{"id":5311,"date":"2012-10-10T00:24:08","date_gmt":"2012-10-10T00:24:08","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5311"},"modified":"2012-10-10T00:24:08","modified_gmt":"2012-10-10T00:24:08","slug":"agnes-jaoui-lamour-est-dans-les-boulettes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/agnes-jaoui-lamour-est-dans-les-boulettes\/","title":{"rendered":"Agn\u00e8s Jaoui : \u00ab L\u2019amour est dans les boulettes \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAgn&egrave;s Jaoui&nbsp;:&nbsp;&laquo; L&rsquo;amour est dans les boulettes &raquo;<br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAGN&Egrave;S JAOUI COMME SON PERSONNAGE DANS &laquo; DU VENT DANS MES MOLLETS &raquo; DE CARINE TARDIEU, EST ISSUE D&rsquo;UNE FAMILLE JUIVE VENUE DE TUNISIE. L&rsquo;OCCASION D&rsquo;UN ALLER-RETOUR ENTRE LE FILM ET SES ORIGINES JUIVES.<\/p>\n<table cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActualit&eacute; Juive : Vous jouez Colette, une femme qui semble s&rsquo;investir plus dehors qu&rsquo;&agrave; la maison ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tAgn&egrave;s Jaoui :&nbsp;Non, elle s&rsquo;implique aussi, m&ecirc;me trop &agrave; la maison. Elle est peu engag&eacute;e dans son r&ocirc;le d&rsquo;&eacute;pouse, mais au d&eacute;but ils y trouvent tous les deux leur compte. Ils sont endormis en tant que couple, sans &ecirc;tre malheureux en tant que parents. Mais elle est tr&egrave;s pr&eacute;sente.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActu.J. : Est-ce que comme dans le<br \/>\n\t\t\t\t\tcin&eacute;ma de Carine Tardieu, les th&egrave;mes de la femme et de la m&egrave;re vous hantent ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA.J. :&nbsp;C&rsquo;est surtout la condition de la femme qui m&rsquo;a toujours int&eacute;ress&eacute;e. Concernant la m&egrave;re, c&rsquo;est plus r&eacute;cent (NDRL : Agn&egrave;s a adopt&eacute; deux enfants du Br&eacute;sil).<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActu.J. : Dans le film, vous &ecirc;tes aussi une maman juive enti&egrave;re, excessive et tendre. Un mot sur cet aspect du personnage ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA.J. :&nbsp;Elle repr&eacute;sente effectivement une m&egrave;re envahissante, qui a peur que les siens manquent de nourriture. Mais dans le livre, si le p&egrave;re est juif, la m&egrave;re ne l&rsquo;est pas.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActu.J : &Agrave; propos d&rsquo;alimentation, les boulettes sont comme une m&eacute;taphore de l&rsquo;amour.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA.J. :&nbsp;Tout &agrave; fait. L&rsquo;amour est dans les boulettes entre le mari et la femme, les parents et leur fille. Cela va m&ecirc;me jusqu&rsquo;&agrave; cette derni&egrave;re sachant que ses copines ne vont pas venir, laisse sa m&egrave;re pr&eacute;parer ses boulettes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActu.J : Vous qui &ecirc;tes engag&eacute;e et d&rsquo;origine juive, en quoi ce film r&eacute;sonne avec votre propre histoire ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA.J. :&nbsp;Je n&rsquo;ai pas le sentiment d&rsquo;&ecirc;tre engag&eacute;e comme l&rsquo;est Colette. Si ce n&rsquo;est d&rsquo;&ecirc;tre beaucoup plus f&eacute;ministe, certes une diff&eacute;rence fondamentale. Elle m&rsquo;&eacute;voque mes tantes, ma m&egrave;re par moment, bien qu&rsquo;elle f&ucirc;t fort diff&eacute;rente. Ma m&egrave;re est morte, c&rsquo;est pour cela que j&rsquo;en parle au pass&eacute;. Il n&rsquo;y a pas de r&eacute;sonance personnelle, mais dans la qualit&eacute; de la description des rapports humains et de cet amour mal distribu&eacute;. Le c&ocirc;t&eacute; famille, finalement classique, m&ecirc;me si la m&egrave;re est particuli&egrave;rement n&eacute;vros&eacute;e, le p&egrave;re particuli&egrave;rement fuyant, est tr&egrave;s loin de mon enfance. Ma famille &eacute;tait beaucoup plus soixante-huitarde que celle-l&agrave;. On &eacute;coutait Brassens, il y avait toute une ouverture sur la culture fran&ccedil;aise et sur une certaine notion de libert&eacute;. Mes parents n&rsquo;&eacute;taient pas pratiquants, mais tr&egrave;s attach&eacute;s &agrave; Isra&euml;l. Ils se sont rencontr&eacute;s &agrave; l&rsquo;Hashomer Hatsa&iuml;r. &Eacute;mancip&eacute;s, ils ont v&eacute;cu ce sentiment de libert&eacute; gr&acirc;ce &agrave; ce mouvement sioniste socialiste la&iuml;c &agrave; Tunis, paradis enfermant. Ils avaient une grande autonomie, les filles et les gar&ccedil;ons &eacute;taient m&eacute;lang&eacute;s, et un engagement politique et culturel tr&egrave;s fort. Apr&egrave;s chacun sa personnalit&eacute; : ma m&egrave;re est devenue psy, mon p&egrave;re a une nature tr&egrave;s forte et originale. On voit bien la diff&eacute;rence entre les Juifs d&rsquo;Afrique du Nord qui ont connu l&rsquo;Hashomer et les autres. Mes parents ont essay&eacute; en France de nous y inscrire mon fr&egrave;re et moi, mais ce n&rsquo;&eacute;tait pas du tout la m&ecirc;me ambiance. Il n&rsquo;y avait plus cette n&eacute;cessit&eacute; de se lib&eacute;rer d&rsquo;un carcan. Je n&rsquo;ai donc pas &eacute;t&eacute; attir&eacute;e par l&rsquo;Hashomer en France.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActu.J. : Et par Isra&euml;l ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA.J. :&nbsp;J&rsquo;y ai pass&eacute; tous les &eacute;t&eacute;s de mon enfance. Encore r&eacute;cemment, j&rsquo;y suis retourn&eacute;e avec mes enfants. Mon rapport est fort dans la mesure o&ugrave; j&rsquo;y ai beaucoup de famille, notamment un cousin que j&rsquo;adore. Et aussi des gens qui me sont tr&egrave;s proches. Dans le m&ecirc;me temps, ce lien est tr&egrave;s tourment&eacute; parce que la situation est extr&ecirc;mement difficile et douloureuse, et que je ne suis pas d&rsquo;accord avec les agissements du gouvernement actuel. Je me retrouve plus dans la parole d&rsquo;un David Grossman. Il est difficile de s&rsquo;exprimer sur ce sujet. J&rsquo;ai re&ccedil;u des menaces de mort, mes parents des appels ind&eacute;licats, lorsque je l&rsquo;ai fait et en plus mes propos ont &eacute;t&eacute; d&eacute;form&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActu.J. : Et c&ocirc;t&eacute; religieux ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA.J. :&nbsp;Je vais parfois pour Shabbat chez ma tante que j&rsquo;adore, mais je ne suis pas pratiquante. Mon p&egrave;re souhaiterait que mon fils fasse sa bar-mitzva. Je n&rsquo;ai pas encore pris ma d&eacute;cision, m&ecirc;me si je suis tent&eacute;e. Cela structure, donne une identit&eacute; forte que je trouve importante, mais plus culturellement que cultuellement. J&rsquo;ai fait ma bat-mitzva &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; cela ne se faisait pas pour les filles.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActu.J. : &Agrave; travers le personnage de Podalyd&egrave;s qui joue votre &eacute;poux et un fils de d&eacute;port&eacute;, la Shoah est repr&eacute;sent&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA.J. :&nbsp;Je trouve que la fa&ccedil;on dont la r&eacute;alisatrice en parle est tr&egrave;s subtile. Quand on est ashk&eacute;naze, enfants ou petits-enfants de d&eacute;port&eacute;s, on n&rsquo;a pas la m&ecirc;me histoire que les s&eacute;farades, quoi qu&rsquo;on en dise. Le traumatisme est diff&eacute;rent, l&rsquo;h&eacute;ritage est dans la chair. Il est direct. En tant que s&eacute;farade, je l&rsquo;ai toujours ressenti ainsi.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tActu.J. : Cet &eacute;t&eacute;, vous &eacute;tiez en tourn&eacute;e comme chanteuse. On va bient&ocirc;t d&eacute;couvrir votre prochaine r&eacute;alisation, &laquo; Au bout du conte &raquo;, dont le sujet aborde le besoin de croire. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est l&rsquo;actrice que nous rencontrons. Quel est le lien ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA.J. :&nbsp;Le plaisir du rythme v&eacute;cu diff&eacute;remment, m&ecirc;me si je trouve ces m&eacute;tiers tr&egrave;s li&eacute;s. La pratique et les univers dans lesquels je me prom&egrave;ne sont distincts, c&rsquo;est ce que j&rsquo;aime. Mais le go&ucirc;t, le sens, la puissance du rythme relient toutes ces activit&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tPropos recueillis par Robert Sender<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"http:\/\/www.actuj.com\/culture.html\">http:\/\/www.actuj.com\/culture.html<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Agn&egrave;s Jaoui&nbsp;:&nbsp;&laquo; L&rsquo;amour est dans les boulettes &raquo; &nbsp; AGN&Egrave;S JAOUI COMME SON PERSONNAGE DANS &laquo; DU VENT DANS MES MOLLETS &raquo; DE CARINE TARDIEU, EST ISSUE D&rsquo;UNE FAMILLE JUIVE VENUE DE TUNISIE. L&rsquo;OCCASION D&rsquo;UN ALLER-RETOUR ENTRE LE FILM ET SES ORIGINES JUIVES. &nbsp; Actualit&eacute; Juive : Vous jouez Colette, une femme qui semble&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17397,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[33,9,1,54],"tags":[],"class_list":["post-5311","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","category-tunisie","category-uncategorized","category-united-nations"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5311","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5311"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5311\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17397"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5311"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5311"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5311"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}