{"id":4460,"date":"2012-05-20T18:30:50","date_gmt":"2012-05-20T18:30:50","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4460"},"modified":"2012-05-20T18:30:50","modified_gmt":"2012-05-20T18:30:50","slug":"tunisie-en-quoi-rached-ghannouchi-est-un-homme-dangereux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-en-quoi-rached-ghannouchi-est-un-homme-dangereux\/","title":{"rendered":"Tunisie. En quoi Rached Ghannouchi est un homme dangereux"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<table class=\"contentpaneopen\" style=\"background-color: rgb(235, 235, 235); border-color: rgb(192, 214, 218); color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px; \">\n<tbody>\n<tr>\n<td class=\"contentheading\" width=\"100%\">\n\t\t\t\t<font color=\"#055e99\" face=\"Georgia, serif\" size=\"4\"><span style=\"margin-right: 5px;\"><b>Tunisie. En quoi Rached Ghannouchi est un homme dangereux<\/b><\/span><\/font><\/td>\n<td align=\"right\" class=\"buttonheading\" width=\"100%\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/td>\n<td align=\"right\" class=\"buttonheading\" width=\"100%\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/td>\n<td align=\"right\" class=\"buttonheading\" width=\"100%\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table class=\"contentpaneopen\" style=\"background-color: rgb(235, 235, 235); border-color: rgb(192, 214, 218); color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px; \">\n<tbody>\n<tr>\n<td class=\"createdate\" style=\"font-size: 10px; font-weight: bold; \" valign=\"top\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"itp-share\">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"clear: both; \">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p style=\"margin-left: 5px; text-align: center; \">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; text-align: center; \">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t<span style=\"font-family: 'trebuchet ms', geneva; \">L&rsquo;un des r&eacute;sultats les plus absurdes de la r&eacute;volution du 14 janvier 2011, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;mergence sur la sc&egrave;ne politique tunisienne d&rsquo;un personnage atypique, le pr&eacute;sident du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tPar&nbsp;<strong>B&eacute;chir Turki<\/strong>*<\/p>\n<hr style=\"width: 160px; \" width=\"160\" \/>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tCet homme n&rsquo;a pas fait grand-chose pour la chute de la dictature et se comporte depuis son retour d&rsquo;exil comme le sauveur du peuple tunisien et le bienfaiteur de l&rsquo;humanit&eacute;. La folie des grandeurs dont il semble &ecirc;tre atteint se lit dans ses d&eacute;clarations farfelues du genre: &laquo;<em>Le prochain congr&egrave;s d&rsquo;Ennahdha constituera un tournant non seulement dans l&rsquo;histoire de la Tunisie, mais aussi dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute;<\/em>&raquo;.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tCette affirmation nous am&egrave;ne &agrave; poser une grave question: &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached a-t-il perdu totalement les p&eacute;dales au point de consid&eacute;rer que le congr&egrave;s d&rsquo;un parti pratiquement inconnu &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger et sans grande influence en Tunisie avant les &eacute;lections du 23 octobre dernier constituera &laquo;<em>un tournant dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute;&raquo;<\/em>? La r&eacute;ponse ne souffre aucun doute. Le type est atteint d&rsquo;une intense folie des grandeurs et son &eacute;tat n&eacute;cessite un traitement d&rsquo;urgence.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t<strong>Des choix politiques d&eacute;sastreux<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tQu&rsquo;a fait Ghannouchi pour son pays depuis son entr&eacute;e en politique en tant que dirigeant du Mouvement de la tendance islamique (Mti), devenu plus tard Ennahdha ou la Renaissance? Il a grandement contribu&eacute; aux crises politiques aigu&euml;s qu&rsquo;a connues la Tunisie aux derni&egrave;res ann&eacute;es de Bourguiba en d&eacute;cidant de prendre le pouvoir par la force au risque d&rsquo;engager le pays dans une guerre civile. Abdelfattah Mourou, qui le conna&icirc;t tr&egrave;s bien pour avoir &eacute;t&eacute; l&rsquo;un des fondateurs et le p&egrave;re spirituel d&rsquo;Ennahdha, lui fait assumer la responsabilit&eacute; de l&rsquo;emprisonnement de milliers de militants par ses choix politiques d&eacute;sastreux. En effet, des milliers de citoyens ont subi un lavage de cerveau en r&egrave;gle par &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached qui, utilisant la religion comme tremplin, faisait miroiter &agrave; ceux qui ont bien voulu le suivre les d&eacute;lices du pouvoir de ce bas-monde et le paradis dans l&rsquo;au-del&agrave;. R&eacute;sultat: des ann&eacute;es de prison, plus qu&rsquo;il ne faut pour d&eacute;truire la vie d&rsquo;un homme, et aucune assurance de gagner l&rsquo;au-del&agrave;.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tDans sa vie politique, Si Rached a accumul&eacute; et continue d&rsquo;accumuler des quantit&eacute;s effrayantes d&rsquo;hypocrisie. Il n&rsquo;a pas toujours &eacute;t&eacute; un homme de principe. Rappelons-nous le ton mesquinement flagorneur qu&rsquo;il avait adopt&eacute; en 1988 pour parler de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident: &laquo;<em>ma confiance est pour Dieu d&rsquo;abord, et pour Ben Ali ensuite&raquo;<\/em>&hellip;<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tOui, &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; un homme de principe. Sans personnalit&eacute; stable et encore moins d&rsquo;amour propre, il mange &agrave; tous les r&acirc;teliers. Il se sent &agrave; l&rsquo;aise aussi bien avec les Am&eacute;ricains que les Fran&ccedil;ais, les Anglais, les Isra&eacute;liens, les Saoudiens que les Qataris. L&agrave; o&ugrave; se trouve son int&eacute;r&ecirc;t personnel, il se forge un &laquo;un principe&raquo; et engage l&rsquo;action que commande la situation.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t<strong>Un fervent d&eacute;fenseur du wahhabisme<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tLes int&eacute;r&ecirc;ts bassement mat&eacute;riels qu&rsquo;il a avec les Saoudiens et les Qataris ont fait de lui un fervent d&eacute;fenseur du wahhabisme, une h&eacute;r&eacute;sie farouchement rejet&eacute;e par nos anc&ecirc;tres. Il est utile de rappeler ici qu&rsquo;au d&eacute;but du XIXe si&egrave;cle, vers 1810, les Wahhabites avaient tent&eacute; d&rsquo;exporter leurs id&eacute;es obscurantistes en Tunisie. Le Bey Hammouda Pacha avait charg&eacute; les autorit&eacute;s religieuses de la mosqu&eacute;e Zitouna de se prononcer sur la question wahhabite. Leur r&eacute;ponse &eacute;tait sans appel: non &agrave; cette doctrine. Celle-ci fut combattue, &agrave; cette &eacute;poque, par les Ottomans jusqu&rsquo;&agrave; son extinction. Son r&eacute;veil, pour la deuxi&egrave;me fois, ne fut possible que gr&acirc;ce au couple form&eacute; par Abdelaziz Ibn Saoud, qui s&rsquo;acoquina avec l&rsquo;espion anglais, le colonel Thomas Edward Lawrence dit Lawrence d&rsquo;Arabie, au d&eacute;but du XX<sup>e<\/sup>&nbsp;si&egrave;cle. Leur objectif commun &eacute;tait de miner l&rsquo;Etat ottoman d&rsquo;une part, et d&rsquo;autre part permettre &agrave; Ibn Saoud de reconqu&eacute;rir avec le glaive et le poignard le Najd (1902), royaume de ses anc&ecirc;tres, et d&rsquo;&eacute;tendre ses conqu&ecirc;tes aux provinces voisines: Assir (1920), Chamman (1921) et le Hijaz (1925). L&rsquo;Arabie Saoudite fut cr&eacute;e donc en 1925 avec la banni&egrave;re wahhabite, apr&egrave;s avoir chass&eacute; le roi Hussein de M&eacute;dine.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tDe nos jours, l&rsquo;Arabie Saoudite est une entit&eacute; juridique priv&eacute;e, propri&eacute;t&eacute; de la famille Al Saoud; la famille Abdelwahhab b&eacute;n&eacute;ficiant de grands &eacute;gards. C&rsquo;est une monarchie absolue. Le roi cumule tous les pouvoirs l&eacute;gislatifs, ex&eacute;cutifs et judiciaires. Il exerce les fonctions de chef d&rsquo;Etat et de Premier ministre. Le royaume ne dispose pas de budget public, mais est administr&eacute; comme un domaine priv&eacute;. Le roi n&rsquo;a de compte &agrave; rendre &agrave; personne. Signalons l&rsquo;accord d&rsquo;alliance du roi Abdelaziz Ibn Saoud avec le pr&eacute;sident am&eacute;ricain Franklin D. Roosevelt, en f&eacute;vrier 1945, qui ali&eacute;na les richesses saoudiennes dont le p&eacute;trole fut &laquo;offert&raquo; aux USA contre la protection du tr&ocirc;ne du roi.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tPlus de deux si&egrave;cles plus tard, &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached et ses &laquo;fr&egrave;res&raquo; salafistes tentent de reconvertir la Tunisie au courant religieux pr&ocirc;n&eacute; par les pr&eacute;dicateurs saoudiens dont le plus c&eacute;l&egrave;bre est Ibn Baz.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t&lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached est un inconditionnel de ce cheikh obtus. Il ne rate pas une occasion pour prier Dieu de lui accorder son Infinie Mis&eacute;ricorde, chose qu&rsquo;il a obstin&eacute;ment refus&eacute;e de faire pour Bourguiba d&eacute;c&eacute;d&eacute;, malgr&eacute; l&rsquo;insistance du journaliste qui le lui demandait sur une cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tIl convient de rappeler ici que la diff&eacute;rence entre Bourguiba et Ibn Baz est &agrave; peu pr&egrave;s &eacute;quivalente &agrave; la diff&eacute;rence entre l&rsquo;obscurit&eacute; et la lumi&egrave;re. Bourguiba a b&acirc;ti l&rsquo;Etat tunisien et a cr&eacute;&eacute; les conditions favorables pour que les Tunisiens, y compris &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached, puissent fr&eacute;quenter l&rsquo;&eacute;cole; quant &agrave; Ibn Baz, il traitait de m&eacute;cr&eacute;ant quiconque ne pensait pas comme lui, que la terre &eacute;tait plate&hellip;<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tLa plupart des salafistes, &laquo;fr&egrave;res&raquo; de &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached et qui, selon lui, lui rappelaient sa jeunesse, sont des gens ignares qui ne savent ni ce qu&rsquo;ils disent ni ce qu&rsquo;ils font. On leur a pr&eacute;sent&eacute; le wahhabisme comme la &laquo;voie juste&raquo; qui leur assure une place au paradis et ils ont fini par y croire sans r&eacute;elle connaissance de ses fondements, compte tenu de leur niveau d&rsquo;instruction &agrave; peu pr&egrave;s nul.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t<strong>La religion lui sert d&rsquo;&eacute;cran, son but est le pouvoir<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tCe n&rsquo;est pas le cas de &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached. Ce dirigeant islamiste, bien qu&#39;il ait &eacute;crit quelques livres, conna&icirc;t les bases et les fondements du wahhabisme et ceux des autres rites. Mais sa culture est purement religieuse, et s&rsquo;arr&ecirc;te aux &eacute;crits et aux dogmes h&eacute;rit&eacute;s de Abou Houraira, Moslem et El Boukari&hellip;, une culture valable durant les si&egrave;cles de ces grands th&eacute;ologiens, mais plus aujourd&rsquo;hui. A notre &eacute;poque on peut comprendre l&rsquo;islam bien mieux que nos anc&ecirc;tres parce que les diverses disciplines scientifiques nous donnent un &eacute;clairage nouveau et adaptable &agrave; notre soci&eacute;t&eacute; actuelle. Que connait &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached de l&rsquo;astronomie, de la physique, de l&rsquo;&eacute;lectronique, des sciences humaines, du droit, des finances&hellip; pour pouvoir se pr&eacute;valoir d&rsquo;introduire la renaissance de l&rsquo;islam au sens moderne et non celui de l&rsquo;obscurantisme et du banditisme au nom de la religion o&ugrave; il veut nous plonger et la monocratie o&ugrave; il voudrait nous amener! La religion lui sert d&rsquo;&eacute;cran; son but est le pouvoir. Il cr&eacute;e des probl&egrave;mes mineurs et pu&eacute;rils pour d&eacute;tourner l&rsquo;attention du Tunisien et instaurer un climat d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; et de panique, et gagner du temps. La renaissance se fait non dans des caboches vides et les livres de &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached, mais dans les laboratoires les plus performants et des esprits les plus &eacute;clair&eacute;s.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tLa compromission du chef d&rsquo;Ennahdha avec le wahhabisme n&rsquo;est s&ucirc;rement pas bas&eacute;e sur un engagement de principe, mais sur la m&ecirc;me motivation bassement mat&eacute;rielle que celle des pr&eacute;dicateurs qui d&eacute;filent dans notre pays et qui, &agrave; l&rsquo;instar de Wajdi Ghanim, viennent semer la discorde en s&rsquo;attaquant &agrave; la femme tunisienne et en traitant de m&eacute;cr&eacute;ants les d&eacute;mocrates.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tLe dernier d&rsquo;entre eux &agrave; fouler le sol tunisien est Youssef Qaradhaoui, un Egyptien qui a quitt&eacute; son pays vers le Golfe non pas pour pr&ecirc;cher la bonne parole, mais pour s&rsquo;enrichir. Et il s&rsquo;est enrichi gr&acirc;ce aux relations privil&eacute;gi&eacute;es qu&rsquo;il a pu tisser avec la famille r&eacute;gnante &agrave; Qatar et qui a mis &agrave; sa disposition Al-Jazira, une cha&icirc;ne tr&egrave;s influente aupr&egrave;s des t&eacute;l&eacute;spectateurs arabes. Atteint d&rsquo;une s&eacute;nilit&eacute; avanc&eacute;e, c&rsquo;est une girouette qui &acirc;nonne ce que ses ma&icirc;tres am&eacute;ricano-isra&eacute;lo-qataris lui dictent en faisant taire sa conscience et sa raison.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tUn musulman n&rsquo;incite jamais les peuples &agrave; la haine, ni &agrave; la violence et encore moins au meurtre. Pourtant, Qaradhaoui a su franchir le rubican lors des soul&egrave;vements populaires en Libye et en Syrie. Un cheikh ne pr&ecirc;che que la fraternit&eacute;, le respect mutuel et la paix. Dans la sourate &lsquo;&lsquo;La table servie&rsquo;&rsquo; (V.2) il est &eacute;nonc&eacute;&nbsp;: &laquo;<em>Aidez-vous plut&ocirc;t les uns et les autres &agrave; faire le bien, &agrave; vous rendre plus pieux envers le Seigneur, et non &agrave; commettre le mal et perp&eacute;trer l&rsquo;iniquit&eacute;! Et craignez Dieu&raquo;<\/em>. L&rsquo;accueil extraordinaire que lui a fait &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached en dit long sur l&rsquo;intimit&eacute; qui lie les deux hommes. Le chef d&rsquo;Ennahdha a mobilis&eacute; les cadres &ndash; on se demande de quel droit il peut disposer des fonctionnaires de l&rsquo;Etat &ndash; et les militants de son parti pour aller accueillir &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport le pr&eacute;dicateur le plus catholique du monde arabe. M&ecirc;me les membres nahdhaouis de l&rsquo;Assembl&eacute;e constituante, qui n&rsquo;ont pas encore trouv&eacute; un moment pour &eacute;crire ne serait-ce qu&rsquo;un article de la Constitution que le peuple attend depuis des mois, ont trouv&eacute; tout de m&ecirc;me le temps d&rsquo;aller en masse souhaiter la bienvenue &agrave; Qaradhaoui et contempler avec tendresse le baiser que leur chef a pos&eacute; sur le front de son mentor comme s&rsquo;il &eacute;tait un h&eacute;ros.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tEt de fait, Qaradhaoui s&rsquo;est proclam&eacute; h&eacute;ros puisqu&rsquo;il a affirm&eacute; le plus s&eacute;rieusement du monde que les r&eacute;volutions arabes &eacute;taient sorties de sa djellaba&hellip; Sans doute a-t-il oubli&eacute; qu&rsquo;en 2009, il &eacute;tait venu en Tunisie, mais cette fois c&rsquo;&eacute;tait pour s&rsquo;acoquiner avec le r&eacute;gime pourri de Ben Ali qu&rsquo;il a trait&eacute; carr&eacute;ment de &laquo;<em>protecteur de l&rsquo;islam&raquo;<\/em>.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tOubliant les flagorneries du pr&eacute;dicateur cathodique envers le dictateur, &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached &eacute;tait plus loin encore en affirmant sans ciller que la &laquo;<em>la r&eacute;volution tunisienne &eacute;tait sortie des aisselles de Qaradhaoui&raquo;<\/em>. Une affirmation naus&eacute;abonde et irrespectueuse du peuple tunisien qui voit sa glorieuse r&eacute;volution r&eacute;duite par le chef d&rsquo;Ennahdha &agrave; une odeur malsaine d&eacute;gag&eacute;e par les aisselles de Youssef Qaradhaoui.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tDans les ann&eacute;es 1980-90, Si Rached &eacute;tait dangereux pour les jeunes tunisiens qui, par milliers, avaient connu la prison et la torture suite &agrave; des choix politiques irr&eacute;fl&eacute;chis. Aujourd&rsquo;hui, il s&rsquo;av&egrave;re plus dangereux encore, car il risque de provoquer non pas le malheur de milliers de Tunisiens, mais de millions.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t<strong>L&rsquo;Etat tunisien: un butin de guerre d&rsquo;Ennahdha<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tA n&rsquo;en pas douter, il joue le r&ocirc;le de &laquo;guide&raquo; et exerce une influence indiscutable sur le gouvernement et sur tous les membres nahdhaouis de l&rsquo;Assembl&eacute;e constituante pour qui l&rsquo;Etat tunisien n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un butin &agrave; partager entre les &laquo;gagnants&raquo;. Il a le dernier mot sur la nomination des ministres et des hauts responsables et trace la politique &agrave; suivre. C&rsquo;est lui qui tire les ficelles de ses &laquo;fr&egrave;res&raquo; salafistes qu&rsquo;il l&acirc;che quand il veut contre ceux qu&rsquo;il estime &ecirc;tre les ennemis d&rsquo;Ennahdha, et leur intime ordre de se terrer quand il estime que le rapport de forces est en leur d&eacute;faveur et qu&rsquo;ils risquent d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;cras&eacute;s, comme ce fut le cas le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;mai o&ugrave; aucun barbu ne s&rsquo;&eacute;tait approch&eacute; de l&rsquo;Avenue Bourguiba.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tC&rsquo;est encore &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached qui est derri&egrave;re la politique des deux poids et deux mesures qui consiste pour les forces de l&rsquo;ordre &agrave; regarder ailleurs quand les salafistes saccagent, agressent les artistes, les universitaires, les journalistes, rendent la vie des &eacute;tudiants de l&rsquo;universit&eacute; de la Manouba infernale, confisquent les mosqu&eacute;es, etc., mais ces m&ecirc;mes forces de l&rsquo;ordre s&eacute;vissent quand de simples citoyens manifestent contre la politique d&rsquo;Ennahdha.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tUne telle politique risque de conduire le pays vers la guerre civile et si, &agrave; Dieu ne plaise, une telle &eacute;ventualit&eacute; se produise, c&rsquo;est &lsquo;&lsquo;Si&rsquo;&rsquo; Rached qui en sera le premier responsable. Et c&rsquo;est dans ce sens que l&rsquo;on est en droit de dire que cet homme est dangereux, qu&rsquo;il faut absolument le raisonner avant qu&rsquo;il ne fasse subir aujourd&rsquo;hui au pays le d&eacute;sastre qu&rsquo;il a fait subir &agrave; son parti dans les ann&eacute;es 1980-90.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tActuellement ce parti serait entr&eacute; en transaction avec les grandes soci&eacute;t&eacute;s et les riches hommes d&rsquo;affaires pour les racketter en contrepartie du blanchiment des dossiers concernant leur corruption du temps de Ben Ali. Les chiffres, en millions de dinars, seraient, dit-on, cons&eacute;quents. Il est &agrave; craindre que ces p&eacute;nalit&eacute;s ne seraient pas vers&eacute;es aux caisses de l&rsquo;Etat, mais &agrave; celles du parti&nbsp;au pouvoir; lequel pourrait alors mener &agrave; bien les prochaines &eacute;lections et ainsi pouvoir monnayer ou acheter les voix de la frange de la population la plus fragile et la plus nombreuse, &agrave; savoir les d&eacute;munis, les illettr&eacute;s, les ch&ocirc;meurs&hellip;&nbsp; exactement le m&ecirc;me sc&eacute;nario adopt&eacute; lors du vote du 23 octobre dernier.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tLe plan de &lsquo;&lsquo;Si Rached&rsquo;&rsquo; comporte cependant le germe de l&rsquo;&eacute;chec. Un tsunami d&eacute;ferlera sur les Nahdhaouis pour les balayer &agrave; jamais.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tAvec le parti Ennahdha, il n&rsquo;y aura plus de r&eacute;publique, plus d&rsquo;Etat, plus d&rsquo;autorit&eacute; l&eacute;gale&hellip; mais une autocratie. Ce n&rsquo;est pas la renaissance, mais la d&eacute;cadence! Voulez-vous un exemple. En voici: le 22 avril, on annonce la lev&eacute;e des scell&eacute;s des anciens locaux de la Zitouna et son prochain r&eacute;tablissement. C&rsquo;est un fait qui para&icirc;t banal, mais qui renferme de multiples poisons. La reprise des cours aura lieu tr&egrave;s prochainement avec la s&eacute;paration des sexes d&rsquo;une part et d&rsquo;autre part le programme de l&rsquo;enseignement teint&eacute; du courant salafiste d&rsquo;Ibn Taymiya (mort en 1328) ne sera pas vis&eacute; par le minist&egrave;re de l&rsquo;Education et celui de l&rsquo;Enseignement sup&eacute;rieur. Ainsi l&rsquo;Etat perd son contr&ocirc;le sur l&rsquo;enseignement religieux.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\tLe dernier verset de la sourate &ldquo;Les Po&egrave;tes&rsquo;&rsquo; se termine par cette terrible semonce: &laquo;<em>Ceux qui commettent l&rsquo;iniquit&eacute; sauront bient&ocirc;t quel funeste volte-face sera le leur&raquo;<\/em>.<\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t<em>* Ing&eacute;nieur en d&eacute;tection &eacute;lectromagn&eacute;tique (radar), brevet&eacute; de l&rsquo;Ecole d&rsquo;Etat Major de Paris. Auteur de &lsquo;&lsquo;Ben Ali le ripou&rsquo;&rsquo; et &lsquo;&lsquo;Eclairage sur les recoins sombres de l&rsquo;&egrave;re bourguibienne&rsquo;&rsquo;.<\/em><\/p>\n<p style=\"margin-left: 5px; \">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<table class=\"contentpaneopen\" style=\"border-color: rgb(192, 214, 218); font-size: 12px; \">\n<tbody>\n<tr>\n<td class=\"contentheading\" width=\"100%\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<a class=\"contentpagetitle\" href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/9857-tunisie-en-quoi-rached-ghannouchi-est-un-homme-dangereux.html\" style=\"color: rgb(5, 94, 153); text-decoration: underline; outline: none; font-size: 18px; margin-right: 5px; font-family: Georgia, serif; font-weight: bold; margin-left: 0px; \">Tunisie. En quoi Rached Ghannouchi est un homme dangereux<\/a><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunisie. En quoi Rached Ghannouchi est un homme dangereux &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; L&rsquo;un des r&eacute;sultats les plus absurdes de la r&eacute;volution du 14 janvier 2011, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;mergence sur la sc&egrave;ne politique tunisienne d&rsquo;un personnage atypique, le pr&eacute;sident du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi. &nbsp; Par&nbsp;B&eacute;chir Turki* Cet homme n&rsquo;a pas&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16994,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[24,202,9,1],"tags":[],"class_list":["post-4460","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ben-ali","category-ennahdha","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4460","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4460"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4460\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16994"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4460"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4460"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4460"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}