{"id":5409,"date":"2012-10-21T18:31:40","date_gmt":"2012-10-21T18:31:40","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5409"},"modified":"2012-10-21T18:31:40","modified_gmt":"2012-10-21T18:31:40","slug":"la-bouche-totalitaire-de-babel-par-rachel-franco","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-bouche-totalitaire-de-babel-par-rachel-franco\/","title":{"rendered":"La bouche totalitaire de Babel, par Rachel Franco"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa bouche totalitaire de Babel<\/p>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\tpar: <a href=\"http:\/\/www.dreuz.info\/author\/rachel-franco\/\" rel=\"author\" target=\"_blank\" title=\"Articles par Rachel Franco\">Rachel Franco<\/a><\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h3>\n\tIntroduction<\/h3>\n<p>\n\tSouvenez-vous ! Car n&rsquo;en doutez pas, votre &acirc;me se souvient de ces temps inscrits dans la m&eacute;moire du monde.<\/p>\n<p>\n\tLes hommes parlaient d&rsquo;une m&ecirc;me l&egrave;vre et avaient des paroles semblables. Ils ont b&acirc;ti une ville et le c&oelig;ur de cette ville &eacute;tait une tour dont le sommet atteignait les cieux. Le c&oelig;ur de ces hommes &eacute;tait uni dans un m&ecirc;me projet qui consistait &agrave; en d&eacute;battre avec Dieu et &agrave; prendre sa place.<\/p>\n<p>\n\tEt la question se pose, &agrave; juste titre : pourquoi la g&eacute;n&eacute;ration de la tour de Babel a-t-elle d&eacute;m&eacute;rit&eacute; devant Dieu et pourquoi l&rsquo;&Eacute;ternel a-t-il confondu leur langage ?<\/p>\n<p>\n\tN&rsquo;est-ce pas un bien d&rsquo;&ecirc;tre tous unis et de former un seul peuple ? Est ce un mal de savoir nous entendre au point de parler une m&ecirc;me langue ? Au del&agrave; de ces questions, apparait en filigrane le r&ecirc;ve qui hante les hommes, celui d&rsquo;une universalit&eacute; qui ferait tomber les murs et les barri&egrave;res et qui, enfin, les rapprocherait les uns des autres.<\/p>\n<p>\n\tMais voici, Babel n&rsquo;est que la vitrine id&eacute;ologique d&rsquo;une paix et d&rsquo;une entente universelle qui en r&eacute;alit&eacute;, cache la pire de toutes les ignominies dont l&rsquo;homme est capable. Pour faire tomber les masques et comprendre pourquoi la punition divine a &eacute;t&eacute; la dispersion et la confusion des langages, il faut nous aider des clefs de lecture de la Tradition juive qui ouvre le texte h&eacute;breu aux sens profonds ; les mots choisis pour signifier, sugg&egrave;rent bien davantage qu&rsquo;ils racontent les racines psychologiques et spirituelles des pens&eacute;es des hommes.<\/p>\n<p>\n\tLa d&eacute;marche propos&eacute;e par l&rsquo;h&eacute;breu doit &ecirc;tre entendue comme une invitation &agrave; d&eacute;chirer le voile de l&rsquo;ext&eacute;riorit&eacute; du monde et &agrave; p&eacute;n&eacute;trer dans l&rsquo;int&eacute;riorit&eacute; des m&eacute;canismes profonds de l&rsquo;histoire des hommes. Ce r&eacute;cit est d&rsquo;une actualit&eacute; br&ucirc;lante susceptible de nous avaler vivants, si nous restons bouche close devant la vitrine Bab&eacute;lienne.<\/p>\n<p>\n\tLa plus grande partie de cette &eacute;tude provient des enseignements du Zohar, mais aussi des cours de Messieurs les Rabbins Dynovicz, Sadin, Haim Cohen et des commentaires de la Bible par le Rabbin S.R Hirsch. Cependant, je ne puis affirmer que les passages du Zohar relatifs &agrave; la G&eacute;n&eacute;ration de Babel que j&rsquo;ai &eacute;tudi&eacute;s aient &eacute;t&eacute; compris de mani&egrave;re juste, car je n&rsquo;ai point eu de compagnon d&rsquo;&eacute;tude, ni de Maitre. En revanche, je tiens &agrave; r&eacute;affirmer que la sagesse puisant ses racines dans l&rsquo;Infini, ma contribution est fatalement infime et relative.<\/p>\n<p>\n\tEnfin, je souhaite ajouter que je me suis permis de suivre le mod&egrave;le des maitres des Secrets et de faire parler les mots h&eacute;breux, et ce, afin que ce r&eacute;citait une r&eacute;sonance intime en moi. Certaines analyses me sont donc personnelles et n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; &eacute;tudi&eacute;es dans le cadre des cours de Thora et de Hassidout qui fleurissent en Isra&euml;l ; ceci est la grandeur de la Thora de permettre aux lecteurs du Livre que nous sommes, de vivifier le corps du r&eacute;cit litt&eacute;ral par le souffle de nos interpr&eacute;tations personnelles.<\/p>\n<h3>\n\tL&rsquo;Orient matriciel et l&rsquo;Ancien des Jours<\/h3>\n<blockquote>\n<p>\n\t\tLes hommes se d&eacute;plac&egrave;rent depuis Kedem (l&rsquo;Orient) et ils trouv&egrave;rent une vall&eacute;e dans le pays de Sinnaar, et s&rsquo;y &eacute;taient install&eacute;s. Ils se dirent l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre : &ldquo;&ccedil;&agrave;, fabriquons des briques et br&ucirc;lons tout ce qui peut se br&ucirc;ler. Et la brique leur tint lieu de pierre, et le mortier leur servit de bitume.&rdquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\tLe mot utilis&eacute; par la Bible pour dire l&rsquo;Orient est Kedem qui veut &agrave; la fois dire Est, mais aussi Origine, Premier ou Avant ; L&rsquo;Orient h&eacute;bra&iuml;que est donc &agrave; la fois ce qui pr&eacute;c&egrave;de d&rsquo;un point de vue spatial, mais &eacute;galement d&rsquo;un point de vue temporel.<\/p>\n<p>\n\t&laquo; Le mot Mikedem (depuis l&rsquo;Est) d&eacute;signe l&rsquo;Origine (Kadmono) du monde. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t&laquo; C&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;ils s&rsquo;&eacute;loign&egrave;rent de l&rsquo;origine ou du principe du monde, qui est la confiance absolue &raquo;. (Le Zohar [76 aleph et 74 beit])<\/p>\n<p>\n\tJe ne m&rsquo;interrogerai pas ici sur ce que peut &ecirc;tre une confiance absolue et quels sont les &eacute;chelons qui permettent de gravir cette &eacute;chelle int&eacute;rieure. Mais il est permis d&rsquo;imaginer un &eacute;tat de conscience o&ugrave; l&rsquo;homme a r&eacute;ussi &agrave; l&acirc;cher les amarres des pr&eacute;jug&eacute;s et des doutes qui l&rsquo;&eacute;loignent de son axe central, lui permettant ainsi de retrouver la foi et de vivre dans un parfait sentiment de reconnaissance et d&rsquo;harmonie.<\/p>\n<p>\n\tUn v&eacute;ritable chemin de lumi&egrave;re ne saurait faire l&rsquo;impasse du questionnement de l&rsquo;homme sur le lien invisible qui l&rsquo;attache &agrave; l&rsquo;espace et au temps, mais aussi au Principe originel du monde. La lumi&egrave;re naissante de l&rsquo;Orient s&rsquo;offre comme un questionnement fondamental sur l&rsquo;en haut et l&rsquo;en bas, sur le Qui, le Quoi et le pourquoi de notre vie sur terre.<\/p>\n<p>\n\tIl a donc fallu que les hommes s&rsquo;exilent depuis l&rsquo;Orient matriciel, lieu de connexion spirituelle avec l&rsquo;Origine, l&rsquo;Avant ou encore avec l&rsquo;Ancien des jours, pour que cesse la marche constructive d&rsquo;une pens&eacute;e en qu&ecirc;te de sens.<\/p>\n<p>\n\tLe Zohar &eacute;nonce :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\tIls ont abandonn&eacute; le droit chemin pour des voies tortueuses &raquo; et c&rsquo;est alors qu&rsquo;ils ont trouv&eacute; une vall&eacute;e dans le pays de Sinnaar. Il faut dire, de suite que ce lieu trouv&eacute; est un lieu o&ugrave; leurs pens&eacute;es ont &eacute;t&eacute; fig&eacute;es dans un moule totalitaire et dans ce lieu, ils se sont install&eacute;s.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>\n\tL&rsquo;existence, ext&eacute;riorit&eacute; du monde et brisure int&eacute;rieure.<\/h3>\n<p>\n\tLe mot h&eacute;breu (Vayimts&eacute;ou) pour dire Trouver est un mot qui doit nous intriguer, car ce qui est &laquo; trouv&eacute; &raquo; semble &ecirc;tre l&agrave; par hasard, sans raison, sans but, sans Main du ciel. Or les lettres racines de ce verbe sont &eacute;galement les lettres racines du mot R&eacute;alit&eacute; et Existence.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;existence se dit Metsia, &laquo; une trouvaille &raquo; et le mot R&eacute;alit&eacute; se dit Metsiout. Si la r&eacute;alit&eacute; du monde et nos propres vies peuvent &ecirc;tre per&ccedil;ues comme des trouvailles, le chemin dans l&rsquo;homme n&rsquo;est-il pas justement d&rsquo;interroger et de chercher sens &agrave; ces hasards ?<\/p>\n<p>\n\tQu&rsquo;ont-ils trouv&eacute; ? Ils ont trouv&eacute; ce &agrave; quoi ils aspiraient, une existence coup&eacute;e de toutes racines spirituelles, de tout Orient int&eacute;rieur et qui ne connait aucune ant&eacute;riorit&eacute; et aucun Ailleurs en dehors de leurs personnes. Cette ex\/istence s&rsquo;est install&eacute;e dans l&rsquo;ex\/t&eacute;riorit&eacute; du monde et son attachement exclusif &agrave; la r&eacute;alit&eacute; mat&eacute;rielle signe la volont&eacute; de rupture depuis le Principe du monde.<\/p>\n<p>\n\tLe lieu de leur enfermement se nomme la vall&eacute;e du pays de Sinnaar.(\u05e9\u05e0\u05e2\u05e8)<\/p>\n<p>\n\t&Agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du mot Vall&eacute;e en h&eacute;breu, Bikaa (\u05d1\u05e7\u05e2\u05d4), est &eacute;crit le mot Fissure ou encore crevasse, soit une fente qui divise et s&eacute;pare ; la vall&eacute;e\/fissure, lieu g&eacute;ographique symbolise la brisure int&eacute;rieure de ces hommes qui se sont d&eacute;tourn&eacute;s de l&rsquo;Orient. Elle symbolise aussi une pens&eacute;e qui se disperse, divis&eacute;e, fissur&eacute;e et incapable de faire du lien. Brisure et dispersion pi&egrave;gent leurs regards sur le monde dans une crevasse sans espoir.<\/p>\n<h3>\n\tSinnar, la dent-&eacute;veil, bouche totalitaire de Babel<\/h3>\n<p>\n\tLe nom de cette brisure est Sinnaar et il est certain que le nom de cette brisure est un indice essentiel qui permet de saisir la nature profonde de la g&eacute;n&eacute;ration de Babel.<\/p>\n<p>\n\tCe nom peut se diviser en deux mots, Sin &ndash; Aar (\u05e2\u05e8 \u05e9\u05df) que nous pouvons lire &laquo; Dent-&Eacute;veil&laquo; .<\/p>\n<p>\n\tNous le savons, le travail de la dent consiste &agrave; couper, &agrave; d&eacute;chirer et &agrave; broyer un aliment pour le r&eacute;duire en une bouillie informe qui est ensuite aval&eacute;e puis dig&eacute;r&eacute;e, avant qu&rsquo;une partie de cet aliment ne soit transform&eacute;e en sang et une autre partie rejet&eacute;e hors du corps humain.<\/p>\n<p>\n\tJe ne pense pas me tromper en disant que la civilisation de Babel est en quelque sorte une civilisation dont le fonctionnement mental consiste essentiellement &agrave; &lsquo;couper, arracher et &eacute;craser sous la dent&rsquo; ; en d&rsquo;autres mots, une civilisation qui se nourrit de s&eacute;parations, de coupures, de d&eacute;chirements, d&rsquo;arrachements et de l&rsquo;&eacute;crasement de tout particularisme. Ensuite, les &eacute;l&eacute;ments nutritifs et utiles &agrave; la soci&eacute;t&eacute; babylonienne sont r&eacute;cup&eacute;r&eacute;s alors que ceux jug&eacute;s incapables de produire ou encore les r&eacute;calcitrants sont &eacute;limin&eacute;s comme de vulgaires immondices.<\/p>\n<p>\n\tLa dent &ndash; &eacute;veil est en &eacute;tat d&rsquo;alerte, en &eacute;tat de surveillance permanente et je l&rsquo;imagine comme un &oelig;il qui ne se ferme jamais, pos&eacute; sur la dent de la mort. Toute son &eacute;nergie consiste &agrave; &lsquo;veiller au grain&rsquo;, afin d&rsquo;&eacute;craser toute diff&eacute;rence, toute pr&eacute;tention &agrave; une identit&eacute; r&eacute;sistante et afin de m&acirc;cher d&eacute;finitivement toute individualit&eacute;. La bouche totalitaire impose un seul discours pour tous, une opinion unique, des paroles semblables et &eacute;crase impitoyablement toute originalit&eacute;.<\/p>\n<h3>\n\tUne seule l&egrave;vre et des paroles semblables &ndash; Nimrod, mod&egrave;le de la d&eacute;magogie<\/h3>\n<p>\n\tIl est &eacute;crit<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\tEt toute la terre &eacute;tait une seule l&egrave;vre et des paroles semblables.&rdquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\tIl y a plusieurs mots qui en h&eacute;breu, peuvent dire la langue dans laquelle nous nous exprimons.<\/p>\n<p>\n\tLe mot utilis&eacute; par la Bible est Sapha (\u05e9\u05e4\u05d4) qui veut dire aussi &lsquo;l&egrave;vre&rsquo;, mais encore &lsquo;bord&rsquo; ; il y avait une seule l&egrave;vre, un seul bord pour tous, une seule rive, une seule expression possible, alors les paroles &eacute;taient semblables. On ne parlait que du bout d&rsquo;une seule l&egrave;vre, des paroles identiques, &agrave; peine murmur&eacute;es comme si l&rsquo;uniformit&eacute; r&eacute;duisait m&ecirc;me la force des mots et &eacute;touffait leurs lumi&egrave;res int&eacute;rieures.<\/p>\n<p>\n\tLe mot Sapha s&rsquo;&eacute;crit avec les lettres Shine \u05e9 Peh \u05e4 et H&eacute; \u05d4. Ces trois lettres sont toutes en relation avec la bouche : Shine = Shen= Dent et Peh = Bouche; la troisi&egrave;me lettre est H&eacute;, la lettre souffle qui anime les mots.<\/p>\n<p>\n\tLe souffle de la bouche totalitaire de Babel, soit son inspiration profonde, animait la dent carnivore, avide de d&eacute;vorer les individualit&eacute;s qui composent le genre humain. Cette g&eacute;n&eacute;ration ne r&eacute;pond plus au projet divin pour les hommes ; leurs paroles est une parole qui coupe, arrache, s&eacute;pare et &eacute;crase l&rsquo;Autre tout en offrant l&rsquo;apparence de la concorde et de l&rsquo;unit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tSelon la Tradition orale, Nimrod &eacute;tait l&rsquo;id&eacute;ologue de cette g&eacute;n&eacute;ration moul&eacute;e dans l&rsquo;uniformit&eacute;, l&rsquo;un des plus grands des d&eacute;magogues de l&rsquo;histoire des hommes. Il &eacute;tait un chasseur devant le Nom ineffable et la Tradition ajoute qu&rsquo;il &eacute;tait un &lsquo;chasseur dans sa bouche&rsquo; ; Nimrod s&eacute;duisait et pi&eacute;geait les &acirc;mes de ses contemporains par un discours d&eacute;magogique. Le v&ecirc;tement de son id&eacute;ologie &eacute;tait une parole mensong&egrave;re.<br \/>\n\tLorsqu&rsquo;il parlait d&rsquo;unit&eacute;, son intention &eacute;tait d&rsquo;&eacute;touffer toute individualit&eacute; en coupant les hommes de la Source de vie qui les habite et les diff&eacute;rencie les uns des autres.<\/p>\n<p>\n\tDans notre monde moderne, &ldquo;une seule l&egrave;vre et des paroles semblables\u2016 est une litanie bien connue qui s&rsquo;aur&eacute;ole de l&rsquo;unit&eacute; et de l&rsquo;&eacute;galit&eacute;, que celles-ci se construisent sur la mort de Dieu ou sur un empire totalitaire qui fait d&rsquo;une seule religion, la religion de v&eacute;rit&eacute; pour tous les peuples.<\/p>\n<h3>\n\tNimrod, le r&eacute;volutionnaire &ldquo;De l&rsquo;ancien des Jours, faisons table rase !&rdquo;<\/h3>\n<p>\n\tSi nous voulons identifier les caract&eacute;ristiques essentielles qui font de Nimrod, le prototype fondamental du d&eacute;magogue, il faut interroger son nom en h&eacute;breu.<\/p>\n<p>\n\tLes lettres &mdash; racines qui &eacute;crivent le nom du premier id&eacute;ologue du totalitarisme &lsquo;Nimrod&rsquo; &eacute;crivent le mot R&eacute;volte et le verbe Se r&eacute;volter (limrod). Dans le Zohar, il est &eacute;crit &laquo; Pourquoi se nommait-il Nimrod ? Parce qu&rsquo;il se souleva (marad) contre le Roi supr&ecirc;me &raquo; [zohar 73 Beith].<\/p>\n<p>\n\tNimrod est le r&eacute;volt&eacute;, par excellence; le premier homme qui, connaissant son Cr&eacute;ateur, a retourn&eacute; le libre arbitre en une arme de r&eacute;volte contre les &ecirc;tres de l&rsquo;En-haut et les &ecirc;tres de l&rsquo;En-bas. Comment faut-il l&rsquo;entendre ?<\/p>\n<p>\n\tNous avons vu que le texte &eacute;nonce que Nimrod &eacute;tait un h&eacute;ros de la chasse &agrave; l&rsquo;homme, un despote rus&eacute; dont la puissance consistait &agrave; chasser avec sa bouche. Il faut donc s&rsquo;interroger sur le pouvoir de la parole.<\/p>\n<p>\n\tNimrod savait que le monde a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; par la parole et il savait aussi que l&rsquo;homme a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; &agrave; l&rsquo;image du divin. S&rsquo;il en est ainsi, les hommes n&rsquo;on tils pas le pouvoir de cr&eacute;er des mondes et pour le moins une r&eacute;alit&eacute;, qui devienne &lsquo;trouvaille&lsquo; et existence ? Si de plus, leurs paroles sont semblables et qu&rsquo;ils sont unis dans un m&ecirc;me projet de cr&eacute;ation, ne peuvent-ils alors donner force et concr&eacute;tude &agrave; une r&eacute;alit&eacute; existentielle coup&eacute;e de toute origine ? Enfin l&rsquo;oubli de cette origine n&rsquo;est-il pas la meilleure garantie de la main de fer qui fait du despote, une idole divine ?<\/p>\n<p>\n\tTelle a &eacute;t&eacute; la r&eacute;flexion de Nimrod, despote-idole qui aujourd&rsquo;hui encore, brise et d&eacute;vore toute pr&eacute;tention &agrave; la libert&eacute; d&rsquo;un chemin dans l&rsquo;int&eacute;riorit&eacute; de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>\n\tLorsque la pens&eacute;e de l&rsquo;homme s&rsquo;enracine dans l&rsquo;ingratitude spirituelle et non dans la recherche et la reconnaissance de la Source du bien et de ses bienfaits, alors la col&egrave;re et la r&eacute;volte animent et perdent les hommes.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;ingratitude est donc la faute cach&eacute;e de la g&eacute;n&eacute;ration de Babel et la r&eacute;volte en est l&rsquo;expression corporelle. Il est &eacute;crit qu&rsquo;il y a dans ce r&eacute;cit, une r&eacute;p&eacute;tition de la faute originale d&rsquo;Adam.<\/p>\n<p>\n\tIl faut comprendre ; la faute d&rsquo;Adam n&rsquo;a pas consist&eacute; &agrave; manger le fruit de l&rsquo;arbre de la confusion du bien et du mal, car cette faute-l&agrave; &eacute;tait inscrite dans le projet divin, pour de nombreuses raisons que je ne puis d&eacute;velopper ici, mais que je peux &eacute;voquer de la mani&egrave;re suivante : il faut que l&rsquo;homme m&eacute;rite de connaitre sa place dans le monde et quelle est sa mission int&eacute;rieure et ce m&eacute;rite ne saurait avoir de r&eacute;alit&eacute; sans le libre arbitre et le chemin de la r&eacute;paration.<\/p>\n<p>\n\tLa premi&egrave;re faute d&rsquo;Adam a &eacute;t&eacute; l&rsquo;ingratitude &lsquo;la femme que Tu as mis pr&egrave;s de moi, m&rsquo;a donn&eacute; de l&rsquo;arbre et j&rsquo;ai mang&eacute;&lsquo; et la faute de Ca&iuml;n rel&egrave;ve fondamentalement de la m&ecirc;me imposture intellectuelle qui consiste &agrave; accuser la Source du Bien d&rsquo;&ecirc;tre responsable du mal caus&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tLa transgression de l&rsquo;ordre divin initial a entrain&eacute; une rupture d&rsquo;harmonie entre l&rsquo;homme et le monde et cette brisure a donn&eacute; r&eacute;alit&eacute; au monde de l&rsquo;ext&eacute;riorit&eacute;, raison pour laquelle Dieu donne &agrave; Eve et &agrave; Adam, jusque-l&agrave; &ecirc;tres de lumi&egrave;re pure, des v&ecirc;tements de peau, puis Il les habille.<\/p>\n<p>\n\tFondamentalement, nous pouvons dire que l&rsquo;ingratitude et le mal-&ecirc;tre qui en d&eacute;coule, sont la source de la col&egrave;re et de la r&eacute;volte qui l&eacute;gitiment aux yeux du r&eacute;volt&eacute;, la cr&eacute;ation d&rsquo;une r&eacute;alit&eacute;\/trouvaille dont il devient le centre et la cause, ce qui lui permet de l&eacute;gif&eacute;rer et de cr&eacute;er un code moral d&eacute;nu&eacute; de toute v&eacute;rit&eacute; profonde.<\/p>\n<p>\n\tDans la bouche de Nimrod, le souffle mensonger habille donc les mots de noblesse, d&rsquo;amour et d&rsquo;unit&eacute;, mais la langue est une fl&egrave;che empoisonn&eacute;e qui chasse les &acirc;mes et les emprisonne.<\/p>\n<p>\n\tBabel est le mod&egrave;le de la dictature parfaite qui offre aux hommes l&rsquo;illusion de la libert&eacute; dans l&rsquo;unit&eacute;.<\/p>\n<h3>\n\tPierres et briques, mortier et bitume<\/h3>\n<p>\n\tLa ville que Nimrod &eacute;difie est l&rsquo;antith&egrave;se de la ville de J&eacute;rusalem et la tour au centre de la ville est l&rsquo;antith&egrave;se du Temple de J&eacute;rusalem.<\/p>\n<p>\n\tLa confirmation de ceci nous est donn&eacute;e dans la suite du texte puisqu&rsquo;il est dit que ces hommes ont fait choix de remplacer les pierres par des briques et le mortier par du bitume. Or la construction du Temple de J&eacute;rusalem s&rsquo;est faite avec des pierres sur lesquelles &lsquo;ni marteau, ni hache, ni autre instrument de fer ne furent entendus&lsquo;.<\/p>\n<p>\n\tPourquoi cette volont&eacute; de remplacer les pierres par des briques, alors qu&rsquo;il est bien plus solide, facile et rapide de construire avec des pierres plut&ocirc;t qu&rsquo;avec des briques ? Pourquoi s&rsquo;ajouter un travail aussi &eacute;puisant ?<\/p>\n<p>\n\tChaque pierre est unique et garde son grain, sa nature, sa personnalit&eacute;. Aucune pierre n&lsquo;est identique &agrave; aucune autre ! Les hommes sont le symbole des pierres vivantes. Vouloir broyer des pierres marque la volont&eacute; de gommer de la mani&egrave;re la plus radicale qui soit, toute originalit&eacute; qui fait de chaque homme un &ecirc;tre irrempla&ccedil;able et imposer &agrave; tous un mod&egrave;le uniforme sans plus aucune saveur ni couleur int&eacute;rieure.<\/p>\n<p>\n\tLa g&eacute;n&eacute;ration de Babel a r&eacute;duit les pierres en poussi&egrave;re en se servant du feu. Or le feu est l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment qui br&ucirc;le et d&eacute;compose tous les composants de ce qui soumis aux flammes; ici, il est le clair symbole de la rigueur destructive. De plus, les briques ne sont que le produit de la main de l&rsquo;homme et il fallait que les hommes-briques soient coup&eacute;s de tout rappel d&rsquo;une ant&eacute;riorit&eacute; qui interroge, de toute aspiration spirituelle qui remplit le c&oelig;ur d&rsquo;amour et d&rsquo;espoir.<\/p>\n<p>\n\tNon, il ne restait plus aucune trace de leur Orient int&eacute;rieur pour ces hommes qui br&ucirc;lait les hommes-pierres afin de les transformer en briques, ou dans le but de les r&eacute;duire en cendres. L&rsquo;&eacute;loignement de l&rsquo;Orient est total. Il n&rsquo;y a plus d&rsquo;autre lumi&egrave;re dans le monde de ces hommes que le feu des chemin&eacute;es et des b&ucirc;chers o&ugrave; sont br&ucirc;l&eacute;s vifs les r&eacute;calcitrants &agrave; l&rsquo;id&eacute;ologie totalitaire de ces temps d&rsquo;enfer.<\/p>\n<p>\n\tIls ont choisi le ciment pour &lsquo;lisser&lsquo; toutes asp&eacute;rit&eacute;s qui brouillerait l&rsquo;illusion de l&rsquo;unicit&eacute; d&rsquo;un peuple qui parle une m&ecirc;me langue et qui use de paroles semblables.<\/p>\n<h3>\n\tLa pierre de Salomon, symbole de la Tradition<\/h3>\n<p>\n\tNous sommes bien loin de la richesse de la pierre et de ce qu&rsquo;elle symbolise dans la Tradition juive.<\/p>\n<p>\n\tLe mot &lsquo;pierre&lsquo; en h&eacute;breu qui se dit Even (\u05d0\u05d1\u05df) et s&rsquo;&eacute;crit Aleph, Beith et Noun. Ces trois lettres &eacute;crivent deux mots qui sont : Av soit le P&egrave;re (\u05d0\u05d1) et Ben, soit le Fils (\u05d1\u05df).<\/p>\n<p>\n\tLa lettre Beith (\u05d1) qui est au centre de ce mot symbolise la Maison (Beith est aussi un mot qui veut dire Maison), la Dualit&eacute; (Beith a pour gu&eacute;matrie le nombre deux) et donc l&rsquo;int&eacute;riorit&eacute;. C&rsquo;est une lettre f&eacute;minine par excellence et d&rsquo;ailleurs sa graphie dessine un ventre tourn&eacute; vers le sens de l&rsquo;&eacute;criture et donc de la vie et elle porte un point dessin&eacute; au centre de son ventre. Ainsi, la m&egrave;re est la clef du lien entre le p&egrave;re et le fils.<\/p>\n<p>\n\tLa pierre symbolise la Tradition, dont le secret d&rsquo;&eacute;ternit&eacute; est la transmission de p&egrave;re en fils et de Maitre en disciples. La verticalit&eacute; de cette transmission n&rsquo;est pas une tour qui monte pour conqu&eacute;rir le ciel contre les forces de l&rsquo;en-haut, mais au contraire pour transmettre l&rsquo;h&eacute;ritage de la Tradition de p&egrave;re en fils et de Maitre &agrave; disciple. La Tradition est sagesse infinie, mais elle n&rsquo;est une sagesse vivante que par l&rsquo;&eacute;tude et l&rsquo;enseignement des hommes qui la re&ccedil;oivent et la transmettent, chacun recevant un des visages de l&rsquo;Infini divin.<\/p>\n<p>\n\tConcernant le Temple de J&eacute;rusalem, le Zohar (74 Aleph) cite une expression curieuse du Livre I des Rois (6:7) o&ugrave; il est dit qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de &lsquo;pierres compl&egrave;tes&lsquo; de la carri&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\tLe mot Complet dit au f&eacute;minin &lsquo;Chlema&lsquo; est &eacute;crit dans le texte de mani&egrave;re d&eacute;fectueuse puisqu&rsquo;il manque la lettre youd ; les anomalies de syntaxe, de grammaire ou d&rsquo;orthographes ne sont pas des erreurs de l&rsquo;Auteur, mais des signes qui appellent &agrave; l&rsquo;interpr&eacute;tation; le mot &lsquo;Chlema&rsquo; peut se lire &lsquo;Chlomo&rsquo;, qui est le nom du roi &lsquo;Salomon&rsquo;, en h&eacute;breu.<\/p>\n<p>\n\tPuisque la pierre, quand elle est compl&egrave;te, est pierre de Salomon, il faut interroger la compl&eacute;tude. La compl&eacute;tude suppose la r&eacute;union d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments disparates, s&eacute;par&eacute;s, voire dispers&eacute;s. Le chemin qui conduit &agrave; l&rsquo;Autre, diff&eacute;rent et hors de nous est le chemin qui permet la pl&eacute;nitude int&eacute;rieure d&egrave;s lors que nous sommes en mesure de l&rsquo;accueillir en nous. On est bien &eacute;loign&eacute;s de l&rsquo;autosuffisance qui annule et &eacute;crase toutes les individualit&eacute;s vivantes.<\/p>\n<p>\n\tLa pierre de Salomon est pierre d&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; car il ne saurait y avoir de concorde v&eacute;ritable et d&rsquo;unit&eacute; entre les hommes si la luminosit&eacute; int&eacute;rieure de chacun n&rsquo;est pas offerte &agrave; l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>\n\tChaque pierre, quand elle est compl&egrave;te, est aussi pierre de paix. Le nom Salomon s&rsquo;&eacute;crit avec les racines du mot Paix &lsquo;Chalom&lsquo; ; ainsi, compl&eacute;tude, alt&eacute;rit&eacute;, pl&eacute;nitude, royaut&eacute;, paix et unit&eacute; sont les grains inalt&eacute;rables des pierres d&rsquo;essence royales qui m&eacute;ritaient d&rsquo;&eacute;difier le Temple de l&rsquo;Unit&eacute;.<\/p>\n<h3>\n\tLa pierre &ndash; parole de cr&eacute;ation<\/h3>\n<p>\n\tLe Zohar nous donne un enseignement fabuleux ; il est dit que toute la construction s&rsquo;est accomplie &lsquo;d&rsquo;elle-m&ecirc;me&lsquo;. D&egrave;s que les artisans commen&ccedil;aient &agrave; &oelig;uvrer, l&rsquo;&oelig;uvre elle-m&ecirc;me leur enseignait comment il fallait op&eacute;rer avec elle ! Les constructeurs du Temple pratiquaient donc un art qui leur &eacute;tait enseign&eacute; par les pierres elles-m&ecirc;mes. En d&rsquo;autres termes, ce sont les pierres du Temple qui d&eacute;tenaient le secret de la m&eacute;thode du travail et du plan de l&rsquo;ouvrage et elles parlaient aux hommes. Les hommes et les pierres vibraient en parfaite harmonie.<\/p>\n<p>\n\tAfin d&rsquo;entendre la parole de la pierre compl&egrave;te du Temple de l&rsquo;Unit&eacute;, il faut se d&eacute;tourner de Babel, revenir au Kedem de la Cr&eacute;ation. Je pr&eacute;cise que les concepts dont je vais me servir pour expliciter quelques enseignements des maitres des secrets ne sont qu&rsquo;&agrave; la mesure de notre entendement, bien loin des r&eacute;alit&eacute;s spirituelles qu&rsquo;ils &eacute;voquent.<\/p>\n<p>\n\tIl est &eacute;crit :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t&laquo; Lorsque l&rsquo;enfermement de tous les enfermements d&eacute;sira se d&eacute;voiler, il fa&ccedil;onna d&rsquo;abord un point qui devint la Pens&eacute;e, o&ugrave; Il dessina toutes les figures et tailla tous les signes. Il tailla ensuite dans la sainte flamme enclose, le signe d&rsquo;une figure enclose, le Saint des Saints, &eacute;difice profond issu du c&oelig;ur de la Pens&eacute;e et appel&eacute;e Qui?, initiateur d&rsquo;&eacute;difice. &raquo; (Le Zohar 2 aleph)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\tLe monde n&rsquo;a &eacute;t&eacute; cr&eacute;e que parce que telle a &eacute;t&eacute; la volont&eacute; de\u2016 l&rsquo;Ouvreur des yeux &raquo;; la Volont&eacute; est ce qui a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; la Pens&eacute;e et la pens&eacute;e est le plan de la Cr&eacute;ation. C&rsquo;est alors que la r&eacute;alisation, qui est passage de l&rsquo;int&eacute;riorit&eacute; &agrave; l&rsquo;ext&eacute;riorit&eacute;, s&rsquo;est faite par les dix paroles de cr&eacute;ation.<\/p>\n<h3>\n\tDe la cr&eacute;ation du monde et de l&rsquo;homme &agrave; l&rsquo;&eacute;dification du Temple de Salomon<\/h3>\n<p>\n\tIl est &eacute;crit, et largement repris par les commentateurs, que &lsquo;la fin de l&rsquo;action est dans la pens&eacute;e du commencement&rsquo;, soit le but r&eacute;alis&eacute; est dans la pens&eacute;e du commencement. Cet enseignement se pr&ecirc;te mal &agrave; la traduction, mais le sens est d&rsquo;inviter les hommes &agrave; consid&eacute;rer le but de la cr&eacute;ation pour comprendre quelle en est la pens&eacute;e projective divine.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\tAu commencement, cr&eacute;a Elokim le ciel et la terre.&raquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\tLe premier verset de la Bible o&ugrave; il est relat&eacute; la cr&eacute;ation du ciel et de la terre, est un d&eacute;voilement essentiel du projet divin selon l&rsquo;expression &lsquo;le but est la pens&eacute;e du commencement&rsquo;.<\/p>\n<p>\n\tLe ciel se dit Shama&iuml;m et peut se lire Sham, soit L&agrave;-bas ou encore Shem, le Nom et le mot &laquo; l&agrave;-bas &raquo; &eacute;tant un pluriel, nous avons &lsquo;un L&agrave;-bas primordial qui est le Nom et des l&agrave;-bas interm&eacute;diaires. En effet, le mot Nom mis au pluriel se dit Shemot et non Shama&iuml;m.<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;instant Beith de la Cr&eacute;ation, le mot utilis&eacute; pour dire Terre est Eretz, du verbe &lsquo;courir&rsquo; (larouts). La terre &laquo; Eretz &raquo; est un processus qui court.<\/p>\n<p>\n\tPuisque la fin de l&rsquo;action est dans la pens&eacute;e du commencement, nous savons que la pens&eacute;e du commencement est le Ciel et que le but de la terre est de courir vers le Ciel.<\/p>\n<p>\n\tLe ciel, Nom d&rsquo;un l&agrave;-bas fondamental, est le lieu et le but ultime des hommes et la terre Eretz est le processus qui court vers ce but fondamental. Il y a donc un Nom du ciel qui est l&agrave;-bas et pour lequel nous avons &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;s sur une terre en devenir. En ne s&rsquo;orientant plus vers le Nom du ciel, la g&eacute;n&eacute;ration de Babel a quitt&eacute; les voies du Nom pour un exil infernal.<\/p>\n<p>\n\tLes Sages de la Tradition mettent en parall&egrave;le la cr&eacute;ation du monde et l&rsquo;&eacute;dification du Temple de Salomon &agrave; J&eacute;rusalem et plus pr&eacute;cis&eacute;ment, le Saint des Saints. Il faut se souvenir que dans le Saint des Saints, &eacute;tait plac&eacute;e l&rsquo;arche d&rsquo;alliance et que c&rsquo;est du milieu des deux Ch&eacute;rubins qui se regardaient que jaillissait la parole de Dieu.<\/p>\n<p>\n\tIl faut ici interroger J&eacute;rusalem, le Temple et la parole divine en regard de Babel, de la tour querelleuse et des paroles semblables d&rsquo;une seule l&egrave;vre.<\/p>\n<p>\n\tSelon la Gu&eacute;mara, le Temple peut &ecirc;tre d&eacute;fini comme le lieu o&ugrave; s&rsquo;embrasse le ciel et la terre. Le baiser, contact intime qui r&eacute;unit deux &ecirc;tres, deux mondes ou deux entit&eacute;s, n&rsquo;est pas sans rappeler l&rsquo;expression du Cantique des Cantiques du Roi Salomon &lsquo;embrasse-moi des baisers de ta bouche\u2016&rsquo; ; le baiser est justement la parole de Dieu qui est projet divin pour les hommes.<\/p>\n<p>\n\tEt cette parole ne peut jaillir que du c&oelig;ur de l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute;, lorsque les Ch&eacute;rubins portent leurs regards l&rsquo;un sur l&rsquo;autre. L&rsquo;homme ne peut &ecirc;tre r&eacute;duit au silence des cendres car les sangs de l&rsquo;homme crient vers le ciel, sans trouver le repos. L&rsquo;homme ne peut &ecirc;tre broy&eacute; pour devenir brique sans &acirc;me car son c&oelig;ur est lieu o&ugrave; est gard&eacute;e l&rsquo;arche d&rsquo;alliance.<\/p>\n<p>\n\tLe Temple, qui permet au ciel et &agrave; la terre de se rencontrer et de s&rsquo;embrasser est le miroir du projet pour les hommes qui consiste &agrave; se regarder, se rencontrer et &agrave; s&rsquo;embrasser des baisers de Sa bouche.<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est ainsi que Babel, lieu o&ugrave; les paroles semblables sont prononc&eacute;es d&rsquo;une seule l&egrave;vre est d&eacute;truite, afin que du Temple de J&eacute;rusalem, la Parole infinie du Dieu vivant jaillisse de la rencontre des regards des deux Ch&eacute;rubins qui gardent la porte de l&rsquo;Arche d&rsquo;alliance.<\/p>\n<p>\n\t&copy; Rachel Franco pour <a href=\"http:\/\/www.dreuz.info\/2012\/10\/la-bouche-totalitaire-de-babel\/www.Dreuz.info\" target=\"_blank\">www.Dreuz.info<\/a><br \/>\n\tTexte original publi&eacute; par la revue Aleithiea &#8211; volume N.5<br \/>\n\tCe texte fera l&rsquo;objet d&rsquo;une publication dans les cahiers de Dreuz.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La bouche totalitaire de Babel &nbsp; &nbsp; par: Rachel Franco &nbsp; Introduction Souvenez-vous ! 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