{"id":4348,"date":"2012-05-03T03:24:03","date_gmt":"2012-05-03T03:24:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4348"},"modified":"2012-05-03T04:14:05","modified_gmt":"2012-05-03T04:14:05","slug":"marine-le-pen-sinvite-a-shabbat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/marine-le-pen-sinvite-a-shabbat\/","title":{"rendered":"Marine Le Pen s\u2019invite \u00e0 shabbat"},"content":{"rendered":"<p>\n\tMarine Le Pen s&rsquo;invite &agrave; shabbat<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA deux jours du second tour, Marc et Judith Chiche se disputent grave.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tMarine Le Pen s&rsquo;invite &agrave; shabbat<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA deux jours du second tour, Marc et Judith Chiche se disputent grave.<\/p>\n<div id=\"post-content-wrapper\">\n<div id=\"post-content\">\n<p>\n\t\t\tCe shabbat n&rsquo;avait pas fait exception : commenc&eacute; avec l&rsquo;allumage des bougies et des pri&egrave;res, il s&rsquo;&eacute;tait poursuivi dans les cris. Les voisins avaient l&rsquo;habitude. Les Ricard &eacute;taient l&rsquo;une des rares familles non juives de l&rsquo;immeuble &ndash; du moins si l&rsquo;on se fiait aux noms inscrits sur les bo&icirc;tes aux lettres, o&ugrave; &eacute;mergeaient aussi quelques patronymes arabes, encore qu&rsquo;on distingu&acirc;t mal dans ce panel connot&eacute; &laquo; Maghreb &raquo;. Ils avaient baptis&eacute; ce rituel hebdomadaire la &laquo; sainte col&egrave;re &raquo;. Mathieu, &eacute;colier en CE2, s&rsquo;amusait de ces hurlements qui traversaient les minces cloisons pour lesquels il avait invent&eacute; une formule inspir&eacute;e de la Guerre des boutons, dont il avait vu coup sur coup deux adaptations au cin&eacute;ma : &laquo; La guerre des pois-chiche &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe couchant rosissait les tours du 19e arrondissement de Paris, ce couscous &laquo; multiculti &raquo; o&ugrave; l&rsquo;on s&rsquo;accordait si peu sur la recette. Dans leur F5 situ&eacute; au deuxi&egrave;me &eacute;tage d&rsquo;un HLM anormalement bas &ndash; pour shabbat, &ccedil;a simplifiait les interdits li&eacute;s &agrave; l&rsquo;usage de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; dans les parties communes, mais ne r&eacute;glait pas l&rsquo;emploi du digicode, &eacute;ternelle source de conflit &ndash;, les Chiche se disputaient &agrave; nouveau.<br \/>\n\t\t\tOn &eacute;tait &agrave; deux jours du second tour de l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle, plus pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; trente-six heures de l&rsquo;ouverture des bureaux de vote. La presse, en particulier les quotidiens r&eacute;gionaux &agrave; l&rsquo;exception de ceux de la r&eacute;gion PACA, reconnaissait que, le mercredi pr&eacute;c&eacute;dent, Fran&ccedil;ois Hollande avait fait bonne figure dans le d&eacute;bat qui l&rsquo;opposait &agrave; Nicolas Sarkozy. &laquo; Tout reste ouvert &raquo;, avait titr&eacute; Le Figaro le jeudi, avant d&rsquo;adresser le vendredi un message tr&egrave;s peu subliminal: &laquo; Derni&egrave;re ligne droite !&raquo;, qui pouvait s&rsquo;entendre comme &ldquo;Derni&egrave;re chance!&rdquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPour ce dernier jour de campagne, Lib&eacute;ration arborait une &laquo; une &raquo; encore plus d&eacute;vote que d&rsquo;habitude, en d&eacute;pit de la r&eacute;volte de la base journalistique contre l&rsquo;alignement du directeur Nicolas Demorand : Hollande y apparaissait en pied, sourire de vainqueur face &agrave; l&rsquo;objectif. Prise la veille sur un march&eacute; de Saint-Denis, la photo montrait un candidat presque pr&eacute;sident parmi des gens dont les regards pleins d&rsquo;espoir se tournaient vers l&rsquo;homme nouveau. Le titre &eacute;tait sobre, &agrave; peine trois lettres: &laquo; LUI &raquo;. Les boites de pub s&rsquo;empareraient promptement de ce minimalisme. L&rsquo;&eacute;nergie d&eacute;ploy&eacute;e par le Pr&eacute;sident sortant n&rsquo;y avait rien chang&eacute;: les ultimes sondages donnaient le candidat socialiste vainqueur.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&#8211; Comment peux-tu voter Sarko ! Judith s&rsquo;adressait sur un ton vif &agrave; son mari, Marc Chiche, g&eacute;rant d&rsquo;une boutique de jeans dans le quartier des Batignolles. Elle avait attendu que son beau-p&egrave;re ait b&eacute;ni la nourriture pr&eacute;par&eacute;e par Henriette, sa belle-m&egrave;re, pour dire ce qu&rsquo;elle avait sur le c&oelig;ur, rouvrant devant t&eacute;moins un litige somme toute ancien, qui reprenait de la vigueur &agrave; l&rsquo;approche du jour fatidique.<br \/>\n\t\t\t&#8211; Arr&ecirc;te !, coupa Marc, qui &eacute;tait assis face &agrave; sa femme.<br \/>\n\t\t\t&#8211; Non, j&rsquo;arr&ecirc;te pas. Tu vas voter Sarko, ce type qui roule pour le Front national&hellip;<br \/>\n\t\t\t&#8211; Et alors ? Il en a, Sarko, c&rsquo;est pas comme l&rsquo;autre. Lui, au moins, il nous d&eacute;fend.<br \/>\n\t\t\t&#8211; &Ccedil;a y est, tu repars dans ton d&eacute;lire.<br \/>\n\t\t\t&#8211; Quel d&eacute;lire ? Sans lui, on serait quoi ? On serait o&ugrave; ? En Isra&euml;l ! La valise, on l&rsquo;aurait faite depuis longtemps.<br \/>\n\t\t\t&#8211; &Ccedil;a te va bien de dire &ccedil;a, toi qui penses qu&rsquo;&agrave; partir en Isra&euml;l, t&rsquo;as mis cette id&eacute;e dans la t&ecirc;te des enfants. En tout cas, ne compte pas sur moi pour aller m&rsquo;enfermer l&agrave;-bas, chez ta s&oelig;ur dans le N&eacute;guev, par 45 degr&eacute;s &agrave; l&rsquo;ombre. Y a pas &eacute;crit &laquo; homard &raquo;, l&agrave; ! (Avec sa main gauche, elle indiquait son front.)<br \/>\n\t\t\t&#8211; Laisse ma s&oelig;ur tranquille, elle, au moins, elle fait quelque chose d&rsquo;utile, elle a &eacute;crit un livre. Et puis, le homard, c&rsquo;est pas casher, tu devrais le savoir.<br \/>\n\t\t\t&#8211; Tr&egrave;s dr&ocirc;le&hellip;<br \/>\n\t\t\t&#8211; Homard m&rsquo;a tuer&hellip;<br \/>\n\t\t\t&#8211; C&rsquo;que tu peux &ecirc;tre beauf, comme Sarko. Ta s&oelig;ur, au fait, son bouquin, rappelle-moi le titre&hellip;La circoncision pour les nuls, c&rsquo;est &ccedil;a ?<br \/>\n\t\t\t&#8211; Maman, c&rsquo;est quoi la circoncision ? demanda Sarah, 6 ans, la benjamine des trois enfants de Marc et Judith, provoquant les rires complices de ses deux fr&egrave;res, David, 17 ans, et Ruben, 13 ans.<br \/>\n\t\t\t&#8211; (Marc &agrave; sa femme) Bravo&hellip; Je t&rsquo;expliquerai, ma ch&eacute;rie, r&eacute;pondit le p&egrave;re &agrave; sa fille, qui reprit le fil o&ugrave; il l&rsquo;avait laiss&eacute;. Son bouquin, comme tu dis, &ccedil;a vaut bien ton assoce, &laquo; Partage et mis&eacute;ricorde &raquo;.<br \/>\n\t\t\t&#8211; &laquo; Partage et Compr&eacute;hension &raquo;, d&rsquo;abord ! Si y&rsquo;avait pas des femmes comme Mme Bouchareb, Mme Kadou et moi, il irait o&ugrave;, le 19e ? Heureusement qu&rsquo;on est l&agrave;.<br \/>\n\t\t\t&#8211; Ben voyons, S&oelig;ur Emmanuelle, tu te prends une claque sur la joue droite, tu tends la joue gauche&hellip; On voit o&ugrave; &ccedil;a m&egrave;ne, tes bons sentiments. &Agrave; St&eacute;phane Hessel ! Mais tu l&rsquo;as pas entendu, Hollande ? Son &laquo; cher St&eacute;phane Hessel &raquo;&hellip;qui a un seul sujet d&rsquo;indignation, Isra&euml;l, &ccedil;a veut tout dire. S&rsquo;il passe dimanche, y&rsquo;en aura plus que pour eux. Y&rsquo;en a d&eacute;j&agrave; plus que pour eux.<br \/>\n\t\t\t&#8211; Pour eux, c&rsquo;est qui &ldquo;eux&rdquo; ? Les Arabes ! Dis-le ! Tu crois que je vais &ecirc;tre complice d&rsquo;un pogrom ? Regarde ce qui se passe, sors ton nez de tes jeans&hellip;<br \/>\n\t\t\t&#8211; En attendant, mes jeans, ils nous font vivre.<br \/>\n\t\t\t&#8211; J&rsquo;ai pas dit le contraire&hellip; Non mais, regarde un peu : Marine Le Pen, elle tape sur les Arabes toute la journ&eacute;e. Je suis s&ucirc;r que t&rsquo;as vot&eacute; pour elle au premier tour !<br \/>\n\t\t\t&#8211; Tu me prends pour qui ? Et si j&rsquo;avais vot&eacute; pour elle, hein ? Elle est pas antis&eacute;mite comme son p&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\t\tD&egrave;s son accession &agrave; la pr&eacute;sidence du Front, en janvier 2011, Marine Le Pen avait tent&eacute; un rapprochement avec la &ldquo;rue juive&rdquo; et lanc&eacute; en m&ecirc;me temps une offensive en direction des milieux intellectuels sionistes. Elle leur avait donn&eacute; des gages de respectabilit&eacute;. Nul ou presque n&rsquo;&eacute;tait dupe de la man&oelig;uvre, mais les mots qu&rsquo;elle employait avaient leur sens et leur importance. Ils l&rsquo;&laquo; engageaient malgr&eacute; tout &raquo;, relevait-on, et l&rsquo;attachement qu&rsquo;elle portait &agrave; la la&iuml;cit&eacute; plaisait &ndash; sa participation, en janvier 2012, &agrave; un bal des corporations estudiantines viennoises, o&ugrave; les &laquo; gn&auml;dige Frau &raquo; avaient un vieux son de bottes, entachait cependant son entreprise ardue de d&eacute;p&eacute;tainisation du Front. En r&eacute;sum&eacute;, les juifs n&rsquo;&eacute;taient plus pour elle un probl&egrave;me. Ils &eacute;taient m&ecirc;me une partie de la solution. Qui mieux qu&rsquo;eux, de la R&eacute;volution de 1789 au d&eacute;cret Cr&eacute;mieux de 1870 accordant la citoyennet&eacute; fran&ccedil;aise aux juifs d&rsquo;Alg&eacute;rie, incarnaient l&rsquo;&eacute;mancipation citoyenne ? Les avoir dans sa poche, c&rsquo;&eacute;tait, pensait-elle, s&rsquo;ouvrir toutes grandes les portes de la l&eacute;gitimit&eacute; r&eacute;publicaine.<\/p>\n<p>\n\t\t\tOn avait abouti &agrave; une dr&ocirc;le de paix entre la dirigeante frontiste et ces juifs que la d&eacute;couverte d&rsquo;un antis&eacute;mitisme arabo-musulman, devenu presque la norme dans certains quartiers, avaient rendu pour le moins pessimistes. Ils s&rsquo;inqui&eacute;taient d&eacute;sormais de l&rsquo;arriv&eacute;e sur le &laquo; march&eacute; &raquo; de la politique des Fran&ccedil;ais arabo-musulmans et de leur cort&egrave;ge de revendications, pour partie religieuses. Car c&rsquo;&eacute;tait bien cela qui &eacute;tait en jeu : une certaine id&eacute;e de la R&eacute;publique, qui devait plus &agrave; Aristote qu&rsquo;&agrave; Mahomet, et au m&eacute;rite individuel davantage qu&rsquo;&agrave; la discrimination positive. Les habitants des &laquo; quartiers &raquo;, eux, avaient soif de &laquo; reconnaissance &raquo;; leur principal atout, ils le savaient, c&rsquo;&eacute;tait une question de temps mais leur patience avait des limites, &eacute;tait la d&eacute;mographie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo; Tu sais tr&egrave;s bien que le probl&egrave;me, c&rsquo;est pas le Front national, ajouta Marc. On ne va quand m&ecirc;me pas redevenir des dhimmis. Pas question ! On a d&eacute;j&agrave; connu &ccedil;a en Alg&eacute;rie. &raquo; Marc Chiche &eacute;tait n&eacute; en France, ses parents, ainsi que ses oncles et tantes, avaient connu l&rsquo;exode en 1962. Il avait &eacute;pous&eacute; une Ashk&eacute;naze, contre l&rsquo;avis des deux familles. Une telle mixit&eacute; &eacute;tait rare dans le 19e, o&ugrave; l&rsquo;homog&eacute;n&eacute;it&eacute; s&eacute;pharade pr&eacute;valait dans la plupart des couples. Nul ne s&rsquo;&eacute;tonnait de voir des juifs d&rsquo;Alg&eacute;rie ou du Maroc adopter les r&egrave;gles et les rites du shtetl de Pologne ou de Lituanie. Judith et Marc ne faisaient pas partie des ultra-orthodoxes, mais du juda&iuml;sme religieux mainstream, &eacute;galement dit traditionnaliste.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEtait-ce son appartenance s&eacute;culaire &agrave; l&rsquo;Europe, &agrave; son histoire, &agrave; l&rsquo;histoire de ses malheurs, qui expliquait le parti-pris de Judith ? Il lui semblait que les Arabes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui &eacute;taient les juifs d&rsquo;hier &ndash; les &laquo; nouveaux boucs-&eacute;missaires &raquo;, lan&ccedil;a-t-elle &agrave; son mari. &laquo; Ma ch&eacute;rie, ce que tu peux &ecirc;tre na&iuml;ve, r&eacute;pliqua-t-il. Comme si on ne pouvait pas &ecirc;tre &agrave; la fois pers&eacute;cut&eacute;, comme tu dis, et salaud, opprim&eacute; et d&eacute;gueulasse. La preuve, Merah ! Les puissants n&rsquo;ont pas le monopole de l&rsquo;horreur. En France, personne n&rsquo;est pers&eacute;cut&eacute;, faut arr&ecirc;ter avec &ccedil;a. C&rsquo;est juste une histoire d&rsquo;int&eacute;gration. J&rsquo;ai faim. &raquo; Judith n&rsquo;en dit pas plus. Elle voterait Hollande, certaine de la victoire le 6 mai. Mais elle se demandait si son mari n&rsquo;&eacute;tait pas all&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; glisser dans l&rsquo;urne un bulletin pour Marine Le Pen. Non, un juif voter pour un Le Pen, c&rsquo;&eacute;tait impossible&hellip;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAutour de la table, personne n&rsquo;avait encore touch&eacute; au couscous-boulettes. Simon et Henriette, les parents de Marc, vivaient modestement dans un deux-pi&egrave;ces du Marais qui n&rsquo;avait pas encore &eacute;t&eacute; r&eacute;nov&eacute; et achet&eacute; &agrave; prix d&rsquo;or par un publicitaire gay. Leur fils allait les chercher en voiture le vendredi apr&egrave;s-midi. Henriette tenait &agrave; pr&eacute;parer le repas du soir, ce dont chacun se f&eacute;licitait &ndash; Marc ne s&rsquo;&eacute;tait jamais habitu&eacute; au gefilte fisch du shabbat. Cela soulageait sa belle-fille, m&egrave;re au foyer et accapar&eacute;e par ses activit&eacute;s au sein de &laquo; Partage et Compr&eacute;hension &raquo;. Cet engagement dans le dialogue interconfessionnel n&rsquo;emp&ecirc;chait pas David, Ruben et Sarah de fr&eacute;quenter des &eacute;coles juives, dont le nombre avait cru dans le secteur depuis le d&eacute;clenchement de la seconde Intifada, au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000 et la recrudescence des agressions antis&eacute;mites. C&rsquo;&eacute;tait plus s&ucirc;r pour eux.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDavid, en premi&egrave;re, &eacute;quivalent ES, dans un grand lyc&eacute;e priv&eacute; du quartier, avait un secret d&rsquo;adolescent, que sa coupe rase de &laquo; caillera feuj &raquo; aurait pu trahir &ndash; ses parents l&rsquo;attribuaient &agrave; sa fascination pour la s&eacute;rie &laquo; Prison Break &raquo;, qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas pu assouvir totalement, les tatouages lui &eacute;tant interdits. Depuis peu, il fr&eacute;quentait la Ligue de d&eacute;fense juive, un groupuscule ouvertement sioniste, tendance extra-dure, brutal dans ses propos et dans ses actes. Lundi 19 mars au soir, avec ses camarades de lutte, il avait provoqu&eacute; le chahut dans une marche allant de R&eacute;publique &agrave; Bastille, organis&eacute;e en r&eacute;action &agrave; la tuerie perp&eacute;tr&eacute;e le matin aux abords et dans l&rsquo;enceinte de l&rsquo;&eacute;cole juive Ozar-Hatorah, &agrave; Toulouse. Bien qu&rsquo;on ignor&acirc;t, &agrave; cet instant, l&rsquo;identit&eacute; du meurtrier &ndash; il serait plus juste de dire qu&rsquo;on se for&ccedil;ait &agrave; ne pas l&rsquo;envisager &ndash;, David et sa bande l&rsquo;avaient comme identifi&eacute; : &laquo; Vengeance pour nos enfants ! Isra&euml;l vivra, Isra&euml;l vaincra ! &raquo;, criaient-ils par intermittence aux premiers rangs de la marche. La foule recueillie avait ralenti le pas pour &eacute;viter pareil voisinage.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;a&icirc;n&eacute; des Chiche avait donc int&eacute;gr&eacute; les rangs de la LDJ. L&rsquo;&eacute;l&eacute;ment d&eacute;clencheur avait &eacute;t&eacute; un DVD qui l&rsquo;avait beaucoup marqu&eacute; : Les insurg&eacute;s, avec Daniel Craig, raconte la survie, pendant la guerre, de civils juifs dans les for&ecirc;ts de Bi&eacute;lorussie, guid&eacute;s par deux fr&egrave;res h&eacute;ro&iuml;ques, qui comprennent vite que face &agrave; une mort certaine, tous les moyens pour l&rsquo;&eacute;viter sont non seulement bons mais n&eacute;cessaires. David s&rsquo;&eacute;tait mis au krav-maga, art martial estampill&eacute; &laquo; Tsahal &raquo;, enseign&eacute; en nocturne dans quelque gymnase de la R&eacute;publique, apparemment &agrave; l&rsquo;insu des autorit&eacute;s. La LDJ remplissait son office, mieux valait ne pas s&rsquo;y frotter. Elle instaurait une sorte d&rsquo;&eacute;quilibre de la baston dans les quartiers populaires o&ugrave; r&eacute;sidaient encore des juifs, sans doute un des buts recherch&eacute;s. David avait gliss&eacute; dans la discussion houleuse de ses parents, un timide : &laquo; Maman, tu dis n&rsquo;importe quoi. &raquo; Les adultes n&rsquo;avaient pas relev&eacute;. Un jour ou l&rsquo;autre, ils apprendraient son secret.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo; Mes enfants, mesurez vos paroles &raquo;, invita Simon Chiche, ancien ouvrier fraiseur &agrave; Bab-el-Oued, reconverti dans le tissu &agrave; Paris, depuis peu de temps &agrave; la retraite, prise tardivement. Il s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;couvert une passion pour les livres d&rsquo;histoire. M. Chiche pontifiait un peu. &laquo; Vous parlez de la France, mais vous ne la respectez pas. Vous avez l&rsquo;un et l&rsquo;autre du feu dans la bouche. Dimanche, chacun votera ce qu&rsquo;il voudra, et l&rsquo;histoire se poursuivra, dans la paix, gr&acirc;ce &agrave; Dieu et gr&acirc;ce aux lois de la R&eacute;publique, qui nous unissent tous et auxquelles nous devons d&rsquo;&ecirc;tre ce que nous sommes. Ces lois seront bient&ocirc;t, j&rsquo;en suis s&ucirc;r, le socle reconnu par l&rsquo;ensemble de nos compatriotes musulmans, qui n&rsquo;auront d&rsquo;autre choix que de s&rsquo;y soumettre comme nous nous y sommes soumis, apr&egrave;s les avoir re&ccedil;ues en partage. Quant &agrave; toi, David&hellip; (qui bl&ecirc;mit), j&rsquo;ai vu Maurice &ndash; tu connais, Maurice, non, tu connais pas ? &ndash;, eh bien Maurice m&rsquo;a dit qu&rsquo;il t&rsquo;avait crois&eacute; &agrave; la marche le soir de cet horrible attentat de Toulouse. Tu &eacute;tais para&icirc;t-il parmi les plus impliqu&eacute;s &hellip; Maintenant, mangeons.&rdquo;<br \/>\n\t\t\t&#8211; Avec toutes vos histoires, c&rsquo;est froid, observa Henriette, contrari&eacute;e.<br \/>\n\t\t\t&#8211; Laissez, maman, je m&rsquo;en occupe. Shabbat Shalom ! Le calme revint. La politique, c&rsquo;&eacute;tait bien gentil, mais le couscous du shabbat, c&rsquo;&eacute;tait sacr&eacute;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marine Le Pen s&rsquo;invite &agrave; shabbat &nbsp; A deux jours du second tour, Marc et Judith Chiche se disputent grave.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16954,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[163,46,10,65,14,1],"tags":[],"class_list":["post-4348","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-david","category-delires","category-france","category-nicolas-sarkozy","category-paris","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4348","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4348"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4348\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16954"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4348"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4348"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4348"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}