{"id":43458,"date":"2026-10-03T03:29:56","date_gmt":"2026-10-03T03:29:56","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=43458"},"modified":"2026-10-03T03:29:56","modified_gmt":"2026-10-03T03:29:56","slug":"ce-qui-sest-passe-a-sabra-et-chatila-par-dan-galili","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ce-qui-sest-passe-a-sabra-et-chatila-par-dan-galili\/","title":{"rendered":"CE QUI S&rsquo;EST PASSE A SABRA ET CHATILA, par Dan Galili"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p><strong><br \/> Le dossier central de L&rsquo;Arche (n\u00b0517, mars 2001 <a href=\"mailto:archejud@club-internet.fr\">archejud@club-internet.fr<\/a> ) est consacr\u00e9 au nouveau premier ministre isra\u00e9lien, Ariel Sharon. Nous y traitons notamment d&rsquo;une affaire qui a marqu\u00e9 la vie de Sharon, et qui est au centre des actes d&rsquo;accusation que l&rsquo;on dresse contre lui jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour:<br \/> le massacre de Sabra et Chatila. Cette mise au point permettra aux lecteurs qui ont la m\u00e9moire courte, ou qui \u00e9taient trop jeunes \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, de mettre quelques pendules \u00e0 l&rsquo;heure.<\/p>\n<p> \u00c0 la suite des massacres commis dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, le gouvernement d&rsquo;Isra\u00ebl d\u00e9cidait le 28 septembre 1982 de cr\u00e9er une commission d&rsquo;enqu\u00eate. Une telle commission, aux termes de la loi, est nomm\u00e9e par le pr\u00e9sident de la Cour supr\u00eame. Totalement ind\u00e9pendante du pouvoir politique, elle jouit de pr\u00e9rogatives analogues \u00e0 celles d&rsquo;un tribunal et a la capacit\u00e9 d&rsquo;entendre tous les t\u00e9moignages qui lui semblent n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9couverte de la v\u00e9rit\u00e9. La commission d&rsquo;enqu\u00eate sur les massacres de Sabra et Chatila \u00e9tait compos\u00e9e de trois membres: le pr\u00e9sident de la Cour supr\u00eame lui-m\u00eame, le juge Itzhak Kahane; le juge Aharon Barak, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque juge \u00e0 la Cour supr\u00eame et aujourd&rsquo;hui pr\u00e9sident de la Cour supr\u00eame; et le g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9serve Yona Efrat. Ils \u00e9taient assist\u00e9s par une \u00e9quipe de juristes de haut niveau.<\/p>\n<p> La commission Kahane a remis le 8 f\u00e9vrier 1983 un rapport, long et d\u00e9taill\u00e9, d\u00e9crivant les \u00e9v\u00e9nements qui se sont produits \u00e0 Beyrouth en septembre 1982 en mettant l&rsquo;accent sur l&rsquo;implication des responsables isra\u00e9liens \u00e0 tous les niveaux. Les informations qui suivent reposent largement sur ce rapport.<\/p>\n<p> Au moment des \u00e9v\u00e9nements de Sabra et Chatila, le Liban est en proie \u00e0 une guerre qui se poursuit depuis 1975. Cette guerre civile a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des atrocit\u00e9s en grand nombre: massacres de chr\u00e9tiens par des Palestiniens dans la ville de Damour en janvier 1976, massacre de Palestiniens par des<br \/> chr\u00e9tiens au camp de Tel Zaatar en ao\u00fbt 1976, etc. L&rsquo;intervention<br \/> isra\u00e9lienne, qui commence le 6 juin 1982, a pour objet, une fois \u00e9limin\u00e9es les bases palestiniennes au Liban-Sud, de lib\u00e9rer le restant du pays de l&#8217;emprise des Syriens et des Palestiniens. Pour ce faire, Isra\u00ebl s&rsquo;est alli\u00e9 aux Forces libanaises, la milice chr\u00e9tienne domin\u00e9e par le parti phalangiste que dirige la famille Gemayel. Bien que les Phalangistes ne participent pas aux combats, on esp\u00e8re qu&rsquo;apr\u00e8s la neutralisation des forces \u00e9trang\u00e8res ils contribueront \u00e0 r\u00e9tablir une autorit\u00e9 libanaise sur le pays et qu&rsquo;un nouveau gouvernement signera la paix avec Isra\u00ebl. Le 25 juillet 1982, soit un mois et demi apr\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e des forces isra\u00e9liennes au Liban, la ville de Beyrouth-Ouest est enti\u00e8rement encercl\u00e9e par Tsahal. Le 23 ao\u00fbt, le dirigeant chr\u00e9tien Bechir Gemayel est \u00e9lu pr\u00e9sident du Liban. Dans les<br \/> jours qui suivent, les forces palestiniennes et syriennes se retirent de Beyrouth. Des informations de diverses sources indiquent que ce retrait n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 total et que quelque deux mille combattants sont demeur\u00e9s sur place.<br \/> Mais, en Isra\u00ebl, on suppose qu&rsquo;avec l&rsquo;entr\u00e9e en fonctions du nouveau pr\u00e9sident la souverainet\u00e9 libanaise sera instaur\u00e9e sur l&rsquo;ensemble du territoire.<\/p>\n<p> Le mardi 14 septembre, Bechir Gemayel est tu\u00e9 dans un attentat. Sa mort remet en question l&rsquo;\u00e9quilibre des forces. En raison du risque de perte de contr\u00f4le, les dirigeants isra\u00e9liens d\u00e9cident aussit\u00f4t que Tsahal doit entrer dans la ville de Beyrouth-Ouest. Cependant, il est stipul\u00e9 que les militaires isra\u00e9liens ne p\u00e9n\u00e9treront pas dans les camps palestiniens de Beyrouth, o\u00f9 des combattants arm\u00e9s sont encore implant\u00e9s: ce sera la responsabilit\u00e9 des Libanais. Tsahal \u00e9tablit un poste de commandement sur le toit d&rsquo;un immeuble avoisinant les camps palestiniens de Sabra et Chatila. \u00c0 partir du mercredi 15 septembre, des tirs nourris sont dirig\u00e9s depuis l&rsquo;int\u00e9rieur des camps contre le poste de commandement et contre une unit\u00e9 de Tsahal stationn\u00e9e dans les environs, faisant un mort et plusieurs bless\u00e9s. Les Isra\u00e9liens ripostent, mais restent en dehors des camps.<\/p>\n<p> Le 15 septembre, le ministre de la d\u00e9fense Ariel Sharon effectue une visite au poste de commandement, o\u00f9 il rencontre le commandant en chef de Tsahal, le g\u00e9n\u00e9ral Rapha\u00ebl Eytan. Ils d\u00e9cident de la disposition des forces isra\u00e9liennes dans Beyrouth. Au cours de cette r\u00e9union, il est pr\u00e9cis\u00e9, entre autres choses, que les Forces libanaises (c&rsquo;est-\u00e0-dire les Phalangistes) p\u00e9n\u00e9treront dans les camps palestiniens pour neutraliser les combattants qui s&rsquo;y trouvent encore. L&rsquo;apr\u00e8s-midi du 15 septembre, Sharon rentre en Isra\u00ebl; Eytan fait de m\u00eame le lendemain. Le jeudi 16 septembre a lieu une premi\u00e8re r\u00e9union de coordination entre Tsahal et les Forces libanaises. Le g\u00e9n\u00e9ral Amos Yaron, commandant des forces isra\u00e9liennes dans la r\u00e9gion, rappelle que l&rsquo;objectif est de faire cesser les attaques arm\u00e9es, mais qu&rsquo;aucun tort ne doit \u00eatre caus\u00e9 aux populations civiles. Les participants conviennent de l&rsquo;entr\u00e9e dans Sabra et Chatila de 150 combattants chr\u00e9tiens, appartenant \u00e0 une unit\u00e9 command\u00e9e par le chef phalangiste \u00c9lie Hobeika. Ce dernier se trouve sur le toit du poste de commandement de Tsahal, d&rsquo;o\u00f9 il donne des ordres \u00e0 ses hommes par un t\u00e9l\u00e9phone de campagne. L&rsquo;op\u00e9ration commence ce m\u00eame 16 septembre, \u00e0 18 heures.<\/p>\n<p> \u00c0 partir de ce moment, les Isra\u00e9liens n&rsquo;ont plus aucune information directe sur ce qui se passe \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des camps: le poste de commandement est situ\u00e9 de telle sorte que ses occupants ne peuvent discerner les mouvements dans les camps, m\u00eame avec des jumelles. On entend que les tirs palestiniens, jusque-l\u00e0 dirig\u00e9s contre les forces isra\u00e9liennes, visent d\u00e9sormais les combattants chr\u00e9tiens qui ont commenc\u00e9 leur progression dans Sabra et Chatila.<\/p>\n<p> Peu apr\u00e8s, des militaires isra\u00e9liens surprennent, sur le t\u00e9l\u00e9phone des phalangistes, des conversations qui \u00e9veillent leur inqui\u00e9tude quant au comportement des miliciens chr\u00e9tiens \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des camps. Le g\u00e9n\u00e9ral Yaron, inform\u00e9 de ces suspicions, prend Hobeika \u00e0 part et lui parle en t\u00eate-\u00e0-t\u00eate durant cinq minutes. Le g\u00e9n\u00e9ral isra\u00e9lien expliquera par la suite \u00e0 la commission Kahane qu&rsquo;il a s\u00e9v\u00e8rement averti Hobeika et les autres officiers des Forces libanaises de ne pas faire de mal aux civils, et que ceux-ci l&rsquo;ont assur\u00e9 que des ordres ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s dans ce sens. En fait, le massacre a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 mais personne ne le sait hors des camps &#8211; sauf les officiers phalangistes, qui suivent les op\u00e9rations sur leur t\u00e9l\u00e9phone de campagne. Au cours de la nuit, les Phalangistes op\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de Sabra et Chatila demandent que l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne tire des fus\u00e9es \u00e9clairantes pour faciliter leur progression. Cela leur est accord\u00e9, de mani\u00e8re limit\u00e9e. Au matin du vendredi 17 septembre, les officiers isra\u00e9liens pr\u00e9sents au poste de commandement apprennent de l&rsquo;officier de liaison phalangiste que des meurtres ont \u00e9t\u00e9 commis dans les camps, mais qu&rsquo;il y a \u00e9t\u00e9 mis bon ordre et que ces exactions ont cess\u00e9.<br \/> Au cours de la matin\u00e9e du 17 septembre, le chef des services de<br \/> renseignements de Tsahal re\u00e7oit une information parlant de 300 morts \u00e0 Sabra et Chatila. Mais aucune confirmation ne peut \u00eatre obtenue, et le rapport n&rsquo;est pas transmis au-del\u00e0. Des rumeurs analogues commencent pourtant \u00e0 circuler. Le journaliste Zeev Schiff, du quotidien Haaretz, entend dire qu&rsquo;il y a un massacre dans les camps ; il alerte le ministre adjoint de la d\u00e9fense, Mordeha\u00ef Tsipori, qui s&rsquo;adresse \u00e0 son tour au ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res Itzhak Shamir. Mais tout cela semble trop vague pour justifier une intervention.<\/p>\n<p> Pendant ce temps, \u00e0 Beyrouth, le commandant de la r\u00e9gion nord de Tsahal, le g\u00e9n\u00e9ral Amir Drori, rencontre le commandant en chef de l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re libanaise. Il tente de le persuader que l&rsquo;arm\u00e9e libanaise doit entrer dans les camps palestiniens. Il l&rsquo;adjure de parler en ce sens au premier ministre du Liban. \u00abVous savez ce que les Libanais sont capables de se faire les uns aux autres\u00bb, dit Drori. \u00abC&rsquo;est important, vous devriez agir maintenant.\u00bb La r\u00e9ponse sera n\u00e9gative.<\/p>\n<p> En ce vendredi 17 septembre, des militaires isra\u00e9liens positionn\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 des camps de Sabra et Chatila sont t\u00e9moins d&rsquo;actes de brutalit\u00e9 et de meurtres commis par des Phalangistes sur des civils palestiniens. Mais, dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, le commandant en chef de Tsahal, le g\u00e9n\u00e9ral Eytan, rencontre les officiers phalangistes qui l&rsquo;informent que l&rsquo;op\u00e9ration dans les camps est achev\u00e9e et qu&rsquo;ils quitteront les lieux le lendemain \u00e0 cinq heures du matin.<\/p>\n<p> Au matin du samedi 18 septembre, les Phalangistes sont toujours dans Sabra et Chatila. Le g\u00e9n\u00e9ral Yaron exige alors du chef des Phalangistes qu&rsquo;il retire ses hommes imm\u00e9diatement. Les Phalangistes ob\u00e9issent, et les derniers d&rsquo;entre eux quittent les camps \u00e0 huit heures du matin. Par haut-parleur, l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne appelle les habitants palestiniens des camps \u00e0 sortir de leurs maisons; ils sont rassembl\u00e9s dans un stade voisin, o\u00f9 ils re\u00e7oivent \u00e0 boire et \u00e0 manger. On d\u00e9couvre alors que les Phalangistes ont tu\u00e9, outre des combattants palestiniens, des civils en grand nombre. Des employ\u00e9s de la Croix-Rouge et des journalistes arrivent sur place, et informent le monde entier. Menahem Begin apprend tout cela le samedi au soir, en \u00e9coutant la BBC. Il alerte aussit\u00f4t Ariel Sharon et Rapha\u00ebl Eytan, qui lui disent que les atrocit\u00e9s ont cess\u00e9 et que les Phalangistes ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9s des camps.<br \/> Mais il est trop tard. Le monde entier pointe d\u00e9j\u00e0 un doigt accusateur vers Isra\u00ebl.<\/p>\n<p> Combien y a-t-il eu de morts palestiniens \u00e0 Sabra et Chatila? Selon les services de renseignements de Tsahal, entre 700 et 800. De source palestinienne, on donne des chiffres plus \u00e9lev\u00e9s. La commission Kahane juge que l&rsquo;estimation de Tsahal est la plus vraisemblable. Quoi qu&rsquo;il en soit, les statistiques ne changent rien \u00e0 l&rsquo;horreur. Les massacres, dit la commission, ont \u00e9t\u00e9 commis durant le temps de pr\u00e9sence des Phalangistes dans<br \/> les camps, entre le jeudi 16 septembre \u00e0 18 heures et le samedi 18 septembre \u00e0 8 heures. Seuls les Phalangistes ont op\u00e9r\u00e9 dans les camps: il n&rsquo;y avait sur place aucun Isra\u00e9lien, et aucun militaire de l&rsquo;Arm\u00e9e du Liban-Sud (dont les rapports avec les Phalangistes \u00e9taient d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s tendus). Les t\u00e9moignages et les rumeurs, concernant une pr\u00e9tendue pr\u00e9sence dans les camps de repr\u00e9sentants de Tsahal ou de l&rsquo;ALS, sont apparus \u00e0 l&rsquo;examen d\u00e9pourvus de tout fondement.<\/p>\n<p> La commission se pose alors la question de la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Isra\u00ebl. Il est certain, souligne-t-elle, qu&rsquo;aucune responsabilit\u00e9 directe ne saurait \u00eatre invoqu\u00e9e. \u00abNous n&rsquo;avons aucun doute sur le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu de complot ni de conspiration entre qui que ce soit de la direction civile d&rsquo;Isra\u00ebl, ou de la direction de Tsahal, et les Phalangistes. La d\u00e9cision de laisser les Phalangistes entrer dans les camps avait pour but d&rsquo; \u00e9viter de nouvelles victimes [isra\u00e9liennes] dans cette guerre; de r\u00e9pondre aux pressions de l&rsquo;opinion publique isra\u00e9lienne, qui reprochait aux Phalangistes de b\u00e9n\u00e9ficier des r\u00e9sultats de la guerre sans y avoir pris part; et de profiter de l&rsquo;expertise des Phalangistes pour ce qui est d&rsquo;identifier des terroristes et de d\u00e9couvrir des caches d&rsquo;armes.\u00bb<\/p>\n<p> Les Isra\u00e9liens pr\u00e9sents sur le toit du poste de commandement ne pouvaient savoir ce qui se passait dans les camps (une unit\u00e9 de l&rsquo;arm\u00e9e libanaise, stationn\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9, n&rsquo;avait d&rsquo;ailleurs rien remarqu\u00e9). La responsabilit\u00e9 directe du massacre repose donc enti\u00e8rement sur les Phalangistes, et eux seuls.<\/p>\n<p> Reste la responsabilit\u00e9 indirecte. Sur ce point, la commission Kahane innove, en mettant en accusation des dirigeants isra\u00e9liens qui n&rsquo;ont pas pr\u00e9vu ce qui r\u00e9sulterait de l&rsquo;entr\u00e9e des Phalangistes dans les camps de Sabra et Chatila, ou qui n&rsquo;ont pas eu suffisamment de pr\u00e9sence d&rsquo;esprit, lorsque les premi\u00e8res rumeurs sur le massacre ont commenc\u00e9 \u00e0 circuler, pour intervenir et faire sortir les Phalangistes. D&rsquo;autres parties pourraient \u00eatre mises en cause, dit la commission: les dirigeants libanais qui ont refus\u00e9 de faire entrer l&rsquo;arm\u00e9e dans les camps, et m\u00eame l&rsquo;ambassadeur des \u00c9tats-Unis qui a refus\u00e9 de faire pression en ce sens. Mais, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une enqu\u00eate isra\u00e9lienne, seuls les manquements des Isra\u00e9liens sont pris en<br \/> compte.<br \/> Ainsi sont bl\u00e2m\u00e9s par la commission, \u00e0 des degr\u00e9s divers: le premier ministre Menahem Begin, le ministre de la d\u00e9fense Ariel Sharon, le ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res Itzhak Shamir, le commandant en chef de Tsahal Rapha\u00ebl Eytan, le chef des renseignements militaires Yehoshoua Saguy, le commandant de la r\u00e9gion nord Amir Drori, et le g\u00e9n\u00e9ral Amos Yaron. La recommandation la plus s\u00e9v\u00e8re est celle visant Ariel Sharon, qui doit quitter ses fonctions.<\/p>\n<p> En conclusion, la commission Kahane \u00e9voque l&rsquo;argument selon lequel \u00abdes massacres ont eu lieu auparavant au Liban, avec des victimes beaucoup plus nombreuses qu&rsquo;\u00e0 Sabra et Chatila, mais l&rsquo;opinion publique mondiale ne s&rsquo;en est pas \u00e9mue et aucune commission d&rsquo;enqu\u00eate n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie\u00bb. Elle rejette cet argument, soulignant que l&rsquo;objectif de son enqu\u00eate \u00e9tait de pr\u00e9server \u00abl&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 morale d&rsquo;Isra\u00ebl, et son fonctionnement en tant qu&rsquo;\u00c9tat d\u00e9mocratique adh\u00e9rant scrupuleusement aux principes fondamentaux du monde civilis\u00e9\u00bb. Et elle ajoute: \u00abNous ne nous ber\u00e7ons pas de l&rsquo;illusion que les r\u00e9sultats de notre enqu\u00eate suffiront \u00e0 convaincre ou \u00e0 satisfaire les gens nourris de pr\u00e9jug\u00e9s et les consciences s\u00e9lectives. Mais notre enqu\u00eate ne leur \u00e9tait pas destin\u00e9e.\u00bb<br \/> <\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dossier central de L&rsquo;Arche (n\u00b0517, mars 2001 archejud@club-internet.fr ) est consacr\u00e9 au nouveau premier ministre isra\u00e9lien, Ariel Sharon. Nous y traitons notamment d&rsquo;une affaire qui a marqu\u00e9 la vie de Sharon, et qui est au centre des actes d&rsquo;accusation que l&rsquo;on dresse contre lui jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour: le massacre de Sabra et Chatila. 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