{"id":43455,"date":"2026-10-03T03:29:55","date_gmt":"2026-10-03T03:29:55","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=43455"},"modified":"2026-10-03T03:29:55","modified_gmt":"2026-10-03T03:29:55","slug":"bush-le-cul-entre-deux-theses-par-yohanan-ben-zakkai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/bush-le-cul-entre-deux-theses-par-yohanan-ben-zakkai\/","title":{"rendered":"Bush, le cul entre deux theses, par Yohanan Ben Zakkai"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<hr\/><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p><b> Bush, le cul entre deux th\u00e8ses ! (info # 012006\/2)<br \/> Par Yohanan B. Zakai, analyste de politique \u00e9trang\u00e8re, aux USA \u00a9 Metula News Agency<\/p>\n<p> O\u00f9 en est-on \u00e0 Washington? Depuis le 11 septembre, le cours suivi par l\u2019administration Bush n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019osciller entre deux p\u00f4les. Quels sont-ils, d\u2019o\u00f9 viennent-ils et quelles cons\u00e9quences a cette oscillation ?<\/p>\n<p> D\u2019un c\u00f4t\u00e9, \u201cc\u2019est la coalition qui d\u00e9termine la mission\u201d: Colin Powell recrute sous ce slogan des soutiens pour la guerre contre le terrorisme : Iran, Syrie, Soudan, Russie, Chine, Pakistan, Arabie saoudite, selon le principe qu\u2019il ne faut jamais indisposer ses \u201calli\u00e9s\u201d. Il ne faut pas se battre pendant le \u201cmois sacr\u00e9 de Ramadan\u201d. Il \u201cfaut d\u2019abord r\u00e9gler le probl\u00e8me palestinien\u201d, ce qui montrera la bonne foi des Etats-Unis aux Arabes. Powell s\u2019appuie dans sa d\u00e9marche sur le corps diplomatique am\u00e9ricain, lequel tend \u00e0 se prendre pour l\u2019avocat du reste du monde aupr\u00e8s des Etats-Unis, au lieu de l\u2019avocat des Etats-Unis aupr\u00e8s du reste du monde. Il s\u2019appuie aussi sur tout ce que le monde compte de n\u00e9gateurs et de d\u00e9tracteurs de l\u2019\u201dhyper puissance\u201d am\u00e9ricaine. C\u2019est donc, par exemple, le parfait amour entre Powell et Kofi Annan (le boucher par omission du Rwanda), au point qu\u2019\u00e0 Washington, on l\u2019a parfois surnomm\u00e9 Hubert P\u00e9tain, lorsque \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas l\u2019ex-ministre fran\u00e7ais des Affaires \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p> Dans l\u2019autre camp, c\u2019est \u201cla mission qui d\u00e9termine la coalition\u201d. Bush a clairement \u00e9nonc\u00e9 sa politique, selon laquelle \u201cqui n\u2019est pas avec nous dans la guerre contre le terrorisme, est contre nous\u201d, s\u2019attaquant non seulement aux groupes terroristes \u2013 les effets \u2013 mais \u00e9galement aux causes \u2013 les Etats terroristes -, en un mot, \u00e0 l\u2019\u201dAxe du Mal\u201d. C\u2019est Don Rumsfeld, le Secr\u00e9taire \u00e0 la D\u00e9fense, qui s\u2019est fait l\u2019architecte de cette option, dans laquelle il est accompagn\u00e9 de son vieil ami le vice-pr\u00e9sident Dick Cheney, et par l\u2019\u00e9quipe du Pentagone, Paul Wolfowitz, l\u2019intellectuel entr\u00e9 en politique sur le tard, num\u00e9ro deux de Rumsfeld, et l\u2019indispensable Richard Perle, l\u2019ancien \u201cReaganaute\u201d qui faisait si peur aux Sovi\u00e9tiques.<\/p>\n<p> Alli\u00e9 \u00e0 Powell \u2013 un g\u00e9n\u00e9ral si marqu\u00e9 par le syndrome vietnamien qu\u2019il pesa de toutes ses forces en 1990-91, pour que les Etats-Unis ne se lancent pas dans une attaque militaire contre l\u2019Irak \u2013 on trouve le patron de la CIA, George Tenet. Et Tenet essaie de se faire oublier, tant lui et l\u2019organisation qu\u2019il dirige portent de lourdes responsabilit\u00e9s dans le fiasco du renseignement, qui laissa le champ libre aux tueurs islamiques du 11 septembre. Fid\u00e8le, le caract\u00e8re timor\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9norme machine bureaucratique dont il a la charge, sa pr\u00e9occupation constante est de limiter les d\u00e9g\u00e2ts, de prot\u00e9ger son derri\u00e8re et partant, d\u2019\u00e9viter \u00e0 tout prix d\u2019entreprendre des actions audacieuses et d\u2019envergure qui encourraient des risques op\u00e9rationnels.<\/p>\n<p> Quant \u00e0 Condoleeza Rice, qui b\u00e9n\u00e9ficie \u00e8s-qualit\u00e9s (elle est aussi conseill\u00e8re \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale) d\u2019un acc\u00e8s quotidien et exclusif au Pr\u00e9sident, elle navigue habilement entre les deux poids lourds bureaucratiques que sont Rumsfeld et Powell, sans montrer ses propres cartes \u2013 dans la mesure o\u00f9 elle poss\u00e8de aussi son propre jeu ?<\/p>\n<p> Le Congr\u00e8s, lui, est solidement pro-isra\u00e9lien et favorable \u00e0 une action \u00e9nergique. Le Congr\u00e8s est le h\u00e9raut du sentiment populaire qui s\u2019exprime avec clart\u00e9 : Les deux identifient sans h\u00e9sitation l\u2019islamisme comme l\u2019Ennemi public.<\/p>\n<p> Les personnages du drame \u00e9tant en place, voyons quelles sont les raisons de l\u2019oscillation pr\u00e9sidentielle, et voyons dans quelle perspective historique elle se situe ? On va alors remonter jusqu\u2019en 1945, ann\u00e9e durant laquelle le pr\u00e9sident Roosevelt passa alliance avec le roi fra\u00eechement \u00e9merg\u00e9 d\u2019Arabie, derechef baptis\u00e9e \u201csaoudite\u201d d\u2019apr\u00e8s son nom, Abdulaziz ibn Saoud. Les termes de l\u2019entente \u00e9taient on ne peut plus pragmatiques : nous prot\u00e9geons vos fronti\u00e8res et vous nous garantissez nos approvisionnements en p\u00e9trole. L\u2019int\u00e9r\u00eat du contrat perdura longtemps. Le royaume saoudien demeurant anti-communiste, dans un monde arabe investi alors par l\u2019URSS. Et lorsque l\u2019occasion se pr\u00e9senta de prendre l\u2019ours sovi\u00e9tique dans le pi\u00e8ge afghan, les USA collabor\u00e8rent tr\u00e8s \u00e9troitement avec Riyad et par un naturel retour d\u2019ascenseur, quand Saddam Hussein mena\u00e7a les puits de p\u00e9trole de la p\u00e9ninsule, on alla d\u00e9fendre le royaume. Il est d\u00e8s lors \u00e9vident qu\u2019une politique vieille de deux g\u00e9n\u00e9rations impr\u00e8gne n\u00e9cessairement les institutions, les habitudes, les modes de pens\u00e9e et m\u00eame les hommes, au point que l\u2019axe Riyad-Washington est devenu une sorte de r\u00e9flexe conditionn\u00e9. Bush p\u00e8re, son secr\u00e9taire d\u2019Etat James Baker, son conseiller \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 nationale Brent Scowcroft, faisaient tous partie du puissant lobby pro-saoudien. Une partie des p\u00e9troliers am\u00e9ricains (pas tous, les soci\u00e9t\u00e9s p\u00e9troli\u00e8res tirent aussi leur p\u00e9trole du Venezuela, du Golfe de Guin\u00e9e, de la Mer Caspienne et d\u2019ailleurs, le fournisseur num\u00e9ro un des Etats-Unis \u00e9tant l\u2019Etat canadien de l\u2019Alberta !) a partie \u00e9troitement li\u00e9e avec le r\u00e9gime de Riyad. Pour entretenir ce lobby, l\u2019ambassadeur saoudien \u00e0 Washington, le prince Bandar, a, depuis vingt ans, arros\u00e9 les politiciens am\u00e9ricains avec de l\u2019argent de corruption \u00e0 coups de milliards de dollars.<\/p>\n<p> Aujourd\u2019hui, on constate pourtant que les temps ont chang\u00e9 si profond\u00e9ment, que l\u2019ancienne alliance avec Riyad a largement perdu ses justifications.<\/p>\n<p> Si l\u2019Arabie p\u00e8se toujours lourd sur le march\u00e9 p\u00e9trolier, et le p\u00e9trole dans le bilan \u00e9nerg\u00e9tique, le contr\u00f4le de l\u2019or noir a chang\u00e9 de mains. En 1945, ce contr\u00f4le \u00e9tait aux marges du monde arabo-musulman. La crise p\u00e9troli\u00e8re de 1973, avec sa hausse vertigineuse des cours du brut, a donn\u00e9 \u00e0 l\u2019Islam saoudien les moyens financiers de s\u2019\u00e9tendre, alors que le d\u00e9fi khomeyniste l\u2019a forc\u00e9 \u00e0 se radicaliser, et \u00e0 se montrer aussi islamique que les chiites iraniens. La guerre anti-sovi\u00e9tique en Afghanistan a transform\u00e9 l\u2019Arabie en promoteur du Djihad. Aujourd\u2019hui, qu\u2019on l\u2019admette ou qu\u2019on pr\u00e9f\u00e8re encore \u00e9viter d\u2019en faire \u00e9tat, l\u2019Arabie est devenue le ventre du monstre islamiste, l\u2019ut\u00e9rus qui a engendr\u00e9 le terrorisme.<\/p>\n<p> Ce pays, devenu notre ennemi \u2013 15 des 19 terroristes du 11 septembre \u00e9taient saoudiens &#8211; voudrait continuer de jouer la carte de l\u2019alli\u00e9 indispensable ! Il se pr\u00e9sente \u00e0 cet effet comme le centre de gravit\u00e9 du monde arabe. Tant que la clart\u00e9 morale illustr\u00e9e par Bush et son \u2013 qui n\u2019est pas avec nous est contre nous \u2013 n\u2019est pas syst\u00e9matiquement traduite en mesures politique, c\u2019est la confusion strat\u00e9gique qui r\u00e8gne \u00e0 Washington : Au nom d\u2019exp\u00e9dients tactiques, on s\u2019abouche avec un ennemi qui fut partenaire d\u2019un mariage de raison, au nom des avantages suppos\u00e9s que sa collaboration pourrait encore nous apporter.<\/p>\n<p> De cette confusion d\u00e9coulent bien des cons\u00e9quences f\u00e2cheuses pour l\u2019Am\u00e9rique. La strat\u00e9gie de la clart\u00e9, celle qui s\u2019oppose \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019Axe du Mal\u201d, exigerait la s\u00e9quence suivante : les Etats-Unis s\u2019attaquent \u00e0 l\u2019Irak et d\u00e9molissent le r\u00e9gime de Saddam Hussein. Forts de ce succ\u00e8s, ils se tournent vers l\u2019Iran en s\u2019exprimant en ces termes \u2013 \u201cMessieurs, les jeux sont faits \u2013 the game is over &#8211; ou nous vous faisons tilt\u201d -, en donnant parall\u00e8lement aux 80% d\u2019Iraniens qui ha\u00efssent les ayatollahs le coup de pouce n\u00e9cessaire pour qu\u2019ils commencent \u00e0 les pendre aux lampadaires; ayant fait la preuve de leur audace et de leur d\u00e9termination, les USA se tournent alors vers l\u2019Arabie saoudite en mena\u00e7ant ses avoirs p\u00e9troliers et financiers; puis vers l\u2019Egypte en disant aux Egyptiens : \u00ab\u00a0assez de tergiversations !\u00a0\u00bb Ils grognent finalement en direction de la Syrie, en lui lan\u00e7ant : \u00ab\u00a0petit pays stupide, nous vous avons longtemps tol\u00e9r\u00e9, mais maintenant c\u2019est termin\u00e9 !\u00a0\u00bb Dans cette s\u00e9quence logique, le \u201cprobl\u00e8me palestinien\u201d, reconnaissons-le, a une toute autre figure que celle qu\u2019il affiche aujourd\u2019hui .<\/p>\n<p> Selon l\u2019autre strat\u00e9gie, celle du clan Powell, il faudrait courtiser les Arabes et les mouvances terroristes non arabes, plut\u00f4t que de les rudoyer.<\/p>\n<p> C\u2019est de l\u2019oscillation entre les deux strat\u00e9gies que provient la confusion. La guerre d\u2019Afghanistan a particip\u00e9 de la strat\u00e9gie des hussards. Depuis, on est revenu dans la strat\u00e9gie d\u2019alliance. On grignote le terrorisme aux entournures sans s\u2019attaquer aux foyers du mal, et cette strat\u00e9gie entrave l\u2019action de nos alli\u00e9s \u2013 Israel et l\u2019Inde \u2013 en continuant \u00e0 faire du plat \u00e0 nos ennemis, Saoudiens en t\u00eate. A ce rythme, on risque plus l\u2019enlisement dans les salons diplomatiques que dans les sables du combat.<\/p>\n<p> En r\u00e9sum\u00e9, George W. Bush est tiraill\u00e9 entre un h\u00e9ritage lourd qui gr\u00e8ve sa pens\u00e9e et son action, et une guerre, dont les imp\u00e9ratifs vont dans le sens contraire de l\u2019h\u00e9ritage qu\u2019il a re\u00e7u. C\u2019est cette ambivalence qui explique les va-et-vient, les contradictions, les \u00e9quivoques, les retournements de l\u2019Administration am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p> L\u2019accord de Crawford, le ranch texan du pr\u00e9sident, entre ce dernier et le prince Abdullah, a sorti la politique am\u00e9ricaine de ses rails. Le plan Abdullah, qui contenait \u00e0 l\u2019origine, tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 dans des interviews de presse, des formulations in\u00e9dites (\u201cdes relations normales avec Israel, ainsi qu\u2019une certaine flexibilit\u00e9 quant au r\u00e8glement du diff\u00e9rend territorial et surtout, qui ne faisait aucune mention d\u2019un quelconque \u201cdroit au retour\u201d), a \u00e9t\u00e9 mis en pi\u00e8ces lors du Sommet arabe de Beyrouth, pour se transformer en une \u00e9ni\u00e8me r\u00e9it\u00e9ration de la politique arabe classique, du type : si Israel accepte de se suicider, les Arabes l\u2019en f\u00e9liciteront ! Cependant que la contrepartie promise par les Am\u00e9ricains \u2013 contre le projet original d\u2019Abdullah, pas contre son succ\u00e9dan\u00e9 \u2013 qui consiste \u00e0 pr\u00e9parer un plan concret ainsi qu\u2019un calendrier pour l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un Etat palestinien, a \u00e9t\u00e9 tenue par notre Pr\u00e9sident et le pousse \u00e0 r\u00e9orienter ses initiatives.<\/p>\n<p> Finalement, ce qui sape la cr\u00e9dibilit\u00e9 du plan saoudien aux yeux de Bush \u2013 dans toutes ses versions -, c\u2019est l\u2019impossibilit\u00e9 radicale qu\u2019il y a \u00e0 transformer Arafat en leader responsable, ne f\u00fbt-ce que pour quelques instants. Pour Bush, Arafat est v\u00e9ritablement un menteur et un assassin, avec lequel il est impossible de progresser. Cet emp\u00eachement majeur entretient l\u2019amplitude des oscillations de la politique am\u00e9ricaine et nous promet qu\u2019elle continuera \u00e0 danser, d\u2019une magn\u00e9tisation \u00e0 l\u2019autre, pendant encore de longs mois. <\/b><\/p>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bush, le cul entre deux th\u00e8ses ! (info # 012006\/2) Par Yohanan B. Zakai, analyste de politique \u00e9trang\u00e8re, aux USA \u00a9 Metula News Agency O\u00f9 en est-on \u00e0 Washington? Depuis le 11 septembre, le cours suivi par l\u2019administration Bush n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019osciller entre deux p\u00f4les. 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