{"id":4736,"date":"2016-09-02T20:20:01","date_gmt":"2016-09-02T20:20:01","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4736"},"modified":"2016-09-04T19:26:16","modified_gmt":"2016-09-04T19:26:16","slug":"ma-tunisie-la-plage-de-kherredine-par-jose-boublil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ma-tunisie-la-plage-de-kherredine-par-jose-boublil\/","title":{"rendered":"MA TUNISIE: LA PLAGE DE KHERREDINE par JOSE BOUBLIL"},"content":{"rendered":"<p>\n\tMA TUNISIE: LA PLAGE DE KHERREDINE par JOSE BOUBLIL<\/p>\n<p>\tLa s&eacute;ance quotidienne de plage &agrave; Kherredine commen&ccedil;ait g&eacute;n&eacute;ralement entre 11 h pour ceux qui tombaient du lit et 12h30 pour les gens &eacute;quilibr&eacute;s.<\/p>\n<p>\tChacun arrivait avec son moyen de transport favori: les voitures (de sport rouge) pour les rares frimeurs, les v&eacute;los pour les nigates,&nbsp;&agrave; pince de &quot;chlaka&quot; pour la grande majorit&eacute;, et m&ecirc;me, pour les plus privil&eacute;gi&eacute;s comme les Lasry ou les Khayat, &agrave; saut depuis leur v&eacute;randa.<\/p>\n<p>\n\tCeux qui, par malheur, souhaitaient braver le goudron pieds nus devaient faire un stage de fakir en Inde afin de survivre &agrave; la temp&eacute;rature de cendres&nbsp;incandescentes du sable tunisien, et parcourir les 20 m&egrave;tres qui s&eacute;paraient l&#39;entr&eacute;e de la plage &agrave; la &quot;buvette&quot;, ce monument national bourguibien&nbsp;qui n&#39;a rien &agrave; envier &agrave; l&#39;Op&eacute;ra Garnier au moins par son animation et sa ferveur.<\/p>\n<p>\tLe d&eacute;cor &eacute;tait &agrave; la mesure de l&#39;ambiance g&eacute;n&eacute;rale, totalement fou. Des groupes de &quot;discuteurs&quot;dans tous les sens, par grappes de trois, quatre ou cinq(de pr&eacute;f&eacute;rence, contre l&#39;oeil!),&nbsp;&quot;officiellement&quot; pour partager les cacahu&egrave;tes de Ravaillac ou de Oui-Oui, et &quot;officieusement&quot;pr&eacute;parer utilement -j&#39;entends sur le plan de l&#39;accompagnement-la suite des vacances.<\/p>\n<p>\tCe qui, d&#39;ailleurs, &eacute;cartait tristement les pauvres physiquement peu avantag&eacute;s, &agrave; qui on exliquait que de grands secrets &eacute;taient en jeu, et qu&#39;il n&#39;y avait plus de place.<\/p>\n<p>\tDonc des groupes dans tous les sens. Certains sur des chaises, d&#39;autres par terre sur le sable, quelques individus sur des chaises longues,&nbsp;ou m&ecirc;me sur le comptoir en ciment de la buvette, histoire de dominer la situation. Enfin, pas mal de gens discutaient 50 m&egrave;tres&nbsp;&agrave; l&#39;int&eacute;rieur de la mer, et pouvaient y rester une &agrave; deux heures sous la douce temp&eacute;rature &agrave; 40&deg; &#8230;.Et quasiment pas un seul n&#39;envisageait de se rafra&icirc;chir&nbsp;en trempant leur t&ecirc;te dans ce bain chaud et opaque.<\/p>\n<p>\tEt puis , il y avait les actifs, ceux qui allaient &agrave; la plage pour bouger, pour s&#39;&eacute;nerver, pour montrer leur Art ,un &quot;tantinet&quot; exhibitionnistes .<\/p>\n<p>\tD&#39;abord, les joueurs de raquettes de plage. Miko Lasry r&eacute;gulier comme un m&eacute;tronome, pas un jour de r&eacute;pit, plusieurs heures d&#39;affil&eacute;e&nbsp;sous la &quot;ckhena&quot;, malgr&eacute; une peau de Norv&eacute;gien roux&#8230;Je ne lui ai jamais demand&eacute; combien d&#39;insolations il avait chaque &eacute;t&eacute;, ni combien&nbsp;de br&ucirc;lures au 2&egrave; ou 3&egrave; degr&eacute; . Miko jouait tr&egrave;s bien, surtout tr&egrave;s &eacute;l&eacute;gant. Un style british, comme son passeport d&#39;ailleurs d&eacute;livr&eacute; &agrave; Gibraltar.<\/p>\n<p>\tEnsuite, il y avait les stars, en particulier Pierrot Amanou, play boy anti-frime (traduction &quot;sans rk&ecirc;k&acirc;&quot;), un geste magnifique de tennis ;&nbsp;toujours correct, jamais un cri, un &eacute;nervement. Le fair-play en plein milieu de la cour des miracles! Un des alien de kherredine.<\/p>\n<p>\tIl y avait aussi les autres Amanou. Claude sur la voie de son fr&egrave;re &agrave; tous les niveaux; et le seul qui, aujourd&#39;hui encore, joue tous les jours&nbsp;au m&ecirc;me rythme sur la plage de Tel Aviv. Roger, excellent aussi, mais beaucoup plus r&acirc;leur. Quant &agrave; Guigui, on remerciait le ciel&nbsp;que le sable &eacute;tait &quot;en sable&quot;, sinon, la consommation de raquettes envoy&eacute;es au sol par crise de nerfs aurait co&ucirc;t&eacute; fort cher.<\/p>\n<p>\tApr&egrave;s, d&#39;autres styles, et des personnages de l&eacute;gende: Michel Sarfati dit &quot;Mike&quot;, tr&egrave;s nerveux aussi, surtout par l&#39;effet de quelques<\/p>\n<p>\t&quot;nargueurs professionnels&quot;, et un mouvement tr&egrave;s &eacute;trange. Mike impressionnait plus par son gabarit que par ses coups de raquettes,&nbsp;pourtant de bon niveau. Laurent Bes, sans doute le plus sympathique, celui qui excitait Mike pour faire profiter tout le monde. Lui jouait bien&nbsp;&agrave; tout ce qu&#39;il touchait. Un surdou&eacute;, super-flemmard, super rigolo et, de mani&egrave;re contradictoire, un coeur en or!<\/p>\n<p>\tGilles Namer z&quot;l, le lutteur. Un joueur dont la volont&eacute; de vaincre &eacute;tait bien au-dessus des styles , des gestes.C&#39;&eacute;tait pareil aux raquettes, au Volley, au foot,&nbsp;au poker, &agrave; la belote, et probablement dans ses &eacute;tudes puis son m&eacute;tier. Un amoureux de la vie, qu&#39;il engloutissait &agrave; 200 km &agrave; l&#39;heure.<\/p>\n<p>\tSurement le seul de tous ces fous &agrave; ne pas verser dans l&#39;exhibitionnisme, puisque lui avait r&eacute;gl&eacute; sa compagnie estivale une fois pour toutes&nbsp;&agrave; l&#39;&acirc;ge de 14 ans! Donc, il &eacute;tait le seul &agrave; jouer pour jouer, pas pour faciliter certaines compagnies.<\/p>\n<p>\tJe ne peux pas oublier l&#39;icone de la Tunisie, le ph&eacute;nix des plages du trajet TGM: Bibal. De son vrai nom Jan Boubli. A mon avis, si Albert Cohen l&#39;avait rencontr&eacute;&nbsp;il aurait pu avoir le Nobel de litt&eacute;rature qui lui a tant fait d&eacute;faut. Mangeclous aurait diparu des ouvrages au profit de mon ami.<\/p>\n<p>\tPour livrer une petite anecdote sur cet amateur de sports de raquette, Bibal avait &eacute;t&eacute; champion de Tunisie poussin de tennis.<\/p>\n<p>\tUn jour, nous &eacute;tions nombreux autour d&#39;une t&eacute;l&eacute; pour voir la plus belle finale de tennis de l&#39;histoire-Bjorg contre Mc Enroe &agrave; Wimbledon-.&nbsp;Les ties break se suivaient avec des scores jamais vus (genre 17\/15), le match en 5 sets. Les points disput&eacute;s au couteau.<\/p>\n<p>\tPuis, vint l&#39;un des plus beaux &eacute;changes de la partie, au profit de Borg. Bibal se l&egrave;ve soudain et lance &quot;putain, si j&#39;avais continu&eacute;, je les aurais d&eacute;chir&eacute;s!&quot;<\/p>\n<p>\tApr&egrave;s &ccedil;a, vous coyez vraiment qu&#39;il y a encore des gens qui pr&eacute;f&egrave;reront fr&eacute;quenter Woody Allen, Jerry Lewis ou Gad El Maleh?<\/p>\n<p>\n\tLa liste est encore longue de ces sportifs, mais je ne peux pas &ecirc;tre complet sans citer quelques filles qui m&eacute;ritent largement une citation.<\/p>\n<p>\tA commencer par Ruthy Krief (aujourd&#39;hui Hassan) qui &eacute;tait l&#39;une des rares &agrave; jouer avec les mecs, et &ecirc;tre leur &eacute;gale malgr&eacute; le tr&egrave;s bon&nbsp;niveau de la plupart.<\/p>\n<p>\tEnsuite, j&#39;&eacute;tait sp&eacute;cialement impressionn&eacute; par la fille du Rav Pinson, l&#39;envoy&eacute; du Rabbi de Loubavitch en Tunisie. D&#39;abord, cette fille &eacute;tait tr&egrave;s jolie,&nbsp;grande, mince, tr&egrave;s &eacute;lanc&eacute;e. De surcro&icirc;t, malgr&eacute; sa jupe longue, elle jouait extr&ecirc;mement bien, ne paraissant m&ecirc;me pas g&ecirc;n&eacute;e par les m&egrave;tres de tissu.<\/p>\n<p>\tLe plus &eacute;tonnant, et tellement rassurant quant &agrave; l&#39;ouverture d&#39;esprit de cette famille, &eacute;tait qu&#39;elle jouait dans une tenue certes pudique mais pas tr&egrave;s courante dans ces milieux&nbsp;tr&egrave;s orthodoxes, et elle &eacute;changeait ses balles avec des hommes. Quand on connait l&#39;&eacute;volution plut&ocirc;t obscurantiste d&#39;aujourd&#39;hui cette simplicit&eacute;,&nbsp;ce manque de &quot;lourdeur&quot; &eacute;tait rafraichissant. D&#39;ailleurs, sa jeune soeur, moins sportive, mais n&eacute;anmoins tr&egrave;s mignonne, venait &eacute;galement&nbsp;&agrave; la plage tr&egrave;s souvent, bien que notre plage fut on ne peut plus mixte!<\/p>\n<p>\tUne anecdote mignonne &agrave; propos de ce formidable Rav zatsal: un jour nous rentrions de la plage avec deux amis, Jean-Claude Berrebi et Philippe Cohen.<\/p>\n<p>\tNous venions de d&eacute;passer la maison-synagogue du Rav Pinson. Soudain, l&#39;un de ses jeunes fils prend l&#39;un d&#39;entre nous(j&#39;ai oubli&eacute; lequel!)et lui demande: &quot;monte avec nous pour faire Minha&nbsp;tu es le dixi&egrave;me&quot;. L&#39;heureux &eacute;lu demande alors &quot;mais pourquoi moi?&quot;. &quot;parce que tu es le seul &agrave; porter un T-shirt. Les autres sont torse nus&quot;.<\/p>\n<p>\tEn un clin d&#39;oeil le copain avait enlev&eacute; son T-shirt et demandait &quot;qui veut mettre le sien?&quot; Pauvre Rav Pinson, qui a si gentiment support&eacute; de tels &eacute;nergum&egrave;nes!<\/p>\n<p>\t*******<\/p>\n<p>\n\tL&#39;autre sport vedette de ces ann&eacute;es &#39;70 sur la plage &eacute;tait le Volley Ball. Il faut rappeler qu&#39;avec les juifs, la Tunisie a toujours eu&nbsp;de tr&egrave;s grandes &eacute;quipes nationales, voire m&ecirc;me s&eacute;rieuses sur le plan international. Il y avait eu d&#39;abord, dans les ann&eacute;es 50 L&#39;Alliance&nbsp;Sportive de Tunisie, l&#39;&eacute;quipe qui a fait les plus beaux r&eacute;sultats de ce sport pour son pays. Plusieurs cracks : L&eacute;on(D&eacute;d&eacute;) Brami, Charley Smadja,&nbsp;Lucien Berreby, N&eacute;n&eacute; Belhassen, Marcel Bonavita, Gugusse Cohen et d&#39;autres. Personnellement j&#39;ai &eacute;t&eacute; berc&eacute; par ces noms toute mon enfance&nbsp;car mon p&egrave;re &eacute;tait le tr&eacute;sorier du Club, et surtout l&#39;ami tr&egrave;s proche de plusieurs joueurs. Cette &eacute;quipe avait remport&eacute; plusieurs fois la coupe d&#39;Afrique du Nord,&nbsp;et m&ecirc;me battu des &eacute;quipes europ&eacute;ennes, dont l&#39;&eacute;quipe de France avec un certain Dujardin, et Michel Constantin (l&#39;acteur de cin&eacute;ma).<\/p>\n<p>\tPuis il y a eu d&#39;autres excellentes &eacute;quipes comme la Hertzlia.<\/p>\n<p>\tA partir des ann&eacute;es 60 une &eacute;quipe magnifique est apparue, et a fait vibrer tous les jeunes excit&eacute;s de ma g&eacute;n&eacute;ration: le Club de La Goulette,&nbsp;dont j&#39;ai retenu les noms principaux: Les fr&egrave;res Sim&eacute;oni, B&eacute;bert et Richard, Riquet Cohen et son fr&egrave;re, Sydney Lellouche dit &quot;Coplan&quot;(pour sa&nbsp;ressemblance avec l&#39;acteur de OSS 117). Une &eacute;quipe dont j&#39;ai vu la derni&egrave;re grande finale au Palais des sports en 1967.<\/p>\n<p>\tCette bande &eacute;tait pour nous comme Pel&eacute; et Guarrincha aux br&eacute;siliens d&#39;alors.<\/p>\n<p>\tSur la plage,dix ans ou plus apr&egrave;s, il y avait toujours un petit air de comp&eacute;tition , pour ressembler aux champions d&#39;hier et d&#39;aujourd&#39;hui.<\/p>\n<p>\tLes protagonistes pouvaient &ecirc;tres vari&eacute;s, mais souvent les noms &eacute;taient: B&eacute;bert Sim&eacute;oni, Maxo son fr&egrave;re, Freddy Zeitoun, &quot;Zitron&quot;,&nbsp;Denis pariente z&quot;l, Claude Pariente, Serge Chiche, Guy Amanou, Richard Amanou, R&eacute;my Ta&iuml;eb (Bleck Lerock), moi-m&ecirc;me souvent. Malgr&eacute; mon handicap de faire&nbsp;&quot;un peu moins&quot; de 1m95(!!!!), je m&#39;en sortais gr&acirc;ce &agrave; une d&eacute;tente venue du ciel. Les parties &eacute;taient incroyablement anim&eacute;es. Mais les gens &eacute;taient plut&ocirc;t polis&nbsp;au Volley. On jouait &agrave; environ un ou deux m&egrave;tres &agrave; l&#39;int&eacute;rieur de la mer. Et les seuls incidents &eacute;taient soit lorsqu&#39;un joueur retombait mal sur un caillou pointu ou, pire,&nbsp;sur un morceau d&#39;oursin. En effet, les marchands d&#39;oursins avaient leurs clients sur la plage, qui se r&eacute;galaient avant l&#39;arriv&eacute;e des joueurs, et ils ne nettoyaient pas&nbsp;leurs d&eacute;chets. Heureusement, il n&#39;y a jamais eu plus qu&#39;une ou deux journ&eacute;e d&#39;interruption de Volley pour le pauvre joueur.<\/p>\n<p>\tIl fut un temps o&ugrave; il y avait aussi de magnifiques parties de foot . Seulement, avec le temps, la mer avait envahi le sable et,&nbsp;&agrave; la fin des ann&eacute;es 70, il ne restait plus d&#39;espace pour organiser de vrai matchs avec les Tati Memmi, Nani Boublil, Tarak Ben Ammar(le c&eacute;l&egrave;bre producteur de cin&eacute;ma),&nbsp;Denis Brami, Baguenda, Batata, Gilles Namer z&quot;l, Coco et Baby Secnazi, Laurent Besna&iuml;nou, Guilou Krief, Guilou Fellous, etc&#8230;<\/p>\n<p>\tA la place du matin les matchs se d&eacute;roulaient dans l&#39;apr&egrave;s-midi sur des terrains en dur de Kherredine ou de La Goulette.<\/p>\n<p>\tPour compl&eacute;ter mes souvenirs, je veux vous livrer d&#39;autres noms de personnalit&eacute;s formidables, connues de tous, qui ont marqu&eacute; notre jeunesse.<\/p>\n<p>\tJe les donne p&ecirc;le-m&ecirc;le, avec le pedigree &eacute;ventuel de leurs faits d&#39;armes de toutes nature. Patrick Sarfati, tr&egrave;s bon joueur de foot, brillant HEC,&nbsp;dont le p&egrave;re &eacute;tait un peu le copain de tous les jeunes; il avait en effet d&eacute;cid&eacute; d&#39;organiser chez lui des s&eacute;ances de cin&eacute;ma , pour le kif de tous.<\/p>\n<p>\tDov Z&eacute;rah, parfois &agrave; Kherredine. Sciences Po, l&#39;ENA , de la promotion Voltaire avec Hollande, S&eacute;gol&egrave;ne, de Villepin, etc&#8230;Imaginez un pur tune&nbsp;portant un nom comme &quot;Dov&quot; se faufiler dans la cour des grands, o&ugrave; il fut &agrave; la Direction du Tr&eacute;sor, Secr&eacute;taire d&#39;Etat, Directeur de la monnaie de Paris,&nbsp;Pr&eacute;sident du Consistoire de Paris, Directeur de l&#39;Association fran&ccedil;aise du d&eacute;veloppement. Mais son titre le plus important fut d&#39;&ecirc;tre mon t&eacute;moin de&nbsp;mariage! Dov &agrave; cette &eacute;poque de jeunesse avait &eacute;t&eacute; sollicit&eacute; par quelqu&#39;un de la bande de cr&eacute;er, lorsqu&#39;il serait pr&eacute;sident de la R&eacute;publique,&nbsp;un &quot;minist&egrave;re du vice&quot;(entendez par l&agrave;, des casinos, poker et autres jeux d&#39;argent).<\/p>\n<p>\tEnsuite, une fille avait d&eacute;barqu&eacute; un &eacute;t&eacute;, mignonne et tr&egrave;s sympa, Laurie Kalfon. Une curiosit&eacute; en soi car elle &eacute;tait en pr&eacute;pa aux grandes &eacute;coles d&#39;ing&eacute;nieurs&nbsp;&agrave; Saint Louis . Laurent Bes l&#39;avait alors surnomm&eacute; &quot;Polytechnique&quot; pendant tout l&#39;&eacute;t&eacute;. L&#39;ann&eacute;e suivante elle int&eacute;grait Polytechnique!<\/p>\n<p>\tElle est aujourd&#39;hui Directrice G&eacute;n&eacute;rale du Groupe Mornay.<\/p>\n<p>\tPierre Besna&iuml;nou, personnalit&eacute; &agrave; part tr&egrave;s jeune d&eacute;j&agrave;. Une maturit&eacute; qui le faisait fr&eacute;quenter presqu&#39;exclusivement ceux de 10 ans plus &acirc;g&eacute;s.<\/p>\n<p>\tIl participait &eacute;norm&eacute;ment aux rigolades (foot, jeux, ski nautique, etc&#8230;), mais toujours avec une r&eacute;serve, et peu de bruit. Pierre est probablement&nbsp;le plus brillant chef d&#39;entreprise de tous les tunisiens, toutes g&eacute;n&eacute;rations confondues. Il est aujourd&#39;hui pr&eacute;sident du FSJU, la principale organisation juve&nbsp;de France.<\/p>\n<p>\tEt, au-del&agrave;, je vous passe les dizaines(centaines?) de m&eacute;decins, dentistes, pharmaciens, dont certains sont des sommit&eacute;s internationales.<\/p>\n<p>\tCette digression a pour but, en attendant que j&#39;&eacute;crive sp&eacute;cialement sur ce sujet, de bien comprendre que les &quot;tunes&quot; ne sont pas ces idiots avec&nbsp;une grosse cha&icirc;ne en or sur une poitrine velue, ni ces bandits qui vous vendent de la pub qui n&#39;existe pas. Nous &eacute;tions de toutes origines&nbsp;(tr&egrave;s peu de vraiment modestes toutefois), mais nos parents nous avaient inculqu&eacute; de formidables valeurs, &agrave; savoir de faire cohabiter les plaisirs de la vie&nbsp;et le travail acharn&eacute; lorsque c&#39;&eacute;tait n&eacute;cessaire. On peut me raconter ce qu&#39;on veut, je n&#39;imagine pas une communaut&eacute; aussi brillante &agrave; partir de ce creuset l&agrave;!<\/p>\n<p>\t**********<\/p>\n<p>\tApr&egrave;s cette importante parenth&egrave;se, je dois cl&ocirc;turer ce chapitre sur les fournisseurs de kifs annexes: les vendeurs de toutes sortes.<\/p>\n<p>\tLa buvette d&#39;abord, avec des boissons qui ont presque disparu avec les derniers dinosaures: Le Crush, le Boga, le Boga-cidre, le Jumat, le Pschitt etc&#8230;<\/p>\n<p>\tLes marchands ambulants, qui g&eacute;raient des &quot;en cours clients&quot; comme des multinationales: carnet proprement tenu, avec une page par d&eacute;biteur.<\/p>\n<p>\tLes pauvres vieux marchands de cacahu&egrave;tes tombant sur des &quot;mauvaise foi&quot;, ou ne sachant pas &eacute;crire en dehors des chiffres.<\/p>\n<p>\tGilou Madar occupait la page sp&eacute;ciale des amandes et des pistaches. Il y avait les kakis .Les longs, les ronds, les plats garnis d&#39;amandes, etc..<\/p>\n<p>\tFriables &agrave; souhait, ils permettaient de patienter pour le repas tardif.<\/p>\n<p>\tAutre raret&eacute; de l&#39;&eacute;poque: les &quot;melh ou bnina&quot;. La tradition voulait qu&#39;on go&ucirc;te d&#39;abord. La technique: on l&eacute;chait sa main int&eacute;gralement, et on la plongeait&nbsp;dans le couffin rempli de ces graines de lin grill&eacute;es. On en avait alors plein sur la paume pour go&ucirc;ter. C&#39;est s&ucirc;rement int&eacute;ressant au plan des contaminations diverses,&nbsp;et on peut probablement remercier le ciel qu&#39;il n&#39;y ait pas eu de mort. Et vous souvenez-vous de ces petits caramels durs&nbsp;emball&eacute;s &agrave; &quot;hauteur de la taille&quot;par un papier blanc; ils sortaient d&#39;un coffre rouge tout rond. L&#39;achat &eacute;tait une c&eacute;r&eacute;monie, et on jouait souvent avec le vendeur&nbsp;pour gagner le caramel sans le payer. Question sucrerie, il y avait &eacute;galement les c&eacute;l&egrave;bres frigolos; qu&#39;on ne trouvait qu&#39;&agrave; la plage. une glace-souvent rose ou&nbsp;blanche-enferm&eacute;e dans du chocolat. Le tout &eacute;tait enrob&eacute; dans une feuille &eacute;paisse d&#39;aluminium. D&eacute;licieuse pr&eacute;paration, l&agrave; encore &eacute;vapor&eacute;e dans les poubelles des marques&nbsp;disparues.<\/p>\n<p>\tA la fin de l&#39;&eacute;t&eacute;, arrivaient les zarours et les anebs. D&eacute;lices de sucrerie et d&#39;amertume, et annonce d&eacute;sagr&eacute;able de la rentr&eacute;e scolaire lorsqu&#39;on &eacute;tait plus jeune.<\/p>\n<p>\tCes derniers kifs de l&#39;&eacute;t&eacute; nous pr&eacute;paraient au retour pluvieux &agrave; Paris, &agrave; s&#39;immerger 10 mois dans la &quot;rasra&quot;.<\/p>\n<p>\tVoil&agrave; donc le panorama de cette &eacute;tape journali&egrave;re cruciale qu&#39;&eacute;tait le passage &agrave; la plage..Souvent suivi d&#39;un autre passage &agrave; la Vague&nbsp;&agrave; Raouad, beaucoup moins passionnante, et principalement gastronomique pour les amateurs de fruits de mer ou de complets poisson.<\/p>\n<p>\tComme dirait Fernand Raynaud &quot;MOI J&#39;AI SOUFFERT DANS MA JEUNESSE&quot;!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MA TUNISIE: LA PLAGE DE KHERREDINE par JOSE BOUBLIL La s&eacute;ance quotidienne de plage &agrave; Kherredine commen&ccedil;ait g&eacute;n&eacute;ralement entre 11 h pour ceux qui tombaient du lit et 12h30 pour les gens &eacute;quilibr&eacute;s. 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