{"id":4474,"date":"2014-04-24T01:10:14","date_gmt":"2014-04-24T01:10:14","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4474"},"modified":"2014-04-24T01:03:37","modified_gmt":"2014-04-24T01:03:37","slug":"lemigration-sicilienne-en-tunisie-un-recit-emouvant-au-coeur-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lemigration-sicilienne-en-tunisie-un-recit-emouvant-au-coeur-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9migration sicilienne en Tunisie : un r\u00e9cit \u00e9mouvant au c\u0153ur de l\u2019histoire"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;&eacute;migration sicilienne en Tunisie&nbsp;: un r&eacute;cit &eacute;mouvant au c&oelig;ur de l&rsquo;histoire<\/p>\n<div id=\"publie\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\tLes &laquo;&nbsp;Italiens de Tunisie&nbsp;&raquo; se sont donn&eacute;s rendez vous lundi dernier &agrave; l&rsquo;&eacute;cole d&rsquo;Art d&rsquo;Aix-en-Provence pour accueillir l&rsquo;&eacute;crivain Michel Auguglioro, venu pr&eacute;senter son roman&nbsp;: &laquo;&nbsp;La Partenza&nbsp;&raquo;. Au cours de cette conf&eacute;rence teint&eacute;e de nostalgie et d&rsquo;&eacute;motion, les &laquo;&nbsp;amoureux du Bled&nbsp;&raquo; ont &eacute;voqu&eacute; l&rsquo;histoire peu connue de l&rsquo;&eacute;migration sicilienne en Tunisie. Une rencontre int&eacute;ressante organis&eacute;e par l&rsquo;association des Jumelages de l&rsquo;AIAPA.<\/p>\n<p><\/p>\n<div id=\"texte\">\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Cela aurait pu &ecirc;tre l&rsquo;histoire de n&rsquo;importe quel &eacute;migr&eacute;&nbsp;&raquo;&nbsp;d&eacute;clare l&rsquo;auteur en pr&eacute;ambule de la conf&eacute;rence. Une histoire familiale et romanc&eacute;e&nbsp;&laquo;&nbsp;qui pourrait &ecirc;tre la mienne&nbsp;&raquo;. Cette saga d&rsquo;une famille sicilienne en Tunisie s&rsquo;inspire volontiers du v&eacute;cu de ses grands parents, de leur d&eacute;part de Trapani jusqu&rsquo;en 1956 date &agrave; laquelle la Tunisie obtient son ind&eacute;pendance.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;La Partenza&nbsp;&raquo;,&nbsp;&laquo;&nbsp;je l&rsquo;ai &eacute;crit avec mes tripes&nbsp;&raquo;&nbsp;tient &agrave; pr&eacute;ciser l&rsquo;&eacute;crivain profond&eacute;ment attach&eacute; &agrave; cette terre qui l&rsquo;a vu na&icirc;tre en 1937. Une terre qui a &eacute;galement vu na&icirc;tre ses parents issus de l&rsquo;&eacute;migration italienne et fran&ccedil;aise de la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle.<br \/>\n\t\tDevant un public majoritairement italo-tunisien, il &eacute;voque son enfance,&nbsp;&laquo;&nbsp;au bled&nbsp;&raquo;&nbsp;&agrave; Hajeb La&acirc;youn, son adolescence &agrave; Menzel Temime et ses premi&egrave;res ann&eacute;es au coll&egrave;ge Stephen Pichon de Bizerte. Un discours touchant et charg&eacute; d&rsquo;&eacute;motion, montrant combien la Tunisie l&rsquo;a profond&eacute;ment marqu&eacute;.&nbsp;<br \/>\n\t\tLe premier tome est ponctu&eacute; de riches anecdotes historiques issues de ses souvenirs mais &eacute;galement de ses travaux de recherches sur l&rsquo;histoire tunisienne de ces &eacute;migr&eacute;s &agrave; la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle. Une histoire&nbsp;&laquo;&nbsp;peu connue par la jeune g&eacute;n&eacute;ration tunisienne&nbsp;&raquo;&nbsp;regrette t&rsquo;il.<\/p>\n<p>\n\t\tLes r&eacute;cits ne sont pas essentiellement centr&eacute;s sur Tunis, la capitale, et ont le m&eacute;rite de nous faire voyager dans les r&eacute;gions recul&eacute;es de la Tunisie o&ugrave; se sont nou&eacute;s des &eacute;changes et des liens fraternels jusque l&agrave; jamais expos&eacute;s et que l&rsquo;auteur nous fait partager.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>L&rsquo;arriv&eacute;e en masse des Siciliens &agrave; la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tCe r&eacute;cit romanc&eacute;, &laquo;&nbsp;La Partenza&nbsp;&raquo;, raconte l&rsquo;histoire de l&rsquo;&eacute;migration de paysans siciliens en 1881, m&ecirc;me si cette pr&eacute;sence italienne en Tunisie remonte &laquo;&nbsp;&agrave; beaucoup plus loin&nbsp;&raquo;. Les premiers Italiens &agrave; s&rsquo;y installer seront les G&eacute;nois qui occuperont l&rsquo;&icirc;le de Tabarka d&eacute;s le XVI&egrave;me si&egrave;cle et seront suivis par les siciliens au XVIII si&egrave;cle &agrave; La Goulette. Ce mouvement migratoire va s&rsquo;intensifier une fois l&rsquo;unification italienne achev&eacute;e en 1870. Le nombre de siciliens &agrave; destination de Tunisie ne cesse alors de cro&icirc;tre parce que les terres ne sont plus fertiles et peu cultivables. La mis&egrave;re les pousse &agrave; &eacute;migrer vers Tunis car les opportunit&eacute;s de travail sont nombreuses. Artisans, p&ecirc;cheurs, mineurs s&rsquo;y pr&eacute;cipitent et y d&eacute;veloppent le commerce.&nbsp;<br \/>\n\t\tLes familles italiennes abandonnent m&ecirc;me, un certain temps, l&rsquo;id&eacute;e de partir en Am&eacute;rique, encore trop difficile &agrave; rallier. Ils optent donc pour La Goulette situ&eacute; &agrave; dix kilom&egrave;tres au nord-est de Tunis.&nbsp;&laquo;&nbsp;Ils arrivent en bateau et sont d&eacute;charg&eacute;s sur des barques&nbsp;&raquo;&nbsp;car &agrave; l&rsquo;&eacute;poque la rade ayant peu de fond, contraint les gros bateaux &agrave; jeter l&rsquo;ancre &agrave; plusieurs kilom&egrave;tres de la Gou-lette.&nbsp;&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y avait pas de port tel que nous le connaissons aujourd&rsquo;hui&nbsp;&raquo;&nbsp;pr&eacute;cise Michel Auguglioro.&nbsp;<br \/>\n\t\tAu sein de la ville, les italiens deviennent majoritaires et changent consid&eacute;rablement sa physionomie. Essaiment des constructions, des commerces, des caf&eacute;s, des habitations et le port de La Goulette.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Une int&eacute;gration r&eacute;ussie<\/strong><br \/>\n\t\tA leur arriv&eacute;e, l&rsquo;int&eacute;gration se fait sans r&eacute;elles difficult&eacute;s. Ils sont alors au contact d&rsquo;une communaut&eacute; juive et maltaise importante.&nbsp;&laquo;&nbsp;Toutes les communaut&eacute;s &eacute;taient proches et vivaient en harmonie. Les processions &eacute;taient suivies par des chr&eacute;tiens, des musulmans et des juifs. Un remarquable &oelig;cum&eacute;nisme religieux&nbsp;!&nbsp;&raquo;&nbsp;s&rsquo;enthousiasme l&rsquo;&eacute;crivain. Les communaut&eacute;s&nbsp;&laquo;&nbsp;se m&eacute;langeaient par l&rsquo;interm&eacute;diaire des mariages mixtes.&nbsp;&raquo;&nbsp;Les diff&eacute;rentes traditions animaient la ville et exposaient la Goulette comme&nbsp;&laquo;&nbsp;un lieu de m&eacute;tissage hors du commun&nbsp;&raquo;. Et c&rsquo;est ce dont t&eacute;moigne Michel Auguglioro dans ce roman.&nbsp;&laquo;&nbsp;Une vie que partageaient les Tunisiens, musulmans ou juifs, les Fran&ccedil;ais, les Maltais et les Italiens&nbsp;&raquo;. Une cohabitation sereine et exemplaire.<\/p>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t<strong>&laquo;&nbsp;La Tunisie sous l&rsquo;occupation Fran&ccedil;aise&nbsp;&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa France signe le 12 mai 1881, le trait&eacute; de Bardo mettant ainsi fin aux vis&eacute;es coloniales de l&rsquo;Italie. La Tunisie est d&eacute;sormais sous protectorat. Cela suscite une grande vague d&rsquo;immigration italienne vers la Tunisie et cause certaines difficult&eacute;s &agrave; la France. Les Italiens sont trop nombreux pour &ecirc;tre assimil&eacute;s. Certains consid&eacute;raient m&ecirc;me la Tunisie, comme &eacute;tant une&nbsp;&laquo;&nbsp;colonie italienne administr&eacute;e par la France&nbsp;&raquo;.<br \/>\n\t\tUne France qui a tout de m&ecirc;me forc&eacute; le processus d&rsquo;assimilation de cette population. Un besoin de main d&rsquo;&oelig;uvre &eacute;vident, mais&nbsp;&laquo;&nbsp;comme si les Tunisiens ne savaient pas travailler. A l&rsquo;&eacute;poque, quand j&rsquo;&eacute;tais en Tunisie, j&rsquo;entendais toujours parler des Arabes pas des Tunisiens. Comme si on voulait effacer la nationalit&eacute; Tunisienne&nbsp;&raquo;&nbsp;commente-t-il.<\/p>\n<p>\n\t\tEn 1920, le Destour est fond&eacute;. Ce parti politique a pour but de lib&eacute;rer la Tunisie du protectorat fran&ccedil;ais. Il fait l&rsquo;objet d&rsquo;une scission en 1934 et devient le N&eacute;o-Destour. Le mouvement nationaliste est alors dirig&eacute; par de jeunes militants r&eacute;unis autour d&rsquo;Habib Bourguiba.&nbsp;&laquo;&nbsp;Un mouvement bas&eacute; sur l&rsquo;intelligence et la r&eacute;flexion&nbsp;&raquo;souligne l&rsquo;&eacute;crivain puis ajoute&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;je pense sinc&egrave;rement qu&rsquo;Habib Bourguiba &eacute;tait un grand homme d&rsquo;&eacute;tat et j&rsquo;assume&nbsp;&raquo;.&nbsp;<br \/>\n\t\tOn lui doit l&rsquo;ind&eacute;pendance de la Tunisie, officialis&eacute;e en 1956. Huit ans plus tard, en 1964 alors qu&rsquo;il ordonne la saisie des terres agricoles poss&eacute;d&eacute;es par des &eacute;trangers, les Italiens de Tunisie optent pour la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise afin de b&eacute;n&eacute;ficier des m&ecirc;mes avantages que les ressortissants fran&ccedil;ais et prennent le chemin de l&rsquo;exil. En France, ils vont s&rsquo;ajouter aux Pieds-Noirs d&rsquo;Alg&eacute;rie.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Des colons&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tMichel Auguglioro suscite alors la r&eacute;flexion. Ce repr&eacute;sentant de la troisi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration d&rsquo;&eacute;migr&eacute;s siciliens lance&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;nous sommes des descendants de colons. Mais est ce que c&rsquo;est dans le sens de colons d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&nbsp;? Mes grands-parents et mes parents &eacute;taient des gens humbles. Mon p&egrave;re est n&eacute; dans un gourbi dans la r&eacute;gion de Mateur, rien &agrave; voir avec l&rsquo;image de colons que l&rsquo;on veut bien nous donner aujourd&rsquo;hui. Nous sommes des colons et en m&ecirc;me temps des indig&egrave;nes de Tunisie. Il faut assumer&nbsp;&raquo;&nbsp;insiste t&rsquo;il.<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;auteur nous livre, &agrave; travers ce roman, un message de tol&eacute;rance, de paix et d&rsquo;amour fraternel entre&nbsp;&laquo;&nbsp;les colonis&eacute;s et les colons&nbsp;&raquo;&nbsp;au XIX&egrave;me si&egrave;cle. Un r&eacute;cit qui offre une tr&ecirc;ve et qui rappelle qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas si longtemps, l&rsquo;int&eacute;gration des &eacute;trangers se faisait naturellement, dans le respect et la fraternit&eacute;. Un rappel bienvenu, &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; la peur de l&rsquo;&eacute;tranger atteint son paroxysme.<\/p>\n<div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\tCe t&eacute;moignage &eacute;mouvant est aussi&nbsp;&laquo;&nbsp;un hommage rendu &agrave; tous ceux qui ont d&ucirc; un jour quitt&eacute; leur terre&nbsp;&raquo;et rappellera inlassablement, l&rsquo;amour perp&eacute;tuel que vouent les italiens &agrave; leur terre d&rsquo;accueil.<br \/>\n\t\tAujourd&rsquo;hui, ce travail de m&eacute;moire est sollicit&eacute; par la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration qui d&eacute;couvrira &agrave; travers ce roman, l&rsquo;aventure de tous ceux qui ont particip&eacute; &agrave; cette &eacute;poque peu connue de l&rsquo;Histoire de la Tunisie.<br \/>\n\t\t&laquo;&nbsp;D&eacute;sormais ce livre ne t&rsquo;appartient plus. Il nous appartient&nbsp;&raquo;&nbsp;a dit un jeune &eacute;tudiant Tunisien &agrave; Michel Auguglioro. Voil&agrave; qui est dit.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; L&rsquo;&eacute;migration sicilienne en Tunisie&nbsp;: un r&eacute;cit &eacute;mouvant au c&oelig;ur de l&rsquo;histoire &nbsp; &nbsp; Les &laquo;&nbsp;Italiens de Tunisie&nbsp;&raquo; se sont donn&eacute;s rendez vous lundi dernier &agrave; l&rsquo;&eacute;cole d&rsquo;Art d&rsquo;Aix-en-Provence pour accueillir l&rsquo;&eacute;crivain Michel Auguglioro, venu pr&eacute;senter son roman&nbsp;: &laquo;&nbsp;La Partenza&nbsp;&raquo;. 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