{"id":5669,"date":"2012-11-30T18:13:13","date_gmt":"2012-11-30T18:13:13","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5669"},"modified":"2012-11-30T18:13:13","modified_gmt":"2012-11-30T18:13:13","slug":"la-tunisie-au-bord-dune-seconde-revolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-tunisie-au-bord-dune-seconde-revolution\/","title":{"rendered":"La Tunisie au bord d\u2019une seconde r\u00e9volution"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"p1\">\n\tLa Tunisie au bord d&rsquo;une seconde r&eacute;volution<\/h3>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLE KEF. &#8211; Mardi matin, la ville de Siliana avait d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale suite &agrave; un conflit entre une syndicaliste frapp&eacute;e &ndash; gifl&eacute;e &ndash; par le secr&eacute;taire du Gouverneur. Plus de 7000 personnes se sont rassembl&eacute;s devant le si&egrave;ge du Gouverneur. Quelques pierres furent jet&eacute;es contre ce lieu de pouvoir, rien d&rsquo;exceptionnel sur l&rsquo;&eacute;chelle de la col&egrave;re. Alors la police r&eacute;prima avec une violence incroyable les hommes, femmes r&eacute;unis pour demander que leur r&eacute;gion se d&eacute;veloppe. Car la situation sociale est dramatique pour beaucoup d&rsquo;entre eux. J&rsquo;ai moi m&ecirc;me raccompagn&eacute; en voiture une journaliste de Radio Le Kef (radio d&rsquo;Etat suppos&eacute;e irr&eacute;prochable avec le droit du travail) &agrave; 10 kms de son travail, dans un no man&rsquo;s land priv&eacute; d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. Son p&egrave;re est handicap&eacute;, sa m&egrave;re canc&eacute;reuse, sa s&oelig;ur divorc&eacute;e et m&egrave;re d&rsquo;un enfant de sept ans dont le p&egrave;re a oubli&eacute; l&rsquo;existence. Inutile d&rsquo;accumuler les t&eacute;moignages, la situation est la m&ecirc;me que sous Ben Ali. Et quand j&rsquo;&eacute;voque le sujet avec le directeur de cette radio, il me r&eacute;pond, &laquo;&nbsp;je n&rsquo;y peux rien&nbsp;&raquo;. L&rsquo;administration serait plus forte que son patron. Foutaises.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&rsquo;embrasement qui se produit &agrave; Siliana a une seule explication&nbsp;: la brutalit&eacute; polici&egrave;re. Matraque, tabassage en r&egrave;gle d&rsquo;individus, gaz lacrymog&egrave;nes &agrave; volont&eacute;, descente nocturne &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital en salle d&rsquo;op&eacute;ration, tirs &agrave; la carabine (une arme fort peu polici&egrave;re) dans le visage des protestataires. Bilan&nbsp;: plus de 300 bless&eacute;s, dont une trentaine transport&eacute;e &agrave; Tunis afin de se faire soigner les yeux cribl&eacute;s de chevrotine. Certains ont perdu la vue.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tA cette r&eacute;pression digne de Zaba, le Premier Ministre Hamadi Jebali a r&eacute;pondu que &laquo;&nbsp;le d&eacute;gage c&rsquo;est fini&nbsp;&raquo; et que les manifestants &eacute;taient soient des voyous soient des opposants politiques. Cette forme de non recevoir ressemble &agrave; celle de Ben Ali en janvier 2011 lorsqu&rsquo;il faisait dire par certains journalistes de Watanya 1 que les manifestants &eacute;taient des &laquo;&nbsp;terroristes&nbsp;&raquo;. Le feu a pris &agrave; Siliana. D&eacute;sormais la plupart des tunisiens est choqu&eacute;e par cette violence du Minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur. Comment justifier que six voitures de police d&eacute;barque &agrave; l&rsquo;H&ocirc;pital de Siliana durant la nuit, que les agents du MI fassent irruption pour arr&ecirc;ter des bless&eacute;s&nbsp;en cours d&rsquo;op&eacute;ration? Depuis la fin de la dictature, ce genre d&rsquo;attitude semblait interdit. Le parti au pouvoir, Ennahdha, en a d&eacute;cid&eacute; autrement. En rel&eacute;guant aux calendes grecques les &eacute;lections (au mieux en 2014), en faisant trainer l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;une nouvelle Constitution ( promesse&nbsp;: un an pas plus pour l&rsquo;&eacute;crire), le parti du Cheikh Ghannouchi a d&eacute;cid&eacute; de se moquer du peuple. De faire comme bon lui semble. Comme sous Ben Ali. Ce que les tunisiens n&rsquo;acceptent pas. Ce soir, jeudi 29 novembre, la Tunisie est au bord d&rsquo;une seconde r&eacute;volution. Elle sera plus radicale, plus violente. La jeunesse (plus de 30% de la population) est en col&egrave;re. En rage. Pas de travail, pas de perspectives, pas d&rsquo;espoir. Ennahdha a voulu parler m&oelig;urs, alcools, chambre &agrave; coucher. Mais les tunisiens n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;un censeur de leur vie priv&eacute;e. Ils veulent du travail, de la s&eacute;curit&eacute;, de la justice sociale. Que celui de La Marsa soit trait&eacute; comme celui de Kasserine.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCe que j&rsquo;ai vu ces jours-ci prouvent que le pouvoir en place n&rsquo;a rien fait pour les d&eacute;munis, les sans-rien, les pauvres. C&rsquo;est d&eacute;gueulasse.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\thttp:\/\/lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com\/archive\/2012\/11\/29\/la-tunisie-au-bord-d-une-seconde-revolution.html<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La Tunisie au bord d&rsquo;une seconde r&eacute;volution &nbsp; &nbsp; LE KEF. &#8211; Mardi matin, la ville de Siliana avait d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale suite &agrave; un conflit entre une syndicaliste frapp&eacute;e &ndash; gifl&eacute;e &ndash; par le secr&eacute;taire du Gouverneur. Plus de 7000 personnes se sont rassembl&eacute;s devant le si&egrave;ge du Gouverneur. Quelques pierres furent&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17541,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[24,66,9,1],"tags":[],"class_list":["post-5669","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ben-ali","category-manitoba","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5669","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5669"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5669\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17541"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5669"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5669"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5669"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}