{"id":5535,"date":"2012-11-08T20:21:38","date_gmt":"2012-11-08T20:21:38","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5535"},"modified":"2012-11-08T20:21:38","modified_gmt":"2012-11-08T20:21:38","slug":"sa-propre-chair-contes-juifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/sa-propre-chair-contes-juifs\/","title":{"rendered":"Sa propre chair &#8211; Contes Juifs"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tSa&nbsp;propre chair &#8211;&nbsp;Contes Juifs<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\tAnya Gold, l&rsquo;a&icirc;n&eacute;e de leur huit enfants, avait &eacute;t&eacute; choisie par ses parents pour quitter la Pologne et s&rsquo;&eacute;tablir aux Etats-Unis : ils avaient &eacute;conomis&eacute; sou apr&egrave;s sou pour payer ce voyage. Au moins un de leurs enfants &eacute;chapperait aux pogromes, &agrave; la pauvret&eacute; et au d&eacute;sespoir qui guettait les Juifs d&rsquo;Europe. Elle serait bient&ocirc;t rejointe par sa famille, lui promit-on.<\/p>\n<p>\n\tA Baltimore, Anya trouva refuge chez une tante, attentive et affectueuse. Elle ne manquait de rien, si ce n&rsquo;est l&rsquo;essentiel : sa propre famille.<\/p>\n<p>\tAlors que les parents avaient pratiquement r&eacute;ussi &agrave; &eacute;conomiser assez d&rsquo;argent pour un second billet, ils furent rattrap&eacute;s par les Nazis. Anya, qui avait re&ccedil;u plusieurs lettres de Pologne auparavant, cessa brusquement d&rsquo;en avoir. Craignant le pire, elle n&rsquo;osait plus esp&eacute;rer mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s la guerre qu&rsquo;elle apprit de la bouche de rares survivants ce qui s&rsquo;&eacute;tait pass&eacute; : toute sa famille avait &eacute;t&eacute; d&eacute;port&eacute;e, nul n&rsquo;&eacute;tait revenu de l&rsquo;enfer. Elle &eacute;tait la seule survivante.<\/p>\n<p>\tLa terrible nouvelle lui brisa le c&oelig;ur. Mais elle devait vivre, vivre pour eux. Elle n&rsquo;avait plus de famille : elle devait cr&eacute;er la sienne ! Elle se marierait et aurait beaucoup d&rsquo;enfants auxquels elle donnerait les noms de ses parents, fr&egrave;res et s&oelig;urs disparus &agrave; jamais.<\/p>\n<p>\tElle &eacute;pousa Sol, un homme admirable avec qui elle pouvait tout partager : les joies comme les peines, les r&eacute;ussites comme les &eacute;checs. Mais une chose manquait &agrave; leur bonheur : ils n&rsquo;avaient pas d&rsquo;enfants et les sp&eacute;cialistes consult&eacute;s ne leur laissaient aucun espoir.<\/p>\n<p>\t&laquo; Et si nous adoptions un enfant&hellip; ? &raquo; finit par sugg&eacute;rer Anya. Elle y pensait depuis longtemps mais s&rsquo;y &eacute;tait toujours refus&eacute;e : elle aurait tant voulu s&rsquo;occuper d&rsquo;un enfant &agrave; elle, mais il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autre solution. Son mari qui, bien s&ucirc;r, y avait pens&eacute; depuis longtemps, fut heureux de l&rsquo;entendre : &laquo; Oui, je me suis d&eacute;j&agrave; renseign&eacute;, il y a un organisme juif &agrave; New York ! &raquo;<br \/>\n\tIl se rendirent &agrave; New York, le c&oelig;ur battant. On les avait inform&eacute;s qu&rsquo;un b&eacute;b&eacute; venait d&rsquo;&ecirc;tre abandonn&eacute; &agrave; la naissance par sa m&egrave;re, une adolescente juive en d&eacute;tresse. Mais &agrave; leur arriv&eacute;e, on s&rsquo;excusa : la grand-m&egrave;re avait d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;adopter le b&eacute;b&eacute; et elle &eacute;tait, bien s&ucirc;r, prioritaire.<\/p>\n<p>\n\tIls &eacute;taient donc venus &agrave; New York pour rien ?<br \/>\n\t&laquo; Si vous voulez, dit la fonctionnaire, je peux vous proposer une adorable petite fille de huit ans, Myriam, elle a terriblement besoin de retrouver une famille &raquo;.<br \/>\n\tC&rsquo;&eacute;tait vrai, Myriam &eacute;tait charmante mais elle avait d&eacute;j&agrave; huit ans, une histoire, des souvenirs&hellip;<\/p>\n<p>\t&laquo; Non, dit Anya, je voudrais tellement un b&eacute;b&eacute; qui me conna&icirc;trait comme si j&rsquo;&eacute;tais sa m&egrave;re, que je pourrais bercer dans mes bras&hellip; &raquo;<br \/>\n\t&#8211; &laquo; Je comprends, dit la fonctionnaire, mais la petite Myriam a tant souffert dans sa vie qu&rsquo;elle m&eacute;rite de retrouver une vie de famille normale &raquo;.<br \/>\n\t&#8211; &laquo; D&eacute;sol&eacute;e, dit Anya, je pr&eacute;f&egrave;re attendre une autre occasion &raquo;.<\/p>\n<p>\tUn an passa. Anya avait contact&eacute; d&rsquo;autres agences &agrave; travers tous les Etats-Unis mais aucun b&eacute;b&eacute;, juif n&rsquo;&eacute;tait propos&eacute;.<br \/>\n\t&laquo; Nous avons peut-&ecirc;tre &eacute;t&eacute; trop rapides dans notre d&eacute;cision : cette petite Myriam &eacute;tait vraiment adorable et je n&rsquo;arr&ecirc;te pas de penser &agrave; elle. T&eacute;l&eacute;phonons &agrave; l&rsquo;agence : peut-&ecirc;tre est-elle toujours-l&agrave;&hellip; &raquo;<br \/>\n\tOui, elle n&rsquo;avait toujours pas &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e.&nbsp;<\/p>\n<p>\t&laquo; Mais il y a une petite complication, expliqua la responsable de l&rsquo;agence. Son petit fr&egrave;re a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute; dans un orphelinat en Europe. Bien entendu, les deux enfants ne veulent plus se s&eacute;parer et il faudra adopter les deux ensemble. Qu&rsquo;en pensez-vous ? &raquo;<\/p>\n<p>\tAnya et Sol retourn&egrave;rent &agrave; New York. Une fois de plus, Anya fut impressionn&eacute;e par les bonnes mani&egrave;res de Myriam : son petit fr&egrave;re Moch&eacute; &eacute;tait &eacute;galement adorable.<br \/>\n\t&laquo; Oui ! &raquo; dirent en ch&oelig;ur Anya et Sol.<br \/>\n\tDe retour &agrave; Baltimore, Anya fit entrer les enfants dans leur nouveau foyer : ils regardaient avec de grands yeux &eacute;tonn&eacute;s les meubles et les tapis, les napperons et les cadres&hellip; Soudain Myriam s&rsquo;arr&ecirc;ta devant le piano et p&acirc;lit. Elle montrait du doigt une photo. D&rsquo;une voix tremblante elle demanda : &laquo; Pourquoi la photo de ma grand-m&egrave;re se trouve-t-elle ici ? &raquo;<\/p>\n<p>\t&#8211; &laquo; Comment ? &raquo; dit Anya, troubl&eacute;e.<br \/>\n\t&#8211; &laquo; Ma grand-m&egrave;re ! D&rsquo;o&ugrave; avez-vous sa photo ? &raquo;<br \/>\n\tAnya contempla le portrait de sa m&egrave;re, assassin&eacute;e dans des circonstances si terribles. De quoi parlait cette petite fille ?<br \/>\n\tMyriam se pr&eacute;cipita vers la valise qu&rsquo;elle avait apport&eacute;e de l&rsquo;orphelinat. D&rsquo;une enveloppe us&eacute;e, elle retira une photo fl&eacute;trie et la montra &agrave; Anya : &laquo; Vous voyez ? Je poss&egrave;de la m&ecirc;me photo ! Ma grand-m&egrave;re ! &raquo;<br \/>\n\t&#8211; &laquo; Ma m&egrave;re ! &raquo; murmura Anya, boulevers&eacute;e.<br \/>\n\t&#8211; &laquo; Voulez-vous voir la photo de ma m&egrave;re ? &raquo; dit Myriam en montrant une autre photo.<br \/>\n\t&#8211; &laquo; C&rsquo;est Sara ! &raquo; s&rsquo;&eacute;cria Anya tandis que ses genoux s&rsquo;entrechoquaient.<br \/>\n\t&#8211; &laquo; D&rsquo;o&ugrave; connaissez-vous le nom de ma m&egrave;re ? &raquo; demanda Myriam qui n&rsquo;y comprenait plus rien&hellip;<\/p>\n<p>\tSans le savoir, Anya avait adopt&eacute; les deux enfants survivants de sa s&oelig;ur Sara. Ils &eacute;taient la chair de sa chair. Ils devinrent ses propres enfants&hellip;<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"http:\/\/chiourim.org\/contes-juifs\" style=\"color: rgb(102, 102, 102); text-decoration: underline; outline: none; \">Contes Juifs<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Sa&nbsp;propre chair &#8211;&nbsp;Contes Juifs &nbsp; &nbsp; Anya Gold, l&rsquo;a&icirc;n&eacute;e de leur huit enfants, avait &eacute;t&eacute; choisie par ses parents pour quitter la Pologne et s&rsquo;&eacute;tablir aux Etats-Unis : ils avaient &eacute;conomis&eacute; sou apr&egrave;s sou pour payer ce voyage. 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