{"id":4650,"date":"2012-06-18T21:33:03","date_gmt":"2012-06-18T21:33:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4650"},"modified":"2012-06-18T21:33:03","modified_gmt":"2012-06-18T21:33:03","slug":"lorient-des-juifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lorient-des-juifs\/","title":{"rendered":"L\u2019Orient des Juifs"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"object-header\">\n<p>\n\t\tL&rsquo;Orient des Juifs<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p><!-- \/\/ ToolBox --><\/p>\n<div class=\"object-content text text-item\">\n<p>\n\t\tAu XIXe si&egrave;cle, de Tanger &agrave; J&eacute;rusalem, des peintres d&eacute;couvrent l&rsquo;Orient et ses &laquo;Isra&eacute;lites&raquo;. Sujets ethnographiques, passeurs vers les origines&hellip; Une exposition met pour la premi&egrave;re fois en lumi&egrave;re les fantasmes convi&eacute;s par leurs repr&eacute;sentations.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"object-header\">\n<p>\n\t\tL&rsquo;Orient des Juifs<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p><!-- \/\/ ToolBox --><\/p>\n<div class=\"object-content text text-item\">\n<p>\n\t\tAu XIXe si&egrave;cle, de Tanger &agrave; J&eacute;rusalem, des peintres d&eacute;couvrent l&rsquo;Orient et ses &laquo;Isra&eacute;lites&raquo;. Sujets ethnographiques, passeurs vers les origines&hellip; Une exposition met pour la premi&egrave;re fois en lumi&egrave;re les fantasmes convi&eacute;s par leurs repr&eacute;sentations.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"author\">\n\t\tPar <strong>CORINNE BENSIMON<\/strong><\/div>\n<p>\n\t\tLe 24 janvier 1832, Eug&egrave;ne Delacroix, 34 ans, d&eacute;barque &agrave; Tanger en compagnie du comte de Mornay, &eacute;missaire du roi Louis-Philippe. Mornay vient apaiser les relations avec le sultan du Maroc, enflamm&eacute;es par la conqu&ecirc;te fran&ccedil;aise de l&rsquo;Alg&eacute;rie amorc&eacute;e deux ans plus t&ocirc;t. L&rsquo;artiste, lui, vient d&eacute;couvrir l&rsquo;Orient mahom&eacute;tan. Il rencontrera, en premier lieu, des Juifs. Son guide est Abraham Benchimol, <em>drogman<\/em> aupr&egrave;s du consul de France, c&rsquo;est-&agrave;-dire interpr&egrave;te. Riche Juif marocain, il traduit d&rsquo;arabe en fran&ccedil;ais et de fran&ccedil;ais en arabe mieux que le pr&eacute;pos&eacute; fran&ccedil;ais &agrave; cette mission. Et surtout, il ouvre &agrave; Delacroix les portes de sa communaut&eacute; et de sa maison, &agrave; quelques pas du consulat de France o&ugrave; loge l&rsquo;artiste. Le peintre, qui se lie d&rsquo;amiti&eacute; avec lui, s&rsquo;&eacute;merveille de l&rsquo;intimit&eacute; des maisons juives (<em>&laquo;Il y a quelque chose de patriarcal dans ces int&eacute;rieurs&raquo;<\/em>), va &agrave; la synagogue, au cimeti&egrave;re (<em>&laquo;dernier asile o&ugrave; leur d&eacute;pouille, du moins, n&rsquo;est pas inqui&eacute;t&eacute;e&raquo;<\/em>), et rel&egrave;ve maints croquis et portraits des Benchimol et alli&eacute;s : Saada la femme du <em>drogman, <\/em>Leditia Azencot sa ni&egrave;ce, ses filles Prescidia et Rachel, et Abraham lui-m&ecirc;me qui l&rsquo;invite, fin f&eacute;vrier, &agrave; un somptueux mariage.<\/p>\n<p>\n\t\tDe cette f&ecirc;te, l&rsquo;artiste tirera un tableau qui inspirera de nombreux peintres du XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Expos&eacute; au Salon de 1841, il est simplement intitul&eacute; : <em>Noces juives au Maroc. <\/em>Peu importe qu&rsquo;il s&rsquo;agisse ou non de celles de la fille d&rsquo;Abraham Benchimol de Tanger dont le public ignorera l&rsquo;existence. Le mariage est juif et oriental, deux qualificatifs qui vont cristalliser un des th&egrave;mes majeurs de l&rsquo;orientalisme pictural. Comment et pourquoi ? Que repr&eacute;sentent donc ces Juifs orientaux pour ces artistes qui voyageront en M&eacute;diterran&eacute;e musulmane, de Mekn&egrave;s &agrave; J&eacute;rusalem, des ann&eacute;es 1830 aux ann&eacute;es 1920 ?<\/p>\n<p>\n\t\tAu travers d&rsquo;une exposition pr&eacute;sentant une centaine d&rsquo;&oelig;uvres, le mus&eacute;e d&rsquo;Art et d&rsquo;Histoire du juda&iuml;sme (Mahj), &agrave; Paris, met en lumi&egrave;re les multiples figurations et usages des Juifs m&eacute;diterran&eacute;ens : sujets ethnographiques, passeurs entre l&rsquo;Orient et l&rsquo;Europe, vestiges vivants des origines de l&rsquo;Occident chr&eacute;tien&hellip; Les poncifs de l&rsquo;orientalisme sont connus : fantasias, sc&egrave;nes bibliques, femmes de harem, mendiants, caravanes et b&eacute;douins. Le focus sur le &laquo;sujet juif&raquo;, tant investi par ce mouvement pictural, est in&eacute;dit.<\/p>\n<p>\n\t\t<em>&laquo;Dans la France de 1830, les Juifs sont invisibles,<\/em> rel&egrave;ve Laurence Sigal, commissaire g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;exposition (1). <em>Ils sont citoyens fran&ccedil;ais depuis la r&eacute;volution de 1789. Leur int&eacute;gration a &eacute;t&eacute; rapide, leur mobilit&eacute; sociale tr&egrave;s forte. Il y a bien quelques &quot;isra&eacute;lites&quot; c&eacute;l&egrave;bres, les Rothschild, l&rsquo;actrice Rachel. Dans la litt&eacute;rature, les st&eacute;r&eacute;otypes circulent : le Juif est associ&eacute; &agrave; l&rsquo;argent, la Juive est belle, et les Juifs sont errants. Mais les peintres ne s&rsquo;y int&eacute;ressent pas.&raquo;<\/em> Jusqu&rsquo;&agrave; leur &laquo;d&eacute;couverte&raquo; dans cet Orient qui s&rsquo;ouvre dans le sillage des conqu&ecirc;tes et missions coloniales, et dessine un continent flou englobant le monde arabe et l&rsquo;empire ottoman.<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;imaginaire du XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle est nourri des r&eacute;cits de l&rsquo;exp&eacute;dition de Bonaparte en Egypte, des d&eacute;couvertes arch&eacute;ologiques de royaumes antiques. L&rsquo;Orient semble alors l&rsquo;horizon d&rsquo;un Occident secou&eacute; par les r&eacute;volutions, en qu&ecirc;te de ses origines. Les &eacute;crivains s&rsquo;y pressent, nourrissant les r&ecirc;ves des plus s&eacute;dentaires : Chateaubriand rentre de J&eacute;rusalem en 1806, Lamartine en 1833, Nerval revient en 1843 d&rsquo;Alexandrie et Constantinople, Flaubert part &agrave; Tunis en 58 pr&eacute;parer <em>Salammb&ocirc;,<\/em> Hugo publie en 1829 <em>les Orientales<\/em> sans sortir d&rsquo;Europe. Ils d&eacute;crivent tous une mosa&iuml;que de peuples, <em>&laquo;des rues anim&eacute;es par la bigarrure &eacute;trange, pittoresque, &eacute;blouissante, d&rsquo;une Balel du costume&raquo;,<\/em> s&rsquo;emballent Jules et Edmond de Goncourt partis &agrave; Alger en 1849 pour peindre et qui s&rsquo;y d&eacute;couvrent une plume&hellip; (2) De cette mosa&iuml;que, les Juifs ne sont qu&rsquo;un fragment. Pourtant, ils retiennent obstin&eacute;ment l&rsquo;attention des peintres de l&rsquo;Orient : Alfred Dehodencq au Maroc, Th&eacute;odore Chass&eacute;riau en Alg&eacute;rie, et d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;autres que pr&eacute;sente le Mahj.<\/p>\n<h3>\n\t\tHommes de l&rsquo;entre-deux<\/h3>\n<p>\n\t\tA la diff&eacute;rence de leurs coreligionnaires de France, ils sont visibles. Ils vivent s&eacute;gr&eacute;gu&eacute;s, dans des quartiers s&eacute;par&eacute;s, portent des costumes particuliers, ont des coutumes singuli&egrave;res. L&rsquo;&eacute;lite juive urbaine, qui commerce avec l&rsquo;&eacute;tranger et la diaspora, parle plusieurs langues. Delacroix et ses successeurs ignorent sans doute les contributions savantes de quelques-uns de ces <em>&laquo;hommes de l&rsquo;entre-deux&raquo;,<\/em> tel Mardoch&eacute; Najj&acirc;r, ce Juif de Tunis, dont Lucette Valensi, directrice d&rsquo;&eacute;tudes &agrave; l&rsquo;EHESS, a &eacute;voqu&eacute; l&rsquo;histoire lors du colloque qui s&rsquo;est tenu en marge de l&rsquo;exposition (3). <em>Drogman <\/em>aupr&egrave;s du Bey de Tunis quand Carthage &eacute;tait un passage oblig&eacute; sur la route de l&rsquo;Orient, il avait v&eacute;cu &agrave; Paris sous le nom de Mourad, attel&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;criture du premier dictionnaire fran&ccedil;ais-arabe, enseignant la langue du Coran aux visiteurs du grand expert des sciences orientales Th&eacute;odore de Sacy&hellip; Les artistes voyageurs europ&eacute;ens, qui &eacute;voluent loin de ces sph&egrave;res expertes, appr&eacute;cient tout simplement que les Juifs autorisent la peinture de leur femme et filles, sujets si importants dans une esth&eacute;tique sublimant la sensualit&eacute;. <em>&laquo;Perles d&rsquo;Eden&raquo;,<\/em> &eacute;crit Delacroix, les Juives ne sont ni voil&eacute;es ni clo&icirc;tr&eacute;es, &agrave; la diff&eacute;rence des musulmanes.<\/p>\n<p>\n\t\tAinsi, les &laquo;Isra&eacute;lites&raquo; deviennent-ils des sujets d&rsquo;observation quasi ethnologique, emportant &eacute;ventuellement l&rsquo;empathie d&rsquo;un Delacroix qui note : <em>&laquo;Ces Juifs r&eacute;put&eacute;s impurs ici, oblig&eacute;s de se d&eacute;chausser quand ils passent devant des mosqu&eacute;es et marcher nu-pieds dans la boue.&raquo;<\/em> Alfred Dehodencq, qui passe plus d&rsquo;un an au Maroc, s&rsquo;int&eacute;resse &agrave; l&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; des rapports entre Juifs et Arabes, peignant ici la complicit&eacute; d&rsquo;un Juif murmurant &agrave; l&rsquo;oreille d&rsquo;un pacha et l&agrave; la cruaut&eacute; d&rsquo;un sultan qui fait d&eacute;capiter la jeune Juive Sol Hachuel, soup&ccedil;onn&eacute;e d&rsquo;avoir embrass&eacute; la foi islamique puis de l&rsquo;avoir reni&eacute;e. Chasseriau, en Alg&eacute;rie, dessine une s&eacute;rie de &laquo;Juive d&rsquo;Alger&raquo;, peint les <em>Femmes juives au balcon,<\/em> toile lumineuse &agrave; l&rsquo;affiche de l&rsquo;exposition, tout en consignant minutieusement leurs <em>&laquo;cheveux entortill&eacute;s dans un morceau de soie de toutes couleurs un ruban rouge qui tombe attach&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; terre et qui se nomme terrada&raquo;.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\tMais la peinture des Juifs sert aussi la raciologie alors en vogue. Ainsi le sculpteur Charles Cordier livre-t-il <em>Une Juive d&rsquo;Alger <\/em>&agrave; la galerie d&rsquo;anthropologie tout juste ouverte au Museum, &agrave; Paris, en &eacute;cho &agrave; <em>l&rsquo;Essai sur l&rsquo;in&eacute;galit&eacute; des races humaines<\/em> commis par Gobineau, en 1854. Et Th&eacute;odore Chasseriau n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; &eacute;crire, alors m&ecirc;me qu&rsquo;il peint avec une grande pr&eacute;cision des sc&egrave;nes de la vie juive en Alg&eacute;rie : <em>&laquo;Dans Constantine qui est &eacute;lev&eacute;e sur des &eacute;normes montagnes, on voit la race arabe et la race juive comme elle &eacute;tait [sic] &agrave; son premier jour.&raquo;<\/em> Paradoxalement, les Juifs rencontr&eacute;s en Orient &eacute;voquent une &laquo;race&raquo; singuli&egrave;re, mais aussi une origine biblique, universelle.<\/p>\n<p>\n\t\tDe Delacroix &agrave; Horace Vernet, les voici donc figurant, en leur costume local du XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle voire en tenue b&eacute;douine, les hommes de l&rsquo;Ancien Testament, lesquels sont plant&eacute;s dans un d&eacute;cor &laquo;authentique&raquo;, inspir&eacute; des d&eacute;serts sahariens, ou mieux, des s&eacute;jours en Terre sainte. <em>&laquo;Il y a l&agrave; un basculement,<\/em> rel&egrave;ve Laurence Sigal. <em>Dans la tradition picturale des sc&egrave;nes bibliques, le canon &eacute;tait gr&eacute;co-romain. Il devient oriental.&raquo;<\/em> La mutation est en phase avec un retour aux sources de la Bible, promu en France par Ernest Renan, qui pr&ocirc;ne avec sa <em>Vie de J&eacute;sus<\/em> (1863) une &laquo;historicisation&raquo; du personnage. Elle satisfait aussi la recherche romantique d&rsquo;origines orientales o&ugrave; r&eacute;g&eacute;n&eacute;rer la civilisation occidentale.<\/p>\n<p>\n\t\tDeux si&egrave;cles plus t&ocirc;t, Rembrandt, le grand ma&icirc;tre des orientalistes, avait fait poser des Juifs portugais de sa connaissance dans ses peintures bibliques, y compris celle du Christ. Il &eacute;tait le premier et le seul. L&rsquo;exception devient une tendance au XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. La Bible s&rsquo;orientalise. On est saisi de perplexit&eacute; devant ce tableau de William Holman Hunt <em>la D&eacute;couverte du Sauveur dans le temple <\/em>(1855), o&ugrave; J&eacute;sus appara&icirc;t dans une assembl&eacute;e inspir&eacute;e de celle d&rsquo;une synagogue orientale du XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Et frapp&eacute; par la beaut&eacute; de Ruth, d&rsquo;Alexandre Cabanel (1868), accoud&eacute;e pr&egrave;s de Booz endormi comme elle le serait &agrave; la rampe d&rsquo;un balcon d&rsquo;Alger <em>[ci-dessus]<\/em>&hellip;<\/p>\n<h3>\n\t\t&laquo;Autoportrait en costume arabe&raquo;<\/h3>\n<p>\n\t\tLe Mahj a pouss&eacute; plus loin l&rsquo;exploration, s&rsquo;interrogeant sur l&rsquo;impact de cette esth&eacute;tique sur les peintres juifs europ&eacute;ens qui, port&eacute;s par le mouvement d&rsquo;&eacute;mancipation, font leur entr&eacute;e dans les acad&eacute;mies. <em>&laquo;Des artistes juifs se r&eacute;approprient l&rsquo;image d&rsquo;Orientaux que l&rsquo;Occident leur renvoie&raquo;,<\/em> rel&egrave;ve Laurence Sigal. On le d&eacute;couvre dans l&rsquo;&oelig;uvre fulgurante de Marcin Gottlieb, n&eacute; en Autriche-Hongrie, mort &agrave; 23 ans, qui livre un tableau d&rsquo;un Christ en juif oriental, ceint &agrave; la fois d&rsquo;un ch&acirc;le de pri&egrave;re et d&rsquo;une aur&eacute;ole de saint chr&eacute;tien, image de r&eacute;conciliation, ainsi qu&rsquo;un saisissant <em>Autoportrait en costume arabe.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\tSe d&eacute;guiser en cheik ou en B&eacute;douin &eacute;tait certes l&rsquo;un des jeux de l&rsquo;&eacute;lite europ&eacute;enne. Mais dans les premi&egrave;res ann&eacute;es du XX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, alors que monte l&rsquo;antis&eacute;mitisme en Europe et que germe le projet sioniste, l&rsquo;oriental, porteur des origines bibliques, prend une tout autre valeur : il est le Juif de l&rsquo;avenir, r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; par un retour au berceau de sa culture. Ainsi, Ephraim Moses Lilien, n&eacute; en Pologne, proche de Th&eacute;odore Herzl, le p&egrave;re du sionisme, dessine en 1908 un <em>Abraham regardant les &eacute;toiles<\/em> d&rsquo;apr&egrave;s des photographies de Juifs et d&rsquo;Arabes prises lors de ses voyages en Palestine. <em>&laquo;Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un art militant, mais identitaire,<\/em> pr&eacute;cise Laurence Sigal. <em>Abraham se tient droit, le visage noble, r&eacute;ponse au Juif errant, diasporique.&raquo;<\/em> Pour le russe Nahum Gutman, qui arrive en 1905 en Palestine, l&rsquo;id&eacute;al du Juif postdiasporique, ancr&eacute; &agrave; la terre, c&rsquo;est ce chevrier arabe qu&rsquo;il repr&eacute;sente conduisant ses b&ecirc;tes d&rsquo;un pas s&ucirc;r sous un ciel noir de menaces. La toile, peinte en 1926, s&rsquo;intitule <em>Avant l&rsquo;orage. <\/em><\/p>\n<p>\n\t\t(1) Directrice du Mahj jusqu&rsquo;en d&eacute;cembre 2011. (2) Alger, Jules et Edmond de Goncourt, Ed. Magellan et Cie, 2011. (3) &laquo;De la Torah aux Hadith : les Juifs et l&rsquo;orientalisme&raquo; a eu lieu les 22 et 23 mai &agrave; l&rsquo;ENS et au Mahj. On lira &agrave; ce propos l&rsquo;article de Perrine Simon-Nahum (CNRS) dans le catalogue de l&rsquo;exposition (&eacute;d. Sikra Flammarion-Mahj, 2012).<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; L&rsquo;Orient des Juifs &nbsp; &nbsp; Au XIXe si&egrave;cle, de Tanger &agrave; J&eacute;rusalem, des peintres d&eacute;couvrent l&rsquo;Orient et ses &laquo;Isra&eacute;lites&raquo;. 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