00e9langer les tailles ensembles. Apr\u00e8s j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 m&rsquo;ennuyer et j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 mon oncle de m&rsquo;acheter une glace. Enerv\u00e9 par les m\u00e9langes que j&rsquo;avais fait dans les chaussures il a refus\u00e9. Le pauvre. Car quelques minutes plus tard ayant constat\u00e9 un<br \/> attroupement devant sa vitrine il est sorti pour voir et il a vu. Il m&rsquo;a vu debout dans la vitrine, la braguette ouverte, pr\u00eat \u00e0 faire pipi dans les belles chaussures expos\u00e9es. Le chantage \u00e9tait trop dur pour lui et j&rsquo;ai eu ma glace. Par contre il n&rsquo;a jamais plus accept\u00e9 de me garder par la suite.<\/strong><\/p>\n<p><strong><\/p>\n<p> Alain Giami <a href=\"mailto:giami@docteurs.com\">giami@docteurs.com<\/a> <\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><a href=\"https:\/\/harissa.com\/forum.htm\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"arrowblue.jpg (6089 bytes)\" height=\"86\" src=\"https:\/\/harissa.com\/harissa\/arrowblue.jpg\" width=\"86\"\/><\/a><\/p>\n<p><strong>CLIQUER CI DESSUS POUR RETOURNER A LA SECTION FORUM<\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SOUVENIRS DE TUNISIE Mes parents sont originaires de Tunisie de m\u00eame que toute ma famille. Du cot\u00e9 de ma m\u00e8re ce sont les Mamou, et du cot\u00e9 de mon p\u00e8re les Giami. 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