{"id":5467,"date":"2012-10-29T22:43:50","date_gmt":"2012-10-29T22:43:50","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5467"},"modified":"2012-10-29T22:43:50","modified_gmt":"2012-10-29T22:43:50","slug":"tunis-la-hantise-du-soir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunis-la-hantise-du-soir\/","title":{"rendered":"Tunis : La hantise du soir"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tLa hantise du soir<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"art\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tDepuis le double viol commis il y a quelque temps, les femmes, jeunes et m&ecirc;me moins jeunes, se d&eacute;conseillent mutuellement jusque de prendre&nbsp; un taxi &agrave; partir de 19h00. La psychose est r&eacute;elle m&ecirc;me si elle est inavou&eacute;e.&nbsp;<br \/>\n\t\tC&rsquo;est un mot de passe qui circule entre parents et filles, entre maris et &eacute;pouses, entre fr&egrave;res et s&oelig;urs : pour quelque motif que ce soit, ne plus rester en ville au-del&agrave; de 7 heures du soir! Le grand Tunis, avec ses banlieues, est d&eacute;clar&eacute; dangereux &agrave; la tomb&eacute;e de la nuit. D&eacute;j&agrave; qu&rsquo;&agrave; longueur de journ&eacute;e, les femmes, surtout dans les transports publics, gardent un &oelig;il vigilant sur leurs &eacute;paules de peur des pickpockets, voil&agrave; qu&rsquo;elles sont devenues interdites le soir de crainte de devoir braver le pire. D&rsquo;ailleurs, m&ecirc;me les hommes ne sont pas toujours &agrave; l&rsquo;abri puisqu&rsquo;ils font souvent l&rsquo;objet de braquages pour &ecirc;tre d&eacute;lest&eacute;s de leurs biens (argent, portables, etc.).&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tTunis, ville moderne ?<\/p>\n<p>\t\tCela fait un quart de si&egrave;cle que Tunis s&rsquo;escrime &agrave; donner de lui l&rsquo;image d&rsquo;une capitale moderne, vivante du matin au soir, avec terrasses d&rsquo;h&ocirc;tels et de caf&eacute;s anim&eacute;es, salles de cin&eacute;ma assid&ucirc;ment fr&eacute;quent&eacute;es, commerces de tous genres dynamiques, bref une capitale o&ugrave; il fait si bon vivre du matin au soir. Jamais ces efforts n&rsquo;ont r&eacute;ussi &agrave; animer comme il se devrait le centre-ville, les rideaux m&eacute;talliques, vu le marasme ambiant d&egrave;s 19h30, finissant vite par baisser. Tunis se meurt d&egrave;s 20h00. Et davantage aujourd&rsquo;hui avec tous ces scandales qui &eacute;clatent de temps &agrave; autre. De sorte qu&rsquo;est perdu &agrave; jamais l&rsquo;espoir de revoir jamais revivre la capitale. Au moment o&ugrave; les grandes villes du monde rivalisent de lumi&egrave;res, de spectacles et de vie culturelle pour drainer le maximum possible de visiteurs aborig&egrave;nes et &eacute;trangers, notre capitale &agrave; nous s&rsquo;engonce chaque fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi dans ses angoisses, ses phobies, sa hantise du noir.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\tVers une soci&eacute;t&eacute; machiste !<\/p>\n<p>\t\tA dire vrai, le scandale du double viol commis sur une jeune Tunisienne n&rsquo;a &eacute;t&eacute; que la goutte qui a fait d&eacute;border le verre. Car le verre, depuis au moins une ann&eacute;e et demie, &eacute;tait d&eacute;j&agrave; plein. Toutes ces jeunes filles qui se sont r&eacute;sign&eacute;es sans sourciller au port du voile et ont donc accept&eacute; implicitement d&rsquo;&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;es comme une &laquo;&acirc;wra&raquo; (une honte &agrave; couvrir de pied en cap), n&rsquo;ont fait, &agrave; leur insu, que pr&eacute;parer et pr&eacute;cipiter leur propre s&eacute;questration d&eacute;finitive dans les foyers. On leur a fait croire qu&rsquo;une vie normale et moderne (&eacute;tudes, travail&#8230;) est toujours possible &agrave; condition de porter le khimar et le niqab, alors qu&rsquo;en r&eacute;alit&eacute; on pr&eacute;pare soigneusement leur emprisonnement &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; dans les foyers. Elles ne voient toujours pas venir leur malheur. Avec le scandale du viol, c&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;occasion r&ecirc;v&eacute;e de leur dire: voyez-vous ce que risque une femme moderne dans les rues?&#8230; Plus grave: cette derni&egrave;re invention qui a fait dire &agrave; un homme politique que la fillette de 13 ans est d&eacute;j&agrave; nubile et qu&rsquo;elle peut convoler en justes noces, a confirm&eacute; une fois pour toutes dans maints esprits la th&egrave;se que la femme n&rsquo;est avant tout et apr&egrave;s tout qu&rsquo;un objet sexuel qu&rsquo;il faudrait d&rsquo;abord couvrir, ensuite garder farouchement &agrave; la maison. Dans le m&ecirc;me temps, tous les hommes sont devenus suspects, des violeurs en puissance.&nbsp;<br \/>\n\t\tEt alors?&#8230; Et alors, c&rsquo;est simple : le travail, c&rsquo;est pour les hommes ; les &eacute;tudes, c&rsquo;est pour les hommes ; les caf&eacute;s, le march&eacute;, c&rsquo;est pour les hommes ; la rue, c&rsquo;est pour les hommes. La femme n&rsquo;a le droit d&rsquo;&eacute;voluer que dans sa maison, juste pour manger, procr&eacute;er et se taire. Et vous pensez vraiment que nous sommes en 2012, donc au XXIe si&egrave;cle?&#8230; Allons donc!&#8230; Nous sommes tr&egrave;s exactement au XIIe si&egrave;cle, soit un si&egrave;cle avant (avant!!) Essayda El Mannoubya qui avait refus&eacute; le voile et rejet&eacute; la proposition de son p&egrave;re d&rsquo;&ecirc;tre mari&eacute;e &agrave; son cousin. Dor&eacute;navant, si tout va bien, nos fillettes de 13 ans vont se laisser marier bouche cousue et t&ecirc;te baiss&eacute;e. Et avec un peu de chance, leurs maris pourraient avoir entre 50 et 70 ans. En voil&agrave; un progr&egrave;s social&#8230;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n\tLapresse.tn<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La hantise du soir &nbsp; &nbsp; Depuis le double viol commis il y a quelque temps, les femmes, jeunes et m&ecirc;me moins jeunes, se d&eacute;conseillent mutuellement jusque de prendre&nbsp; un taxi &agrave; partir de 19h00. 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