{"id":5623,"date":"2012-11-22T19:10:03","date_gmt":"2012-11-22T19:10:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5623"},"modified":"2012-11-22T19:10:03","modified_gmt":"2012-11-22T19:10:03","slug":"le-cinema-t-il-encore-un-avenir-en-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-cinema-t-il-encore-un-avenir-en-tunisie\/","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma a-t-il encore un avenir en Tunisie ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/kultur\/12973-le-cinema-a-t-il-encore-un-avenir-en-tunisie.html\">Le cin&eacute;ma a-t-il encore un avenir en Tunisie ?<\/a><\/p>\n<div>\n<div id=\"js_ja\">\n<h2>\n\t\t\t&nbsp;<\/h2>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes salles de cin&eacute;ma ferment les unes apr&egrave;s les autres et le public ne s&#39;en rend m&ecirc;me pas compte. Comment r&eacute;concilier le public tunisien avec le cin&eacute;ma dans les salles obscures?<\/p>\n<p>\n\tPar&nbsp;Samir Messali*<\/p>\n<p>\n\tEn voyant ce monsieur sur le quai de la gare d&#39;Hammam-Lif avec son gros sac gris vous vous demanderez certainement qu&#39;est ce qu&#39;il peut porter dans son sac? Il s&#39;agit en fait de Laroussi.<\/p>\n<p>\n\tLaroussi : guichetier, projectionniste et placeur<\/p>\n<p>\n\tCe quinquag&eacute;naire est le seul employ&eacute; du cin&eacute;ma l&#39;Oriental &agrave; Hammam-Lif qui emm&egrave;ne dans son sac les bobines de films pour les &eacute;changer aupr&egrave;s du distributeur &agrave; Tunis. Laroussi est, &agrave; la fois, guichetier, projectionniste et placeur de la derni&egrave;re des trois salles de cin&eacute;ma de cette ville de banlieue encore ouverte au public.<\/p>\n<p>\n\tDurant des d&eacute;cennies, ces salles ont fait le bonheur des hammamlifoises et des hammamlifois. Elles ont connue leur heure de gloire entre les ann&eacute;es 1950-1970, lorsque toute la famille, grand-p&egrave;re, grand-m&egrave;re et petits-enfants compris y allaient pour voir ensemble un western spaghetti ou le dernier film du crooner &eacute;gypto-libanais Farid Latrach. Pour attirer le maximum de spectateurs, ces salles durent m&ecirc;me coller les affiches des films sur le tronc des palmiers qui ornent rond-point de la ville.<\/p>\n<p>\n\tL&#39;Oriental fait de la r&eacute;sistance<\/p>\n<p>\n\tVers les ann&eacute;es 80, avec l&#39;apparition du VHS, le public commence petit-&agrave;-petit &agrave; d&eacute;serter ces salles et vers le milieu des ann&eacute;es 90, on dirait que pour elles le temps s&#39;est arr&ecirc;t&eacute;. Le Colis&eacute;e ferme ses portes, l&#39;Empire est ras&eacute; et remplac&eacute; par un immeuble neuf. Seul donc l&#39;Oriental continue de faire de la r&eacute;sistance en projetant en &eacute;ni&egrave;me vision des films d&#39;action et &eacute;rotiques des ann&eacute;es 90. Certainement plus pour longtemps.<\/p>\n<p>\n\tLes salles de cin&eacute;ma continuent de fermer en Tunisie les unes apr&egrave;s les autres malgr&eacute; les efforts du minist&egrave;re de la Culture. D&#39;ailleurs, on ne voit pas comment en marge de ces Jcc 2012, qui se d&eacute;roulent du 16 au 24 novembre, l&#39;id&eacute;e est venue au minist&egrave;re d&#39;exposer le bilan de ses efforts tout au long de l&#39;avenue Habib Bourguiba, en affichant, tels des pierres tombales, les photos des salles de cin&eacute;ma tunisiennes ayant ferm&eacute; leurs portes. Peut-&ecirc;tre que &ccedil;a ferait le bonheur de ceux qui consid&egrave;rent le cin&eacute;ma comme un art propageant des valeurs occidentales contraires aux n&ocirc;tres, frapp&eacute;es du sceau de la culture arabo-musulmane.<\/p>\n<p>\n\tIl ne faut pas aussi trop en vouloir au minist&egrave;re de la Culture. Si le cin&eacute;ma est un art, l&#39;exploitation des salles de cin&eacute;ma est un business. Aux Etats-Unis et en Europe, le succ&egrave;s d&#39;un film est souvent mesur&eacute; par le nombre d&#39;entr&eacute;es et l&#39;importance des recettes d&eacute;gag&eacute;es. Si ce business ne marche plus en Tunisie, il faut l&#39;analyser &agrave; l&#39;aune de l&#39;&eacute;quation produit-march&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tInad&eacute;quation entre l&#39;offre de film et les attentes du public<\/p>\n<p>\n\tIl est facile bien s&ucirc;r d&#39;attribuer l&#39;&eacute;chec de ce business &agrave; l&#39;apparition du VHS d&#39;abord et du DVD ensuite, ainsi qu&#39;&agrave; la multiplication de l&#39;offre au niveau des chaines t&eacute;l&eacute;. Mais dans les pays occidentaux, les moyens technologiques sont plus avanc&eacute;s que chez nous et l&#39;offre des chaines TV est encore plus abondante, mais malgr&eacute; cela, les gens continuent &agrave; &ecirc;tre de plus en plus nombreux &agrave; affluer vers les salles de cin&eacute;ma.<\/p>\n<p>\n\tA notre sens, ce probl&egrave;me est du &agrave; une inad&eacute;quation entre l&#39;offre de film et les attentes des spectateurs. Il y a aussi un probl&egrave;me de langue. Les films am&eacute;ricains ou europ&eacute;ens projet&eacute;es sont en langue fran&ccedil;aise et le Tunisien, en g&eacute;n&eacute;ral, ne comprend plus bien le fran&ccedil;ais, ou du moins pas assez pour comprendre un film qui v&eacute;hicule une histoire, d&#39;autant qu&#39;il faut en plus assimiler les codes de la vie occidentale v&eacute;hicul&eacute;s par ces films.<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est &agrave; cause de cela, entre autres raisons objectives, que seul les films d&#39;action basique ou les films &eacute;rotiques ont continu&eacute; &agrave; avoir un certain succ&egrave;s aupr&egrave;s des exploitants des salles de cin&eacute;ma. Ce sont ces films qui font le plus recette.<\/p>\n<p>\n\tDes solutions pour raviver la flamme du cin&eacute;ma<\/p>\n<p>\n\tQuant aux films tunisiens, faute de salles de cin&eacute;ma et de public, les producteurs pr&eacute;f&egrave;rent coproduire, et souvent avec des institutions culturelles europ&eacute;ennes, des films destin&eacute;s beaucoup plus au public europ&eacute;en et aux festivals qu&#39;au public tunisien. Et pour que ces films plaisent sous d&#39;autres cieux, nos cin&eacute;astes sont oblig&eacute;s de sacrifier aux poncifs habituels et aux id&eacute;es re&ccedil;ues : les images des femmes battues et des hommes qui pleurent sont r&eacute;currentes dans leurs films. Tr&egrave;s rares sont, d&#39;ailleurs, les films tunisiens qui ont rencontr&eacute;s un grand succ&egrave;s populaire en Tunisie.<\/p>\n<p>\n\tComment maintenant r&eacute;concilier le public tunisien avec le cin&eacute;ma dans les salles?<\/p>\n<p>\n\tLes producteurs doivent, &agrave; leur niveau, et &agrave; chaque production, penser d&#39;abord aux attentes du public tunisien.<\/p>\n<p>\n\tLe minist&egrave;re de la Culture, au lieu de se contenter de subventionner des productions, ferait mieux de concentrer ses efforts dans la lutte contre la contrefa&ccedil;on et la garantie des droits d&#39;auteur, tout en d&eacute;veloppant un terrain favorable au d&eacute;veloppement du cin&eacute;ma, notamment une infrastructure r&eacute;nov&eacute;e et up to date et une l&eacute;gislation propice &agrave; l&#39;investissement priv&eacute; dans ce secteur.<\/p>\n<p>\n\tEt, d&#39;ailleurs, pour commencer, il est temps que le minist&egrave;re de la Culture se r&eacute;solve enfin &agrave; confier l&#39;organisation des prochaines Jcc &agrave; des organismes priv&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t* Cadre de banque et cin&eacute;phile.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/kultur\/12973-le-cinema-a-t-il-encore-un-avenir-en-tunisie.html\">Le cin&eacute;ma a-t-il encore un avenir en Tunisie ?<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Le cin&eacute;ma a-t-il encore un avenir en Tunisie ? &nbsp; &nbsp; Les salles de cin&eacute;ma ferment les unes apr&egrave;s les autres et le public ne s&#39;en rend m&ecirc;me pas compte. Comment r&eacute;concilier le public tunisien avec le cin&eacute;ma dans les salles obscures? Par&nbsp;Samir Messali* En voyant ce monsieur sur le quai de la gare&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17520,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[33,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-5623","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5623","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5623"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5623\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17520"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5623"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5623"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5623"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}