{"id":5649,"date":"2012-11-27T19:33:51","date_gmt":"2012-11-27T19:33:51","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5649"},"modified":"2012-11-27T19:33:51","modified_gmt":"2012-11-27T19:33:51","slug":"arafat-origines-et-actualite-de-laccusation-dempoisonnement-par-les-juifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/arafat-origines-et-actualite-de-laccusation-dempoisonnement-par-les-juifs\/","title":{"rendered":"Arafat: origines et actualit\u00e9 de l&rsquo;accusation \u00ab\u00a0d&#8217;empoisonnement par les juifs\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"blog_author_info\" style=\"font-size: 12px; list-style: none; margin: 0px; padding: 8px 0px; border: none; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, 'Helvetica Neue', Helvetica, sans-serif; line-height: 16px;\">\n<p>\n\t\tArafat: origines et actualit&eacute; de l&#39;accusation &quot;d&#39;empoisonnement par les juifs&quot;<\/p>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tPierre-Andr&eacute; Taguieff<\/p>\n<p>\n\t\t\tPhilosophe, politologue et historien des id&eacute;es<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"blog_content blog_design_a\" id=\"entry_body\" style=\"list-style: none; margin: 0px; padding: 0px; border: none; font-size: 13px; line-height: 20px; font-family: Georgia, Century, Times, serif; color: rgb(0, 0, 0);\">\n<div class=\"entry_body_text\" style=\"list-style: none; margin: 0px; padding: 0px; border: none;\">\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\tL&#39;accusation de &quot;conspiration&quot; repr&eacute;sente le grand th&egrave;me antijuif commun &agrave; la jud&eacute;ophobie europ&eacute;o-chr&eacute;tienne et &agrave; la jud&eacute;ophobie arabo-musulmane. L&#39;accusation se fonde sur un postulat: &quot;Le juif&quot; est par nature comploteur. Dans son commentaire de la sourate V, Sayyid Qutb r&eacute;affirme l&#39;accusation: &quot;Depuis les premiers jours de l&#39;islam, le monde musulman a toujours d&ucirc; affronter des probl&egrave;mes issus de complots juifs. [&#8230;] Leurs intrigues ont continu&eacute; jusqu&#39;&agrave; aujourd&#39;hui et ils continuent &agrave; en ourdir de nouvelles (2).&quot; Et ces &quot;intrigues&quot; sont rapport&eacute;es autant &agrave; une propension au mensonge qu&#39;&agrave; des penchants criminels propres aux juifs &#8211; trait n&eacute;gatif auquel la raciologie nazie s&#39;est efforc&eacute;e de donner un fondement &laquo;&nbsp;scientifique&nbsp;&raquo;, en multipliant les publications sur la &quot;criminalit&eacute; h&eacute;r&eacute;ditaire&quot; cens&eacute;e &ecirc;tre propre aux juifs (3). Or, fait remarquer Richard Breitman, le &quot;Grand Mufti&quot; Haj Amin al-Husseini, en raison de ses contacts r&eacute;guliers avec les leaders et les id&eacute;ologues nazis, a r&eacute;ussi &agrave; combiner les deux autres images n&eacute;gatives du juif, le &quot;parasite&quot; et le &quot;criminel&quot;, en les agr&eacute;mentant d&#39;extraits de textes religieux (4). L&#39;un des principaux motifs d&#39;accusation traditionnellement lanc&eacute;s contre les juifs est qu&#39;ils auraient complot&eacute; en vue &quot;d&#39;assassiner les proph&egrave;tes&quot; ou voulu &quot;empoisonner le Proph&egrave;te&quot; (5).<\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\tLes biographies l&eacute;gendaires du Proph&egrave;te rapportent en effet que ce dernier, apr&egrave;s avoir combattu et vaincu avec ses fid&egrave;les la tribu juive des Ban&ucirc; Nadh&icirc;r lors de la bataille de Khaybar (oasis situ&eacute;e &agrave; 150&nbsp;km de M&eacute;dine) en 628, assista &agrave; un banquet durant lequel il fut servi par l&#39;&eacute;pouse de l&#39;un des chefs juifs vaincus (6). Voulant venger ses parents ex&eacute;cut&eacute;s, cette femme juive chercha &agrave; l&#39;empoisonner en lui servant une pi&egrave;ce d&#39;agneau o&ugrave; elle avait mis beaucoup de poison sp&eacute;cialement dans l&#39;&eacute;paule, la partie de l&#39;agneau que le Proph&egrave;te pr&eacute;f&eacute;rait. Mais la tentative d&#39;empoisonnement &eacute;choua car, par miracle, l&#39;&eacute;paule d&#39;agneau se mit &agrave; parler et supplia le Proph&egrave;te de ne pas la manger. Version plus terre-&agrave;-terre&nbsp;: Mahomet recracha le morceau de viande, sentant qu&#39;elle &eacute;tait empoisonn&eacute;e, tandis que son ami la mangea et mourut. Puis le Proph&egrave;te, sain et sauf, se leva et s&#39;en alla. Mais en 632, lorsqu&#39;il meurt de maladie, le souvenir de cet &eacute;pisode va conduire certains biographes &agrave; &eacute;mettre l&#39;hypoth&egrave;se d&#39;un empoisonnement lent. Selon eux, les compagnons de Mahomet racont&egrave;rent que sur son lit de mort, celui-ci leur confia lui-m&ecirc;me que sa maladie &eacute;tait le r&eacute;sultat de cet empoisonnement. Il en alla de m&ecirc;me, en 634, pour le premier calife Abou Bakr, beau-p&egrave;re et successeur du Proph&egrave;te. Selon Al-Tabari, grand collectionneur de &quot;traditions&quot; concernant les faits et dits du Proph&egrave;te, le calife Abou Bakr, invit&eacute; &agrave; manger chez un juif, se vit pr&eacute;senter un plat de riz suspect. Harith, m&eacute;decin des Arabes, en prit une bouch&eacute;e et la rejeta en disant: &quot;Il y a dans ce riz un poison qui tue au bout d&#39;un an.&quot; Or, le calife mourut un an plus tard au terme d&#39;une maladie qui dura deux semaines, et au m&ecirc;me &acirc;ge que Mahomet (7). C&#39;est pourquoi, selon la tradition, ceux qui meurent empoisonn&eacute;s peuvent &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme des martyrs&nbsp;: &quot;Ceux qui meurent par le poison sont aussi martyrs&quot;, &eacute;crit Al-Tabari (8). Si la bataille de Khaybar est devenue, dans la culture islamique, le symbole de la victoire des musulmans sur les juifs, la pr&eacute;tendue tentative d&#39;empoisonnement du Proph&egrave;te par une femme juive a l&eacute;gitim&eacute; les accusations visant les juifs en tant que comploteurs et empoisonneurs, donc criminels. La victoire musulmane de Khaybar a notamment inspir&eacute; un chant mena&ccedil;ant souvent entonn&eacute; lors de manifestations anti-isra&eacute;liennes au Proche-Orient: &quot;Khaybar, Khaybar, &Ocirc; juifs, l&#39;arm&eacute;e de Mohammed reviendra&quot;. Le Hezbollah libanais propose cette adaptation: &quot;Khaybar, Khaybar, &Ocirc; sionistes, le Hezbollah arrive&quot;.<\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\tDans la rh&eacute;torique &quot;antisioniste&quot; d&#39;inspiration islamique, une place importante est faite au topos de la menace, sous la forme d&#39;une promesse de revanche ou de vengeance. C&#39;est sur la bataille de Khaybar et l&#39;enseignement qu&#39;en doivent tirer les musulmans que porte le discours, p&eacute;tri de haine et de ressentiment &agrave; l&#39;&eacute;gard des &laquo;&nbsp;descendants des singes et des porcs&nbsp;&raquo;, prononc&eacute; par le pr&eacute;dicateur &eacute;gyptien Hazem Shuman le 31 octobre 2009 sur la cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision &eacute;gyptienne Al-Rahma:<\/p>\n<blockquote style=\"margin: 15px 0px; padding: 15px; list-style: none; border: 1px solid rgb(204, 204, 204); background-color: rgb(240, 240, 240);\"><p>\n\t\t\t&quot;Le cours de ce soir est l&#39;un des plus importants de la s&eacute;rie. Ce soir, nous allons parler de la bataille de Khaybar, la plus grande bataille du proph&egrave;te Mahomet (contre les juifs), par laquelle le Proph&egrave;te a effac&eacute; toute pr&eacute;sence juive &agrave; M&eacute;dine. [&#8230;] La premi&egrave;re chose que le Proph&egrave;te a faite apr&egrave;s sa victoire du trait&eacute; de Houdaibiya, apr&egrave;s avoir stabilis&eacute; l&#39;&Eacute;tat musulman et neutralis&eacute; le front kora&iuml;chite &#8211; la premi&egrave;re mission du proph&egrave;te Mahomet, sa premi&egrave;re campagne, a &eacute;t&eacute; men&eacute;e contre les juifs de Khaybar. C&#39;est enfin votre tour, &agrave; vous descendants des singes et des porcs, les cr&eacute;atures les plus maudites qu&#39;Allah ait cr&eacute;&eacute;es, vous qui avez maintes fois nui au Proph&egrave;te. Vingt jours seulement apr&egrave;s le Trait&eacute; de Houdaibiya, le Proph&egrave;te d&eacute;cida d&#39;emmener l&#39;arm&eacute;e de l&#39;islam &agrave; Khaybar. Pourquoi les juifs en particulier&nbsp;? C&#39;est un fait av&eacute;r&eacute; que les juifs sont comme le cancer&nbsp;: si on ne les retire pas du corps de la nation, ils la tueront int&eacute;gralement. Si on ne s&#39;&eacute;tait pas occup&eacute; des juifs, ils auraient amen&eacute; Perses et Byzantins dans la p&eacute;ninsule arabique. Les juifs sont dangereux pour le monde entier. Ils mena&ccedil;aient la stabilit&eacute; de la p&eacute;ninsule arabique. [&#8230;] Les juifs de Khaybar, en l&#39;an sept de l&#39;H&eacute;gire, &eacute;taient la r&eacute;plique de l&#39;&Eacute;tat d&#39;Isra&euml;l de 2009, pour ce qui est de l&#39;&eacute;conomie terrifiante qui a suc&eacute; le sang des Arabes, de l&#39;&eacute;quipement militaire et de leur sup&eacute;riorit&eacute; sur toute la r&eacute;gion, des colonies qui constituent l&#39;&Eacute;tat, des fortifications, comme cette barri&egrave;re de s&eacute;paration qu&#39;ils construisent aujourd&#39;hui. [&#8230;] Finalement (lors de la Bataille de Khaybar), Allah a donn&eacute; de la force aux musulmans, et ils ont lanc&eacute; une offensive-martyre contre les fortifications. Toute leur vie durant, ils ont &eacute;t&eacute; des h&eacute;ros en qu&ecirc;te de martyre, sacrifiant leur sang pour l&#39;islam. Ils ont pris d&#39;assaut la forteresse et captur&eacute; les juifs, pour la premi&egrave;re fois. Tous les autres juifs se sont enfuis. [&#8230;] Toute l&#39;arm&eacute;e musulmane a fonc&eacute; dans la forteresse finale, le c&oelig;ur plein de haine pour les juifs, et du profond d&eacute;sir de se venger des descendants des singes et des porcs. Tous les musulmans, hommes et femmes, ont charg&eacute;, habit&eacute;s du d&eacute;sir d&acute;exterminer les juifs. [&#8230;] Khaybar a trembl&eacute; au son du cri &#39;Allah Akbar&#39; et toute la p&eacute;ninsule Arabique a trembl&eacute; au cri victorieux &#39;d&#39;Allah Akbar&#39;. 1&nbsp;400 soldats ont vaincu 10.000 juifs. Les juifs ont &eacute;t&eacute; vaincus et la r&eacute;putation de l&acute;arm&eacute;e invincible a &eacute;t&eacute; bris&eacute;e. Apr&egrave;s un mois de si&egrave;ge et de terribles combats, les juifs ont &eacute;t&eacute; vaincus. La p&eacute;ninsule Arabique a retenti du cri &quot;Allah Akbar&quot;, et les juifs se sont effondr&eacute;s. Bient&ocirc;t le cri &quot;Allah Akbar&quot; retentira aux portes de J&eacute;rusalem et de la mosqu&eacute;e Al-Aqsa. Bient&ocirc;t, on entendra tonner &quot;Allah Akbar&quot; &#8211; le jour de la vengeance contre les juifs. Les juifs ont &eacute;t&eacute; vaincus. [&#8230;] J&#39;ai un message pour tous les juifs sur la surface de la Terre&nbsp;: l&#39;arm&eacute;e de Mahomet reviendra. &Ocirc; descendants des singes et des porcs, le jour de la vengeance approche. &Ocirc; vous les plus maudites cr&eacute;atures cr&eacute;&eacute;es par Allah, ceux qui ont jur&eacute; de mourir devant le proph&egrave;te Mahomet reviennent. Attendez-nous et vous allez voir, vous les plus maudites d&#39;entre les cr&eacute;atures (9).&quot;<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\tL&#39;accusation d&#39;empoisonnement, inscrite dans la tradition culturelle musulmane, est devenue un lieu commun de la rh&eacute;torique &quot;antisioniste&quot; contemporaine (10). L&#39;accusation de complot pour assassinat par empoisonnement a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e contre les Isra&eacute;liens aussit&ocirc;t apr&egrave;s la disparition de Yasser Arafat, d&eacute;c&eacute;d&eacute; de mort naturelle le 11 novembre 2004 sur le territoire fran&ccedil;ais, une accusation r&eacute;guli&egrave;rement reprise depuis par l&#39;OLP et divers milieux palestiniens (11). Du fait que les m&eacute;decins fran&ccedil;ais refus&egrave;rent de publier les r&eacute;sultats des examens toxicologiques pratiqu&eacute;s, cette mort entour&eacute;e de myst&egrave;re est devenue aussi g&ecirc;nante que suspecte (12). La g&ecirc;ne des milieux palestiniens venait de ce que certains experts, questionn&eacute;s sur les sympt&ocirc;mes apparents de la maladie d&#39;Arafat, avaient diagnostiqu&eacute; une cirrhose du foie ou encore le sida (13), maladies peu glorieuses pour un combattant arabo-musulman h&eacute;ro&iuml;s&eacute;, &eacute;rig&eacute; depuis les ann&eacute;es 1970 en symbole de la cause palestinienne, Cause suppos&eacute;e &quot;pure&quot;. La conjonction du myst&egrave;re et de l&#39;inavouable a nourri l&#39;imagination conspirationniste (14). D&egrave;s le jour de la mort d&#39;Arafat, les Isra&euml;liens ont &eacute;t&eacute; accus&eacute;s d&#39;assassinat sans preuves, avant toute enqu&ecirc;te, par les Brigades des martyrs d&#39;Al-Aqsa, milice arm&eacute;e issue du Fatah et pratiquant les attentats-suicides. C&#39;est ainsi qu&#39;a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e la rumeur d&#39;un complot criminel organis&eacute; contre Arafat par les autorit&eacute;s isra&eacute;liennes. Cette rumeur pr&eacute;sentait le grand avantage d&#39;&ecirc;tre hautement vraisemblable, du moins pour le public arabo-musulman travaill&eacute; par la propagande &quot;antisioniste&quot; fond&eacute;e sur l&#39;assimilation des &quot;sionistes&quot; &agrave; des &quot;criminels&quot;. La rumeur &eacute;tait cr&eacute;dible parce que l&#39;opinion palestinienne s&#39;y attendait: comme toutes les rumeurs ou les l&eacute;gendes contemporaines qui &quot;marchent&quot;, elle r&eacute;pondait &agrave; une demande sociale.<\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\tLe Premier ministre isra&eacute;lien, Ariel Sharon, ennemi d&eacute;clar&eacute; d&#39;Arafat, fut sans tarder d&eacute;sign&eacute; comme le principal coupable: le st&eacute;r&eacute;otype du &quot;boucher de Sabra et Chatila&quot; s&#39;accordait fort bien avec l&#39;accusation de complot criminel contre Arafat. Les dirigeants palestiniens d&eacute;nonc&egrave;rent d&#39;une fa&ccedil;on quasi unanime l&#39;assassinat par empoisonnement, th&egrave;se qui leur permettait de pr&eacute;server l&#39;image h&eacute;ro&iuml;que du grand leader disparu. Ils &eacute;taient en phase avec l&#39;opinion: selon un sondage effectu&eacute; aupr&egrave;s de ses t&eacute;l&eacute;spectateurs par la cha&icirc;ne satellitaire Al-Arabiya, 83,2% d&#39;entre eux croyaient &agrave; la th&egrave;se de l&#39;empoisonnement. Cette accusation diabolisante a certes aliment&eacute; la propagande anti-isra&eacute;lienne, mais elle a rempli une tout autre fonction, relevant de l&#39;imaginaire religieux. En un sens, comme l&#39;a fait observer l&#39;historien Franck Collard, aux yeux de ceux qui accusent &quot;les juifs&quot; ou &quot;les sionistes&nbsp;&raquo; de l&#39;avoir empoisonn&eacute;, Arafat est magnifi&eacute; par cette mort qui le rapproche du Proph&egrave;te. Elle illustre un processus bien connu&nbsp;: celui de &laquo;&nbsp;l&#39;h&eacute;ro&iuml;sation du combattant mort invaincu&quot; (15). La mort d&#39;Arafat par empoisonnement, paraissant confirmer une rumeur antijuive depuis longtemps fix&eacute;e, pr&eacute;sente l&#39;avantage symbolique d&#39;assimiler le Ra&iuml;s &quot;aux premiers chefs de l&#39;Islam et corrobore la perfidie de l&#39;ennemi originel&quot; (16). Fabriqu&eacute;e sur la base d&#39;un vieux st&eacute;r&eacute;otype antijuif, la rumeur de l&#39;empoisonnement du pr&eacute;sident de l&#39;Autorit&eacute; palestinienne s&#39;est transform&eacute;e en accusation officielle d&#39;assassinat politique, pr&eacute;sent&eacute; comme le r&eacute;sultat d&#39;une conspiration isra&eacute;lienne ou isra&eacute;lo-palestinienne, mettant en cause Ariel Sharon et, pour certains (le leader historique de l&#39;OLP Farouq Kaddoumi, &agrave; la suite des dirigeants du Hamas), Mahmoud Abbas et Mohammed Dahlan (17). Pour ceux qui accusent d&#39;assassinat le g&eacute;n&eacute;ral Sharon, il est clair que cette accusation revient &agrave; ravaler ce dernier au &quot;mis&eacute;rable niveau des juifs de Khaybar, justifiant le long et intransigeant combat men&eacute; par les Arabes contre les fils d&#39;Isaac, &eacute;ternels pers&eacute;cuteurs de ceux d&#39;Isma&euml;l&quot; (18).<\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\tLors de la sixi&egrave;me assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale du Fatah, tenue le 6 ao&ucirc;t 2009 &agrave; Bethl&eacute;em, a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e une commission sp&eacute;ciale charg&eacute;e d&#39;enqu&ecirc;ter sur la mort d&#39;Arafat (19). Les 2200 d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s du Fatah ont adopt&eacute; une r&eacute;solution &quot;faisant porter &agrave; Isra&euml;l, en tant que force occupante, l&#39;enti&egrave;re responsabilit&eacute; pour l&#39;assassinat du martyr Yasser Arafat&quot;. Dans l&#39;&eacute;dition fran&ccedil;aise, parue en octobre 2009 dans une collection sp&eacute;cialis&eacute;e dans les pamphlets conspirationnistes (notamment sur le 11-Septembre), du livre apolog&eacute;tique de la journaliste Isabel Pisano, Yasser Arafat, intime. La passion de la Palestine (20), deux textes conspirationnistes sont consacr&eacute;s &agrave; la th&egrave;se de l&#39;empoisonnement d&#39;Arafat&nbsp;: l&#39;un d&#39;Isabel Pisano, intitul&eacute;&nbsp;<em style=\"padding-right: 0px; list-style: none; margin: 0px; border: none;\">Mort naturelle ou assassinat d&#39;&Eacute;tat&nbsp;?<\/em>&nbsp;(p. 313-327, postface &agrave; l&#39;&eacute;dition fran&ccedil;aise, dat&eacute;e du 29 ao&ucirc;t 2009), et l&#39;autre sign&eacute; Thierry Meyssan, titr&eacute;&nbsp;<em style=\"padding-right: 0px; list-style: none; margin: 0px; border: none;\">Les circonstances politiques de la mort de Yasser Arafat<\/em>&nbsp;(p. 349-354). Meyssan, &eacute;galement auteur des annexes de l&#39;ouvrage (p. 357-403), d&eacute;nonce dans son texte un &quot;complot&quot; pour tuer Arafat, co-organis&eacute; par l&#39;administration Bush, le Premier ministre Ariel Sharon et deux hauts responsables palestiniens, Mahmoud Abbas et Mohammed Dahlan. Il raconte ainsi la fin du Ra&iuml;s dans un h&ocirc;pital militaire en France : &quot;Les m&eacute;decins ne parviennent pas &agrave; isoler le poison d&#39;autant que ses assassins lui ont &eacute;galement inocul&eacute; le r&eacute;trovirus du sida rendant illisibles tous les examens. Il tombe dans le coma&nbsp;&raquo; (p. 354). Si ces deux textes ont &eacute;t&eacute; ajout&eacute;s &agrave; la traduction fran&ccedil;aise de l&#39;ouvrage (pr&eacute;fac&eacute; par Tariq Ramadan) dont la premi&egrave;re &eacute;dition espagnole date de 2005, c&#39;est dans le cadre d&#39;une op&eacute;ration de propagande visant &agrave; justifier la d&eacute;cision, prise &agrave; la sixi&egrave;me assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale du Fatah (6 ao&ucirc;t 2009), de charger une commission sp&eacute;ciale d&#39;enqu&ecirc;ter sur la mort d&#39;Arafat, et de diffuser la th&egrave;se du complot criminel mettant en cause Abbas et Dahlan, que les plus radicaux des dirigeants palestiniens veulent &eacute;liminer.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\tLe v&oelig;u le plus cher du Ra&iuml;s s&#39;est ainsi r&eacute;alis&eacute; dans l&#39;univers symbolique des d&eacute;clarations officielles de ses fid&egrave;les. Le deuxi&egrave;me jour du si&egrave;ge de la Mouqata&#39;a, son quartier-g&eacute;n&eacute;ral situ&eacute; &agrave; Ramallah o&ugrave; il &eacute;tait confin&eacute; depuis le 29 mars 2002, Arafat avait fait, sur la cha&icirc;ne Al-Jazira, une d&eacute;claration diffus&eacute;e en boucle durant la p&eacute;riode des combats&nbsp;: &quot;Ils veulent me voir prisonnier, ils veulent me voir traqu&eacute;. Mais, moi, je leur dis&nbsp;: Non. Seulement martyr, martyr, martyr (21)&#8230;&quot; Sept ans plus tard, l&#39;aspirant-martyr est devenu un martyr officiel. Le petit-fils du fondateur des Fr&egrave;res musulmans, l&#39;islamiste &quot;mod&eacute;r&eacute;&quot; Tariq Ramadan le c&eacute;l&egrave;bre avec des accents tiers-mondistes &#8211; sur le refrain de la &quot;juste lutte des opprim&eacute;s&nbsp;&raquo; \u2011 dans sa pr&eacute;face au livre hagiographique d&#39;Isabel Pisano sur le &quot;shahid&quot;: &quot;On peut ostraciser et\/ou &eacute;liminer des leaders, on n&#39;annihile jamais les causes justes. Le symbole Yasser Arafat aujourd&#39;hui disparu laisse bien vivante la cause palestinienne &agrave; laquelle les consciences justes adh&egrave;rent naturellement. C&#39;est le message d&#39;Isabel Pisano, c&#39;est le message de tous les t&eacute;moins d&#39;injustices, c&#39;est le message de tous les opprim&eacute;s et le message enfin des Palestiniens&nbsp;: ne jamais c&eacute;der (22).&quot; Tel est le bon usage des &quot;martyrs&quot;: transformer une cause quelconque en une &quot;cause juste&quot;.<\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\tLe st&eacute;r&eacute;otype du juif &quot;empoisonneur&quot;, pr&eacute;sent dans la culture islamique depuis les origines, s&#39;est r&eacute;inscrit dans le discours nationaliste arabe au cours du XXe&nbsp;si&egrave;cle, en fusionnant avec des emprunts &agrave; la th&eacute;matique antijuive europ&eacute;enne, en particulier &agrave; la litt&eacute;rature antitalmudiste qui, traduite en arabe d&egrave;s la fin du XIXe&nbsp;si&egrave;cle, a largement diffus&eacute; le th&egrave;me du crime rituel juif, entrecroisant celui de &quot;l&#39;assassinat talmudique&quot; (23). Sous l&#39;influence des nazis, dans les ann&eacute;es&nbsp;1930 et&nbsp;1940, le &quot;Grand Mufti&quot; Haj Amin al-Husseini a adopt&eacute; les images bio-m&eacute;dicales pathologisantes du juif, en tant &quot;qu&#39;insecte&quot; propagateur de maladies, &quot;bacille&quot; ou &quot;virus&quot;. En m&ecirc;me temps, le &quot;Grand Mufti&quot; soutenait que le Coran expliquait clairement leurs caract&eacute;ristiques n&eacute;gatives24. Dans son discours de propagande, l&#39;alli&eacute; admiratif des nazis a en outre anticip&eacute; l&#39;image r&eacute;cente du juif comme belliciste. Il acceptait en effet la croyance d&#39;Hitler que les juifs &eacute;taient les v&eacute;ritables manipulateurs et b&eacute;n&eacute;ficiaires des efforts de guerre des Alli&eacute;s contre l&#39;Axe. Le discours qu&#39;il pronon&ccedil;a &agrave; Berlin le 2 novembre 1943, &agrave; l&#39;occasion d&#39;un meeting de protestation contre la D&eacute;claration Balfour, constitue un parfait condens&eacute; de ces th&egrave;mes d&#39;accusation&nbsp;: il y affirme notamment que les juifs, croyant que &quot;tout a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; pour eux et que les autres peuples sont des animaux&nbsp;&raquo;, ne peuvent vivre que &quot;comme des parasites parmi les nations, leur su&ccedil;ant le sang, volant leurs biens, corrompant leurs m&oelig;urs&quot; (25). Richard Breitman note justement: &quot;Ce que tous les antis&eacute;mites radicaux ont en commun est une vision parano&iuml;aque et conspirationniste des juifs et, plus largement, du monde lui-m&ecirc;me (26).&quot; En outre, &quot;une fois que de telles visions sont implant&eacute;es, elles tendent &agrave; persister, se transmettant &agrave; travers les g&eacute;n&eacute;rations, pour devenir une partie d&#39;une culture ou d&#39;une sous-culture&quot; (27). Nous pouvons v&eacute;rifier tous les jours la justesse de cette consid&eacute;ration.<\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\t______________<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t<em style=\"padding-right: 0px; list-style: none; margin: 0px; border: none;\">(1) Extraits de Pierre-Andr&eacute; Taguieff, La Nouvelle Propagande antijuive, Paris, PUF, 2010.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(2) Sayyid Qutb, cit&eacute; par Paul Berman, Les Habits neufs de la terreur [2004], tr. fr. Richard Robert, Paris, Hachette Litt&eacute;ratures, 2004, p. 114.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(3) Voir, par exemple, du grand sp&eacute;cialiste du &quot;crime rituel juif&quot; qu&#39;&eacute;tait Johann von Leers: &quot;Die Kriminalit&auml;t des Judentums&quot;, in Das Judentum in der Rechtswissenschaft, vol. 3&nbsp;: Judentum und Verbrechen, Berlin, Deutscher Rechts-Verlag, 1936, p. 5-60&nbsp;; id., pr&eacute;face (&quot;Vorwort&quot;) &agrave; Hellmut Schramm, Der j&uuml;dische Ritualmord. Eine historische Untersuchung, Berlin, Theodor Fritsch Verlag, 1943 (3e &eacute;d., 1944), p. XI-XVII ; id., Die Verbrechernatur der Juden, Berlin, Paul Hochmuth, 1944. Sur ce type d&#39;argumentation antijuive, voir P.-A. Taguieff, La Jud&eacute;ophobie des Modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 287 sq.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(4) Richard Breitman, &laquo;&nbsp;Muslim Anti-Semitism&nbsp;: Historical Background&nbsp;&raquo;, Current Psychology, 26 (3-4), Special Issue, 2007, p. 213-222&nbsp;; http:\/\/www.schaler.net\/Breitman.pdf.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(5) Sur les accusations antijuives transmises dans la culture islamique, voir notamment Bernard Lewis, S&eacute;mites et antis&eacute;mites, Paris, Fayard, 1987, p. 146-176, 213-342&nbsp;; Robert S. Wistrich, Antisemitism: The Longest Hatred, Londres, Thames Methuen, 1991, p. 195-267&nbsp;; Anne-Marie Delcambre, L&#39;Islam des interdits, Paris, Descl&eacute;e de Brouwer, 2003, p. 45-53&nbsp;; Andrew G. Bostom (ed.), The Legacy of Islamic Antisemitism: From Sacred Texts to Solemn History, foreword by Ibn Warraq, Amherst, New York, Prometheus Books, 2008.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(6) Voir Norman A. Stillman, The Jews of Arab Lands: A History and Source Book, Philadelphie, PA, The Jewish Publication Society of America, 1979&nbsp;p. 129-136, 145-149&nbsp;; Bernard Lewis, Juifs en terre d&#39;Islam [1984], tr. fr. Jacqueline Carnaud, Paris, Calmann-L&eacute;vy, 1986, puis Flammarion, coll. Champs, 1989, p. 25-26&nbsp;; Andrew G. Bostom (ed.), The Legacy of Islamic Antisemitism, op. cit., p. 285-295, 297.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(7) Franck Collard, Pouvoir et poison. Histoire d&#39;un crime politique de l&#39;Antiquit&eacute; &agrave; nos jours, Paris, Le Seuil, 2007, p. 286-287.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(8) Al-Tabari, cit&eacute; par Franck Collard, Pouvoir et poison, op. cit., p. 287.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(9) &quot;Message de Hazem Shuman, pr&eacute;dicateur &eacute;gyptien, &quot;&agrave; chaque Juif sur la surface de la Terre&quot; :<a href=\"http:\/\/www.memri.org\/bin\/french\/latestnews.cgi?ID=FD13909\" style=\"color: rgb(5, 139, 123); list-style: none; margin: 0px; padding: 0px; border: none; outline: none;\" target=\"_hplink\">le jour de la vengeance approche<\/a>&quot;, MEMRI, D&eacute;p&ecirc;ches fran&ccedil;aises, n&deg; 139, 30 novembre 2009.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(10) Raphael Israeli, Poison: Modern Manifestations of a Blood Libel, Lanham, MD, et Oxford (UK), Lexington Books, 2002&nbsp;; id., &laquo;&nbsp;Poison: The Use of Blood Libel in the War Against Israel&nbsp;&raquo;, Jerusalem Letter\/Viewpoints, Jerusalem Center for Public Affairs, n&deg; 476, 15 avril 2002, http:\/\/www.jcpa.org\/jl\/vp476.htm.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(11) Sans oublier les compagnons de route, de gauche et d&#39;extr&ecirc;me gauche, ou encore altermondialistes, de la nouvelle grande Cause r&eacute;put&eacute;e &quot;r&eacute;volutionnaire&quot; ou &quot;universelle&quot;. Voir par exemple Amnon Kapeliouk, &quot;Yasser Arafat a-t-il &eacute;t&eacute; assassin&eacute;?&quot;, Le Monde diplomatique, n&deg;&nbsp;620, novembre 2005, p.&nbsp;12 ; Stephen Lendman, &quot;Des preuves indiquent qu&#39;Ariel Sharon a ordonn&eacute; l&#39;assassinat de Yasser Arafat&quot; (3 janvier 2007), tr. fr. Mireille Delamarre, 6 juillet 2007, sur le site mondialisation.ca. Le journaliste isra&eacute;lien Amnon Kapeliouk &eacute;tait un ami intime de Yasser Arafat, auquel il a consacr&eacute; une biographie empathique&nbsp;: Arafat l&#39;irr&eacute;ductible, Paris, Fayard, 2004.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(12) La synth&egrave;se du rapport du service de r&eacute;animation de l&#39;h&ocirc;pital Percy, &agrave; Clamart (Hauts-de-Seine), n&#39;interdit aucune hypoth&egrave;se: &quot;Du d&eacute;bat &eacute;tabli entre un grand nombre d&#39;experts m&eacute;dicaux en toutes sortes de sp&eacute;cialit&eacute;s et de la lecture des r&eacute;sultats des examens effectu&eacute;s, il ressort qu&#39;il n&#39;est pas possible d&#39;&eacute;tablir la cause expliquant les syndromes qui ont entra&icirc;n&eacute; le d&eacute;c&egrave;s du patient Arafat&quot; (cit&eacute; par Amos Harel et Avi Isacharoff, La Septi&egrave;me guerre d&#39;Isra&euml;l. Comment nous avons gagn&eacute; la guerre contre les Palestiniens et pourquoi nous l&#39;avons perdue [2004], tr. fr. Jean-Luc Allouche, Paris, Hachette Litt&eacute;ratures, et Paris-Tel-Aviv, &Eacute;ditions de l&#39;&eacute;clat, 2005, p. 475).&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(13) D&#39;autres sp&eacute;cialistes consult&eacute;s ont formul&eacute; l&#39;hypoth&egrave;se d&#39;une infection bact&eacute;rienne, et plus pr&eacute;cis&eacute;ment celle d&#39;une diverticulose. Sur ces diff&eacute;rentes hypoth&egrave;ses, voir Steven Erlanger and Lawrence K. Altman, &quot;Medical Records Say Arafat Died From a Stroke&quot;, The New York Times, 8 septembre 2005&nbsp;; Amos Harel, &laquo;&nbsp;Experts: Yasser Arafat Died of AIDS or Poisoning&nbsp;&raquo;, Haaretz, 8 septembre 2005&nbsp;; Amos Harel et Avi Isacharoff, La Septi&egrave;me guerre d&#39;Isra&euml;l, op. cit., p.&nbsp;475-497 ; id., &quot;Arafat-Israel Murder Conspiracy Is Back From the Dead&quot;, Haaretz, 7 ao&ucirc;t 2009.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(14) Voir Rudy Reichstadt,<a href=\"http:\/\/www.reichstadt.info\/complotisme\/Il-y-a-cinq-ans,-la-mort-de-Yasser-Arafat-et-la-naissance-d-une-theorie-du-complot_a451.html\" style=\"color: rgb(5, 139, 123); list-style: none; margin: 0px; padding: 0px; border: none; outline: none;\" target=\"_hplink\">&nbsp;&quot;Il y a cinq ans, la mort de Yasser Arafat&#8230; et la naissance d&#39;une th&eacute;orie du complot&quot;<\/a>, Conspiracy Watch, 12 novembre 2009.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(15) Franck Collard, Pouvoir et poison, op. cit., p. 285.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(16) Ibid., p. 287. Voir aussi Franck Collard,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.geographie-histoire.info\/Cafeshistoriques\/Cafepoison.htm\" style=\"color: rgb(5, 139, 123); list-style: none; margin: 0px; padding: 0px; border: none; outline: none;\" target=\"_hplink\">&quot;Le r&ocirc;le du poison dans l&#39;histoire&quot;<\/a>, 12 f&eacute;vrier 2008.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(17) Farouq Qaddoumi: &quot;President Abbas Killed Yassir Arafat&quot;, The Media Line Staff, 14 juillet 2009.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(18) Franck Collard, Pouvoir et poison, op. cit., p. 287.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(19) Voir Khaled Abu Toameh,&nbsp;<a href=\"http:\/\/fr.jpost.com\/servlet\/Satellite?cid=1249418542177&amp;pagename=JFrench%2FJPArticle%2FshowFull\" style=\"color: rgb(5, 139, 123); list-style: none; margin: 0px; padding: 0px; border: none; outline: none;\" target=\"_hplink\">&quot;Le Fatah enqu&ecirc;te sur la mort d&#39;Arafat&quot;<\/a>, Jerusalem Post (&eacute;dition fran&ccedil;aise), 6 ao&ucirc;t 2009. Sur cette affaire, voir Franck Collard, &quot;Arafat, Mahomet et le poison&quot;, L&#39;Histoire, n&deg; 295, f&eacute;vrier 2005, p. 20-21 ; id., Pouvoir et poison, op. cit., p. 285-287&nbsp;; Emmanuel Ta&iuml;eb,&nbsp;&quot;Rumeurs politiques et r&eacute;gime m&eacute;diatique&nbsp;: la mort d&#39;Arafat&quot;, Quaderni, n&deg; 58, automne 2005, p.&nbsp;5-13 ; id., &quot;La &#39;rumeur&#39; des journalistes&quot;, Diog&egrave;ne, n&deg; 213, janvier-mars 2006, p.&nbsp;133-152 ; Rudy Reichstadt, &quot;Il y a cinq ans, la mort de Yasser Arafat&#8230; et la naissance d&#39;une th&eacute;orie du complot&quot;, art. cit.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(20) Isabel Pisano, Yasser Arafat, intime. La passion de la Palestine [2005, 2009], tr. fr. Gisela Bulwa, Gen&egrave;ve, &Eacute;ditions Tim&eacute;li, et Paris, &Eacute;ditions Demi-Lune, 2009. La conclusion de l&#39;ouvrage se termine par une c&eacute;l&eacute;bration de la m&eacute;moire du &quot;Grand Mufti&quot; de J&eacute;rusalem, Haj Amin al-Husseini, &quot;ce jeune homme membre de la famille de Zahoua, la m&egrave;re de Yasser Arafat&quot; (p. 346). Le s&eacute;rieux de l&#39;ouvrage, publi&eacute; dans une collection baptis&eacute;e &quot;R&eacute;sistances&quot;, est garanti, aux yeux des &quot;antisionistes&quot; tout au moins, par la pr&eacute;face sign&eacute;e Tariq Ramadan et les annexes dues &agrave; Thierry Meyssan, dont les deux best-sellers (L&#39;Effroyable imposture et Le Pentagate) sont r&eacute;&eacute;dit&eacute;s en un volume de la collection &quot;R&eacute;sistances&quot;, sp&eacute;cialis&eacute;e dans la publication de pamphlets d&eacute;non&ccedil;ant la &quot;version officielle&quot; du 11-Septembre. Dans ses annexes, monument d&#39;inculture historique et de d&eacute;sinformation, l&#39;id&eacute;ologue conspirationniste affirme sans vergogne que ledit &quot;Grand Mufti&quot;, dont la carri&egrave;re politique est jalonn&eacute;e de pogroms et de meurtres (il &eacute;liminait physiquement tous ses rivaux et ses opposants), &quot;choisit la non-violence&quot; (p. 380). Par un effet de comique involontaire, Meyssan pr&eacute;sente le Hamas comme un &quot;parti politique islamiste progressiste&quot; (p. 359). Quant aux Fr&egrave;res musulmans, il s&#39;agit d&#39;une &quot;confr&eacute;rie politico-religieuse cr&eacute;&eacute;e en &Eacute;gypte en 1928 [&#8230;] pour lutter culturellement contre l&#39;imp&eacute;rialisme britannique&quot; (p. 358). L&#39;islamisme est ainsi plac&eacute; sous le signe du &quot;progressisme&quot; et de la juste &quot;lutte culturelle&quot; contre &quot;l&#39;imp&eacute;rialisme&quot;.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(21) Yasser Arafat, cit&eacute; par Amos Harel et Avi Isacharoff, La Septi&egrave;me guerre d&#39;Isra&euml;l, op. cit., p. 299.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(22) Tariq Ramadan, pr&eacute;face &agrave; Isabel Pisano, Yasser Arafat, intime, op. cit., p. 14.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(23) Voir Sylvia G. Haim, &quot;Arabic Antisemitic Literature: Some Preliminary Notes&quot;, Jewish Social Studies, 17 (4), octobre 1955, p. 307 sq.&nbsp;; Yehoshafat Harkabi, Arab Attitudes to Israel [1968], tr. angl. Misha Louvish [1972], 2e &eacute;d., J&eacute;rusalem, Israel Universities Press, 1974, p. 270-274&nbsp;; Bernard Lewis, Juifs en terre d&#39;Islam, op. cit., p. 209 sq.&nbsp;; Id., S&eacute;mites et antis&eacute;mites, op. cit., p.&nbsp;167 sq. ; Norman A. Stillman, &quot;Antisemitism in the Contemporary Arab World&quot;, in Michael Curtis (ed.), Antisemitism in the Contemporary World, Boulder, CO, et Londres,Westview Press, 1986, p. 75&nbsp;; P.-A. Taguieff, La Jud&eacute;ophobie des Modernes, op. cit., p.&nbsp;294 sq. Pour les d&eacute;veloppements contemporains, voir Rivka Yadlin, &quot;Th&eacute;ologie et id&eacute;ologie antis&eacute;mites dans le monde arabe&quot;, in L&eacute;on Poliakov (dir.), Histoire de l&#39;antis&eacute;mitisme 1945-1993, Paris, Le Seuil, 1993, p. 356-383&nbsp;; id., &quot;Anti-Jewish Imagery in the Contemporary Arab-Muslim World&quot;, in Robert S. Wistrich (ed.), Demonizing the Other: Antisemitism, Racism and Xenophobia [1999], r&eacute;&eacute;d., Londres et New York, Routledge, 2003, p. 310-322&nbsp;; Robert S. Wistrich, Muslim Anti-Semitism: A Clear and Present Danger, New York, The American Jewish Committee, 2002.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(24) Martin C&uuml;ppers, Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gamm&eacute;e. Le Troisi&egrave;me Reich, les Arabes et la Palestine, op. cit., p.&nbsp;134 sq.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(25) Voir Dennis Praeger and Joseph Telushkin, Why the Jews: The Reason for Antisemitism, New York et Londres, A Touchstone Book, 2003, p. 107&nbsp;; Jennie Lebel, The Mufti of Jerusalem: Haj-Amin el-Husseini and National-Socialism, tr. angl. Paul M&uuml;nch, Belgrade, Chigoja stampa, 2007, p. 155-157&nbsp;; Jeffrey Herf, Nazi Propaganda for the Arab World, New Haven et Londres, Yale University Press, 2009, p. 185.&nbsp;<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(26) Richard Breitman, &quot;Muslim Anti-Semitism: Historical Background&quot;, art. cit.<br style=\"list-style: none; margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; border: none; display: block;\" \/><br \/>\n\t\t\t(27) Id.<\/em><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 14px; list-style: none; padding: 0px; border: none;\">\n\t\t\thttp:\/\/www.huffingtonpost.fr\/<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Arafat: origines et actualit&eacute; de l&#39;accusation &quot;d&#39;empoisonnement par les juifs&quot; &nbsp; Pierre-Andr&eacute; Taguieff Philosophe, politologue et historien des id&eacute;es &nbsp; L&#39;accusation de &quot;conspiration&quot; repr&eacute;sente le grand th&egrave;me antijuif commun &agrave; la jud&eacute;ophobie europ&eacute;o-chr&eacute;tienne et &agrave; la jud&eacute;ophobie arabo-musulmane. 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Dans son commentaire de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17531,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[237,75,115,27,49,63,11,14,55,1,114],"tags":[],"class_list":["post-5649","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ariel-sharon","category-berlin","category-fatah","category-hamas","category-hizballah","category-mahmoud-abbas","category-moyen-orient","category-paris","category-proche-orient","category-uncategorized","category-yasser-arafat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5649","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5649"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5649\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17531"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5649"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5649"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5649"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}