{"id":533,"date":"2016-05-27T02:32:09","date_gmt":"2016-05-27T02:32:09","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=533"},"modified":"2016-05-29T20:11:38","modified_gmt":"2016-05-29T20:11:38","slug":"les-deys-et-les-beys","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-deys-et-les-beys\/","title":{"rendered":"Les deys et les beys"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><font color=\"#0000ff\">Les deys et les beys<\/font><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t<strong><font color=\"#0000ff\">Les deys et les beys<\/font><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<font face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">Apr&egrave;s la victoire des Turcs sur les Espagnols en 1574, la Tunisie devint une province de l&acute;Empire ottoman qui acc&eacute;da peu &agrave; peu &agrave; une autonomie de fait sous les premiers deys, les beys de la dynastie mouradite et ceux de la dynastie husseinite.<br \/>\n\tSous les deys et les beys les juifs jou&egrave;rent un grand r&ocirc;le dans les &eacute;changes commerciaux avec l&acute;&eacute;tranger. En relation d&acute;affaires avec l&acute;Europe, ils sont des interm&eacute;diaires efficaces dans la r&eacute;demption des chr&eacute;tiens captur&eacute;s par les corsaires barbaresques et r&eacute;duits en esclavage. Ils sont les seuls &agrave; exercer les m&eacute;tiers d&acute;orf&egrave;vre, de bijoutier et de joaillier, mais exercent aussi, comme les musulmans, ceux de tailleur, teinturier, cordonnier ou menuisier. Les souverains<br \/>\n\tfont souvent appel &agrave; eux, leur confient m&ecirc;me le monnayage de l&acute;or et de l&acute;argent. <\/font><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<font face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">Aux XVIIe et XVIIIe si&egrave;cles, les juifs faisaient toujours l&acute;objet de mesures discriminatoires : la chechia qui leur servait de coiffe devait &ecirc;tre de couleur noire &agrave; la diff&eacute;rence de celle des musulmans, rouge. Les juifs italiens qui s&acute;habillaient &agrave; l&acute;europ&eacute;enne, portaient des chapeaux ronds comme les marchands chr&eacute;tiens mais au d&eacute;but du XIXe un bey leur imposa le port d&acute;une calotte blanche. Les juifs &eacute;taient toujours astreints au paiement de la capitation. Ils devaient s&acute;acquitter d&acute;impositions suppl&eacute;mentaires chaque fois que le Tr&eacute;sor du prince &eacute;tait en difficult&eacute;. De plus, ils &eacute;taient p&eacute;riodiquement requis d&acute;accomplir des travaux d&acute;utilit&eacute; publique et se voyaient imposer des corv&eacute;es. A la fin du XVIIIe Hammouda Bey alla jusqu&acute;&agrave; leur d&eacute;nier le droit d&acute;acqu&eacute;rir et de poss&eacute;der des propri&eacute;t&eacute;s immobili&egrave;res. <\/font><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<font face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">De nombreux juifs d&acute;origine espagnole ou portugaise &eacute;tablis &agrave;&nbsp;Livourne entretenaient des relations commerciales avec la Tunisie, o&ugrave; certains venaient r&eacute;sider et faire souche. Ces &laquo; Livournais &raquo; ou Grana se firent de plus en plus nombreux au cours du XVIIe si&egrave;cle et prirent une large part aux activit&eacute;s de la population juive. Comme dans le pass&eacute; ils pouvaient professer leur religion sans entraves, s&acute;organiser en communaut&eacute;s pour faire face &agrave; toutes leurs d&eacute;penses en mati&egrave;re de culte et d&acute;assistance. Cependant, confin&eacute;s avec les juifs indig&egrave;nes dans les venelles &eacute;troites de la hara de Tunis, les Livournais supportent mal cette promiscuit&eacute;. La m&eacute;fiance des autochtones &agrave; leur endroit et les incompatibilit&eacute;s de moeurs seront &agrave; la source d&acute;une s&eacute;paration de fait des deux communaut&eacute;s en pr&eacute;sence, les Twansa (ou Tunisiens) d&acute;un c&ocirc;t&eacute;, les Grana (ou Livournais) de l&acute;autre. V&eacute;ritable schisme qui aura lieu en 1741 : chaque communaut&eacute; aura d&eacute;sormais ses synagogues, ses &eacute;coles, ses boucheries rituelles, son tribunal rabbinique, sa caisse de secours et son cimeti&egrave;re. Dans les autres villes de Tunisie, toutefois, les m&ecirc;mes institutions communautaires continu&egrave;rent &agrave; servir l&acute;ensemble de tous les fid&egrave;les. <\/font><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<font face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">Le XVIIIe si&egrave;cle vit l&acute;essor des &eacute;tudes talmudiques dans toutes les communaut&eacute;s de Tunisie, et plus particuli&egrave;rement &agrave; Tunis. C&acute;est alors que les juifs de Tunis se rendront &agrave; Livourne pour faire imprimer, parrain&eacute;s par des m&eacute;c&egrave;nes tels les Roa et les Chemama, les oeuvres manuscrites de leurs ma&icirc;tres. Plus de cent ouvrages verront le jour du XVIIIe au XIXe si&egrave;cle, &agrave; une cadence annuelle de deux &agrave; trois volumes.<br \/>\n\tLorsque les imprimeries juives locales commenc&egrave;rent &agrave; fonctionner, on imprima sur place des oeuvres traitant pour la plupart avec ma&icirc;trise et &eacute;rudition, de commentaires talmudiques et de casuistique. De savants rabbins, tels Itszhak Lumbroso (mort en 1752), Messaoud El Fassi (mort en 1774) et Uziel el-Ha&iuml;k (mort en 1810) ont attach&eacute; leur nom &agrave; des oeuvres qui furent imprim&eacute;es &agrave; Livourne bien apr&egrave;s leur mort. Rappelons que c&acute;est en 1768 que fut imprim&eacute; &agrave; Tunis le premier livre h&eacute;bra&iuml;que, Zera Itshak du rabbin Itshak Lumbroso. A la fin du XVIIIe, le rabbin &eacute;missaire de H&eacute;bron,&nbsp;Ha&iuml;m Yossef David Azoulay, qui s&eacute;journa dans le pays des beys,&nbsp;rendra hommage &agrave; la science des rabbins de Tunis, &laquo; grande ville de savants et d&acute;&eacute;crivains. &raquo; <\/font><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<font face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">Au XIXe si&egrave;cle, la Tunisie des beys s&acute;ouvre de plus en plus largement aux influences europ&eacute;ennes. Le souverain Ahmed Bey&nbsp;(1837-1855) entreprend de moderniser son administration et son&nbsp;arm&eacute;e et inaugure une politique de r&eacute;formes. En vertu d&acute;un accord sign&eacute; au cours de l&acute;ann&eacute;e 1846, les juifs de Toscane qui se sont &eacute;tablis en Tunisie &agrave; une date r&eacute;cente ou qui viendront s&acute;y &eacute;tablir &agrave; l&acute;avenir, obtiennent le droit de conserver la qualit&eacute; de Toscans sans limitation de temps. Cette disposition encourage nombre de juifs de Livourne &agrave; venir s&acute;installer en Tunisie o&ugrave; ils constituent, &agrave; la diff&eacute;rence des Livournais arriv&eacute;s au XVIIe si&egrave;cle, une minorit&eacute; &eacute;trang&egrave;re plac&eacute;e sous la protection du consul de Toscane. La presque totalit&eacute; des juifs du pays n&acute;en continue pas moins &agrave; faire partie des sujets du Bey et &agrave; &ecirc;tre soumise au statut de dhimmis. <\/font><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<font face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">C&acute;est ce statut qui allait &ecirc;tre mis en question par ce qu&acute;il faut bien appeler une manifestation de fanatisme. Un cocher juif du nom de Batou Sfez, en &eacute;tat d&acute;ivresse, eut une altercation avec un musulman. Celui-ci l&acute;accusa d&acute;avoir maudit la religion du Proph&egrave;te. Il n&acute;en fallut pas davantage pour que le cocher juif malmen&eacute; par une foule fanatis&eacute;e, f&ucirc;t arr&ecirc;t&eacute;, jug&eacute; et, conform&eacute;ment au droit musulman qui punit de mort le blasph&egrave;me, condamn&eacute; &agrave; la peine capitale et ex&eacute;cut&eacute; le 24 juin 1857. La rigueur de la peine, sans commune mesure avec la faute imput&eacute;e, soul&egrave;ve une vive &eacute;motion au sein de la population juive. Les consuls de France et d&acute;Angleterre &agrave; Tunis en tirent argument pour demander &agrave; Mohamed Bey de s&acute;engager dans la voie de r&eacute;formes lib&eacute;rales, analogues &agrave; celles d&eacute;cr&eacute;t&eacute;es dans l&acute;Empire ottoman. Des pressions de plus en plus vives am&egrave;nent Mohamed Bey &agrave; proclamer le 10 septembre 1857, sous le nom de Pacte Fondamental, une d&eacute;claration de principes accordant de larges garanties &agrave; tous : nationaux et &eacute;trangers, qu&acute;ils soient musulmans, juifs ou chr&eacute;tiens. Son successeur, Mohamed es-Sadok Bey y ajoute une constitution en date du 26 avril 1861 qui fit du pays une mani&egrave;re de monarchie&nbsp;parlementaire. Ces textes novateurs mettent fin &agrave; toutes les mesures discriminatoires officielles dont les juifs p&acirc;tirent dans le pass&eacute;, en leur reconnaissant les m&ecirc;mes droits et les m&ecirc;mes devoirs qu&acute;aux musulmans. <\/font><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<font face=\"Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif\" size=\"2\">Les r&eacute;formes introduites par ces beys ne tard&egrave;rent pas &agrave; grever les finances publiques. Pour y faire face, les beys furent amen&eacute;s &agrave; majorer les imp&ocirc;ts en vigueur, en exasp&eacute;rant les masses. La r&eacute;volte de 1864 amena le pouvoir &agrave; suspendre l&acute;application de la constitution et &agrave; donner un coup d&acute;arr&ecirc;t aux r&eacute;formes. Mais les juifs n&acute;eurent pas &agrave; souffrir d&acute;une remise en vigueur des anciennes discriminations. Pour venir &agrave; bout de la r&eacute;volte populaire, le bey avait d&ucirc; contracter un certain nombre d&acute;emprunts dont les arr&eacute;rages pesaient lourdement sur le budget. Ne pouvant plus honorer ses engagements, la Tunisie se vit imposer en 1869 la cr&eacute;ation d&acute;une Commission financi&egrave;re internationale. D&egrave;s lors le pays devint le th&eacute;&acirc;tre de la lutte d&acute;influence des puissances et la&nbsp;p&eacute;n&eacute;tration &eacute;conomique de la France, de l&acute;Angleterre et de l&acute;Italie s&acute;intensifia. Un certain nombre de juifs tunisiens qui entretenaient des relations commerciales avec les puissances europ&eacute;ennes obtinrent leur protection, ce qui leur permettait, tout en conservant la nationalit&eacute; tunisienne et le statut personnel d&eacute;fini par le droit mosa&iuml;que, de devenir justiciables des juridictions consulaires, &agrave; l&acute;&eacute;gal des ressortissants &eacute;trangers, &eacute;chappant ainsi &agrave; l&acute;arbitraire de l&acute;administration beylicale. L&acute;influence de l&acute;Europe s&acute;exer&ccedil;ait &eacute;galement sur le plan culturel. Les enfants des familles de la bourgeoisie tunisoise fr&eacute;quentaient des &eacute;coles protestantes. L&acute;&eacute;cole ouverte &agrave; Tunis par l&acute;Alliance isra&eacute;lite universelle en 1878 permit aux familles juives de toutes les classes sociales d&acute;y envoyer leurs enfants. Tout en faisant une place &agrave; l&acute;histoire juive et &agrave; l&acute;enseignement de l&acute;h&eacute;breu, celle-ci dispensait les programmes des &eacute;coles fran&ccedil;aises. D&egrave;s lors s&acute;amor&ccedil;a une &eacute;volution de la population juive qui devait s&acute;amplifier sous le Protectorat fran&ccedil;ais institu&eacute; le 12 mai 1881 par le trait&eacute; du Bardo.&nbsp;<\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les deys et les beys &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15258,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[19,18,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-533","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-europe","category-histoire","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/533","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=533"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/533\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15258"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=533"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=533"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=533"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}