{"id":5115,"date":"2012-09-04T17:59:13","date_gmt":"2012-09-04T17:59:13","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5115"},"modified":"2012-09-04T21:36:31","modified_gmt":"2012-09-04T21:36:31","slug":"les-nouveaux-visages-du-racisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-nouveaux-visages-du-racisme\/","title":{"rendered":"Les nouveaux visages du racisme"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"block_content\">\n<div class=\"title\">\n\t\tLes nouveaux visages du racisme<\/div>\n<div class=\"title\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"title\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"title\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"title\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<p class=\"description\">\n\t\tLes manifestations de rejet de l&rsquo;autre ont &eacute;volu&eacute;. Elles se fondent moins sur des crit&egrave;res biologiques que sur des aspects culturels et religieux.<\/p>\n<p><!-- fin visuel -->\t<\/p>\n<div class=\"block_txt\">\n<p class=\"description\">\n\t\t\tLe racisme exprime davantage une peur de voir son identit&eacute; remise en question par d&rsquo;autres.<\/p>\n<p class=\"description\">\n\t\t\tPour &oelig;uvrer contre ce ph&eacute;nom&egrave;ne, beaucoup misent sur le milieu scolaire, o&ugrave; se manifestent, d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge, des violences &agrave; caract&egrave;re raciste.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa France a-t-elle gagn&eacute; ou perdu du terrain contre les manifestations du racisme ? Difficile de r&eacute;pondre &agrave; la question tant cette hydre du rejet de l&rsquo;autre renouvelle sans cesse ses visages.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCertes, le racisme scientiste du XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle qui reposait sur une hi&eacute;rarchie des hommes selon leurs caract&eacute;ristiques morphologiques, s&rsquo;est consid&eacute;rablement affaibli. Mais il se nourrit d&eacute;sormais d&rsquo;autres sources. Aujourd&rsquo;hui, tandis que 8 % de la population consid&egrave;rent qu&rsquo;il existe des races sup&eacute;rieures aux autres, 27 % des personnes interrog&eacute;es se reconnaissent elles-m&ecirc;mes <i>&laquo; plut&ocirc;t &raquo;,<\/i> ou <i>&laquo; un peu &raquo;<\/i> raciste (1).<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;&eacute;cart entre les deux chiffres manifeste bien que ce terme recouvre de nouveaux m&eacute;canismes de pens&eacute;e. En outre, la statistique officielle fait &eacute;tat d&rsquo;une augmentation continue des actes et menaces &agrave; caract&egrave;re raciste. En 1990, la police r&eacute;pertoriait un total de 600 faits constat&eacute;s, contre plus de 1 200 en 2011.<\/p>\n<p><\/p>\n<h2>\n\t\t\tUne r&eacute;action aux exp&eacute;riences de la vie<\/h2>\n<p>\n\t\t\t<i>&laquo; Plut&ocirc;t que sous la forme d&rsquo;une id&eacute;ologie, le racisme &eacute;merge bien davantage dans les milieux fragilis&eacute;s comme une r&eacute;action aux exp&eacute;riences de la vie quotidienne : des diff&eacute;rences dans les habitudes alimentaires ou des coutumes, peuvent aboutir &agrave; un rejet brutal d&rsquo;autres cat&eacute;gories de personnes jug&eacute;es comme incompatibles et en particulier des musulmans &raquo;,<\/i> observe Alain Mergier, sociologue et directeur du cabinet d&rsquo;&eacute;tude Wei.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDepuis plusieurs d&eacute;cennies, les ressentiments communautaires progressent. Selon un sondage diffus&eacute; en avril dernier par la Commission nationale consultative des droits de l&rsquo;homme (<a href=\"http:\/\/www.cncdh.fr\/\" target=\"_self\">CNCDH<\/a>), les Roms constituent <i>&laquo; un groupe &agrave; part &raquo;<\/i> pour 77 % des personnes interrog&eacute;es. Un jugement qui atteint 51 % pour les musulmans, 40 % pour les Maghr&eacute;bins, 38 % pour les Asiatiques. Tandis que 55 % estiment <i>&laquo; qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, en France, on ne se sent plus chez soi comme avant &raquo;. <\/i><\/p>\n<p><\/p>\n<h2>\n\t\t\tInt&eacute;gration<\/h2>\n<p>\n\t\t\t<i>&laquo; Tout le paradoxe de la France est d&rsquo;&ecirc;tre multiculturelle sans &ecirc;tre pour autant multiculturaliste, mais int&eacute;grationniste &raquo;,<\/i> analyse l&rsquo;historien Pascal Blanchard, pour qui le pays n&rsquo;a jamais vraiment sold&eacute; son pass&eacute; de puissance coloniale.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<i>&laquo; Les lois et les discours antiracistes ont &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute;s dans les ann&eacute;es 1970-1980 sur des grands principes sans tenir compte du pass&eacute;, qui a forg&eacute; des rapports comportementaux &raquo;,<\/i> poursuit-il. Le chercheur au <a href=\"http:\/\/www.lcp.cnrs.fr\/\" target=\"_self\">laboratoire<\/a> communication et politique du CNRS pr&ocirc;ne une mobilisation citoyenne, m&eacute;diatique, institutionnelle pour rompre ce silence.<\/p>\n<p><\/p>\n<h2>\n\t\t\tUne baisse de la tol&eacute;rance<\/h2>\n<p>\n\t\t\tChaque individu peut &ecirc;tre amen&eacute; &agrave; sentir son identit&eacute; menac&eacute;e. Il suffit parfois d&rsquo;un fait divers, pour mettre le feu aux poudres. &Agrave; la suite de l&rsquo;affaire M&eacute;rah, la courbe des violences a fait un bond, avec 167 agressions, menaces et actes d&rsquo;intimidation sur le seul mois de mars.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe service de protection de la communaut&eacute; juive (<a href=\"http:\/\/www.spcj.org\/SPCJ_-_0_800_18_26_26_-_ACTES_ANTISEMITES_-_Service_de_Protection_de_la_Communaute_Juive_en_France.html\" target=\"_self\">SPCJ<\/a>), via un partenariat de longue date avec le minist&egrave;re de l&rsquo;int&eacute;rieur, enregistre habituellement une quarantaine d&rsquo;actes antis&eacute;mites chaque mois.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;affaire d&rsquo;Aigues-Mortes (Gard), d&eacute;but ao&ucirc;t, o&ugrave; un couple avait prof&eacute;r&eacute; des propos racistes et ouvert le feu &agrave; huit reprises sur des jeunes, faisant un bless&eacute; l&eacute;ger, n&rsquo;a pour l&rsquo;heure rien de repr&eacute;sentatif des faits habituellement constat&eacute;s. Mais la pr&eacute;sidente de la CNCDH, Christine Lazerges, craint que ce cas ne pr&eacute;figure une r&eacute;surgence des violences x&eacute;nophobes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<i>&laquo; Nous savons que les chiffres que nous r&eacute;coltons ne sont que l&rsquo;&eacute;cume de la r&eacute;alit&eacute;,<\/i> affirme-t-elle. <i>Globalement, un ensemble de facteurs &ndash; la crise &eacute;conomique, l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; sociale, ou encore la d&eacute;diabolisation du FN &ndash; conduit &agrave; une chute du seuil de la tol&eacute;rance. On sent que ce racisme &ldquo;banalis&eacute;&rdquo;, qui se traduit le plus souvent par un regard, un ricanement, un commentaire d&eacute;plac&eacute;, peut tr&egrave;s vite d&eacute;raper. &raquo;<\/i><\/p>\n<p><\/p>\n<h2>\n\t\t\tEduquer les enfants &agrave; la diff&eacute;rence<\/h2>\n<p>\n\t\t\tPlus personne n&rsquo;est &agrave; l&rsquo;abri du rejet, et plus personne n&rsquo;en a le monopole. Sur le moteur de recherche &laquo; Google &raquo;, le mot le plus fr&eacute;quemment associ&eacute; au terme &laquo; racisme &raquo; est &laquo; anti-blanc &raquo;. De fait, une &eacute;tude de l&rsquo;Institut national d&rsquo;&eacute;tudes d&eacute;mographiques (<a href=\"http:\/\/www.ined.fr\/\" target=\"_self\">Ined<\/a>) publi&eacute;e en avril dernier montrait que 18 % de la population dite <i>&laquo; majoritaire &raquo;<\/i> aurait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; la cible d&rsquo;insultes, de propos ou d&rsquo;attitudes racistes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<i>&laquo; Il y a cette tendance, quel que soit le sentiment d&rsquo;appartenance, &agrave; chercher dans son groupe la strat&eacute;gie identitaire la plus favorable, de mani&egrave;re &agrave; ressortir gagnant de la comparaison &raquo;,<\/i> observe Philippe Castel, chercheur en psychologie sociale &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Bourgogne.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<i>&laquo; Par exemple, une personne de statut social modeste pourra reprendre le dessus en affichant la &ldquo;sup&eacute;riorit&eacute;&rdquo; de ses valeurs cultuelles ou religieuses &raquo;,<\/i> poursuit-il. Pour lutter contre cette m&eacute;canique pouvant conduire &agrave; des surench&egrave;res, le chercheur pr&ocirc;ne des actions &eacute;ducatives d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCar les discriminations n&rsquo;attendent pas le nombre des ann&eacute;es. Selon une &eacute;tude de 2011 r&eacute;alis&eacute;e par l&rsquo;&eacute;ducation nationale aupr&egrave;s de 18 000 coll&eacute;giens, les violences verbales li&eacute;es &agrave; l&rsquo;origine repr&eacute;sentent la part la plus importante de l&rsquo;ensemble insultes prof&eacute;r&eacute;es par les &eacute;l&egrave;ves (16,8 %), devant celles li&eacute;es &agrave; la religion (8,2 %).<\/p>\n<p>\n\t\t\t<i>&laquo; D&egrave;s la maternelle, l&rsquo;enfant d&eacute;veloppe une comp&eacute;tence &agrave; distinguer les choses. C&rsquo;est sans doute le moment le plus propice pour commencer &agrave; percevoir la diff&eacute;rence sans en avoir peur, et sans la rejeter &raquo;,<\/i> poursuit Philippe Castel.<\/p>\n<div class=\"notes\">\n<p>\n\t\t\t\t(1) Sondage issu du rapport 2011 de la Commission nationale consultative des droits de l&rsquo;homme (CNCDH).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p><!-- fin pagination -->\t\t<\/p>\n<div class=\"breaker\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>\n\t<span class=\"nom\"><strong>JEAN-BAPTISTE FRAN&Ccedil;OIS&nbsp;<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Les nouveaux visages du racisme &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les manifestations de rejet de l&rsquo;autre ont &eacute;volu&eacute;. Elles se fondent moins sur des crit&egrave;res biologiques que sur des aspects culturels et religieux. Le racisme exprime davantage une peur de voir son identit&eacute; remise en question par d&rsquo;autres. 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