{"id":5471,"date":"2012-10-30T16:52:42","date_gmt":"2012-10-30T16:52:42","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5471"},"modified":"2012-10-30T16:55:43","modified_gmt":"2012-10-30T16:55:43","slug":"revolution-tunisienne-du-reve-a-la-realite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/revolution-tunisienne-du-reve-a-la-realite\/","title":{"rendered":"R\u00e9volution tunisienne : du r\u00eave \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tR&eacute;volution tunisienne : du r&ecirc;ve &agrave; la r&eacute;alit&eacute;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"boiteoutil2\">\n<div>\n\t\tPar Frida Dahmani<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"texte\" itemprop=\"articleBody\">\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\tAu terme d&#39;une ann&eacute;e d&#39;exercice parlementaire, les Tunisiens font un premier bilan. Un regard mitig&eacute; au moment o&ugrave; les difficult&eacute;s s&#39;accentuent. Voyage aux quatre coins du pays.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Compatriotes, n&#39;oubliez pas la farine, le sucre&#8230; Faites vos courses ; le 23&nbsp;octobre sera chaud&nbsp;&raquo;, pouvait-on lire sur Facebook. Le r&eacute;seau social, qui a &eacute;t&eacute; un vecteur essentiel de la r&eacute;volution tunisienne, s&#39;est transform&eacute; en un outil de pros&eacute;lytisme islamiste, une poche de r&eacute;sistance pour les modernistes, mais le plus souvent un &laquo;&nbsp;mur&nbsp;&raquo; des lamentations. Oubli&eacute;es l&#39;euphorie et l&#39;&eacute;motion qui avaient men&eacute; la&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/pays\/tunisie\/tunisie.asp\" target=\"_blank\">Tunisie<\/a>&nbsp;vers son premier scrutin libre, il y a tout juste un an. Pourtant, dans les villes de l&#39;int&eacute;rieur, comme Sidi Bouzid, certains &eacute;difices portent encore des traces noires d&eacute;limitant l&#39;emplacement de l&#39;affichage des partis pour les &eacute;lections de la&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20111025183659\/\" target=\"_blank\">Constituante du 23&nbsp;octobre 2011<\/a>.<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t<strong>Ce qui a chang&eacute; en douze mois<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\n\t\t\t\t23&nbsp;octobre 2011 : &Eacute;lection d&#39;une Assembl&eacute;e nationale constituante (ANC)<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t22&nbsp;novembre : Premi&egrave;re r&eacute;union de l&#39;ANC, Mustapha Ben Jaafar en devient le pr&eacute;sident<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t10&nbsp;d&eacute;cembre : Loi sur l&#39;organisation provisoire des pouvoirs publics<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t12&nbsp;d&eacute;cembre : &Eacute;lection du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Moncef Marzouki<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t14&nbsp;d&eacute;cembre : Nomination de Hamadi Jebali &agrave; la t&ecirc;te du gouvernement<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t1er&nbsp;f&eacute;vrier 2012 : &Eacute;lection de Habib Khedher comme rapporteur g&eacute;n&eacute;ral de la r&eacute;daction de la Constitution<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t14&nbsp;f&eacute;vrier : Mise en place des 6 commissions charg&eacute;es de l&#39;&eacute;laboration de la Constitution<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t3&nbsp;mars : Ennahdha veut faire figurer la charia dans le texte supr&ecirc;me<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t26&nbsp;mars : La formation politique abandonne cette id&eacute;e<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t9&nbsp;juin : Pr&eacute;sentation d&#39;une premi&egrave;re mouture du pr&eacute;ambule<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t2&nbsp;ao&ucirc;t : Finalisation d&#39;un projet de pr&eacute;ambule<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t6&nbsp;ao&ucirc;t : Le projet de Constitution attribue &agrave; la femme un r&ocirc;le compl&eacute;mentaire &agrave; l&#39;homme au sein de la famille sans aborder le principe d&#39;&eacute;galit&eacute;<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t28&nbsp;septembre : Annulation du r&ocirc;le compl&eacute;mentaire de la femme, aucune mention n&#39;est faite des droits de l&#39;enfant dans le projet<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t4&nbsp;octobre : La r&eacute;f&eacute;rence aux droits de l&#39;homme n&#39;est pas retenue dans le pr&eacute;ambule lors du vote en commission<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;C&#39;&eacute;tait mes premi&egrave;res &eacute;lections de citoyenne. Ce jour-l&agrave;, m&ecirc;me le temps &eacute;tait magnifique, mais depuis j&#39;ai d&eacute;chant&eacute;&nbsp;&raquo;, confie Narjess, cadre d&#39;une banque originaire de la r&eacute;gion. Elle avait tenu &agrave; voter sur son lieu de naissance. &laquo;&nbsp;En moins d&#39;un an, Sidi Bouzid est retourn&eacute;e des si&egrave;cles en arri&egrave;re. Les barbus imposent leurs lois, et tout le monde, par crainte de repr&eacute;sailles, obtemp&egrave;re. Je ne reconnais plus ceux qui ont tenu t&ecirc;te &agrave; Ben Ali&nbsp;&raquo;, ajoute-t-elle. &Agrave; Sidi Bouzid, si les stigmates de la r&eacute;volution ont disparu, les soul&egrave;vements sont encore fr&eacute;quents et donnent la mesure du&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2702p024-031.xml0\/media-tunisie-gouvernance-ennahdhatunisie-pourquoi-il-faut-y-croire.html\" target=\"_blank\">m&eacute;contentement populaire qui fait t&acirc;che d&#39;huile en Tunisie<\/a>. &laquo;&nbsp;L&#39;an dernier, nous avons pris notre mal en patience. On nous a fait croire qu&#39;un gouvernement l&eacute;gitime aurait toute latitude pour relancer la r&eacute;gion. Nous avons attendu, mais aucune promesse n&#39;a &eacute;t&eacute; concr&eacute;tis&eacute;e&nbsp;&raquo;, lance Seif, jeune ch&ocirc;meur et militant d&#39;un parti d&#39;extr&ecirc;me gauche. Son malaise n&#39;est pas seulement celui d&#39;une g&eacute;n&eacute;ration de d&eacute;soeuvr&eacute;s mais celui de toute une population qui croyait, avec une certaine na&iuml;vet&eacute;, qu&#39;il suffisait que Ben Ali parte pour que disparaissent ses probl&egrave;mes.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Col&egrave;re<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tCette d&eacute;sillusion est aussi palpable dans la r&eacute;gion de Gafsa, o&ugrave; les manifestations antigouvernementales s&#39;encha&icirc;nent. &laquo;&nbsp;Gafsa, r&eacute;veille-toi, le gouvernement te vole !&nbsp;&raquo; scandent les habitants. Ils constatent que la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), m&egrave;re nourrici&egrave;re de toute une r&eacute;gion particuli&egrave;rement d&eacute;sh&eacute;rit&eacute;e et incontournable employeur pour plus de cinq g&eacute;n&eacute;rations de familles enti&egrave;res, ne peut plus r&eacute;pondre &agrave; leurs demandes. Tout un mod&egrave;le a vol&eacute; en &eacute;clats sans que rien ne vienne le remplacer. &laquo;&nbsp;Nous sommes d&eacute;&ccedil;us par une Assembl&eacute;e nationale constituante (ANC) qui, finalement, est bien peu repr&eacute;sentative du pays et qui demeure loin de nos pr&eacute;occupations. Tunis est toujours le p&ocirc;le pensant o&ugrave; tout se d&eacute;cide sans que nous soyons consult&eacute;s, alors que la capitale ignore bien souvent la teneur de nos probl&egrave;mes. Nous sommes des d&eacute;laiss&eacute;s de la r&eacute;volution, alors que depuis 2008 nous avons ouvert le chemin &agrave; l&#39;insurrection en nous soulevant contre un syst&egrave;me odieux. Nous sommes toujours dans l&#39;attente, le pouvoir nous promet depuis si longtemps des solutions et de l&#39;emploi que notre col&egrave;re est l&eacute;gitime. Il n&#39;y a pas d&#39;avenir pour nos enfants, ni ici ni ailleurs&nbsp;&raquo;, s&#39;insurge un instituteur de Redeyef. Il reconna&icirc;t que sans le soutien de l&#39;Union g&eacute;n&eacute;rale tunisienne du travail (UGTT) la r&eacute;gion aurait du mal &agrave; se faire entendre.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\tLe garant de cette transition reste l&#39;Instance sup&eacute;rieure ind&eacute;pendante pour les &eacute;lections. Elle devra &ecirc;tre dot&eacute;e des outils n&eacute;cessaires pour accomplir sa mission dans des conditions optimales.<\/p>\n<p>\n\t\t\tYadh Ben Achour,&nbsp;Constitutionnaliste<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tLa centrale syndicale a pris une r&eacute;elle envergure en faisant peau neuve depuis les &eacute;lections de son nouveau bureau, en d&eacute;cembre&nbsp;2011. Elle a largement contribu&eacute; &agrave; la lev&eacute;e des gr&egrave;ves et des sit-in qui bloquaient l&#39;activit&eacute; &eacute;conomique du pays. Mais c&#39;est sa contribution et son intervention comme r&eacute;gulateur des tensions politiques qui soulignent sa mont&eacute;e en puissance. M&ecirc;me le patronat menace de faire gr&egrave;ve et de suspendre ses activit&eacute;s s&#39;il n&#39;est pas entendu par un gouvernement incapable de prendre les mesures n&eacute;cessaires pour relancer la machine &eacute;conomique. &laquo;&nbsp;On nous annonce de bons chiffres de croissance et des intentions d&#39;investissements, mais dans les faits nous avons une inflation galopante et nous payons tr&egrave;s cher le discr&eacute;dit du pays&nbsp;&raquo;, d&eacute;plore un entrepreneur du textile. Pour les Tunisiens, le coeur n&#39;y est plus, la confiance non plus. &laquo;&nbsp;Depuis trois mois, nous n&#39;avons pas de ministre des Finances. Qui pr&eacute;pare le budget 2013, dans quelles conditions ? Le gouvernement reconna&icirc;t ses faiblesses et un manque de comp&eacute;tences. Mais nous n&#39;avons pas besoin d&#39;apprentis. Il nous faut des personnes capables de ramer et de mener la barque &agrave; bon port&nbsp;&raquo;, explique Abdelaziz, un retrait&eacute; du minist&egrave;re de l&#39;&Eacute;conomie. &laquo;&nbsp;On se bat contre des moulins &agrave; vent ; nos dirigeants sont dans l&#39;autisme, ils ne sont m&ecirc;me pas sensibles au bon sens. Ils voudraient se saborder qu&#39;ils ne feraient pas mieux&nbsp;&raquo;, ajoute une militante du mouvement Kolna Tounes (&laquo;&nbsp;nous sommes tous la Tunisie&nbsp;&raquo;).<\/p>\n<p>\n\t\tLes islamistes d&#39;Ennahdha, arriv&eacute;s en t&ecirc;te des &eacute;lections de la Constituante avec 40&nbsp;% des suffrages, sont d&eacute;sign&eacute;s comme les artisans d&#39;une catastrophe socio&eacute;conomique. &laquo;&nbsp;C&#39;est clair, s&#39;ils avaient voulu faire une Constitution et des institutions r&eacute;ellement d&eacute;mocratiques, sans arri&egrave;re-pens&eacute;es, on aurait fini tout &ccedil;a depuis longtemps. Si Ennahdha avait vraiment agi comme un parti du centre d&eacute;mocrate musulman &agrave; la turque, comme ils l&#39;avaient annonc&eacute;, ils auraient m&ecirc;me gagn&eacute; des voix aux prochains scrutins. Si les imams dans les mosqu&eacute;es, au lieu de se livrer &agrave; des pugilats politiques, avaient enseign&eacute; les vrais principes de l&#39;islam, l&#39;hygi&egrave;ne, l&#39;honn&ecirc;tet&eacute;, la patience, notre &eacute;conomie se serait redress&eacute;e et nos villes seraient propres. J&#39;enrage qu&#39;avec des outils pareils et un capital de sympathie &eacute;norme ils n&#39;aient r&eacute;ussi qu&#39;&agrave; montrer un visage de secte, effrayant et repoussant&nbsp;&raquo;, s&#39;insurge Mourad Mathlouthi, un sympathisant du Congr&egrave;s pour la R&eacute;publique (CPR), parti de la tro&iuml;ka gouvernementale dont est issu le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Moncef Marzouki.&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t<strong>Constitution : et la lumi&egrave;re fut<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLes tensions exacerb&eacute;es &agrave; l&#39;approche de l&#39;&eacute;ch&eacute;ance du 23 octobre ont provoqu&eacute; un net revirement des ma&icirc;tres du pouvoir &agrave; Tunis. En moins de quarante-huit heures, les partis de la tro&iuml;ka ont aplani leurs diff&eacute;rends et opt&eacute; pour un r&eacute;gime mixte ; dans la foul&eacute;e, les mesures liberticides, comme la criminalisation du sacr&eacute;, ne seront pas inscrites dans la loi fondamentale, et les femmes retrouvent leur statut d&#39;&eacute;gales de l&#39;homme, tandis que l&#39;&Eacute;tat s&#39;engage &agrave; garantir le droit de l&#39;enfant, mesure qui ne figurait pas sur le brouillon de la Constitution. Toutefois, Ennahdha ne d&eacute;mord pas de sa position et refuse de citer la d&eacute;claration universelle des droits de l&#39;homme parmi les autres r&eacute;f&eacute;rentiels du pr&eacute;ambule. Parmi les d&eacute;cisions marquantes, la relance de l&#39;Instance sup&eacute;rieure ind&eacute;pendante des &eacute;lections (Isie) et l&#39;organisation du premier tour des &eacute;lections l&eacute;gislatives et pr&eacute;sidentielle le 23 juin 2013 participent &agrave; apaiser les esprits, m&ecirc;me si l&#39;Isie aura le dernier mot pour fixer d&eacute;finitivement la date du scrutin. Ces nettes avanc&eacute;es sont le r&eacute;sultat des n&eacute;gociations et des pressions exerc&eacute;es par le groupe parlementaire d&#39;Ettakatol au niveau de l&#39;ANC et de la tro&iuml;ka gouvernementale.&nbsp;F.D.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t<strong>Retards<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tPlus que le gouvernement, c&#39;est l&#39;ANC qui est en butte aux critiques. Avec une abstention de pr&egrave;s de 50&nbsp;% et pr&egrave;s de 1&nbsp;million de voix perdues sur des listes n&#39;ayant pas obtenu de si&egrave;ges, l&#39;Assembl&eacute;e n&#39;est pas vraiment repr&eacute;sentative du pays et ne convainc pas par son rendement. Certains assurent qu&#39;elle a failli &agrave; sa mission. La r&eacute;daction de la Constitution tra&icirc;ne autour de palabres, les dossiers de la justice transitionnelle sont en instance et le contr&ocirc;le de l&#39;action gouvernementale semble &ecirc;tre une formalit&eacute; sans effets.<\/p>\n<p>\n\t\tLes Tunisiens prennent la date du 23&nbsp;octobre comme pr&eacute;texte pour exprimer leur insatisfaction. Selon le d&eacute;cret-loi appelant aux &eacute;lections d&#39;une Constituante le 23&nbsp;octobre 2011, cette derni&egrave;re avait un an pour pr&eacute;parer la loi fondamentale de la IIe&nbsp;R&eacute;publique. Si la l&eacute;gitimit&eacute; institutionnelle de l&#39;ANC ne peut &ecirc;tre remise en question, certains estiment qu&#39;au niveau politique l&#39;ANC et le gouvernement doivent chercher une voie consensuelle. D&#39;autant que la tension est mont&eacute;e de plusieurs crans. Les manifestations se multiplient, et les m&eacute;dias relaient la col&egrave;re de l&#39;opinion publique. La pression est telle que les autorit&eacute;s acc&eacute;l&egrave;rent la marche, ont annonc&eacute; un accord pour adopter un r&eacute;gime semi-parlementaire et fix&eacute;, dans la pr&eacute;cipitation, les prochaines &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales au 23&nbsp;juin. &laquo;&nbsp;Les voil&agrave; lan&ccedil;ant des miettes aux cr&eacute;dules qui veulent bien les croire ! Les &eacute;lections n&#39;auront pas lieu le 23&nbsp;juin 2013. C&#39;est juste pour passer le cap du 23&nbsp;octobre et d&eacute;samorcer la col&egrave;re populaire&nbsp;&raquo;, affirme Rym Mourali, une ancienne militante d&#39;El-Moubadara.<\/p>\n<div>\n<h2>\n\t\t\tLes points en suspens<\/h2>\n<p>\n\t\t\t<strong>Commission &eacute;lectorale<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tC&#39;est sur la composition de l&#39;Instance sup&eacute;rieure ind&eacute;pendante des &eacute;lections (Isie) charg&eacute;e de l&#39;organisation du scrutin que les &eacute;lus sont partag&eacute;s ; les uns veulent qu&#39;elle soit repr&eacute;sentative de la composition de l&#39;ANC, les autres qu&#39;elle soit constitu&eacute;e d&#39;ind&eacute;pendants.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Financement des partis politiques<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tSi les financements &eacute;trangers sont clairement interdits, les partis politiques doivent &eacute;galement justifier avec pr&eacute;cision de leurs revenus. Lors des &eacute;lections de la Constituante, tous n&#39;ont pas fait preuve de diligence &agrave; pr&eacute;senter leurs comptes et n&#39;ont pas accept&eacute; la limitation des donations priv&eacute;es. Cotisations des militants et subvention de l&#39;&Eacute;tat ne permettent pas aux partis de faire face &agrave; une campagne &eacute;lectorale.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\tL&#39;attaque contre l&#39;ambassade am&eacute;ricaine le 14&nbsp;septembre aura sans doute des cons&eacute;quences n&eacute;gatives &agrave; long terme, tandis qu&#39;&agrave; Bizerte c&#39;est la prise de possession de l&#39;espace public par les salafistes qui &eacute;loigne les touristes. &laquo;&nbsp;Ils ont, comme tous les islamistes, souffert de la r&eacute;pression de Ben Ali, mais ils exigent, implicitement, une sorte de d&eacute;dommagement moral en accaparant les espaces publics et en mettant la main sur le commerce parall&egrave;le, quitte &agrave; paralyser l&#39;activit&eacute; &eacute;conomique de la ville. L&#39;influence de la communaut&eacute; qui vit en France se fait aussi sentir ; cet &eacute;t&eacute;, nous n&#39;avons pas vu de &quot;Chez-Nous&quot; [nom donn&eacute; aux immigr&eacute;s originaires de Bizerte] en jupe courte ou frimant au volant de d&eacute;capotables mais un retour massif de barbus et de femmes voil&eacute;es. Le calme est revenu apr&egrave;s les agressions de cet &eacute;t&eacute;, mais il suffit d&#39;un rien pour mettre le feu aux poudres&nbsp;&raquo;, constate Karim Mili, un agent immobilier. Les esprits s&#39;&eacute;chauffent aussi au Kef et &agrave; Jendouba : &laquo;&nbsp;On nous a divis&eacute;s par des discours identitaires ; on nous a promis de prendre aux riches pour donner aux pauvres ; un an apr&egrave;s, m&ecirc;me les proc&egrave;s intent&eacute;s pour faire la lumi&egrave;re sur les exactions commises lors de la r&eacute;volution n&#39;ont pas abouti. Nous sommes en dessous du seuil de pauvret&eacute; ; certains en sont &agrave; regretter l&#39;ancien temps o&ugrave;, malgr&eacute; la r&eacute;pression, ils avaient de quoi manger&nbsp;&raquo;, estime N&eacute;jib, un petit libraire de la r&eacute;gion. Les oubli&eacute;s du Nord-Ouest vivent aussi la mont&eacute;e des extr&eacute;mismes.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Le conservatisme et l&#39;influence islamiste mettent en p&eacute;ril la position des femmes, alors qu&#39;elles ont un r&ocirc;le essentiel. Il faut les sensibiliser &agrave; leurs droits&nbsp;et mettre en valeur leur travail&nbsp;&raquo;, affirme un op&eacute;rateur de l&#39;Office du d&eacute;veloppement du Nord-Ouest. Dans toute la r&eacute;gion, les associations s&#39;activent. &Agrave; Foussana (Centre-Ouest), l&#39;une d&#39;entre elles, Femme retrousse tes manches, a permis &agrave; des artisanes de valoriser leur tissage et de le commercialiser en Europe, tandis que les poti&egrave;res de Sejnane sont sollicit&eacute;es par les r&eacute;seaux de commerce &eacute;quitable et s&#39;assurent plus de 250&nbsp;euros par exposition.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Divisions<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa question de la femme dans la soci&eacute;t&eacute; tunisienne a &eacute;t&eacute; source de dissensions au sein de l&#39;ANC, mais comme sur beaucoup d&#39;autres points, tels que la charia ou la criminalisation des atteintes au sacr&eacute;, la pression de la rue et des m&eacute;dias a fait reculer les positions islamistes. &laquo;&nbsp;Les nouveaux dirigeants du pays ont &eacute;t&eacute; impatients et m&eacute;prisants. Ils ont trait&eacute; ceux qui n&#39;avaient pas vot&eacute; pour eux comme quantit&eacute; n&eacute;gligeable. Les tentatives de divisions d&#39;un peuple &eacute;prouv&eacute; par une s&eacute;v&egrave;re crise socio&eacute;conomique sont criminelles&nbsp;&raquo;, assure Wajdi, un &eacute;tudiant de HEC Tunis. Si les &eacute;lites et les nantis n&#39;ont pas vu venir la r&eacute;volution, ils se sont ensuite largement impliqu&eacute;s dans la soci&eacute;t&eacute;. Malgr&eacute; l&#39;essoufflement des activit&eacute;s associatives et citoyennes en raison d&#39;une situation s&eacute;curitaire pr&eacute;caire, leur esprit critique est toujours vif. Les bobos de La Marsa ou d&#39;El-Manar, bien que parfois d&eacute;connect&eacute;s des r&eacute;alit&eacute;s, ne sont pas indiff&eacute;rents.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Le regard de la soci&eacute;t&eacute; a chang&eacute;, je fais attention &agrave; ma mani&egrave;re de m&#39;habiller et j&#39;&eacute;vite de choquer ; les sensibilit&eacute;s sont &agrave; fleur de peau et la nouvelle strat&eacute;gie qui consiste &agrave; r&eacute;primer les femmes au pr&eacute;texte des bonnes moeurs est de mauvais augure&nbsp;&raquo;, avoue une r&eacute;sidente du quartier chic de Mutuelleville. Les partis modernistes, &laquo;&nbsp;les z&eacute;ro virgule&nbsp;&raquo; comme les d&eacute;signent avec m&eacute;pris les islamistes, sont fatigu&eacute;s, mais restent une force critique, parfois trop critique. Ils alertent, entre autres, sur le risque de bipolarisation politique et craignent un retour des anciennes pratiques. &laquo;&nbsp;Nous pensions que nous avions contribu&eacute; &agrave; une r&eacute;volution propre et rapide, et que la suite se serait inscrite dans la mod&eacute;ration &agrave; l&#39;image de ce qu&#39;est la Tunisie. Dans notre ignorance de la pratique d&eacute;mocratique, nous ne savions pas que la politique allait changer la donne. Aujourd&#39;hui, entre Ennahdha et Nidaa Tounes, nous sommes pris entre le marteau et l&#39;enclume. Cependant, il est bon que les acquis fondamentaux du pays soient pr&eacute;serv&eacute;s, mais le chemin est encore tr&egrave;s long, et il y a lieu d&#39;&ecirc;tre optimiste pour mieux r&eacute;sister&nbsp;&raquo;, explique le r&eacute;alisateur Walid Tayaa.&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t<strong>Qu&#39;en pensent les abstentionnistes ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLe 23&nbsp;octobre 2011, sur 7,546&nbsp;millions d&#39;&eacute;lecteurs, seulement 3,702&nbsp;millions se sont rendus aux urnes. Avec un taux d&#39;abstention de pr&egrave;s de 50&nbsp;%, la faible repr&eacute;sentativit&eacute; de l&#39;Assembl&eacute;e l&#39;a handicap&eacute;e dans son travail. Chez les abstentionnistes, peu de regrets : &laquo;&nbsp;Je n&#39;ai pas vot&eacute;, je l&#39;assume. Les propositions politiques n&#39;&eacute;taient pas satisfaisantes. J&#39;ai encore moins de regrets aujourd&#39;hui. L&#39;Assembl&eacute;e nationale constituante nous renvoie une image pitoyable. Ma crainte est que dans l&#39;avenir &eacute;galement nous n&#39;ayons pas de choix et qu&#39;il faille voter par d&eacute;faut&nbsp;&raquo;, r&eacute;sume Anissa, une doctorante en droit.&nbsp;F.D.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>\n\tJeuneafrique.com :&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2702p024-031.xml1\/#ixzz2AnltKG9m\">R&eacute;volution tunisienne : du r&ecirc;ve &agrave; la r&eacute;alit&eacute;&nbsp;<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; R&eacute;volution tunisienne : du r&ecirc;ve &agrave; la r&eacute;alit&eacute; &nbsp; Par Frida Dahmani &nbsp; &nbsp; Au terme d&#39;une ann&eacute;e d&#39;exercice parlementaire, les Tunisiens font un premier bilan. Un regard mitig&eacute; au moment o&ugrave; les difficult&eacute;s s&#39;accentuent. Voyage aux quatre coins du pays. &laquo; Compatriotes, n&#39;oubliez pas la farine, le sucre&#8230; Faites vos courses ; le&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17448,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[24,48,415,347,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-5471","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ben-ali","category-facebook","category-frida-dahmani","category-hamadi-jebali","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5471","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5471"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5471\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17448"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5471"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5471"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5471"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}