{"id":5583,"date":"2012-11-16T19:15:02","date_gmt":"2012-11-16T19:15:02","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5583"},"modified":"2012-11-16T19:15:02","modified_gmt":"2012-11-16T19:15:02","slug":"emmanuel-kattan-double-identite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/emmanuel-kattan-double-identite\/","title":{"rendered":"Emmanuel Kattan : double identit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tEmmanuel Kattan : double identit&eacute;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t\t\tJOS&Eacute;E LAPOINTE<br \/>\n\t\t\t\tLa Presse<\/div>\n<div>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\tEmmanuel Kattan avait lanc&eacute; il y a quatre ans un premier livre convaincant,&nbsp;Nous seuls. Il impressionne cet automne avec son deuxi&egrave;me roman,&nbsp;Les lignes de d&eacute;sir, qui m&ecirc;le spiritualit&eacute;, qu&ecirc;te identitaire et intrigue polici&egrave;re sur fond de conflit isra&eacute;lo-palestinien. Complexe comme le monde, limpide comme l&#39;amour d&#39;un p&egrave;re pour sa fille.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tInstall&eacute;e &agrave; J&eacute;rusalem pour &eacute;tudier, une jeune femme, Sara, juive par son p&egrave;re et musulmane par sa m&egrave;re, dispara&icirc;t myst&eacute;rieusement. Son p&egrave;re Daniel, qui vit &agrave; Montr&eacute;al, d&eacute;cide de partir &agrave; sa recherche lorsqu&#39;il constate que l&#39;enqu&ecirc;te n&#39;avance pas. C&#39;est la trame de&nbsp;Lignes de d&eacute;sir, mais il y a beaucoup plus dans ce roman narr&eacute; sur plusieurs strates: le journal de Sara, les &eacute;changes de courriels entre elle et son p&egrave;re, et les recherches de Daniel.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Mon premier roman parlait du couple, mais le rapport entre les g&eacute;n&eacute;rations et la filiation sont de plus en plus pr&eacute;gnants pour moi&raquo;, dit l&#39;auteur, p&egrave;re de deux adolescents. L&#39;id&eacute;e de d&eacute;part de ce deuxi&egrave;me roman reste cependant la double identit&eacute;: fils du romancier Na&iuml;m Kattan, Emmanuel Kattan est lui-m&ecirc;me juif et catholique, et il s&#39;est demand&eacute; ce qui se passerait &laquo;si quelqu&#39;un voulait vraiment vivre ses deux identit&eacute;s religieuses&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&Agrave; Montr&eacute;al, cette double identit&eacute; pose peu de probl&egrave;mes. Dans un pays comme Isra&euml;l, &ccedil;a se complique. &laquo;Sara vivait sa double identit&eacute; de l&#39;int&eacute;rieur, de mani&egrave;re paisible. Le probl&egrave;me s&#39;est pos&eacute; au moment o&ugrave; son rapport s&#39;est ext&eacute;rioris&eacute;, dans un contexte o&ugrave; on n&#39;admet pas les identit&eacute;s multiples. Elle rencontre des personnes qui sont taill&eacute;es tout d&#39;un bloc, qui ont une identit&eacute; tr&egrave;s exclusive.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tEmmanuel Kattan n&#39;a pas voulu &eacute;crire un roman politique ou documentaire sur le conflit isra&eacute;lo-palestinien. Il a plut&ocirc;t essay&eacute; de comprendre &laquo;comment le conflit transforme la mani&egrave;re dont une personne d&eacute;veloppe sa relation avec les autres&raquo;. En refusant de prendre parti pour un c&ocirc;t&eacute; ou l&#39;autre, Sara en paiera le prix.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Ne pas choisir et &ecirc;tre tout ce qu&#39;elle est, c&#39;est sa mani&egrave;re de demeurer libre&raquo;, dit l&#39;auteur, admettant que c&#39;&eacute;tait aussi une fa&ccedil;on pour lui de ne pas prendre position. C&#39;est que les deux principaux suspects de la disparition de Sara et de son amoureux Ibrahim sont un ex-amant juif intransigeant et le cousin d&#39;Ibrahim, extr&eacute;miste musulman. &laquo;C&#39;est un reproche qu&#39;on peut me faire. Mais le probl&egrave;me est justement l&agrave;, dans cette obligation de prendre parti. Il faut voir l&#39;histoire du point de vue de l&#39;autre, car des deux c&ocirc;t&eacute;s, il y a une trag&eacute;die.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tEmmanuel Kattan a volontairement laiss&eacute; beaucoup de blanc dans son histoire, justement pour ne pas enfermer les lecteurs dans une seule interpr&eacute;tation de la r&eacute;alit&eacute;. D&#39;ailleurs, m&ecirc;me si ses deux romans ont des allures de romans policiers, il n&#39;appr&eacute;cie pas beaucoup le genre. &laquo;Quand on commence &agrave; en lire un, on est excit&eacute;, on fait plein d&#39;hypoth&egrave;ses extravagantes, et &agrave; la fin, qu&#39;on ait raison ou non, on est vraiment d&eacute;&ccedil;u. C&#39;est infantilisant, on se sent vol&eacute; de notre autonomie.&raquo; Son approche est plus ouverte, quitte &agrave; frustrer certains lecteurs qui auraient aim&eacute; avoir le fin mot de l&#39;histoire &#8211; la fin est tragique, mais de coupable, il n&#39;y en a pas.<\/p>\n<p>\n\t\t\tD&eacute;tour<\/p>\n<p>\n\t\t\tFils d&#39;&eacute;crivain, Emmanuel Kattan a fait un long d&eacute;tour avant de venir &agrave; l&#39;&eacute;criture. &laquo;J&#39;ai &eacute;tudi&eacute; trop longtemps. Ce n&#39;est pas le parcours que je recommanderais &agrave; mes enfants!&raquo; Titulaire d&#39;un doctorat en philosophie, Emmanuel Kattan est pass&eacute; par l&#39;Universit&eacute; de Montr&eacute;al, Oxford et l&#39;&Eacute;cole des hautes &eacute;tudes de sciences sociales de Paris. &laquo;Peut-&ecirc;tre que j&#39;aurais d&ucirc; dire&nbsp;bastabien avant, peut-&ecirc;tre que j&#39;ai manqu&eacute; de courage. Mais &ccedil;a reste une exp&eacute;rience int&eacute;ressante.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&#39;auteur, qui vit depuis sept ans &agrave; New York &#8211; il a travaill&eacute; cinq ans aux Nations unies et est directeur du British Council depuis deux ans -, a donc publi&eacute; son premier roman &agrave; pr&egrave;s de 40 ans. &laquo;C&#39;&eacute;tait le temps depuis longtemps.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl n&#39;a pourtant pas l&#39;impression d&#39;&ecirc;tre meilleur &eacute;crivain parce qu&#39;il a commenc&eacute; plus tard. Un premier roman reste un premier roman, dit-il, avec ses d&eacute;fauts et ses t&acirc;tonnements. Il faut n&eacute;cessairement passer par l&agrave;, quel que soit notre &acirc;ge. &laquo;C&#39;est difficile pour moi de feuilleterNous seuls, je vois beaucoup de choses que je n&#39;aime pas. Il y a une maturit&eacute; d&#39;&eacute;crivain, de l&#39;exercice d&#39;&eacute;crire qui n&#39;est pas n&eacute;cessairement parall&egrave;le &agrave; la maturit&eacute; d&#39;homme.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tSon objectif &eacute;tait de d&eacute;passer le premier roman, et s&#39;il ne regrette pas ces ann&eacute;es pass&eacute;es &agrave; faire autre chose, il ressent une certaine urgence de tout raconter. &laquo;On ne sait jamais ce que la vie nous r&eacute;serve. J&#39;ai quatre, cinq id&eacute;es dans la t&ecirc;te, j&#39;esp&egrave;re que j&#39;aurai le temps de les coucher sur papier.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t___________________________________________________<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes lignes du d&eacute;sir. Emmanuel Kattan. Bor&eacute;al, 248 pages.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tExtrait&nbsp;Les lignes de d&eacute;sir<\/p>\n<p>\n\t\t\tParfois, je les envie. Samira, Tamar et Avner ont des attaches, ils sentent en eux le mouvement de l&#39;histoire, ils connaissent les chemins du monde. Surtout, ils ne sont pas seuls. Les autres ne sont pas simplement &laquo; les autres &raquo;, ce sont des amis, des proches, des compagnons de route.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMoi, je n&#39;arrive pas, je n&#39;arriverai jamais &agrave; dire &laquo;nous&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPage 144<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Emmanuel Kattan : double identit&eacute; &nbsp; JOS&Eacute;E LAPOINTE La Presse &nbsp; Emmanuel Kattan avait lanc&eacute; il y a quatre ans un premier livre convaincant,&nbsp;Nous seuls. Il impressionne cet automne avec son deuxi&egrave;me roman,&nbsp;Les lignes de d&eacute;sir, qui m&ecirc;le spiritualit&eacute;, qu&ecirc;te identitaire et intrigue polici&egrave;re sur fond de conflit isra&eacute;lo-palestinien. 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