{"id":4812,"date":"2012-07-16T18:37:04","date_gmt":"2012-07-16T18:37:04","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4812"},"modified":"2012-07-17T20:06:19","modified_gmt":"2012-07-17T20:06:19","slug":"comment-la-tunisie-sest-videe-de-ses-juifs-par-jacques-benillouche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/comment-la-tunisie-sest-videe-de-ses-juifs-par-jacques-benillouche\/","title":{"rendered":"Comment la Tunisie s&rsquo;est vid\u00e9e de ses juifs, par Jacques Benillouche"},"content":{"rendered":"<p>\n\tComment la Tunisie s&#39;est vid&eacute;e de ses juifs<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa crise de Bizerte, en 1961, entre la France et la Tunisie, a provoqu&eacute; le d&eacute;part massif des juifs tunisiens vers Isra&euml;l.<\/p>\n<div id=\"article_picture\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div id=\"article_content\">\n<div id=\"article_infos\">\n<div class=\"infos_box\">\n<p class=\"info\">\n\t\t\t\tJacques Benillouche<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tComment la Tunisie s&#39;est vid&eacute;e de ses juifs<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa crise de Bizerte, en 1961, entre la France et la Tunisie, a provoqu&eacute; le d&eacute;part massif des juifs tunisiens vers Isra&euml;l.<\/p>\n<div id=\"article_picture\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div id=\"article_content\">\n<div id=\"article_infos\">\n<div class=\"infos_box\">\n<p class=\"info\">\n\t\t\t\tJacques Benillouche<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><!-- info_box -->\t<\/div>\n<div id=\"afriquecontent\">\n<p>\n\t\t\tLa base navale de Bizerte, dans le nord de la Tunisie, coupl&eacute;e avec celle de Mers-El-K&eacute;bir en Alg&eacute;rie, rev&ecirc;tait une importance strat&eacute;gique pour la France.<\/p>\n<p>\n\t\t\tChoisies pour leur emplacement g&eacute;ostrat&eacute;gique exceptionnel, ces bases verrouillaient les acc&egrave;s maritimes &agrave; l&rsquo;Europe du Sud et au d&eacute;troit de Gibraltar.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais Bizerte demeurait particuli&egrave;rement pr&eacute;cieuse pour la France en raison de la guerre d&rsquo;Alg&eacute;rie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa proclamation de l&rsquo;ind&eacute;pendance tunisienne, en 1956, selon Paris, ne devait pas remettre en cause la pr&eacute;sence militaire fran&ccedil;aise &agrave; Bizerte.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais c&rsquo;&eacute;tait sans compter sur les Etats-Unis qui avaient d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;entrer sur la sc&egrave;ne nord-africaine pour que la France ne soit plus le seul interlocuteur de la r&eacute;gion.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe gouvernement tunisien avait donc esquiss&eacute; un rapprochement avec Washington, tout en s&rsquo;&eacute;loignant de Paris qui vivait ses crises parlementaires &agrave; r&eacute;p&eacute;tition.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMalgr&eacute; l&rsquo;ind&eacute;pendance de la Tunisie, la France avait choisi de conserver la base de Bizerte tout en sachant que sa pr&eacute;sence devenait un sujet &eacute;pineux.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tL&#39;alibi de la base militaire de Bizerte<\/h3>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/55\/la-tunisie-ne-doit-pas-oublier-bourguiba\" target=\"_blank\">Habib Bourguiba<\/a> (pr&eacute;sident de la Tunisie de 1957 &agrave; 1987) &eacute;tait confront&eacute; &agrave; des difficult&eacute;s politiques internes, apr&egrave;s son entrevue rat&eacute;e &agrave; Zurich, en mars 1961, avec son opposant irr&eacute;ductible, <a href=\"http:\/\/www.samibenabdallah.info\/2011\/11\/20\/comment-ils-ont-assassine-salah-ben-youssef\/\" target=\"_blank\">Salah Ben Youssef<\/a>, champion du panarabisme.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl avait donc d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;exploiter le sujet de Bizerte pour am&eacute;liorer son indice de popularit&eacute; et pour calmer les exigences nationalistes de son peuple.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAinsi remit-il le probl&egrave;me sur la table et exigea du pr&eacute;sident Charles de Gaulle le transfert de la base de Bizerte &agrave; la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe conflit d&rsquo;&eacute;go des deux monstres politiques ne pouvait se r&eacute;gler que par les armes par suite des certitudes antagonistes des deux dirigeants, jaloux de leur souverainet&eacute; nationale.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCharles de Gaulle avait promis l&rsquo;&eacute;vacuation de Bizerte pour f&eacute;vrier 1962. Il ne pouvait c&eacute;der face &agrave; Bourguiba, sans affaiblir sa propre position vis-&agrave;-vis du Front de lib&eacute;ration nationale.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPar ailleurs, le gouvernement fran&ccedil;ais tenait &agrave; Bizerte sur le plan militaire. Mais aussi sur le plan symbolique. Cette base avait permis le r&eacute;tablissement de l&rsquo;ordre, apr&egrave;s le putsch des g&eacute;n&eacute;raux d&rsquo;avril 1961, en Alg&eacute;rie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe chef de l&rsquo;Etat fran&ccedil;ais refusa la demande tunisienne d&#39;&eacute;vacuation de la base de Bizerte. Elle intervenait dans un contexte difficile entre l&#39;Alg&eacute;rie et la France et les rebelles alg&eacute;riens b&eacute;n&eacute;ficiaient d&rsquo;un soutien total de la part des Tunisiens.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe 17 juillet 1961, Bourguiba profita de la visite en Tunisie de Dag Hammarskj&ouml;ld, alors secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU, pour faire courir le bruit d&rsquo;une attaque arm&eacute;e par les fellagas (combattants) du Nord contre la base a&eacute;rienne de Sidi Ahmed (toujours &agrave; Bizerte).<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl avait mandat&eacute; Mahjoub Ben Ali, responsable pour son parti de la r&eacute;gion Nord, d&rsquo;en faire &eacute;tat.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tL&#39;influence du parti N&eacute;o-Destour<\/h3>\n<p>\n\t\t\tLa suite des &eacute;v&eacute;nements fut dramatique. Sur les instigations du parti N&eacute;o-Destour, le parti de Bourguiba, des milliers de volontaires afflu&egrave;rent vers la base.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDes tranch&eacute;es furent creus&eacute;es et du mat&eacute;riel lourd d&eacute;ploy&eacute; par l&rsquo;arm&eacute;e tunisienne. Le g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle fit savoir qu&rsquo;il ne c&eacute;derait pas, tandis que les manifestations et d&eacute;monstrations de force se faisaient de plus en plus virulentes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe 19 juillet 1961, sept mille soldats d&rsquo;&eacute;lite du 2e r&eacute;giment de parachutistes d&#39;infanterie de marine furent parachut&eacute;s sur la base de Sidi Ahmed pour renforcer la d&eacute;fense des installations fran&ccedil;aises.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSeulement, le vice-amiral Amman, commandant de la base strat&eacute;gique de Bizerte, re&ccedil;ut alors l&rsquo;ordre d&rsquo;ouvrir le feu.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDes combats tr&egrave;s violents s&rsquo;ensuivirent jusqu&rsquo;au 23 juillet 1961. Des deux c&ocirc;t&eacute;s, la bataille fut lourde en pertes humaines.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEnviron 27 soldats fran&ccedil;ais et 1.300 Tunisiens y trouv&egrave;rent la mort tandis qu&rsquo;on d&eacute;nombrait des centaines de bless&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe nombre de victimes tunisiennes avait &eacute;t&eacute; volontairement minimis&eacute; par les Tunisiens, afin de camoufler leur d&eacute;route et l&rsquo;impr&eacute;voyance de leur gouvernement.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;histoire fran&ccedil;aise de Bizerte s&rsquo;&eacute;tait donc achev&eacute;e dans la douleur et le sang.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<object height=\"338\" width=\"600\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/1c4UwTxqnjw?version=3&amp;hl=fr_FR\" \/><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\" \/><param name=\"allowscriptaccess\" value=\"always\" \/><embed allowfullscreen=\"true\" allowscriptaccess=\"always\" height=\"338\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/1c4UwTxqnjw?version=3&amp;hl=fr_FR\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" width=\"600\"><\/embed><\/object><\/p>\n<p>\n\t\t\tLa Tunisie d&eacute;cida alors de suspendre ses relations diplomatiques avec la France ce qui eut des cons&eacute;quences directes sur la pr&eacute;sence des juifs en Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa rupture des relations compromettait le retour, en septembre 1961, des centaines de coop&eacute;rants fran&ccedil;ais charg&eacute;s de l&rsquo;enseignement dans les &eacute;coles tunisiennes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe pays manquait cruellement de cadres d&rsquo;une part parce que Bourguiba avait impos&eacute; l&rsquo;&eacute;ducation pour tous et d&rsquo;autre part, parce que la politique coloniale avait bloqu&eacute; l&rsquo;&eacute;lite arabe et l&rsquo;avait volontairement &eacute;cart&eacute;e des universit&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes &eacute;coles risquaient de ne plus pouvoir ouvrir en octobre sans l&rsquo;aide humaine fran&ccedil;aise. La menace fut prise au s&eacute;rieux.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tLa mont&eacute;e vers la &laquo;Terre promise&raquo;<\/h3>\n<p>\n\t\t\tLe conflit franco-tunisien allait cependant d&eacute;vier, par la volont&eacute; d&#39;Isra&euml;l, &agrave; travers le <a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/83023\/tunisie-mossad-chute-ben-ali\" target=\"_blank\">Mossad<\/a> (les services secrets isra&eacute;liens) et d&rsquo;Isra&euml;l, vers un probl&egrave;me jud&eacute;o-tunisien.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe jeune Etat d&rsquo;Isra&euml;l, peu peupl&eacute;, ne devait sa survie et son d&eacute;veloppement qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;afflux de juifs en provenance de l&rsquo;&eacute;tranger.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSa raison d&rsquo;exister, son expansion, sa croissance et sa s&eacute;curit&eacute; d&eacute;pendaient de l&rsquo;augmentation de sa d&eacute;mographie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais peu de candidats juifs choisissaient une vie aust&egrave;re, difficile et pleine de sacrifices. Quelques centaines d&rsquo;id&eacute;alistes sionistes s&rsquo;y &eacute;taient effectivement install&eacute;s. Mais une grande partie reprenait le chemin du retour pour n&rsquo;avoir pas support&eacute; la rudesse de la vie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;<em>alyah<\/em>, la mont&eacute;e en Isra&euml;l, objectif pr&ocirc;n&eacute; par les vieux pionniers, &eacute;tait devenue une immigration de n&eacute;cessit&eacute; et non un choix librement consenti.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes rescap&eacute;s de la shoah (massacre de pr&egrave;s 6 millions de personnes de religion juive pendant la Seconde Guerre mondiale) et des pogroms avaient fui l&rsquo;antis&eacute;mitisme de leur pays et les cons&eacute;quences dramatiques de la guerre mondiale.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes Irakiens, les Y&eacute;m&eacute;nites et les Syriens avaient trouv&eacute; un refuge contre les menaces arabes. En revanche, les Europ&eacute;ens, les Am&eacute;ricains et m&ecirc;me les Africains du Nord coulaient des jours heureux dans leur pays, en ne trouvant aucune raison de le quitter.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais les juifs avaient tendance &agrave; r&eacute;agir par instinct d&egrave;s qu&rsquo;ils sentaient leur s&eacute;curit&eacute; remise en question.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes cons&eacute;quences de la shoah les avaient convaincus qu&rsquo;ils devaient anticiper le danger pour ne pas se trouver sans d&eacute;fense.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAucun danger ne se profilait pourtant &agrave; l&rsquo;horizon puisque le conflit de Bizerte concernait la France et la Tunisie uniquement.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes juifs avaient des situations &eacute;tablies dans le pays et le retrait de la France leur avait ouvert des postes dans l&rsquo;administration d&rsquo;o&ugrave; ils &eacute;taient exclus auparavant.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIls contr&ocirc;laient l&rsquo;&eacute;conomie et occupaient les fonctions cl&eacute; dans les h&ocirc;pitaux, dans les banques et dans l&rsquo;enseignement.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIls &eacute;taient majoritaires dans les professions lib&eacute;rales. Une vie insouciante s&rsquo;offrait &agrave; eux dans le cadre de conditions mat&eacute;rielles ais&eacute;es. Ils ne souffraient d&rsquo;aucun antis&eacute;mitisme d&rsquo;Etat.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIls b&acirc;tissaient m&ecirc;me des projets dans un pays d&eacute;sert&eacute; par les cadres coloniaux rapatri&eacute;s en France.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tLe spectre de la Shoah<\/h3>\n<p>\n\t\t\tMais Isra&euml;l d&eacute;cida de les secouer et de les impliquer &agrave; sa mani&egrave;re, dans le conflit franco-tunisien, o&ugrave; ils n&rsquo;&eacute;taient pas partie prenante.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl chercha &agrave; mobiliser la population juive, puis &agrave; cr&eacute;er un d&eacute;but de panique pour la sortir de son inertie devant des &eacute;v&egrave;nements qui la laissait indiff&eacute;rente.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl devait susciter un danger potentiel en l&rsquo;inventant de toutes pi&egrave;ces.<\/p>\n<p>\n\t\t\tUn agent du Mossad fut envoy&eacute; &agrave; Bizerte pour pousser les 1.200 juifs &agrave; faire leur valise. Des informations bien distill&eacute;es leur ont fait comprendre que leur vie &eacute;tait en danger et qu&rsquo;apr&egrave;s le d&eacute;part des Fran&ccedil;ais, les Tunisiens proc&eacute;deraient &agrave; des pogroms pour les punir de leur passivit&eacute; devant les arm&eacute;es fran&ccedil;aises.<\/p>\n<p>\n\t\t\tToutes les voitures des juifs ont ainsi &eacute;t&eacute; r&eacute;quisitionn&eacute;es pour leur transfert dans un premier temps &agrave; Tunis, puis, plus tard, vers Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe bruit s&rsquo;&eacute;tait r&eacute;pandu que les juifs seraient accus&eacute;s de sympathie ou d&rsquo;espionnage pour le compte de la France.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAlors la peur se fit sentir jusqu&rsquo;&agrave; Tunis, d&rsquo;abord aupr&egrave;s des &eacute;tudiants puis vers toute la population juive.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDes informations alarmantes se propag&egrave;rent parmi les juifs. Des tracts arabes incitaient les autorit&eacute;s militaires &agrave; mobiliser les jeunes juifs par solidarit&eacute; avec le peuple tunisien, afin de tester leur civisme sachant que les juifs n&rsquo;accepteraient jamais de combattre la France, leur patrie d&rsquo;adoption.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDes rumeurs indiquaient que des juifs avaient aid&eacute; les troupes fran&ccedil;aises. Le gouvernement prit des mesures pour remplacer les coop&eacute;rants fran&ccedil;ais par les &eacute;tudiants juifs qui seraient emp&ecirc;ch&eacute;s de rejoindre les universit&eacute;s fran&ccedil;aises.<\/p>\n<p>\n\t\t\tToutes ces mesures r&eacute;percut&eacute;es par les agents du Mossad entra&icirc;n&egrave;rent une panique g&eacute;n&eacute;rale chez les juifs pour les pousser &agrave; quitter le pays, de pr&eacute;f&eacute;rence vers Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa boucle &eacute;tait boucl&eacute;e. Les juifs d&eacute;velopp&egrave;rent le syndrome d&rsquo;encerclement et d&rsquo;&eacute;touffement.<\/p>\n<p>\n\t\t\tTant que la France campait &agrave; Bizerte, ils pouvaient b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une garantie et d&rsquo;une assurance contre toute &eacute;ventuelle exaction de la part des arabes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMalgr&eacute; la douceur d&rsquo;une vie agr&eacute;able tunisienne, les juifs, qui &eacute;taient au nombre de 110.000 en 1947, d&eacute;cid&egrave;rent donc de s&rsquo;expatrier en masse, &agrave; l&rsquo;instar de la moiti&eacute; d&rsquo;entre eux qui avait choisi de s&rsquo;installer en Isra&euml;l ou en France de 1948 &agrave; 1956.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPlus de 5.000 juifs donn&egrave;rent le signe du d&eacute;part dans le seul dernier trimestre 1961. La Tunisie se vida alors de ses juifs entre l&rsquo;affaire de Bizerte, la <a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/90941\/maroc-israel-histoire-tumultueuse-des-juifs-marocains\" target=\"_blank\">guerre de Six jours<\/a> en 1967 et e la guerre du Kippour en 1973.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s de l&rsquo;Agence juive isra&eacute;lienne, tol&eacute;r&eacute;s en Tunisie dans leurs fonctions au grand jour, se voyaient d&eacute;bord&eacute;s de demandes d&rsquo;&eacute;migration.<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s le d&eacute;part des principaux responsables en 1952, ils avaient &eacute;t&eacute; d&eacute;mantel&eacute;s mais reconstitu&eacute;s en 1955, sous une forme clandestine par le Mossad et son bras arm&eacute;, connu sous le nom de <em>&laquo;Misgeret&raquo;.<\/em> La ru&eacute;e vers le pays des anc&ecirc;tres &eacute;tait amorc&eacute;e.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tLe r&ocirc;le d&eacute;terminant du Mossad<\/h3>\n<p>\n\t\t\tL&#39;ann&eacute;e suivante, &agrave; J&eacute;rusalem, les juifs tunisiens chantaient le soir de la p&acirc;que; la chanson devenait r&eacute;alit&eacute;. Le Mossad avait r&eacute;ussi l&agrave; o&ugrave; l&rsquo;Agence juive avait &eacute;chou&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes juifs tunisiens n&rsquo;avaient aucune raison de quitter leur pays mais l&rsquo;intoxication avait r&eacute;ussi &agrave; les convaincre de la n&eacute;cessit&eacute; du d&eacute;part.<\/p>\n<p>\n\t\t\tShlomo Havillio, commandant en chef du <a href=\"http:\/\/www.harissa.com\/news\/article\/l%E2%80%99%C3%A9migration-des-juifs-tunisiens-vers-isra%C3%ABl-1948-1967?page=4\" target=\"_blank\">Misgeret<\/a> &agrave; Paris entre 1955 et 1960 et responsable des op&eacute;rations au Maghreb, a admis plus tard: <em> <\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t<em>&laquo;Les craintes initiales &agrave; propos d&rsquo;&eacute;ventuelles r&eacute;actions des nationalistes tunisiens &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des juifs &eacute;taient beaucoup plus imaginaires que r&eacute;elles. La seule crainte pouvait venir de la pr&eacute;sence de r&eacute;volutionnaires dans la soci&eacute;t&eacute; tunisienne apr&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance.&raquo;<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\tDans ce contexte, les dirigeants du N&eacute;o-Destour, bien qu&rsquo;oppos&eacute;s au sionisme, n&rsquo;ont rien fait pour emp&ecirc;cher le d&eacute;part des juifs de Tunisie &agrave; destination d&rsquo;Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAinsi Habib Bourguiba avait d&eacute;clar&eacute; en ao&ucirc;t 1954:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t<em>&laquo;Les N&eacute;o-Destouriens s&rsquo;opposent enti&egrave;rement &agrave; l&rsquo;antis&eacute;mitisme et &agrave; la discrimination envers les juifs de Tunisie. Le gouvernement tunisien et les N&eacute;o-Destouriens feront tout pour assurer le bien-&ecirc;tre des juifs, mais si certains juifs pr&eacute;f&egrave;rent &eacute;migrer pour telle ou telle raison en Isra&euml;l, nous ne leur ferons aucune difficult&eacute;.&raquo;<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\tAujourd&rsquo;hui la Tunisie compte &agrave; peine 1.500 juifs sur les 110.000 qui y vivaient au d&eacute;but du XXe si&egrave;cle, la plupart vivant dans l&rsquo;ile de Djerba.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa crise de Bizerte, du 19 au 23 juillet 1961, a &eacute;t&eacute; le catalyseur du d&eacute;part des juifs de Tunisie qui avaient mis&eacute; sur l&rsquo;ind&eacute;pendance de leur pays et sur le renouveau de son histoire.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em><strong>Jacques Benillouche<\/strong><\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\thttp:\/\/www.slateafrique.com\/90909\/la-crise-de-bizerte-sonne-le-depart-des-juifs-de-tunisie-israel<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment la Tunisie s&#39;est vid&eacute;e de ses juifs &nbsp; La crise de Bizerte, en 1961, entre la France et la Tunisie, a provoqu&eacute; le d&eacute;part massif des juifs tunisiens vers Isra&euml;l. &nbsp; Jacques Benillouche<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17164,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[324,21,10,18,278,80,14,446,9,1,57],"tags":[],"class_list":["post-4812","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-charles-de-gaulle","category-etats-unis","category-france","category-histoire","category-jacques-benillouche","category-mossad","category-paris","category-salah-ben-youssef","category-tunisie","category-uncategorized","category-washington"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4812","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4812"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4812\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17164"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4812"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4812"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4812"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}