{"id":5078,"date":"2012-08-29T21:55:51","date_gmt":"2012-08-29T21:55:51","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5078"},"modified":"2012-08-29T21:55:51","modified_gmt":"2012-08-29T21:55:51","slug":"jerusalem-le-combat-contre-les-ombres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/jerusalem-le-combat-contre-les-ombres\/","title":{"rendered":"J\u00e9rusalem, le combat contre les ombres"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"block_content\">\n<div class=\"title\">\n\t\tJ&eacute;rusalem, le combat contre les ombres<\/div>\n<div class=\"title\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"title\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"title\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"title\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<p class=\"description\">\n\t\tApr&egrave;s le magnifique &laquo; Personne &raquo;, prix Femina 2009, Gwena&euml;lle Aubry donne la parole &agrave; deux adolescentes, l&rsquo;une arabe et l&rsquo;autre juive, dans la J&eacute;rusalem d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<div class=\"block_txt\">\n<p>\n\t\t\tDans son pr&eacute;c&eacute;dent roman, <i>Personne,<\/i> Gwena&euml;lle Aubry explorait &agrave; travers le portrait &eacute;clat&eacute; d&rsquo;un m&eacute;lancolique les territoires de la folie. Ce th&egrave;me, ces espaces reviennent dans cette nouvelle et tr&egrave;s belle fiction, <i>Partages,<\/i> &agrave; travers deux voix qui alternent jusqu&rsquo;aux derni&egrave;res lignes o&ugrave; elles finissent par se m&ecirc;ler et dans lesquelles se fait entendre, plus forte, plus insistante au fil des pages, une n&eacute;vrose collective.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 2002, &agrave; J&eacute;rusalem, deux jeunes filles du m&ecirc;me &acirc;ge &ndash; dix-sept ans seulement &ndash;, qui ne se connaissent pas, vivent s&eacute;par&eacute;es par quelques centaines de m&egrave;tres, s&eacute;par&eacute;es surtout par tout ce que l&rsquo;histoire de cette terre &ndash; leur terre &ndash; fait supporter &agrave; leur jeune &acirc;ge. Juive d&rsquo;origine polonaise, Sarah vient d&rsquo;arriver en Isra&euml;l avec sa m&egrave;re, apr&egrave;s avoir v&eacute;cu &agrave; New York les attentats du 11 septembre.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe&iuml;la, qui est arabe, sort, dit-elle, <i>&laquo; de cage &raquo;<\/i> : un camp de r&eacute;fugi&eacute;s de Cisjordanie. La confrontation des destin&eacute;es de ces deux h&eacute;ro&iuml;nes pourrait faire craindre un traitement consensuel de la narration, un appel facile aux bons sentiments, &agrave; des r&eacute;conciliations factices ou encore une vision manich&eacute;enne des &eacute;v&eacute;nements. Il n&rsquo;en est rien.<\/p>\n<p>\n\t\t\tGwena&euml;lle Aubry fait entendre, d&egrave;s les premiers mots de leurs monologues, le retentissement de blessures tr&egrave;s anciennes. Le poids des traumatismes subis par les parents et les anc&ecirc;tres rend impossibles tout rapprochement entre elles, entre les deux communaut&eacute;s, et la vie &agrave; la fois paisible et ardente dont elles r&ecirc;vent. Elles se croisent dans leurs d&eacute;ambulations &agrave; travers la ville, il leur arrive m&ecirc;me de se voir, &agrave; c&ocirc;t&eacute; l&rsquo;une de l&rsquo;autre, dans un miroir, exp&eacute;rience d&rsquo;une inqui&eacute;tante &eacute;tranget&eacute; o&ugrave; l&rsquo;inconnue, l&rsquo;espace d&rsquo;un instant, devient un double.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSarah apprend l&rsquo;h&eacute;breu, fr&eacute;quente la cin&eacute;math&egrave;que, aime Radiohead, les Doors et les films de Lubitsch et de Kubrick. Amoureuse de Joseph, un camarade d&rsquo;&eacute;tudes qui veut &eacute;chapper au service militaire et aller en Europe &eacute;tudier la litt&eacute;rature allemande &agrave; cause de Thomas Mann, elle lit <i>Joseph et ses fr&egrave;res<\/i>. L&rsquo;espace mental dans lequel se meut Leila est tapiss&eacute; d&rsquo;images puis&eacute;es dans le Coran et dans des textes po&eacute;tiques.<\/p>\n<p>\n\t\t\tElle aime <i>Le Vieil Homme et la Mer<\/i>, se sent myst&eacute;rieusement attir&eacute;e par le visage de T.S. Eliot sur une couverture de livre et par le titre de son &oelig;uvre majeure qu&rsquo;elle va lire, <a href=\"http:\/\/www.faber.co.uk\/work\/waste-land-and-other-poems\/9780571097128\/\" target=\"_blank\"><i>The Waste Land<\/i> <\/a>: la terre vaine, le d&eacute;sert &ndash; sans doute celui auquel elle veut &eacute;chapper, qu&rsquo;elle fuit comme sur un tapis volant, gr&acirc;ce aux images sugg&eacute;r&eacute;es par les po&egrave;mes : New York, les ponts de la Tamise, Oxford et ses universit&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais un lourd pass&eacute; fait de souvenirs personnels et familiaux les accable toutes deux. L&rsquo;une et l&rsquo;autre se sentent assi&eacute;g&eacute;es par la pr&eacute;sence des morts en elles. Leila est obs&eacute;d&eacute;e par la spoliation des terres qui leur appartenaient et que la partition leur a enlev&eacute;es, Sarah, par la m&eacute;moire familiale du ghetto de Varsovie et des camps nazis. Et c&rsquo;est pour Sarah que Yeudith, m&egrave;re d&rsquo;une de ses amies, d&eacute;finit la maladie qui ronge la ville : <i>&laquo; Tous ici, Isra&eacute;liens et Palestiniens, Arabes et Juifs, comme tu voudras, nous partageons la m&ecirc;me folie, c&rsquo;est elle qui, comme la terre, nous divise et nous r&eacute;unit. Nous partageons une m&ecirc;me hantise, tous, nous sommes habit&eacute;s par des cohortes de morts. &raquo;<\/i><\/p>\n<p>\n\t\t\t&Agrave; ce poids de l&rsquo;Histoire, &agrave; cette pr&eacute;sence, en elles, de disparus inconnus, auxquels elles tentent d&rsquo;abord d&rsquo;opposer l&rsquo;&eacute;lan vers la vie, vont s&rsquo;ajouter les horreurs de la guerre dans J&eacute;rusalem, l&rsquo;attentat dans lequel un ami de Sarah est tu&eacute;, et la r&eacute;pression tout aussi sanguinaire de la police isra&eacute;lienne qui frappe la famille de Leila. L&rsquo;amour sauvera Sarah de la haine, mais pas de la mort. Leila, moins libre, n&rsquo;aura pas la possibilit&eacute; d&rsquo;aimer avant de dispara&icirc;tre, la taille entour&eacute;e d&rsquo;une ceinture de dynamite, bourreau et victime &agrave; la fois.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>\n\t<span class=\"nom\"><strong>FRANCINE DE MARTINOIR&nbsp;<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; J&eacute;rusalem, le combat contre les ombres &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Apr&egrave;s le magnifique &laquo; Personne &raquo;, prix Femina 2009, Gwena&euml;lle Aubry donne la parole &agrave; deux adolescentes, l&rsquo;une arabe et l&rsquo;autre juive, dans la J&eacute;rusalem d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Dans son pr&eacute;c&eacute;dent roman, Personne, Gwena&euml;lle Aubry explorait &agrave; travers le portrait &eacute;clat&eacute; d&rsquo;un m&eacute;lancolique les territoires de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17302,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[62,23,50,1],"tags":[],"class_list":["post-5078","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cisjordanie","category-litterature","category-new-york","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5078","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5078"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5078\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17302"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5078"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5078"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5078"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}