{"id":5337,"date":"2012-10-11T22:48:23","date_gmt":"2012-10-11T22:48:23","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5337"},"modified":"2012-10-12T17:57:47","modified_gmt":"2012-10-12T17:57:47","slug":"en-israel-se-tatouer-pour-ne-pas-oublier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/en-israel-se-tatouer-pour-ne-pas-oublier\/","title":{"rendered":"En Isra\u00ebl, se tatouer pour ne pas oublier"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn Isra&euml;l, se tatouer pour ne pas oublier<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPh&eacute;nom&egrave;ne de mode &quot;ind&eacute;cent&quot; ou v&eacute;ritable solution contre l&#39;oubli&nbsp;? En Isra&euml;l, plusieurs jeunes ont d&eacute;cid&eacute; de reproduire sur leur bras le tatouage de leurs grands-parents d&eacute;port&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa m&eacute;moire dans la peau. En Isra&euml;l, des jeunes ont d&eacute;cid&eacute; de se faire tatouer sur l&#39;avant-bras les chiffres que portaient leurs grands parents, victimes de l&#39;Holocauste. Une fa&ccedil;on pour eux de leur rendre hommage et de ne pas oublier la Shoah. L&#39;initiative, qui attire de nombreux jeunes, fait d&eacute;bat en Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\tLe num&eacute;ro 4559 sur son bras gauche, Livia Ravek le porte depuis 1942, quand elle a &eacute;t&eacute; d&eacute;port&eacute;e au camp d&#39;extermination d&#39;Auschwitz. Aujourd&#39;hui, son petit fils, Daniel, 24 ans, porte le m&ecirc;me num&eacute;ro. Soixante-dix ans d&#39;Histoire s&eacute;parent ces deux tatouages. &quot;Je sais que c&#39;est choquant, explique le jeune homme. Mais il est si facile d&#39;oublier. On entend d&eacute;j&agrave; : &#39;C&#39;est quoi la Shoah d&eacute;j&agrave;&nbsp;? Ah oui, une histoire entre les juifs et les nazis&#39;. Pour la prochaine g&eacute;n&eacute;ration, cela ne sera plus qu&#39;une petite histoire, sans importance&quot;, t&eacute;moigne l&#39;&eacute;tudiant, dans un reportage r&eacute;cemment diffus&eacute; sur France 2. &quot;Je n&#39;&eacute;tais pas contente quand Daniel a fait &ccedil;a&quot;, l&acirc;che de son c&ocirc;t&eacute; sa grand-m&egrave;re. Son tatouage est une plaie qui ne dispara&icirc;tra jamais. &quot;Moi, je dois le porter toute ma vie&quot;, se d&eacute;sole-t-elle. &quot;Je ne sais pas s&#39;il a bien fait&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&quot;Mon grand-p&egrave;re m&#39;a embrass&eacute; le bras&quot;<\/p>\n<p>\n\tDans la famille d&#39;Eli, une jeune femme de 24 ans que le&nbsp;New York Times&nbsp;a rencontr&eacute;, les r&eacute;actions ont &eacute;t&eacute; diff&eacute;rentes. &quot;Quand mon grand-p&egrave;re a vu mon tatouage, il a embrass&eacute; mon bras&quot;, raconte la petite fille du d&eacute;port&eacute; d&#39;Auschwitz. &quot;Un moment inoubliable&quot;. Peu de temps apr&egrave;s, sa m&egrave;re et son oncle ont d&eacute;cid&eacute; de faire la m&ecirc;me chose. &quot;Aujourd&#39;hui, mon grand-p&egrave;re ne fait plus partie du monde des vivants. Je suis l&agrave; pour raconter son histoire et celle de l&#39;Holocauste&quot;, affirme-t-elle avec fiert&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tDerri&egrave;re les chiffres, une histoire, une identit&eacute;. Dans&nbsp;Naufrag&eacute;s et les Rescap&eacute;s, l&#39;&eacute;crivain Primo L&eacute;vi, ancien d&eacute;port&eacute; &agrave; Auschwitz, &eacute;crivait de la funeste empreinte sur son avant-bras&nbsp;: &quot;c&#39;est un signe ind&eacute;l&eacute;bile, vous ne sortirez plus d&#39;ici. C&#39;est la marque qu&#39;on imprime sur les esclaves et les bestiaux destin&eacute;s &agrave; l&#39;abattoir, et c&#39;est ce que vous &ecirc;tes devenus. Vous n&#39;avez plus de nom : ceci est votre nouveau nom&quot;.<\/p>\n<p>\n\tEt c&#39;est l&agrave; que le b&acirc;t blesse. En se tatouant, ces jeunes s&#39;approprieraient une identit&eacute;, une histoire qui n&#39;est pas la leur. C&#39;est en tout cas le point de vue de nombreux historiens isra&eacute;liens, qui critiquent durement ce ph&eacute;nom&egrave;ne. &quot;Cette d&eacute;marche me para&icirc;t aberrante, sinon inqui&eacute;tante, souligne ainsi Lucien Lazare, historien et grand r&eacute;sistant. Il y a une recherche d&#39;identification avec la victime. Or ces jeunes ne sont pas les victimes&quot;.<\/p>\n<p>\n\tUne pol&eacute;mique n&eacute;cessaire&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tAu sein de la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne aussi, le geste est per&ccedil;u comme ind&eacute;cent, d&eacute;plac&eacute;. D&#39;autant que le tatouage, hormis sa funeste signification, est interdit par la loi mosa&iuml;que (L&eacute;vitique, 19-28). Mais ces jeunes mettent en avant la n&eacute;cessit&eacute; de pr&eacute;server le souvenir de la Shoah. Un argument difficilement contestable en Isra&euml;l, o&ugrave; les survivants de la solution finale sont de moins en moins nombreux, et o&ugrave; le poids de la Shoah, fondamental, est intrins&egrave;quement li&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation de l&#39;Etat h&eacute;breux.<\/p>\n<p>\n\tCe ph&eacute;nom&egrave;ne r&eacute;v&egrave;le donc un vrai paradoxe. Comment &eacute;viter l&#39;oubli sans rouvrir une plaie qui peine &agrave; cicatriser ? Pour Michael Berenbaum, professeur &agrave; l&#39;American Jewish University de Los Angeles et sp&eacute;cialiste de la m&eacute;morialisation de l&#39;Holocauste, &quot;nous nous &eacute;loignons de la m&eacute;moire vivante pour aller vers la m&eacute;moire historique&quot; analyse-t-il dans le&nbsp;New York Times. &quot;Nous sommes &agrave; ce moment de transition et les tatouages sont une mani&egrave;re insolite, d&eacute;monstrative, de le franchir&quot;.<\/p>\n<p>\n\tJulie Mendel | Metrofrance.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; En Isra&euml;l, se tatouer pour ne pas oublier &nbsp; &nbsp; Ph&eacute;nom&egrave;ne de mode &quot;ind&eacute;cent&quot; ou v&eacute;ritable solution contre l&#39;oubli&nbsp;? En Isra&euml;l, plusieurs jeunes ont d&eacute;cid&eacute; de reproduire sur leur bras le tatouage de leurs grands-parents d&eacute;port&eacute;s. &nbsp; La m&eacute;moire dans la peau. 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