{"id":4806,"date":"2015-09-11T00:37:48","date_gmt":"2015-09-11T00:37:48","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4806"},"modified":"2015-09-11T00:14:40","modified_gmt":"2015-09-11T00:14:40","slug":"alfred-nakache-le-nageur-dauschwitz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/alfred-nakache-le-nageur-dauschwitz\/","title":{"rendered":"Alfred Nakache, le nageur d&rsquo;Auschwitz"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAlfred Nakache, le nageur d&#39;Auschwitz<\/p>\n<div class=\"clear\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"clear\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"clear\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div id=\"texte\">\n<div class=\"pub\" id=\"oasPosition1\">\n<script><\/script>\t\t<a href=\"http:\/\/memorix.sdv.fr\/5c\/www.ladepeche.fr\/infoslocales\/divers_articles\/Toulouse\/1125822870\/Position1\/default\/empty.gif\/5970527974452f443874674141383468\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" height=\"1\" src=\"http:\/\/memorix.sdv.fr\/0\/default\/empty.gif\" width=\"1\" \/><\/a><\/div>\n<p>\n\t\t&Agrave; la M&eacute;diath&egrave;que Cabanis, une exposition retrace le destin du nageur Alfred Nakache, dont une piscine porte le nom &agrave; Toulouse. Sa d&eacute;portation est notamment &eacute;voqu&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\tQuand un incendie survenait dans le camp d&#39;Auschwitz, les gardes nazis y puisaient de l&#39;eau. C&#39;&eacute;tait une citerne, un bassin de r&eacute;tention. L&#39;eau y &eacute;tait sale, glaciale aussi. Alfred Nakache l&#39;a bien connue. Pendant pr&egrave;s d&#39;un an, au c&oelig;ur de la Seconde guerre mondiale, il va y vivre des s&eacute;ances d&#39;humiliation. C&#39;est cette p&eacute;riode de sa vie que raconte l&#39;exposition &laquo;Alfred Nakache, le nageur d&#39;Auschwitz&raquo; qui se tient jusqu&#39;au 23 septembre &agrave; la M&eacute;diath&egrave;que Jos&eacute;-Cabanis de Toulouse.<\/p>\n<p>\n\t\t&Agrave; l&#39;&eacute;poque, Alfred Nakache, juif n&eacute; &agrave; Constantine en Alg&eacute;rie en 1915, n&#39;a pas encore 30 ans. Il est alors le grand champion de la natation fran&ccedil;aise. Depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1930, il collectionne les titres. Mais, en mai 1940, les Allemands entrent en France. Quelques semaines apr&egrave;s avoir battu un record du monde, en juillet 1941, le nageur est rattrap&eacute; par les premi&egrave;res mesures discriminatoires &agrave; l&#39;&eacute;gard des Juifs qui l&#39;obligent &agrave; quitter son poste de professeur de gymnastique &agrave; Paris. &Agrave; Toulouse, o&ugrave; il s&#39;est r&eacute;fugi&eacute;, il continue de remporter des m&eacute;dailles. Or, en 1943, le commissariat aux sports de Vichy d&eacute;cide d&#39;interdire la comp&eacute;tition aux athl&egrave;tes juifs. Le pire est &agrave; venir.<\/p>\n<h3>\n\t\tBarbarie<\/h3>\n<p>\n\t\tArr&ecirc;t&eacute; en d&eacute;cembre 1943, Alfred Nakache est d&eacute;port&eacute; avec sa femme et sa fille &agrave; Auschwitz o&ugrave; ils arrivent en janvier 1944. Il ne sait pas alors qu&#39;elles ont &eacute;t&eacute; gaz&eacute;es d&egrave;s leur arriv&eacute;e au camp. Lui a &eacute;t&eacute; reconnu par un officier SS. &laquo;L&#39;espoir de les retrouver va certainement l&#39;aider &agrave; survivre&raquo;, explique Denis Baud, professeur d&#39;histoire &agrave; Toulouse et biographe du nageur (1). Dans le camp, outre l&#39;horreur quotidienne, Alfred Nakache, par son statut de champion, va &ecirc;tre soumis &agrave; l&#39;arbitraire des gardes nazis qui l&#39;humilient en l&#39;obligeant &agrave; nager dans une citerne. Un jour, un officier lance son couteau au fond du bassin et contraint Alfred Nakache &agrave; plonger pour le r&eacute;cup&eacute;rer. L&#39;eau est glac&eacute;e. Il r&eacute;siste, et d&eacute;fie m&ecirc;me les gardes en se baignant &agrave; leur insu avec ses camarades. L&#39;avanc&eacute;e de l&#39;arm&eacute;e rouge met fin &agrave; ces mauvais traitements en janvier 1945. D&eacute;plac&eacute; &agrave; Buchenwald, il est lib&eacute;r&eacute; en avril.<\/p>\n<p>\n\t\tAlfred Nakache rentre seul &agrave; Toulouse o&ugrave; son nom a &eacute;t&eacute; donn&eacute; &agrave; la piscine municipale un an plut&ocirc;t quand les Toulousains le croyaient mort. Aid&eacute; par les Dauphins du Toec et sa famille, il se reconstruit et retrouve son niveau d&#39;athl&egrave;te d&#39;exception.<\/p>\n<p>\n\t\tEn ao&ucirc;t 1946, un an plus tard, il bat un record du monde de relais et participe aux Jeux olympiques de Londres en 1948. &laquo;La natation le sauve en quelque sorte&raquo;, dit Denis Baud. Le 4 ao&ucirc;t 1983, Alfred Nakache a 77 ans. Il vit avec Marie, qu&#39;il a &eacute;pous&eacute;e en secondes noces. Comme chaque jour, il va nager. Ce sera la derni&egrave;re fois. L&#39;enfant de Constantine, Toulousain d&#39;adoption, meurt d&#39;une crise cardiaque dans le port de Cerb&egrave;re. L&#39;eau ne l&#39;aura jamais quitt&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t(1) &laquo;Alfred Nakache, le nageur d&#39;Auschwitz&raquo;, &Eacute;ditions Loubati&egrave;res<\/p>\n<hr \/>\n<h2 class=\"titre\">\n\t\t&laquo;Mon oncle &eacute;tait l&#39;idole de la famille&raquo;<\/h2>\n<p>\n\t\tCela fait quelques semaines, cet &eacute;t&eacute; 1945, qu&#39;Alfred Nakache est revenu des camps de la mort. Le nageur est arriv&eacute; &agrave; Toulouse au mois de mai. Il n&#39;a pas revu sa femme, Paule, et sa fille, Annie, depuis que le convoi 66 les a d&eacute;port&eacute;s au camp d&#39;Auschwitz le 23 janvier 1944. &Agrave; sa descente du train, la famille a &eacute;t&eacute; s&eacute;par&eacute;e. &laquo;&Agrave; son retour, il se rendait en gare Matabiau pour voir si elles &eacute;taient dans les convois qui entraient en gare. En vain, explique sa ni&egrave;ce, Yvette Benayoun-Nakache, conseill&egrave;re municipale &agrave; Toulouse. Il apprendra plus tard par une lettre qu&#39;elles ont &eacute;t&eacute; gaz&eacute;es &agrave; leur s&eacute;paration au camp.&raquo; C&#39;est sa m&egrave;re qui lui a parl&eacute; de ces &eacute;pisodes. Yvette Benayoun-Nakache est alors jeune, tr&egrave;s jeune. &Agrave; l&#39;&eacute;poque, la petite fille vit un temps dans la m&ecirc;me maison que son oncle, dans le quartier Saint-Cyprien. La demeure est &eacute;galement occup&eacute;e par Alban Minville, l&#39;entra&icirc;neur d&#39;Alfred Nakache et des nageurs du Toec. Yvette Benayoun-Nakache raconte les journ&eacute;es &agrave; la piscine, les soir&eacute;es dans les guinguettes qui bordent la Garonne : &laquo;Une belle &eacute;poque.&raquo; Elle se souvient de son oncle distribuant ses m&eacute;dailles aux plus jeunes lors des r&eacute;unions de famille : &laquo;Il adorait les enfants. Il disait : &#39;&#39;Toi, tu seras champion de crawl&hellip; Toi, tu seras champion de papillon&hellip;&#39;&#39; C&#39;&eacute;tait un athl&egrave;te immense, tr&egrave;s modeste.&raquo; Les succ&egrave;s, toutefois, n&#39;effacent pas le chagrin, ni les souvenirs. Yvette Benayoun-Nakache se rappelle d&#39;un homme &laquo;marqu&eacute; dans sa chair par les camps&raquo;. Alfred Nakache &eacute;voquait peu la d&eacute;tention, la disparition de son &eacute;pouse et de sa fille. &laquo;Il quittait parfois la table lors des d&icirc;ners. Plus personne ne parlait. On sentait qu&#39;il se rem&eacute;morait des moments douloureux&raquo;, d&eacute;crit l&#39;&eacute;lue. Annie, la fille d&#39;Alfred Nakache, cette cousine disparue avant sa naissance, Yvette Benayoun-Nakache apprendra &agrave; la conna&icirc;tre gr&acirc;ce au t&eacute;moignage de Simone Foulon. Cette r&eacute;sistante avait accueilli Annie : &laquo;Je l&#39;ai rencontr&eacute; par hasard lors des l&eacute;gislatives de 1997. Quand elle a su qui j&#39;&eacute;tais, elle m&#39;a dit qu&#39;elle avait quelque chose pour moi. C&#39;&eacute;tait l&#39;ours en peluche d&#39;Annie.&raquo; Yvette Benayoun-Nakache garde aujourd&#39;hui un souvenir tr&egrave;s &eacute;mu de son oncle. &laquo;C&#39;&eacute;tait un homme aux sourcils ombrageux, discret. Malgr&eacute; ses silences, il poss&eacute;dait une grande joie de vivre. Avec son parcours, il &eacute;tait l&#39;idole de la famille.&raquo; Cette reconnaissance subsiste. Lorsqu&#39;elle &eacute;voque un souvenir r&eacute;cent avec son petit-fils, Yvette Benayoun-Nakache sourit ainsi de la phrase prononc&eacute;e par le jeune gar&ccedil;on, s&eacute;duite par sa candeur et son esprit frondeur : &laquo;Il est sorti de l&#39;eau et m&#39;a dit : &#39;&#39;J&#39;ai nag&eacute; comme Nakache.&#39;&#39; Il &eacute;tait fier de lui.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tB.C.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Alfred Nakache, le nageur d&#39;Auschwitz &nbsp; &nbsp; &nbsp; &Agrave; la M&eacute;diath&egrave;que Cabanis, une exposition retrace le destin du nageur Alfred Nakache, dont une piscine porte le nom &agrave; Toulouse. Sa d&eacute;portation est notamment &eacute;voqu&eacute;e. Quand un incendie survenait dans le camp d&#39;Auschwitz, les gardes nazis y puisaient de l&#39;eau. 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