{"id":42913,"date":"2026-10-03T03:29:03","date_gmt":"2026-10-03T03:29:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=42913"},"modified":"2026-10-03T03:29:03","modified_gmt":"2026-10-03T03:29:03","slug":"cetait-un-samedi-par-claude-azria","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/cetait-un-samedi-par-claude-azria\/","title":{"rendered":"C\u2019\u00e9tait un samedi&#8230;&#8230;, par Claude Azria"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div> <b><\/b><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b><i>\u00a0Les Allemands occupaient la Tunisie depuis le mois de novembre 1942. Les Italiens avaient suivi. Sfax, le deuxi\u00e8me port de Tunisie se trouvait envahi par ces hordes sorties du d\u00e9sert de Libye ou arriv\u00e9es par mer de l\u0092Italie voisine. L\u0092occupation, c\u00f4t\u00e9 allemand, se mettait en place m\u00e9thodiquement dans la froide et redoutable d\u00e9termination germanique.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Les Italiens, quant \u00e0 eux, arriv\u00e9s dans un pays o\u00f9 d\u00e9j\u00e0 beaucoup de leurs compatriotes \u00e9taient install\u00e9s de longue date, se m\u00ealaient \u00e0 la population europ\u00e9enne ou juive avec l\u0092aisance et l\u0092affabilit\u00e9 des m\u00e9diterran\u00e9ens. Leur langue ne nous \u00e9tait pas \u00e9trang\u00e8re, leur style non plus. Parlant fort, gesticulant pour mieux expliquer et convaincre, riant franchement, se prenant rarement au s\u00e9rieux, les Italiens n\u0092effrayaient pas nos parents. Ils faisaient la guerre sans haine, sans conviction, dans l\u0092attente de rentrer au plus vite chez eux et en bonne sant\u00e9 si possible.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>A la suite de cette invasion, la gare et le port \u00e9taient devenus des lieux strat\u00e9giques pour les troupes de l\u0092Axe. Wagons et bateaux bourr\u00e9s de mat\u00e9riel de guerre et de soldats, munitions, citernes de carburant, le tout s\u0092entassant sur les quais du port ou dans les zones de d\u00e9p\u00f4t de la gare dans l\u0092attente d\u0092une affectation.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Nous habitions \u00e0 la jonction du port et de la gare au coeur du p\u00e9rim\u00e8tre trac\u00e9 par les strat\u00e8ges alli\u00e9s et que l\u0092aviation britannique devait an\u00e9antir.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Nous allions l\u0092apprendre \u00e0 nos d\u00e9pens.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>C\u0092\u00e9tait un samedi.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Le samedi pour nous \u00e9tait un jour exceptionnel ! En v\u00e9rit\u00e9 il commen\u00e7ait le vendredi apr\u00e8s-midi lorsque ma M\u00e8re ayant termin\u00e9 de cuisiner les repas du Chabbat et apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9\u00a0 que la maison \u00e9tait dans un \u00e9tat impeccable appelait ses trois enfants les uns derri\u00e8re les autres pour leur donner le grand bain rituel de la fin de semaine.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Nous n\u0092avions pas de salle de bains. Ce qui en faisait office c\u0092\u00e9tait une pi\u00e8ce, une salle d\u0092eau avec un \u00e9vier qui servait de lavabo. Deux grandes bassines \u00e9taient accol\u00e9es l\u0092une \u00e0 cot\u00e9 de l\u0092autre. L\u0092une pleine d\u0092eau chaude, l\u0092autre vide. Tout nu nous nous installions \u00e0 tour de r\u00f4le dans la bassine vide et attendions craintivement le d\u00e9but des op\u00e9rations.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Craintivement car ce bain l\u00e0 n\u0092\u00e9tait pas une sin\u00e9cure ! En effet, notre M\u00e8re, utilisant en guise de gant de toilette une \u00e9ponge en fibres de palme on ne peut plus rugueuse, nous faisait arriver le sang \u00e0 fleur de peau tellement elle nous frottait fort et partout. Savonn\u00e9s de pied en cape, les yeux herm\u00e9tiquement ferm\u00e9s pour emp\u00eacher la mousse de savon d\u0092y p\u00e9n\u00e9trer, nous attendions avec impatience et d\u00e9lectation le rin\u00e7age \u00e0 l\u0092eau chaude. Il arrivait enfin comme une r\u00e9compense \u00e0 cette terrible \u00e9preuve. Ma M\u00e8re, munie d\u0092une casserole en cuivre sp\u00e9cialement con\u00e7ue pour cela nous arrosait \u00e0 grande eau apaisant ainsi les douleurs de notre corps passag\u00e8rement meurtri. En prime mes soeurs, g\u00e9missantes, avaient droit au redoutable peigne fin qui entra\u00eenait impitoyablement sur son passage toute lente ou autres impuret\u00e9s ayant \u00e9chapp\u00e9 au lavage intensif des cheveux.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Nous sortions de ce bain rouges comme des pivoines, compl\u00e8tement rompus mais nous savions qu\u0092un bien \u00eatre allait rapidement nous gagner et remonter jusqu\u0092aux racines de nos cheveux.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>\u00a0Dieu que c\u0092\u00e9tait bon\u0085\u0085 Apr\u00e8s !<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Sur nos lits, soigneusement pr\u00e9par\u00e9s par Maman, les v\u00eatements propres du Chabbat. Mes soeurs s\u0092habillaient seules, ma M\u00e8re y apportant la derni\u00e8re touche. Moi j\u0092\u00e9tais le petit, le gar\u00e7on, celui qui perp\u00e9tuerait le nom, j\u0092avais donc droit \u00e0 des \u00e9gards particuliers. On m\u0092habillait, on me coiffait et je me laissais faire, heureux d\u0092\u00eatre le Prince d\u0092un instant.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Et puis c\u0092\u00e9tait l\u0092attente de notre P\u00e8re qui, le vendredi, arrivait plus t\u00f4t que d\u0092habitude.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Moi je jouais \u00e0 tout et \u00e0 rien, mes soeurs faisaient leurs devoirs.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>\u00a0La maison commen\u00e7ait \u00e0 s\u0092illuminer pi\u00e8ce par pi\u00e8ce au fur et \u00e0 mesure que le soleil s\u0092enfon\u00e7ait dans l\u0092horizon lointain. De la cuisine \u00e9manaient les odeurs typiques du vendredi soir qui s\u0092\u00e9chappaient des casseroles pos\u00e9es sur des fourneaux \u00e0 charbon de bois et dont la braise entretenait la chaleur id\u00e9ale dans l\u0092attente du festin. Odeur subtile des boulettes de viande o\u00f9 se mariaient heureusement le piquant de la menthe, l\u0092arrogance retenue de la cannelle et l\u0092ensemble m\u00eal\u00e9 d\u0092oignons, d\u0092ail et de persil finement hach\u00e9s vigoureusement malax\u00e9 \u00e0 la viande, aux oeufs, au pain tremp\u00e9 et \u00e0 tant d\u0092autres bonnes choses. Odeur du bouillon de viande et de l\u00e9gumes o\u00f9 r\u00e9gnaient en ma\u00eetres la coriandre fra\u00eeche et, \u00e0 moindre degr\u00e9, le c\u00e9leri. Odeur des rago\u00fbts d\u0092accompagnement : rago\u00fbt d\u0092\u00e9pinard fortement \u00ab\u00a0menth\u00e9\u00a0\u00bb dans lequel cuisaient du pied de boeuf et une saucisse faite maison, rago\u00fbt de gombeaux, qui, lui aussi, ne manquait ni de piquant ni de saveur. Odeur citronn\u00e9e des petites salades de toutes sortes, carottes, navets, piments qui le moment venu viendraient exciter l\u0092app\u00e9tit de nos palais gourmands.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Dans un moment toutes ces victuailles allaient remplir nos assiettes creuses pr\u00e9alablement garnies de graines de semoule et nous nous d\u00e9lecterons.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Mais il fallait attendre, ce qui \u00e9moustillait plus encore notre gourmandise grandissante.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>La table \u00e9tait maintenant mise : Nappe superbe, vaisselle rutilante, couverts en argent et, tr\u00f4nant au milieu de la table, le pain rituel fabriqu\u00e9 par Maman recouvert d\u0092une belle serviette blanche et la bouteille de vin qui serviraient tout \u00e0 l\u0092heure pour la pri\u00e8re du vendredi soir.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Le Ma\u00eetre des lieux pouvait maintenant arriver et il le savait.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Au seuil de la porte de notre appartement nous entendions enfin le cliquetis familier du trousseau de clefs de mon P\u00e8re \u00e0 la recherche de la bonne clef. Incroyable trousseau d\u0092une consistance peu commune. Clefs de la maison, du bureau, de l\u0092usine \u00e0 huile le tout formant un formidable enchev\u00eatrement de ferraille de toutes tailles et de toutes formes. Je me pr\u00e9cipitais alors vers la porte d\u0092entr\u00e9e pour la lui ouvrir avant qu\u0092il ne r\u00e9ussisse \u00e0 le faire. J\u0092y arrivais \u00e0 tous les coups et alors je d\u00e9couvrais mon P\u00e8re, le trousseau \u00e0 la main, penaud d\u0092avoir une fois de plus \u00e9t\u00e9 pris de vitesse par son petit gar\u00e7on. Son \u00e9ternel chapeau enfonc\u00e9 sur la t\u00eate, les bras encombr\u00e9s de paquets compl\u00e9ment indispensables au repas du vendredi soir &#8211; dattes translucides et mielleuses, amandes, noisettes et noix, g\u00e2teaux secs aux amandes, nougats de graines de s\u00e9same, fruits de saison &#8211; il n\u0092\u00e9tait pas peu fier de son chargement et cela se lisait dans ses yeux gris-bleus qui plissaient de bonheur.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Le seuil franchi, la porte referm\u00e9e, nous \u00e9tions une fois de plus r\u00e9unis pour un nouveau Chabbat qui emplissait\u00a0 nos c\u009curs d\u0092un bien-\u00eatre chaque semaine renouvel\u00e9. Nous ne savions pas encore que ce bonheur l\u00e0 serait bient\u00f4t bris\u00e9 par une guerre absurde et d\u00e9vastatrice et que mes parents ne se remettraient jamais vraiment de cette terrible \u00e9preuve. <\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Un ciel de guerre&#8230;..<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>C\u0092\u00e9tait donc un samedi.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Un de ces beaux samedis d\u0092un printemps pr\u00e9coce tels que nous les aimions\u00a0: Atmosph\u00e8re claire et ouat\u00e9e, ciel d\u0092azur avec de ci de l\u00e0 un de ces petits nuages blancs que j\u0092affectionnais tant, odeurs enivrantes des plantes multiples qui environnaient la maison et qui manifestaient \u00e0 leur mani\u00e8re la joie du renouveau.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Il \u00e9tait midi. Nous \u00e9tions \u00e0 table.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Depuis plusieurs jours nous entendions le ronronnement lointain des avions de reconnaissance des troupes alli\u00e9es. Nous nous \u00e9tions habitu\u00e9s \u00e0 ce bruit qui aurait pu \u00eatre inqui\u00e9tant mais qui r\u00e9jouissait nos parents car il pr\u00e9sageait l\u0092arriv\u00e9e prochaine de nos lib\u00e9rateurs\u00a0: nous n\u0092\u00e9tions pas abandonn\u00e9s\u00a0!<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Ce samedi l\u00e0 le ronronnement s\u0092\u00e9tait consid\u00e9rablement rapproch\u00e9 et avait pris rapidement l\u0092allure d\u0092un effroyable vrombissement qui emplissait le ciel tout entier.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Laissant nos assiettes, nous nous \u00e9tions pr\u00e9cipit\u00e9s sur le balcon pour voir et pour comprendre.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Le ciel de Sfax avait perdu sa douce s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. C\u0092\u00e9tait maintenant un ciel de\u00a0 guerre. Une multitude d\u0092avions alli\u00e9s charg\u00e9s de bombes vengeresses survolaient le port et la gare et commen\u00e7aient \u00e0 larguer avec fr\u00e9n\u00e9sie leur redoutable chargement. Les explosions se rapprochaient au fur et \u00e0 mesure que les tirs se faisaient plus pr\u00e9cis.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Mon p\u00e8re ordonnait brutalement le repli dans la pi\u00e8ce la plus \u00e9loign\u00e9e de la rue et il \u00e9tait temps. Les vitres de nos fen\u00eatres \u00e9clataient sous la pression du souffle des bombes qui maintenant tombaient de plus en plus pr\u00e8s de la maison.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>A la premi\u00e8re accalmie la d\u00e9cision \u00e9tait prise d\u0092aller s\u0092abriter sous le porche de l\u0092entr\u00e9e de l\u0092immeuble o\u00f9 se trouvaient d\u00e9j\u00e0 la plupart de nos voisins. L\u0092angoisse marquait maintenant tous les visages. Certaines voisines pleuraient et hurlaient de peur \u00e0 chaque nouvelle explosion. Dans cette ambiance de terreur la panique m\u0092avait pris et, en guise de protection, je m\u0092\u00e9tais r\u00e9fugi\u00e9 sous la jupe longue et ample d\u0092une de nos voisines amies ce qui avait eu pour effet de d\u00e9tendre un moment l\u0092atmosph\u00e8re. J\u0092y \u00e9tais rest\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du premier bombardement.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Et que faire maintenant\u00a0? C\u0092\u00e9tait d\u00e9cid\u00e9, nous devions quitter la maison pour nous \u00e9loigner du p\u00e9rim\u00e8tre strat\u00e9gique o\u00f9 anglais et am\u00e9ricains allaient poursuivre sans rel\u00e2che leur \u009cuvre destructrice afin de pr\u00e9parer le terrain \u00e0 une prochaine offensive terrestre. Il fallait aller \u00e0 la campagne tr\u00e8s loin du port et de la gare.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Entre deux accalmies ma m\u00e8re \u00e9tait remont\u00e9e dans l\u0092appartement pour regrouper rapidement quelques affaires indispensables tandis que mon p\u00e8re, son feutre viss\u00e9 sur la t\u00eate, \u00e9tait parti en courant \u00e0 travers les rues de la ville pour aller r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 l\u0092usine \u00e0 huile la cal\u00e8che familiale tir\u00e9e par notre bon vieux cheval que nous appelions Tarzan.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Deux heures apr\u00e8s il \u00e9tait de retour ext\u00e9nu\u00e9 par la course \u00e0 laquelle il s\u0092\u00e9tait astreint et nous attendait dans la rue, en bas de la maison. Ma m\u00e8re avait tir\u00e9 pr\u00e9cipitamment la porte de l\u0092appartement. Une valise \u00e0 la main, deux couvertures sous le bras elle d\u00e9valait deux \u00e0 deux les marches de l\u0092escalier ses trois enfants accroch\u00e9s l\u0092un \u00e0 son bras, les deux autres\u00a0 \u00e0 sa jupe et elle nous installait sans mot dire dans la cal\u00e8che pour fuir cette zone devenue maintenant infernale.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Tandis que nous partions et que montaient derri\u00e8re nous d\u0092inqui\u00e9tantes colonnes de fum\u00e9es noires, mon p\u00e8re &#8211; tout en fouettant nerveusement Tarzan \u0096 avait murmur\u00e9 sans conviction\u00a0<\/i>: <\/b><\/p>\n<p><b>\u00ab Nous allons passer la nuit \u00e0 la villa de l\u0092oncle Albert et demain nous reviendrons chez nous.\u00a0\u00bb <\/b><\/p>\n<p><b><i>Nous autres, les petits, blottis contre notre m\u00e8re, regardions dispara\u00eetre dans le lointain la maison o\u00f9 nous \u00e9tions n\u00e9s sans nous douter que plus jamais nous ne reverrions ce gentil petit immeuble encore plein de nos cris d\u0092enfants.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>Claude Azria<\/i><\/b><\/p>\n<p><strong><a href=\"mailto:claude.rene@infonie.fr\">claude.rene@infonie.fr<\/a> <\/strong><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Les Allemands occupaient la Tunisie depuis le mois de novembre 1942. 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