{"id":4498,"date":"2016-08-11T01:02:34","date_gmt":"2016-08-11T01:02:34","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4498"},"modified":"2016-08-10T23:49:54","modified_gmt":"2016-08-10T23:49:54","slug":"souvenirs-souvenirs-danciens-juifs-tunisiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/souvenirs-souvenirs-danciens-juifs-tunisiens\/","title":{"rendered":"Souvenirs, souvenirs\u2026 d\u2019anciens juifs tunisiens!"},"content":{"rendered":"<p>\n\tSouvenirs, souvenirs&hellip; d&rsquo;anciens juifs tunisiens!<\/p>\n<div class=\"entry-meta\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"entry-meta\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"entry-meta\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"entry-meta\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"entry-meta\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"entry entry-content\">\n<p>\n\t\tRevenus apr&egrave;s 44 ans, Raymond et Daisy revoient Sousse. Avec pleins de souvenirs dans la t&ecirc;te. Du hammam de la Corniche, au &laquo;Petit mousse&raquo;, en passant par la salle des jeux Mosbah et du casino de Boujaafar.<\/p>\n<p>\n\t\t<em><strong>R&eacute;cit.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>\n\t\tIl s&rsquo;appelle Raymond. Elle s&rsquo;appelle Daisy. N&eacute;s &agrave; Sousse o&ugrave; ils se sont mari&eacute;s en 1960, ils sont revenus, en ce mois de mai 2012, pour &laquo;revoir le pays&raquo;. L&rsquo;occasion? Un voyage organis&eacute; par une petite agence de Marseille.<\/p>\n<p>\n\t\tRaymond &eacute;tait plombier. Soixante-douze ans aujourd&rsquo;hui, il a travaill&eacute; comme contrema&icirc;tre dans &ldquo;Les imprimeries Bessis&ldquo;, tout juste derri&egrave;re le &laquo;d&eacute;funt&raquo; cin&eacute;ma Vox, une rue parall&egrave;le &agrave; l&rsquo;Avenue Habib Bourguiba. Daisy &eacute;tait couturi&egrave;re et travaillait avec sa m&egrave;re, qui tenait boutique dans le quartier de &ldquo;Gabadji picolo&ldquo; (&agrave; ne pas confondre avec le quartier de &ldquo;Gabadji Grande&ldquo;, situ&eacute; en hauteur de la ville, &laquo;beaucoup moins select&raquo;) dans une maison &laquo;&agrave; l&rsquo;impasse El Lamti, en face de la boulangerie Hammami&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&laquo;Mais les g&acirc;teaux n&rsquo;ont plus les m&ecirc;mes go&ucirc;ts&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;Le quartier est toujours l&agrave;, mais la maison a disparu&raquo;, regrette Daisy, cheveux poivre et sel, jupe noir et chemisette rose. &laquo;Elle a &eacute;t&eacute; d&eacute;molie avec un petit p&acirc;t&eacute; de maisons remplac&eacute; par un immeuble apparemment inoccup&eacute;&raquo;, pr&eacute;cise-t-elle.<\/p>\n<p>\n\t\tTous les propos de Raymond et Daisy &ndash;vous l&rsquo;avez compris- ne portent que sur des lieux disparus. A commencer par ce &ldquo;Hammam de la Corniche&ldquo;, &agrave; c&ocirc;t&eacute; du jardin de Sidi Boujaafar (jouxtant le marabout du m&ecirc;me nom) o&ugrave; elle a perdu, un jour de noces, un pendentif en or qu&rsquo;elle regrette encore et qu&rsquo;elle tient de sa grand-m&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\tAutre lieu mythique: la p&acirc;tisserie Pascal sur l&rsquo;Avenue Bourguiba. &laquo;Avec ses yoyos, ses nougats, ses Tassa et borj (limonade et croquant)&raquo;. &laquo;Chaque jour que Dieu fait, je me tapais &ldquo;une tassa et un borj&ldquo;, en sortant de l&rsquo;Ecole de front de mer Dumont (l&rsquo;&eacute;cole a disparu aujourd&rsquo;hui)&raquo;, se souvient Daisy.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;Certes, un des fils de Pascal a ouvert boutique pr&egrave;s du &ldquo;Coop&ldquo; (entendez la Coop&eacute;rative), l&rsquo;actuel Magasin G&eacute;n&eacute;ral, mais les g&acirc;teaux n&rsquo;ont plus les m&ecirc;mes go&ucirc;ts&raquo;, assure-t-elle.<\/p>\n<p>\n\t\tDes lieux mythiques. Mais aussi ses personnages pittoresques. Comme ce &ldquo;Macha maboul&ldquo;, un mendiant, toujours sale et habill&eacute; en haillons, qui &laquo;arpentait du matin au soir les rues du quartier de Gabadji picolo&raquo;. &laquo;Ma m&egrave;re me mena&ccedil;ait, toute petite, de l&rsquo;invitait &agrave; la maison si je refusais de manger ma soupe&raquo;, confie Daisy.<\/p>\n<p>\n\t\tComment Raymond et Daisy trouvent-ils Sousse aujourd&rsquo;hui? &laquo;Ne demandez pas &agrave; la m&egrave;re de la mari&eacute;e de dire ce qu&rsquo;elle pense de sa propre fille. Elle n&rsquo;en dira que du bien!&raquo;, souligne Raymond. Qui dit avoir quitt&eacute; la ville en 1968 &laquo;la mort dans l&rsquo;&acirc;me&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;Je me souviens comme si c&rsquo;&eacute;tait hier&raquo;, poursuit-il. &laquo;Ma m&egrave;re, mon p&egrave;re, ma s&oelig;ur Annie, Daisy, notre enfant, Philippe (aujourd&rsquo;hui, m&eacute;decin &agrave; Marseille), avons quitt&eacute; Sousse, dimanche, aux aurores, pour prendre le bateau &agrave; La Goulette&raquo;, observe-t-il.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&laquo;J&rsquo;avais peur de vivre un choc&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;A Marseille, o&ugrave; nous nous sommes install&eacute;s, ce n&rsquo;&eacute;tait pas facile. Il fallait reprendre tout &agrave; z&eacute;ro, affirme-t-il. Mais, le plus difficile c&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;oublier le pays, Les imprimeries Bessis, les amis du Caf&eacute; de Tunis et juste en face le cin&eacute;ma Le Palace, la salle des jeux de Mosbah, le Casino de Boujaafar dans la jet&eacute;e, &hellip;C&rsquo;&eacute;tait un d&eacute;racinement&raquo;, ajoute Raymond, en essuyant une petite larme.<\/p>\n<p>\n\t\tD&rsquo;ailleurs, Raymond et Daisy ont beaucoup r&eacute;fl&eacute;chi avant de prendre la d&eacute;cision de revenir &agrave; Sousse &laquo;apr&egrave;s 44 ans de s&eacute;paration&raquo;. &laquo;J&rsquo;avais peur de vivre un choc, de ne plus retrouver la ville o&ugrave; je suis n&eacute;e et v&eacute;cu jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 28 ans&raquo;, d&eacute;taille Daisy. &laquo;Et il fallait bien revoir la ville o&ugrave; nous sommes n&eacute;s avant&hellip; de mourir. C&rsquo;&eacute;tait un devoir&raquo;, insistent-ils en ch&oelig;ur.<\/p>\n<p>\n\t\tComment se sont pass&eacute;es les retrouvailles? &laquo;Pas mal&raquo;, s&rsquo;empresse de noter Raymond. Qui regrette, toutefois, que beaucoup de lieux aient chang&eacute; &laquo;d&rsquo;apparence&raquo;. &laquo;Le caf&eacute; &ldquo;Mechmech&ldquo;, sur la Corniche, a troqu&eacute; son look de vieux caf&eacute; arabe contre des vitraux &agrave; n&rsquo;en plus finir. Le &ldquo;Petit mousse&ldquo; d&rsquo;en face, qui servait le fameux &ldquo;Fantasio&ldquo; (un lait &agrave; la grenadine), n&rsquo;est plus l&agrave;. Il a &eacute;t&eacute; remplac&eacute; par une pizz&eacute;ria&raquo;, regrette Raymond.<\/p>\n<p>\n\t\tPar contre, Daisy est contente que &laquo;la Tunisie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se soit r&eacute;concili&eacute;e avec sa juda&iuml;t&eacute;&hellip; J&rsquo;ai lu avec grand plaisir la d&eacute;claration de votre nouveau chef de gouvernement sur le fait que les juifs sont les bienvenues &agrave; Djerba pour le p&egrave;lerinage de la Ghriba. Mais, bien plus, j&rsquo;ai beaucoup appr&eacute;ci&eacute; les mots gentils des commer&ccedil;ants de la m&eacute;dina qui me consid&egrave;rent comme une tunisienne comme les autres&raquo;, souligne-t-elle. &laquo;Il faut dire que ma famille est install&eacute;e &agrave; Sousse depuis le r&egrave;gne des Hafsides, vers 1250&raquo;, indique-t-elle sans une grande fiert&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&laquo;Une terrasse et un soda&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa discussion revient tr&egrave;s vite sur les souvenirs de Raymond et de Daisy dans &laquo;leur parcours soussien&raquo;. Raymond vous raconte avec plaisir comment il a vu pour la premi&egrave;re fois Daisy. C&rsquo;&eacute;tait un jour de mai 1959. &laquo;J&rsquo;&eacute;tais venu chercher ma m&egrave;re qui &eacute;tait partie faire le dernier essayage d&rsquo;une robe chez la maman de Daisy&raquo;, explique Raymond. &laquo;Las d&rsquo;attendre, j&rsquo;ai frapp&eacute; &agrave; la porte. Daisy &eacute;tait sortie pour voir qui s&rsquo;&eacute;tait. Je n&rsquo;avais pas pip&eacute; mot &agrave; ma m&egrave;re. Qui avait pourtant tout compris. Trois mois plus tard, elle est venue me dire ce que je pensais de Daisy. Je n&rsquo;ai pas &eacute;galement pip&eacute; mot. Elle avait l&agrave; aussi tout compris. Deux semaines apr&egrave;s, les fian&ccedil;ailles ont eu lieu&raquo;, raconte Raymond. &laquo;A la tunisienne&raquo;, commente-t-il. &laquo;Il est vrai que j&rsquo;ai rencontr&eacute; Daisy plus d&rsquo;une fois dans des communions ou des mariages, mais je ne lui ai vraiment adress&eacute; pour la premi&egrave;re fois la parole que le jour de nos fian&ccedil;ailles&raquo;, conclut-il.<\/p>\n<p>\n\t\tArr&ecirc;te de dire des b&ecirc;tises&raquo;, r&eacute;agit Daisy. &laquo;Il se fait tard et je veux une glace, &agrave; moins que l&rsquo;on se fasse une terrasse et un soda&raquo;, ironise Daisy, d&rsquo;un air bien amus&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t<em>Par Mohamed Farouk<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvenirs, souvenirs&hellip; d&rsquo;anciens juifs tunisiens! &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Revenus apr&egrave;s 44 ans, Raymond et Daisy revoient Sousse. Avec pleins de souvenirs dans la t&ecirc;te. 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