{"id":5635,"date":"2012-11-25T20:36:31","date_gmt":"2012-11-25T20:36:31","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5635"},"modified":"2012-11-25T20:36:31","modified_gmt":"2012-11-25T20:36:31","slug":"juifs-dalgerie-2000-ans-dhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/juifs-dalgerie-2000-ans-dhistoire\/","title":{"rendered":"Juifs d&rsquo;Alg\u00e9rie: 2000 ans d&rsquo;histoire"},"content":{"rendered":"<p>\n\tJuifs d&#39;Alg&eacute;rie: 2000 ans d&#39;histoire&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl y a cinquante ans cette ann&eacute;e, les juifs d&#39;Alg&eacute;rie ont quitt&eacute; leur terre ancestrale. Contrairement aux pieds noirs, descendants de colons et d&#39;immigr&eacute;s italiens ou espagnols, ils &eacute;taient install&eacute;s sur cette terre d&#39;Alg&eacute;rie depuis 2000 ans. Pour ces communaut&eacute;s ancestrales de Constantine, de Henchir Fouara, de la r&eacute;gion de Tebessa ou de Setif, ce d&eacute;part vers la m&eacute;tropole, maquill&eacute; en &quot;retour&quot;, fut un cruel d&eacute;racinement et un d&eacute;ni, un exil.&nbsp;<\/p>\n<p>\tCr&eacute;dits: Bernard Nantet.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEn 1962, 800.000 &quot;rapatri&eacute;s&quot; quittent l&#39;Alg&eacute;rie pr&eacute;cipitamment. Parmi eux, des &quot;Europ&eacute;ens&quot;, des harkis, et 150.000 juifs adoub&eacute;s d&#39;une pseudo-identit&eacute; d&#39;Europ&eacute;ens, alors qu&#39;ils &eacute;taient parmi les plus anciennes populations indig&egrave;nes. Ni &quot;rapatri&eacute;s&quot;, ni &quot;pieds noirs&quot;, ni colons, leurs racines &eacute;taient en Alg&eacute;rie, et plus largement en Afrique du Nord. De Palestine, de Rome, d&#39;Egypte ou de Cyr&eacute;na&iuml;que, leur venue &eacute;tait li&eacute;e &agrave; la destruction du Temple par Titus et &agrave; la d&eacute;portation des premiers juifs en Afrique comme esclaves et prisonniers de guerre. Autrement dit, avant l&#39;arriv&eacute;e du christianisme, qui s&#39;est r&eacute;pandu dans l&#39;Empire romain par le biais des synagogues. Et, a fortiori, longtemps avant l&#39;islam.&nbsp;<br \/>\n\tPlusieurs c&eacute;l&eacute;brations permettent de lever le voile, cinquante ans apr&egrave;s, sur quelques pans de leur histoire, les blessures inflig&eacute;es, et l&#39;injustice qui leur a &eacute;t&eacute; faite. Colloques, conf&eacute;rences et concerts se succ&egrave;dent, mais il ne semble pas que ce cinquantenaire-l&agrave; ait trouv&eacute; beaucoup d&#39;&eacute;cho dans les grands m&eacute;dias. &quot;Qu&#39;on reconnaisse la responsabilit&eacute; de la France dans le drame du 7 octobre 1961, pourquoi pas ? remarque Rapha&euml;l Dra&iuml; (1), originaire de Constantine. Mais qu&#39;au moins, on respecte un principe de r&eacute;ciprocit&eacute;. Par exemple, qu&#39;on facilite les choses pour que les juifs d&#39;Alg&eacute;rie puissent se rendre sur la tombe de leurs p&egrave;res dans les cimeti&egrave;res. Ces sont des lieux de m&eacute;moire. Sans parler des synagogues et des &eacute;glises&#8230;&quot;&nbsp;<\/p>\n<p>\tUne passionnante exposition intitul&eacute;e Juifs d&#39;Alg&eacute;rie se tient jusqu&#39;au 27 janvier au Mus&eacute;e d&#39;Art et d&#39;Histoire du Juda&iuml;sme (2). Partant d&#39;une repr&eacute;sentation de l&#39;Afrique du Nord dans l&#39;Antiquit&eacute; pour s&#39;achever avec l&#39;exode qui marque l&#39;ind&eacute;pendance de l&#39;Alg&eacute;rie, elle m&eacute;rite qu&#39;on y envoie ses amis et ses enfants. Elle illustre de fa&ccedil;on vivante et p&eacute;dagogique, gr&acirc;ce &agrave; des panneaux tr&egrave;s clairs, le parcours mal connu de cette communaut&eacute; qui a opt&eacute; pour la France en raison de ses valeurs et en a pay&eacute; le prix. En outre, un excellent catalogue (3), riche et complet, &eacute;largit le champ.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLa m&eacute;moire juive de l&#39;Alg&eacute;rie&nbsp;<\/p>\n<p>\t&quot;On aura beau faire, affirme Rapha&euml;l Dra&iuml;, la m&eacute;moire de l&#39;Alg&eacute;rie est une m&eacute;moire juive.&quot; Mais les amiti&eacute;s individuelles n&#39;emp&ecirc;chent pas les &eacute;preuves collectives et une m&eacute;moire douloureuse, comme en t&eacute;moignent l&#39;expulsion des juifs d&#39;Oran en 1666, le massacre d&#39;Alger en 1805, ou la d&eacute;capitation du grand rabbin d&#39;Alger, Isaac Aboulker, dix ans plus tard. Beaucoup se plaisent &agrave; dater du d&eacute;cret Cr&eacute;mieux la m&eacute;sentente entre les populations, mais c&#39;est faire peu de cas de la dhimma, qui r&eacute;gissait les non-musulmans dans la loi coranique. En effet, la conqu&ecirc;te de l&#39;Alg&eacute;rie, en 1830, mettait fin &agrave; trois si&egrave;cles de domination ottomane.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLe d&eacute;cret Cr&eacute;mieux, qui accorde, en 1870, la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise aux populations indig&egrave;nes, offre aux juifs le moyen de se lib&eacute;rer enfin du statut de dhimmis, de &quot;prot&eacute;g&eacute;s&quot;. Cet affranchissement d&eacute;clenche autant le ressentiment des musulmans, attach&eacute;s &agrave; leur propre statut, que la fureur des populations &quot;europ&eacute;ennes&quot; fonci&egrave;rement antis&eacute;mites, qui exigent son abrogation &#8212; ou du moins, le retrait du droit de vote aux juifs. &quot;La hi&eacute;rarchie des racismes organisait la soci&eacute;t&eacute;,&quot; r&eacute;sume Jacques Tarnero, originaire d&#39;Oran (4) . Au tournant du si&egrave;cle, l&#39;affaire Dreyfus et la publication du J&#39;accuse d&#39;Emile Zola se traduisent, en Alg&eacute;rie, par une violence inou&iuml;e : meurtres, viols, assassinats de nourrissons&#8230; Une projection de photos au MAHJ donne la mesure de la liesse populaire lors de la visite de Drumont, un des p&egrave;res fondateurs de l&#39;antis&eacute;mitisme &agrave; la fran&ccedil;aise et &eacute;lu d&eacute;put&eacute; d&#39;Alger. La haine des uns nourrit la ranc&oelig;ur des autres. M&ecirc;me si, au moment de la Grande Guerre, 14.000 juifs d&#39;Alg&eacute;rie, mobilis&eacute;s dans les r&eacute;giments de zouaves, se distinguent au combat (plus de 1700 morts, un millier de veuves et 560 orphelins) certains &agrave; Alger nient l&#39;existence du sacrifice, faisant du n&eacute;gationnisme avant la lettre.&nbsp;<\/p>\n<p>\tDans les ann&eacute;es trente, la crise &eacute;conomique aidant, ce sont les juifs que les colons chargent de tous les maux, y compris des revendications nationalistes des musulmans. Des heurts violents &eacute;clatent &agrave; Alger, Constantine, Oran et S&eacute;tif. Et le 5 ao&ucirc;t 1934, c&#39;est le pogrom de Constantine : les musulmans se ruent dans le quartier juif et assassinent, pillent, mutilent, saccagent, comme l&#39;illustrent les documents de l&#39;exposition. Enfin, en 1940, Vichy d&eacute;cide l&#39;abrogation du d&eacute;cret Cr&eacute;mieux, d&eacute;pouillant les juifs d&#39;Alg&eacute;rie de tout statut officiel jusqu&#39;en 1943. Ils ne se remettront jamais tout &agrave; fait de cette trahison.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEn 1962, c&#39;&eacute;tait la grande &eacute;poque du photo-journalisme. Michel Salomon, le r&eacute;dacteur en chef de L&#39;Arche, le mensuel du FSJU qui a cess&eacute; de para&icirc;tre en 2011, avait compris que c&#39;&eacute;tait la photo qui faisait la force du t&eacute;moignage dans des hebdomadaires comme le Nouvel Observateur et l&#39;Express, sans parler de Paris-Match. Il envoya Bernard Nantet, un jeune reporter photographe, &agrave; Marseille et &agrave; Orly pour photographier l&#39;arriv&eacute;e des nouveaux immigrants, les juifs d&#39;Alg&eacute;rie. Les photos ci-dessous, &agrave; Marseille dans le camp de transit du Nouvel Arenas, in&eacute;dites, attestent de leur d&eacute;sarroi et des conditions de leur accueil. Sur la photo n&deg;4, il est &eacute;crit en h&eacute;breu : Broukhim Habahim, &quot;b&eacute;nis ceux qui viennent&quot;, autrement dit : soyez les bienvenus. Il s&#39;agit probablement de la salle de pri&egrave;res.&nbsp;<\/p>\n<p>\t&Agrave; suivre&#8230;&nbsp;<\/p>\n<p>\t[<a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.fr\/edith-ochs\/juifs-algerie-pieds-noirs-2000-ans-histoire_b_2175395.html?utm_hp_ref=france\" target=\"_blank\">www.huffingtonpost.fr<\/a>]&nbsp;<br \/>\n\t__________&nbsp;<br \/>\n\t(1) Rapha&euml;l Dra&iuml;, Les Pays d&#39;en haut Ed. Michalon.&nbsp;<br \/>\n\t(2) MAHJ, H&ocirc;tel de St-Aignan, 71 rue du Temple, 75003. M&deg; Rambuteau. Ouvert du lun. au ven. 11h-18h (dim. 10h-18h)&nbsp;<br \/>\n\t(3) Juifs d&#39;Alg&eacute;rie, sous la direction d&#39;A.H. Hoog et une vingtaine d&#39;auteurs. Ed. Skira-Flammarion\/MAHJ.&nbsp;<br \/>\n\t(4) Jacques Tanero, Le Nom de trop : Isra&euml;l ill&eacute;gitime ? Ed. Armand Colin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juifs d&#39;Alg&eacute;rie: 2000 ans d&#39;histoire&nbsp; Il y a cinquante ans cette ann&eacute;e, les juifs d&#39;Alg&eacute;rie ont quitt&eacute; leur terre ancestrale. Contrairement aux pieds noirs, descendants de colons et d&#39;immigr&eacute;s italiens ou espagnols, ils &eacute;taient install&eacute;s sur cette terre d&#39;Alg&eacute;rie depuis 2000 ans. 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