{"id":4548,"date":"2012-06-03T21:23:29","date_gmt":"2012-06-03T21:23:29","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4548"},"modified":"2012-06-03T21:28:24","modified_gmt":"2012-06-03T21:28:24","slug":"manifeste-des-intellectuels-tunisiens-lavenir-de-la-democratie-en-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/manifeste-des-intellectuels-tunisiens-lavenir-de-la-democratie-en-tunisie\/","title":{"rendered":"Manifeste des intellectuels tunisiens : L\u2019avenir de la d\u00e9mocratie en Tunisie"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong>Manifeste des intellectuels tunisiens<\/strong><\/p>\n<div id=\"petition_text\">\n<p>\n\t\t<em><strong>L&rsquo;avenir de la d&eacute;mocratie en Tunisie<\/strong><\/em><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tL&rsquo;horizon d&rsquo;esp&eacute;rance que la r&eacute;volution tunisienne a ouvert est en train de s&rsquo;obscurcir. L&rsquo;esprit de libert&eacute; qui l&rsquo;a anim&eacute; subit chaque jour de graves atteintes qui instaurent un climat d&rsquo;intimidation et de violence. Six mois apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;lection de l&rsquo;Assembl&eacute;e constituante,&nbsp;<strong>la Tunisie conna&icirc;t<\/strong><strong>&nbsp;une situation qui inspire de grandes inqui&eacute;tudes<\/strong>.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tLes signataires du pr&eacute;sent manifeste estiment de leur devoir d&rsquo;alerter leurs concitoyens sur le danger qui guette. Nous ne pensons pas que les menaces actuelles sont dues aux difficult&eacute;s propres &agrave; toute transition d&eacute;mocratique. Nous les attribuons aux violations d&eacute;lib&eacute;r&eacute;es des principes m&ecirc;mes de la d&eacute;mocratie naissante.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Ces atteintes proviennent du parti Ennahda et du gouvernement qui en est l&rsquo;&eacute;manation<\/strong>. Nous avons esp&eacute;r&eacute; que les transformations que ce parti islamiste d&eacute;clarait avoir accomplies &eacute;taient r&eacute;elles. Beaucoup de Tunisiens ont pari&eacute; que ce mouvement pouvait &ecirc;tre porteur d&rsquo;une conception d&eacute;mocratique inspir&eacute;e par l&rsquo;islam. Or, les discours et les actes d&eacute;montrent le contraire. Une volont&eacute; h&eacute;g&eacute;monique vise &agrave; s&rsquo;emparer de tous les pouvoirs. L&rsquo;id&eacute;ologie islamiste avance pour imposer &agrave; la soci&eacute;t&eacute; tunisienne son ordre dogmatique.<\/p>\n<p>\n\t\tD&egrave;s que les r&eacute;sultats des &eacute;lections d&rsquo;octobre 2011 ont &eacute;t&eacute; connus, alors m&ecirc;me que la majorit&eacute; obtenue par le parti Ennahda est relative, ses leaders se sont crus investis d&rsquo;un pouvoir sans limite. Ainsi, avons-nous assist&eacute; &agrave; l&rsquo;annonce fulgurante de l&rsquo;entr&eacute;e dans le r&egrave;gne du 6&egrave;me Califat, ce qui signifie l&rsquo;abolition de l&rsquo;Etat tunisien et de la R&eacute;publique. Sa prof&eacute;ration n&rsquo;est pas hasardeuse. Elle est l&rsquo;expression d&rsquo;un projet ancien auquel les islamistes n&rsquo;ont pas renonc&eacute;. Depuis, de tr&egrave;s nombreux actes et d&eacute;clarations le confirment. Seul le rejet r&eacute;solu de la soci&eacute;t&eacute; tunisienne a oblig&eacute;, chaque fois, Ennahda &agrave; reculer, &agrave; temporiser, &agrave; diff&eacute;rer l&rsquo;ach&egrave;vement de son projet.<\/p>\n<p>\n\t\tAlors que&nbsp;<strong>la Charia comme source des lois &eacute;tait absente du programme &eacute;lectoral de ce parti<\/strong>, les Tunisiens ont v&eacute;cu pendant plusieurs mois sous la menace de son introduction dans la constitution. Une telle mention aurait eu de graves cons&eacute;quences sur le code du Statut Personnel &mdash; qui est la constitution civile des Tunisiens. Ainsi auraient &eacute;t&eacute; mises en cause l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des femmes et des hommes et la non-discrimination pour raison d&rsquo;appartenance confessionnelle. Encore une fois, la r&eacute;sistance de la soci&eacute;t&eacute; a contraint Ennahda &agrave; reculer. Mais nous savons que le retrait de ce projet n&rsquo;est que tactique. Les responsables islamistes n&rsquo;abdiquent pas. N&rsquo;ont-ils pas envisag&eacute; la cr&eacute;ation dans la constitution d&rsquo;un Conseil sup&eacute;rieur de l&rsquo;ift&acirc;&rsquo; (Emetteur de fatwas), dont la fonction serait d&rsquo;examiner la validit&eacute; des lois au regard de la norme religieuse ? Son institution lui aurait donn&eacute; une pr&eacute;valence sur les pouvoirs l&eacute;gislatif et judiciaire et sur le Conseil constitutionnel.<\/p>\n<p>\n\t\tUne autre strat&eacute;gie est d&eacute;j&agrave; mise en oeuvre, celle qui cherche &agrave;<strong>&nbsp;introduire la norme religieuse<\/strong><strong>&nbsp;au cas par cas<\/strong>. C&rsquo;est le sens des d&eacute;clarations de ministres et de parlementaires ciblant le droit de la famille, telles que l&rsquo;abolition de l&rsquo;adoption, les incitations &agrave; contourner le mariage civil par le recours au mariage coutumier (&lsquo;orf) interdit par la loi r&eacute;publicaine parce qu&rsquo;il fragilise la situation des femmes, tout en l&eacute;galisant de fait la polygamie.<br \/>\n\t\tL&rsquo;exhortation par l&rsquo;un des fondateurs d&rsquo;Ennahda, en pleine session parlementaire, &agrave; &laquo; tuer, crucifier, amputer &raquo; les protestataires, en r&eacute;f&eacute;rence aux ch&acirc;timents corporels (hud&ucirc;d), illustre la tendance r&eacute;trograde de ce mouvement. C&rsquo;est &eacute;galement le cas concernant l&rsquo;invocation de l&rsquo;ordre moral (hisba). Le minist&egrave;re de l&rsquo;int&eacute;rieur a accord&eacute; son agr&eacute;ment &agrave; une association dont le but d&eacute;clar&eacute; est d&rsquo;instaurer la police des moeurs. Celle-ci s&rsquo;arrogerait le droit d&rsquo;intervenir dans la vie priv&eacute;e et d&rsquo;annuler l&rsquo;autonomie subjective du citoyen.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Avec toutes ces dispositions se mettrait en place un ordre juridico-religieux antagonique &agrave;<\/strong><strong>&nbsp;celui de l&rsquo;Etat.<\/strong>&nbsp;Derri&egrave;re ces initiatives, se r&eacute;v&egrave;le le dessein d&rsquo;annihiler le processus historique de la modernisation qu&rsquo;a connue la Tunisie d&egrave;s le XIXe si&egrave;cle. Les gouvernants actuels s&rsquo;&eacute;vertuent &agrave; d&eacute;manteler les principes &eacute;mancipateurs qui ont transform&eacute; le pays jusqu&rsquo;&agrave; le rendre apte &agrave; conduire la r&eacute;volution de janvier 2011.<\/p>\n<p>\n\t\tEn effet, la r&eacute;volution tunisienne ne se limite pas au soul&egrave;vement contre la dictature de Ben Ali et du parti unique. Elle s&rsquo;inscrit dans la suite logique des r&eacute;formes politiques fondamentales, impuls&eacute;es par de nombreuses figures des Lumi&egrave;res.<br \/>\n\t\t<strong>Les agissements d&rsquo;Ennahda portent les traits d&rsquo;une contre-r&eacute;forme qui veut nous d&eacute;pouiller<\/strong><strong>&nbsp;des acquis en mettant fin &agrave; l&rsquo;exception tunisienne dans le monde arabe<\/strong>. Cette contre-r&eacute;forme voil&eacute;e par un discours ambigu, appara&icirc;t aujourd&rsquo;hui dans les faits. L&rsquo;acc&egrave;s temporaire au pouvoir d&rsquo;Ennahda l&rsquo;a amen&eacute; &agrave; croire qu&rsquo;il est en mesure de rattacher la Tunisie &agrave; l&rsquo;aire de l&rsquo;islam salafiste. Foi et norme,<br \/>\n\t\treligion et droit s&rsquo;y confondent au d&eacute;triment de l&rsquo;Etat civil. Toute l&rsquo;histoire contemporaine de la Tunisie affirme la mise en oeuvre de leur s&eacute;paration.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La soci&eacute;t&eacute; tunisienne contemporaine r&eacute;sulte du processus d&rsquo;&eacute;mancipation qui dure depuis un<\/strong><strong>&nbsp;si&egrave;cle et demi, si nous prenons comme rep&egrave;re le Pacte fondamental de 1857 et l&rsquo;&eacute;diction en 1861 de la<\/strong><strong>&nbsp;premi&egrave;re constitution dans le monde arabe.<\/strong>&nbsp;Le refus qu&rsquo;elle oppose aujourd&rsquo;hui &agrave; l&rsquo;entreprise d&rsquo;Ennahda se confirme quotidiennement, &agrave; travers les manifestations publiques, les r&eacute;seaux sociaux,<br \/>\n\t\tles institutions.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tAu cours des derniers mois,&nbsp;<strong>Ennahda a entrepris un plan d&rsquo;offensive g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e contre les<\/strong><strong>&nbsp;lieux et les figures de la modernit&eacute;<\/strong>. Ainsi en est-il des attaques contre l&rsquo;universit&eacute; par des fanatiques exalt&eacute;s, des violences verbales et physiques contre les enseignants, les journalistes et les si&egrave;ges des m&eacute;dias. La volont&eacute; de contr&ocirc;ler l&rsquo;information se manifeste &agrave; travers l&rsquo;organisation de proc&egrave;s liberticides et par la menace de privatiser les radios et t&eacute;l&eacute;visions publiques que les gouvernants actuels ne parviennent pas &agrave; asservir. L&rsquo;Union G&eacute;n&eacute;rale des Travailleurs Tunisiens (UGTT) a subi un harc&egrave;lement ordurier. Les agressions contre les intellectuels, les artistes, les universitaires, les acteurs politiques se sont multipli&eacute;es. Des appels au meurtre s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent de mosqu&eacute;es transform&eacute;es en lieux de s&eacute;dition et d&rsquo;activisme politico-religieux.<br \/>\n\t\tLes violations touchant l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; des institutions et des personnes ne suscitent ni l&rsquo;intervention de la police qui observe les exactions sans agir, ni des poursuites judiciaires. En revanche, des m&eacute;dias sont condamn&eacute;s &agrave; l&rsquo;instar de la cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision Nessma ou du journal<br \/>\n\t\tTounsia. La libert&eacute; de la presse est ainsi assimil&eacute;e &agrave; un d&eacute;lit qui entame le sacr&eacute; ou les bonnes moeurs. A l&rsquo;oppos&eacute;, le militant salafiste qui a profan&eacute; le drapeau national b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un sursis des plus indulgents.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Il est clair qu&rsquo;Ennahda, qui d&eacute;tient tous les minist&egrave;res de souverainet&eacute;, organise la d&eacute;faillance<\/strong><strong>&nbsp;de l&rsquo;autorit&eacute; de l&rsquo;Etat dans le but de cr&eacute;er un climat d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; pour intimider ceux qui s&rsquo;opposent &agrave;<\/strong><strong>&nbsp;ses vis&eacute;es h&eacute;g&eacute;moniques.&nbsp;<\/strong>Mais la mobilisation contre ces pratiques n&rsquo;a jamais fl&eacute;chi. Les citoyens se sont av&eacute;r&eacute;s inventifs dans leur vigilance d&eacute;mocratique. Autonomes, spontan&eacute;s, ils sont chaque fois au<br \/>\n\t\trendez-vous. Ils furent nombreux, lors des manifestations du 20 mars, du 9 avril, du 1er mai, pour affirmer leurs refus de la r&eacute;gression et leur attachement &agrave; la libert&eacute;. Ils aspirent &agrave; poursuivre un processus historique orient&eacute; par une rationalit&eacute; d&eacute;mocratique, juste et paisible, o&ugrave; les reconstructions de l&rsquo;identit&eacute; s&rsquo;inspirent de la libert&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Plusieurs mois d&rsquo;exercice du pouvoir montrent l&rsquo;incapacit&eacute; du gouvernement &agrave; restaurer la<\/strong><strong>&nbsp;paix sociale et la s&eacute;curit&eacute; publique, ainsi que son &eacute;chec &agrave; impulser l&rsquo;investissement national et<\/strong><strong>&nbsp;&eacute;tranger<\/strong>. La r&eacute;cente d&eacute;gradation de la note souveraine de la Tunisie t&eacute;moigne de cette incapacit&eacute; et atteste de la gravit&eacute; de la situation. Les principes d&eacute;mocratiques sont r&eacute;duits &agrave; une arithm&eacute;tique de la<br \/>\n\t\tmajorit&eacute; qui l&rsquo;autorise &agrave; soumettre l&rsquo;ensemble de la soci&eacute;t&eacute; &agrave; sa propre vision. La pr&eacute;valence donn&eacute;e au religieux sur le politique est on ne peut plus patente.<br \/>\n\t\tDe m&ecirc;me,&nbsp;<strong>le discours de l&rsquo;identit&eacute; ethnique et confessionnelle envahit le pays.<\/strong>&nbsp;Cette propagation du fanatisme est exacerb&eacute;e par les pr&eacute;dicateurs les plus archa&iuml;ques et les plus haineux du Moyen-Orient qui sont re&ccedil;us en ma&icirc;tres &agrave; penser. Aux yeux d&rsquo;Ennahda, la tunisianit&eacute; est secondaire par rapport &agrave; cette identit&eacute; exalt&eacute;e. Celle-ci couvre l&rsquo;op&eacute;ration qui cherche &agrave; s&rsquo;emparer de la grande mosqu&eacute;e de Tunis, la Zitouna, pour l&rsquo;aligner sur l&rsquo;id&eacute;ologie wahhabite. Foyer de la Tradition,&nbsp;<strong>la Zitouna appartient au<\/strong><strong>&nbsp;patrimoine national.<\/strong>&nbsp;Nul ne peut s&rsquo;autoproclamer l&eacute;gitime dans le seul but de l&rsquo;instrumentaliser et de la d&eacute;tourner de sa vocation mesur&eacute;e.<br \/>\n\t\tAussi n&rsquo;est-il pas &eacute;tonnant que les autorit&eacute;s actuelles manifestent si peu d&rsquo;empressement pour prot&eacute;ger les symboles de la nation. En t&eacute;moigne l&rsquo;&eacute;tudiante de la facult&eacute; de Manouba d&eacute;fendant le drapeau tunisien contre le fanion du salafisme, devant des forces de l&rsquo;ordre impassibles. De m&ecirc;me, peut-on observer la passive complicit&eacute; des ces m&ecirc;mes autorit&eacute;s face &agrave; l&rsquo;inqui&eacute;tante recrudescence de<br \/>\n\t\tla violence salafiste.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Une autre source d&rsquo;inqui&eacute;tude concerne les alli&eacute;s d&rsquo;Ennahda<\/strong>, plus particuli&egrave;rement les pr&eacute;sidents provisoires de la R&eacute;publique et de l&rsquo;Assembl&eacute;e constituante. Leur appartenance au camp des d&eacute;mocrates laissait supposer qu&rsquo;ils rempliraient une fonction critique assumant la s&eacute;paration du politique et du religieux, afin de mod&eacute;rer et corriger la volont&eacute; h&eacute;g&eacute;monique d&rsquo;Ennahda. Or, l&rsquo;exercice de cette fonction faiblit.<\/p>\n<p>\n\t\tLe soup&ccedil;on s&rsquo;est renforc&eacute;, lorsque apr&egrave;s les violences du 9 avril contre des manifestants pacifiques, le pr&eacute;sident provisoire de la R&eacute;publique a renvoy&eacute; dos &agrave; dos victimes et agresseurs. Les deux pr&eacute;sidents sont-ils encore les alli&eacute;s vigilants des islamistes ou se sontils transform&eacute;s en suppl&eacute;tifs impuissants ?<br \/>\n\t\tNous ne pouvons &ecirc;tre sans crainte sur l&rsquo;avenir de la d&eacute;mocratie, lorsque nous voyons le gouvernement d&rsquo;Ennahda recourir &agrave; des partisans incomp&eacute;tents pour remplir de hautes charges dans l&rsquo;administration publique. Ceux-ci se substituent aux grands commis de l&rsquo;Etat qui sont &eacute;cart&eacute;s malgr&eacute; leur qualification et leur int&eacute;grit&eacute;. Ne distinguant pas entre l&rsquo;Etat et le gouvernement,&nbsp;<strong>l&rsquo;autonomie de l&rsquo;administration est ni&eacute;e.<\/strong><br \/>\n\t\tLa volont&eacute; de domination se manifeste concernant la haute instance des &eacute;lections, puisque sa composition devra, selon eux, refl&eacute;ter celle de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale constituante. Comment assurer la neutralit&eacute; n&eacute;cessaire au d&eacute;roulement des &eacute;lections si la haute instance qui les organise passe sous le contr&ocirc;le du parti majoritaire ?<br \/>\n\t\tLes atermoiements devant la n&eacute;cessit&eacute; de s&eacute;parer les pouvoirs constituants de l&rsquo;Etat, en garantissant l&rsquo;ind&eacute;pendance de la justice et de l&rsquo;information,&nbsp;<strong>rappellent les proc&eacute;d&eacute;s malins de l&rsquo;ancien<\/strong><strong>&nbsp;r&eacute;gime.<\/strong><br \/>\n\t\tLe flou maintenu sur la prochaine d<strong>ate des &eacute;lections<\/strong>&nbsp;est un signe suppl&eacute;mentaire d&rsquo;inqui&eacute;tude.<br \/>\n\t\tQuoi qu&rsquo;il en soit, au regard du d&eacute;cret qui a convoqu&eacute; les &eacute;lections de l&rsquo;Assembl&eacute;e constituante pour si&eacute;ger pendant un an, cette assembl&eacute;e, ainsi que le gouvernement qui en est sorti, seront le 23 octobre 2012, hors le cadre l&eacute;gal qui les a rendus possibles.&nbsp;<strong>La l&eacute;gitimit&eacute; absolue n&rsquo;existe pas dans un Etat de<\/strong><strong>&nbsp;droit<\/strong>. Les &eacute;lections n&rsquo;accordent pas l&rsquo;exercice du pouvoir sans des &eacute;ch&eacute;ances fix&eacute;es &agrave; l&rsquo;avance. La lenteur adopt&eacute;e par la majorit&eacute; islamiste ne voilera pas la r<strong>upture du contrat politique<\/strong>. Elle engendrera une perte de confiance et un accroissement des tensions dans le pays.<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tCe constat, qui repose sur des faits, paroles et actes m&ecirc;l&eacute;s, est d&rsquo;autant plus angoissant que la perspective d&rsquo;une alternance ou d&rsquo;un &eacute;quilibrage des forces para&icirc;t incertaine. Cette incertitude contrarie la demande politique des Tunisiens. Elle provient de l<strong>&rsquo;incapacit&eacute; des partis r&eacute;publicains &agrave;<\/strong><strong>&nbsp;incarner l&rsquo;alternance attendue<\/strong>. L&rsquo;atomisation des forces d&eacute;mocratiques et r&eacute;publicaines ne peut que faciliter la strat&eacute;gie h&eacute;g&eacute;monique d&rsquo;Ennahda. Elle lui laisse pour l&rsquo;instant toute l&rsquo;initiative. Les acteurs politiques le savent, mais le narcissisme et le choc des egos entravent leur d&eacute;marche.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La vitalit&eacute; de la soci&eacute;t&eacute; civile<\/strong>, notamment exprim&eacute;e &agrave; travers la formidable capacit&eacute; des militants de la blogosph&egrave;re et des associations,&nbsp;<strong>a besoin d&rsquo;&ecirc;tre relay&eacute;e par des partis puissants<\/strong>. L&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une nouvelle alliance r&eacute;publicaine obligerait Ennahda &agrave; r&eacute;viser sa strat&eacute;gie. Un tel red&eacute;ploiement des rapports de force raviverait, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la mouvance islamiste, le courant anim&eacute; d&rsquo;un authentique d&eacute;sir d&rsquo;adapter sa foi aux conditions d&rsquo;une d&eacute;mocratie moderne, et non l&rsquo;inverse. Ces partis et les nombreuses listes ind&eacute;pendantes n&rsquo;&eacute;taient pas excusables, lors des derni&egrave;res &eacute;lections, d&rsquo;avoir compromis les chances d&rsquo;un r&eacute;sultat conforme &agrave; la sensibilit&eacute; politique du pays. Ils le seront encore moins pour les prochaines &eacute;ch&eacute;ances.&nbsp;<strong>L&rsquo;&eacute;miettement des partis r&eacute;publicains dilapide les esp&eacute;rances de la r&eacute;volution.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tTunis, le 1er juin 2012<br \/>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Les premiers signataires<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Par ordre alphab&eacute;tique<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tH&eacute;la Abdeljaoued, m&eacute;decin<\/p>\n<p>\n\t\tLotfi A&iuml;ssa, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tNoureddine Ali, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tMohamed Aloulou, m&eacute;decin<\/p>\n<p>\n\t\tAzyz Amami, cybernaute<\/p>\n<p>\n\t\tSami Aouadi, universitaire et syndicaliste<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tAnissa Barrak, journaliste<\/p>\n<p>\n\t\tAicha Ben Abed, arch&eacute;ologue<\/p>\n<p>\n\t\tMoncef Ben Abdejallil, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tFethi Belhaj Yahia, &eacute;crivain<\/p>\n<p>\n\t\tSouhair BelHassen, militante des droits humains<\/p>\n<p>\n\t\tYagoutha Belgacem, directrice artistique<\/p>\n<p>\n\t\tRab&acirc;a Ben Achour-Abdelk&eacute;fi, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tKmar Bendana, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tNedra Ben Sma&iuml;l, psychanalyste<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tMeriem Bouderbala, artiste.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tTahar Bekri, po&egrave;te<\/p>\n<p>\n\t\tEmna Ben Miled, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tRaja Benslama, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tFethi Benslama, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tSophie Bessis, historienne,<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tMounira Chapoutot-Remadi, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tJean Mohamed Mehdi Chapoutot, expert<\/p>\n<p>\n\t\tAbdelmajid Charfi, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tFaouzia Farida Charfi, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tKh&eacute;dija Ch&eacute;rif, Universitaire<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tNaceureddine Elafrite&nbsp;: Directeur de journaux<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tCh&eacute;rif Ferjani, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tJallel Gastelli, photographe, artiste plasticien<\/p>\n<p>\n\t\tSamy Ghorbal, journaliste et &eacute;crivain<\/p>\n<p>\n\t\tAbdelatif Ghorbal, militant politique<\/p>\n<p>\n\t\tRaoudha Guemara, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tTahar Ben Guiza, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tSelma Hajri, m&eacute;decin<\/p>\n<p>\n\t\tMontassar Hamli, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tSalem Hamza, psychiatre<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tFadhel Jaziri, cin&eacute;aste<\/p>\n<p>\n\t\tTaoufik J&eacute;bali, auteur, metteur en sc&egrave;ne<\/p>\n<p>\n\t\tMonia Ben Jemia, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tSihem Jguirim Keller, psychanalyste<\/p>\n<p>\n\t\tNabiha Jerad, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tHabib Kazdaghli, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tSlim Laghmani, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tFeryel Lakhdar, plasticienne<\/p>\n<p>\n\t\tLatifa Lakhdar, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tDalenda Largueche, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tAbdelhamid Largu&egrave;che, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tB&eacute;chir Larabi, m&eacute;decin<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tG&eacute;rard Maarek, &eacute;conomiste urbaniste<\/p>\n<p>\n\t\tInsaf Machta, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tEmel Mathlouthi, Chanteuse<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tAbdelwahab Meddeb, &eacute;crivain universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tHind Meddeb, journaliste<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tAli Mezghani, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tKalthoum Mezoui Dora&iuml;, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tImed Melliti, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tAbdelwahed Mokni, &eacute;crivain, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tMounira Nessah, psychologue<\/p>\n<p>\n\t\tN&eacute;jia Ourriemmi, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tEmna Rmili, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tHamadi Redissi, universitaire<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tHammadi Sammoud, professeur universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tNeila Sellini, professeur universitaire<\/p>\n<p>\n\t\tMohamed Sgha&iuml;r Oueld Ahmed, po&egrave;te<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tSaadeddine Zmerli, m&eacute;decin, pr&eacute;sident du Comit&eacute; National d&rsquo;Ethique M&eacute;dicale<\/p>\n<p>\n\t\tNadia Zouiten, interpr&egrave;te<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.petitions24.net\/manifesteintellectuelstunisiens-fr\" style=\"color: rgb(102, 102, 102); text-decoration: underline; outline: none; \">http:\/\/www.petitions24.net\/manifesteintellectuelstunisiens-fr<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Manifeste des intellectuels tunisiens L&rsquo;avenir de la d&eacute;mocratie en Tunisie &nbsp; L&rsquo;horizon d&rsquo;esp&eacute;rance que la r&eacute;volution tunisienne a ouvert est en train de s&rsquo;obscurcir. L&rsquo;esprit de libert&eacute; qui l&rsquo;a anim&eacute; subit chaque jour de graves atteintes qui instaurent un climat d&rsquo;intimidation et de violence. 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