{"id":5387,"date":"2015-09-24T00:50:19","date_gmt":"2015-09-24T00:50:19","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5387"},"modified":"2015-09-24T16:44:20","modified_gmt":"2015-09-24T16:44:20","slug":"histoire-de-mon-chat-boubouni-par-eber-haddad","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/histoire-de-mon-chat-boubouni-par-eber-haddad\/","title":{"rendered":"HISTOIRE DE MON CHAT, BOUBOUNI&#8230; Par Eber Haddad"},"content":{"rendered":"<p>\n\tHISTOIRE DE MON CHAT, BOUBOUNI&#8230;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPar Eber Haddad<\/p>\n<p>\n\tPour un &laquo; Tune &raquo; comme moi raconter une histoire de chat peut sembler &eacute;tonnant sinon incongru. Chez nous les chats &eacute;taient des fourrageurs de poubelles et on leur faisait &laquo; Kssss!Kssss ! &raquo; quand ils s&rsquo;approchaient trop de nous. On daignait les laisser &agrave; la maison juste pour quelques heures si on avait aper&ccedil;u une souris ou un rat se faufiler dans le voisinage, en tout cas un chat n&rsquo;&eacute;tait certainement pas un animal de compagnie. Donc en &eacute;crivant cette histoire je prends le risque d&rsquo;&ecirc;tre raill&eacute; voire m&ecirc;me ridiculis&eacute; par mes pairs ; ce n&rsquo;est pas grave, &agrave; mon &acirc;ge on sait qu&rsquo;il faut parfois savoir nager &agrave; contre-courant et qu&rsquo;on peut se passer de l&rsquo;approbation syst&eacute;matique des autres.<br \/>\n\tJuillet 2009, un apr&egrave;s-midi d&rsquo;&eacute;t&eacute;, chaleur &eacute;touffante, 45&ordm; &agrave; Scottsdale en Arizona, air conditionn&eacute; &agrave; fond, je surfe sur Internet. On entend des miaulements de chat dans le jardin. &Ccedil;a arrive de temps en temps, on ne pr&ecirc;te pas vraiment attention. Les miaulements n&rsquo;arr&ecirc;tent pas. Au bout d&rsquo;une demi-heure on ouvre la porte du jardin. Il y a l&agrave; un chat, tr&egrave;s d&eacute;termin&eacute;, tr&egrave;s jeune et tr&egrave;s beau aussi. Tigr&eacute; avec des belles couleurs, des rayures harmonieuses et des immenses yeux verts. Il continue &agrave; miauler et sans se d&eacute;monter se dirige vers la maison, s&rsquo;y introduit par la porte entr&rsquo;ouverte. A l&rsquo;int&eacute;rieur il miaule toujours, semblant demander quelque chose. Il ne qu&eacute;mande pas, il exige ! On imagine bien qu&rsquo;il veut boire ou manger mais on n&rsquo;a que de la nourriture humaine &agrave; la maison. Alors on lui verse un bol de lait. Il l&rsquo;examine, le flaire, tourne autour et finalement se met &agrave; laper le lait. Il se remet &agrave; miauler. Veut-il seulement manger ? On ouvre une boite de thon &agrave; l&rsquo;eau. Il ne se pr&eacute;cipite pas, il la regarde, nous d&eacute;visage puis se d&eacute;cide &agrave; la gouter. Il en mange tr&egrave;s peu et part explorer la maison. Il va dans toutes les pi&egrave;ces, renifle les meubles, fouine partout, nous observe, lance des regards furtifs et se prom&egrave;ne. Il a l&rsquo;air &agrave; l&rsquo;aise, en terrain conquis, on le laisse faire. On va s&rsquo;assoir, quelques minutes apr&egrave;s il nous rejoint, me regarde fixement et finit par sauter en un bond sur mes cuisses. Instinctivement je le caresse, il se laisse faire, sa fourrure est incroyablement douce au toucher. Il passe de l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre, se laisse caresser et nous provoque en poussant sa t&ecirc;te contre chacun de nous. Il miaule, il minaude, il miaule de nouveau. Ca y est, il devient notre chat, pensait-on&hellip; C&rsquo;est bien mal connaitre cet animal. Le chat est s&eacute;ducteur mais ind&eacute;pendant. Il aime prendre l&rsquo;initiative, il jauge, il juge, il ne montre pas facilement de signe d&rsquo;attachement. Le soir venu, il se poste devant la porte par laquelle il est entr&eacute; et scrute dehors sans bouger ni miauler. On ne comprend pas la signification de ce comportement, alors on h&eacute;site. Veut-il sortir lui qui, il y a quelques heures &agrave; peine insistait tellement pour rentrer ? On ne sait pas trop quoi faire d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il ne bouge plus et regarde &eacute;perdument vers l&rsquo;ext&eacute;rieur. Au bout d&rsquo;un moment on se d&eacute;cide, on lui ouvre la porte. Imm&eacute;diatement il se pr&eacute;cipite dehors, s&rsquo;arr&ecirc;te &agrave; un m&egrave;tre, nous lance un regard &agrave; la fois interrogateur et approbateur. Peut-&ecirc;tre r&eacute;alise-t-il qu&rsquo;on ne comprend pas exactement ce qu&rsquo;il fait et ce qu&rsquo;il cherche. Il s&rsquo;enfonce dans la nuit noire.<\/p>\n<p>\tLe lendemain matin, vers six heures, il est l&agrave;, devant la porte, tout pimpant. Il nous apporte un cadeau qu&rsquo;il d&eacute;pose sur le seuil. Superbe cadeau: une souris &agrave; demie &eacute;ventr&eacute;e qu&rsquo;il vient d&rsquo;attraper et qui finit son agonie devant nous. Quelques convulsions, elle gigote encore un peu mais elle ne tarde pas &agrave; mourir. Un peu r&eacute;vulsif mais les chats avant d&rsquo;&ecirc;tre des animaux de compagnie sont, il ne faut jamais l&rsquo;oublier, des pr&eacute;dateurs qui se nourrissent du produit de leur chasse. Il fait donc son boulot de chat. Nous sommes tr&egrave;s sensibles &agrave; son attention, mais il ne faudrait pas qu&rsquo;il renouvelle ce genre de cadeau trop souvent ! Apr&egrave;s d&eacute;gustation il rentre dans la maison et passe pratiquement toute la journ&eacute;e &agrave; dormir. La nuit a du &ecirc;tre longue mais apparemment fructueuse. Le soir m&ecirc;me scenario, il demande &agrave; sortir, m&ecirc;me regard furtif, m&ecirc;me fuite dans la nuit noire. Il revient le lendemain mais sans cadeau cette fois, il nous a d&eacute;j&agrave; montr&eacute; sa reconnaissance, faudrait pas qu&rsquo;on s&rsquo;y habitue&hellip; Et pourtant quelques jours plus tard, il nous refait le m&ecirc;me cadeau. On a de la classe ou on n&rsquo;en a pas&hellip; On finit par lui acheter des boites de Friskies, il aime bien celles au saumon. Ce n&rsquo;est pas un gros mangeur puisque son r&eacute;gime alimentaire doit certainement &ecirc;tre &agrave; base d&rsquo;animaux captur&eacute;s. En Arizona comme en Californie, les chats eux-m&ecirc;mes ont des pr&eacute;dateurs : les coyotes qui se nourrissent exclusivement d&rsquo;animaux qu&rsquo;ils &eacute;gorgent apr&egrave;s les avoir pris en embuscade. C&rsquo;est cruel mais c&rsquo;est la nature et la chaine alimentaire. Les coyotes sont, avec la circulation, la plus grande cause de mortalit&eacute; des chats sauvages. Ils viennent toutes les nuits pr&egrave;s des habitations humaines car &agrave; d&eacute;faut de chiens ou de chats &agrave; manger il y a toujours les poubelles. Pour survivre dans la nature les chats ont besoin d&rsquo;&ecirc;tre intelligents et constamment vigilants pour ne pas se faire attraper. Heureusement les coyotes ne grimpent ni aux arbres ni sur les toits donc c&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;ils se r&eacute;fugient pour se prot&eacute;ger surtout s&rsquo;ils sont repus.&nbsp;<\/p>\n<p>\t&laquo; Notre &raquo; chat vient tous les jours, passe la journ&eacute;e, se nourrit un peu, fait des c&acirc;lins, dort beaucoup et sort le soir. Ce &laquo; cin&eacute;ma &raquo; dure plusieurs semaines&hellip; Un jour il revient, un peu secou&eacute;, miaulant un peu plus fr&eacute;quemment que d&rsquo;habitude, un tron&ccedil;on de queue d&eacute;nud&eacute; de poils. Il a d&ucirc; &eacute;chapper de justesse &agrave; un coyote mais &ccedil;a ne l&rsquo;emp&ecirc;che pas de ressortir la nuit d&rsquo;apr&egrave;s !&nbsp;<\/p>\n<p>\tMais voil&agrave; on doit partir en voyage pour deux mois ; il nous voit pr&eacute;parer les bagages et comprend que quelque chose se passe&hellip; il retiendra la le&ccedil;on pour plus tard, valise veut dire voyage. &Ccedil;a veut dire aussi que la routine ne sera pas la m&ecirc;me. On sait par le jardinier qu&rsquo;il passe toute la journ&eacute;e dans le patio de la maison pendant notre absence, assis sur la chaise longue, &agrave; nous attendre ? Notre voyage a dur&eacute; plus que pr&eacute;vu et ce n&rsquo;est que trois mois plus tard qu&rsquo;on revient. Sur le chemin de la maison en venant de l&rsquo;a&eacute;roport on voit sur la route un chat mort, probablement heurt&eacute; par un v&eacute;hicule. Il ressemble beaucoup &agrave; ce chat auquel on avait commenc&eacute; &agrave; s&rsquo;habituer mais qu&rsquo;on avait &eacute;t&eacute; oblig&eacute; de laisser dans la nature pendant notre absence vu qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait pas domestiqu&eacute;. Silence glac&eacute; dans le taxi.&nbsp;<\/p>\n<p>\tQuelques minutes plus tard on arrive chez nous, les valises &agrave; sortir, le chauffeur &agrave; payer. L&rsquo;angoisse nous &eacute;treint ; pourquoi ce chat est-il venu dans nos vies brusquement pour en disparaitre tout aussi soudainement ?&nbsp;<\/p>\n<p>\tDivine surprise, nous n&rsquo;avons pas encore fini de rentrer tous les bagages que le voil&agrave; ! Miaulant comme s&rsquo;il voulait nous reprocher notre longue absence. Mais tr&egrave;s vite on sent qu&rsquo;ils deviennent des miaulements de plaisir : il est content de nous revoir. Il se blottit contre chacun de nous, f&ecirc;te notre arriv&eacute;e. Je me demande, culture et traditions familiales obligent, si c&rsquo;est tr&egrave;s prudent de laisser un chat sauvage qui vient de passer trois mois dans la nature se rapprocher autant de nous. Il ne nous laisse pas le soin d&rsquo;y r&eacute;fl&eacute;chir, il attend des caresses, il veut partager sa joie et ce ne sont pas mes h&eacute;sitations qui vont le dissuader. Tant pis, on se laisse faire. Apr&egrave;s tout on vient de passer presque vingt heures entre les avions et les a&eacute;roports o&ugrave; les virus et les microbes pullulent encore plus que dans la nature, alors c&eacute;l&eacute;brons les retrouvailles ! Et voil&agrave; nous avons un chat qui a le bon gout de se montrer d&egrave;s notre retour et qui va passer les prochains mois avec nous, toujours avec la m&ecirc;me ponctualit&eacute;, venir t&ocirc;t le matin et partir &agrave; la nuit tomb&eacute;e. Impossible de le retenir, on a bien essay&eacute; un soir, parents inquiets, il n&rsquo;&eacute;tait franchement pas content. De temps en temps un cadeau, une souris, pour le gite, le couvert et les c&acirc;lins. Absences fr&eacute;quentes de notre part, on le voit s&rsquo;exciter &agrave; la vue d&rsquo;une valise et, &ccedil;a devient syst&eacute;matique, d&egrave;s qu&rsquo;il en voit une, il miaule de d&eacute;pit et se fourre dedans. Mais &agrave; chaque fois on le retrouve et &agrave; chaque fois c&rsquo;est une joie partag&eacute;e. Comment en suis-je arriv&eacute; l&agrave;, moi le &laquo; Tune &raquo; pas habitu&eacute; aux animaux et surtout pas aux chats ? Quelques ann&eacute;es avant on avait eu un chien, r&eacute;cup&eacute;r&eacute; &agrave; la fourri&egrave;re, qui nous avait captur&eacute; le c&oelig;ur pendant onze ans et qui m&rsquo;avait appris &agrave; respecter les animaux, &agrave; les aimer. L&rsquo;instinct leur fait ressentir les sentiments qu&rsquo;on a pour eux, ils montrent les leurs sans honte ni retenue et peuvent m&ecirc;me devenir protecteurs quand les &eacute;v&egrave;nements, les soucis ou tout simplement la vie leur donnent ce r&ocirc;le. Ce chien, qu&rsquo;on avait appel&eacute; Tofu, avait compris apr&egrave;s que j&rsquo;eus subi une grave intervention chirurgicale que le moment &eacute;tait venu pour lui de s&rsquo;occuper de moi. Il a &eacute;t&eacute; le fid&egrave;le compagnon de ma convalescence. Il a tr&egrave;s bien fait son boulot et &agrave; peine me voyait-il m&rsquo;&eacute;nerver ou m&rsquo;agiter qu&rsquo;il se dressait sur ses deux pattes arri&egrave;res, mettait une patte sur chacune de mes &eacute;paules en faisant tout pour que je me calme et il y parvenait! Il ne faisait pas dans la nuance, m&ecirc;me quand j&rsquo;avais un fou-rire il l&rsquo;interpr&eacute;tait comme quelque chose de risqu&eacute; et comme sur ordre m&eacute;dical, sa mission &eacute;tait de me calmer. Apr&egrave;s sa mort on a d&eacute;cid&eacute; de ne plus avoir de chien car il n&rsquo;&eacute;tait pas rempla&ccedil;able. On n&rsquo;avait m&ecirc;me pas pens&eacute; aux chats.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLe chat, &agrave; qui nous n&rsquo;avons m&ecirc;me pas donn&eacute; de nom, il s&rsquo;appelle &laquo; le chat &raquo; tout simplement, continue d&rsquo;&ecirc;tre notre compagnon diurne et un noctambule qu&rsquo;on ne connait pas. On s&rsquo;est habitu&eacute; &agrave; lui&hellip; et &agrave; ses manies. D&egrave;s qu&rsquo;il se poste devant la porte &agrave; la nuit tomb&eacute;e, on lui ouvre, sans poser de questions. En dix-neuf mois il n&rsquo;a jamais fait ses besoins &agrave; la maison, on ne lui a jamais achet&eacute; de liti&egrave;re et tout se passe bien. M&ecirc;mes rituels quotidiens, m&ecirc;mes rituels avant les voyages et aux retours.<\/p>\n<p>\tVers Octobre 2010 nous savons que nous allons quitter Scottsdale et partir habiter &agrave; Miami. La pr&eacute;paration du d&eacute;m&eacute;nagement est tellement stressante qu&rsquo;on n&rsquo;a pas pens&eacute; &agrave; ce qu&rsquo;on allait faire du chat. Mais lui ne compte pas se faire oublier. Il enregistre l&rsquo;effervescence qui r&egrave;gne &agrave; la maison, notre nervosit&eacute; communicative, multiplie les sessions de c&acirc;lins et fait tout pour qu&rsquo;on n&rsquo;oublie pas qu&rsquo;il est l&agrave;. On se doit donc de l&rsquo;inclure dans nos plans. Mais voil&agrave;, c&rsquo;est un chat, sauvage &agrave; mi-temps, qui n&rsquo;a pas montr&eacute; de signes de domestication compl&egrave;te. Le temps presse, le d&eacute;m&eacute;nagement est fix&eacute; au 14 Janvier 2011, date plus fameuse pour d&rsquo;autres &eacute;v&egrave;nements. Que va-t-on faire du chat ? A Miami on ne sera plus en maison mais en appartement, va-t-il pouvoir s&rsquo;adapter ? Ne va-t-on pas faire son malheur en voulant faire son bonheur ? On d&eacute;cide de prendre l&rsquo;avis d&rsquo;un v&eacute;t&eacute;rinaire apr&egrave;s avoir essay&eacute; de le placer chez des voisins qui ne comprennent pas nos pr&eacute;occupations pour un chat ni sauvage, ni domestiqu&eacute;, qui ne nous appartient m&ecirc;me pas vraiment. La v&eacute;t&eacute;rinaire est formelle : &laquo; Ce chat est un chat d&rsquo;ext&eacute;rieur, vous pouvez vous faire plaisir en le prenant avec vous mais vous ne ferez pas son bonheur &raquo;. Venant d&rsquo;une professionnelle pr&ocirc;nant l&rsquo;adoption des chiens et des chats et avec les arguments qu&rsquo;elle utilisait, on ne pouvait que s&rsquo;incliner. On a ramen&eacute; le chat &agrave; la maison dans le sac de transport achet&eacute; pour l&rsquo;occasion dans lequel il n&rsquo;a cess&eacute; de se d&eacute;battre et de miauler de m&eacute;contentement autant &agrave; l&rsquo;aller qu&rsquo;au retour. Quand on l&rsquo;a lib&eacute;r&eacute;, arriv&eacute;s &agrave; la maison, il a fui en courant. Quelques minutes plus tard il est quand m&ecirc;me revenu devant la maison en se postant devant la porte et comme &agrave; l&rsquo;accoutum&eacute;e, il est rentr&eacute;.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLe d&eacute;m&eacute;nagement a &eacute;t&eacute; &eacute;pouvantable. Les d&eacute;m&eacute;nageurs sont l&agrave;, vont et viennent dans toute la maison devenue un capharna&uuml;m de meubles envelopp&eacute;s de couvertures et de pyramides de caisses de toutes tailles. Leur chef, un certain Jared, Dr. Jekyl avant la signature du contrat, Mr. Hyde tout de suite apr&egrave;s, hurle ses ordres &agrave; tue-t&ecirc;te. De mauvaise humeur, impoli, arrogant, son caract&egrave;re de cochon ne se r&eacute;v&egrave;le malheureusement que le jour J. Venu avec une &laquo; &eacute;quipe de bras cass&eacute;s &raquo; on s&rsquo;est vite rendu compte que &ccedil;a n&rsquo;allait pas &ecirc;tre une partie de plaisir. Pendant qu&rsquo;ils sortaient les meubles qu&rsquo;ils empilaient avec rudesse dans le camion et qu&rsquo;on voyait d&eacute;filer notre vie qu&rsquo;on leur confiait avec regret, on se rend compte que le chat semble &eacute;perdu et boulevers&eacute; de voir &laquo; sa maison &raquo; se vider. Il court apr&egrave;s chaque meuble qu&rsquo;il voit disparaitre dans le camion, impuissant et d&eacute;sempar&eacute;. Et nous avec lui. Il g&ecirc;ne le passage de la fine &eacute;quipe des d&eacute;m&eacute;nageurs et on est oblig&eacute; de le rappeler &agrave; l&rsquo;ordre tout le temps. Erreur d&rsquo;&eacute;valuation de Jared, &ccedil;a a pris plus de temps que pr&eacute;vu et on a besoin d&rsquo;une remorque attel&eacute;e au camion. R&eacute;sultat, la voiture, elle, ne pourra pas &ecirc;tre remorqu&eacute;e comme initialement pr&eacute;vu jusqu&rsquo;&agrave; Miami et comme il est trop tard pour arranger son transport, on va &ecirc;tre oblig&eacute; de la conduire nous-m&ecirc;mes jusqu&rsquo;&agrave; l&agrave;-bas, 4500 Kms &agrave; faire en 4 jours!!! Pour rajouter &agrave; notre propre d&eacute;sarroi, on se rend compte que la pochette contenant nos passeports, quelques Euros, restes d&rsquo;un voyage r&eacute;cent en France, et d&rsquo;autres pr&eacute;cieux documents a disparu!!! Il est hors de question de vider le camion qui ne nous est attribu&eacute; que pour un temps limit&eacute; pour voir si cette pochette n&rsquo;est pas dans un des deux meubles qui ont &eacute;t&eacute; charg&eacute;s tout au d&eacute;but ; nous voil&agrave; donc devenus des sans-papiers alors m&ecirc;me qu&rsquo;on va traverser les Etats-Unis d&rsquo;Ouest en Est et qu&rsquo;on va changer d&rsquo;Etat de r&eacute;sidence&hellip; un petit cataclysme. A la fin de cette journ&eacute;e m&eacute;morable alors que la remorque vient de finir d&rsquo;&ecirc;tre charg&eacute;e, voil&agrave; que le chat d&eacute;cide de s&rsquo;y faufiler et d&rsquo;y rester ! Impossible de le suivre, bien s&ucirc;r, car lui peut se glisser partout. On essaye de l&rsquo;appeler, en vain ; on ne peut pas le voir et lui fait tout pour se faire oublier dans la remorque. Mais c&rsquo;est &agrave; la fois impossible de l&rsquo;y laisser pour le trajet, il n&rsquo;y survivrait pas et impossible de la vider, la &laquo; fine &eacute;quipe &raquo; est rentr&eacute;e chez elle. Il ne reste plus que Jared, au meilleur de sa forme, encore plus bougon que le matin, jurant et rousp&eacute;tant &agrave; l&rsquo;envi, presque mena&ccedil;ant. Le chat, lui, est toujours &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du container, on ne l&rsquo;entend plus. Il va falloir une heure et demie, d&eacute;ployer des tr&eacute;sors de patience et d&rsquo;ing&eacute;niosit&eacute; alors qu&rsquo;on est &eacute;puis&eacute;s par cette journ&eacute;e pour le voir enfin pointer le bout de ses moustaches. Il sort, miaulant &agrave; r&eacute;p&eacute;tition, une fois de plus, mais on le sent d&eacute;&ccedil;u et triste. Il reste &agrave; nous regarder, ses grands yeux verts &eacute;carquill&eacute;es, l&rsquo;air de demander &laquo; et moi dans tout &ccedil;a, qu&rsquo;est-ce que je deviens &raquo; ou alors c&rsquo;est nous qui interpr&eacute;tons son attitude de cette fa&ccedil;on&hellip;<\/p>\n<p>\tLe d&eacute;part du camion est pr&eacute;vu pour le lendemain. Ce soir nous allons dormir &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel, le camion passera la nuit sur le &laquo; driveway &raquo;, l&rsquo;all&eacute;e menant au garage. On a l&rsquo;a s&eacute;curis&eacute;, on a mis de gros cadenas suppos&eacute;s inviolables et demain c&rsquo;est le grand d&eacute;part. On doit essayer de bien dormir parce que la route est longue. Il va falloir rouler douze heures par jour et essayer de ne pas perdre de vue le camion. On va traverser le Nouveau-Mexique, l&rsquo;immensit&eacute; du Texas, la Louisiane, le Mississipi, l&rsquo;Alabama pour finalement descendre du Nord au Sud la totalit&eacute; de la p&eacute;ninsule qu&rsquo;est la Floride. Et ce n&rsquo;est pas pour faire du tourisme.&nbsp;<\/p>\n<p>\tAu petit matin on quitte l&rsquo;h&ocirc;tel pour retourner &agrave; la maison o&ugrave; doivent nous attendre les deux chauffeurs qui convoieront le camion jusqu&rsquo;&agrave; destination. Je ne me souviens plus s&rsquo;ils &eacute;taient en retard ou nous en avance mais il n&rsquo;y a personne quand on y arrive. Derni&egrave;re inspection pour voir si on n&rsquo;a rien oubli&eacute; et par curiosit&eacute; voir si le chat est toujours dans le jardin post&eacute; devant la porte. Il n&rsquo;y est pas. Dans un sens, tant mieux ! Il a peut-&ecirc;tre compris qu&rsquo;on partait et essaye de se trouver une nouvelle famille, &ccedil;a nous &eacute;vitera des adieux difficiles. ERREUR ! Non, il n&rsquo;&eacute;tait pas devant la porte o&ugrave; on croyait le trouver mais couch&eacute; sur le pneu du camion ! Le message est clair, on en a le souffle coup&eacute; ! Il est l&agrave;, calme, le regard triste, mais couch&eacute; sur le pneu comme s&rsquo;il avait compris le principe. On voulait &eacute;viter des adieux difficiles&hellip; c&rsquo;est rat&eacute; et c&rsquo;est encore pire ! On en a des n&oelig;uds dans l&rsquo;estomac. Le pneu du camion n&rsquo;est pas assez haut pour le prot&eacute;ger des coyotes et il semble bien qu&rsquo;il y ait pass&eacute; la nuit. Est-ce sa fa&ccedil;on de nous faire comprendre son d&eacute;sarroi ? Les derniers temps il avait d&ucirc; moins vagabonder puisqu&rsquo;au petit matin on le voyait perch&eacute; sur le toit ou sur un arbre, ou descendre du capot de la voiture. Et maintenant il veut nous montrer qu&rsquo;il ne respecte m&ecirc;me plus ses propres r&egrave;gles de s&eacute;curit&eacute;. Nous ne savons plus quoi faire ! Jamais il ne pourra tenir dans une voiture pendant 5 jours &agrave; rouler comme on va le faire. Et les h&ocirc;tels ? Et ses besoins ? C&rsquo;est un chat pas un chien, pas de laisse et s&rsquo;il nous &eacute;chappe &agrave; 2000 Kms de la maison ? L&rsquo;angoisse. On va &ecirc;tre oblig&eacute; de le laisser sur place, on n&rsquo;ose pas dire l&rsquo;abandonner&hellip; Ce n&rsquo;est pas grave, c&rsquo;est son territoire, il saura survivre. On ne peut rien faire pour lui maintenant. On reviendra peut-&ecirc;tre le chercher, on doit revenir en Arizona plus tard, on verra bien ! Le convoi se forme, le camion est devant et on le suit. Un dernier regard sur la maison, le chat est sur le &laquo; driveway &raquo;, il a pris la place du camion et nous regarde nous &eacute;loigner sans bouger. Silence lourd dans la voiture. On ne se dit rien pendant au moins une heure, on n&rsquo;en pense pas moins. Sans se consulter, tacitement, on a d&eacute;cid&eacute; de ne pas parler du chat, pour ne pas rajouter des regrets &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve qui nous attendait. La route est longue, par moments difficile. On passe une courte premi&egrave;re nuit dans un h&ocirc;tel au Nouveau-Mexique, au milieu de nulle part mais tr&egrave;s bien tenu, par des Indiens ; non pas les descendants de Geronimo mais ceux du bord du Gange. Etonnant de les voir dans cette contr&eacute;e. Le plus dur est &agrave; venir, la partie d&eacute;sertique du Texas, la moiti&eacute; Ouest de cet &eacute;tat, on ne savait m&ecirc;me pas qu&rsquo;elle existait, c&rsquo;est immense. Un d&eacute;sert de rocailles sans rien, pas une &acirc;me, pas une maison, pas un arbre, surtout pas une station d&rsquo;essence, une route longiligne dans un paysage lunaire. Le vide entre deux villes. On longe la fronti&egrave;re mexicaine et la capitale mondiale du meurtre Ciudad Juarez, si&egrave;ge des cartels de drogues qui sont &agrave; l&rsquo;origine de la guerre civile au Mexique qui avait d&eacute;j&agrave; fait &agrave; cette date 350000 morts et dont, curieusement, la presse ne parle pas ou tr&egrave;s peu ; elle pr&eacute;f&egrave;re se concentrer sur les m&ecirc;mes sujets qu&rsquo;elle nous ressasse tous les jours, ad nauseam.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEnsuite c&rsquo;est la Louisiane, de l&rsquo;autoroute c&rsquo;est moins beau que ce qu&rsquo;on peut imaginer mais il faut reconnaitre qu&rsquo;il est difficile de se faire une opinion quand on traverse rapidement un territoire. Le plus &eacute;tonnant a &eacute;t&eacute; le Nord de la Floride, des paysages qui ressemblent plus &agrave; la Suisse qu&rsquo;aux tropiques. On arrive enfin &agrave; Miami. Comme il est tard et que notre immeuble applique des r&egrave;glements stricts sur les heures de d&eacute;m&eacute;nagements, on passera une nuit de plus &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel. Dans le m&ecirc;me que celui des camionneurs, pour surveiller nos biens du coin de l&rsquo;&oelig;il. Tu parles, &agrave; peine avons-nous pos&eacute; nos t&ecirc;tes sur l&rsquo;oreiller qu&rsquo;on s&rsquo;endort comme des loirs.&nbsp;<\/p>\n<p>\tOn commence l&rsquo;am&eacute;nagement &agrave; 8 heures pr&eacute;cises. Encore une &eacute;quipe de &laquo; bras cass&eacute;s &raquo;, une nouvelle, pire encore que les autres pour la logistique, &agrave; la Floridienne, mais plut&ocirc;t sympathiques et m&ecirc;mes souriants. &Ccedil;a monte, &ccedil;a descend, &ccedil;a s&rsquo;agite et &ccedil;a s&rsquo;engueule mais &agrave; 17 heures tapante, comme l&rsquo;exige le r&egrave;glement, tout est fini. Le camion est vide, nos pens&eacute;es et nos muscles aussi. Le seul espoir de retrouver les passeports est tomb&eacute;. Ils ne sont pas dans les deux meubles o&ugrave; nos illusions nous poussaient &agrave; croire qu&rsquo;ils pouvaient &ecirc;tre. Plus aucun doute, les passeports et tous nos papiers d&rsquo;identit&eacute;s ont disparu, probablement vol&eacute;s par inadvertance ou pour masquer leur m&eacute;fait pour mettre la main sur quelques centaines d&rsquo;Euros. C&rsquo;&eacute;tait la premi&egrave;re fois qu&rsquo;en un demi-si&egrave;cle je me retrouvais sans passeport. D&eacute;claration &agrave; la police de Scottsdale au t&eacute;l&eacute;phone, &agrave; celle de Miami en personne. Impossible de refaire nos passeports, nos Certificats de Nationalit&eacute;s sont rest&eacute;s en Arizona dans le coffre de la banque. Nous sommes d&eacute;vast&eacute;s car on devait partir trois semaines plus tard en France, c&rsquo;est impossible maintenant. Et pour tout arranger le lendemain la grippe vient nous attaquer, nous voil&agrave; clou&eacute;s au lit avec 40\u02da de fi&egrave;vre, un frigo vide et il pleut des baquets&hellip;&nbsp;<\/p>\n<p>\tCe n&rsquo;est que deux mois plus tard qu&rsquo;on peut enfin prendre l&rsquo;avion pour l&rsquo;Arizona, cinq heures et demi de vol, la fatigue en sus. On a &eacute;voqu&eacute; le chat &agrave; 3 ou 4 reprises depuis notre d&eacute;part, pudiquement, mortifi&eacute;s de l&rsquo;avoir laiss&eacute; &agrave; son sort mais pouvait-on faire autrement ? Les nouvelles le concernant ne sont pas bonnes. Le jardinier et une amie qui allaient remplir la mangeoire automatique sont formels. Les croquettes laiss&eacute;es assidument deux fois par semaines disparaissent, mang&eacute;es par un ou plusieurs autres chats mais pas par &laquo; notre &raquo; chat qui n&rsquo;a plus fait aucune apparition. Ils ne l&rsquo;ont pas vu depuis deux mois alors qu&rsquo;habituellement il se montrait chaque fois qu&rsquo;ils venaient le nourrir. Les coyotes s&rsquo;&eacute;taient faits plus pr&eacute;sents et plus nombreux aux dires du jardinier qui pour &laquo; s&rsquo;excuser &raquo; de son absence pronostiquait qu&rsquo;il avait d&ucirc; finir dans le ventre de l&rsquo;un d&rsquo;entre eux.&nbsp;<\/p>\n<p>\tOn arrive &agrave; Ph&oelig;nix vers 21 heures, on loue une voiture et pour la premi&egrave;re fois en quatre ans on doit coucher &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel dans cette ville car la maison est vide. Puisqu&rsquo;on ne passe pas loin, allons jeter un coup d&rsquo;&oelig;il et voir dans quel &eacute;tat elle est. Il fait &eacute;tonnamment froid &agrave; cette heure tardive, le froid nocturne du d&eacute;sert, et c&rsquo;est assez sombre mais en se mettant pr&egrave;s de la maison et en s&rsquo;&eacute;clairant avec les phares de la voiture on aura un aper&ccedil;u de ce qui se passe. On arrive sur le &laquo; driveway &raquo; et on descend pour faire une inspection succincte. A peine avons-nous mis pied &agrave; terre qu&rsquo;on entend un bruit sourd en m&ecirc;me temps qu&rsquo;on voit un mouvement rapide. Un peu inquiets, on se demande ce que &ccedil;a peut bien &ecirc;tre. Un cambrioleur surpris en pleine action, quelque chose tomb&eacute;e du toit ? Mais non ! C&rsquo;est le chat, &laquo; notre &raquo; chat, on le sent plus qu&rsquo;on ne le voit !!! Pour lui l&rsquo;obscurit&eacute; n&rsquo;est pas un probl&egrave;me, pour nous oui, mais dans les faisceaux des phares qu&rsquo;il traverse pour venir se frotter &agrave; nous il n&rsquo;y a pas le moindre doute c&rsquo;est bien lui, les m&ecirc;mes rayures, la m&ecirc;me couleur, les m&ecirc;mes grands yeux. Il se montre pour la premi&egrave;re fois en deux mois, il nous a reconnu &agrave; la voix ou &agrave; l&rsquo;odeur, descendant d&rsquo;une voiture qui ne lui est pas famili&egrave;re, il nous attendait !!! Il est visiblement heureux, se presse contre nous tour &agrave; tour, passe de l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre avec un enthousiasme qu&rsquo;on ne lui avait jamais vu. Impressionnant et &eacute;mouvant. Un peu &eacute;maci&eacute; mais bien vivant, les coyotes et les voitures n&rsquo;ont pas eu raison de lui. Le message est clair : &laquo; Je suis votre chat, je veux partir et rester avec vous &raquo; ! On est pris de cours, mais heureux de le retrouver. Il va passer sa derni&egrave;re nuit de chat sauvage.&nbsp;<\/p>\n<p>\tNous ne restons que deux jours, il va falloir se d&eacute;p&ecirc;cher. Le lendemain de notre arriv&eacute;e on le retrouve, serein, devant la porte de la maison. Il ne sait pas encore ce qui l&rsquo;attend. On le fourre dans un sac achet&eacute; en vitesse avant de venir &agrave; la maison, il proteste pour la forme. Pendant tout le trajet qui nous conduit chez la v&eacute;t&eacute;rinaire il n&rsquo;arr&ecirc;te pas de miauler mais sans r&eacute;elle conviction et, &agrave; destination, il se calme aussit&ocirc;t. La v&eacute;t&eacute;rinaire est cette fois-ci d&rsquo;un avis totalement diff&egrave;rent : &laquo; Ce chat vous a choisi, il veut vivre avec vous &raquo;. Il lui faut ses vaccins et on prend des calmants pour le vol au cas o&ugrave;&hellip;Pas content d&rsquo;&ecirc;tre vaccin&eacute; et examin&eacute; sous toutes les coutures mais il se laisse faire. Son bapt&ecirc;me de l&rsquo;air n&rsquo;est pas vraiment une r&eacute;ussite, les calmants ont eu l&rsquo;effet contraire et lui ont m&ecirc;me provoqu&eacute; une diarrh&eacute;e. Le voyage est un cauchemar mais on est bien arriv&eacute;. Dans une m&ecirc;me journ&eacute;e il aura eu une visite chez la v&eacute;t&eacute;rinaire, pris la voiture, l&rsquo;avion, le bus, et de nouveau la voiture, travers&eacute; le continent am&eacute;ricain et d&eacute;barqu&eacute; dans un appartement inconnu dans un climat tropical.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLa vitesse &agrave; laquelle il s&rsquo;est accoutum&eacute; &agrave; sa nouvelle vie est ahurissante. Il a instantan&eacute;ment pris ses marques, se consid&egrave;re chez lui et attire tous les suffrages aussi bien de la famille que des amis. Il n&rsquo;est pas timide et aime les visites, tout le monde le trouve sympathique, s&eacute;ducteur et il adore jouer. Il nous t&eacute;moigne une affection inconditionnelle, humaine, touchante, invraisemblable, qu&rsquo;il accompagne de ronronnements tellement sonores qu&rsquo;on les croirait anim&eacute;s par des piles. 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