{"id":5102,"date":"2016-06-23T00:19:25","date_gmt":"2016-06-23T00:19:25","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5102"},"modified":"2016-06-23T02:21:21","modified_gmt":"2016-06-23T02:21:21","slug":"peut-etre-juif-par-son-pere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/peut-etre-juif-par-son-pere\/","title":{"rendered":"\u00ab Peut-on \u00eatre juif par son p\u00e8re ? \u00ab"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1>\n\t&laquo;&nbsp;Peut-on &ecirc;tre juif par son p&egrave;re ? &laquo;&nbsp;<\/h1>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tpar&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.tribunejuive.info\/author\/bensaid\" rel=\"author\" title=\"Articles par Sylvie Bensaid\">Sylvie Bensaid<\/a><\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;&sdot;<\/div>\n<p>\n\tPourquoi la religion juive se transmet-elle par la m&egrave;re ?<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;identit&eacute; juive est due &agrave; l&rsquo;ascendance matrilin&eacute;aire, ce qui signifie que c&rsquo;est la m&egrave;re qui d&eacute;termine ou non l&rsquo;identit&eacute; juive de l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p>\n\tLe Juda&iuml;sme se conforme au concept du &laquo;&nbsp;Mater&nbsp;semper certa&nbsp;est &raquo;&hellip; c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que &laquo; la m&egrave;re est absolument s&ucirc;re &raquo;.. .. mais pas le p&egrave;re. En outre, un verset de laThora&nbsp;pr&eacute;cise parfaitement la&nbsp;matrilin&eacute;arit&eacute;&nbsp;en plus des d&eacute;crets&nbsp;rabbiniques&nbsp;ou de lahalaka&nbsp;(devarim chap 7 ver 3-4) : &laquo;&nbsp;ne t&rsquo;allie avec aucun d&rsquo;eux : ta fille ne la donne pas &agrave; son fils et sa fille n&rsquo;en fais pas l&rsquo;&eacute;pouse du tien car il d&eacute;tacherait ton (petit) fils de moi et ils adoreraient des divinit&eacute;s &eacute;trang&egrave;res&hellip;&nbsp;&raquo;<\/p>\n<div id=\"attachment_7196\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<h2>\n\tPrincipe de matrilin&eacute;arit&eacute;<\/h2>\n<p>\n\tConform&eacute;ment &agrave; la loi rabbinique, depuis le deuxi&egrave;me si&egrave;cle de notre &egrave;re, on consid&egrave;re que l&rsquo;enfant n&eacute; d&rsquo;une m&egrave;re&nbsp;juive&nbsp;et d&rsquo;un p&egrave;re non-juif&nbsp;est&nbsp;juif, tandis que celui d&rsquo;une m&egrave;re non&nbsp;juive&nbsp;et d&rsquo;un p&egrave;re&nbsp;juif&nbsp;ne l&rsquo;est pas. Bien que chacune de ces deux r&egrave;gles ait en r&eacute;alit&eacute; sa propre histoire, on s&rsquo;accorde habituellement &agrave; les regrouper sous le titre g&eacute;n&eacute;ral de Principe de&nbsp;matrilin&eacute;arit&eacute;&nbsp;(l&rsquo;identit&eacute; de l&rsquo;enfant d&eacute;pend du statut de la m&egrave;re). D&rsquo;o&ugrave; vient cette loi qui pourrait para&icirc;tre arbitraire &agrave; certains ? Comment expliquer ce ph&eacute;nom&egrave;ne qui rythme la vie&nbsp;juive&nbsp;et peut parfois bouleverser des familles enti&egrave;res dans les cas de &laquo; mariages mixtes &raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\tEt tu marcheras dans ses voies ..<\/h2>\n<p>\n\tComment peut-on consid&eacute;rer que la religion se transmet effectivement par la m&egrave;re, alors que de nombreuses sources montrent que l&rsquo;influence du statut du p&egrave;re sur celui de l&rsquo;enfant est pr&eacute;dominante dans la Loi&nbsp;juive&nbsp;? Le&nbsp;Rav&nbsp;M. Gugenheim&nbsp;montre dans son ouvrage &laquo;&nbsp;Et tu marcheras dans ses voies&nbsp;&raquo; diff&eacute;rents exemples dans lesquels l&rsquo;enfant prend le statut de son p&egrave;re. Ainsi, le statut de&nbsp;Cohen, de&nbsp;L&eacute;vy&nbsp;ou de simple&nbsp;Isra&euml;l&nbsp;se transmet exclusivement par le p&egrave;re. Ceci est vrai selon la&nbsp;Torah, mais &eacute;galement dans la plupart des soci&eacute;t&eacute;s dans lesquelles l&rsquo;identit&eacute; de l&rsquo;enfant est avant tout d&eacute;termin&eacute;e par l&rsquo;identit&eacute; du p&egrave;re. Cependant, il existe une &laquo; identit&eacute; de l&rsquo;&ecirc;tre &raquo; d&eacute;passant la simple &laquo; identit&eacute; sociale &raquo;. L&rsquo; &laquo; &ecirc;tre &raquo; ne devient complet qu&rsquo;apr&egrave;s la grossesse de la femme. Il est donc intrins&egrave;quement li&eacute; &agrave; sa m&egrave;re qui a permis que sa vie se concr&eacute;tise, au-del&agrave; de la &laquo; potentialit&eacute; &raquo; apport&eacute;e par le p&egrave;re.<\/p>\n<h2>\n\t<br \/>\n\tIdentit&eacute; de l&rsquo;Etre<\/h2>\n<p>\n\tPeut-&ecirc;tre cette id&eacute;e peut-elle expliquer le fait qu&rsquo;un enfant naissant d&rsquo;une m&egrave;re non-juiveprenne le statut de sa m&egrave;re. C&rsquo;est ici l&rsquo; &laquo; identit&eacute; de l&rsquo;&ecirc;tre &raquo; qui est en jeu. Par contre, si la m&egrave;re est&nbsp;Cohen&nbsp;et que le p&egrave;re est&nbsp;Isra&euml;l, le fils deviendra&nbsp;Isra&euml;l&nbsp;comme son p&egrave;re, car c&rsquo;est de son &laquo; identit&eacute; sociale &raquo; dont il est question. Il n&rsquo;en restera pas moins que son &laquo; identit&eacute; de l&rsquo;&ecirc;tre &raquo; sera la m&ecirc;me que celle de sa m&egrave;re, au-del&agrave; de tous les aspects administratifs et sociaux. En d&rsquo;autres termes, il sera consid&eacute;r&eacute; comme&nbsp;juif&nbsp;avant d&rsquo;&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un&nbsp;Cohen<\/p>\n<h2>\n\t&nbsp;Une Loi Orale remontant au Sina&iuml;<\/h2>\n<p>\n\tPlusieurs explications peuvent &ecirc;tre trouv&eacute;es gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;&eacute;tude et &agrave; la r&eacute;flexion. Toutefois, sur le plan de la&nbsp;Halakha, ce n&rsquo;est pas la pertinence des raisons invoqu&eacute;es qui d&eacute;termine la transmission de la&nbsp;jud&eacute;it&eacute;, mais bien l&rsquo;existence d&rsquo;une tradition orale remontant au&nbsp;Sina&iuml; et retrouv&eacute;e gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;ex&eacute;g&egrave;se talmudique<\/p>\n<h2>\n\tUne autre vision<\/h2>\n<p>\n\tBeaucoup de mouvements&nbsp;juifs&nbsp;lib&eacute;raux ou r&eacute;form&eacute;s, en Europe et aux&nbsp;Etats-Unis&nbsp;non par d&eacute;ni du&nbsp;Talmud, mais par volont&eacute; d&rsquo;adaptation &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne ont tranch&eacute; et consid&egrave;rent, depuis les ann&eacute;es 80, que la transmission patrilin&eacute;aire vaut la transmission matrilin&eacute;aire et que les enfants d&rsquo;un p&egrave;re&nbsp;juif&nbsp;et d&rsquo;une m&egrave;re qui ne l&rsquo;est pas &ndash;bien qu&rsquo;ils recommandent la conversion de la m&egrave;re non-juive&nbsp;au&nbsp;juda&iuml;sme&nbsp;&ndash; ont la pr&eacute;somption d&rsquo;&ecirc;tre d&rsquo;ascendance&nbsp;juive&nbsp;&agrave; confirmer par une &eacute;ducation&nbsp;juive&nbsp;appropri&eacute;e.<\/p>\n<h2>\n\t<br \/>\n\t&nbsp;Une transmission purement matrilin&eacute;aire<\/h2>\n<p>\n\tShaye Cohen, historien et professeur de philosophie h&eacute;bra&iuml;que &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de&nbsp;Harvard, fait remarquer que dans tout mariage o&ugrave; il n&rsquo;y a pas eu de faute, l&rsquo;enfant a le statut du p&egrave;re (Cohen,&nbsp;L&eacute;vi, Isra&euml;l). L&rsquo;argument de la filiation matrilin&eacute;aire, donn&eacute;e par les la&iuml;cs dans les mouvements orthodoxes et conservateurs (bien que pas par leurs&nbsp;rabbins) est la &laquo; certitude &raquo; de la maternit&eacute; par opposition &agrave; l&rsquo;&laquo; incertitude &raquo; de la paternit&eacute;. &raquo;.&nbsp;Shaye Cohen&nbsp;s&rsquo;emploie &agrave; d&eacute;montrer que le principe de la&nbsp;matrilin&eacute;arit&eacute;&nbsp;aurait &eacute;t&eacute; introduit &agrave; l&rsquo;&eacute;poque de la&nbsp;Mishna&nbsp;en rupture avec la loi patrilin&eacute;aire traditionnelle. En effet, le principe de la matrilin&eacute;arit&eacute; semble ignor&eacute; de la Bible h&eacute;bra&iuml;que, et des &eacute;crits du premier si&egrave;cle de l&rsquo;&egrave;re commune. Et de rajouter : aucune de ces explications ne tient, &agrave; l&rsquo;exception des possibles parall&egrave;les entre droit&nbsp;talmudique&nbsp;et droit&nbsp;romain, ainsi que le pourrait sugg&eacute;rer le style de la&nbsp;Mishna Kiddoushin 3:12. Cependant,&nbsp;Shaye Cohen&nbsp;estime qu&rsquo;il existe peu de preuves &agrave; l&rsquo;appui de cette assertion et avance que les&nbsp;Tanna&iuml;m&nbsp;(auteurs) auraient pu &eacute;tablir cette loi en se fondant sur celles des&nbsp;kila&iuml;m&nbsp;(hybrides-T.BYoma74a-b).<\/p>\n<p>\n\tLa r&egrave;gle originelle aurait &eacute;t&eacute; patrilin&eacute;aire, mais ne se serait appliqu&eacute;e qu&rsquo;&agrave; des cas o&ugrave; les parents &eacute;taient l&eacute;galement mari&eacute;s, ou &eacute;taient consid&eacute;r&eacute;s comme conjoints l&eacute;gaux, auxquels cas l&rsquo;enfant poss&egrave;de un p&egrave;re l&eacute;gal. Dans le cas d&rsquo;un mariage entre deux&nbsp;Juifsou deux non-Juifs, l&rsquo;enfant h&eacute;riterait de son statut,&nbsp;Juif&nbsp;ou Gentil, de son p&egrave;re. Aux temps bibliques, la m&ecirc;me r&egrave;gle se serait appliqu&eacute;e aux unions mixtes, socialement m&eacute;pris&eacute;es mais l&eacute;galement possibles. Cependant, et ce d&egrave;s l&rsquo;&eacute;poque d&rsquo;Ezra, la loi&nbsp;juive&nbsp;aurait consid&eacute;r&eacute; ces unions mixtes comme non seulement interdites mais invalides. En cons&eacute;quence, l&rsquo;enfant d&rsquo;une telle union n&rsquo;aurait pas eu de p&egrave;re l&eacute;gal, recevant le statut de sa m&egrave;re par d&eacute;faut, de m&ecirc;me qu&rsquo;en&nbsp;Angleterre, les enfants l&eacute;gitimes recevaient le nom du p&egrave;re, les enfants non l&eacute;gitimes ceux de la m&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tPour le&nbsp;rabbin Rivon Krygier&nbsp;le &laquo;&nbsp;juda&iuml;sme&nbsp;&raquo; d&eacute;signe la culture traditionnelle&nbsp;juive, tandis que la &laquo;&nbsp;jud&eacute;it&eacute;&nbsp;&raquo; concerne le statut l&eacute;gal de la personne aux yeux de la soci&eacute;t&eacute;juive&nbsp;traditionnelle. C&rsquo;est la&nbsp;jud&eacute;it&eacute;&nbsp;et non le&nbsp;juda&iuml;sme&nbsp;qui est fonction de la m&egrave;re. La loijuive&nbsp;classique impose clairement aux p&egrave;res le devoir d&rsquo;instruire les gar&ccedil;ons &agrave; l&rsquo;&eacute;tude et &agrave; la pratique de la&nbsp;Tora, et &agrave; eux seuls, suivant en cela la conception patriarcale de la soci&eacute;t&eacute; antique, quasi universellement r&eacute;pandue.Ce n&rsquo;est donc qu&rsquo;en cas de mariage mixte qu&rsquo;en enfant h&eacute;riterait de la jud&eacute;it&eacute; par la m&egrave;re ; dans les cas normaux, il h&eacute;riterait du statut du p&egrave;re, mais la&nbsp;jud&eacute;it&eacute;&nbsp;de la m&egrave;re serait la condition sine qua non pour que cela se produise, ce qui reviendrait en d&eacute;finitive &agrave; consid&eacute;rer qu&rsquo;il s&rsquo;agirait d&rsquo;une transmission purement matrilin&eacute;aire.<\/p>\n<h2>\n\tQui est juif en Isra&euml;l ?<\/h2>\n<p>\n\tDepuis la fondation de l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Isra&euml;l&nbsp;en 1948 cette question &laquo; qui est&nbsp;juif&nbsp;? &raquo; passa dans le langage courant et r&eacute;apparut &agrave; plusieurs reprises, provoquant des remous religieux, sociaux et politiques, Le principe de la&nbsp;matrilin&eacute;arit&eacute; se trouve en effet au centre d&rsquo;un d&eacute;bat permanent en&nbsp;Isra&euml;l&nbsp;sur le th&egrave;me &laquo; Qui est&nbsp;juif&nbsp;? &raquo;<\/p>\n<p>\n\tAfin de faire son&nbsp;Alyah, et pour pr&eacute;tendre &agrave; la citoyennet&eacute;&nbsp;isra&eacute;lienne, il n&rsquo;est pas obligatoire d&rsquo;&ecirc;tre n&eacute; de m&egrave;re&nbsp;juive. Selon la Loi du Retour appliqu&eacute;e par l&rsquo;Etat&nbsp;d&rsquo;Isra&euml;l, il suffit qu&rsquo;un des deux parents ou grands-parents le soit. De facto, les personnes converties en dehors d&rsquo;Isra&euml;l&nbsp;par des tribunaux rabbiniques non-orthodoxes peuvent b&eacute;n&eacute;ficier de la Loi du retour. Le type de conversion n&rsquo;ayant pas &eacute;t&eacute; d&eacute;fini par la loi, &agrave; la suite de divers recours juridiques, la Cour supr&ecirc;me reconna&icirc;t les conversions non orthodoxes effectu&eacute;es hors d&lsquo;Isra&euml;l, mais pas en&nbsp;Isra&euml;l. Ce sujet continue &agrave; susciter de vives pol&eacute;miques dans le pays.<\/p>\n<p>\n\tLe probl&egrave;me comme on le sait est fort complexe, d&rsquo;autant qu&rsquo;il y a dans le caract&egrave;re&nbsp;juifd&rsquo;un individu &agrave; la fois une dimension ethnique (notion de peuple ou de nation) et une dimension religieuse.<\/p>\n<p>\n\tConditionn&eacute;e par les contingences juridiques et d&eacute;mographiques d&rsquo;une &eacute;poque lointaine, la d&eacute;finition rabbinique de la&nbsp;jud&eacute;it&eacute;&nbsp;reste inchang&eacute;e. Cette &eacute;tonnante permanence, qui inqui&egrave;te les d&eacute;mographes, peut susciter des r&eacute;actions diverses : pour certains, elle est une mani&egrave;re d&rsquo;outrage au principe de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des sexes alors que d&rsquo;autres y voient un hommage rendu &agrave; la femme&nbsp;juive<\/p>\n<p>\n\tPar Sylvie Bensaid<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"http:\/\/www.tribunejuive.info\/israel\/peut-on-etre-juif-par-son-pere\">http:\/\/www.tribunejuive.info\/israel\/peut-on-etre-juif-par-son-pere<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &laquo;&nbsp;Peut-on &ecirc;tre juif par son p&egrave;re ? &laquo;&nbsp; &nbsp; &nbsp; par&nbsp;Sylvie Bensaid &nbsp; &nbsp;&sdot; Pourquoi la religion juive se transmet-elle par la m&egrave;re ? L&rsquo;identit&eacute; juive est due &agrave; l&rsquo;ascendance matrilin&eacute;aire, ce qui signifie que c&rsquo;est la m&egrave;re qui d&eacute;termine ou non l&rsquo;identit&eacute; juive de l&rsquo;enfant. 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