{"id":5743,"date":"2012-12-13T18:50:19","date_gmt":"2012-12-13T18:50:19","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5743"},"modified":"2012-12-13T18:50:19","modified_gmt":"2012-12-13T18:50:19","slug":"il-etait-une-fois-le-haggadah-de-sarajevo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/il-etait-une-fois-le-haggadah-de-sarajevo\/","title":{"rendered":"Il \u00e9tait une fois&#8230; le Haggadah de Sarajevo"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl &eacute;tait une fois&#8230; le Haggadah de Sarajevo<\/p>\n<div style=\"font-size: 12px;\">\n<div property=\"content:encoded\">\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe destin tr&egrave;s mouvemente de &quot;Haggadah de Sarajevo&quot;, dont les origines remontent au&nbsp;Moyen &acirc;ge,&nbsp;continue comme un conte ancien.&nbsp;Le livre d&#39;une valeur&nbsp;inestimable&nbsp;est un manuscrit enlumin&eacute;, &eacute;crit en h&eacute;breu et&nbsp;repr&eacute;sente un des&nbsp;plus importants t&eacute;moignages de l&#39;art juif de l&#39;enluminure,&nbsp;de l&#39;&eacute;poque&nbsp;classique. Haggadah est actuellement conserve au Mus&eacute;e National de&nbsp;Bosnie-Herzegovine&nbsp;qui a r&eacute;cemment, ferm&eacute; ses portes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPeu expos&eacute;, seulement quatre jours&nbsp;par an, Haggadah, ce qui signifie &quot;r&eacute;cit&quot; en&nbsp;h&eacute;breu, est soumise a un r&eacute;gime particulier de conservation, sous une piramyde de verre.&nbsp;Actuellement seulement&nbsp;deux&nbsp; gardiens sont encore au Mus&eacute;e et les Sarajeviens se demandent, comment mieux prot&eacute;ger et assurer leur livre, le&nbsp;v&eacute;ritable joyau du patrimoine national et mondial.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDes oeuvres du niveau des chefs d&#39;oeuvre d&#39;Heinrich Aurhaym<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&quot;La Communaut&eacute; juive&quot; de Bosnie&nbsp;ne r&eacute;agit pas, puisque Haggadah est la propri&eacute;t&eacute; du&nbsp;Mus&eacute;e&nbsp;National et en charge de l&#39;&eacute;tat . Apr&egrave;s une curieuse et particuli&egrave;re&nbsp;initiative de&nbsp;la part de MOMA,&nbsp;qui envisage de l&#39;exposer &agrave; NYC&nbsp;au printemps prochain, en attendant la r&eacute;solution d&#39;une &eacute;ventuelle ouverture du Mus&eacute;e, dont des autorit&eacute;s refusent chaque contact avec les m&eacute;dias, Haggadah de Sarajevo est encore une fois le sujet depol&eacute;miques&nbsp;et des discussions interminables, une&nbsp;particularit&eacute; des Slaves du sud-est europ&eacute;en.&nbsp;Selon Elie Tauber, un des membres &nbsp;le plus actifs de la &quot;Communaut&eacute; juive&quot;, les autorit&eacute;s attendent la d&eacute;cision politique concernant la responsabilit&eacute; du Mus&eacute;e. Monsieur Tauber a aussi critiqu&eacute; l&#39;attitude des&nbsp; responsables qui gardent le pr&eacute;cieux r&eacute;cit dans une vitrine, au lieu de le montrer tous les jours au public, ce qui est devenu impossible.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tSelon les r&eacute;centes d&eacute;couvertes, le fameux&nbsp;codex&nbsp;h&eacute;bra&iuml;que, connu sous le nom Haggadah de Sarajevo&quot;, ne date pas&nbsp;de la&nbsp;&nbsp;fin du XIV si&egrave;cle et&nbsp;n&#39;est pas originaire de Barcelone. Il a &eacute;t&eacute; fabriqu&eacute; sur papier pergament&nbsp;en 1350, dans l&#39;atelier de Rave Moshe&nbsp; Cohen, &agrave;&nbsp;Saragosse. Ses riches miniatures, nombreuses illustrations, margines, drapeaux, ornements zoologiques ou figures humaines sont au niveau des chefs d&#39;oeuvre d&#39;Heinrich Aurhaym, des ateliers du grand ma&icirc;tre Honor&eacute; ou de Jean Pucelle. Haggadah de Sarajevo, poss&egrave;de une ligne particuli&egrave;re de d&eacute;veloppement d&#39;illumination&nbsp; et suit l&#39;avancement des arts au Moyen &acirc;ge. Avec interaction entre les &eacute;l&eacute;ments de la p&eacute;riode romantique et gothique, le&nbsp;peintre a r&eacute;alis&eacute; une nouvelle esp&egrave;ce de l&#39;espace, cr&eacute;ant&nbsp;l&#39; atmosph&egrave;re jamais montr&eacute;, auparavant.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tVoyage avec des&nbsp;exil&eacute;s<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s 1492, les Juifs chass&eacute;s de l&#39;Espagne emportent le r&eacute;cit avec eux. Probablement vers l&#39;an 1510, &quot;Haggadah&quot; change le propri&eacute;taire, install&eacute;&nbsp;en Italie.Elle est&nbsp;proclam&eacute; amnisti&eacute;&nbsp;&nbsp;en 1609 et ne sera pasbr&ucirc;l&eacute;, malgr&eacute; les indications de la premi&egrave;re page,&nbsp;que la terre estovale! Son histoire entre cette p&eacute;riode et 1894 n&#39;est pas encore &eacute;claircie. A la fin du XIX si&egrave;cle elle est d&eacute;j&agrave; &agrave; Sarajevo, chez la famille juive Kojen \/Cohen\/&nbsp;qui l&#39;a vendue &agrave;&nbsp;cause de raisons financi&egrave;res.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tVenus&nbsp;apr&egrave;s 1565 en ville, comme&nbsp;de milliers&nbsp;&nbsp;familles deS&eacute;farades&nbsp;espagnols, ils ne s&#39;expriment pas trop sur le destin du livre, qui a peut-&ecirc;tre &eacute;t&eacute;&nbsp;&eacute;labor&eacute;, dans l&#39;atelier de leur lointain anc&ecirc;tre Rave Moshe.&nbsp;Le pr&eacute;sident de la&nbsp;Mairie juive de Sarajevo,&nbsp;Dr.Boris Kozemnjakin se dit, actuellement, tr&egrave;s&nbsp;sensibilis&eacute;&nbsp;sur le sort incertain du r&eacute;cit, mais ne se confie pas beaucoup. Haggadah selon des&nbsp;Accordsde&nbsp;Dayton&nbsp;est la propri&eacute;t&eacute; de l&#39;&eacute;tat et il doit s&#39;occuper d&#39;elle.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes juifs de Sarajevo ont adress&eacute; une demande&nbsp;au Comit&eacute; qui g&egrave;re le Mus&eacute;e National, d&#39;envoyer le codex &agrave; New York, mais le directeur de l&#39;institution Adnan Busuladzic, a refus&eacute; cette possibilit&eacute; par peur que &quot;Haggadah reste aux &Eacute;tats Unies, pour toujours&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 1941, les troupes&nbsp;allemandes&nbsp;sont entr&eacute;s &agrave; Sarajevo.Un an&nbsp;apr&egrave;s, un certain professeur de l&#39;Universit&eacute;&nbsp;Leipzig,&nbsp;en compagnie de g&eacute;n&eacute;ral Johan Hans Fortner, voulait prendre&nbsp; d&eacute;j&agrave; c&eacute;l&egrave;bre codex. Mais le directeur du Mus&eacute;e, arch&eacute;ologue&nbsp;dr.Jozo Petrovic un catholique, revenu de Belgrade &agrave;&nbsp;Sarajevo et&nbsp;musulman&nbsp;Dervis M.Korkut, le commissaire de l&#39;&eacute;poque, l&#39;ont d&eacute;j&agrave; cach&eacute; sous le seuil de mosqu&eacute;e d&#39; un village de Bjelasnica, la montagne&nbsp; voisine.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tSelon la l&eacute;gende, Haggadah a pass&eacute; la guerre dans le salon d&#39;imam du village, qui l&#39;a incorpor&eacute; sous son&nbsp;plancher. Pr&eacute;sident de la Communaut&eacute; juive de Sarajevo, Jakob Finci \/Jacob Finzi\/,&nbsp;raconte une version moins grotesque et plus r&eacute;elle: &quot;Haggadah est rest&eacute; dans la Biblioth&egrave;que du Mus&eacute;e avec des milliers d&#39;autres livres. Les Allemands ne d&eacute;truisaient pas&nbsp;les tr&eacute;sors ni les biens. Ils les prenaient. LaBiblioth&egrave;que&nbsp;&eacute;tait tr&egrave;s volumineuse et riche. L&#39;occupateur est venu avec l&#39;id&eacute;e de&nbsp; rester.Alors ils ont eu du temps. Le pr&eacute;cieux livre a &eacute;t&eacute; intentionnellement&nbsp;reli&eacute; dans un carton et avait une apparence tr&egrave;s modeste&#8230;&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tEt en 1994&nbsp; &agrave; Sarajevo courait une rumeur persistante :&quot;Haggadah a &eacute;t&eacute; vendue pour acheter les armes, et d&eacute;fendre la ville&quot;.Embargo&nbsp;ne permettait pas&nbsp;aux citoyens d&#39;agir et la ville &eacute;tait assi&eacute;g&eacute; depuis longuesmois. Le conseiller du Conseil central de Sarajevo, Ismir Jusko Svabo se rappelle :&quot;Nous &eacute;tions oblig&eacute;s de l&#39;authencier&nbsp; Haggadah, &agrave; la Synagogue. Le livre &eacute;tait gard&eacute; dans la Banque centrale et&nbsp;son&nbsp;vol&nbsp;&eacute;tait&nbsp;annonc&eacute;. Je l&#39;ai port&eacute; avec un homme de la&nbsp;&quot;Communaut&eacute; juive&quot; dans une caisse.<\/p>\n<p>\n\t\t\tNous en &eacute;tions attach&eacute;s tous les deux, avec des menottes&quot;!<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tUne fois les nazis chass&eacute;s ou pendus, la Haggadah a refait surface pour rejoindre le Mus&eacute;e national<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tAujourd&#39;hui se sont les Accords de Dayton, qui menacent le rare et presque unique livre. Les responsables du Mus&eacute;e National ont peur de l&#39;envoyer &agrave; New York. Ils ont, encore,&nbsp;refus&eacute;&nbsp; la demande de Madrid en 1992, quand la capitale espagnole organisait &quot;S&eacute;farade 92&quot;, manifestation qui marquait les 400 ans&nbsp;d&#39;exil des Juifs. La &quot;Communaut&eacute; juive&quot; de Bosnie&nbsp;ne comprend pas pourquoi et&nbsp;toute la&nbsp;ville suit avec int&eacute;r&ecirc;t, l&#39;&eacute;volution des&nbsp;&eacute;v&eacute;nements. Certains proposent de trouver un riche m&eacute;c&egrave;ne qui ach&egrave;tera le livre, dont la valeur est inestimable, et l&#39;offre aux Juifs locaux. D&#39;autres essaient&nbsp;de deviner les raisons qui ont pouss&eacute; les responsables du M&eacute;tropolitain Museum, d&#39;exposer maintenant&nbsp;la&nbsp;Haggada de Sarajevo. Ils ne l&#39;ont jamais demand&eacute;, auparavant.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tUn &nbsp;professeur de Sarajevo,&nbsp;Emir Imamovic envisage d&#39;&eacute;diter le livre sur Haggadah, car il a aussi particip&eacute;&nbsp;&agrave; sa sauvegarde, durant le si&egrave;ge de 1400 jours. Am&eacute;ricaine Geraldine Brooks a d&eacute;j&agrave; publi&eacute; &quot;Le livre de Hanna&quot; sorti en France chez &quot;Belford&quot; et traduit par Anne Rabinovitch, intitul&eacute; en anglais &quot;People of the book&quot;, souvent confondus avec les &quot;gens du livre&quot;, car dans&nbsp;le Coran les Juifs sont d&eacute;sign&eacute;s comme tels.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe personnage principal est une bien&nbsp;&eacute;trange restauratrice de manuscrits anciens venue d&#39;Australie, a qui fut confi&eacute;&nbsp;&agrave; cause de la&nbsp;guerre fratricide en Bosnie-Herz&eacute;govine, une vieille relique, miraculesement sauv&eacute; de la Biblioth&egrave;que en feu.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tElle l&#39;examine et dans son imagination, rencontre les &quot;gens du livre&quot;. Dans&nbsp; &quot;Sarajevo Omnibus&quot; sorti en fran&ccedil;ais chez &quot;Gallimard&quot;, l&#39;&eacute;crivain bosnien Velibor Colic,&nbsp; citoyen de Bretagne depuis longtemps&nbsp;a racont&eacute; l&#39;histoire de son grand p&egrave;re Nikola Barbaric.Celui-ci&nbsp; a vu les Allemands, maltraiter Daud Cohen, suppos&eacute; de savoir ou se trouve le r&eacute;cit. Cet anc&ecirc;tre&nbsp;&nbsp;a conclu&nbsp; son histoire, &nbsp;largement imaginaire, avec une phrase discutable&nbsp;:&quot;Les nazis ne s&#39;empar&egrave;rent pas de la Haggadah. Prudent, le rabbi l&#39;avait confi&eacute; a son ami l&#39;imam Korkut, qui la cacha sous le seuil de la Grande Mosqu&eacute;e de Sarajevo.Une fois les nazis chass&eacute;s ou pendus, la Haggadah refit surface pour rejoindre le Mus&eacute;e national&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&Agrave; L&eacute;vi et Finci, mes amis du Deuxi&egrave;me lyc&eacute;e de Sarajevo.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDjenana Mujadzic<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Il &eacute;tait une fois&#8230; le Haggadah de Sarajevo &nbsp; &nbsp; Le destin tr&egrave;s mouvemente de &quot;Haggadah de Sarajevo&quot;, dont les origines remontent au&nbsp;Moyen &acirc;ge,&nbsp;continue comme un conte ancien.&nbsp;Le livre d&#39;une valeur&nbsp;inestimable&nbsp;est un manuscrit enlumin&eacute;, &eacute;crit en h&eacute;breu et&nbsp;repr&eacute;sente un des&nbsp;plus importants t&eacute;moignages de l&#39;art juif de l&#39;enluminure,&nbsp;de l&#39;&eacute;poque&nbsp;classique. 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