{"id":5375,"date":"2012-10-16T17:55:22","date_gmt":"2012-10-16T17:55:22","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5375"},"modified":"2012-10-16T17:55:22","modified_gmt":"2012-10-16T17:55:22","slug":"uri-zohar-le-realisateur-avant-gardiste-devenu-rabbin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/uri-zohar-le-realisateur-avant-gardiste-devenu-rabbin\/","title":{"rendered":"Uri Zohar, le r\u00e9alisateur avant-gardiste devenu rabbin"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUri Zohar, le r&eacute;alisateur avant-gardiste devenu rabbin<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour la premi&egrave;re fois, une r&eacute;trospective est consacr&eacute;e &agrave; un r&eacute;alisateur isra&eacute;lien &agrave; la Cin&eacute;math&egrave;que.<\/p>\n<div id=\"article_text\">\n<p>\n\t\tJamais encore la Cin&eacute;math&egrave;que Fran&ccedil;aise n&rsquo;avait honor&eacute; de cin&eacute;aste isra&eacute;lien. C&rsquo;est d&eacute;sormais chose faite, &nbsp;gr&acirc;ce &agrave; la<a href=\"http:\/\/www.cinematheque.fr\/fr\/dans-salles\/hommages-retrospectives\/fiche-cycle\/uri-zohar,468.html\">r&eacute;trospective consacr&eacute;e du 10 au 21 octobre &agrave; Uri Zohar,<\/a>&nbsp;&agrave; travers une dizaine de films.<\/p>\n<p>\n\t\tCe temple du 7e&nbsp;Art hexagonal consacre en quelque sorte un fils prodige, dont les oeuvres impr&eacute;gn&eacute;es de la Nouvelle Vague n&rsquo;avaient pas manqu&eacute; d&rsquo;&eacute;tonner le public isra&eacute;lien. Par ses audaces formelles et les sujets qu&rsquo;il traite, Zohar a acclimat&eacute; dans son pays un cin&eacute;ma d&rsquo;auteur &agrave; la vitalit&eacute; jamais d&eacute;mentie, s&rsquo;affirmant aupr&egrave;s de ses pairs comme un auteur pionnier, chef de file de la &laquo;Nouvelle Vague isra&eacute;lienne&raquo;. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n<h3>\n\t\tRabbin ultra-orthodoxe<\/h3>\n<p>\n\t\tPlus d&eacute;concertant encore que son&nbsp;pedigree&nbsp;cin&eacute;matographique: le parcours du&nbsp;wunderkind. Dans les ann&eacute;es 1970, Zohar le fac&eacute;tieux devient le tr&egrave;s rang&eacute; rabbin Zohar. Lui qui avait si bien su saisir les caract&egrave;res de la boh&egrave;me tel-avivienne &ndash;milieu dans lequel il &eacute;volue naturellement apr&egrave;s son service militaire&ndash; s&rsquo;en &eacute;loigne progressivement apr&egrave;s la guerre du Kippour. Rabbin ultra-orthodoxe, il met d&eacute;sormais sa c&eacute;l&eacute;brit&eacute; au service d&rsquo;un mouvement de &laquo;retour&raquo; &agrave; la religion&nbsp;(t&eacute;chouva) de ses compatriotes.<\/p>\n<p>\n\t\tQuand Zohar d&eacute;bute sa carri&egrave;re dans les ann&eacute;es 1950, le cin&eacute;ma isra&eacute;lien naissant &eacute;touffe logiquement sous une chappe de plomb esth&eacute;tique et id&eacute;ologique. Le &laquo;r&eacute;alisme sioniste&raquo; n&rsquo;a rien &agrave; envier aux super-productions d&rsquo;un Serge&iuml; Eisenstein. Les films de l&rsquo;&eacute;poque magnifient les faits d&rsquo;armes et les accomplissements du sionisme triomphant. Commandes de l&rsquo;Agence juive, ils prennent la forme d&rsquo;&laquo;actualit&eacute;s&raquo; &nbsp;&eacute;difiantes mais aust&egrave;res.<\/p>\n<h3>\n\t\tHumour et distance<\/h3>\n<p>\n\t\tZohar est l&rsquo;un des tout-premiers r&eacute;alisateurs de sa g&eacute;n&eacute;ration &agrave; s&rsquo;&eacute;manciper de ce carcan intellectuel et artistique. Dans son premier film&nbsp;Etz o Palestine&nbsp;(<a href=\"http:\/\/www.cinematheque.fr\/fr\/dans-salles\/hommages-retrospectives\/fiche-cycle\/uri-zohar,468.html\">Pile ou Face<\/a>, 1962), Zohar plaque des commentaires distanc&eacute;s et sarcastiques sur un montage d&rsquo;actualit&eacute;s de Nathan Axelrod.&nbsp; Ce film ne pr&eacute;sente pas encore de nouveaut&eacute; sur le plan formel mais esquisse une prise de distance assum&eacute;e avec le narratif sioniste.<\/p>\n<p>\n\t\tHor Be-Levana&nbsp;(<a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=7638.html\">Un trou dans la Lune<\/a>), sorti en 1964, fait incontestablement figure de &laquo;film manifeste&raquo;. A sa suite, une g&eacute;n&eacute;ration de r&eacute;alisateurs s&rsquo;engouffrera dans la br&egrave;che qu&rsquo;il a ouverte. On y retrouve des &eacute;l&eacute;ments caract&eacute;ristiques de la Nouvelle Vague &#8211; forme privil&eacute;gi&eacute;e au fond, r&eacute;cit fractionn&eacute; et non chronologique. Ainsi, dix ans avant&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=3709.html\">La nuit am&eacute;ricaine<\/a>&nbsp;de Truffaut, Zohar recourt &agrave; la mise en abyme.<\/p>\n<p>\n\t\tLe &laquo;film dans le film&raquo; consiste en un tournage imaginaire, dans le d&eacute;sert du N&eacute;guev, de sc&egrave;nes empruntant&nbsp; &agrave; diff&eacute;rents genres (com&eacute;die musicale, western&#8230;), par deux immigrants juifs particuil&egrave;rement inspir&eacute;s. La r&eacute;alit&eacute; les rattrape de fa&ccedil;on cruelle lorsque &ndash;la ville d&eacute;truite par un singe opulent&ndash; un officiel sioniste leur demande de reconstruire la cit&eacute; selon les canons socialistes-sionistes.<\/p>\n<p>\n\t\tRetrospectivement ce film signe les pr&eacute;misses d&rsquo;un cin&eacute;ma non directement subordonn&eacute; aux consid&eacute;rations politiques imm&eacute;diates. Ses films ult&eacute;rieures sont d&rsquo;ailleurs beaucoup moins marqu&eacute;s politiquement.<\/p>\n<p>\n\t\tZohar s&rsquo;attache par la suite &agrave; d&eacute;crire l&rsquo;univers priv&eacute; des personnages. Il d&eacute;rive vers un cin&eacute;ma intimiste transcrivant les &eacute;motions&nbsp; et les r&eacute;flexions m&eacute;taphysiques de personnages universels. Il lui sera d&rsquo;ailleurs parfois reproch&eacute; de camper&nbsp;ex nihilo&nbsp;un Saint-Germain-des-Pr&egrave;s tel-avivien d&eacute;connect&eacute; des r&eacute;alit&eacute;s plus prosa&iuml;ques de son pays.<\/p>\n<p>\n\t\tDans cette veine il faut voir&nbsp;Shlosha yamim ve-yeled&nbsp;(<a href=\"http:\/\/www.festival-cannes.fr\/fr\/archives\/ficheFilm\/id\/2783.html\">Trois jours et un enfant<\/a>, 1967), adapt&eacute; d&rsquo;une nouvelle de d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2207241874\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=slatefr08-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2207241874\">A.B. Yehoshua<\/a>&nbsp;et qui d&eacute;croche le prix d&rsquo;interpr&eacute;tation masculine &agrave; Cannes. Oded Kotler y incarne un &eacute;tudiant boulevers&eacute; par la garde de l&rsquo;enfant que lui confie son amour de jeunesse.<\/p>\n<p>\n\t\tDans ses derniers films enfin, il se met lui-m&ecirc;me en sc&egrave;ne.&nbsp;Trilogie &agrave; la plage&nbsp;remporte un franc succ&egrave;s populaire. Zohar y interpr&egrave;te un quarantenaire incapable d&rsquo;assumer ses responsabilit&eacute;s d&rsquo;adulte et les tribulations d&rsquo;un mari infid&egrave;le. Le deuxi&egrave;me volet de la trilogie est le plus personnel de sa carri&egrave;re (Eynaim gdolot, 1974). Le troisi&egrave;me volet est le dernier film de Zohar (Hatzilu et ha-matzil, 1977). Le regard d&eacute;sabus&eacute; qu&rsquo;il porte dans ses derniers films annonce d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on son &eacute;loignement de la sc&egrave;ne tel-avivienne.<\/p>\n<p>\n\t\tOutre les dix films de Zohar donn&eacute;s &agrave; voir lors de cette r&eacute;trospective, deux documentaires de grande valeur pr&eacute;sent&eacute;s par la Cin&eacute;math&egrave;que offrent un &eacute;clairage &eacute;mouvant sur le parcours atypique du r&eacute;alisateur. Ph&eacute;nom&egrave;ne singulier, le cin&eacute;aste se reconna&icirc;t &ndash; certes de mani&egrave;re successive &#8211; deux ma&icirc;tres &agrave; penser:<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jean-Luc_Godard\">&nbsp;Jean-Luc Godard&nbsp;<\/a>(le fesseur de Brigitte Bardot, qui annonce la lib&eacute;ration sexuelle en France) et l&rsquo;ancien grand-rabbin&nbsp;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ovadia_Yossef\">Ovadia Yossef<\/a>&nbsp;(le gardien tatillon de l&rsquo;ordre moral en Terre sainte).<\/p>\n<p>\n\t\tBasile Dewez<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Uri Zohar, le r&eacute;alisateur avant-gardiste devenu rabbin &nbsp; &nbsp; Pour la premi&egrave;re fois, une r&eacute;trospective est consacr&eacute;e &agrave; un r&eacute;alisateur isra&eacute;lien &agrave; la Cin&eacute;math&egrave;que. Jamais encore la Cin&eacute;math&egrave;que Fran&ccedil;aise n&rsquo;avait honor&eacute; de cin&eacute;aste isra&eacute;lien. 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