{"id":4822,"date":"2013-10-29T00:38:45","date_gmt":"2013-10-29T00:38:45","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4822"},"modified":"2013-10-29T00:11:39","modified_gmt":"2013-10-29T00:11:39","slug":"les-tcherkesses-des-israeliens-heureux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-tcherkesses-des-israeliens-heureux\/","title":{"rendered":"Les Tcherkesses : des Isra\u00e9liens heureux"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><u>Les Tcherkesses : des Isra&eacute;liens heureux <\/u><\/strong><u>&nbsp;<\/u><u>[Analyse] <\/u><\/p>\n<p>\n\tPar Sandra Ores <strong>&copy;<\/strong><strong>Me<\/strong><strong>tula <\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews <\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe mont Hermon, m&ecirc;me dans les mois les plus froids de l&rsquo;hiver moyen-oriental, lorsque ses reliefs enneig&eacute;s se d&eacute;tachent sur l&rsquo;horizon, reste un petit-cousin fort &eacute;loign&eacute; des imposantes montagnes escarp&eacute;es du Caucase.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe spectacle des hauteurs isra&eacute;lo-syriennes offre toutefois un brin de compensation pour les quelques mille Tcherkesses &eacute;tablis sur les monts situ&eacute;s de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la vall&eacute;e du Jourdain, dans le village de Rehaniya (la parfum&eacute;e). Les Tcherkesses isra&eacute;liens vivent &eacute;loign&eacute;s de la patrie dont ils sont originaires, la r&eacute;gion nord de la cha&icirc;ne eurasienne s&rsquo;&eacute;levant entre la mer Noire et la mer Caspienne.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNich&eacute; entre les monts de Naftali, au nord de Safed, en Galil&eacute;e, &agrave; moins de cinq kilom&egrave;tres de la fronti&egrave;re d&eacute;limitant Isra&euml;l et le Liban, cette petite agglom&eacute;ration se dresse, fi&egrave;rement, au milieu des kibboutzim et des villages juifs, arabes et chr&eacute;tiens environnants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Tcherkesses ont surv&eacute;cu, en d&eacute;pit des trag&eacute;dies ayant tiss&eacute; leur histoire<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Tcherkesses, que l&rsquo;on nomme &eacute;galement Circassiens, sont arriv&eacute;s dans la r&eacute;gion de la Palestine, alors sous domination ottomane, d&egrave;s 1873, suite &agrave; la guerre russo-circassienne (1763-1864). Au cours de ce conflit, l&rsquo;Empire russe a tent&eacute; de d&eacute;cimer cette peuplade autochtone, qui comptait quatre millions d&rsquo;&acirc;mes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, afin de prendre le contr&ocirc;le de son territoire, qu&rsquo;il consid&eacute;rait comme strat&eacute;gique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes habiles guerriers de cette ethnie, dont les premi&egrave;res traces remontent &agrave; la pr&eacute;histoire, l&rsquo;avaient d&eacute;fendu pendant des mill&eacute;naires, notamment contre les attaques cons&eacute;cutives, entre autres, des Romains et des Grecs, des Mongols, des Huns et des Khazars. Mais ils ne purent r&eacute;sister devant la puissance de l&rsquo;Empire russe, qui comptait alors pr&egrave;s de cent trente millions d&rsquo;habitants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Empire ottoman leur offrit l&rsquo;asile, mais &agrave; la condition stricte qu&rsquo;ils se convertissent &agrave; l&rsquo;islam ; contrainte &agrave; laquelle les Tcherkesses, chr&eacute;tiens depuis l&rsquo;influence de l&rsquo;Empire byzantin au VI<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle, se pli&egrave;rent, plut&ocirc;t que de &quot;nourrir les poissons de la mer Noire&quot;, comme les anciens le rapportent aujourd&rsquo;hui encore. Les Tcherkesses &eacute;taient d&eacute;j&agrave; c&eacute;l&egrave;bres aux yeux des sultans turcs pour la beaut&eacute; et la d&eacute;licatesse de leurs femmes, dont la pr&eacute;sence dans leurs harems les comblait.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuatre mille cinq cents Tcherkesses vivent aujourd&rsquo;hui en Isra&euml;l, dans les deux villages de Rehaniya et de Kfar Kama, ce dernier, en basse Galil&eacute;e, comptant trois mille cinq cents individus, tous tcherkesses.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne minorit&eacute; ethnique dans la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne, qui a su conserver son h&eacute;ritage et qui reste fortement attach&eacute;e &agrave; la pr&eacute;servation de son unit&eacute;, sa culture et ses traditions.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tApproximativement trois millions et demi de Tcherkesses vivraient aujourd&rsquo;hui dans le monde. La majeure partie r&eacute;sidant en Turquie, o&ugrave; ils seraient environ deux millions. Un chiffre toutefois difficile &agrave; estimer, nombre d&rsquo;entre eux s&rsquo;&eacute;tant fondus dans la population locale, du fait que, pendant la p&eacute;riode d&rsquo;Atat&uuml;rk, revendiquer des origines non turques pouvait mener &agrave; une peine de prison.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuelques six cent mille Caucasiens sont retourn&eacute;s dans leur r&eacute;gion d&rsquo;origine apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; longtemps exil&eacute;s dans diff&eacute;rentes contr&eacute;es de Russie, jusqu&rsquo;en Sib&eacute;rie. Des communaut&eacute;s subsistent &eacute;galement en Jordanie, en Syrie, en Lybie, dans des pays occidentaux comme l&rsquo;Allemagne ou les Etats-Unis, et &eacute;galement en France.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Tcherkesses isra&eacute;liens n&rsquo;ont pas coup&eacute; le contact avec leurs fr&egrave;res ; ils se rencontrent lors d&rsquo;un congr&egrave;s culturel organis&eacute; tous les deux ans, &agrave; l&rsquo;occasion de grandes f&ecirc;tes, tel le festival annuel tcherkesse en Isra&euml;l, ou lors de mariages, pouvant rassembler mille &agrave; mille cinq cents invit&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;exemple d&rsquo;une belle r&eacute;ussite dans la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTranquillit&eacute;, propret&eacute;, beaut&eacute; ; trois qualit&eacute;s primordiales aux yeux des Tcherkesses, me confie Samir Heroun, le maire de Rehaniya, lorsque je le rencontre dans son bureau, lors de mon immersion, pendant deux jours, dans son village.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn village en effet fort joli, bien tenu, o&ugrave; tr&ocirc;nent de spacieuses demeures fleuries, et qui comporte tous les am&eacute;nagements n&eacute;cessaires &agrave; faire vivre la communaut&eacute; : &eacute;cole primaire, jardin d&rsquo;enfants, centre culturel, sup&eacute;rettes ainsi que plusieurs petits restaurants traditionnels.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Tcherkesses ne ch&ocirc;ment pas : d&egrave;s six heures et demi du matin, le village s&rsquo;active, des voitures sortent de son enceinte, emmenant leurs passagers au travail, dans les villes avoisinantes, jusqu&rsquo;&agrave; Safed, Kiryat Shmona, Karmiel ou m&ecirc;me Ha&iuml;fa. La majorit&eacute; des Tcherkesses, hommes et femmes, d&eacute;tient des dipl&ocirc;mes lui permettant d&rsquo;occuper des postes int&eacute;ressants : on compte parmi eux, en vrac, le chef de la police de Kiryat Shmona, des garagistes, des chercheurs dans le domaine m&eacute;dical, ou encore des couturi&egrave;res, sp&eacute;cialis&eacute;es dans la confection des uniformes de Tsahal.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;hygi&egrave;ne, l&rsquo;organisation et la r&eacute;ussite de cette communaut&eacute; contraste avec l&rsquo;&eacute;tat du village voisin d&rsquo;Alma, peupl&eacute; par des Juifs originaires de Lybie. Situ&eacute; &agrave; quelques centaines de m&egrave;tres &agrave; peine de Rehaniya, de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la route, il offre un tout autre spectacle : jardins d&eacute;labr&eacute;s, b&acirc;tisses construites sans go&ucirc;t, o&ugrave; la n&eacute;gligence et le laisser-aller ne peuvent &eacute;chapper &agrave; l&rsquo;&oelig;il du visiteur ; un mochav (village semi-communautaire) en faillite, l&rsquo;un des plus pauvres d&rsquo;Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette antith&egrave;se constitue un exemple irr&eacute;futable de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des chances de r&eacute;ussite qu&rsquo;offre l&rsquo;Etat h&eacute;breu &agrave; tous ses citoyens, ind&eacute;pendamment de leur ethnicit&eacute; ou de leur religion. Elle montre que, &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; diam&eacute;tral du mythe dont on accuse souvent la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne, celle-ci ne fonctionne pas sur la base de discriminations ou de s&eacute;gr&eacute;gations entre Juifs et musulmans ; mais, au contraire, qu&rsquo;elle offre &agrave; chacun un syst&egrave;me bas&eacute; sur le m&eacute;rite et l&rsquo;initiative personnelle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tInt&eacute;gr&eacute;s &agrave; la population isra&eacute;lienne, tout en conservant librement leurs sp&eacute;cificit&eacute;s et traditions<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSeuls le vert-bleu per&ccedil;ant de leurs yeux, leur beaut&eacute; intrigante et leur chevelure claire &ndash; souvent rousse ou blonde &#8211; permettent de distinguer les Tcherkesses de la plupart des autres Isra&eacute;liens.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi, dans l&rsquo;enceinte de leur habitat, ils parlent la langue tcherkesse, l&rsquo;adygu&eacute;en, ils s&rsquo;expriment dans un h&eacute;breu parfait et sans accent.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Tcherkesses isra&eacute;liens restent particuli&egrave;rement attach&eacute;s &agrave; leur culture et &agrave; leurs traditions, qu&rsquo;ils perp&eacute;tuent avec c&oelig;ur et envie. Le respect repr&eacute;sente une valeur morale centrale dans la mani&egrave;re dont ils conduisent leur vie, notamment au sein de la famille ou des relations entre les hommes et les femmes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa majorit&eacute; des jeunes gens se passionne en outre pour la danse folklorique, discipline essentielle de la culture tcherkesse. Un &eacute;chantillon de cette pratique peut &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute; au cours de leur festival annuel, dont la derni&egrave;re occurrence a eu lieu le week-end dernier. Un soir de spectacle dans chacun des deux villages, suivi de ballets informels, au cours desquels les adolescents des deux sexes dansent ensemble et &eacute;changent des regards prudes. C&rsquo;est au cours de ces &eacute;v&egrave;nements, de m&ecirc;me que des mariages, qu&rsquo;ils se rencontrent.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCar les Tcherkesses se marient entre eux. Mais jamais au sein d&rsquo;une m&ecirc;me famille ; si la dulcin&eacute;e provient d&rsquo;un autre village, voire d&rsquo;un autre pays, c&rsquo;est encore mieux. Ces m&eacute;langes et leurs r&egrave;gles auront certainement concouru &agrave; perp&eacute;tuer la beaut&eacute; du clan.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa communaut&eacute; vit dans un monde diff&eacute;rent de celui des autres Isra&eacute;liens ; rien &agrave; voir avec celui des Juifs, ni celui des chr&eacute;tiens, ni encore celui des musulmans sunnites. Les Tcherkesses entretiennent leur diff&eacute;rence et sont fiers de leur ascendance. &quot;Si on se fond dans la masse, on oublie d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on vient, on n&rsquo;est plus rien&quot;, m&rsquo;indique Samir, le maire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe Caucase, aujourd&rsquo;hui en Russie, repr&eacute;sente pour certains, comme Shaouki, le fondateur du festival et conservateur du mus&eacute;e de l&rsquo;h&eacute;ritage tcherkesse de Rehaniya, un paradis lointain qu&rsquo;ils souhaiteraient, un jour futur, regagner. Mais, en attendant que ce r&ecirc;ve mythique se r&eacute;alise, Isra&euml;l, c&rsquo;est bel et bien chez eux ; ils repr&eacute;sentent la troisi&egrave;me ou la quatri&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration &agrave; s&rsquo;&ecirc;tre &eacute;tablie sur cette terre.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn <em>home sweet home<\/em> dont ils appr&eacute;cient la tol&eacute;rance et la libert&eacute; qu&rsquo;il leur accorde. Une soci&eacute;t&eacute; dans laquelle ils sont pleinement int&eacute;gr&eacute;s, tout en ayant la possibilit&eacute; de garder leur propre mode de vie. De se rendre dans leurs &eacute;coles afin d&rsquo;y apprendre la langue de leurs a&iuml;eux ; ou encore, d&rsquo;afficher des signes ext&eacute;rieurs religieux sans rencontrer de discriminations, comme me le rappelle Khouria, &eacute;ducatrice au jardin d&rsquo;enfants, portant le voile blanc tcherkesse autour du visage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne chance dont ne b&eacute;n&eacute;ficient pas toutes les communaut&eacute;s tcherkesses &agrave; travers le monde, dans les pays o&ugrave; il ne fait pas bon afficher sa diff&eacute;rence. Ainsi, en Jordanie, la communaut&eacute; tcherkesse peine &agrave; &eacute;viter l&rsquo;assimilation et la disparition de ses traditions, alors qu&rsquo;elle se fond peu &agrave; peu dans la masse. Partageant, de plus, la m&ecirc;me religion que le reste des citoyens, elle a du mal &agrave; perp&eacute;tuer ses particularit&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;ailleurs, &agrave; en croire Khouria, les autres Tcherkesses de l&rsquo;&eacute;tranger consid&egrave;rent les ressortissants isra&eacute;liens comme chanceux, soutenant qu&rsquo;ils jouissent d&rsquo;un bon cadre de vie. Isra&euml;l, cet exemple le montre, participant d&rsquo;un Etat tol&eacute;rant la dissemblance, voire encourageant le maintien des patrimoines de ses diverses communaut&eacute;s, qui nourrissent la richesse culturelle du pays.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette mani&egrave;re de mener leur barque n&rsquo;emp&ecirc;che pas les Tcherkesses de demeurer des gens avenants, ouverts sur l&rsquo;ext&eacute;rieur, et dissertant avec plaisir sur leur culture.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDes liens et des amiti&eacute;s, ils en entretiennent avec des membres de toutes les confessions alentours. Toutefois, ce sont des citoyens juifs qu&rsquo;ils se sentent les plus proches, comme me l&rsquo;indique Matilda, femme aux cheveux et teint clairs, d&rsquo;&acirc;ge m&ucirc;r, en train de pr&eacute;parer sa maison pour l&rsquo;arriv&eacute;e de ses invit&eacute;s de Jordanie, qui participeront au festival. Similaires aux Juifs, du point de vue du mode de vie, de la mentalit&eacute;, et de l&rsquo;approche de la la&iuml;cit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Tcherkesses sont musulmans depuis leur absorption dans l&rsquo;Empire ottoman. Devenus, au fil des g&eacute;n&eacute;rations, fid&egrave;les croyants et heureux dans leur nouvelle foi, la pratique s&eacute;rieuse des pr&eacute;ceptes de Mahomet n&rsquo;est suivie qu&rsquo;apr&egrave;s un &acirc;ge avanc&eacute;. Les jeunes m&egrave;nent une vie totalement profane, et, dans les rues de Rehaniya, seules les femmes plus &acirc;g&eacute;es, auxquelles se joignent quelques jeunes exceptions, portent le voile. Un voile blanc, particulier aux Tcherkesses, import&eacute; de Turquie, et bord&eacute; de perles de la m&ecirc;me couleur.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA Kfar Kama, l&rsquo;autre village tcherkesse de Galil&eacute;e, les jeunes filles se tournent davantage vers la religion, et l&rsquo;on peut en croiser certaines, la t&ecirc;te d&eacute;j&agrave; couverte avant le mariage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne communaut&eacute; loyale et patriote, depuis la cr&eacute;ation de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes jolies jouvencelles tcherkesses, ainsi qu&rsquo;il en va des jeunes filles druzes, par pudeur et afin de ne pas se trouver m&eacute;lang&eacute;es &agrave; des gar&ccedil;ons dans des unit&eacute;s mixtes, ne sont pas contraintes au service militaire. A l&rsquo;oppos&eacute; des jeunes gars, qui s&rsquo;y plient sans exception.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAu sein de Tsahal, ils int&egrave;grent souvent des unit&eacute;s d&rsquo;&eacute;lite, dans les garde-fronti&egrave;res ou l&rsquo;arm&eacute;e de l&rsquo;air. De par leur histoire, les Tcherkesses portent en eux la fibre des combattants courageux et honorables ; des qualit&eacute;s qui se refl&egrave;tent dans le nombre particuli&egrave;rement &eacute;lev&eacute; d&rsquo;officiers parmi les soldats issus de cette petite minorit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tShaouki me rapporte que parmi ses six fr&egrave;res, cinq portent le grade d&rsquo;officier ; mon interlocuteur poursuivant que l&rsquo;on d&eacute;nombre, dans l&rsquo;arm&eacute;e, davantage d&rsquo;officiers originaires de Rehaniya que des trente-trois autres villages avoisinants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDes soldats musulmans, auxquels Isra&euml;l accorde une confiance absolue, pla&ccedil;ant entre leurs mains la responsabilit&eacute; des vies d&rsquo;autres soldats et des civils. Dans l&rsquo;Etat h&eacute;breu, la loyaut&eacute;, au point de risquer sa vie afin de d&eacute;fendre la s&eacute;curit&eacute; du pays, compte ainsi davantage que la confession.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est &eacute;galement au cours de ces ann&eacute;es formatrices que les jeunes Tcherkesses tissent des liens d&rsquo;amiti&eacute; avec les autres Isra&eacute;liens juifs, druzes et b&eacute;douins.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;all&eacute;geance &agrave; Tsahal alimente la complexit&eacute; de l&rsquo;identit&eacute; tcherkesse ; les membres de cette communaut&eacute; se trouvant pris en tenaille entre leur fid&eacute;lit&eacute; &agrave; l&rsquo;Etat h&eacute;breu et les adeptes de la religion musulmane, dont la majorit&eacute;, et particuli&egrave;rement ceux vivant au Moyen-Orient, consid&egrave;re que les musulmans devraient tous &ecirc;tre solidaires dans la lutte contre Isra&euml;l. Cette consid&eacute;ration faisant des Tcherkesses des tra&icirc;tres &agrave; leurs yeux.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Caucasiens ont cependant choisi de se ranger aux c&ocirc;t&eacute;s des Juifs pour d&eacute;fendre la s&eacute;curit&eacute; d&rsquo;Isra&euml;l contre les attaques arabes. Une prise de position qui remonte &agrave; la cr&eacute;ation de l&rsquo;Etat en 1948, et m&ecirc;me avant cela.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIls d&eacute;barqu&egrave;rent en effet en Galil&eacute;e en m&ecirc;me temps que les premiers pionniers juifs ayant quitt&eacute; l&rsquo;Empire russe, &agrave; la fin du XIX<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle ; la connaissance de la langue russe, ainsi que des origines g&eacute;ographiques voisines, ont rapproch&eacute; les deux peuples.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;inverse, me rapporte Shaouki, la barri&egrave;re de la langue les tenait &agrave; l&rsquo;&eacute;cart des Arabes, avec lesquels quelques conflits &eacute;clat&egrave;rent durant les premi&egrave;res ann&eacute;es ; ces derniers, peu dispos&eacute;s &agrave; accepter la pr&eacute;sence des nouveaux venus, cherchaient &agrave; les chasser ou &agrave; piller leurs campements.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tD&egrave;s les premi&egrave;res ann&eacute;es, les hommes tcherkesses furent d&rsquo;ailleurs engag&eacute;s par les Juifs pour d&eacute;fendre leurs villages des attaques locales arabes ; la d&eacute;fense, une mati&egrave;re dans laquelle les Juifs n&rsquo;excellaient pas encore, au contraire des Caucasiens.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAujourd&rsquo;hui, les Tcherkesses, malgr&eacute; le fait qu&rsquo;ils ne soient pas isra&eacute;lites mais musulmans, repr&eacute;sentent parfaitement l&rsquo;Isra&eacute;lien moderne la&iuml;c, travailleur et patriote, l&rsquo;id&eacute;al imagin&eacute; par Th&eacute;odore Herzl lors de la cr&eacute;ation de l&rsquo;Etat h&eacute;breu.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne image &agrave; m&ecirc;me de briser le mythe fallacieux d&rsquo;un Isra&euml;l raciste et s&eacute;gr&eacute;gationniste, &eacute;crasant ses minorit&eacute;s sous une culture unique et oppressante. En lieu et place, la qualit&eacute; de vie de la communaut&eacute; tcherkesse laisse entrevoir un esprit de tol&eacute;rance et d&rsquo;humanisme, une soci&eacute;t&eacute; centr&eacute;e sur l&rsquo;individu et non sur le dogme ou la religion, loin de s&rsquo;inspirer d&rsquo;une id&eacute;ologie totalitaire au seul avantage des Juifs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Les Tcherkesses : des Isra&eacute;liens heureux &nbsp;[Analyse] Par Sandra Ores &copy;Metula News Agency &nbsp; Le mont Hermon, m&ecirc;me dans les mois les plus froids de l&rsquo;hiver moyen-oriental, lorsque ses reliefs enneig&eacute;s se d&eacute;tachent sur l&rsquo;horizon, reste un petit-cousin fort &eacute;loign&eacute; des imposantes montagnes escarp&eacute;es du Caucase. &nbsp; Le spectacle des hauteurs isra&eacute;lo-syriennes offre toutefois&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17169,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[359,21,10,12,58,40,44,129,26,37,41,1],"tags":[],"class_list":["post-4822","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-caucase","category-etats-unis","category-france","category-israel","category-jordanie","category-liban","category-russie","category-sandra-ores","category-syrie","category-tsahal","category-turquie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4822","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4822"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4822\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17169"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4822"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4822"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4822"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}