{"id":4890,"date":"2013-07-30T23:39:55","date_gmt":"2013-07-30T23:39:55","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4890"},"modified":"2013-07-31T04:22:48","modified_gmt":"2013-07-31T04:22:48","slug":"ramadan-ceux-qui-le-font-ceux-qui-ne-le-font-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ramadan-ceux-qui-le-font-ceux-qui-ne-le-font-pas\/","title":{"rendered":"Ramadan : ceux qui le font, ceux qui ne le font pas"},"content":{"rendered":"<p>\n\tRamadan : ceux qui le font, ceux qui ne le font pas<\/p>\n<div class=\"texteModifiable\" id=\"texte\" itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"texteModifiable\" id=\"texte\" itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"infos\">\n\t\t\t<span class=\"source\" itemprop=\"author\">Par F. Dahmani, T. Hafid, et Y. A. Akdim <\/span><\/div>\n<p><\/p>\n<div class=\"legende\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"legende\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p class=\"chapo\">\n\t\t\tLa plupart des musulmans, qu&#39;ils soient ou non pratiquants, ont entam&eacute; trente longs jours de privations. En Tunisie, comme en Alg&eacute;rie et au Maroc, le respect des us et interdits li&eacute;s &agrave; ce mois sacr&eacute; est presque aussi culturel que cultuel. &Agrave; quelques diff&eacute;rences pr&egrave;s. Notamment au regard des non-je&ucirc;neurs.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 1964, Bourguiba, buvant un jus de fruit en public durant le ramadan, signifiait au peuple que la construction du pays avait priorit&eacute; sur les coutumes, et suscita alors une &eacute;norme pol&eacute;mique. De fait, en <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/pays\/tunisie\/tunisie.asp\" target=\"_blank\">Tunisie<\/a>, comme en <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/pays\/algerie\/algerie.asp\" target=\"_blank\">Alg&eacute;rie<\/a> et au Maroc, le respect du ramadan a toujours &eacute;t&eacute; bien plus ancr&eacute; dans les moeurs que la pri&egrave;re. Quarante-huit ans et une r&eacute;volution plus tard, &agrave; la faveur de l&#39;&eacute;mergence islamiste, les Tunisiens se r&eacute;v&eacute;leraient-ils plus conservateurs et moins tol&eacute;rants que les autres Maghr&eacute;bins et que leurs a&icirc;n&eacute;s ?<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes musulmans qui ne je&ucirc;nent pas, d&eacute;sign&eacute;s avec d&eacute;dain par le sobriquet de fatara (&laquo; ceux qui mangent &raquo;), sont per&ccedil;us comme des mauviettes, sans volont&eacute;, incapables de supporter quelques privations &#8211; comparables &agrave; celles qu&#39;observent les Juifs lors de Yom Kippour et les chr&eacute;tiens pendant le mois de car&ecirc;me. En revanche, contrairement au droit alg&eacute;rien ou marocain, la loi tunisienne ne pr&eacute;voit aucune sanction contre ceux qui n&#39;observent pas le ramadan et n&#39;interdit pas aux &eacute;tablissements de servir leurs clients.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Bras de fer tunisien<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tDepuis quelques ann&eacute;es, les patrons de caf&eacute; et de restaurant h&eacute;sitent cependant &agrave; lever le rideau pendant la journ&eacute;e. &laquo; La demande est l&agrave;, et beaucoup de Tunisiens, surtout en milieu urbain, ne je&ucirc;nent pas, mais avec les islamistes ultras, ouvrir est un risque que je ne veux pas courir &raquo;, explique un cafetier du centre de Tunis. Son propos n&#39;est pas exag&eacute;r&eacute;. L&#39;autoproclam&eacute; d&eacute;fenseur des moeurs et de la vertu, Adel Almi, pr&eacute;sident de l&#39;association Al-Jamia al-Wassatia Li Tawia Wal Islah (&laquo; Association centriste de sensibilisation et de r&eacute;forme &raquo;), invite le gouvernement &agrave; retirer leur licence aux &eacute;tablissements ouverts durant le mois sacr&eacute; et intime aux fatara de ne pas provoquer les salafistes en s&#39;affichant.<\/p>\n<p>\n\t\t\tComme celui des quatre autres piliers de l&#39;islam, le respect du je&ucirc;ne rel&egrave;ve d&#39;un choix personnel et sa non-observance a toujours &eacute;t&eacute; entour&eacute;e d&#39;une discr&eacute;tion que certains estiment hypocrite. &laquo; Je n&#39;ai pas de comptes &agrave; rendre aux hommes. Je ne suis pas pratiquant, je ne je&ucirc;ne pas et nul ne peut m&#39;y obliger. Pourtant, depuis quelques ann&eacute;es, la pression sociale est telle qu&#39;on finit par se sentir honteux &raquo;, confie Far&egrave;s, blogueur actif durant la r&eacute;volution. &laquo; Le regard des autres est tel qu&#39;il peut conduire &agrave; des drames. Des malades ou des personnes &acirc;g&eacute;es s&#39;ent&ecirc;tent &agrave; je&ucirc;ner, mais beaucoup finissent aux urgences &raquo;, remarque un m&eacute;decin de l&#39;h&ocirc;pital de Sahloul, &agrave; Sousse.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAlors que les communaut&eacute;s juive et chr&eacute;tienne ne changent pas leurs habitudes mais observent plus de retenue en public, nombre de musulmans ont fait des provisions d&#39;alcool, et la bi&egrave;re est en rupture de stock, du jamais vu. Le ramadan, qui tenait plus d&#39;une coutume culturelle que cultuelle dans les ann&eacute;es 1970-1980, symbolise d&eacute;sormais, en Tunisie, le bras de fer entre pratiquants et non-pratiquants.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Les Alg&eacute;riens et l&#39;anath&egrave;me du 144 bis 2<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tNon-je&ucirc;neurs aux abris ! En Alg&eacute;rie, la discr&eacute;tion est de mise pour tous ceux qui n&#39;observent pas le ramadan. Ils sont pourtant nombreux, chaque ann&eacute;e, &agrave; &ecirc;tre appr&eacute;hend&eacute;s et d&eacute;f&eacute;r&eacute;s devant la justice pour une gorg&eacute;e d&#39;eau, un quignon de pain ou une &laquo; taffe &raquo; prise avant le coucher du soleil.<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&#39;est en 2010 qu&#39;a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; le plus grand nombre d&#39;affaires. Comme celles des huit &laquo; d&eacute;-je&ucirc;neurs &raquo; de B&eacute;ja&iuml;a, surpris en train de siroter des caf&eacute;s dans un restaurant &#8211; que son propri&eacute;taire avait pourtant bien pris soin de fermer auparavant &#8211; ou des deux ouvriers du b&acirc;timent de la r&eacute;gion de Tizi-Ouzou, Salem Fellak et Hocine Hocini, interrompus en pleine pause casse-cro&ucirc;te. Leur proc&egrave;s prendra une autre tournure lorsque Hocini confessera &ecirc;tre chr&eacute;tien. Tous ont finalement b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d&#39;une relaxe gr&acirc;ce au soutien de la population et d&#39;associations, et &agrave; la m&eacute;diatisation de leur &laquo; faute &raquo;. Les verdicts sont g&eacute;n&eacute;ralement plus s&eacute;v&egrave;res lorsque la presse et les associations ne s&#39;en m&ecirc;lent pas et, chaque ann&eacute;e, une dizaine de contrevenants, pourtant discrets, sont condamn&eacute;s. Il faut dire que les magistrats ont une disposition imparable pour s&eacute;vir contre les &laquo; mangeurs du ramadan &raquo; : l&#39;article 144 bis 2. Introduit dans le code p&eacute;nal en 2001, ce dernier dispose que &laquo; quiconque offense le Proph&egrave;te [&#8230;] et les envoy&eacute;s de Dieu ou d&eacute;nigre le dogme ou les pr&eacute;ceptes de l&#39;islam, que ce soit par voie d&#39;&eacute;crit, de dessin, de d&eacute;claration ou tout autre moyen &raquo;, est puni d&#39;un emprisonnement de trois ans &agrave; cinq ans et\/ou d&#39;une amende de 50 000 &agrave; 100 000 dinars (500 &agrave; 1 000 euros). Libert&eacute; est donc laiss&eacute;e aux juges d&#39;interpr&eacute;ter la loi et le d&eacute;lit d&#39;offense selon leurs convictions, leur foi, leur raison ou leurs sentiments.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo; Cette disposition a &eacute;t&eacute; prise pour faire face au pros&eacute;lytisme, notamment chr&eacute;tien, qui a fait son apparition au plus fort de la p&eacute;riode du terrorisme, explique Me Khaled Bourayou, avocat &agrave; la cour d&#39;Alger. L&#39;&Eacute;tat a choisi la voie de la r&eacute;pression, craignant que la violence islamiste ne cr&eacute;e un rejet des valeurs de l&#39;islam au sein de la soci&eacute;t&eacute;. L&#39;objectif est donc essentiellement d&#39;ordre sociologique. &raquo; Ce processus de r&eacute;gulation fond&eacute; sur l&#39;alternance de libert&eacute;s et d&#39;interdits, comme dans toute soci&eacute;t&eacute;, affiche ses contradictions &agrave; l&#39;occasion du ramadan. Ainsi, en Alg&eacute;rie, la consommation d&#39;alcool, permise durant toute l&#39;ann&eacute;e, tombe dans le domaine de la prohibition du jour au lendemain. &laquo; Tr&ecirc;ve &eacute;thylique &raquo; religieusement observ&eacute;e jusqu&#39;&agrave; la c&eacute;l&eacute;bration de l&#39;A&iuml;d el-Fitr, o&ugrave; les bars sont alors pris d&#39;assaut.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Un Maroc unanimement antiagitateurs<\/strong><\/p>\n<div class=\"encart drt\">\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Les vacances n&#39;excluent pas le bon sens<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe ramadan en pleine haute saison met les tourismes tunisien et marocain dans une situation paradoxale et peut devenir un casse-t&ecirc;te pour les voyageurs. Difficile de trouver un caf&eacute; ou un restaurant ouverts, m&ecirc;me dans les grandes villes, m&ecirc;me au coeur des quartiers touristiques, en dehors des h&ocirc;tels, qui continuent de servir leurs clients. En Tunisie, o&ugrave; les associations islamistes soutiennent que &laquo; le ramadan n&#39;est pas un d&eacute;sagr&eacute;ment pour les touristes &raquo;, les tour-op&eacute;rateurs invitent les voyageurs &agrave; m&eacute;nager les susceptibilit&eacute;s, &agrave; porter des tenues d&eacute;centes, &agrave; ne pas boire, manger ou fumer en public. Bref, &agrave; faire preuve de bon sens. &laquo; Pour les groupes, nous sommes organis&eacute;s, tout est pr&eacute;vu. En revanche, les touristes individuels peinent &agrave; trouver un restaurant ouvert et abordable, tout comme il leur est difficile de ne pas boire en public en pleine canicule. Il y a aussi une baisse g&eacute;n&eacute;rale de la qualit&eacute; de service, car le personnel je&ucirc;ne &raquo;, observe Mohamed, un guide de Nouvelles Fronti&egrave;res. &laquo; Le ramadan est un faux probl&egrave;me. Les touristes viennent aussi pour vivre quelque chose de diff&eacute;rent et le mois sacr&eacute; est un moment sp&eacute;cial &raquo;, ass&egrave;ne Nejla, commer&ccedil;ante &agrave; deux pas des souks de Tunis. Aux voyageurs d&#39;appr&eacute;cier et de respecter les coutumes du pays et, pourquoi pas, de les partager. <strong>F.D<\/strong>.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\tDans le royaume ch&eacute;rifien, comme en 2009, c&#39;est par Facebook que le scandale est arriv&eacute;. D&eacute;but juillet, une poign&eacute;e de jeunes militants a lanc&eacute; sur le r&eacute;seau social l&#39;appel Masayminch (&laquo; Nous ne je&ucirc;nons pas &raquo;). L&agrave; o&ugrave; les six activistes du Mouvement alternatif des libert&eacute;s individuelles (Mali) avaient tent&eacute; d&#39;organiser un pique-nique &agrave; Mohammedia pour d&eacute;noncer l&#39;obligation de je&ucirc;ner (ou de faire semblant), les membres de Masayminch ouvrent plus largement la question de la tol&eacute;rance pendant le mois saint. La page Facebook du collectif re&ccedil;oit des centaines de messages par jour, la plupart extr&ecirc;mement virulents. Car au Maroc le je&ucirc;ne est scrupuleusement observ&eacute;. L&#39;article 222 du code p&eacute;nal pr&eacute;voit que &laquo; celui qui, notoirement connu pour son appartenance &agrave; la religion musulmane, rompt ostensiblement le je&ucirc;ne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion &raquo;, est puni de un &agrave; six mois d&#39;emprisonnement et d&#39;une amende de 200 dirhams (18 euros). Son application stricte est compliqu&eacute;e puisque les crit&egrave;res retenus (appartenance notoire &agrave; l&#39;islam, rupture ostentatoire du jeune, excuse religieuse) sont cumulatifs et souvent difficiles &agrave; retenir. D&#39;ailleurs, en 2009, les &laquo; d&eacute;-je&ucirc;neurs &raquo; du Mali avaient finalement &eacute;t&eacute; rel&acirc;ch&eacute;s sans poursuites apr&egrave;s de longs interrogatoires de police. C&#39;est le cas de quelques dizaines de personnes chaque ann&eacute;e. La doctrine officielle explique que &laquo; ce texte r&eacute;prime une infraction grave aux prescriptions de la religion musulmane qui peut &ecirc;tre l&#39;occasion de d&eacute;sordres en raison de l&#39;indignation qu&#39;elle est susceptible de soulever dans le public &raquo;. Porte-voix d&#39;une minorit&eacute;, ces mouvements sont les pionniers d&#39;un d&eacute;bat encore timide sur la libert&eacute; de conscience. Pour l&#39;instant, c&#39;est dans les classes ais&eacute;es et parmi les milieux de gauche que l&#39;on je&ucirc;ne le moins. La majorit&eacute;, elle, fait le ramadan et pr&eacute;f&eacute;rerait que tout le monde fasse pareil.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>&copy;Abdelhak Senna\/AFP<\/em><\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2689p048-050.xml0\/#ixzz2280jHSvR\">Ramadan : ceux qui le font, ceux qui ne le font pas<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ramadan : ceux qui le font, ceux qui ne le font pas &nbsp; &nbsp; Par F. Dahmani, T. Hafid, et Y. A. Akdim &nbsp; &nbsp; La plupart des musulmans, qu&#39;ils soient ou non pratiquants, ont entam&eacute; trente longs jours de privations. 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