{"id":5213,"date":"2012-09-19T03:35:11","date_gmt":"2012-09-19T03:35:11","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5213"},"modified":"2012-09-19T03:35:11","modified_gmt":"2012-09-19T03:35:11","slug":"tunisie-pourquoi-abou-iyadh-fait-il-aussi-peur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-pourquoi-abou-iyadh-fait-il-aussi-peur\/","title":{"rendered":"Tunisie &#8211; Pourquoi Abou Iyadh fait-il aussi peur ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTunisie &#8211; Pourquoi Abou Iyadh fait-il aussi peur ?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSon pr&ecirc;che enflamm&eacute; d&rsquo;hier et son esquive, au nez et &agrave; la barbe de centaines d&rsquo;agents du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur, ont d&eacute;fray&eacute; la chronique. Accus&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre l&rsquo;instigateur des violentes &eacute;meutes qui ont mis &agrave; feu et &agrave; sac l&rsquo;ambassade am&eacute;ricaine, vendredi dernier, le leader salafiste jihadiste, Abou Iyadh, semble narguer tout le monde.&nbsp;<br \/>\n\tMais pourquoi s&rsquo;int&eacute;resse-t-on aujourd&rsquo;hui &agrave; lui et pourquoi fait-il aussi peur ? Au c&oelig;ur d&rsquo;un combat politique qui l&rsquo;oppose aujourd&rsquo;hui aux islamistes au pouvoir, avec lesquels les relations ont longtemps &eacute;t&eacute; ambig&uuml;es, Abou Iyadh intrigue , impressionne et inqui&egrave;te plus d&rsquo;un. Portrait d&rsquo;un personnage myst&eacute;rieux et controvers&eacute;&hellip;&nbsp;<\/p>\n<p>\tAccus&eacute; d&rsquo;avoir appel&eacute; ses fid&egrave;les &agrave; la manifestation anti-am&eacute;ricaine du vendredi 14 septembre, ayant fait 4 morts et des dizaines de bless&eacute;s parmi les manifestants, Abou Iyadh s&rsquo;interroge : &laquo; si toutes les franges de la soci&eacute;t&eacute; se sont &eacute;lev&eacute;es contre ce film offensant au Proph&egrave;te, lors de la manifestation en face de l&rsquo;ambassade US, pourquoi l&rsquo;ensemble des accusations a-t-il &eacute;t&eacute; dirig&eacute; vers une seule et unique partie [NDLR : les salafistes jihadistes] ? &raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p>\tAbou Yadh assure que l&rsquo;appel &agrave; manifester ce jour-l&agrave; n&rsquo;avait nullement &eacute;t&eacute; accompagn&eacute; d&rsquo;incitation &agrave; la violence. Il aurait &eacute;t&eacute; aper&ccedil;u sur les lieux des &eacute;meutes par le leader de Hizb Ettahrir, Ridha Belhaj, et&nbsp; d&rsquo;autres sources affirment, en revanche, qu&#39;il a donn&eacute; toutes ses instructions &agrave; ses disciples par t&eacute;l&eacute;phone.<\/p>\n<p>\tLe soir m&ecirc;me de la manifestation, les forces de l&rsquo;ordre op&egrave;rent une descente chez lui. Sans succ&egrave;s. Sa pr&eacute;sence est signal&eacute;e le lendemain au cimeti&egrave;re El Jellaz (Tunis) pour assister aux fun&eacute;railles d&rsquo;un des manifestants tu&eacute;s sur les lieux. Pr&eacute;sence que les forces de l&rsquo;ordre d&eacute;mentent.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais qu&rsquo;il ait &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent ou non sur les lieux des fun&eacute;railles, Abou Iyadh a, de nouveau, d&eacute;fi&eacute; les forces de l&rsquo;ordre et s&rsquo;est &eacute;chapp&eacute; sans probl&egrave;me du dispositif s&eacute;curitaire d&eacute;ploy&eacute;, hier, devant la mosqu&eacute;e Al Fath o&ugrave; il pronon&ccedil;a un discours devant des centaines de fid&egrave;les. Apparition qui a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e le matin de ce jour m&ecirc;me sur les r&eacute;seaux sociaux.&nbsp;<br \/>\n\tDans la tribune de la mosqu&eacute;e, il demande la d&eacute;mission d&rsquo;Ali La&acirc;rayedh, ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, et l&rsquo;accuse d&rsquo;&ecirc;tre responsable des d&eacute;bordements qui ont eu lieu lors de la manifestation devant l&rsquo;ambassade. Selon lui &laquo; tout ceci serait organis&eacute; &raquo;.<br \/>\n\t&laquo; Nous refusons d&rsquo;&ecirc;tre leur bouc &eacute;missaire et nous ne serons pas une carte &agrave; jouer dans leurs calculs politiques &raquo;, lance Abou Iyadh avant de sortir de la mosqu&eacute;e, sans &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute;, escort&eacute; par les siens, malgr&eacute; l&rsquo;important cordon policier d&eacute;ploy&eacute; &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur.&nbsp;<br \/>\n\tAinsi, le salafiste jihadiste de 47 ans, &agrave; la longue barbe, continue &agrave; narguer les autorit&eacute;s&hellip;<\/p>\n<p>\tDe l&rsquo;int&eacute;rieur des ge&ocirc;les, Abou Iyadh, de son vrai nom Seif Allah Ibn Hussein, a pu se constituer, pendant les 8 ann&eacute;es de sa d&eacute;tention, une image de guide spirituel pour de nombreux adeptes du salafisme jihadiste, assoiff&eacute;s d&rsquo;apprendre ses enseignements et de s&rsquo;impr&eacute;gner de son exp&eacute;rience internationale du jihad. Disciple du tr&egrave;s connu, mais certes controvers&eacute;, Abou Qatada, l&rsquo;homme a parcouru le monde, gravitant dans les milieux islamistes radicaux.&nbsp;<\/p>\n<p>\tIl a quitt&eacute; la Tunisie, en 1991, pourchass&eacute; par le r&eacute;gime de Ben Ali, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque en pleine croisade anti-islamiste, et part s&rsquo;installer au Maroc o&ugrave; il poursuit ses &eacute;tudes de droit. Rattrap&eacute; par les autorit&eacute;s tunisiennes en 1994, il part se r&eacute;fugier en Angleterre qui refuse de lui accorder l&rsquo;asile politique et finit par le consid&eacute;rer comme persona non grata sur son territoire &agrave; cause de ses nombreux pr&ecirc;ches accusant l&rsquo;Etat britannique d&rsquo;&ecirc;tre &laquo; &agrave; l&rsquo;origine de la d&eacute;faite des musulmans &raquo;.&nbsp;<br \/>\n\tApr&egrave;s avoir quitt&eacute; l&rsquo;Angleterre, Seif Allah Ibn Hussein, s&rsquo;engage contre les forces am&eacute;ricaines en Afghanistan et parcourt de nombreux pays, s&eacute;duit par les appels de la guerre sainte.<br \/>\n\tIl finit par se faire arr&ecirc;ter en Turquie en 2003, et extrader en Tunisie o&ugrave; il fut condamn&eacute; &agrave; plus de 68 ans de prison en vertu de la loi anti-terrorisme de 2003, accus&eacute; de &laquo; haute trahison et d&rsquo;appartenance &agrave; des organisations int&eacute;gristes terroristes, dont Al Qa&iuml;da &raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p>\tSes relations avec Al Qa&iuml;da, Abou Iyadh ne les nie pas. Il affirme m&ecirc;me &ecirc;tre proche de Ben Laden qu&rsquo;il a rencontr&eacute; en 2000 &agrave; Kandahar. Un mouvement qu&rsquo;il soutient certes, sans pour autant affirmer y appartenir. Le Groupe Combattant Tunisien (GCT), qu&rsquo;il co-fonda en prison en 2000 avec Tarek Ma&acirc;roufi, est d&rsquo;ailleurs connu pour &ecirc;tre li&eacute; &agrave; Al Qa&iuml;da.&nbsp;<br \/>\n\tLib&eacute;r&eacute; en 2011, en vertu de la loi d&rsquo;amnistie g&eacute;n&eacute;rale qui a permis de lib&eacute;rer plusieurs membres du r&eacute;seau et de le reconstituer, Abou Iyadh r&eacute;unit ses disciples et anciens compagnons de cellule autour de l&rsquo;association de &laquo; Ansar Al Chari&acirc;a &raquo;, appelant &agrave; &laquo;d&eacute;fendre la Chari&acirc;a &raquo; et protestant contre le gouvernement en place mais sans pour autant pr&eacute;coniser la violence contre les citoyens tunisiens, indique t-il dans nombre d&rsquo;interviews accord&eacute;es &agrave; certains m&eacute;dias depuis sa lib&eacute;ration &agrave; l&rsquo;occasion de ladite amnistie g&eacute;n&eacute;rale.<br \/>\n\t&laquo; La Tunisie n&rsquo;est pas une terre de jihad. Nous n&rsquo;avons pas lev&eacute; d&rsquo;armes contre le peuple et nos discours radicaux sont dirig&eacute;s contre le gouvernement qui ne gouverne pas par la loi de Dieu &raquo;.&nbsp;<br \/>\n\tTout en entretenant des rapports privil&eacute;gi&eacute;s avec certains hauts membres du parti d&rsquo;Ennahdha, dont Rached Ghannouchi, Sadok Chourou, etc, les jihadistes ne reconnaissent pas le gouvernement en place ainsi que ses &laquo; relations pro-am&eacute;ricaines &raquo;.&nbsp;<br \/>\n\tSelon Abou Iyadh, le gouvernement actuel utilise l&rsquo;&eacute;pouvantail salafiste afin d&rsquo;installer une nouvelle dictature. Le leader jihadiste d&eacute;nonce les nombreuses affaires &laquo; attribu&eacute;es &agrave; tort &agrave; ses disciples &raquo; et les qualifie d&rsquo;&laquo; aberrantes &raquo;, tels que les &eacute;v&eacute;nements de &laquo; l&rsquo;&eacute;mirat &raquo; de Sejnane, l&rsquo;assassinat de l&rsquo;homme d&rsquo;&eacute;glise polonais, l&rsquo;affaire de Rouhia, les violences &agrave; Hergla, Mahdia et Ben Guerdane, ainsi que les derni&egrave;res &eacute;meutes devant l&rsquo;ambassade am&eacute;ricaine&hellip;<br \/>\n\tLe chef des jihadistes soutient que ses disciples &laquo; n&rsquo;enfreignent pas la loi et qu&rsquo;ils pr&eacute;f&egrave;rent travailler au grand jour privil&eacute;giant les actions de bienfaisance et de pr&eacute;dication aux actes de violence &raquo;.&nbsp;<br \/>\n\t&laquo;M&ecirc;me si le gouvernement Jebali nous laissera travailler et nous accordera nos droits, l&rsquo;ambassade am&eacute;ricaine ne le permettrait pas car ce sont eux qui gouvernent le pays et tirent les ficelles au sein du parti au pouvoir &raquo;, affirme-t-il.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLes derniers actes de violence, compromettant les relations tuniso-am&eacute;ricaines, semblent avoir marqu&eacute; la fin de la &laquo; tr&ecirc;ve non d&eacute;clar&eacute;e &raquo; entre le parti Ennahdha et les salafistes jihadistes. Lors de son pr&ecirc;che donn&eacute; hier &agrave; la mosqu&eacute;e El Fath, Abou Iyadh fait ouvertement part de son hostilit&eacute; au minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur et demande &agrave; Ali La&acirc;rayedh de d&eacute;missionner de son poste &laquo; n&rsquo;&eacute;tant plus capable d&rsquo;assurer la s&eacute;curit&eacute; des citoyens &raquo;.&nbsp;<br \/>\n\tDevenu encombrant, Abou Iyadh semble &ecirc;tre devenu la nouvelle cible du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur qui h&eacute;site sur la conduite &agrave; adopter face au leader salafiste, compte tenu de l&rsquo;ambig&uuml;it&eacute; des relations qui lient les deux parties.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLes r&eacute;cents &eacute;v&eacute;nements ont fait surgir certains points d&rsquo;interrogation par les observateurs avertis. Est-ce que la pression, exerc&eacute;e par la diplomatie am&eacute;ricaine et l&rsquo;opinion publique tunisienne, a pouss&eacute; le gouvernement &agrave; mener, &agrave; contrec&oelig;ur, cette croisade contre Abou Iyadh ? Qu&rsquo;est-ce qui justifie aujourd&rsquo;hui le revirement de situation du pouvoir islamiste contre l&rsquo;une de ses cartes gagnantes dans le jeu politique ?<br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSynda TAJINE<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunisie &#8211; Pourquoi Abou Iyadh fait-il aussi peur ? &nbsp; &nbsp; &nbsp; Son pr&ecirc;che enflamm&eacute; d&rsquo;hier et son esquive, au nez et &agrave; la barbe de centaines d&rsquo;agents du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur, ont d&eacute;fray&eacute; la chronique. Accus&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre l&rsquo;instigateur des violentes &eacute;meutes qui ont mis &agrave; feu et &agrave; sac l&rsquo;ambassade am&eacute;ricaine, vendredi dernier,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17354,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-5213","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5213","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5213"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5213\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17354"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}