{"id":5239,"date":"2012-09-27T22:28:51","date_gmt":"2012-09-27T22:28:51","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5239"},"modified":"2012-09-27T22:28:51","modified_gmt":"2012-09-27T22:28:51","slug":"vers-une-glaciation-des-printemps-arabes-par-gerard-fellous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/vers-une-glaciation-des-printemps-arabes-par-gerard-fellous\/","title":{"rendered":"Vers une glaciation des \u00ab printemps arabes \u00bb ?  Par G\u00e9rard Fellous"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tVers une glaciation des &laquo; printemps arabes &raquo; ?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"node-content\">\n<div class=\"field field-name-field-teaser field-type-text-long field-label-hidden clearfix\">\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\">\n<p>\n\t\t\t\t\tPar G&eacute;rard Fellous<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tEn ce mois de septembre 2012, assistons-nous &agrave; un changement de saison, passant brutalement d&rsquo;un&nbsp;&laquo;&nbsp;printemps arabe&nbsp;&raquo;, &agrave; un &laquo;&nbsp;hiver islamique&nbsp;&raquo;, en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Liban et ailleurs dans le monde arabo-musulman&nbsp;?<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"inner-page-block\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"field-items field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden clearfix\">\n<p>\n\t\t\tCette &eacute;volution porterait en elle un triple risque:<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&#8211;Accr&eacute;diter l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un &laquo;&nbsp;complot&nbsp;&raquo; isra&eacute;lo-am&eacute;ricain contre l&rsquo;Islam. La &laquo;&nbsp;coalition sacr&eacute;e&nbsp;&raquo; contre Isra&euml;l a eu peu d&rsquo;&eacute;cho dans la rue arabe qui a &eacute;t&eacute; prise jusque-l&agrave; par d&rsquo;autres pr&eacute;occupations qu&rsquo;une artificiel solidarit&eacute; avec les palestiniens. Reste que les difficult&eacute;s &eacute;conomiques et financi&egrave;res dans lesquelles ces &laquo;&nbsp;r&eacute;volutions&nbsp;&raquo; ont plong&eacute; les peuples lib&eacute;r&eacute;s des dictatures trouvent comme bouc &eacute;missaire la puissance am&eacute;ricaine, accus&eacute;e d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; l&rsquo;origine de tous les maux d&rsquo;un monde arabe profond&eacute;ment divis&eacute;. Pour sa part, Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah chiite a fait monter la tension dans la rue libanaise, non seulement en comp&eacute;tition avec les violences sunnites dans d&rsquo;autres pays, mais &eacute;galement au lendemain de la mobilisation populaire massive r&eacute;ussie par le pape Benoit XVI.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&#8211;Faire progresser dans les opinions publiques le concept de blasph&egrave;me, au d&eacute;triment de la libert&eacute; d&rsquo;expression et d&rsquo;opinion. La tentative de reconstitution d&rsquo;une Oumma, mise &agrave; mal par les soul&egrave;vements des peuples passe par un ph&eacute;nom&egrave;ne de victimisation qui est tr&egrave;s vite apparu, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, l&rsquo;islamophobie dont souffrirait le monde arabo-musulman qui trouverait ainsi une &laquo;&nbsp;unit&eacute; n&eacute;gative&nbsp;&raquo;, et une d&eacute;culpabilisation.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s les op&eacute;rations d&rsquo;instrumentalisation des&nbsp;&laquo;&nbsp;Versets sataniques&nbsp;&raquo; de Salman Rushdie, en 1988 , et des caricatures danoises du proph&egrave;te Mahomet en 2005, voil&agrave; le pr&eacute;texte d&rsquo;une obscure vid&eacute;o exhum&eacute;e du fouillis du web, &laquo;&nbsp;Innocense of muslims&nbsp;&raquo;,&nbsp; qui tente de radicaliser les r&eacute;gimes islamiques naissants (Tunisie, Egypte, Libye&hellip;) autour du th&egrave;me ancien de la diffamation des religions, appel&eacute; aussi blasph&egrave;me.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&#8211;L&eacute;gitimer les branches les plus extr&eacute;mistes de l&rsquo;islam, telle que le salafisme wahhabite. Les r&eacute;centes violences de la rue arabe, avec l&rsquo;assassinat de l&rsquo;ambassadeur am&eacute;ricain en Libye, la destruction de locaux diplomatiques dans plusieurs capitales, et jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;apparition, en ce 15 septembre, au c&oelig;ur de Paris, de quelques femmes enti&egrave;rement voil&eacute;es de noir, et d&rsquo;une pri&egrave;re de rue, sont-elles l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;un m&ecirc;me deus ex machina, que nombre d&rsquo;observateurs d&eacute;signent comme &eacute;tant, g&eacute;n&eacute;riquement, les salafistes&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDiffamation des religions<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s plus de dix ans de pressions sur les instances onusiennes afin d&rsquo;obtenir, en droit international, la reconnaissance d&rsquo;un d&eacute;lit de diffamation des religions (blasph&egrave;me), l&rsquo;Organisation de la coop&eacute;ration islamique (OCI), conduite par l&rsquo;Iran,&nbsp; vient de subir un s&eacute;rieux revers. L&rsquo;Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;ONU, &agrave; la suite d&rsquo;une r&eacute;solution du Conseil des droits de l&rsquo;homme de mars 2011, a en effet adopt&eacute; par consensus (19 d&eacute;cembre 2011) une r&eacute;solution qui exclue la protection d&rsquo;une religion, collectivement, pour lui substituer la protection des personnes, conform&eacute;ment aux principes des Droits de l&rsquo;homme d&eacute;fendus par les pays occidentaux.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;article 19 de la D&eacute;claration universelle des droits de l&rsquo;homme (DUDH) reprend ainsi toute sa force en proclamant&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Tout individu a droit &agrave; la libert&eacute; d&rsquo;opinion et d&rsquo;expression, ce qui implique le droit de ne pas &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute; pour ses opinions, de recevoir et de r&eacute;pandre, sans consid&eacute;ration de fronti&egrave;res, les informations et les id&eacute;es par quelque moyen d&rsquo;expression que ce soit&nbsp;&raquo;. L&rsquo;OCI, au nom de l&rsquo;islam, a tent&eacute; de lui substituer, dans une &laquo;&nbsp;D&eacute;claration des droits de l&rsquo;homme en islam&nbsp;&raquo; (Le Caire, 5 aout 1990) une d&eacute;finition du blasph&egrave;me selon laquelle&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Il est prohib&eacute; d&rsquo;utiliser (l&rsquo;information) ou de l&rsquo;exploiter pour porter atteinte au sacr&eacute; et &agrave; la dignit&eacute; des proph&egrave;tes ou &agrave; des fins pouvant nuire aux valeurs morales et susceptibles d&rsquo;exposer la soci&eacute;t&eacute; &agrave; la d&eacute;sunion, &agrave; la d&eacute;sint&eacute;gration ou &agrave; l&rsquo;affaiblissement de la Foi&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes premi&egrave;res escarmouches remontent &agrave; mars 2007 lorsque l&rsquo;OCI, soutenue par la Chine, la Russie et Cuba, r&eacute;ussissait &agrave; faire adopter par le Conseil des droits de l&rsquo;homme (7<sup>e<\/sup> session) une r&eacute;solution modifiant le mandat du Rapporteur sp&eacute;cial des Nations unies pour la libert&eacute; d&rsquo;expression et d&rsquo;opinion, en lui adjoignant la diffamation religieuse. La nomination et le rapport du Rapporteur sp&eacute;cial sur les formes contemporaines de racisme ont &eacute;galement fait l&rsquo;objet de man&oelig;uvres destin&eacute;es &agrave; imposer au Conseil des approches diff&eacute;rentialistes.&nbsp; Des r&eacute;solutions identiques sont adopt&eacute;es en mars 2008 et 2009, ne citant que l&rsquo;islam comme religion victime de diffamation. En 2010, elle est &eacute;largie &agrave; la &quot;christianophobie&quot;. Parall&egrave;lement , ces m&ecirc;mes pays obtiennent la mise en place d&rsquo;un &laquo;&nbsp;Comit&eacute; ad hoc sur l&rsquo;&eacute;laboration de normes compl&eacute;mentaires internationales pour le renforcement et la r&eacute;vision des instruments internationaux portant sur tous les aspects de la lutte contre le racisme, la discrimination, la x&eacute;nophobie et l&rsquo;intol&eacute;rance&nbsp;&raquo;, dont l&rsquo;objectif est de modifier les textes onusiens afin d&rsquo;y inclure la diffamation des religions.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa Conf&eacute;rence mondiale sur le racisme de Durban (2001), puis la conf&eacute;rence de suivi de Gen&egrave;ve (avril 2009) avaient d&eacute;j&agrave;&nbsp; r&eacute;ussi, in extremis, &agrave; faire retirer, dans&nbsp; le document final, toute allusion &agrave; la diffamation des religions. Mais cette question risque d&rsquo;occuper la diplomatie internationale encore longtemps. Olivier Roy, directeur d&rsquo;&eacute;tudes &agrave; l&rsquo;EHESS souligne que &laquo;&nbsp;dans les pays musulmans, c&rsquo;est une question qui est beaucoup plus politique que religieuse. L&rsquo;attaque contre l&rsquo;islam est li&eacute;e dans leur esprit au n&eacute;o-colonialisme, &agrave; l&rsquo;imp&eacute;rialisme&nbsp;&raquo;. Ainsi Al-Qa&iuml;da et les groupes fondamentalistes parlent-ils, en termes politiques et pas th&eacute;ologiques de &laquo;&nbsp;l&rsquo;envahisseur am&eacute;ricain qui attaque les musulmans&nbsp;&raquo;.&nbsp; Ce sp&eacute;cialiste de l&rsquo;islam d&eacute;c&egrave;le une &laquo;&nbsp;ambigu&iuml;t&eacute; profonde sur ce concept de diffamation des religions, qu&rsquo;on retrouve dans le terme islamophobie&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tRappelons qu&rsquo;en France, depuis 1791, il n&rsquo;existe plus de d&eacute;lit sp&eacute;cifique de blasph&egrave;me. La l&eacute;gislation sur le blasph&egrave;me a &eacute;t&eacute; effac&eacute;e par le si&egrave;cle des Lumi&egrave;res, en particulier lorsque Voltaire d&eacute;montrait&nbsp; que la torture et l&rsquo;ex&eacute;cution pour blasph&egrave;me du Chevalier de La Barre, fut une manifestation de l&rsquo;obscurantisme des lois religieuses et de la n&eacute;cessit&eacute; de la libert&eacute; de pens&eacute;e. Aujourd&rsquo;hui certaines dispositions du code p&eacute;nal permettent au Parquet de poursuivre l&rsquo;incitation &agrave; la haine religieuse. La loi du 29 juillet 1881 modifi&eacute;e s&rsquo;applique &agrave; tout acte, parole ou &eacute;crit susceptible d&rsquo;avoir de telles cons&eacute;quences sur une personne.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe salafisme &agrave; double visage<\/p>\n<p>\n\t\t\tA l&rsquo;arriv&eacute;e au pouvoir, en Tunisie, ou en Egypte, des islamistes d&rsquo;Ennadah, et des Fr&egrave;res musulmans, qui avaient particuli&egrave;rement souffert des pers&eacute;cutions des pouvoirs dictatoriaux, les &eacute;lections avaient r&eacute;v&eacute;l&eacute; l&rsquo;apparition dans les paysages politiques,&nbsp; d&rsquo;extr&eacute;mistes politiques et religieux, comme les salafistes. Ceux-ci &eacute;taient d&eacute;j&agrave; connus en Europe, et particuli&egrave;rement en France. Qui sont-ils&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe salafisme, dont la racine arabe &laquo;&nbsp;salaf&nbsp;&raquo; veut dire le pur, le vrai, faisant r&eacute;f&eacute;rence aux premiers compagnons du Proph&egrave;te, appelle au retour &agrave; &laquo;&nbsp;l&rsquo;islam des origines&nbsp;&raquo;, expurg&eacute; de toutes les influences ult&eacute;rieures (la bidaa, ou innovations bl&acirc;mables), c&#39;est-&agrave;-dire des principes philosophiques humanistes, des Droits de l&rsquo;homme, de la d&eacute;mocratie ou de la la&iuml;cit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes salafistes contemporains, financ&eacute;s par la Ligue islamique mondiale, se r&eacute;f&egrave;rent principalement &agrave; deux id&eacute;ologues, Mawd&ucirc;di (1903) et Sayyid Qotb (1929-1966).<\/p>\n<ul>\n<li>\n\t\t\t\tMawd&ucirc;di (d&rsquo;origine pakistanaise) a d&eacute;clar&eacute; la guerre &agrave; la d&eacute;mocratie, estimant qu&rsquo;il n&rsquo;y a de l&eacute;gitimit&eacute; qu&rsquo;en Dieu. Il a con&ccedil;u un syst&egrave;me politique complet d&eacute;coulant d&rsquo;un verset du Coran &laquo;&nbsp;le hukm n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; Dieu&nbsp;&raquo;, interpr&eacute;t&eacute; comme voulant dire &laquo;&nbsp;la souverainet&eacute; de Dieu&nbsp;&raquo;. Ce principe est &agrave; la base de toute th&eacute;ocratie dans les pays musulmans. Il est contest&eacute; par ceux qui traduisent la m&ecirc;me sentence par &laquo;&nbsp;le jugement de Dieu&nbsp;&raquo;.<\/li>\n<li>\n\t\t\t\tSayyid Qotb (condamn&eacute; &agrave; mort et ex&eacute;cut&eacute; par Nasser) pr&ocirc;ne la Guerre sainte contre les ennemis int&eacute;rieurs &agrave; la Oumma (impies, mauvais musulmans), et ext&eacute;rieurs (dans les pays de conqu&ecirc;te).<\/li>\n<\/ul>\n<p>\n\t\t\tParmi les quatre &eacute;coles de pens&eacute;e musulmane, le salafisme se rattache &agrave; l&rsquo;&eacute;cole juridique et th&eacute;ologique &laquo;&nbsp;hanbalite&nbsp;&raquo; (fond&eacute;e par l&rsquo;imam Ahmed ibn Hanbal- 780-855). Il donnera naissance au &laquo;&nbsp;salafisme missionnaire&nbsp;&raquo; qui perdure jusqu&rsquo;&agrave; nos jours, port&eacute; par la monarchie saoudienne wahhabite. Au XXe si&egrave;cle la pens&eacute;e salafiste se politise en se r&eacute;formant sous l&rsquo;influence des Fr&egrave;res musulmans, confr&eacute;rie int&eacute;griste fond&eacute;e en Egypte en 1928. Le fondement de cette &eacute;volution et de ces croisements&nbsp; est l&rsquo;application stricte de la Chariaa partout o&ugrave; vivent des musulmans, et l&rsquo;instauration de R&eacute;publiques islamiques sunnites. Les salafistes sont contre la mixit&eacute;. Ils n&rsquo;acceptent pas la libert&eacute; de conscience, punissant l&rsquo;apostasie&nbsp;; pas plus que la critique des dogmes et des religions, qualifi&eacute;e de blasph&egrave;mes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;id&eacute;ologie salafiste&nbsp; est fond&eacute;e depuis plus d&rsquo;un demi- si&egrave;cle sur trois piliers&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>\n\t\t\t\tLa religion, d&icirc;n&nbsp;;<\/li>\n<li>\n\t\t\t\tL&rsquo;organisation &eacute;thico-politico-juridique de l&rsquo;Etat (califat, im&acirc;mat&nbsp; ou Etat islamique) fond&eacute;e sur la Chariaa, loi r&eacute;v&eacute;l&eacute;e, intangible et immuable, r&eacute;gissant tous les comportements individuels et collectifs&nbsp;;<\/li>\n<li>\n\t\t\t\tUne communaut&eacute; &agrave; la fois spirituelle et politique, la Oumma.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\n\t\t\tDe leur r&eacute;flexion sur ce qui serait les causes de la domination de l&rsquo;Occident, les th&eacute;oriciens du salafisme concluront tous en la n&eacute;cessit&eacute; de purifier et donc de ranimer la vie islamique.&nbsp; C&rsquo;est de m&ecirc;me dans ces &eacute;crits que certains groupes islamiques puiseront la justification de l&rsquo;usage de la violence pour islamiser les soci&eacute;t&eacute;s moyen-orientales et r&eacute; islamiser les populations musulmanes en Occident.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa seconde branche du salafiste, ayant les m&ecirc;mes r&eacute;f&eacute;rences id&eacute;ologiques que la premi&egrave;re,&nbsp; est celle du salafiste r&eacute;volutionnaire dit &laquo;&nbsp;djihadiste&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;taire&nbsp;&raquo; (qui pratique l&rsquo;excommunication), dont les adeptes pr&ocirc;nent la guerre sainte (djihad), la violence, et se dit proche d&rsquo;Al-Qa&iuml;da. Ultra-minoritaire, elle n&rsquo;a officiellement aucune assise officielle en France et rel&egrave;verait de la clandestinit&eacute;. Elle s&rsquo;est plac&eacute;e sous les feux de l&rsquo;actualit&eacute;, en mars 2012, avec les massacres perp&eacute;tr&eacute;s &agrave; Montauban et Toulouse, contre des militaires et une &eacute;cole juive, par Mohammed Mera, qui s&rsquo;est revendiqu&eacute; comme &eacute;tant djihadiste.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa Direction centrale des renseignements g&eacute;n&eacute;raux (DCRG) recensait r&eacute;cemment 15 mosqu&eacute;es contr&ocirc;l&eacute;es par des salafistes, sur les 150 lieux de culte tenus par des radicaux sur le territoire, dont 32 dans la grande couronne parisienne, rassemblant une centaine de pr&eacute;dicateurs. En Ile-de-France il y aurait 5&nbsp;000 &agrave; 6&nbsp;000 salafistes, soit dix fois plus qu&rsquo;il y a dix ans<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa mission pros&eacute;lyte du tabligh<\/p>\n<p>\n\t\t\tUn autre mouvement extr&eacute;miste, le tabligh (jama&rsquo;a at-tabligh &ndash;Association pour la pr&eacute;dication)&nbsp;est implant&eacute; en France. Consid&eacute;r&eacute; comme &eacute;tant le plus important mouvement missionnaire de l&rsquo;islam, il est n&eacute; dans les ann&eacute;es 1920. &laquo;&nbsp;Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est une &eacute;cole de pens&eacute;e fortement implant&eacute;e en Inde, au Pakistan, et dans certaines r&eacute;gions d&rsquo;Afghanistan. Il y a dans le tabligh, une vision conservatrice de l&rsquo;islam, qui d&eacute;limite son champ d&rsquo;action &agrave; la pratique des dogmes&nbsp;&raquo;, pr&eacute;cise Karim Pakzad, chercheur &agrave; l&rsquo;Institut des relations internationales et strat&eacute;giques (Iris). Sa mission pros&eacute;lyte est tr&egrave;s importante. Il se r&eacute;clame des traditions mystique et soufie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl est implant&eacute; et actif en France depuis 1968, et existe officiellement depuis avril 1972 sous la forme d&rsquo;une association&nbsp; &laquo;&nbsp;Foi et pratique&nbsp;&raquo; dont le centre national est le &laquo;&nbsp;Merkez Masjid al Rahma&nbsp;&raquo; (Mosqu&eacute;e de la mis&eacute;ricorde) &agrave; Saint-Denis. Il entend jouer un r&ocirc;le d&eacute;terminant dans la r&eacute;islamisation des immigr&eacute;s de la premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration, puis parmi les jeunes beurs.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCe mouvement missionnaire qui affiche des objectifs uniquement religieux, &agrave; l&rsquo;&eacute;cart de tout engagement politique, pr&eacute;sente n&eacute;anmoins un double visage&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t\tUne partie de ses adeptes s&rsquo;affiche ostensiblement dans la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise en portant des &laquo;&nbsp;uniformes&nbsp;&raquo; tr&egrave;s reconnaissables&nbsp;: longue barbe, habit pakistanais traditionnel (khamis) ou tunique blanche (djellabas), calotte blanche sur la t&ecirc;te (taguilla), pour les hommes&nbsp;; voile int&eacute;gral pour les femmes. D&rsquo;origine maghr&eacute;bine, majoritairement marocaine ou&nbsp; chr&eacute;tiens&nbsp; convertis, g&eacute;n&eacute;ralement jeunes,&nbsp; ses adeptes se d&eacute;placent par groupes pour faire du porte-&agrave;-porte, quadrillant un quartier, une banlieue ou le pays, comme des &laquo;&nbsp;chevaliers de la conversion et du pi&eacute;tisme, porte-drapeau d&rsquo;un islam apostolique et ostentatoire&nbsp;&raquo;, selon la formule de sociologue Mohamed Tozy.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&hellip; et sa version violente<\/p>\n<p>\n\t\t\tUne seconde partie des militants du tabligh pratique l&rsquo;invisibilit&eacute; sociale, se coupant du monde, mais reli&eacute;s par Internet. Pour certains observateurs, il aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;tourn&eacute; de ses engagements initiaux pour &ecirc;tre utilis&eacute;e comme une passerelle vers l&rsquo;islamisme radical et combattant. Les services de police se sont particuli&egrave;rement int&eacute;ress&eacute;s &agrave; certains pr&eacute;dicateurs qui se sont form&eacute;s, pour des p&eacute;riodes de quatre mois, au Pakistan et en Inde, et qui auraient pu rejoindre des camps d&rsquo;entrainement en Afghanistan.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;association &laquo;&nbsp;Foi et pratique&nbsp;&raquo;, qui se pr&eacute;sente comme une branche du tabligh, s&rsquo;est trouv&eacute;e dans le collimateur des autorit&eacute;s fran&ccedil;aises. Son pr&eacute;sident Cheikh Mohamed Hammami, par ailleurs l&rsquo;un des fondateurs historiques du CFCM en 2003, a &eacute;t&eacute; menac&eacute; d&rsquo;expulsion vers la Tunisie en 2012. La proc&eacute;dure &eacute;tait motiv&eacute;e par le fait qu&rsquo;il a tenu, depuis plusieurs ann&eacute;es au sein de la mosqu&eacute;e qu&rsquo;il dirige, des pr&ecirc;ches hostiles &agrave; la soci&eacute;t&eacute; occidentale. Enfin, le mouvement tabligh est fortement critiqu&eacute; par les autres groupes missionnaires qui l&rsquo;accusent de pr&ecirc;cher des croyances erron&eacute;es qui n&rsquo;appartiendraient pas &agrave; l&rsquo;islam.<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est dans ce contexte &agrave; la fois international et domestique que la France se trouve aujourd&rsquo;hui confront&eacute;e, contre son gr&eacute;, au ph&eacute;nom&egrave;ne de radicalisme religieux qui embrase le monde arabo-musulman.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Vers une glaciation des &laquo; printemps arabes &raquo; ? &nbsp; &nbsp; Par G&eacute;rard Fellous &nbsp; En ce mois de septembre 2012, assistons-nous &agrave; un changement de saison, passant brutalement d&rsquo;un&nbsp;&laquo;&nbsp;printemps arabe&nbsp;&raquo;, &agrave; un &laquo;&nbsp;hiver islamique&nbsp;&raquo;, en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Liban et ailleurs dans le monde arabo-musulman&nbsp;? &nbsp; Cette &eacute;volution porterait en&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17363,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[70,318,30,10,244,49,32,158,40,36,11,14,44,9,1],"tags":[],"class_list":["post-5239","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chine","category-cuba","category-egypte","category-france","category-hassan-nasrallah","category-hizballah","category-iran","category-le-caire","category-liban","category-libye","category-moyen-orient","category-paris","category-russie","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5239"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5239\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17363"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}