{"id":4932,"date":"2012-08-06T17:32:40","date_gmt":"2012-08-06T17:32:40","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4932"},"modified":"2012-08-07T15:54:09","modified_gmt":"2012-08-07T15:54:09","slug":"le-cio-entre-nazisme-fascisme-et-antisemitisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-cio-entre-nazisme-fascisme-et-antisemitisme\/","title":{"rendered":"Le CIO entre nazisme, fascisme et antis\u00e9mitisme"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLe CIO entre nazisme, fascisme et antis&eacute;mitisme<\/p>\n<div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<p><\/p>\n<div>\n<div>\n\t\tDaniel Salvatore Schiffer &#8211; Philosophe<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\tLes Jeux olympiques sont lou&eacute;s tous les quatre ans comme une immense f&ecirc;te sportive et populaire. Le philosophe Daniel Salvatore-Schiffer revient sur le pass&eacute; peu reluisant des Jeux et du Comit&eacute; olympique, entre fascisme et nazisme. On est bien loin de la tr&ecirc;ve olympique !<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tLe CIO entre nazisme, fascisme et antis&eacute;mitisme<\/p>\n<div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<p><\/p>\n<div>\n<div>\n\t\tDaniel Salvatore Schiffer &#8211; Philosophe<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\tLes Jeux olympiques sont lou&eacute;s tous les quatre ans comme une immense f&ecirc;te sportive et populaire. Le philosophe Daniel Salvatore-Schiffer revient sur le pass&eacute; peu reluisant des Jeux et du Comit&eacute; olympique, entre fascisme et nazisme. On est bien loin de la tr&ecirc;ve olympique !<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_1\">\n\tCertes ces principes, que l&rsquo;on voudrait universels, sont-ils magnifiques en soi. Sauf que cette instance supr&ecirc;me qu&rsquo;est le Comit&eacute; International Olympique (CIO) ne cessa, au cours de son histoire, de les trahir, pour n&rsquo;en faire finalement que d&rsquo;obscurs alibis, souvent purement th&eacute;oriques, destin&eacute;s &agrave; mieux dissimuler, sous couvert de moralit&eacute;, ses graves d&eacute;rives id&eacute;ologiques (sans parler m&ecirc;me de ce que j&rsquo;appelais ailleurs, d&rsquo;une formule tr&egrave;s rimbaldienne, ses &laquo; horreurs &eacute;conomiques &raquo;.<\/div>\n<div id=\"intertitre_2\">\n\t<\/p>\n<h2>\n\t\t1936, coup double pour HItler : les JO d&#39;hiver et d&#39;&eacute;t&eacute;<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_2\">\n\tLa plus condamnable de ces d&eacute;rives id&eacute;ologiques est, sans conteste, son honteuse compromission, sur le plan politique, avec le fascisme triomphant puis le nazisme naissant, le tout assorti d&rsquo;une non moins d&eacute;testable dose d&rsquo;antis&eacute;mitisme. Cette longue et impardonnable s&eacute;rie de compromissions avec les pires r&eacute;gimes dictatoriaux eut lieu &#8211; peu de gens s&rsquo;en souviennent aujourd&rsquo;hui &#8211; lors des Jeux olympiques d&rsquo;hiver de 1936, qui se tinrent, du 6 au 16 f&eacute;vrier, dans la petite ville allemande de Garmisch-Partenkirchen.<\/p>\n<p>\tCette ann&eacute;e-l&agrave;, ces Jeux, ardemment d&eacute;sir&eacute;s par Hitler (arriv&eacute; au pouvoir trois ans auparavant) furent organis&eacute;s afin de lui servir de vitrine tout autant que de tribune par Joseph Goebbels en personne, ministre de la Propagande du Troisi&egrave;me Reich. C&rsquo;est un aristocrate belge, le comte Henri de Baillet-Latour, antis&eacute;mite notoire, qui &eacute;tait alors le pr&eacute;sident, depuis 1925 (ann&eacute;e ou Pierre de Coubertin abandonna cette fonction pour en devenir le &laquo; pr&eacute;sident d&rsquo;honneur &agrave; vie &raquo;), du Comit&eacute; International Olympique.<\/p>\n<p>\tVoici ce que Baillet-Latour, obs&eacute;d&eacute; par ce &laquo; double p&eacute;ril &raquo; que repr&eacute;sentaient pour lui communistes et juifs, &eacute;crivait en 1940 : &laquo; Terrible bataille entre les barbares sovi&eacute;tiques et les Finlandais (&hellip;). Cette guerre que les Bolch&eacute;viques attendaient depuis 1920 devint un fait r&eacute;el gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;aide des Juifs, pour le seul b&eacute;n&eacute;fice de la Russie rouge. &raquo; Et de d&eacute;plorer, dans la foul&eacute;e, que l&rsquo;Allemagne nazie perd&icirc;t ainsi, &agrave; cause de ces &laquo; m&eacute;faits &raquo; des Juifs, &laquo; le contr&ocirc;le de la Baltique &raquo;, dont, insistait-il, les Etats &eacute;taient pourtant &laquo; impr&eacute;gn&eacute;s de culture germanique depuis mille ans &raquo;.<\/p>\n<p>\tC&rsquo;est cette admiration pour cette &laquo; culture germanique &raquo;, pr&eacute;cis&eacute;ment, qui fit que ce m&ecirc;me Baillet-Latour &eacute;prouva une grande fiert&eacute;, lors de la c&eacute;r&eacute;monie d&rsquo;ouverture de ces Jeux olympiques d&rsquo;hiver de 1936, &agrave; se faire photographier, ainsi que le montre <a href=\"http:\/\/no.wikipedia.org\/wiki\/Fil:Bundesarchiv_R_8076_Bild-0019,_Olympische_Winterspiele.-_Er%C3%B6ffnung.jpg\" target=\"_blank\">un c&eacute;l&egrave;bre clich&eacute;<\/a>, entour&eacute;, &agrave; sa gauche, d&rsquo;Adolf Hitler, lequel se r&eacute;pandait alors en saluts nazis pour accueillir les athl&egrave;tes &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du stade, et, &agrave; sa droite, de Rudolf Hess, son diabolique dauphin. Un trio d&rsquo;enfer, effectivement : le plus terrifiant des podiums olympiques, que l&rsquo;actuel CIO prend bien soin, afin de ne pas ternir son image de marque, de ne pas divulguer !<\/p>\n<p>\tIl est par ailleurs d&rsquo;autres &eacute;l&eacute;ments, non moins accablants pour lui, que le CIO tente de passer tout aussi l&acirc;chement sous silence. Parmi eux, la course relais de la flamme olympique, symbole par excellence des olympiades modernes. Car si <a href=\"http:\/\/www.olympic.org\/Documents\/Reference_documents_Factsheets\/Le_relais_de_la_flamme_olympique.pdf\">un de ces documents officiels stipule bien quelle fut l&rsquo;invention<\/a>, en cette m&ecirc;me ann&eacute;e 1936, mais lors de Jeux Olympiques d&rsquo;&eacute;t&eacute; de Berlin cette fois, d&rsquo;un certain Carl Diem, il omet sciemment de pr&eacute;ciser, cependant, l&rsquo;essentiel : Carl Diem, officier allemand, &eacute;tait lui aussi un dignitaire nazi, que le ministre des Sports du Troisi&egrave;me Reich (Hans von Tschammer und Osten, lui-m&ecirc;me sous la tutelle de Goebbels), nomma, en raison de son pragmatisme bureaucratique et de son efficacit&eacute; toute teutonne, Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Comit&eacute; organisateur de ces m&ecirc;mes Jeux.<\/p>\n<p>\tComme quoi id&eacute;al olympique et r&ecirc;ve nazi ont parfois fait bon m&eacute;nage, aussi abominable f&ucirc;t-il, au cours de l&rsquo;Histoire !<\/p><\/div>\n<div id=\"intertitre_3\">\n\t<\/p>\n<h2>\n\t\tBerlin : les Jeux de la honte, et Coubertin complice<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_3\">\n\tBerlin 1936, donc, du 1er au 16 ao&ucirc;t : les Jeux de la honte ! C&rsquo;est &agrave; leur occasion que le Comit&eacute; International olympique atteignit, en effet, un rare sommet d&rsquo;abjection.<\/p>\n<p>\tSon pr&eacute;sident, le m&ecirc;me comte Henri de Baillet-Latour, par ailleurs toujours aussi immanquablement flanqu&eacute; du &laquo; F&uuml;hrer &raquo;, d&eacute;clara avoir alors &eacute;prouv&eacute; une &laquo; grande joie &agrave; la suite de ces merveilleux Jeux olympiques &raquo;. Quant &agrave; son pr&eacute;d&eacute;cesseur, le baron Pierre de Coubertin, qui admirait &laquo; intens&eacute;ment &raquo; Hitler et que v&eacute;n&eacute;rait Maurras au temps o&ugrave; il &eacute;tait directeur de la tr&egrave;s p&eacute;tainiste &laquo; Action Fran&ccedil;aise &raquo;, il fut plus dithyrambique encore &agrave; leur &eacute;gard : &laquo; Je veux remercier le gouvernement et le peuple allemands pour l&rsquo;effort d&eacute;pens&eacute; en l&rsquo;honneur de la onzi&egrave;me Olympiade &raquo;, affirma-t-il peu avant leur c&eacute;r&eacute;monie d&rsquo;ouverture, lors d&rsquo;un entretien accord&eacute; &agrave; la radio allemande. Et d&rsquo;ajouter, lors de son discours de cl&ocirc;ture : &laquo; Que le peuple allemand et son chef soient remerci&eacute;s pour ce qu&rsquo;ils viennent d&rsquo;accomplir. &raquo;<\/p>\n<p>\tQuant &agrave; ceux qui, embarrass&eacute;s par ce type de commentaire, lui demandaient s&rsquo;il ne nourrissait pas quelque scrupule &agrave; soutenir pareil r&eacute;gime, ils n&rsquo;obtenaient, en guise de r&eacute;ponse, que ce genre d&rsquo;aberration : &laquo; Comment voudriez-vous que je r&eacute;pudie la c&eacute;l&eacute;bration de la onzi&egrave;me Olympiade ? Cette glorification du r&eacute;gime nazi a &eacute;t&eacute; le choc &eacute;motionnel qui a permis le d&eacute;veloppement qu&rsquo;elles (les olympiades) ont connu ! &raquo;<\/p>\n<p>\tQuoi d&rsquo;&eacute;tonnant, face &agrave; semblable enthousiasme et devant pareille publicit&eacute;, si Hitler, qui n&rsquo;en demandait pas tant pour vanter son r&eacute;gime aux yeux du monde, projeta de lui &eacute;riger une gigantesque statue, comme seuls les d&eacute;lires nazis pouvaient les concevoir et construire, en plein centre du stade de Berlin ? Mieux : il le proposa officiellement, pour le remercier, comme laur&eacute;at du prix Nobel de la paix (sic) : ce que &agrave; quoi la prestigieuse Acad&eacute;mie d&rsquo;Oslo se refusa bien &eacute;videmment, &agrave; juste raison, d&rsquo;acquiescer !<\/p>\n<p>\tVoici, &agrave; ce sujet, <a href=\"http:\/\/www.ushmm.org\/wlc\/fr\/media_ph.php?ModuleId=284&amp;MediaId=1945\" target=\"_blank\">une photo de la c&eacute;r&eacute;monie d&rsquo;ouverture des JO de Berlin en 1936<\/a>, o&ugrave; l&rsquo;on voit Adolf Hitler, arborant la croix gamm&eacute;e, saluer le drapeau olympique. On y distingue, &agrave; sa droite, entre lui et Rudolf Hess encore, le pr&eacute;sident du CIO, Henri de Baillet-Latour.<\/p>\n<p>\tCertes le comte de Baillet-Latour n&rsquo;&eacute;tait-il jamais, argueront ses d&eacute;fenseurs en vue de l&rsquo;excuser, qu&rsquo;un homme de son temps, ni plus ni moins coupable qu&rsquo;un autre face aux compromissions de l&rsquo;Europe tout enti&egrave;re par rapport &agrave; l&rsquo;av&egrave;nement du nazisme. De m&ecirc;me, insisteront-ils, le baron de Coubertin n&rsquo;&eacute;tait-il jamais, en France, qu&rsquo;un homme de la Troisi&egrave;me R&eacute;publique : celle-l&agrave; m&ecirc;me qui, englu&eacute;e dans l&rsquo;antis&eacute;mitisme ambiant, condamna arbitrairement, sous la pr&eacute;sidence de F&eacute;lix Faure, le capitaine Dreyfus.<\/p>\n<p>\tPeut-&ecirc;tre ! A cette diff&eacute;rence pr&egrave;s, toutefois, qu&rsquo;il y eut n&eacute;anmoins, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, des consciences suffisamment vigilantes et &eacute;clair&eacute;es, dot&eacute;es de lucidit&eacute; intellectuelle tout autant que de courage moral, pour d&eacute;noncer cette sorte d&rsquo;esprit de Munich, capable des pires capitulations, avant la lettre. Au sein de ces hommes exemplaires &eacute;mergea alors le grand Georges Clemenceau, qui publia notamment, dans son journal L&rsquo;Aurore, le &laquo; J&rsquo;accuse &raquo; d&rsquo;Emile Zola, mais que, face &agrave; son opposition pourtant radicale vis-&agrave;-vis de l&rsquo;hitl&eacute;risme de Coubertin, personne n&rsquo;&eacute;couta cependant. Et ce, malgr&eacute; le soutien appuy&eacute;, sur cette &eacute;pineuse mais importante question, de L&eacute;on Blum.<\/p>\n<p>\tLa suite de ces sombres &eacute;v&eacute;nements lui donna, h&eacute;las, tragiquement raison lors de la Seconde Guerre mondiale : 50 millions de morts en Europe &#8211; le pire carnage de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute; &#8211; et 6 millions de juifs extermin&eacute;s &agrave; Auschwitz !<\/p><\/div>\n<div id=\"intertitre_4\">\n\t<\/p>\n<h2>\n\t\tUn antis&eacute;mite et un franquiste &agrave; la t&ecirc;te du CIO<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_4\">\n<p>\n\t\tIl y a encore ceux qui nous diront envers et contre tout, nantis de cette obstination confinant &agrave; l&rsquo;aveuglement, que l&rsquo;hitl&eacute;risme n&rsquo;&eacute;tait pas encore, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, le nazisme, et que personne, donc, ne pouvait pr&eacute;voir le d&eacute;sastre &agrave; venir. Faux, dans la mesure o&ugrave; cette fatidique ann&eacute;e-l&agrave;, 1936, fut pr&eacute;cis&eacute;ment celle durant laquelle Hitler mit strat&eacute;giquement en place, avec la nomination de ses plus fid&egrave;les lieutenants aux postes cl&eacute;s et leviers de pouvoir, tout le syst&egrave;me id&eacute;ologique du Troisi&egrave;me Reich, dont la cr&eacute;ation des unit&eacute;s SS avec &eacute;cusson &agrave; t&ecirc;te de mort (la Totenkopffuerbande) par Himmler, l&rsquo;&eacute;dification du NSDAP (le Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands, qui r&eacute;gentait l&rsquo;institut pour l&rsquo;&eacute;tude de la &laquo; question juive &raquo;) par Goebbels, et l&rsquo;affectation de G&ouml;ring au double poste de commandant en chef de la Luftwaffe ainsi que de la politique d&rsquo; &laquo; aryanisation &raquo; (en r&eacute;alit&eacute; mise en &oelig;uvre, dans toutes les organisations sportives du Reich, depuis 1933 d&eacute;j&agrave;). Et ce, &agrave; l&rsquo;encontre, non seulement des juifs, mais aussi des tziganes et des homosexuels, consid&eacute;r&eacute;s m&eacute;dicalement, selon les th&eacute;ories de l&rsquo;eug&eacute;nisme alors en vogue, comme &laquo; d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;s &raquo; tant sur les plans biologique qu&rsquo;anthropologique.<\/p>\n<p>\t\tAinsi est-ce en cette m&ecirc;me ann&eacute;e-l&agrave;, 1936 toujours, que les premi&egrave;res pers&eacute;cutions antis&eacute;mites appara&icirc;tront, en Allemagne, au grand jour : pas moins de 114 lois antijuives y seront &eacute;dict&eacute;es pendant le seule p&eacute;riode s&rsquo;&eacute;talant entre les Jeux Olympiques d&rsquo;hiver, &agrave; Garmisch-Partenkirchen, et ceux d&rsquo;&eacute;t&eacute;, &agrave; Berlin, tandis que tous les athl&egrave;tes juifs de l&rsquo;&eacute;quipe nationale allemande, et certains de tout premier plan (Erich Seelig pour la boxe ; Daniel Prenn pour le tennis ; Gretel Begmann pour le saut en hauteur), en seront syst&eacute;matiquement exclus.<\/p>\n<p>\t\tDavantage, le 16 juillet 1936, soit deux semaines avant l&rsquo;ouverture de ces JO d&rsquo;&eacute;t&eacute;, 800 Tziganes et Rom r&eacute;sidant &agrave; Berlin furent arr&ecirc;t&eacute;s arbitrairement, lors d&rsquo;une rafle orchestr&eacute;e par la police allemande, puis intern&eacute;s tout aussi abusivement, sous la garde des SS, dans un camp &#8211; ce fut l&agrave; le premier camp de concentration de l&rsquo;histoire nazie &#8211; alors sp&eacute;cialement am&eacute;nag&eacute; &agrave; cet effet : celui de Marzahn, quartier situ&eacute; dans l&rsquo;est de Berlin. La plupart de ces prisonniers-l&agrave;, dont beaucoup y furent ex&eacute;cut&eacute;s sommairement, n&rsquo;en sortiront jamais plus !<\/p>\n<p>\t\t<a href=\"http:\/\/www.ushmm.org\/wlc\/fr\/media_ph.php?ModuleId=75&amp;MediaId=2310\" target=\"_blank\">Voici, &agrave; ce sujet, une photo, datant de cette &eacute;poque-l&agrave;, du camp d&rsquo;internement de Marzahn-Berlin<\/a>, avec, comble du cynisme, les propres roulottes des gitans en guise de baraquements de fortune.<\/p>\n<p>\t\tSur ce premier crime de guerre commis par le Troisi&egrave;me Reich, en plein Jeux olympiques, ni le puissant pr&eacute;sident du CIO, Henri de Baillet-Latour, ni son illustre pr&eacute;sident d&rsquo;honneur &agrave; vie, Pierre de Coubertin, lesquels &eacute;taient pourtant parfaitement au courant de cette situation ainsi que l&rsquo;attestent de nombreux documents historiques, ne pip&egrave;rent jamais mot, le couvrant ainsi honteusement, du haut de leur prestige international, d&rsquo;un tr&egrave;s complice, et d&rsquo;autant plus coupable, silence.<\/p>\n<p>\t\tPis : le pr&eacute;sident du Comit&eacute; national Olympique am&eacute;ricain d&rsquo;alors, Avery Brundage, antis&eacute;mite chevronn&eacute;, nazi convaincu et membre actif de deux associations ultra racistes Outre-Atlantique, America First et Sigma Alpha Epsilon Fraternity, relativement secr&egrave;tes et toutes deux proches du tristement c&eacute;l&egrave;bre Ku Klux Klan, convainquit les Etats-Unis d&rsquo;Am&eacute;rique, sous pr&eacute;texte que &laquo; les Juifs &eacute;taient bien trait&eacute;s par le Reich &raquo;, de ne pas boycotter ces Jeux de Berlin.<\/p>\n<p>\t\tC&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment pour ces services alors rendus &agrave; la cause olympique que ce tr&egrave;s z&eacute;l&eacute; disciple d&rsquo;Hitler, et que G&ouml;ring recevait r&eacute;guli&egrave;rement en grande pompe, fut nomm&eacute;, en 1952, pr&eacute;sident du CIO, puis, en 1972, Pr&eacute;sident d&rsquo;honneur &agrave; vie lui aussi !<\/p>\n<p>\t\tSon pr&eacute;d&eacute;cesseur, le su&eacute;dois Sigfrid Edstr&ouml;m, pr&eacute;sident du CIO de 1946 &agrave; 1952, se livra, lui, &agrave; un odieux marchandage : il conditionna la reconnaissance du Comit&eacute; National Olympique de l&rsquo;URSS &agrave; la lib&eacute;ration de Karl Ritter von Halt, ancien Reichsportf&uuml;hrer (ministre des Sports sous Hitler) retenu captif par les Sovi&eacute;tiques et lui-m&ecirc;me &eacute;lu membre, en 1937, du comit&eacute; ex&eacute;cutif du CIO. Ritter, pour corser l&rsquo;affaire, retrouva, intact, son si&egrave;ge, de 1951 &agrave; 1961, de pr&eacute;sident du Comit&eacute; national olympique d&rsquo;Allemagne ! Vous pouvez par ailleurs consulter <a href=\"http:\/\/www.linternaute.com\/savoir\/magazine\/adolf-hitler\/jo-de-1936.shtml%20\" target=\"_blank\">cette photo de l&rsquo;entr&eacute;e triomphale d&rsquo;Adolf Hitler, entour&eacute; des principaux membres du CIO<\/a> (dont Baillet-Latour et Brundage), lors de la c&eacute;r&eacute;monie d&rsquo;ouverture, le 1er ao&ucirc;t 1936, des JO de Berlin.<\/p>\n<p>\t\tEt puis, tr&egrave;s am&egrave;re cerise sur le g&acirc;teau, il y eut cette funeste mais d&eacute;cisive date du 18 novembre de cette m&ecirc;me ann&eacute;e 1936, soit trois mois apr&egrave;s, &agrave; peine, de la cl&ocirc;ture de ces Jeux de Berlin. C&rsquo;est ce jour-l&agrave;, en effet, qu&rsquo;eut lieu le d&eacute;part des aviateurs allemands de la l&eacute;gion Condor , plac&eacute;s sous les ordres de G&ouml;ring, pour aller combattre en Espagne, contre les r&eacute;publicains, aux c&ocirc;t&eacute;s des fascistes de Franco, au premier rang desquels &eacute;mergeait alors, franquiste parmi les franquistes, un certain Juan Antonio Samaranch, qui militait d&eacute;j&agrave;, en ce temps-l&agrave;, dans les rangs serr&eacute;s des tr&egrave;s fascistes Phalange Espagnole Traditionaliste (FET) et autres Juntes Offensives National-Syndicalistes (JONS), mais qui, surtout, deviendra lui aussi, de 1980 &agrave; 2001, l&rsquo;inamovible pr&eacute;sident du CIO !<\/p>\n<p>\n\t\tPour tragique rappel, c&rsquo;est cette m&ecirc;me l&eacute;gion Condor, contre laquelle bataill&egrave;rent h&eacute;ro&iuml;quement les brigades a&eacute;riennes du grand Malraux, qui, cinq mois plus tard seulement, le 26 avril 1937, bombarda, de sinistre m&eacute;moire, le village de Guernica : <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fichier:Mural_del_Gernika.jpg\">massacre que Picasso immortalisa<\/a>, avec le g&eacute;nie pictural que l&rsquo;on sait, dramatiquement.<\/p>\n<p>\t\tNo passeran, disaient les r&eacute;sistants espagnols&hellip; Sauf pour ce futur pr&eacute;sident du CIO que fut donc l&rsquo;indigne marquis de Samaranch, qui, nomm&eacute; par Franco, en 1967, secr&eacute;taire des Sports dans le Gouvernement Espagnol, ne craindra pas d&rsquo;affirmer encore, au soir de la mort de ce sanguinaire dictateur, advenue en 1975, que &laquo; la figure et l&rsquo;&oelig;uvre r&eacute;alis&eacute;e par la Caudillo s&rsquo;inscrira dans l&rsquo;histoire comme l&rsquo;un des plus grands Chefs d&rsquo;Etat du XXe si&egrave;cle &raquo;. No comment !<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"intertitre_5\">\n\t<\/p>\n<h2>\n\t\tQuand Jacques Rogge honore la m&eacute;moire de l&#39;antis&eacute;mite et nazi Baillet-Latour<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_5\">\n<div>\n<div id=\"mod_1171589\">\n<div>\n\t\t\t\tDu m&ecirc;me auteur<\/div>\n<ul>\n<li>\n<h3>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.dafina.net\/L-Allemagne-predateur-de-la-zone-euro_a221340.html\">L&#39;Allemagne pr&eacute;dateur de la zone euro <\/a><\/h3>\n<\/li>\n<li>\n<h3>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.dafina.net\/Le-fantome-de-Coubertin-et-une-mystique-d-extreme-droite-planent-sur-les-JO_a221317.html\">Le fant&ocirc;me de Coubertin et une mystique d&#39;extr&ecirc;me droite planent sur les JO<\/a><\/h3>\n<\/li>\n<li>\n<h3>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.dafina.net\/Le-plan-automobile-du-gouvernement-ne-convainc-pas_a221062.html\">Le plan automobile du gouvernement ne convainc pas<\/a><\/h3>\n<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n\t\tMais j&rsquo;entends d&eacute;j&agrave; les supporters et autres inconditionnels partisans du Comit&eacute; international olympique crier l&agrave; au scandale, sinon &agrave; l&rsquo;infamie : ce n&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;histoire ancienne, sur laquelle ce m&ecirc;me CIO a tourn&eacute; la page, me r&eacute;torqueront-ils. Ce &agrave; quoi je leur r&eacute;pondrai, pour ma part, que non, justement ; et qu&rsquo;il y a m&ecirc;me l&agrave;, au contraire, de nos jours encore, une &eacute;trange et non moins r&eacute;pr&eacute;hensible continuit&eacute;. Le CIO n&rsquo;a jamais fait, sur tous ces points, son mea culpa. Il n&rsquo;a jamais rien reni&eacute; de son sombre pass&eacute;, ni n&rsquo;en a jamais reconnu ses terribles responsabilit&eacute;s. Au contraire : pr&eacute;f&eacute;rant pratiquant la politique de l&rsquo;autruche, il ne cesse, encore aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;exalter, sans vergogne et avec un rare aplomb, son histoire. A croire que le CIO s&rsquo;av&egrave;re d&eacute;nu&eacute;, en la mati&egrave;re, de toute conscience !<\/p>\n<p>\t\tAinsi, pas plus tard que le 2 juin 2010, Jacques Rogge, actuel pr&eacute;sident du CIO, se rendait-il &agrave; Virton, petite ville des Ardennes belges, pour y aller s&rsquo;incliner, &eacute;mu et une couronne de fleurs &agrave; la main, sur la tombe de son pr&eacute;d&eacute;cesseur et compatriote Henri de Baillet-Latour, celui-l&agrave; m&ecirc;me qui fut responsable de l&rsquo;organisation, dans l&rsquo;Allemagne nazie de 1936, des Jeux Olympiques d&rsquo;hiver comme d&rsquo;&eacute;t&eacute;. Rogge en profita, par la m&ecirc;me occasion, pour inaugurer, &agrave; grand renfort de discours, quoique dans une relative discr&eacute;tion afin de ne pas heurter certaines sensibilit&eacute;s, un mus&eacute;e en son honneur. Pour ceux qui en douteraient encore, le journal Le Soir, premier quotidien de Belgique, <a href=\"http:\/\/archives.lesoir.be\/jacques-rogge-a-honore-henri-de-baillet-latour_t-20100603-00XQ5Y.html\">a consacr&eacute; dans son &eacute;dition du 4 juin 2010 un article &agrave; cet &eacute;v&eacute;nement pass&eacute;<\/a>, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, quasiment inaper&ccedil;u<\/p>\n<p>\t\tPis, deux ans auparavant d&eacute;j&agrave;, le 3 octobre 2008, ce m&ecirc;me Jacques Rogge <a href=\"http:\/\/www.inbevbailletlatour.com\/index.cfm?ee=2%7C144\" target=\"_blank\">donnait-il naissance officiellement, parrain&eacute;e conjointement par l&rsquo;Universit&eacute; Catholique de Louvain (UCL) et l&rsquo;Universit&eacute; de Gand, &agrave; la cinqui&egrave;me chaire olympique au monde<\/a>, financ&eacute;e, &agrave; hauteur de 85.000 euros par ann&eacute;e acad&eacute;mique et pendant trois ans, par le fonds Inbev-Baillet Latour.<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"intertitre_6\">\n\t<\/p>\n<h2>\n\t\tAvec Simon Wiesenthal pour un d&eacute;mant&egrave;lement du CIO<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_6\">\n<p>\n\t\tA l&rsquo;heure o&ugrave; tout n&eacute;gationnisme historique, comme toute sympathie ouvertement fasciste ou signes ostensiblement pronazis, se voient durement p&eacute;nalis&eacute;s, &agrave; juste titre, par la l&eacute;gislation de la R&eacute;publique Fran&ccedil;aise et la plupart de nos d&eacute;mocraties d&rsquo;Europe, qui osera donc mettre cette organisation criminelle qu&rsquo;est le Comit&eacute; International Olympique, du moins au vu de ses multiples et manifestes collusions avec les pires des totalitarismes militaro-id&eacute;ologiques, hors la loi ?<\/p>\n<p>\n\t\tA tout le moins, ne f&ucirc;t-ce que par respect des victimes de la Shoah, se doit-il d&rsquo;&ecirc;tre, au plus vite, d&eacute;mantel&eacute;. C&rsquo;est l&agrave;, urgent, un sacro-saint devoir de m&eacute;moire !<\/p>\n<p>\n\t\tMieux : les valeurs de l&rsquo;olympisme elles-m&ecirc;mes, dont l&rsquo;universalisme des principes philosophiques, y gagneraient ainsi, de surcro&icirc;t, en cr&eacute;dibilit&eacute; morale.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est cela m&ecirc;me que, pourtant conscient de la difficult&eacute; de pareille t&acirc;che, me confia un jour de mars 1993, alors que je m&rsquo;entretenais en t&ecirc;te &agrave; t&ecirc;te avec lui, dans ses bureaux de Vienne, Simon Wiesenthal en personne, qui n&rsquo;eut de cesse, jusqu&rsquo;&agrave; sa mort survenue en 2005 de traquer les criminels nazis et &agrave; qui l&rsquo;on doit notamment l&rsquo;arrestation d&rsquo;Eichmann, le machiav&eacute;lique concepteur de la solution finale, et son historique proc&egrave;s, en terre d&rsquo;Isra&euml;l, &agrave; J&eacute;rusalem m&ecirc;me, pour crimes contre l&rsquo;humanit&eacute;.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le CIO entre nazisme, fascisme et antis&eacute;mitisme &nbsp; &nbsp; Daniel Salvatore Schiffer &#8211; Philosophe &nbsp; &nbsp; Les Jeux olympiques sont lou&eacute;s tous les quatre ans comme une immense f&ecirc;te sportive et populaire. 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