{"id":5397,"date":"2016-03-01T00:09:29","date_gmt":"2016-03-01T00:09:29","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5397"},"modified":"2016-03-01T00:31:47","modified_gmt":"2016-03-01T00:31:47","slug":"les-relations-franco-tunisiennes-jusqua-lindependance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-relations-franco-tunisiennes-jusqua-lindependance\/","title":{"rendered":"Les relations franco-tunisiennes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><\/p>\n<div>\n<div id=\"titrerubrique\">\n<p>\n\t\t\tLes relations franco-tunisiennes jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance<\/p>\n<h1>\n\t\t\t&nbsp;<\/h1>\n<p>\n\t\t\t<strong>La mise en place du Protectorat<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><\/p>\n<div>\n<div id=\"titrerubrique\">\n<p>\n\t\t\tLes relations franco-tunisiennes jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance<\/p>\n<h1>\n\t\t\t&nbsp;<\/h1>\n<p>\n\t\t\t<strong>La mise en place du Protectorat<\/strong><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tSous le r&egrave;gne de Mahmud Bey (1814-1824) et de son fils Hussein, les intrigues de palais et l&rsquo;avidit&eacute; des nobles conduisent le pays au marasme. L&rsquo;interdiction de la guerre de course par la France et la Grande-Bretagne en 1824 prive la Tunisie de ressources financi&egrave;res. Elle souffre des exc&egrave;s de fiscalit&eacute;, de la concurrence &eacute;trang&egrave;re (industrie artisanale, huiles&hellip;), et se trouve d&eacute;cim&eacute;e par les &eacute;pid&eacute;mies et la famine.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;installation fran&ccedil;aise en Alg&eacute;rie en 1830 et la conqu&ecirc;te de Tripoli par les Turcs en 1853 menacent l&rsquo;autonomie de la R&eacute;gence qui cherche une aide ext&eacute;rieure contre la banqueroute qui la menace. La Tunisie doit choisir entre les Turcs et les Fran&ccedil;ais. Pour s&rsquo;&eacute;manciper du sultan ottoman, Ahmed Bey (1837-1859) s&rsquo;appuie sur la France, qui, favorable &agrave; Mehmet Ali, vice-roi d&rsquo;Egypte, s&rsquo;oppose &agrave; la Turquie. Il abolit l&rsquo;esclavage, &eacute;mancipe les juifs, permet l&rsquo;ouverture d&rsquo;&eacute;coles chr&eacute;tiennes et modernise son arm&eacute;e et sa marine. En 1846, il est re&ccedil;u &agrave; Paris comme un souverain. Il emprunte largement &agrave; la France pour construire son palais de la Mohammedia et pour &eacute;quiper l&rsquo;arsenal de Porto-Farina.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMohammed Bey (1855-1859) esquisse une politique de r&eacute;action musulmane, se reconna&icirc;t vassal du sultan ottoman et, durant la guerre de Crim&eacute;e, envoie des troupes contre les Russes. &Agrave; la suite des pressions du congr&egrave;s de Paris, il promulgue le 9 septembre 1857 le Pacte fondamental (Ahd el-Aman) qui garantit la s&eacute;curit&eacute; des personnes et des biens, institue l&rsquo;&eacute;galit&eacute; devant la loi et l&rsquo;imp&ocirc;t et la libert&eacute; du commerce.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSon successeur Mohammed As-Sadok Bey (1859-1883) promulgue la Constitution du 26 avril 1861, qui organise une monarchie de type parlementaire, formule nouvelle dans le monde musulman. Mais la mauvaise administration, les d&eacute;penses excessives de l&rsquo;Etat et la fiscalit&eacute; &eacute;crasante provoquent la r&eacute;volte de 1864 conduite par Ali ben Ghedahem (le &quot;bey du peuple&quot;), difficilement mais impitoyablement r&eacute;prim&eacute;e. Cette r&eacute;volte et les emprunts ruineux de 1863 et 1865 obligent l&rsquo;&Eacute;tat tunisien &agrave; accepter en 1869 la tutelle d&rsquo;une commission financi&egrave;re anglo-franco-italienne, pr&eacute;sid&eacute;e par un Fran&ccedil;ais, l&rsquo;inspecteur Willet, et charg&eacute;e d&rsquo;assurer le paiement de sa dette. L&rsquo;emprise de plus en plus ferme de la France sur la R&eacute;gence est contrecarr&eacute;e par l&rsquo;influence commerciale britannique et par la pr&eacute;sence en Tunisie de nombreux colons italiens.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 1878, au congr&egrave;s de Berlin, la Grande-Bretagne, qui a obtenu Chypre, reconna&icirc;t les int&eacute;r&ecirc;ts particuliers de la France en Tunisie et retire son consul &agrave; Tunis. Bismarck laisse la France prendre sa part de l&rsquo;Empire ottoman moribond. Le heurt des int&eacute;r&ecirc;ts fran&ccedil;ais et italiens devient plus violent&nbsp;: les consuls Roustan et Maccio rivalisent d&rsquo;initiatives. Le bey, apr&egrave;s avoir sembl&eacute; favoriser la France, penche fin 1880 vers les Italiens.<\/p>\n<p>\n\t\t\tJules Ferry se d&eacute;cide alors &agrave; intervenir sans retard. Sous le pr&eacute;texte d&rsquo;une des fr&eacute;quentes incursions des montagnards Khroumirs en territoire alg&eacute;rien vers le 30-31 mars, il fait envahir le 4 avril la Tunisie, &agrave; partir de l&rsquo;Alg&eacute;rie, par une force de 30.000 hommes conduite par le G&eacute;n&eacute;ral Br&eacute;art. Alors que ce corps exp&eacute;ditionnaire parvient aux abords de Tunis, Sadok Bey accepte le 12 mai 1881 le Trait&eacute; du Bardo (ou de Kasser Sa&iuml;d) qui place la Tunisie sous protectorat fran&ccedil;ais. En 1882, un nouveau bey, Ali Ibn Hussein, est install&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes tribus du Sud se soul&egrave;vent dans la r&eacute;gion de Kairouan et de Sfax. Ce mouvement est arr&ecirc;t&eacute; par l&rsquo;intervention de la flotte fran&ccedil;aise, qui bombarde et prend Sfax le 11 juillet 1881, et de troupes terrestres qui s&rsquo;emparent de Kairouan le 26 octobre et de Gafsa le 19 novembre. Le 8 juin 1883, la convention de La Marsa pr&eacute;cise le r&eacute;gime du protectorat&nbsp;: le bey garde sa souverainet&eacute; interne et l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; de son territoire, mais abandonne &agrave; la France la d&eacute;fense nationale et la politique &eacute;trang&egrave;re et lui donne toute libert&eacute; pour r&eacute;former l&rsquo;administration, qui passe en fait presque enti&egrave;rement sous contr&ocirc;le de la France, repr&eacute;sent&eacute;e par un r&eacute;sident &agrave; Tunis.<\/p>\n<hr \/>\n<h3>\n\t\t\tLe protectorat et les premiers mouvements nationalistes<\/h3>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;organisation du r&eacute;gime du protectorat est confi&eacute;e &agrave; Paul Cambon, ministre r&eacute;sident &agrave; partir de 1882, puis premier r&eacute;sident g&eacute;n&eacute;ral de 1885 &agrave; 1886. Il donne au r&eacute;gime plus de souplesse, en laissant au bey une apparence de souverainet&eacute; et d&eacute;gage la Tunisie en mati&egrave;re l&eacute;gislative et budg&eacute;taire de l&rsquo;emprise du parlement fran&ccedil;ais. Des directeurs techniques se substituent aux ministres tunisiens.<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s une p&eacute;riode d&rsquo;administration militaire de 1883 &agrave; 1884, la France met en place des contr&ocirc;leurs civils qui supplantent localement les ca&iuml;ds. Elle r&eacute;duit au minimum l&rsquo;initiative tunisienne, mais assure l&rsquo;ordre et rend possible la reprise &eacute;conomique (mise en place du r&eacute;seau ferroviaire, mise en valeur des phosphates de Gafsa, plantation des olivettes de Sousse et de Sfax).<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;occupation de la R&eacute;gence met l&rsquo;&eacute;lite tunisienne en contact plus &eacute;troit avec l&rsquo;Europe et avive le courant r&eacute;formiste, qui pr&eacute;conise depuis la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle la purification de l&rsquo;islam et la conciliation de la religion musulmane avec les id&eacute;es modernes. Des associations n&eacute;es dans les cercles culturels se transforment en mouvements politiques, qui contribuent &agrave; la prise de conscience nationale de l&rsquo;&eacute;lite tunisienne.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 1907, Ali Bach Hamba et Bechir Sfar fondent le Mouvement des jeunes Tunisiens, qui prend la d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts des autochtones dans le journal &quot;Le Tunisien&quot;. Le mouvement manifeste suite &agrave; l&rsquo;invasion de la Tripolitaine par les troupes italiennes en 1911. La m&ecirc;me ann&eacute;e &eacute;clate l&rsquo;&eacute;meute cons&eacute;cutive &agrave; l&rsquo;affaire de l&rsquo;immatriculation du cimeti&egrave;re du Djellaz, durement r&eacute;prim&eacute;e. En f&eacute;vrier 1912, les autorit&eacute;s fran&ccedil;aises expulsent les dirigeants des Jeunes Tunisiens.<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s une p&eacute;riode de clandestinit&eacute;, le mouvement, devenu parti tunisien, profite en avril 1919 du s&eacute;jour du Pr&eacute;sident des Etats-Unis, Wilson, pour demander les mesures qu&rsquo;implique l&rsquo;application de ses quatorze points dans le pays, et un pamphlet, &quot;la Tunisie martyre&quot;, r&eacute;clame une constitution qui reprend l&rsquo;essentiel du Pacte fondamental promulgu&eacute; par Mohammed Bey en 1857 sous la pression des grandes puissances.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 1920, le parti tunisien devient parti lib&eacute;ral constitutionnel ou Destour, dont le premier animateur est le Cheik Thaalbi. Face &agrave; la mont&eacute;e du nationalisme tunisien, pour r&eacute;pondre aux revendications constitutionnelles du Destour, la France finit par introduire en 1922 quelques r&eacute;formes&nbsp;: cr&eacute;ation des conseils des ca&iuml;dats indig&egrave;nes pour les affaires locales, cr&eacute;ation d&rsquo;un Grand conseil, dont le pouvoir en mati&egrave;re &eacute;conomique et budg&eacute;taire n&rsquo;est que consultatif. La loi de 1923 qui permet la naturalisation des Tunisiens est consid&eacute;r&eacute;e par l&rsquo;opinion nationaliste comme contraire &agrave; la souverainet&eacute; du bey. En 1924, les troubles prennent un caract&egrave;re social, les gr&egrave;ves de 1924-1925 provoquent l&rsquo;arrestation ou l&rsquo;exil des chefs syndicalistes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn mai 1930, la tenue du congr&egrave;s eucharistique &agrave; Carthage choque la population musulmane et, en 1932-1933, le probl&egrave;me des Tunisiens naturalis&eacute;s consid&eacute;r&eacute;s comme &quot;infid&egrave;les&quot; par une partie de la population appuy&eacute;e par une opposition nationaliste craignant l&rsquo;assimilation, ressurgit. Le parti destourien profite de diff&eacute;rentes comm&eacute;morations fran&ccedil;aises en Tunisie pour mobiliser la population contre la France. Celle-ci r&eacute;agit en pronon&ccedil;ant la dissolution du parti le 31 mai 1933 et en nommant r&eacute;sident le G&eacute;n&eacute;ral Marcel Peyroutou (1933-1936). Peu apr&egrave;s, un groupe de militants aux id&eacute;es plus avanc&eacute;es, rassembl&eacute;s autour du docteur Materi et des avocats Habib Bourguiba, Bahri Guiga et Tahar Sfar, se s&eacute;pare du parti destourien d&rsquo;Ahmed As-Safi et Salah Ferhat pour former le N&eacute;o-Destour. La scission devient effective au congr&egrave;s de Ksar-Helal en mars 1934.<\/p>\n<p>\n\t\t\tContrairement au Vieux-Destour panarabe et musulman, qui s&rsquo;appuie sur les classes les plus ais&eacute;es, le N&eacute;o-Destour recrute au sein des fonctionnaires et petits employ&eacute;s, et pr&ocirc;ne la souverainet&eacute; nationale, la neutralit&eacute; confessionnelle et la s&eacute;paration des pouvoirs. Il inaugure la politique des &eacute;tapes bas&eacute;e sur des acquis successifs. Apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;chec en 1934 de l&rsquo;&eacute;largissement du Grand conseil en direction des intellectuels, Peyroutou prend des d&eacute;crets qui entra&icirc;nent &eacute;meutes et r&eacute;pression.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSon successeur Armand Guillon (1936-1939) plus souple, fait lib&eacute;rer les d&eacute;tenus politiques. Avec l&rsquo;av&egrave;nement du Front populaire, qui semble pr&ocirc;ner une clarification de la situation tunisienne et la d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts de la population, le N&eacute;o-Destour esp&egrave;re trouver un &eacute;cho &agrave; ses revendications, mais l&rsquo;opposition de la colonie fran&ccedil;aise et le grave conflit social dans la r&eacute;gion des mines de phosphates d&eacute;t&eacute;riorent les rapports entre le N&eacute;o-Destour et le gouvernement fran&ccedil;ais. Le parti se durcit, le pouvoir r&eacute;agit par des arrestations. En avril 1938, une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale d&eacute;g&eacute;n&egrave;re en &eacute;meute. Le N&eacute;o-Destour est dissous et un grand nombre de ses militants, dont Bourguiba, sont arr&ecirc;t&eacute;s. L&rsquo;Etat de si&egrave;ge est proclam&eacute;.<\/p>\n<hr \/>\n<h3>\n\t\t\tLa seconde guerre mondiale<\/h3>\n<p>\n\t\t\tPendant la seconde guerre mondiale, la direction du N&eacute;o-Destour est favorable aux alli&eacute;s, et Bourguiba condamne la politique de l&rsquo;Axe. D&egrave;s 1939, l&rsquo;Allemagne adopte une politique de propagande pour soulever la population contre la France. Le bey Mohamed El-Moncef prend la rel&egrave;ve du mouvement nationaliste&nbsp;: dans un programme en douze points, il propose de renforcer la pr&eacute;sence tunisienne dans l&rsquo;administration, de donner aux Tunisiens l&rsquo;&eacute;galit&eacute; devant les emplois, les salaires, l&rsquo;instruction et de nationaliser les entreprises d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public. En octobre 1942, il entre en conflit avec le r&eacute;sident.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe 11 novembre 1942, les Allemands occupent la Tunisie et se rendent rapidement ma&icirc;tres des principaux centres strat&eacute;giques. La r&eacute;sistance des forces de l&rsquo;Axe est particuli&egrave;rement forte dans les secteurs de la ligne de Mareth au sud, de Kasserine &agrave; l&rsquo;ouest, de Medjez el-Bab au nord-ouest. Moncef bey notifie la neutralit&eacute; de la Tunisie aux Alli&eacute;s et aux puissances de l&rsquo;Axe. Le 31 d&eacute;cembre 1942, il cr&eacute;e un minist&egrave;re national avec Materi, Salah Ferhat et Mohamed Ch&eacute;nik.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa Tunisie est finalement conquise par les troupes anglo-franco-am&eacute;ricaines apr&egrave;s une campagne de trois mois (18 f&eacute;vrier-13 mai 1943). Le 8 mai 1943, les Alli&eacute;s entrent dans Tunis, les Britanniques envahissent le palais beylical. Le 13 juin, le G&eacute;n&eacute;ral Juin demande au bey d&rsquo;abdiquer. Sur son refus, le G&eacute;n&eacute;ral Giraud le destitue et le transf&egrave;re dans le sud alg&eacute;rien, puis &agrave; T&eacute;n&eacute;s et &agrave; Pau o&ugrave; il mourra en 1948. Il est remplac&eacute; &agrave; Tunis par Lamine bey. Le G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle r&eacute;tablit le r&eacute;gime du protectorat par d&eacute;cret du 27 mars 1944.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCette destitution, mal per&ccedil;ue par le peuple tunisien, provoque la recrudescence du nationalisme. Le N&eacute;o-Destour fait valoir son loyalisme, mais est soup&ccedil;onn&eacute; de collaboration avec l&rsquo;Italie. Les r&eacute;formes de 1945 lui paraissent d&eacute;cevantes. Bourguiba assiste secr&egrave;tement &agrave; la constitution de la Ligue Arabe au Caire. En Tunisie, la cr&eacute;ation en 1945 de l&rsquo;Union G&eacute;n&eacute;rale des Travailleurs Tunisiens (UGTT) apporte un appoint au mouvement national.<\/p>\n<hr \/>\n<h3>\n\t\t\t<a id=\"vers-independance-3\" name=\"vers-independance-3\"><\/a><a id=\"a4\" name=\"a4\"><\/a>Vers l&rsquo;ind&eacute;pendance<\/h3>\n<p>\n\t\t\tLe 23 ao&ucirc;t 1946, les deux Destours et les repr&eacute;sentants d&rsquo;autres partis nationaux se r&eacute;unissent clandestinement et r&eacute;digent une motion qui peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme la charte du nationalisme tunisien. Malgr&eacute; les volont&eacute;s d&rsquo;apaisement, le climat empire&nbsp;: le 5 ao&ucirc;t 1947 &agrave; Sfax, une gr&egrave;ve de l&rsquo;UGTT prend le caract&egrave;re d&rsquo;une protestation politique.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn septembre 1949, Bourguiba regagne la Tunisie. Quelques mois plus tard dans une d&eacute;claration &agrave; l&rsquo;AFP de Paris, il pr&eacute;sente un programme en sept points et affirme la n&eacute;cessit&eacute; de la coop&eacute;ration franco-tunisienne. Le 31 mai 1950, Louis P&eacute;rillier est nomm&eacute; r&eacute;sident, et le ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res Robert Schuman d&eacute;clare que sa mission est de mener la Tunisie &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe N&eacute;o-Destour accepte de n&eacute;gocier avec la France. Le 17 ao&ucirc;t 1950 se cr&eacute;e un gouvernement tunisien avec Mohammed Ch&eacute;nik pour pr&eacute;sident et Salah ben Youssef, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du N&eacute;o-Destour, comme ministre de la Justice, charg&eacute; de n&eacute;gocier les &eacute;tapes successives de la Tunisie vers l&rsquo;ind&eacute;pendance. Les r&eacute;formes pr&eacute;voient une meilleure repr&eacute;sentation des Tunisiens dans la fonction publique et la fin de l&rsquo;administration directe, mais pas l&rsquo;autonomie compl&egrave;te. Ces premi&egrave;res r&eacute;formes paraissent insuffisantes. Le 15 mai 1951, &agrave; la suite d&rsquo;un discours de Lamine Bey demandant un r&eacute;gime constitutionnel d&rsquo;inspiration d&eacute;mocratique, le r&eacute;sident se pr&eacute;sente au palais avec des troupes et demande au bey de chasser Ch&eacute;nik et ben Youssef. Le bey proteste aupr&egrave;s du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et Ch&eacute;nik se rend &agrave; Paris pour poursuivre les n&eacute;gociations, mais n&rsquo;obtient aucune avanc&eacute;e. Le 16 janvier 1952, le nouveau r&eacute;sident Jean de Hautecloque interdit le congr&egrave;s du N&eacute;o-Destour et fait arr&ecirc;ter 150 destouriens dont Bourguiba. Le congr&egrave;s se tient clandestinement, sous la pr&eacute;sidence d&rsquo;H&eacute;di Chaker qui pr&ocirc;ne l&rsquo;abolition du protectorat. L&rsquo;UGTT d&eacute;clare la gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale, des &eacute;meutes ont lieu. Paris persiste &agrave; consid&eacute;rer que les r&eacute;formes doivent se faire par &eacute;tapes, et l&rsquo;ONU est saisie de l&rsquo;affaire. Apr&egrave;s la destitution du cabinet Ch&eacute;nik, le bey constitue un nouveau cabinet avec comme Premier ministre Salaheddine Baccouche.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDevant l&rsquo;extension de la r&eacute;sistance populaire et l&rsquo;apparition du terrorisme (notamment par l&rsquo;organisation de la Main Rouge), le Quai d&rsquo;Orsay cherche l&rsquo;apaisement&nbsp;: en mai 1952, les ministres tunisiens sont &eacute;largis, et le r&eacute;sident Voizard assouplit le r&eacute;gime des d&eacute;tenus politiques et en lib&egrave;re quelques-uns. En mars 1954, Salah El-Mzali devient Premier ministre mais ses r&eacute;formes sont jug&eacute;es encore une fois insuffisantes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPierre Mend&egrave;s-France, devenu pr&eacute;sident du Conseil, permet en juillet 1954 &agrave; Bourguiba de r&eacute;sider pr&egrave;s de Montargis et, le 30 juillet, fait approuver par le gouvernement le r&eacute;gime d&rsquo;autonomie interne de la Tunisie. Le lendemain &agrave; Carthage, aupr&egrave;s du bey, il proclame l&rsquo;autonomie interne de la Tunisie et le transfert de l&rsquo;exercice interne de la souverainet&eacute; &agrave; des personnes et &agrave; des institutions tunisiennes. Il demande la constitution d&rsquo;un minist&egrave;re pour discuter des modalit&eacute;s de l&rsquo;autonomie. Ce cabinet constitu&eacute; sous la pr&eacute;sidence de Tahar ben Ammar commence les pourparlers le 4 septembre.<\/p>\n<p>\n\t\t\tA la suite d&rsquo;une entrevue entre Bourguiba et Edgar Faure, revenu au pouvoir, un protocole d&rsquo;accord entre les deux gouvernements est rendu public le 21 avril 1955 et officiellement sign&eacute; le 3 juin. Il consacre l&rsquo;autonomie graduelle de la Tunisie et les droits des fran&ccedil;ais dans ce pays, la D&eacute;fense et les Affaires &eacute;trang&egrave;res demeurant r&eacute;serv&eacute;es. Le r&eacute;sident g&eacute;n&eacute;ral est remplac&eacute; par un Haut commissaire.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCe protocole d&rsquo;accord provoque l&rsquo;opposition des membres du Rassemblement fran&ccedil;ais de Tunisie mais aussi du secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du N&eacute;o-Destour Salah ben Youssef qui y voit une atteinte &agrave; la cause de l&rsquo;arabisme et de l&rsquo;ind&eacute;pendance int&eacute;grale, non seulement de la Tunisie, mais du Maghreb entier. On assiste &agrave; la r&eacute;surrection de la division entre le Vieux-Destour et le N&eacute;o-Destour. Ben Youssef, appuy&eacute; par certains milieux conservateurs, ne reconna&icirc;t pas son exclusion du parti et constitue le Secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral du N&eacute;o-Destour qui lutte contre les bourguibistes. Cette opposition provoque un climat de guerre civile. Le 28 janvier 1956, il quitte la Tunisie, &eacute;chappant de peu &agrave; l&rsquo;arrestation.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe 20 mars 1956, des n&eacute;gociations men&eacute;es avec le gouvernement de la R&eacute;publique aboutissent &agrave; un nouveau protocole franco-tunisien qui d&eacute;clare le trait&eacute; du 12 mai 1881 caduque et reconna&icirc;t l&rsquo;ind&eacute;pendance de la Tunisie. Devenu chef de gouvernement, Bourguiba proclame la d&eacute;ch&eacute;ance de la monarchie et l&rsquo;&eacute;tablissement de la R&eacute;publique le 25 juillet 1957.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Les relations franco-tunisiennes jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance &nbsp; La mise en place du Protectorat<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[75,71,219,30,10,74,69,18,334,14,94,13,9,41,1],"tags":[],"class_list":["post-5397","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-berlin","category-bretagne","category-chypre","category-egypte","category-france","category-grande-bretagne","category-habib-bourguiba","category-histoire","category-jules-ferry","category-paris","category-tripoli","category-tunis","category-tunisie","category-turquie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5397","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5397"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5397\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5397"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5397"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5397"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}