{"id":4468,"date":"2012-05-22T15:55:44","date_gmt":"2012-05-22T15:55:44","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4468"},"modified":"2012-05-22T16:13:23","modified_gmt":"2012-05-22T16:13:23","slug":"oui-a-nos-racines-juives-non-a-lantisemitisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/oui-a-nos-racines-juives-non-a-lantisemitisme\/","title":{"rendered":"\u00abOui \u00e0 nos racines juives, non \u00e0 l&rsquo;antis\u00e9mitisme\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&laquo;Oui &agrave; nos racines juives, non &agrave; l&#39;antis&eacute;mitisme&raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"node-content\">\n\t<\/p>\n<div class=\"field field-name-field-teaser field-type-text-long field-label-hidden clearfix\">\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\">\n<p>\n\t\t\t\t\tC&rsquo;est par cette formule lapidaire que le cardinal Kurt Koch (photo) pr&eacute;sente la d&eacute;claration conciliaire &laquo; Nostra Aetate &raquo;, &laquo; document de base d&rsquo;un dialogue syst&eacute;matique avec les juifs &raquo; qui n&rsquo;a cess&eacute; d&rsquo;&eacute;voluer depuis cinquante ans.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"field-items field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden clearfix\">\n<p>\n\t\t\t&laquo; Construire sur Nostra Aetate : 50 ans de dialogue jud&eacute;o-chr&eacute;tien &raquo; &#8211; &laquo; Building on Nostra Aetate: 50 Years of Christian-Jewish Dialogue &raquo; &#8211; c&rsquo;&eacute;tait en effet le th&egrave;me de la cinqui&egrave;me &eacute;dition de la &laquo; Berrie Lecture &raquo;, une initiative&nbsp; promue aussi par la Fondation Russell Berrie de New York, pour favoriser la compr&eacute;hension mutuelle entre la foi juive et la foi chr&eacute;tienne (cf. Zenit des 15 et 17 mai 2012).<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tElle a eu lieu le 16 mai, &agrave; Rome, &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; pontificale Saint-Tomas d&rsquo;Aquin &ndash; l&rsquo;Angelicum -, en coop&eacute;ration avec&nbsp; le Centre Jean-Paul II pour le dialogue interreligieux, dirig&eacute; par le rabbin Jack Bemporad.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPr&eacute;sident du Conseil pontifical pour la promotion de l&rsquo;unit&eacute; des chr&eacute;tiens, le cardinal Kurt Koch est en tant que tel pr&eacute;sident de la Commission du Saint-Si&egrave;ge pour les relations religieuses avec le juda&iuml;sme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Texte de la conf&eacute;rence du cardinal Kurt Koch<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>C&rsquo;est pour moi un honneur d&rsquo;&ecirc;tre ici aujourd&rsquo;hui pour donner la Conf&eacute;rence Jean-Paul II sur la compr&eacute;hension interreligieuse, la cinqui&egrave;me d&rsquo;une s&eacute;rie de conf&eacute;rences annuelles prestigieuses, organis&eacute;es par le Centre Jean-Paul II pour le dialogue interreligieux &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; Angelicum. D&rsquo;une mani&egrave;re particuli&egrave;re, cette universit&eacute; s&#39;est engag&eacute;e &agrave; favoriser le dialogue &oelig;cum&eacute;nique et interreligieux au niveau acad&eacute;mique. Le Centre Jean-Paul II est un partenariat entre l&#39;Angelicum et la Fondation Russell Berrie, et je suis tr&egrave;s heureux de saluer la pr&eacute;sence d&#39;Angelica Berrie, pr&eacute;sidente de la Fondation, dont le nom semble refl&eacute;ter les aspirations communes qui ont motiv&eacute; la cr&eacute;ation du Centre. Je tiens &eacute;galement &agrave; mentionner dans ce contexte, le Programme de bourses Russell Berrie, qui vise &agrave; d&eacute;velopper des &eacute;changes d&#39;id&eacute;es et des liens d&#39;amiti&eacute; et de compr&eacute;hension mutuelle qui, nous l&#39;esp&eacute;rons, trouveront un &eacute;cho bien au-del&agrave; du milieu universitaire. Le th&egrave;me de cette pr&eacute;sentation sera l&#39;&eacute;volution historique du dialogue jud&eacute;o-catholique, rendue possible par le document conciliaire &quot;Nostra Aetate&quot;.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>I &#8211; &quot;Nostra Aetate&quot;: OUI &agrave; nos racines juives, NON &agrave; l&#39;antis&eacute;mitisme<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>Du c&ocirc;t&eacute; catholique, la d&eacute;claration du deuxi&egrave;me Concile du Vatican sur la relation de l&#39;Eglise avec les religions non-chr&eacute;tiennes, &laquo;Nostra Aetate&raquo;, peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme le d&eacute;but d&#39;un dialogue syst&eacute;matique avec les Juifs. Encore aujourd&#39;hui, elle est consid&eacute;r&eacute;e comme le &quot;document de base&quot; et la &quot;Magna Charta&quot; du dialogue de l&#39;Eglise catholique romaine avec le juda&iuml;sme ; mon tour d&#39;horizon de la conversation jud&eacute;o-catholique doit donc commencer par l&agrave;.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>Celle-ci ne s&rsquo;est pas d&eacute;velopp&eacute;e dans le vide, puisque du c&ocirc;t&eacute; chr&eacute;tien, il y avait d&eacute;j&agrave; eu des approches du juda&iuml;sme, tant &agrave; l&#39;int&eacute;rieur qu&rsquo;&agrave; l&#39;ext&eacute;rieur de l&#39;Eglise catholique, avant le Concile. Mais, surtout apr&egrave;s le crime sans pr&eacute;c&eacute;dent de la Shoah, un effort a &eacute;t&eacute; fait, dans la p&eacute;riode de l&rsquo;apr&egrave;s-guerre, en direction d&rsquo;une red&eacute;finition th&eacute;ologiquement fond&eacute;e de la relation avec le juda&iuml;sme. Apr&egrave;s l&#39;assassinat en masse des Juifs d&#39;Europe, planifi&eacute; et ex&eacute;cut&eacute; par les nationaux-socialistes avec une perfection industrielle, un examen de conscience approfondi a &eacute;t&eacute; entrepris sur la fa&ccedil;on dont un sc&eacute;nario aussi barbare &eacute;tait possible dans l&#39;Occident chr&eacute;tien. Faut-il supposer que les tendances anti-juives, pr&eacute;sentes au sein de la chr&eacute;tient&eacute; pendant des si&egrave;cles, ont &eacute;t&eacute; complices de l&#39;antis&eacute;mitisme des nazis, raciste et &eacute;gar&eacute; par une id&eacute;ologie ath&eacute;e et n&eacute;o-pa&iuml;enne, ou qu&rsquo;elles ont &eacute;t&eacute;, tout simplement, ce qui lui a permis de suivre son cours ? Parmi les chr&eacute;tiens aussi, il y a eu des auteurs et des victimes, mais la grande masse &eacute;tait certainement compos&eacute;e de spectateurs passifs qui ont gard&eacute; les yeux ferm&eacute;s face &agrave; cette r&eacute;alit&eacute; brutale. La Shoah est donc devenue une question et une accusation contre le christianisme : pourquoi la r&eacute;sistance chr&eacute;tienne contre la brutalit&eacute; sans limite des crimes nazis n&rsquo;a-t-elle pas d&eacute;montr&eacute; la mesure et la clart&eacute; auxquelles on pouvait s&#39;attendre &agrave; juste titre ? Les chr&eacute;tiens et les juifs d&#39;aujourd&#39;hui ont-ils la volont&eacute; et la force d&rsquo;une conciliation et d&rsquo;une r&eacute;conciliation sur la base commune de la foi dans le seul et unique Dieu d&#39;Isra&euml;l ? Quelle est l&#39;importance du juda&iuml;sme, &agrave; l&#39;avenir, pour les &eacute;glises et communaut&eacute;s eccl&eacute;siales, et quelle relation th&eacute;ologique entretenons-nous aujourd&#39;hui avec le juda&iuml;sme?<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>Peu de temps apr&egrave;s la fin de la seconde guerre mondiale, le c&ocirc;t&eacute; chr&eacute;tien a abord&eacute; le ph&eacute;nom&egrave;ne de l&#39;antis&eacute;mitisme lors de la Conf&eacute;rence internationale d&#39;urgence sur l&#39;antis&eacute;mitisme, qui eut lieu &agrave; Seelisberg du 30 Juillet au 5 Ao&ucirc;t 1947. Environ 65 personnes, juifs et chr&eacute;tiens de diverses confessions, se sont r&eacute;unies pour une large r&eacute;flexion sur la fa&ccedil;on dont l&#39;antis&eacute;mitisme pouvait &ecirc;tre &eacute;radiqu&eacute; &agrave; ses racines. La r&eacute;union de Seelisberg visait &agrave; jeter de nouvelles fondations pour le dialogue entre juifs et chr&eacute;tiens et &agrave; donner une impulsion vers une compr&eacute;hension mutuelle. Les perspectives, qui furent connues comme les &laquo;Dix points de Seelisberg&raquo;, sont au fil du temps devenues pionni&egrave;res et, d&#39;une mani&egrave;re ou d&#39;une autre, ont trouv&eacute; leur chemin dans la d&eacute;claration du Concile &quot;Nostra Aetate&quot;, m&ecirc;me si, dans ce texte, un cadre r&eacute;solument th&eacute;ologique a &eacute;t&eacute; donn&eacute; &agrave; la relation avec le juda&iuml;sme. Cette d&eacute;claration commence, en fait, par une r&eacute;flexion sur le myst&egrave;re de l&#39;&Eacute;glise et un rappel du lien profond qui unit spirituellement le peuple de la Nouvelle Alliance avec la tribu d&#39;Abraham. Les deux documents, &laquo;Nostra Aetate&raquo; et les &laquo;Dix points de Seelisberg&raquo; soulignent que le d&eacute;dain, le d&eacute;nigrement et le m&eacute;pris du juda&iuml;sme doivent &ecirc;tre &eacute;vit&eacute;s &agrave; tout prix : les racines juives du christianisme sont donc explicitement mises en avant. Dans le m&ecirc;me temps, les deux d&eacute;clarations convergent &ndash; naturellement, chacune d&#39;une mani&egrave;re diff&eacute;rente &#8211; en rejetant l&#39;accusation qui a malheureusement surv&eacute;cu pendant des si&egrave;cles dans divers endroits, que les Juifs &eacute;taient &quot;d&eacute;icides&quot;.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>Dans la sph&egrave;re chr&eacute;tienne, r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; la Shoah a certainement &eacute;t&eacute; l&#39;une des motivations principales qui ont men&eacute; &agrave; la r&eacute;daction de &laquo;Nostra Aetate&raquo;. Mais d&#39;autres raisons peuvent sans doute &eacute;galement &ecirc;tre identifi&eacute;es : dans la th&eacute;ologie catholique, suite &agrave; la publication de l&#39;encyclique &quot;Divino afflante spiritu&quot; en 1943, par le pape Pie XII, les &eacute;tudes bibliques ont &eacute;t&eacute; ouvertes &ndash; bien qu&rsquo;avec des mesures prudentes de d&eacute;butants &#8211; &agrave; l&#39;interpr&eacute;tation historico-critique de la Bible ; cela impliquait de commencer &agrave; lire les textes bibliques dans leur contexte historique et selon les traditions religieuses pr&eacute;valant &agrave; leur &eacute;poque. Ce processus a finalement trouv&eacute; son expression doctrinale dans le d&eacute;cret conciliaire sur la R&eacute;v&eacute;lation divine &laquo;Dei Verbum&raquo;, ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment dans l&#39;instruction adress&eacute;e &agrave; l&#39;ex&eacute;g&egrave;te d&rsquo;&eacute;tudier soigneusement ce que les auteurs des textes bibliques voulaient vraiment dire : &laquo; Pour d&eacute;couvrir l&rsquo;intention des hagiographes, on doit, entre autres choses, consid&eacute;rer aussi les &ldquo;genres litt&eacute;raires&rdquo;. Car c&rsquo;est de fa&ccedil;on bien diff&eacute;rente que la v&eacute;rit&eacute; se propose et s&rsquo;exprime en des textes diversement historiques, ou proph&eacute;tiques, ou po&eacute;tiques, ou m&ecirc;me en d&rsquo;autres genres d&rsquo;expression &raquo;[1]. L&#39;observation pr&eacute;cise de traditions religieuses historiques refl&eacute;t&eacute;es dans les textes de l&#39;&Eacute;criture Sainte a eu comme cons&eacute;quence que la figure de J&eacute;sus de Nazareth a &eacute;t&eacute; situ&eacute;e de plus en plus clairement au sein du juda&iuml;sme de son temps. De cette fa&ccedil;on, le Nouveau Testament a &eacute;t&eacute; replac&eacute; enti&egrave;rement dans le cadre des traditions juives, et J&eacute;sus a &eacute;t&eacute; per&ccedil;u comme un Juif de son temps qui se sentait une obligation vis-&agrave;-vis de ces traditions. Ce point de vue a &eacute;galement trouv&eacute; sa place dans la d&eacute;claration du Concile &quot; Nostra Aetate &quot;, quand il affirme, en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la Lettre aux Romains (9, 5), que J&eacute;sus est issu, selon la chair, du peuple d&rsquo;Isra&euml;l, et l&rsquo;Eglise &laquo; rappelle aussi que les Ap&ocirc;tres, fondements et colonnes de l&rsquo;&Eacute;glise, sont n&eacute;s du peuple juif, ainsi qu&rsquo;un grand nombre des premiers disciples qui annonc&egrave;rent au monde l&rsquo;&Eacute;vangile du Christ&quot;[2]. Depuis&quot; Nostra Aetate &quot;, cela fait donc partie du &laquo; cantus firmus &raquo; du dialogue jud&eacute;o-chr&eacute;tien de rappeler avec insistance les racines juives de la foi chr&eacute;tienne. Au cours de sa visite &agrave; la synagogue de Rome, le 13 avril 1986, le pape Jean-Paul II a exprim&eacute; en ces mots nets et impressionnants: &laquo; La religion juive ne nous est pas &ldquo;extrins&egrave;que&rdquo; mais, d&rsquo;une certaine mani&egrave;re, elle est &ldquo;intrins&egrave;que&rdquo; &agrave; notre religion. Nous avons donc envers elle des rapports que nous n&rsquo;avons avec aucune autre religion. Vous &ecirc;tes nos fr&egrave;res pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s et, d&rsquo;une certaine mani&egrave;re, on pourrait dire nos fr&egrave;res a&icirc;n&eacute;s &raquo;.[3]<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>Cependant, ce ne sont pas seulement des approfondissements th&eacute;ologiques qui ont conduit, du c&ocirc;t&eacute; chr&eacute;tien, &agrave; rechercher un rapprochement th&eacute;orique et pratique avec le juda&iuml;sme. En fait, des raisons politiques et pragmatiques ont &eacute;galement jou&eacute; un r&ocirc;le non n&eacute;gligeable dans ce domaine. Depuis la fondation de l&#39;Etat d&#39;Isra&euml;l en 1948, l&#39;Eglise catholique se voit confront&eacute;e, en Terre Sainte, &agrave; la r&eacute;alit&eacute; qu&#39;elle doit d&eacute;velopper sa vie pastorale au sein d&#39;un &Eacute;tat qui se comprend d&eacute;finitivement comme juif. Isra&euml;l est la seule terre au monde avec une population &agrave; majorit&eacute; juive et, pour cette seule raison, les chr&eacute;tiens qui vivent l&agrave;-bas doivent n&eacute;cessairement engager un dialogue avec eux. &Agrave; cet &eacute;gard, le Saint-Si&egrave;ge a toujours poursuivi deux objectifs : permettre, d&rsquo;une part, &agrave; l&#39;activit&eacute; pastorale des congr&eacute;gations catholiques en Terre Sainte de se d&eacute;ployer sans entrave, et d&#39;autre part, faciliter le libre acc&egrave;s aux lieux saints des chr&eacute;tiens pour les p&egrave;lerins chr&eacute;tiens. Cela n&eacute;cessite, en premi&egrave;re instance, un dialogue politique avec l&#39;ex&eacute;cutif au pouvoir de l&#39;Etat d&#39;Isra&euml;l, qui, du point de vue juif, doit naturellement toujours &ecirc;tre int&eacute;gr&eacute; dans un dialogue avec les autorit&eacute;s religieuses du juda&iuml;sme. Les chr&eacute;tiens semblent plut&ocirc;t enclins &agrave; diff&eacute;rencier et &agrave; d&eacute;limiter les affaires politiques des affaires religieuses, tandis que le juda&iuml;sme s&#39;efforce de faire converger et d&#39;associer les deux dimensions.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>Quels que soient les motifs et les facteurs qui peuvent avoir conduit individuellement &agrave; la r&eacute;daction de &laquo;Nostra Aetate&raquo;, la d&eacute;claration reste la boussole essentielle de tous les efforts vers le dialogue jud&eacute;o-catholique et, apr&egrave;s 47 ans, nous pouvons affirmer avec gratitude que cette red&eacute;finition th&eacute;ologique de la relation avec le juda&iuml;sme a directement port&eacute; de beaux fruits &agrave; travers l&rsquo;accueil qui lui a &eacute;t&eacute; r&eacute;serv&eacute;e. Il semble qu&rsquo;en ce qui concerne le contenu, les P&egrave;res conciliaires, &agrave; ce moment-l&agrave;, ont pris en consid&eacute;ration presque tout ce qui, depuis, s&#39;est av&eacute;r&eacute; important dans l&#39;histoire de ce dialogue. Du c&ocirc;t&eacute; juif, on a soulign&eacute; de fa&ccedil;on particuli&egrave;rement positive le fait que la D&eacute;claration conciliaire a pris une position sans ambigu&iuml;t&eacute; contre toute forme d&#39;antis&eacute;mitisme. C&rsquo;est sur cette base, qui n&rsquo;est pas la moindre, que les Juifs gardent l&rsquo;esp&eacute;rance et l&rsquo;assurance qu&#39;ils ont, dans l&#39;&Eacute;glise catholique, un alli&eacute; fiable dans la lutte contre l&#39;antis&eacute;mitisme.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>En ce qui concerne l&#39;histoire de la r&eacute;ception des documents conciliaires, on peut sans doute oser affirmer que &laquo;Nostra Aetate&raquo; doit &ecirc;tre compt&eacute; parmi les textes du Concile qui ont permis, de mani&egrave;re convaincante, d&rsquo;effectuer une r&eacute;orientation fondamentale de l&#39;Eglise catholique &agrave; la suite du Concile. Bien s&ucirc;r, cela ne devient clair pour nous que lorsqu&rsquo;on consid&egrave;re qu&rsquo;il y avait en partie, auparavant, une grande r&eacute;ticence concernant les contacts entre juifs et catholiques, d&eacute;coulant pour une part de l&#39;histoire du christianisme, avec sa discrimination contre les Juifs qui a &eacute;t&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; prendre la forme de conversions forc&eacute;es. Au cours des derni&egrave;res d&eacute;cennies, le principe fondamental du respect pour le juda&iuml;sme, exprim&eacute; dans &quot;Nostra Aetate&quot;, a permis &agrave; des groupes qui, au d&eacute;part, se consid&eacute;raient mutuellement avec un certain scepticisme, de devenir petit &agrave; petit des partenaires fiables, voire m&ecirc;me de bons amis, capables de faire face aux crises ensemble et de surmonter les conflits de mani&egrave;re positive.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Traduction de l&#39;original anglais par ZENIT<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tNotes&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t\t[1] Dei Verbum, N&deg; 12.<\/p>\n<p>\n\t\t\t[2] Nostra Aetate, N&deg; 4.<\/p>\n<p>\n\t\t\t[3] Jean-Paul II, Allocution dans la synagogue lors de la rencontre avec la communaut&eacute; juive de la ville de Rome le 13 avril 1986 : &laquo; Nous remercions le Seigneur pour la fraternit&eacute; retrouv&eacute;e et pour la profonde entente entre l&rsquo;Eglise et le juda&iuml;sme &raquo;<br \/>\n\t\t\t.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo;Oui &agrave; nos racines juives, non &agrave; l&#39;antis&eacute;mitisme&raquo; &nbsp; &nbsp; C&rsquo;est par cette formule lapidaire que le cardinal Kurt Koch (photo) pr&eacute;sente la d&eacute;claration conciliaire &laquo; Nostra Aetate &raquo;, &laquo; document de base d&rsquo;un dialogue syst&eacute;matique avec les juifs &raquo; qui n&rsquo;a cess&eacute; d&rsquo;&eacute;voluer depuis cinquante ans. &laquo; Construire sur Nostra Aetate : 50 ans&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16998,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[417,50,15,60,1],"tags":[],"class_list":["post-4468","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-jean-paul-ii","category-new-york","category-religion","category-rome","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4468","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4468"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4468\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16998"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4468"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4468"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4468"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}