{"id":4956,"date":"2016-02-22T02:48:23","date_gmt":"2016-02-22T02:48:23","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=4956"},"modified":"2016-02-22T00:54:52","modified_gmt":"2016-02-22T00:54:52","slug":"saint-jean-dacre-et-beit-she-tresors-disrael","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/saint-jean-dacre-et-beit-she-tresors-disrael\/","title":{"rendered":"Saint-Jean d&rsquo;Acre et Beit Sh\u00e9an, tr\u00e9sors d&rsquo;Isra\u00ebl"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSaint-Jean d&#39;Acre et Beit Sh&eacute;an, tr&eacute;sors d&#39;Isra&euml;l<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<span class=\"createdate\">par Richard Saindon<\/span><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"article-content\">\n<div id=\"content-wrapper\">\n<p>\n\t\t\tSeize heures. C&#39;est l&#39;heure de gr&acirc;ce &agrave; Saint-Jean-d&#39;Acre. En bordure des ruelles ombrag&eacute;es de la vieille ville, plusieurs hommes attabl&eacute;s ici et l&agrave;, jouent aux cartes ou au backgammon en sirotant des verres de caf&eacute; turc. D&#39;autres, assis sur des caisses de fruits, fument tranquillement le narguil&eacute; mieux connu chez nous sous le nom de pipe &agrave; eau. Officiellement on fume du tabac, mais fr&eacute;quemment on ajoute aussi un petit extra&#8230;<\/p>\n<p>\t\t\tSitu&eacute;e &agrave; une vingtaine de kilom&egrave;tres au sud de la fronti&egrave;re du Liban, Saint-Jean-d&#39;Acre, aussi appel&eacute;e Akko, est &agrave; mon avis l&#39;une des villes ayant le plus de cachet et de magn&eacute;tisme de l&#39;&Eacute;tat d&#39;Isra&euml;l. Il fait bon fl&acirc;ner dans son pittoresque petit port pour observer les p&ecirc;cheurs ou encore marcher sur les hauts remparts qui &eacute;pousent le front de mer en admirant les fa&ccedil;ades m&eacute;di&eacute;vales des maisons, palais et caravans&eacute;rails. Carrefour de toutes les civilisations ayant marqu&eacute; l&#39;histoire de l&#39;Antiquit&eacute; et du Moyen &Acirc;ge, Saint-Jean-d&#39;Acre pr&eacute;sente une fascinante mosa&iuml;que d&#39;Orient et d&#39;Occident.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\tAvec son march&eacute; color&eacute; et sa demi-douzaine de mosqu&eacute;es, la ville a toutefois conserv&eacute; un caract&egrave;re r&eacute;solument arabe. L&#39;histoire de Saint-Jean-d&#39;Acre est plut&ocirc;t mouvement&eacute;e. Ph&eacute;niciens, Assyriens, &Eacute;gyptiens, Grecs, Romains, Perses ou Mamelouks l&#39;ont tour &agrave; tour vaincue et occup&eacute;e. Les &eacute;paisses murailles de la ville portent d&#39;ailleurs les traces des conqu&eacute;rants ou encore de ceux qui, comme Napol&eacute;on Bonaparte, ont tent&eacute; vainement de s&#39;en emparer.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t<strong>La cit&eacute; des Crois&eacute;s<\/strong><br \/>\n\t\t\tPendant pr&egrave;s de deux si&egrave;cles, de 1099 &agrave; 1291, elle fut le bastion des Templiers et des Hospitaliers. C&#39;est de l&agrave; que les chevaliers Baudouin de Hainaut et Richard Coeur de Lion ont lanc&eacute; leurs croisades pour tenter de chasser les musulmans de la Terre sainte. Temps fort d&#39;une visite &agrave; Saint-Jean-d&#39;Acre, la d&eacute;couverte de la citadelle souterraine des Crois&eacute;s r&eacute;serve plus d&#39;une surprise. On apprend d&#39;abord que cette partie de la forteresse a &eacute;t&eacute; ensevelie au 18e si&egrave;cle par un pirate albanais sanguinaire surnomm&eacute; El-Jazzar (le boucher). Ce charmant personnage voulait b&acirc;tir son palais par-dessus la citadelle des Crois&eacute;s sans avoir besoin de la d&eacute;molir.<\/p>\n<p>\t\t\tOn a entrepris, il y a quelques ann&eacute;es, d&#39;excaver les b&acirc;timents de la cit&eacute; des Crois&eacute;s et les travaux se poursuivent. Apr&egrave;s avoir travers&eacute; quelques pi&egrave;ces, on d&eacute;bouche dans l&#39;extraordinaire salle des Chevaliers, ancien r&eacute;fectoire des moines-soldats de l&#39;ordre des Hospitaliers qui se trouve maintenant &agrave; plus de huit m&egrave;tres sous le niveau de la rue. Il faut voir les immenses piliers qui soutiennent la vo&ucirc;te. Une oeuvre impressionnante. Des fleurs de lys sculpt&eacute;es dans les angles rappellent le s&eacute;jour des Chevaliers fran&ccedil;ais. On emprunte aussi les passages secrets partant de cette salle et qui autrefois d&eacute;bouchaient &agrave; la mer pour permettre l&#39;&eacute;vacuation en cas d&#39;attaque. Fl&acirc;ner des heures &agrave; St-Jean-d&#39;Acre est chose facile tout en visitant les souks, les beaux caravans&eacute;rails construits par les Crois&eacute;s pour h&eacute;berger les p&egrave;lerins en Terre Sainte, la mosqu&eacute;e Blanche, l&eacute;gu&eacute;e par El-Jazzar ou encore le mus&eacute;e de l&#39;H&eacute;roisme consacr&eacute; au nationalisme juif pendant le mandat britannique.<\/p>\n<p>\t\t\t<strong>La ville ensevelie<\/strong><br \/>\n\t\t\tCe dimanche de mai, il faisait chaud, tr&egrave;s chaud m&ecirc;me, dans la vall&eacute;e du Jourdain qui traverse de part en part l&#39;&Eacute;tat d&#39;Isra&euml;l. &Agrave; une quarantaine de kilom&egrave;tres au sud du lac de Tib&eacute;riade, un soleil de plomb dardait les collines verdoyantes et les vastes champs d&#39;oliviers. Malgr&eacute; un mercure de 34&deg; &agrave; l&#39;ombre nous marchions, &eacute;merveill&eacute;s, dans les ruines de Beit Sh&eacute;an. Quelques heures auparavant, assis &agrave; une terrasse d&#39;un village voisin &agrave; d&eacute;guster des falafels, v&eacute;ritable plat national isra&eacute;lien, mon guide, Yaakov Goldfine, m&#39;avait promis de me montrer un site unique; les ruines formidables d&#39;une ville de 50 000 habitants ras&eacute;e par un tremblement de terre survenu &agrave; l&#39;aube, le 18 janvier de l&#39;an 749. Il a tenu parole. Debout dans les gradins du vaste amphith&eacute;&acirc;tre qui comptait 7 000 places, nous contemplons l&#39;immense champs de ruines. Tout pr&egrave;s de nous, un groupe de touristes allemands semble aussi subjugu&eacute; par l&#39;ampleur des lieux. En fait, le site est si vaste qu&#39;au rythme actuel des fouilles, il faudra 200 ans pour le mettre au jour !<\/p>\n<div class=\"img-article\">\n<div align=\"center\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t<strong>Une histoire de sept mill&eacute;naires<\/strong><br \/>\n\t\tL&#39;implantation de l&#39;homme &agrave; Beit Sh&eacute;an remonte &agrave; plus de 7 000 ans. La ville occupait une position strat&eacute;gique sur la route du commerce entre deux des &laquo;superpuissances&raquo; de l&#39;Antiquit&eacute;; l&#39;&Eacute;gypte et Babylone. Son histoire est faite d&#39;invasions et de conqu&ecirc;tes. La ville fut m&ecirc;me ray&eacute;e de la carte lors de l&#39;invasion des Assyriens en 732 av. J.-C. Trois cents ans plus tard, sous le r&egrave;gne d&#39;Alexandre le Grand, Beit Sh&eacute;an est reconstruite. Elle devient alors la plus grande des dix villes palestiniennes de l&#39;empire grec et prend le nom qui va &ecirc;tre le sien pour les 900 ann&eacute;es &agrave; venir: Scythopolis. Par la suite, la ville passe tour &agrave; tour sous le contr&ocirc;le de nombreuses dynasties avant d&#39;&ecirc;tre conquise par les juifs hasmon&eacute;ens en 104 av. J.-C. puis &agrave; nouveau par les Romains. L&#39;agglom&eacute;ration conna&icirc;t une &egrave;re de prosp&eacute;rit&eacute; sous les empereurs Hadrien et Marc-Aur&egrave;le pendant le deuxi&egrave;me si&egrave;cle. Perses, Musulmans et Crois&eacute;s viennent ensuite la conqu&eacute;rir. Finalement, au d&eacute;but du 20e si&egrave;cle, Beit Sh&eacute;an n&#39;est plus qu&#39;un petit village oubli&eacute;, propri&eacute;t&eacute; d&#39;un sultan turc. Abandonn&eacute;e par les Palestiniens lors de la guerre de 1947-49, la r&eacute;gion est finalement peupl&eacute;e par des immigrants juifs.<br \/>\n\t\t<strong>Fouilles arch&eacute;ologiques<\/strong><br \/>\n\t\tDepuis 1982, le arch&eacute;ologues isra&eacute;liens m&egrave;nent une campagne de fouilles de tr&egrave;s grande envergure sur le site. Les anciennes rues de la ville sont d&eacute;gag&eacute;es. On peut voir &agrave; certains endroits les fa&ccedil;ades des boutiques qui existaient &agrave; l&#39;&eacute;poque romaine. Le temple rond, un &eacute;difice haut de 14 m&egrave;tres, dominait le coeur de la cit&eacute;. Ses immenses colonnes, d&#39;une hauteur de 9 m&egrave;tres et d&#39;un poids de 25 tonnes, reposent dans la rue, exactement au m&ecirc;me endroit o&ugrave; elles se sont effondr&eacute;es le jour du tremblement de terre de 749. Les toilettes publiques, ou vespasiennes, sont dignes de mention. La salle mise au jour par les arch&eacute;ologues comptait 40 si&egrave;ges en pierre. L&#39;eau provenant d&#39;un r&eacute;servoir am&eacute;nag&eacute; sur le toit du b&acirc;timent, coulait dans un canal situ&eacute; sous les si&egrave;ges pour &eacute;vacuer les excr&eacute;ments. Des g&eacute;n&eacute;rations d&#39;arch&eacute;ologues pourront encore fouiller le site. &Agrave; lui seul le tell de Beit Sh&eacute;an, un gigantesque monticule haut de 50 m&egrave;tres, renferme d&#39;autres ruines accumul&eacute;es en couches successives au cours des si&egrave;cles et m&ecirc;me des mill&eacute;naires. Au Moyen-Orient, l&#39;usage voulait qu&#39;on nivelle les vestiges des immeubles abandonn&eacute;s ou d&eacute;truits pour construire de nouveaux b&acirc;timents par dessus. Beit Sh&eacute;an lance par-dessus les si&egrave;cles des ponts jusqu&#39;&agrave; nous. L&#39;antique cit&eacute; n&#39;a pas fini de nous r&eacute;v&eacute;ler ses myst&egrave;res.&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Saint-Jean d&#39;Acre et Beit Sh&eacute;an, tr&eacute;sors d&#39;Isra&euml;l &nbsp; &nbsp; par Richard Saindon &nbsp; &nbsp; Seize heures. C&#39;est l&#39;heure de gr&acirc;ce &agrave; Saint-Jean-d&#39;Acre. En bordure des ruelles ombrag&eacute;es de la vieille ville, plusieurs hommes attabl&eacute;s ici et l&agrave;, jouent aux cartes ou au backgammon en sirotant des verres de caf&eacute; turc. 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