{"id":431,"date":"2016-07-19T02:34:12","date_gmt":"2016-07-19T02:34:12","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=431"},"modified":"2016-07-19T22:18:45","modified_gmt":"2016-07-19T22:18:45","slug":"25-juillet-1957-bourguiba-instaure-la-republique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/25-juillet-1957-bourguiba-instaure-la-republique\/","title":{"rendered":"25 juillet 1957 : Bourguiba instaure la R\u00e9publique"},"content":{"rendered":"<p>\n\t25 juillet 1957 : Bourguiba instaure la R&eacute;publique<br \/>\n\t&nbsp;<br \/>\n\tLe rideau est tomb&eacute; le 25 juillet 1957 sur deux si&egrave;cles et demi de monarchie. Ce jour-l&agrave; la R&eacute;publique est n&eacute;e. Apr&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance, le peuple tunisien retrouve sa souverainet&eacute; totale. A l&rsquo;unanimit&eacute; les d&eacute;put&eacute;s convoqu&eacute;s &agrave; une s&eacute;ance extraordinaire se sont prononc&eacute;s pour l&rsquo;abolition du r&eacute;gime monarchique et l&rsquo;instauration du r&eacute;gime r&eacute;publicain.<\/p>\n<p>\t&laquo;-Etes-vous pour la dissolution de la monarchie?<\/p>\n<p>\t-Pour quel r&eacute;gime optez-vous?&raquo;<\/p>\n<p>\tCe sont l&agrave; les deux questions qui ont &eacute;t&eacute; soumises aux d&eacute;put&eacute;s jeudi 25 juillet 1957, lors d&rsquo;une s&eacute;ance extraordinaire tenue ce jour-l&agrave; par l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale Constituante pour d&eacute;cider du r&eacute;gime qui sera instaur&eacute; en Tunisie.<\/p>\n<p>\tA 17h55, Jellouli Far&egrave;s, pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e, annonce solennellement: &laquo;La monarchie est abolie par la volont&eacute; du peuple. Par cette m&ecirc;me volont&eacute; la R&eacute;publique tunisienne est n&eacute;e&raquo;.<\/p>\n<p>\tLes d&eacute;put&eacute;s, debout, applaudissent. Dehors le canon tonne et la foule, mass&eacute;e aux alentours du Palais du Bardo, &eacute;mue devant le mot R&eacute;publique, marque un temps d&rsquo;h&eacute;sitation puis dans un &eacute;lan crie sa joie. A cet instant, une file de voitures pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e par des policiers quitte la cour du Palais du Bardo et se dirige vers la r&eacute;sidence du Bey &agrave; Carthage pour signifier au monarque que d&eacute;sormais la monarchie est abolie.<\/p>\n<p>\tMais revenons en arri&egrave;re sur une journ&eacute;e historique solennelle et &eacute;mouvante qui a marqu&eacute; l&rsquo;avenir de la Tunisie.<\/p>\n<p>\tLa s&eacute;ance a d&eacute;but&eacute; &agrave; 9h23 dans la salle du tr&ocirc;ne du Palais du Bardo sous la pr&eacute;sidence de M. Jellouli Far&egrave;s et en pr&eacute;sence du corps diplomatique. Sur les quatre-vingt-dix-huit d&eacute;put&eacute;s que compte l&rsquo;Assembl&eacute;e, quatre-vingt-treize sont pr&eacute;sents. Quatre sont ambassadeurs et H&eacute;di Nouira, ministre des Finances, est en mission &agrave; Paris.<\/p>\n<p>\tHabib Bourguiba et les membres du gouvernement, &agrave; l&rsquo;exception de B&eacute;chir Ben Yahmed, secr&eacute;taire d&rsquo;Etat &agrave; l&rsquo;information qui n&rsquo;est pas parlementaire, si&eacute;gent au banc des d&eacute;put&eacute;s. Sur les murs de la salle, les portraits des Beys qui r&eacute;gn&egrave;rent sur le pays pendant deux si&egrave;cles et demi n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; encore enlev&eacute;s. La tribune de presse et celle des invit&eacute;s regorgent de monde. Dehors, la foule &eacute;coute les interventions des d&eacute;put&eacute;s, transmises par des haut-parleurs accroch&eacute;s sur les murs du Palais.<\/p>\n<p>\t<strong> P&acirc;tisserie royale<\/strong><\/p>\n<p>\tOuvrant la s&eacute;ance, J. Far&egrave;s souligne que les d&eacute;put&eacute;s sont appel&eacute;s &agrave; se prononcer sur la forme du r&eacute;gime: &laquo;Nous si&eacute;geons aujourd&rsquo;hui jusqu&rsquo;&agrave; ce que nous nous mettions d&rsquo;accord sur la nouvelle forme de l&rsquo;Etat tunisien, car ce qui a retard&eacute; la naissance de notre Constitution, c&rsquo;&eacute;tait pr&eacute;cis&eacute;ment la forme du r&eacute;gime &agrave; adopter&raquo;. Ensuite J. Far&egrave;s c&egrave;de la parole aux d&eacute;put&eacute;s. Le premier, Ahmed Ben Salah, vice-pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e, pr&eacute;cise que &laquo;l&rsquo;Etat doit se lib&eacute;rer du joug h&eacute;rit&eacute; du pass&eacute;, cela ne peut que consolider l&rsquo;ind&eacute;pendance du pays et la souverainet&eacute; du peuple tunisien. Il n&rsquo;y a aucun doute, nous serons aujourd&rsquo;hui d&eacute;livr&eacute;s des s&eacute;quelles de l&rsquo;ancien r&eacute;gime. Il ne peut y avoir de souverain dans ce pays, et la volont&eacute; du peuple est sacr&eacute;e. Notre g&eacute;n&eacute;ration a &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute;e dans la doctrine du N&eacute;o-Destour, aspirant &agrave; la libert&eacute;, &agrave; la paix et &agrave; la prosp&eacute;rit&eacute;. Nous devons jouir pleinement de notre souverainet&eacute; totale et sans partage. Lors de la lutte, nous avons d&eacute;j&agrave; v&eacute;cu un r&eacute;gime r&eacute;publicain, car &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, il y avait deux Tunisie, l&rsquo;une fictive, l&rsquo;autre r&eacute;elle. La R&eacute;publique a d&eacute;j&agrave; v&eacute;cu en Tunisie sous l&rsquo;ill&eacute;galit&eacute;; nous devons aujourd&rsquo;hui la l&eacute;galiser&raquo;.<\/p>\n<p>\tRachid Driss, qui succ&egrave;de &agrave; Ben Salah s&rsquo;&eacute;tend longuement sur les m&eacute;faits de la monarchie. Documents &agrave; l&rsquo;appui, &agrave; chaque bey, except&eacute; Moncef Bey, il trouve une tare. Il rappelle aussi le despotisme et la tyrannie de ces souverains. Il sonne ainsi le glas de la monarchi : &laquo;Nous voulons parler un langage franc et sinc&egrave;re&raquo;, dit-il &laquo;C&rsquo;est pourquoi, disons-le clairement, la Tunisie doit &ecirc;tre une R&eacute;publique&raquo;.<\/p>\n<p>\tLes interventions se succ&egrave;dent. Les orateurs sans exception, soulignent la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;instaurer la R&eacute;publique. &laquo;Les portraits des monarques doivent fr&eacute;mir&hellip;&raquo;, dit un invit&eacute;.<\/p>\n<p>\tA midi trente, la s&eacute;ance est lev&eacute;e. J. Far&egrave;s annonce une pause pour se retaurer. Les &eacute;lus du peuple, le corps diplomatique, les journalistes et les invit&eacute;s quittent la salle et vont dans le patio o&ugrave; des g&acirc;teaux des rafra&icirc;chissements sont servis. &laquo;Pour l&rsquo;anectode, note un journaliste, les p&acirc;tisseries sont servies dans de grands plateaux blancs et verniss&eacute;s o&ugrave; l&rsquo;on peut lire peinte en bleu, l&rsquo;enseigne de &laquo;la P&acirc;tisserie&hellip; Royale&rdquo;. La preuve que nos d&eacute;put&eacute;s , s&rsquo;ils sont r&eacute;volutionnaires, ne sont pas sectaires!<\/p>\n<p>\t<strong>Un homme seul<\/strong><\/p>\n<p>\tRestaur&eacute;s les d&eacute;put&eacute;s regagnent la salle &agrave; 14h45. Prenant la parole, Abdessalem Achour d&eacute;nonce dans un long r&eacute;quisitoire les m&eacute;faits de la monarchie. Puis Jellouli Far&egrave;s annonce le discours de Bourguiba. Il commence par un proc&egrave;s m&eacute;thodique du r&egrave;gne des Beys. Sans piti&eacute;, sans faiblesse, mais sans outrance inutile. Toute son argumentation est &eacute;tay&eacute;e d&rsquo;exemples: au moment m&ecirc;me o&ugrave; il parle de &laquo;bassesse&raquo;, de &laquo;trahison&raquo;, il s&rsquo;appuie sur des faits qui fondent l&rsquo;accusation. Au fur et &agrave; mesure que se d&eacute;veloppe l&rsquo;expos&eacute; de Bourguiba, l&rsquo;Assembl&eacute;e se rend compte qu&rsquo;un r&eacute;gime est mort. &laquo;C&rsquo;&eacute;tait l&agrave; son implacable oraison&raquo;, note le quotidien L&rsquo;Action.<\/p>\n<p>\tEnsuite tous les d&eacute;put&eacute;s se prononcent pour la R&eacute;publique. Le soleil illumine encore les hauteurs de la banlieue nord de Tunis quand, &agrave; 18h20, cinq voitures entrent dans le palais de Carthage.<\/p>\n<p>\tDes hommes descendent et entrent dans la salle du tr&ocirc;ne. Ali Belahouane, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Assembl&eacute;e Constituante, est &agrave; la t&ecirc;te du groupe qui se compose notamment de Ta&iuml;eb M&rsquo;hiri, ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, Ahmed Mestiri, ministre de la Justice et Driss Guiga, directeur de la S&ucirc;ret&eacute;. Dans la salle, ils trouvent un homme seul: Mohamed Lamine, le Bey d&eacute;chu. Ali Belahouane s&rsquo;avance et commence &agrave; lire le texte de la d&eacute;cision prise par l&rsquo;Assembl&eacute;e. Face &agrave; ces hommes qui lui apportaient la nouvelle de la fin. Mohamed Lamine &eacute;tait l&rsquo;image de la d&eacute;solation. Il &eacute;tait effondr&eacute; et bougonnait &laquo;Assez&hellip;assez&raquo;, notera plus tard un journaliste pr&eacute;sent. On lui signifie ensuite qu&rsquo;une voiture va l&rsquo;emmener &agrave; sa nouvelle r&eacute;sidence &agrave; La Manouba. Des t&eacute;moins affirment qu&rsquo;avant de quitter le Palais, l&rsquo;ex-Bey a &eacute;crit de son doigt mouill&eacute; de salive sur un battant de la porte &laquo;Il n&rsquo;est de Dieu qu&rsquo;Allah&raquo;: Lorsqu&rsquo;on accomplit ce geste, selon la tradition, on est s&ucirc;r de revenir. Quarante-trois ans apr&egrave;s, ses descendants n&rsquo;en sont pas s&ucirc;rs &hellip;<\/p>\n<p>\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"480\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/H54D2tr5J4s\" width=\"640\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>25 juillet 1957 : Bourguiba instaure la R&eacute;publique &nbsp; Le rideau est tomb&eacute; le 25 juillet 1957 sur deux si&egrave;cles et demi de monarchie. Ce jour-l&agrave; la R&eacute;publique est n&eacute;e. Apr&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance, le peuple tunisien retrouve sa souverainet&eacute; totale. 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