{"id":5749,"date":"2012-12-14T18:09:04","date_gmt":"2012-12-14T18:09:04","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5749"},"modified":"2012-12-14T18:09:04","modified_gmt":"2012-12-14T18:09:04","slug":"la-tunisie-senfonce-dans-le-marasme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-tunisie-senfonce-dans-le-marasme\/","title":{"rendered":"La Tunisie s&rsquo;enfonce dans le marasme"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tLa Tunisie s&#39;enfonce dans le marasme<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"texte\" itemprop=\"articleBody\">\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\tAffrontements politiques, &eacute;conomie an&eacute;mique, r&eacute;formes au point mort&#8230; Deux ans apr&egrave;s la r&eacute;volution, la Tunisie n&#39;est toujours pas stabilis&eacute;e. Et p&acirc;tit de l&#39;intol&eacute;rance et de l&#39;incomp&eacute;tence d&#39;une frange du parti Ennahdha.<\/p>\n<p>\n\t\tLa&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/pays\/tunisie\/tunisie.asp\" target=\"_blank\">Tunisie<\/a>&nbsp;s&#39;enfonce. Chaque jour un peu plus. Les signes inqui&eacute;tants se multiplient, et les affrontements, qui ne sont pas seulement verbaux, sont quasi permanents. Les sentiments les mieux partag&eacute;s ? Bellicisme pour les plus engag&eacute;s ; irr&eacute;solution pour les autres. Voici aussi venu le temps des d&eacute;monstrations de force : un jour, les salafistes ; le lendemain, l&#39;opposition ou les habitants des r&eacute;gions d&eacute;favoris&eacute;es ; le surlendemain, les syndicats ou les d&eacute;sormais c&eacute;l&egrave;bres comit&eacute;s de d&eacute;fense de la r&eacute;volution, sombres &eacute;manations miliciennes d&#39;Ennahdha.<\/p>\n<p>\n\t\tDernier &eacute;pisode en date :&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20121204174836\/manifestation-anc-violence-ennahdhaheurts-devant-le-siege-de-l-ugtt-entre-syndicalistes-et-islamistes-tunisiens.html\" target=\"_blank\">l&#39;attaque, le 4&nbsp;d&eacute;cembre, par lesdits miliciens, du si&egrave;ge de l&#39;Union g&eacute;n&eacute;rale tunisienne du travail (UGTT)<\/a>, la puissante centrale syndicale devenue le v&eacute;ritable fer de lance de l&#39;opposition aux islamistes. Cons&eacute;quence :&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20121212091807\/tunisie-anc-mustapha-ben-jaafar-ennahdhatunisie-ugtt-ennahdha-les-conditions-de-l-apaisement.html\" target=\"_blank\">une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e pour le 13&nbsp;d&eacute;cembre, mais elle a &eacute;t&eacute; annul&eacute;e in extremis<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tLe contexte de ces joutes n&#39;est gu&egrave;re plus rassurant : plus de un an apr&egrave;s les &eacute;lections, la Constituante avance &agrave; un rythme de tortue luth, le ch&ocirc;mage progresse, les prix flambent et les investisseurs attendent une &eacute;claircie qui ne vient pas. Comment en est-on arriv&eacute; l&agrave; ? Il y a d&#39;abord des raisons objectives, inh&eacute;rentes &agrave; une transition men&eacute;e dans un pays o&ugrave; les &eacute;lites, qui n&#39;ont connu que la dictature, n&#39;ont jamais &eacute;t&eacute; pr&eacute;par&eacute;es &agrave; diriger, et o&ugrave; la perspective d&#39;acc&eacute;der enfin au pouvoir a aiguis&eacute; tous les app&eacute;tits. Mais il en existe d&#39;autres, dont la moindre n&#39;est pas le comportement d&#39;Ennahdha. Car la formation islamiste est bel et bien au coeur de ce maelstrom.<\/p>\n<p>\n\t\tFracture<\/p>\n<p>\n\t\tJusqu&#39;aux &eacute;lections du 23&nbsp;octobre 2011, le parti de Rached Ghannouchi, travers&eacute; de courants contradictoires mais au mode de fonctionnement interne beaucoup plus d&eacute;mocratique qu&#39;on ne le pense, avan&ccedil;ait masqu&eacute;. &Agrave; l&#39;&eacute;poque, son principal clivage interne opposait modernistes et conservateurs. Depuis son arriv&eacute;e au pouvoir, qu&#39;il partage avec des partenaires beaucoup moins puissants, le Congr&egrave;s pour la R&eacute;publique du pr&eacute;sident Moncef Marzouki, et Ettakatol, de Mustapha Ben Jaafar (&agrave; la t&ecirc;te de l&#39;Assembl&eacute;e), cette fracture interne s&#39;est d&eacute;plac&eacute;e sur un autre front, celui de l&#39;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. D&#39;un c&ocirc;t&eacute;, ceux qui, conscients qu&#39;il faut sortir le pays de l&#39;orni&egrave;re et renouer les fils du dialogue politique, ont le sens de l&#39;&Eacute;tat. De l&#39;autre, une frange de dirigeants et de militants qui n&#39;ont qu&#39;une id&eacute;e en t&ecirc;te : conqu&eacute;rir chaque pan d&#39;un pouvoir qu&#39;ils ne veulent plus partager.<\/p>\n<p>\n\t\tCette opposition &eacute;pouse les contours historiques d&#39;une formation dont les membres ont suivi deux parcours distincts. Les uns ont pass&eacute; de longues et &eacute;prouvantes ann&eacute;es dans les ge&ocirc;les de Ben Ali, les autres ont v&eacute;cu en exil. Les premiers, paradoxalement, incarnent le camp des &laquo;&nbsp;patriotes&nbsp;&raquo; et ne semblent gu&egrave;re assoiff&eacute;s de revanche. Ils connaissent vraiment la Tunisie, ont nou&eacute; des relations parfois &eacute;tonnantes en prison et sont moins sensibles au chant des sir&egrave;nes wahhabites venues du Moyen-Orient que leurs coll&egrave;gues qui en ont &eacute;t&eacute; berc&eacute;s &agrave; Londres ou ailleurs. Une dualit&eacute; que l&#39;on retrouve au sommet du parti, entre un Hamadi Jebali qui fait montre d&#39;un certain sens de l&#39;&Eacute;tat et un Ghannouchi dont les discours font souvent froid dans le dos. R&eacute;sultat : Ennahdha, divis&eacute;e, ne parvient pas &agrave; ma&icirc;triser un pouvoir trop lourd pour elle. Ce qui ne l&#39;emp&ecirc;che nullement d&#39;installer ses ouailles &agrave; tous les &eacute;chelons, y compris au sein d&#39;une administration jadis r&eacute;put&eacute;e efficace. &Agrave; force de placer ses partisans &#8211; qui sont souvent loin d&#39;avoir le niveau requis -, elle s&#39;expose &agrave; une vol&eacute;e de critiques sur son incomp&eacute;tence.<\/p>\n<p>\n\t\tContre-pouvoirs<\/p>\n<p>\n\t\tL&eacute;gitim&eacute;e par les urnes mais fragilis&eacute;e par son bilan, Ennahdha n&#39;est plus aussi s&ucirc;re de dominer la sc&egrave;ne politique.&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2700p058-64.xml1\/\" target=\"_blank\">L&#39;opposition s&#39;est r&eacute;organis&eacute;e autour de B&eacute;ji Ca&iuml;d Essebsi, l&#39;ancien Premier ministre, et de sa formation, Nidaa Tounes<\/a>. Le pr&eacute;sident Marzouki prend ses distances. La soci&eacute;t&eacute; civile et l&#39;UGTT s&#39;&eacute;rigent en contre-pouvoirs. Ennahdha est donc souvent tent&eacute;e de passer en force. Elle veut ainsi co&ucirc;te que co&ucirc;te contr&ocirc;ler l&#39;Instance sup&eacute;rieure ind&eacute;pendante pour les &eacute;lections (Isie), charg&eacute;e d&#39;organiser les prochains scrutins, pr&eacute;sidentiel et l&eacute;gislatif. R&eacute;sultat, il semble peu probable que l&#39;&eacute;ch&eacute;ance fix&eacute;e, autour de juin&nbsp;2013, puisse &ecirc;tre tenue. Kamel Jendoubi, ex-(et peut-&ecirc;tre futur) patron de l&#39;Isie, estime en effet &agrave; huit mois le d&eacute;lai n&eacute;cessaire, une fois la composition de l&#39;Instance d&eacute;cid&eacute;e et les textes adopt&eacute;s &#8211; ce qui n&#39;est toujours pas fait &#8211; pour tout mettre en place.<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;issue de la transition et l&#39;avenir des Tunisiens sont pour l&#39;essentiel entre les mains d&#39;Ennahdha. Les termes de l&#39;&eacute;quation, finalement, sont simples : si les islamistes comprennent que, compte tenu des sp&eacute;cificit&eacute;s du pays, de son histoire et de l&#39;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, c&#39;est &agrave; eux d&#39;&eacute;voluer et de s&#39;adapter aux r&eacute;alit&eacute;s d&#39;une Tunisie plurielle, ouverte sur le monde en g&eacute;n&eacute;ral, et sur l&#39;Europe en particulier, l&#39;espoir est permis. Si, au contraire, ils s&#39;ent&ecirc;tent &agrave; vouloir imposer par la contrainte un projet de soci&eacute;t&eacute; dont une grande partie du pays ne veut pas et &agrave; gouverner seuls, la r&eacute;volution, lanc&eacute;e il y a maintenant deux ans, aura &eacute;chou&eacute;&#8230;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n\t<\/div>\n<\/div>\n<p><\/p>\n<div>\n\tPar M. Ben Yahmed avec F. Dahmani, &agrave; Tunis<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2709p010_011.xml0\/#ixzz2F3DMWzAa\">La Tunisie s&#39;enfonce dans le marasme<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La Tunisie s&#39;enfonce dans le marasme &nbsp; &nbsp; Affrontements politiques, &eacute;conomie an&eacute;mique, r&eacute;formes au point mort&#8230; Deux ans apr&egrave;s la r&eacute;volution, la Tunisie n&#39;est toujours pas stabilis&eacute;e. Et p&acirc;tit de l&#39;intol&eacute;rance et de l&#39;incomp&eacute;tence d&#39;une frange du parti Ennahdha. La&nbsp;Tunisie&nbsp;s&#39;enfonce. Chaque jour un peu plus. 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