{"id":5385,"date":"2012-10-18T18:44:43","date_gmt":"2012-10-18T18:44:43","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5385"},"modified":"2012-10-18T18:55:30","modified_gmt":"2012-10-18T18:55:30","slug":"sushis-fringues-et-speed-dating-quest-ce-que-le-judaisme-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/sushis-fringues-et-speed-dating-quest-ce-que-le-judaisme-aujourdhui\/","title":{"rendered":"Sushis, fringues et speed dating, qu&rsquo;est-ce que le juda\u00efsme aujourd&rsquo;hui?"},"content":{"rendered":"<p>\n\tSushis, fringues et speed dating, qu&#39;est-ce que le juda&iuml;sme aujourd&#39;hui?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tRespect Mag&nbsp;&nbsp;|&nbsp; Par&nbsp;Rapha&euml;lle Elkrief<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\tRELIGION &#8211; La fr&eacute;quentation des &eacute;coles juives est en hausse. Restaurants casher et lieux de culte se multiplient. Un retour &agrave; la religion ambigu qui, en 2012, rev&ecirc;t de nouvelles formes d&rsquo;expressions.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;&nbsp;La Torah dans le kif&raquo;. Cette appellation, pour le moins &eacute;trange, aura convaincu Leslie, 22 ans, d&rsquo;op&eacute;rer un retour &agrave; la religion. Retour progressif mais r&eacute;v&eacute;lateur, pour cette jeune &eacute;tudiante en m&eacute;decine issue d&rsquo;une fa- mille juive pratiquante. De celles qui font la pri&egrave;re du shabbat le vendredi mais prennent leur voiture le samedi matin. &laquo; Le rabbin a su faire de la religion quelque chose d&rsquo;agr&eacute;able. &Ccedil;a m&rsquo;a transform&eacute;e&raquo;, explique la jeune fille. Combien sont-ils, comme Leslie, jeunes, moins jeunes, &agrave; revenir vers des pratiques rituelles, &laquo;dans le kif&raquo;?<\/p>\n<p>\n\t\t\tKarl Marx, &Eacute;mile Durkheim ou Max Weber pr&eacute;disaient le d&eacute;clin des religions au d&eacute;but du si&egrave;cle dernier. Et pourtant&#8230; &laquo; Il y a 35 ans, 5000 &eacute;l&egrave;ves &eacute;taient scolaris&eacute;s en &eacute;cole juive. Ils sont 35 000 aujourd&rsquo;hui. Nous comptions 82 synagogues en France. Nous disposons aujourd&rsquo;hui de 350 lieux de culte&raquo;, recense Raphy Marciano, directeur du Centre communautaire juif de Paris. &laquo;Nous assistons &agrave; un ph&eacute;nom&egrave;ne plus complexe qu&rsquo;un &ldquo;retour&rdquo; &agrave; la pratique. Le religieux se donne une plus grande visibilit&eacute; dans l&rsquo;espace public, nuance R&eacute;gine Azria (1), docteur en sociologie au Centre d&#39;&eacute;tudes interdisciplinaires des faits religieux (CNRS-EHESS). La diversification de l&rsquo;offre permet &agrave; certains Juifs de participer &agrave; une vie religieuse en ad&eacute;quation avec leur sensibilit&eacute;. La pratique est aujourd&rsquo;hui un choix individuel &raquo;. Une revitalisation dont les expressions sont nombreuses. Sans sacrifier, pour certains, son quotidien sur l&rsquo;autel de la modernit&eacute;. Telle une religion &agrave; la carte&#8230; Menu d&eacute;taill&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMange<\/p>\n<p>\n\t\t\tDepuis quelques ann&eacute;es, les menus des restaurants casher proposent autre chose que le gefilte fish (2) ou le couscous des origines. Restaurants casher japonais, indiens, am&eacute;ricains se sont multipli&eacute;s dans les grandes villes fran&ccedil;aises. Une seule particularit&eacute; : le respect dans toute la cha&icirc;ne des r&egrave;gles &eacute;dict&eacute;es par la cacherout, le code alimentaire prescrit &agrave; la communaut&eacute; juive. Un code qui s&rsquo;ouvre aux tendances. &laquo; La multiplication de restaurants casher exotiques montre que les Juifs veulent participer aux m&ecirc;mes modes de consommation que les autres citadins. Un signe d&rsquo;ouverture &agrave; l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; avec le maintien d&rsquo;un particularisme &raquo;, reconna&icirc;t Lucine Endelstein, chercheuse au CNRS. Une tendance retrouv&eacute;e dans le hallal. Dans L&rsquo;Homnivore, Claude Fischler, sociologue de l&rsquo;alimentation humaine, explique qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de &laquo; cuisine casher &raquo;, mais plut&ocirc;t un ensemble de r&egrave;gles transposables, cosmopolites et adaptables dans la migration. Ainsi, le hamburger de l&rsquo;oncle Sam sera servi sans fromage car &laquo;tu ne cuiras pas l&rsquo;agneau dans le lait de sa m&egrave;re&raquo;. On ne trouve pas d&rsquo;ailleurs seulement des Juifs pratiquants aux tables des restaurants casher. L&eacute;a, jeune ni&ccedil;oise de 25 ans, ne dit jamais non &agrave; un menu Filet-O-Fish chez Mcdonald&rsquo;s, appr&eacute;cie de temps &agrave; autre un verre de ros&eacute; &ndash; non casher &#8211; mais adore d&icirc;ner entre amis au restaurant de sushis. Casher. &laquo;C&rsquo;est comme aller manger chez la famille. On y va comme une contribution &agrave; notre appartenance &raquo;, explique la jeune fille. &laquo;Ils ne cherchent pas dans ces lieux une relation avec le divin, mais avec les autres. Ils s&rsquo;y rendent souvent pour le c&ocirc;t&eacute; social, identitaire. C&rsquo;est tr&egrave;s m&ecirc;l&eacute; &raquo;, observe Lucine Endelstein.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPrie<\/p>\n<p>\n\t\t\tAujourd&rsquo;hui, comme on fait ses courses, comme on cherche un job d&rsquo;&eacute;t&eacute;, on peut trouver en ligne la r&eacute;ponse &agrave; ses questions m&eacute;taphysiques. Le site Leava.fr compte quelque 100 000 vid&eacute;os de conf&eacute;rences t&eacute;l&eacute;charg&eacute;es par mois. Cr&eacute;&eacute; en 2006 par le rabbin Ron Chaya, devenu une v&eacute;ritable ic&ocirc;ne online, le site traite de sujets comme la paix dans le foyer ou la fa&ccedil;on de r&eacute;parer le tort caus&eacute; &agrave; son prochain. Sur le forum, le rabbin r&eacute;pond personnellement aux questions. &laquo; L&rsquo;anonymat rassure les gens &raquo;, confie Ron Chaya. La cible ? &laquo;Un public &eacute;loign&eacute; de la Torah, peu pratiquant. Internet est tr&egrave;s commode pour cela &raquo;. Mais la modernit&eacute; de forme n&rsquo;est pas signe de modernit&eacute; de fond. &laquo; Il faut diff&eacute;rencier la modernit&eacute; technologique de la modernit&eacute; culturelle &raquo;, nuance la sociologue R&eacute;gine Azria. Les nouvelles technologies sont de plus en plus employ&eacute;es dans le cadre religieux, dont elles peuvent m&ecirc;me faciliter la pratique. Trouver des restaurants casher, lire sa pri&egrave;re sur son iPhone ou avoir un rappel des horaires de shabbat est devenu un jeu d&rsquo;enfant gr&acirc;ce &agrave; la myriade d&rsquo;applications. &laquo;Aujourd&rsquo;hui, avec Internet, la Torah est partout avec nous. On ne peut plus voir la religion comme aust&egrave;re. Consacrer dans sa journ&eacute;e un temps &agrave; l&rsquo;&eacute;tude de la Torah est important. Avec Internet, plus d&rsquo;excuses&raquo;, explique un pratiquant.<br \/>\n\t\t\tLes courants orthodoxes restent m&eacute;fiants. En mai dernier, ils &eacute;taient 40 000, dans un stade new-yorkais, &agrave; exiger un &laquo;internet casher&raquo;. R&eacute;seaux sociaux, sites pornographiques et vid&eacute;os en ligne briseraient les mariages et d&eacute;tourneraient de l&rsquo;&eacute;tude de la Torah. Si certains optent pour la d&eacute;connexion stricte, d&rsquo;autres pr&ocirc;nent l&rsquo;installation de filtres bloquant l&rsquo;acc&egrave;s aux sites contraires &agrave; la morale juive. Comme un &laquo; contr&ocirc;le parental &raquo; divin. En Isra&euml;l, une compagnie de t&eacute;l&eacute;coms propose &agrave; ses clients orthodoxes un t&eacute;l&eacute;phone &laquo; casher &raquo;. Si les sonneries sont hassidiques (3) et le menu en yiddish, il ne propose, surtout, ni SMS, ni internet, ni Facebook, ni mails. Et les communications pass&eacute;es lors du shabbat co&ucirc;tent deux euros par minute&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t\tAime<\/p>\n<p>\n\t\t\tUn dimanche apr&egrave;s-midi en plein Marais, &agrave; Paris. En vitrine, robes en soie, cols Claudine, couleurs claires. La boutique ne d&eacute;tonne en rien sur ses voisines. Et pourtant ici, on ne propose que des v&ecirc;tements ob&eacute;issant aux r&egrave;gles juives. Les robes cachent les coudes et les genoux, l&#39;encolure est serr&eacute;e. Carole, la jeune cr&eacute;atrice, s&#39;explique : &laquo; La religion ne dit pas que les femmes doivent &ecirc;tre vilaines. Juste pudiques ! Certaines femmes ne s&#39;habillent pas selon les r&egrave;gles juives mais, de temps en temps, appr&eacute;cient de pouvoir le faire. Ces fringues sont casher et, en plus, &agrave; la mode &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEt c&ocirc;t&eacute; relations amoureuses? Fini le temps o&ugrave; les jeunes gens profitaient de l&#39;office religieux pour rep&eacute;rer de futurs conjoints potentiels. La modernit&eacute; a infiltr&eacute; les rencontres aussi. Certains en ont fait leur fonds de commerce. Le site de rencontres communautaires Jdream.com compte, &agrave; ce jour, 55000 inscrits et 6,2 millions de pages vues par mois. Et &ccedil;a marche ? &laquo; 75 % des r&eacute;pondants &agrave; notre enqu&ecirc;te ont d&eacute;j&agrave; fait au moins une rencontre au cours de leur inscription sur Jdream&raquo;, assure Gregory Harrous, directeur du d&eacute;veloppement. Comme Jennifer et Michael. La jeune trentenaire explique : &laquo; Je ne me vois pas construire un foyer avec une personne non juive. Or dans mon quotidien, je ne suis jamais au contact de gens de la communaut&eacute;. &Ccedil;a devient tr&egrave;s difficile de rencontrer quelqu&#39;un. Internet est apparu comme un bon moyen. Et l&rsquo;exp&eacute;rience est marrante &raquo;. Quelques crit&egrave;res de s&eacute;lection plus tard, la voil&agrave; qui &eacute;change un mail avec Michael. Puis deux, puis trois&#8230; Six mois plus tard, ils ont fait de leur rencontre une bonne blague &agrave; raconter. &laquo;Aux amis les plus proches seulement&raquo;, nuance la jeune femme. La religion utilise ce qui est en vogue pour r&eacute;unir les croyants. M&ecirc;me, elle innove. Le speed dating? Cr&eacute;&eacute;, eh oui, par un rabbin, tout droit sorti d&rsquo;Harvard ! &laquo; J&#39;ai con&ccedil;u le speed comme un mix entre un date organis&eacute; par les parents et une rencontre dans un bar&raquo;, s&rsquo;amuse ce serial marieur &agrave; kippa. Objectif ? &laquo; R&eacute;soudre les probl&egrave;mes d&rsquo;assimilation des jeunes aux &Eacute;tats-Unis en leur proposant un moyen ultra- simple de rencontrer d&rsquo;autres Juifs, de fa&ccedil;on respectable&raquo;. Le concept a pris. Il s&rsquo;est &eacute;tendu &agrave; tous les am&eacute;ricains, avant de conqu&eacute;rir le monde entier. Jusqu&rsquo;&agrave; op&eacute;rer une extension dans d&rsquo;autres domaines comme la politique ou l&rsquo;emploi. Signe que rites, tradition et modernit&eacute; peuvent encore s&rsquo;imbriquer.<\/p>\n<p>\n\t\t\t1. Auteur avec Dani&egrave;le Hervieu-L&eacute;ger du Dictionnaire des faits religieux (Paris, PUF, 2010).\u2028<br \/>\n\t\t\t2. Sp&eacute;cialit&eacute; ashk&eacute;naze &agrave; base de carpe farcie.\u2028<br \/>\n\t\t\t3. Courant religieux fond&eacute; en Europe de l&rsquo;est.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&gt;&nbsp;Respect Mag, 100% Juifs de France, en kiosque d&egrave;s le 16 octobre et &agrave; commander sur&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.respectmag.com\/\" target=\"_hplink\">www.respectmag.com<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.fr\/2012\/10\/17\/judeite--la-religion-juive-dans-la-modernite_n_1973893.html?utm_hp_ref=france\">http:\/\/www.huffingtonpost.fr\/2012\/10\/17\/judeite&#8211;la-religion-juive-dans-la-modernite_n_1973893.html?utm_hp_ref=france<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sushis, fringues et speed dating, qu&#39;est-ce que le juda&iuml;sme aujourd&#39;hui? &nbsp; Respect Mag&nbsp;&nbsp;|&nbsp; Par&nbsp;Rapha&euml;lle Elkrief &nbsp; RELIGION &#8211; La fr&eacute;quentation des &eacute;coles juives est en hausse. 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