{"id":5747,"date":"2015-02-19T00:50:11","date_gmt":"2015-02-19T00:50:11","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5747"},"modified":"2015-02-19T01:24:58","modified_gmt":"2015-02-19T01:24:58","slug":"pmf-un-autre-regard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/pmf-un-autre-regard\/","title":{"rendered":"PMF, un autre regard"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"single_header\">\n<p>\n\t\tPMF, un autre regard<\/p>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\tL&rsquo;espoir et l&rsquo;impatience. Une spiritualit&eacute; juive sans cesse en recherche. Et un m&eacute;lange de fid&eacute;lit&eacute; d&eacute;concertante et de r&eacute;bellion inattendue. Portrait d&rsquo;un homme qui n&rsquo;a jamais rien fait comme les autres.<\/p>\n<p>\n\t\tPierre Mend&egrave;s France, pour tous les Juifs qui ont connu le XXe&nbsp;si&egrave;cle en France, repr&eacute;sente bien davantage qu&rsquo;une figure politique. La combinaison de l&rsquo;exemplarit&eacute; morale constante qu&rsquo;il sut d&eacute;ployer dans ses divers engagements politiques, de la dignit&eacute; exemplaire qu&rsquo;il manifesta en toutes circonstances dans son affirmation de juif, et ce souffle proph&eacute;tique, qui a certains moments, lui donna m&ecirc;me l&rsquo;espoir et l&rsquo;impatience de pr&eacute;cipiter la paix entre Isra&euml;l et le monde arabe. L&rsquo;accord permanent et constant chez le m&ecirc;me homme d&rsquo;un engagement qui ne comporta jamais le moindre recul impose d&rsquo;embl&eacute;e un autre regard.<\/p>\n<p>\n\t\tEn r&eacute;alit&eacute;, bien plus que d&rsquo;un homme politique au sens courant du terme, nous sommes confront&eacute;s ici &agrave; une figure proph&eacute;tique, &agrave; l&rsquo;instar d&rsquo;Albert Einstein ou David Ben Gourion, chez lesquels, l&agrave; aussi, le souci d&rsquo;une certaine transcendance s&rsquo;interp&eacute;n&egrave;tre &eacute;troitement avec une spiritualit&eacute; juive sans cesse en recherche.<\/p>\n<p>\n\t\tEn effet, le parcours de Pierre Mend&egrave;s France est, en y regardant d&rsquo;un peu plus pr&egrave;s, totalement d&eacute;routant, totalement contre-intuitif. Ce diable d&rsquo;homme refuse toutes les classifications, tous les st&eacute;r&eacute;otypes. Comme si on retrouvait dans son &eacute;paisseur biographique un m&eacute;lange de fid&eacute;lit&eacute; d&eacute;concertante et de r&eacute;bellion inattendue qui ne faisait jamais rien comme les autres. Au d&eacute;part, ce juif bordelais de m&egrave;re alsacienne, r&eacute;publicain et patriote comme l&rsquo;&eacute;taient L&eacute;on Gambetta et Georges Clemenceau, et aussi plus pr&egrave;s de chez lui le Capitaine Dreyfus et la jeunesse juive qui prit fait et cause pour lui, rejoint tr&egrave;s jeune le parti radical. On aurait pu imaginer un compagnonnage plus logique avec son a&icirc;n&eacute; imm&eacute;diat L&eacute;on Blum. Mend&egrave;s France qui n&rsquo;aime pas trop d&eacute;j&agrave; la rh&eacute;torique ampoul&eacute;e des socialistes, lui pr&eacute;f&eacute;rera une gauche plus mod&eacute;r&eacute;e et plus pragmatique, exactement comme son contemporain et ami Edgar Faure avec lequel ils s&rsquo;affrontent d&eacute;j&agrave; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me droite naissante &agrave; la Facult&eacute; de Droit.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\tLe parcours de Pierre Mend&egrave;s France est, en y regardant d&rsquo;un peu plus pr&egrave;s, totalement d&eacute;routant, totalement contre-intuitif. Ce diable d&rsquo;homme refuse toutes les classifications, tous les st&eacute;r&eacute;otypes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tBient&ocirc;t, Pierre Mend&egrave;s France sera &eacute;lu dans la petite circonscription normande de Louviers benjamin de la Chambre des d&eacute;put&eacute;s. On attendrait d&rsquo;un tel brillant sujet une &eacute;volution parfaitement opportuniste dans ce grand parti radical d&eacute;j&agrave; un peu amorphe et qui souffre de plus en plus cruellement d&rsquo;&ecirc;tre identifi&eacute; par les Fran&ccedil;ais &agrave; un r&eacute;gime bien essouffl&eacute;. Ou bien alors, on aurait pu imaginer que le jeune Mend&egrave;s France se sent&icirc;t comme ses amis &laquo;&nbsp;Jeunes Turcs&nbsp;&raquo; du parti, Pierre Cot, Jacques Keyser&hellip; ou Jean Moulin, attir&eacute;s par les s&eacute;ductions de l&rsquo;alliance communiste et sovi&eacute;tique face &agrave; la mont&eacute;e du nazisme. Mend&egrave;s France se joue de ces classifications sociologiques attendues. Il pourfend d&eacute;j&agrave; l&rsquo;immobilisme du Parti radical. Il d&eacute;nonce, seul, la tenue &agrave; Berlin des Jeux Olympiques en 1936. Il soutient sans h&eacute;siter le Front populaire de L&eacute;on Blum mais, plus proche du New Deal de Franklin Roosevelt, il n&rsquo;en partage jamais certaines illusions lyriques pas plus qu&rsquo;il ne suit son ami Pierre Cot dans le flirt pouss&eacute; avec les communistes.<\/p>\n<p>\n\t\tOpposant de la premi&egrave;re heure des accords de Munich, il sera en juin&nbsp;1940 l&rsquo;un des rares parlementaires &agrave; vouloir contrarier les man&oelig;uvres de P&eacute;tain en s&rsquo;embarquant pour l&rsquo;Afrique du Nord avec le Massilia. Il payera son audace de l&rsquo;embastillement imm&eacute;diat par Vichy. Pierre Mend&egrave;s France n&rsquo;est sans doute pas le seul r&eacute;publicain courageux parmi ces cadres radicaux et socialistes d&eacute;mont&eacute;s par la temp&ecirc;te &ndash; nous pensons &eacute;videmment &agrave; Jean Moulin, &agrave; Pierre Brossolette ou &agrave; son ami Georges Boris qu&rsquo;il retrouvera &agrave; Londres &ndash; mais c&rsquo;est peut-&ecirc;tre le plus cons&eacute;quent et le plus prompt &agrave; rompre avec les engluements de la gauche traditionnelle, pacifisme, doctrinarisme &eacute;conomique ou respect timor&eacute; d&rsquo;institutions qui ne sont d&eacute;j&agrave; plus qu&rsquo;un semblant.<\/p>\n<p>\n\t\tMais lorsqu&rsquo;apr&egrave;s son &eacute;vasion spectaculaire de la prison de Clermont-Ferrand il rejoint Londres, son attachement incontestable au G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle s&rsquo;accompagne, l&agrave; encore, de tous les actes de r&eacute;bellion symboliques possibles : premier refus de servir dans l&rsquo;ex&eacute;cutif de la France libre au profit d&rsquo;un engagement dans l&rsquo;aviation de bombardement &laquo;&nbsp;pour des raisons d&rsquo;honneur personnel&nbsp;&raquo;, puis, une fois devenu membre du gouvernement provisoire &agrave; Alger, affrontement d&eacute;cisif avec le G&eacute;n&eacute;ral flanqu&eacute; de Ren&eacute; Pleven, pour imposer une ligne &eacute;conomique de rigueur. Ici, le machiav&eacute;lisme lucide de de Gaulle lui fait pr&eacute;f&eacute;rer le laxisme et l&rsquo;inflation &agrave; l&rsquo;affrontement avec la majorit&eacute; de gauche qui se dessine &agrave; la Lib&eacute;ration. Mend&egrave;s France d&eacute;missionne avec hauteur, et c&rsquo;est paradoxalement en 1958, au moment o&ugrave; le G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle revient au pouvoir avec le coup d&rsquo;&eacute;tat du 13&nbsp;mai, que sa ligne strat&eacute;gique de r&eacute;tablissement financier deviendra celle du G&eacute;n&eacute;ral, avec le Plan Rueff-Armand.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\tJamais, il ne fit usage de ces d&eacute;bats au sein d&rsquo;Isra&euml;l et du monde juif pour s&rsquo;en faire l&rsquo;accusateur.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tApr&egrave;s ces coups d&rsquo;&eacute;clat qui vont &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; de la sensibilit&eacute; de la classe politique de son temps, Mend&egrave;s France surprendra encore en demeurant fid&egrave;le, &agrave; sa mani&egrave;re, au vieux parti radical que tout le monde abandonne, et en se faisant de son banc de d&eacute;put&eacute; inamovible le procureur des arrangements sans avenir d&rsquo;une IVe&nbsp;R&eacute;publique qui devient vite le prolongement de la IIIe et aussi le contempteur d&rsquo;une colonisation obstin&eacute;e et stupide que sa ch&egrave;re Angleterre travailliste avait su en Inde, d&egrave;s 1947, mettre un terme d&eacute;finitif. C&rsquo;est ainsi que cet homme seul contre tous sera sollicit&eacute; pour sauver litt&eacute;ralement la R&eacute;publique lorsqu&rsquo;&agrave; Di&ecirc;n Bi&ecirc;n Phu, en 1954, l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise s&rsquo;abandonna &agrave; son vice r&eacute;current : creuser un trou, s&rsquo;y faire enfermer et puis capituler. Sedan en 1870, Sedan en 1940, cette fois-ci Tonkin, qui sonne le glas d&rsquo;un empire dont Mend&egrave;s avait d&eacute;j&agrave; prononc&eacute; la fin dans ses discours depuis 1948. Ici, il va de soi que la lucidit&eacute; sup&eacute;rieure est du c&ocirc;t&eacute; du leader radical et non du G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle qui a tol&eacute;r&eacute; la fuite en avant en Indochine et m&ecirc;me la mani&egrave;re forte du G&eacute;n&eacute;ral Guillaume et autres imb&eacute;ciles au Maroc et en Tunisie. Il appartient donc &agrave; Mend&egrave;s de liquider en quelques mois et dans l&rsquo;honneur ces trois dossiers. Mais sans doute vient-il d&eacute;j&agrave; bien trop tard pour conjurer une guerre d&rsquo;Alg&eacute;rie qui l&rsquo;emportera inexorablement comme le flot d&rsquo;une mar&eacute;e mauvaise.<\/p>\n<p>\n\t\tEntre-temps, Mend&egrave;s aura en neuf mois de gouvernement effectif boulevers&eacute; non seulement l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;elle-m&ecirc;me que se faisait la France, mais &eacute;clair&eacute; des lignes strat&eacute;giques de modernisations&hellip; Celles-l&agrave; m&ecirc;me que le G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle put mettre en &oelig;uvre apr&egrave;s avoir r&eacute;gl&eacute; dans le sang et l&rsquo;amertume le sort d&rsquo;une Alg&eacute;rie qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais aim&eacute;e. &Agrave; partir de l&agrave;, la carri&egrave;re proprement politique de Pierre Mend&egrave;s France se termine dans l&rsquo;amertume, et son engagement de dix ans au PSU ne d&eacute;bouchera sur aucune solution alternative, comme si son temp&eacute;rament le conduisait &agrave; refuser tant le ralliement &agrave; de Gaulle qu&rsquo;accomplirent nombre de ses amis derri&egrave;re Jacques Chaban-Delmas, tout comme l&rsquo;affrontement avec le G&eacute;n&eacute;ral qu&rsquo;un Fran&ccedil;ois Mitterrand sans attaches affectives avec la France libre, &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pour cette seule raison bien plus arm&eacute; pour conduire.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\tUn tel parcours aussi &eacute;tonnant et paradoxal aurait suffi &agrave; inscrire ce m&eacute;lange de dignit&eacute; et d&rsquo;intransigeance intellectuelle dans le c&oelig;ur de tous les juifs fran&ccedil;ais orphelins &agrave; partir de 1950 de L&eacute;on Blum et de Georges Mandel.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tMais c&rsquo;est alors que ce diable d&rsquo;homme qui ne cessa &agrave; aucun moment de croire aux pouvoirs de l&rsquo;Esprit se d&eacute;ploya comme jamais. L&rsquo;&eacute;chec du mend&eacute;sisme politique commen&ccedil;a en effet, par une alchimie myst&eacute;rieuse par se transformer en triomphe id&eacute;ologique. Mend&egrave;s devient dans les ann&eacute;es 1960 le proph&egrave;te de la modernisation, l&rsquo;idole de la jeunesse bien au-del&agrave; du courant r&eacute;publicain et socialiste et le symbole d&rsquo;une certaine politique de r&eacute;conciliation avec le monde au m&ecirc;me titre que le G&eacute;n&eacute;ral du Gaulle. Pour toutes ces raisons, le message du Mend&egrave;s France exil&eacute; des grands emplois comporte une pr&eacute;gnance effective suffisante pour influencer toute la contestation gaulliste de gauche avant 1968, pour mobiliser une bonne partie de la gauche insurg&eacute;e de 1968 elle-m&ecirc;me, et, sur un mode mineur, pour inspirer la Nouvelle Soci&eacute;t&eacute; de Jacques Chaban-Delmas et Jacques Delors en 1969 tout comme le ciment du parti socialiste renaissant avec Fran&ccedil;ois Mitterrand du Congr&egrave;s d&rsquo;&Eacute;pinay. M&ecirc;me un Jean-Pierre Chev&egrave;nement, dont la d&eacute;marche &agrave; un demi-si&egrave;cle de distance celle de Pierre Cot au Parti radical, voudra intituler en hommage &agrave; Mend&egrave;s son propre courant de pens&eacute;e &laquo;&nbsp;R&eacute;publique moderne&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tUn tel parcours aussi &eacute;tonnant et paradoxal aurait suffi &agrave; inscrire ce m&eacute;lange de dignit&eacute; et d&rsquo;intransigeance intellectuelle dans le c&oelig;ur de tous les juifs fran&ccedil;ais orphelins &agrave; partir de 1950 de L&eacute;on Blum et de Georges Mandel. Day&eacute;nou. Mais Pierre Mend&egrave;s France avait encore une autre pr&eacute;occupation, dans laquelle, il ne faisait nul myst&egrave;re de son engagement profond&eacute;ment juif. Il savait bien que son courage moral dans les crises marocaine et tunisienne lui avait valu bien des marques d&rsquo;estime dans le monde arabe. S&rsquo;agissant de la Guerre d&rsquo;Alg&eacute;rie et surtout de l&rsquo;exp&eacute;dition de Suez qu&rsquo;il avait d&eacute;sapprouv&eacute;e au rebours des dirigeants isra&eacute;liens, l&agrave; encore son refus d&rsquo;att&eacute;nuer ses principes, avait l&agrave; aussi forc&eacute; l&rsquo;attention d&rsquo;un Ahmed Ben Bella ou d&rsquo;un Gamal Abdel Nasser. Mais Pierre Mend&egrave;s France n&rsquo;&eacute;tait pas St&eacute;phane Hessel. Plut&ocirc;t que de parader dans le monde arabe pour se faire acclamer comme &laquo;&nbsp;le bon juif&nbsp;&raquo; qui n&rsquo;a rien &agrave; voir avec le sionisme, Mend&egrave;s utilisera tout le cr&eacute;dit dont il disposait dans le monde arabe pour y plaider la cause d&rsquo;une r&eacute;conciliation sans arri&egrave;re-pens&eacute;e de ce dernier avec Isra&euml;l. Apr&egrave;s 1967, cette d&eacute;marche le conduisit &agrave; favoriser en Isra&euml;l m&ecirc;me tous les mouvements engag&eacute;s vers la paix et le dialogue. Mais jamais, il ne fit usage de ces d&eacute;bats au sein d&rsquo;Isra&euml;l et du monde juif pour s&rsquo;en faire l&rsquo;accusateur.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\tPierre Mend&egrave;s France n&rsquo;&eacute;tait pas St&eacute;phane Hessel. Plut&ocirc;t que de parader dans le monde arabe pour se faire acclamer comme &laquo;&nbsp;le bon juif&nbsp;&raquo; qui n&rsquo;a rien &agrave; voir avec le sionisme, Mend&egrave;s utilisera tout le cr&eacute;dit dont il disposait dans le monde arabe pour y plaider la cause d&rsquo;une r&eacute;conciliation sans arri&egrave;re-pens&eacute;e avec Isra&euml;l.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tAu contraire. Tout comme un Ben Gourion qui pr&ocirc;nait en 1939 de soutenir les buts de guerre de l&rsquo;Angleterre, comme si elle n&rsquo;avait pas proclam&eacute; le Livre Blanc, et de combattre en m&ecirc;me temps le Livre Blanc comme qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de guerre, Mend&egrave;s France voulut soutenir de tout son prestige Isra&euml;l comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de conflit insurmontable avec le monde arabe et soutenir les aspirations du d&eacute;veloppement du monde arabe, en particulier maghr&eacute;bin, comme si l&rsquo;antisionisme n&rsquo;y s&eacute;vissait pas. Cette posture v&eacute;ritablement proph&eacute;tique ne correspondait moins que jamais &agrave; ces cases toutes trac&eacute;es dans lesquelles l&rsquo;histoire politique de la France aurait voulu qu&rsquo;il s&rsquo;inscriv&icirc;t : &laquo;&nbsp;Rad-Soc&nbsp;&raquo; opportuniste ou &laquo;&nbsp;Jeune Turc&nbsp;&raquo; prosovi&eacute;tique, gaulliste de la premi&egrave;re heure ou procureur r&eacute;publicain des errements du G&eacute;n&eacute;ral, Mend&egrave;s France ne fut jamais rien de tout cela. Il pr&eacute;f&eacute;rait tracer lui-m&ecirc;me son propre parcours, et si cette attitude de loup solitaire lui ferma le plus souvent les portes du pouvoir ici-bas, elles lui ouvrent en revanche et de mani&egrave;re durable l&rsquo;estime que l&rsquo;on doit aux vrais proph&egrave;tes, ceux qui &ndash; c&rsquo;est le sens originel du mot&nbsp;Navi&nbsp;en h&eacute;breu &ndash; voient plus loin et plus durablement que les autres, un avenir encore flou et pourtant d&eacute;j&agrave; pr&eacute;gnant dans notre pr&eacute;sent tourment&eacute; qui l&rsquo;attend comme une d&eacute;livrance.<\/p>\n<p>\n\t\t<span>Par Alexandre Adler | L&#39;Arche&nbsp;<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; PMF, un autre regard &nbsp; &nbsp; L&rsquo;espoir et l&rsquo;impatience. Une spiritualit&eacute; juive sans cesse en recherche. Et un m&eacute;lange de fid&eacute;lit&eacute; d&eacute;concertante et de r&eacute;bellion inattendue. 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