{"id":4372,"date":"2012-05-06T20:36:43","date_gmt":"2012-05-06T20:36:43","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4372"},"modified":"2012-05-06T20:36:43","modified_gmt":"2012-05-06T20:36:43","slug":"jonathan-pollard-ou-lacharnement-insense-dun-etat-contre-un-individu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/jonathan-pollard-ou-lacharnement-insense-dun-etat-contre-un-individu\/","title":{"rendered":"Jonathan Pollard, ou l\u2019acharnement insens\u00e9 d\u2019un Etat contre un individu"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<b><u>Jonathan Pollard, ou l&rsquo;acharnement insens&eacute; d&rsquo;un Etat contre un individu<\/u><\/b><u><span style=\"COLOR: #000000\"> (info # 012304\/12) <\/span><\/u><u><span style=\"COLOR: #00b050\">[Analyse]<\/span><\/u><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<u><span style=\"COLOR: #000000\"><o:p><\/o:p><\/span><\/u><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<span lang=\"EN-US\" style=\"COLOR: black\">Par Sandra Ores <\/span><span lang=\"EN-US\" style=\"COLOR: #002060; FONT-SIZE: 11pt\">&copy;<\/span><span lang=\"EN-US\" style=\"FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; FONT-SIZE: 11pt\"> <\/span><b><span lang=\"EN-US\" style=\"FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; COLOR: red; FONT-SIZE: 10pt\">Me<\/span><\/b><b><span lang=\"EN-US\" style=\"FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; COLOR: #002060; FONT-SIZE: 10pt\">tula <\/span><\/b><b><span lang=\"EN-US\" style=\"FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; COLOR: red; FONT-SIZE: 10pt\">N<\/span><\/b><b><span lang=\"EN-US\" style=\"FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; COLOR: #002060; FONT-SIZE: 10pt\">ews <\/span><\/b><b><span lang=\"EN-US\" style=\"FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; COLOR: red; FONT-SIZE: 10pt\">A<\/span><\/b><b><span lang=\"EN-US\" style=\"FONT-FAMILY: 'Arial','sans-serif'; COLOR: #002060; FONT-SIZE: 10pt\">gency<o:p><\/o:p><\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<span lang=\"EN-US\"><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLe 4 mars 1987, Jonathan Pollard, ancien officier de renseignement de la Marine am&eacute;ricaine, a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; la prison &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; pour ses activit&eacute;s d&rsquo;espionnage, entre 1984 et 1985, au profit d&rsquo;Isra&euml;l. En d&eacute;pit de multiples requ&ecirc;tes de la part du gouvernement h&eacute;breu &agrave; Bill Clinton, George Bush et, plus r&eacute;cemment, &agrave; Barack Obama, afin d&rsquo;obtenir la lib&eacute;ration du citoyen am&eacute;ricain, devenu, depuis, exclusivement isra&eacute;lien, les pr&eacute;sidents US successifs n&rsquo;ont pas accord&eacute; leur cl&eacute;mence au d&eacute;tenu. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tDe nombreux politiciens et journalistes, isra&eacute;liens autant qu&rsquo;am&eacute;ricains, estiment que la sentence &eacute;tait disproportionn&eacute;e, et qu&rsquo;apr&egrave;s vingt-cinq ans de d&eacute;tention, Pollard devrait &ecirc;tre lib&eacute;r&eacute;. Or la Maison Blanche refuse toujours cette option, laissant entrevoir un acharnement certain &agrave; garder cet homme en prison. De hauts responsables des renseignements, du d&eacute;partement de la D&eacute;fense et de l&rsquo;Arm&eacute;e s&rsquo;opposent obstin&eacute;ment &agrave; l&rsquo;&eacute;largissement de Pollard.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tA en croire les autorit&eacute;s d&rsquo;outre-Atlantique, Pollard aurait fait passer des milliers d&rsquo;informations &agrave; Isra&euml;l, mettant ainsi &laquo; en danger &raquo; la s&eacute;curit&eacute; am&eacute;ricaine ; il aurait notamment transf&eacute;r&eacute; &agrave; ses op&eacute;rateurs le manuel d&eacute;taillant le r&eacute;seau mondial de surveillance &eacute;lectronique.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tD&rsquo;autres documents classifi&eacute;s, particuli&egrave;rement int&eacute;ressants pour Isra&euml;l, concernaient les activit&eacute;s militaires et strat&eacute;giques de plusieurs pays arabes, alli&eacute;s ou ennemis des Etats-Unis, dont le d&eacute;veloppement d&rsquo;armes chimiques en Iraq et en Syrie.<\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tUn communiqu&eacute; des procureurs f&eacute;d&eacute;raux, soumis au tribunal avant le proc&egrave;s de Pollard, indiquait que ces fuites avaient menac&eacute; les relations am&eacute;ricaines avec certains de leurs alli&eacute;s arabes. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tOutre le fait d&rsquo;avantager Isra&euml;l dans ses rapports de force avec les pays arabes, ces connaissances auraient, d&rsquo;autre part, min&eacute; le pouvoir de n&eacute;gociation des Etats-Unis face &agrave; Isra&euml;l, dans le domaine du troc d&rsquo;informations.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tL&rsquo;accus&eacute; s&rsquo;&eacute;tait cependant d&eacute;fendu, en arguant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;informations que les USA auraient d&ucirc; fournir &agrave; Isra&euml;l, car les deux pays &eacute;taient alli&eacute;s. Un article publi&eacute; dans le <i>Washington Post<\/i> en 2010 pr&eacute;cisait que cette cat&eacute;gorie de renseignements constituait un flux de donn&eacute;es que les Etats-Unis &eacute;changeaient avec Isra&euml;l, avant qu&rsquo;ils ne le coupent, suite &agrave; la destruction par les Isra&eacute;liens du r&eacute;acteur nucl&eacute;aire iraquien en 1981.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLes r&eacute;v&eacute;lations de Pollard ont ainsi entach&eacute; les relations isra&eacute;lo-am&eacute;ricaines dans les deux sens ; les Etats-Unis se sont estim&eacute;s trahis par Isra&euml;l qui leur a vol&eacute; des informations ayant mis en danger leur politique ; de son c&ocirc;t&eacute;, Isra&euml;l a pris note de la r&eacute;tention d&rsquo;informations strat&eacute;giques capitales dont son alli&eacute; a fait montre. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLe Premier ministre et le Pr&eacute;sident isra&eacute;liens ont, ce mois-ci, remis la question de la lib&eacute;ration de Pollard sur la table, en priant Barack Obama de bien vouloir accorder sa gr&acirc;ce au prisonnier ; les traces de l&rsquo;affaire Pollard pourraient compliquer les rapports d&eacute;j&agrave; pas &eacute;vidents entre les deux pays, dans le cadre de la coop&eacute;ration entre Washington et J&eacute;rusalem sur la bombe atomique iranienne.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tCertains groupes de soutien &agrave; Pollard le qualifient de h&eacute;ros pour les services qu&rsquo;il a rendus au pays des H&eacute;breux. Or, en fouinant plus profond&eacute;ment dans le dossier, il ressort que l&rsquo;espion &eacute;tait davantage anim&eacute; par l&rsquo;app&acirc;t du gain que par un engagement sans bornes pour Isra&euml;l ; Bill Clinton &eacute;crivit ainsi dans sa biographie que Pollard avait vendu des secrets nationaux pour de l&rsquo;argent, et non par conviction. Les activit&eacute;s d&rsquo;espionnage de Pollard ne s&rsquo;&eacute;taient d&rsquo;ailleurs pas limit&eacute;es &agrave; aider Isra&euml;l.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tPollard avait &eacute;galement transmis des informations &agrave; un membre de la Marine australienne, ainsi que vol&eacute; des documents concernant la Chine, afin d&rsquo;aider sa femme &agrave; briller lors d&rsquo;un entretien d&rsquo;embauche. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tRonald Olive, l&rsquo;agent de contre-espionnage ayant enqu&ecirc;t&eacute; sur les activit&eacute;s de l&rsquo;espion, a pr&eacute;tendu que Pollard avait pass&eacute; des informations classifi&eacute;es &agrave; l&rsquo;Afrique du Sud, et tent&eacute; de vendre d&rsquo;autres informations secr&egrave;tes au Pakistan en de multiples occasions, dans l&rsquo;espoir de se faire engager comme espion par Islamabad.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tPollard aurait, en outre, r&eacute;ussi &agrave; gagner l&rsquo;aversion des autorit&eacute;s am&eacute;ricaines, en se montrant arrogant et irrespectueux &agrave; leur &eacute;gard apr&egrave;s sa capture. Un arrangement pr&eacute;conisait que Pollard s&rsquo;engagerait &agrave; ne pas divulguer ses connaissances publiquement. Trahissant cependant une nouvelle fois le gouvernement US lors d&rsquo;une interview qu&rsquo;il accorda au <i>Washington Post<\/i> depuis son lieu de d&eacute;tention, Pollard r&eacute;v&eacute;la, entre autres, des informations relatives &agrave; l&rsquo;aviation militaire libyenne. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tEn d&eacute;pit de l&rsquo;&eacute;tendue de sa faute, de nombreuses personnalit&eacute;s politiques am&eacute;ricaines plaident pour sa lib&eacute;ration, estimant que Pollard a assez pay&eacute; pour les m&eacute;faits qu&rsquo;il a commis. A l&rsquo;instar de Lawrence Korb, adjoint au Secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense au moment de l&rsquo;arrestation de Pollard, qui consid&egrave;re la peine &laquo; exag&eacute;r&eacute;ment disproportionn&eacute;e &raquo;. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tL&rsquo;ancien s&eacute;nateur de l&rsquo;Arizona, Dennis DeConcini, qui a &eacute;t&eacute; autoris&eacute; &agrave; examiner les informations classifi&eacute;es divulgu&eacute;es par Pollard, affirme, quant &agrave; lui, que, dans des cas similaires d&rsquo;espionnage en faveur d&rsquo;un pays alli&eacute;, la sentence moyenne ne s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve qu&rsquo;&agrave; une p&eacute;riode de d&eacute;tention de deux &agrave; quatre ans. Dix ans au maximum, s&rsquo;accordent &agrave; estimer d&rsquo;autres sp&eacute;cialistes.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tC&rsquo;est particuli&egrave;rement vrai, lorsque l&rsquo;on sait que tout le monde espionne tout le monde, alli&eacute;s comme ennemis. Les Etats-Unis, &agrave; ce jeu-l&agrave;, ne sont pas en reste, et ils ne se privent pas d&rsquo;envoyer leurs agents sur le sol de l&rsquo;Etat h&eacute;breu afin d&rsquo;amasser des indices sur son suppos&eacute; arsenal atomique, ou, plus particuli&egrave;rement ces jours, dans le but de p&ecirc;cher des informations sur les intentions de l&rsquo;Etat h&eacute;breu par rapport &agrave; l&rsquo;Iran. Ces pratiques rel&egrave;vent d&rsquo; &laquo; une &eacute;vidence, pour les experts de l&rsquo;intelligence &raquo;, citait le <i>New York Times<\/i> en 2011. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tWashington ne se contente par ailleurs pas d&rsquo;envoyer des agents en Terre Sainte, elle recrute &eacute;galement des Isra&eacute;liens &agrave; son service, notamment afin de fournir des renseignements sur leur propre pays. Pour ce faire, la CIA utilise souvent l&rsquo;argument selon lequel les deux nations sont amies, et &oelig;uvrent pour les m&ecirc;mes int&eacute;r&ecirc;ts strat&eacute;giques. A croire les recruteurs, &laquo; un Isra&eacute;lien qui renseigne l&rsquo;agence sur Tsahal ne serait pas vraiment un espion &raquo;.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tA la M&eacute;na, on soup&ccedil;onne &eacute;galement depuis plusieurs ann&eacute;es les Am&eacute;ricains d&rsquo;avoir employ&eacute; &agrave; leur service des Isra&eacute;liens tr&egrave;s haut plac&eacute;s, y compris des ministres. Ce, dans le but, non pas uniquement de prendre connaissance des discussions les plus sensibles s&rsquo;&eacute;tant d&eacute;roul&eacute;es dans les gouvernements successifs, mais &eacute;galement, et c&rsquo;est &eacute;minemment plus grave, d&rsquo;influer sur leur cours.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tSur notre rocher septentrional on est &eacute;galement persuad&eacute; que le contre-espionnage h&eacute;breu &eacute;tait au courant de ces infiltrations, et qu&rsquo;il en aurait tenu inform&eacute; les 1<sup>ers<\/sup> ministres, mais que ceux-ci ont pr&eacute;f&eacute;r&eacute; ne pas &eacute;bruiter ces affaires, ce qui aurait eu des cons&eacute;quences catastrophiques &agrave; diff&eacute;rents points de vue.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tAinsi, durant de longues ann&eacute;es, des gouvernements se sont constitu&eacute;s, tout en sachant qu&rsquo;untel ou untel repr&eacute;sentaient &laquo; aussi &raquo; les int&eacute;r&ecirc;ts des USA. &laquo; Dans un sens c&rsquo;&eacute;tait int&eacute;ressant pour nous, puisque nous savions, en direct, quelle &eacute;tait l&rsquo;opinion du pr&eacute;sident am&eacute;ricain sur les sujets que nous &eacute;voquions &raquo;, a confi&eacute; &agrave; ce sujet, il y a quelques ann&eacute;es, un ex-ministre isra&eacute;lien &agrave; notre r&eacute;daction.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tIl avait ajout&eacute;, qu&rsquo; &laquo; en r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale, les Am&eacute;ricains ne demandaient pas aux ministres isra&eacute;liens sous leur influence d&rsquo;agir contre les int&eacute;r&ecirc;ts de leur pays, mais &raquo;, avait-il pr&eacute;cis&eacute;, &laquo; lors de certaines discussions, les choses n&rsquo;apparaissaient pas aussi tranch&eacute;es &raquo;.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tDans ces conditions, pourquoi faire de Jonathan Pollard un bouc &eacute;missaire ? Ou plut&ocirc;t une t&ecirc;te de Turc ? <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tCar Pollard croupit derri&egrave;re des barreaux depuis vingt-cinq ans d&eacute;j&agrave;, dont sept pass&eacute;s en cellule d&rsquo;isolement ! C&rsquo;est hallucinant, c&rsquo;est de l&rsquo;acharnement. Sa sant&eacute; d&eacute;clinante et les interventions de Shimon Peres et Binyamin Netanyahu n&rsquo;ont pas incit&eacute; les autorit&eacute;s am&eacute;ricaines &agrave; r&eacute;duire sa peine ; elles participent, au contraire, &agrave; la torture de cet homme dans les entrailles d&rsquo;une prison de Caroline du Nord.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLeur obstination est d&rsquo;autant plus incompr&eacute;hensible, que des espions ayant op&eacute;r&eacute; pour des pays carr&eacute;ment ennemis, notamment pour l&rsquo;URSS pendant la Guerre Froide, ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; rel&acirc;ch&eacute;s, &agrave; l&rsquo;instar de David Barnett. Cet homme, qui avait vendu aux Sovi&eacute;tiques, entre autres, les noms de trente espions am&eacute;ricains, mettant leur vie en danger, a obtenu sa lib&eacute;ration apr&egrave;s dix ans d&rsquo;enfermement seulement.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tAfin d&rsquo;illustrer ce double standard, on peut citer le cas, en Isra&euml;l, du lieutenant-colonel de l&rsquo;arm&eacute;e Omar al-Hayeb, d&rsquo;origine b&eacute;douine, accus&eacute; d&rsquo;espionnage en faveur du Hezbollah, qui a &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute; avant m&ecirc;me d&rsquo;avoir purg&eacute; dix ans de d&eacute;tention.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tEntre deux pays amis, le maintien en prison d&rsquo;un condamn&eacute; pendant tant d&rsquo;ann&eacute;es provoque assur&eacute;ment une zone d&rsquo;ombre dans les relations. Ce point de discorde a d&eacute;j&agrave; manqu&eacute; d&rsquo;entra&icirc;ner l&rsquo;&eacute;chec de n&eacute;gociations entre Isra&euml;l et l&rsquo;Autorit&eacute; Palestinienne sous l&rsquo;&eacute;gide de Washington ; au cours des accords de Wye Plantation, en 1998, en effet, Binyamin Netanyahu avait demand&eacute; &agrave; Bill Clinton la lib&eacute;ration de Jonathan Pollard en &eacute;change de concessions.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLe directeur de la CIA de l&rsquo;&eacute;poque, George Tenet, s&rsquo;&eacute;tait inconditionnellement oppos&eacute; &agrave; la lib&eacute;ration de l&rsquo;espion, mena&ccedil;ant de d&eacute;missionner le cas &eacute;ch&eacute;ant. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tAujourd&rsquo;hui, les services de renseignement am&eacute;ricains se montrent toujours r&eacute;pugn&eacute;s &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de son affranchissement, affirmant que cela enverrait un message inopportun &agrave; ceux qui envisageraient de trahir les Etats-Unis. Pourtant, d&rsquo;autres espions, infiniment plus dangereux que Jonathan Pollard, ont &eacute;t&eacute; relax&eacute;s apr&egrave;s quelques ann&eacute;es d&rsquo;enge&ocirc;lement, ou m&ecirc;me, directement extrad&eacute;s sans passer par la case prison. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tUn journaliste am&eacute;ricain, Leo Rennert, soutient que le blocage qui caract&eacute;rise la CIA au sujet de la lib&eacute;ration de Pollard sert &agrave; maintenir le silence sur les erreurs que l&rsquo;agence de renseignement a commises dans cette affaire. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLa CIA aurait accus&eacute; Jonathan Pollard d&rsquo;avoir transmis certaines informations aux Sovi&eacute;tiques. Or il s&rsquo;av&egrave;re, en r&eacute;alit&eacute;, que ces informations avaient &eacute;t&eacute; la cons&eacute;quence des activit&eacute;s d&rsquo;espionnage d&rsquo;Aldrich Ames, un ancien officier de la CIA, et agent double pour le compte du KGB sovi&eacute;tique. <o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLa CIA n&rsquo;avait pas su d&eacute;tecter la taupe, malgr&eacute; la pr&eacute;sence d&rsquo;indices flagrants. Ames avait orient&eacute; les soup&ccedil;ons sur Pollard afin de se couvrir, et ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s son arrestation, en 1994, qu&rsquo;ils lui ont &eacute;t&eacute; attribu&eacute;s. Cette erreur mit en exergue l&rsquo;incapacit&eacute; de la CIA &agrave; contr&ocirc;ler ses propres services.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tJames Woolsey, chef de la CIA entre 1993 et 1995, confirme l&rsquo;inexactitude de l&rsquo;accusation port&eacute;e contre Pollard, d&rsquo;avoir trahi au b&eacute;n&eacute;fice de l&rsquo;Union Sovi&eacute;tique. En d&eacute;pit de ces r&eacute;v&eacute;lations, toujours selon Leo Rennert, la CIA ne se montre pas dispos&eacute;e &agrave; reconna&icirc;tre son erreur, laissant Pollard payer pour les crimes d&rsquo;un autre.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLa rigidit&eacute; dans l&rsquo;ex&eacute;cution de la sentence de Pollard a &eacute;galement &eacute;t&eacute; le r&eacute;sultat de l&rsquo;intervention du secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense de l&rsquo;&eacute;poque, Caspar Weinberger. Ce dernier avait soumis une note au tribunal, dans laquelle il r&eacute;clamait une sentence particuli&egrave;rement dure, ce qui avait influenc&eacute; le juge dans sa d&eacute;cision. Selon un accord tacite liant Pollard, le gouvernement US, et les propositions du procureur, l&rsquo;accus&eacute; aurait pourtant d&ucirc; &ecirc;tre lib&eacute;r&eacute; apr&egrave;s dix ans.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tLawrence Korb affirme que cette peine de prison &agrave; vie r&eacute;sulte de &laquo; l&rsquo;aversion quasi visc&eacute;rale &raquo; que Caspar Weinberger entretenait &agrave; l&rsquo;encontre d&rsquo;Isra&euml;l. Le secr&eacute;taire &agrave; la D&eacute;fense n&rsquo;a jamais soumis aucune note du m&ecirc;me type dans d&rsquo;autres cas d&rsquo;espionnage.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tAujourd&rsquo;hui, Caspar Weinberger a publiquement reconnu, dans une interview r&eacute;alis&eacute;e en 2004, que la sentence avait &eacute;t&eacute; disproportionn&eacute;e, et que l&rsquo;affaire Pollard &laquo; &eacute;tait relativement mineure &raquo;. Un aveu de l&acirc;che et d&rsquo;irresponsable, qui restera sans cons&eacute;quence sur le destin du condamn&eacute; quasiment emmur&eacute; vif jusqu&rsquo;&agrave; la fin de son existence.<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tC&rsquo;est au Pr&eacute;sident des Etats-Unis que revient aujourd&rsquo;hui la d&eacute;cision de se prononcer sur la lib&eacute;ration de Pollard ; en d&eacute;pit des informations en sa possession, Barack Obama continue de se montrer inflexible et m&ecirc;me arrogant envers ceux qui lui demandent la gr&acirc;ce du supplici&eacute;. Se pourrait-il qu&rsquo;il nourrisse, lui aussi, une &laquo; aversion quasi visc&eacute;rale &raquo; &agrave; l&rsquo;encontre d&rsquo;Isra&euml;l ?<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\tCar le cas Pollard &eacute;chappe d&eacute;sormais &agrave; la cat&eacute;gorie des erreurs judiciaires et &agrave; celle de l&rsquo;expiation, par l&rsquo;emprisonnement, de fautes qu&rsquo;un individu a pu commettre ; pour concerner une atteinte aux Droits de l&rsquo;Homme, voire un crime de guerre (contre le meilleur alli&eacute; des Etats-Unis ?), ou, plus prosa&iuml;quement encore, a-t-on affaire, dans ce dossier, &agrave; une nouvelle cat&eacute;gorisation d&rsquo;assassinat : par sadisme d&rsquo;Etat ? &nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p class=\"Mna\">\n\t<br \/>\n\t<o:p><\/o:p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Jonathan Pollard, ou l&rsquo;acharnement insens&eacute; d&rsquo;un Etat contre un individu (info # 012304\/12) [Analyse] &nbsp; &nbsp; Par Sandra Ores &copy; Metula News Agency Le 4 mars 1987, Jonathan Pollard, ancien officier de renseignement de la Marine am&eacute;ricaine, a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; la prison &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; pour ses activit&eacute;s d&rsquo;espionnage, entre 1984 et 1985, au&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16960,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[45,387,182,21,42,326,82,129,26,1,31,294],"tags":[],"class_list":["post-4372","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-barack-obama","category-bill-clinton","category-central-intelligence-agency","category-etats-unis","category-iraq","category-jonathan-pollard","category-maison-blanche","category-sandra-ores","category-syrie","category-uncategorized","category-usa","category-washington-post"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4372","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4372"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4372\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16960"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4372"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4372"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}