{"id":579,"date":"2016-01-05T20:55:03","date_gmt":"2016-01-05T20:55:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=579"},"modified":"2016-01-06T01:58:02","modified_gmt":"2016-01-06T01:58:02","slug":"histoire-de-carthage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/histoire-de-carthage\/","title":{"rendered":"Histoire de Carthage"},"content":{"rendered":"<p>\n\tHistoire de Carthage&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tHistoire de Carthage&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tFond&eacute;e par les Ph&eacute;niciens au IXe si&egrave;cle avant J&eacute;sus-Christ selon les uns, au VIIIe selon les autres, Carthage tira longtemps sa prosp&eacute;rit&eacute; de ses relations commerciales avec les divers peuples de l&#39;Afrique septentrionale et de la M&eacute;diterran&eacute;e occidentale.<br \/>\n\tSes tentatives d&#39;expansion territoriale en Sicile devaient l&#39;entra&icirc;ner dans de graves conflits, avec les Grecs d&#39;abord, de 480 &agrave; 264 avant J.-C., puis avec les Romains, de 264 &agrave; 146 avant J.-C. Ces luttes devaient prendre fin avec la destruction compl&egrave;te de la ville et avec l&#39;annexion de son territoire &agrave; l&#39;ager publicus de Rome. L&#39;&eacute;tablissement d&#39;une colonie romaine sur le site de Carthagefut l&#39;objet des revendications du parti populaire. La victoire de C&eacute;sar allait aboutir &agrave; la reconstruction de la ville, en 44 avant J.-C. Carthageredevient, sous Auguste, la cit&eacute; la plus prosp&egrave;re d&#39;Afrique ; elle rivalise bient&ocirc;t avec Romepar la splendeur de ses monuments. Cette prosp&eacute;rit&eacute; cependant ne devait pas survivre aux troubles sociaux et religieux qui marqu&egrave;rent, au IVe si&egrave;cle apr&egrave;s J.-C., l&#39;histoire de l&#39;Afrique romaine. Pill&eacute;e par les Vandales en 440 et reconstruite par Justinien, Carthagesera finalement an&eacute;antie par les Arabes en 698.<\/p>\n<p>\n\t<strong>1. Kart Hadasht, la &laquo; Ville neuve &raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCarthage est situ&eacute;e au fond du golfe de Tunis, sur une presqu&#39;&icirc;le baign&eacute;e &agrave; l&#39;est par la mer, au sud par le lac de Tunis, au nord par la sebkha el-Riana qui formait jadis le fond du golfe d&#39;Utique avant qu&#39;il ne soit combl&eacute; par les alluvions de la Medjerda. Des collines dispos&eacute;es en arc de cercle dominent la ville &agrave; l&#39;ouest ; sur la plus m&eacute;ridionale se dressait la citadelle de Byrsa, les autres abritaient des n&eacute;cropoles. Au-del&agrave;, vers Sidi bou Sa&iuml;d et La Marsa, s&#39;&eacute;tendait une banlieue nomm&eacute;e Megara.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les origines de la cit&eacute;<\/strong><\/p>\n<p>\n\tSelon une tradition transmise par Tim&eacute;e et reprise par Justin, Carthageaurait &eacute;t&eacute; fond&eacute;e vers 814 avant J.-C. par Elissa ou Didon, s&oelig;ur du roi de Tyr, Pygmalion, accompagn&eacute;e de notables tyriens fuyant leur patrie et de Chypriotes. L&#39;historien juif Jos&egrave;phe, citant M&eacute;nandre, Grec d&#39;Asie qui avait consult&eacute; les Archives royales de Tyr, rapporte l&#39;&eacute;v&eacute;nement &agrave; Elissa et le situe entre 825 et 819. Mais il est impossible de d&eacute;montrer que ces deux r&eacute;cits sont ind&eacute;pendants l&#39;un de l&#39;autre, aussi leur valeur probante demeure-t-elle incertaine. Le monument ph&eacute;nicien le plus ancien trouv&eacute; &agrave; Carthageest une chapelle votive sise au tophet de Salammb&ocirc; ; on peut la dater, par la c&eacute;ramique grecque plac&eacute;e dans un d&eacute;p&ocirc;t de fondation et accompagnant les offrandes sacrificielles, aux environs de 725 avant J.-C. Les tombes puniques connues ne sont pas ant&eacute;rieures &agrave; la fin de ce si&egrave;cle. Aussi, plusieurs savants (notamment Rhys Carpenter) rejettent la tradition litt&eacute;raire et s&#39;appuient sur ces documents arch&eacute;ologiques pour dater la fondation de la cit&eacute; du milieu du VIIIe si&egrave;cle. Des sondages profonds r&eacute;alis&eacute;s dans la plaine littorale situ&eacute;e au pied de Byrsa permettent de d&eacute;montrer l&#39;existence d&#39;un habitat archa&iuml;que datant de la premi&egrave;re moiti&eacute; du VIIIe si&egrave;cle avant J.-C.<br \/>\n\tNous ne savons pratiquement rien de la Carthage des VIIIe et VIIe si&egrave;cles avant J.-C., si ce n&#39;est qu&#39;elle vivait de cabotage, importait tous les produits fabriqu&eacute;s et avait pour dieu tut&eacute;laire Baal Hammon, le El ph&eacute;nicien, assimil&eacute; plus tard &agrave; Kronos et &agrave; Saturne. C&#39;est &agrave; lui qu&#39;&eacute;taient vou&eacute;s les enfants qu&#39;on br&ucirc;lait vifs en sacrifice (molek ), pour assurer vie et prosp&eacute;rit&eacute; &agrave; la cit&eacute;, en son tophet de Salammb&ocirc;. Un si&egrave;cle et demi apr&egrave;s la fondation de la ville, les Carthaginois s&#39;installent &agrave; Ibiza(Bal&eacute;ares). D&egrave;s le milieu du VIe si&egrave;cle, la ville est gouvern&eacute;e par des rois appartenant &agrave; la famille des Magonides. Alli&eacute;e aux &Eacute;trusques, elle domine la Sicile du Sud-Ouest, prend pied en Sardaigne, repousse les Phoc&eacute;ens de Corse &agrave; Alalia, secourt Gadir (Cadix) assi&eacute;g&eacute;e par les Ib&egrave;res, chasse D&ocirc;rieus et ses colons spartiates de Tripolitaine. Dans les derni&egrave;res ann&eacute;es du si&egrave;cle, les lamelles d&#39;or de Pyrgi attestent son entente avec Caere, et le premier trait&eacute; d&#39;alliance avec Romeest conclu. La richesse du mobilier fun&eacute;raire t&eacute;moigne de sa prosp&eacute;rit&eacute; et de l&#39;activit&eacute; du commerce avec l&#39;&Eacute;gypte, la Gr&egrave;ce et l&#39;&Eacute;trurie.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les guerres contre les Grecs<\/strong><\/p>\n<p>\n\tEn 480, Carthage, battue &agrave; Him&egrave;re par Gelon, tyran de Syracuse, &eacute;vacue la Sicile &agrave; l&#39;exception de Motye, tandis que la flotte perse, en grande partie form&eacute;e de contingents ph&eacute;niciens, est &eacute;cras&eacute;e &agrave; Salamine. Les rois Magonides se replient sur l&#39;Afrique et mettent leur territoire en valeur. Le roi Hannon dirige deux exp&eacute;ditions maritimes de prospection, l&#39;une vers l&#39;Afrique tropicale, l&#39;autre vers la Grande-Bretagne, afin de trouver les ressources mini&egrave;res n&eacute;cessaires au d&eacute;veloppement de l&#39;industrie lourde naissante.<br \/>\n\t&Agrave; la fin du Ve si&egrave;cle, la guerre &eacute;clate de nouveau en Sicile contre les Grecs ; les Carthaginois s&#39;emparent de S&eacute;linonte, Agrigente et Gela, mais Denys de Syracuse regroupe les Hell&egrave;nes et le roi Himilcon &eacute;choue devant Syracuse. Les Magonides, attaqu&eacute;s par les aristocrates, propri&eacute;taires fonciers qui souhaitent la paix, voient leur pouvoir d&eacute;cro&icirc;tre. Une r&eacute;volution religieuse porte alors Tanit Pene Baal au sommet du panth&eacute;on punique, &agrave; la place de son par&egrave;dre Baal Hammon qui est rel&eacute;gu&eacute; au second rang ; et, au tophet, des st&egrave;les d&#39;inspiration grecque orn&eacute;es de symboles, dits &laquo; signes de la bouteille et de Tanit &raquo;, remplacent peu &agrave; peu les anciens cippes votifs d&eacute;di&eacute;s &agrave; Baal Hammon, en forme de tr&ocirc;nes et de chapelles &eacute;gyptisantes. Le culte grec de D&eacute;m&eacute;ter est introduit en 396. Vers 380, la noblesse se d&eacute;barrasse d&eacute;finitivement des Magonides et institue le tribunal des Cent-Quatre qui surveille &eacute;troitement les g&eacute;n&eacute;raux, substitu&eacute;s aux rois &agrave; la t&ecirc;te des arm&eacute;es. Le pouvoir r&eacute;el est aux mains de comit&eacute;s secrets peu nombreux qui se recrutent par cooptation. Vers 360, Hannon le Grand, chef du parti &laquo; nationaliste &raquo;, essaie vainement de renverser le r&eacute;gime oligarchique.<br \/>\n\tLa lutte contre les Grecs de Sicile devient moins &acirc;pre apr&egrave;s la mort de Denys Ier (367). La diplomatie carthaginoise suit de pr&egrave;s l&#39;&eacute;volution de la situation en Italie p&eacute;ninsulaire ; en 348, la vieille alliance avec Rome est renouvel&eacute;e ; cette derni&egrave;re en profite pour subjuguer la Campanie et le Latium. Carthageincite ses alli&eacute;s &eacute;trusques &agrave; conserver la neutralit&eacute; pendant les guerres samnites ; elle finira par sacrifier l&#39;alliance tyrrh&eacute;nienne &agrave; l&#39;alliance romaine. Cependant, les Grecs reprennent l&#39;offensive en Sicile avec Timol&eacute;on, qui inflige une grave d&eacute;faite &agrave; l&#39;arm&eacute;e punique au Crimisos (339), et surtout avec Agathocle, qui prend le pouvoir &agrave; Syracuseen 312 et d&eacute;barque en Afrique en 310. L&#39;invasion provoque des troubles religieux et politiques graves &agrave; Carthage, et le roi Bomilcar tente vainement, une nouvelle fois, de renverser le pouvoir oligarchique (307). L&#39;&eacute;chec d&#39;Agathocle et de Bomilcar permet au r&eacute;gime oligarchique d&#39;atteindre son apog&eacute;e, qui durera pr&egrave;s d&#39;un demi-si&egrave;cle (307-263). Inqui&eacute;t&eacute;e un moment par l&#39;imp&eacute;rialisme mac&eacute;donien (Alexandre prend Tyr en 332), Carthageconclut une entente &eacute;conomique profitable avec la dynastie lagide qui domine l&#39;&Eacute;gypte, la Palestineet la Ph&eacute;nicie. Elle accueille largement les influences grecques venues de Sicile, d&#39;Italie m&eacute;ridionale et d&#39;&Eacute;gypte. Aristote, qui &eacute;tudie sa constitution vers 330, la compare &agrave; celles des cit&eacute;s grecques qu&#39;il consid&egrave;re comme les mieux gouvern&eacute;es. Dominant &eacute;conomiquement la M&eacute;diterran&eacute;e occidentale et entretenant de bonnes relations avec l&#39;Orient, l&#39;&Eacute;tat punique jouit d&#39;une grande prosp&eacute;rit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les guerres contre Rome<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCette situation est gravement &eacute;branl&eacute;e par la premi&egrave;re guerre avec Rome(264-241). Carthage et Rome s&#39;&eacute;taient encore entendues pour &eacute;liminer Pyrrhos d&#39;&Eacute;pire qui tentait de relever l&#39;hell&eacute;nisme occidental (278-276). Mais Rome fut entra&icirc;n&eacute;e par ses associ&eacute;s campaniens &agrave; prendre pied en Sicile. Le gouvernement punique ne sut ni voir venir le p&eacute;ril, ni le conjurer &agrave; temps. D&egrave;s les premi&egrave;res ann&eacute;es de la guerre, il perdit la province sicilienne, &agrave; l&#39;exception de quelques places fortes, et subit m&ecirc;me de graves d&eacute;faites navales (Myles en 260). En 256, Regulus renouvela la tentative d&#39;invasion d&#39;Agathocle. Il &eacute;choua ; mais la guerre, en se prolongeant, ruina l&#39;&eacute;conomie de Carthagequi dut accepter la paix en 241.<br \/>\n\tCet &eacute;chec provoqua la chute du r&eacute;gime oligarchique. Une r&eacute;volte sociale men&eacute;e par les mercenaires menace l&#39;existence m&ecirc;me de Carthage. Elle est ma&icirc;tris&eacute;e par Amilcar Barca, g&eacute;n&eacute;ral qui s&#39;&eacute;tait illustr&eacute; en Sicile et qui mit fin au r&eacute;gime aristocratique. Carthagesera d&eacute;sormais gouvern&eacute;e par deux suff&egrave;tes, &eacute;lus annuellement par l&#39;Assembl&eacute;e populaire devenue souveraine. Au lieu d&#39;&eacute;tablir sa dictature en Afrique, Amilcar pr&eacute;f&egrave;re fonder en Espagne un &Eacute;tat th&eacute;oriquement soumis &agrave; Carthage, mais dont il est le ma&icirc;tre et o&ugrave; il trouve les ressources n&eacute;cessaires &agrave; la revanche contre Rome. Apr&egrave;s sa mort et le r&egrave;gne de son gendre Asdrubal, ses projets sont r&eacute;alis&eacute;s par son fils Hannibal. Celui-ci projette de s&eacute;parer de Romeses alli&eacute;s de Campanie et d&#39;Italie m&eacute;ridionale, en &eacute;branlant la Conf&eacute;d&eacute;ration italique avec l&#39;aide des Celtes. Il est tout pr&egrave;s du succ&egrave;s apr&egrave;s la victoire de Cannes(216) qui entra&icirc;ne la d&eacute;fection de Capoue, Tarente et Syracuse. Mais, isol&eacute; par la d&eacute;faite de son beau-fr&egrave;re Asdrubal vaincu et tu&eacute; &agrave; la bataille du M&eacute;taure, affaibli par les d&eacute;fections des Campaniens et des Apuliens, il ne peut assi&eacute;ger Rome. Une arm&eacute;e romaine conduite par Scipion s&#39;empare des possessions espagnoles de Carthage, passe en Afrique, et Hannibal, contraint de quitter l&#39;Italie, est &eacute;cras&eacute; &agrave; Zamaen 202. La paix est sign&eacute;e, la puissance de Carthaged&eacute;truite &agrave; jamais. La troisi&egrave;me guerre punique &eacute;clate en 148 et, en 146, Scipion &Eacute;milien rase Carthage.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les ruines de Kart Hadasht<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLa ville de la p&eacute;riode hell&eacute;nistique &eacute;tait, d&#39;apr&egrave;s Tite-Live, entour&eacute;e d&#39;une enceinte fortifi&eacute;e de 34 kilom&egrave;tres de longueur. Il n&#39;en reste que des blocs &eacute;pars le long du front de mer et un foss&eacute; appartenant aux d&eacute;fenses ext&eacute;rieures qui barraient l&#39;isthme &agrave; hauteur de Chott Bahira. Les deux lagunes qui s&#39;&eacute;tendent aujourd&#39;hui parall&egrave;lement au rivage entre Douar ech Chott et Le Kram sont sans doute les vestiges des ports int&eacute;rieurs ceints de portiques ioniques d&eacute;crits par Appien. Le bassin rectangulaire qui d&eacute;bouche dans la baie du Kram occuperait l&#39;emplacement du port de commerce, et le bassin circulaire entourant un &icirc;lot, celui du Coth&ocirc;n ou port de guerre, au centre duquel se dressait le palais de l&#39;Amiraut&eacute;. Au tophet de Salammb&ocirc;, seul le niveau ant&eacute;rieur au IIIe si&egrave;cle a subsist&eacute; ; il est form&eacute; de tertres truff&eacute;s d&#39;urnes contenant les cendres des enfants offerts en sacrifice et surmont&eacute;s d&#39;ex-voto, en forme de pilier fun&eacute;raire ou de st&egrave;les &agrave; fronton triangulaire souvent flanqu&eacute; de deux acrot&egrave;res, orn&eacute;es des embl&egrave;mes divins encadr&eacute;s d&#39;un d&eacute;cor floral ou architectural hell&eacute;nisant. La couche sup&eacute;rieure a &eacute;t&eacute; boulevers&eacute;e par les Romains, et les st&egrave;les arrach&eacute;es de leur tertre, bris&eacute;es, dispers&eacute;es. Une chapelle de faubourg, d&eacute;truite par l&#39;incendie de 146, a &eacute;t&eacute; d&eacute;couverte sous la gare actuelle de Salammb&ocirc;. Elle &eacute;tait d&eacute;cor&eacute;e de colonnes en trompe l&#39;&oelig;il alors fort&agrave;la mode et abritait des statues de divinit&eacute;s en terre cuite, align&eacute;es sur une banquette. Les socles et les montants des tr&ocirc;nes de ces simulacres &eacute;taient orn&eacute;s de plaques de terre cuite estamp&eacute;es, repr&eacute;sentant des sphinx et des Victoires trop&eacute;ophores &eacute;mergeant de buissons d&#39;acanthe, de style alexandrin. Des plaques de terre cuite analogues ont &eacute;t&eacute; aussi exhum&eacute;es dans un sanctuaire domestique attenant &agrave; une villa situ&eacute;e &agrave; Amilcar et dans la favissa o&ugrave; se trouvaient entass&eacute;s des br&ucirc;le-parfum et des bustes de D&eacute;m&eacute;ter provenant du temple de cette d&eacute;esse sans doute. Sur les premi&egrave;res, on voit des Victoires ail&eacute;es, un masque de Gorgone, Scylla et une procession dionysiaque, sur les autres une naissance d&#39;Aphrodite et des Amours ail&eacute;s. Sur la colline de Byrsa, les restes de maisons puniques d&eacute;truites lors du si&egrave;ge de 146, des fragments de frises ou de corniches de c&eacute;ramique rehauss&eacute;es de couleurs vives, des colonnettes tapiss&eacute;es de stuc laissent &agrave; penser que ces riches demeures ne diff&eacute;raient gu&egrave;re de celles des autres cit&eacute;s m&eacute;diterran&eacute;ennes de l&#39;&eacute;poque, si ce n&#39;est par un go&ucirc;t assez prononc&eacute; pour les d&eacute;cors &eacute;gyptisants. Les cimeti&egrave;res de la fin du IVe si&egrave;cle et du IIIe ont livr&eacute; de magnifiques sarcophages en marbre. Les uns portent sur leur couvercle l&#39;effigie d&#39;un homme barbu, la t&ecirc;te pos&eacute;e sur un coussin selon la mode &eacute;trusque, et tenant une lampe ou une cassolette ; le plus remarquable est orn&eacute; d&#39;un simulacre de Tanit, coiff&eacute;e de la d&eacute;pouille de l&#39;&eacute;pervier et drap&eacute;e dans les ailes repli&eacute;es de l&#39;oiseau ; certains ont la forme d&#39;un temple grec, au toit &agrave; double pente ; les frontons sont peints de motifs divers, Scylla, griffons affront&eacute;s, les bandeaux lat&eacute;raux de rinceaux horizontaux encadrant une t&ecirc;te humaine. &Agrave; l&#39;&eacute;poque des guerres puniques, les Carthaginois se faisaient souvent incin&eacute;rer ; leurs restes &eacute;taient alors d&eacute;pos&eacute;s dans des coffrets en calcaire, tandis qu&#39;une st&egrave;le creus&eacute;e d&#39;une niche abritant un portrait fort sch&eacute;matique du d&eacute;funt ou une statue grossi&egrave;re se dressait au-dessus de la tombe.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>2. <\/strong><strong>Carthage<\/strong><strong>romaine<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>La reconstruction de la ville<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\t<strong>Les institutions<\/strong>En 123, le tribun Caius Gracchus fait voter la cr&eacute;ation &agrave; Carthaged&#39;une colonie romaine. Le projet, violemment combattu par les oligarques, avorte aussit&ocirc;t. Il est repris par Jules C&eacute;sar, mais celui-ci ne put le r&eacute;aliser avant son assassinat. C&#39;est seulement en 44 avant J.-C. que les triumvirs, ex&eacute;cutant les volont&eacute;s du dictateur, installent une colonie qui occupe non l&#39;emplacement de l&#39;ancienne ville punique, mais la zone situ&eacute;e au nord-ouest, autour du village arabe de La Malga. Apr&egrave;s des vicissitudes r&eacute;sultant des guerres civiles, Octave renforce cette colonie par un nouveau contingent de trois mille familles en 29 avant J.-C. Il fait alors recouvrir le sol maudit en 146 par une cadastration r&eacute;guli&egrave;re dans laquelle s&#39;inscrivent maisons et &eacute;difices publics ; le centre de cette cadastration se trouve sur l&#39;actuelle colline de Byrsa, au chevet de la cath&eacute;drale ; elle a la forme d&#39;un carr&eacute; de 1 400 m&egrave;tres de c&ocirc;t&eacute;, avec un angle battu du c&ocirc;t&eacute; nord-ouest correspondant &agrave; l&#39;emplacement de la colonie c&eacute;sarienne.<br \/>\n\tCette colonie poss&eacute;dait un vaste territoire aux limites d&#39;ailleurs mal connues. On sait qu&#39;il comprenait des pagi ou cantons, situ&eacute;s dans l&#39;ouest de la Tunisie actuelle, dans la r&eacute;gion de Dougga, &agrave; 100 kilom&egrave;tres de Carthage. Il est possible que cet immense domaine ait &eacute;t&eacute; d&#39;un seul tenant : s&#39;y ins&eacute;raient des terres laiss&eacute;es aux cit&eacute;s indig&egrave;nes, des latifundia appartenant &agrave; l&#39;empereur et aux s&eacute;nateurs romains et m&ecirc;me le territoire d&#39;autres colonies moins importantes. Th&eacute;oriquement, le sol de Carthagerestait propri&eacute;t&eacute; publique du peuple romain. Les traces de cette fiction juridique ne disparurent qu&#39;avec Septime S&eacute;v&egrave;re, qui conf&eacute;ra aux Carthaginois le jus italicum comportant pleine propri&eacute;t&eacute; de leurs terres.<\/p>\n<p>\n\tLes institutions de la Colonia Julia Karthago &eacute;taient, comme celles de toutes les colonies romaines, calqu&eacute;es sur celles de la R&eacute;publique romaine. L&#39;assembl&eacute;e des citoyens &eacute;lit annuellement les magistrats, dont les principaux sont les duumvirs . Les magistrats et anciens magistrats forment le s&eacute;nat municipal ou ordo . En outre, Carthageest la r&eacute;sidence du proconsul, gouverneur de la province d&#39;Afrique, toujours pris parmi les s&eacute;nateurs romains parvenus au sommet de la hi&eacute;rarchie ; il est assist&eacute; de l&eacute;gats. Le procureur g&egrave;re les int&eacute;r&ecirc;ts financiers de l&#39;empereur ; il est le second personnage de la province. L&#39;un et l&#39;autre sont assist&eacute;s d&#39;un nombreux personnel administratif, les officiales , en majorit&eacute; esclaves ou affranchis, dont on a retrouv&eacute; les tombeaux. Carthageest &eacute;galement le si&egrave;ge du conseil provincial, compos&eacute; de d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s de toutes les cit&eacute;s africaines, qui choisit chaque ann&eacute;e le pr&ecirc;tre du culte imp&eacute;rial. Tr&egrave;s vite, les descendants des colons italiens se fondent avec les Africains qui acc&egrave;dent de plus en plus nombreux au droit de cit&eacute; romain. S&#39;y ajoutent en assez grand nombre des immigr&eacute;s venus de l&#39;int&eacute;rieur de l&#39;Afrique et de toutes les r&eacute;gions de l&#39;Empire. Le chiffre de la population est impossible &agrave; appr&eacute;cier exactement. Les Anciens nous disent seulement que Carthage&eacute;tait la deuxi&egrave;me agglom&eacute;ration de l&#39;Occident apr&egrave;s Rome, et qu&#39;elle ne le c&eacute;dait gu&egrave;re aux principales villes d&#39;Orient. Or Romea compt&eacute; au moins 500 000 habitants et probablement un million ; Alexandrie et Antioche en avaient plusieurs centaines de milliers. Le chiffre de 300 000 Carthaginois peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme raisonnable.<br \/>\n\tLes &eacute;difices publics et priv&eacute;s de la Carthageaugust&eacute;enne ont &eacute;t&eacute; presque tous d&eacute;truits lors de reconstructions massives, dont les plus importantes se situent dans la seconde moiti&eacute; du IIe si&egrave;cle et au IVe. Tr&egrave;s rares sont les murs en opus reticulatum , les mosa&iuml;ques simples qui peuvent remonter au d&eacute;but de l&#39;&egrave;re chr&eacute;tienne. M&ecirc;me les sculptures datables sont en tr&egrave;s grande majorit&eacute; d&#39;&eacute;poque antonine ou s&eacute;v&eacute;rienne. Font exception : l&#39;autel de la gens Augusta, d&eacute;di&eacute; vers la fin du r&egrave;gne d&#39;Auguste, et un relief repr&eacute;sentant Mars Ultor et V&eacute;nus Genitrix (mus&eacute;e d&#39;Alger).<\/p>\n<p>\n\t<strong>Une histoire mouvement&eacute;e<\/strong><\/p>\n<p>\n\tL&#39;histoire de Carthageaux deux premiers si&egrave;cles est fortpaisible. En 70, dans la guerre civile qui suit la chute de N&eacute;ron, le proconsul Pison tente de sefaire proclamer empereur, mais son complot &eacute;choue. Sous le r&egrave;gne de Commode et le proconsulat de Pertinax (180 apr. J.-C.), les proph&egrave;tes qui hantent le temple de Caelestis et qu&#39;on appelle les &laquo; chiens de la d&eacute;esse &raquo; provoquent de l&#39;agitation, probablement pour protester contre la romanisation du culte. Le premier &eacute;v&eacute;nement politique vraiment grave survient en 238 ; le proconsul Gordien ayant &eacute;t&eacute; proclam&eacute; empereur par les Thysdritains, Carthage, ainsi que l&#39;Assembl&eacute;e des villes de Proconsulaire, prend fait et cause pour lui, contre Maximin le Thrace. La l&eacute;gion IIIe Augusta, command&eacute;e par Capellien, fid&egrave;le &agrave; Maximin, bat les milices des cit&eacute;s et ravage la ville. Cette d&eacute;vastation est toutefois moins grave que cellequi r&eacute;sulte en 311 de l&#39;usurpation de Domitius Alexander. L&#39;Afrique est alors dans l&#39;ob&eacute;dience de Maxence, en m&ecirc;me temps que l&#39;Italie. Le vicaire d&#39;Afrique se fait proclamer empereur ; il semble appuy&eacute; par des &eacute;l&eacute;ments s&eacute;cessionnistes, ou du moins d&eacute;sireux de supprimer l&#39;exportation du bl&eacute; d&#39;Afrique en direction de Rome. Les docks du port o&ugrave; ce bl&eacute; &eacute;tait entrepos&eacute; sont d&eacute;truits. Maxence envoie une exp&eacute;dition punitive qui an&eacute;antit en grande partie la ville. Mais, peu de temps apr&egrave;s, il est vaincu et tu&eacute; par Constantin. Carthageest somptueusement reb&acirc;tie.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les ruines de la <\/strong><strong>Carthage<\/strong><strong>imp&eacute;riale<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>Les thermes<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLes vestiges les plus impressionnants de la Carthage imp&eacute;riale sont ceux des thermes d&#39;Antonin, construits sur l&#39;ordre de cet empereur, entre 145 et 162, au nord de la ville, le long du rivage. Leurs dimensions colossales (pr&egrave;s de 300 m de long), la somptuosit&eacute; de leur d&eacute;cor les classent parmi les plus remarquables des thermes imp&eacute;riaux. Un axe perpendiculaire &agrave; la mer s&eacute;pare l&#39;&eacute;difice en deux parties sym&eacute;triques. On entrait par les faces lat&eacute;rales. Les bains se trouvaient &agrave; l&#39;&eacute;tage. Ils s&#39;ordonnaient autour d&#39;une immense salle centrale, aux vo&ucirc;tes soutenues par douze colonnes jumel&eacute;es de granit gris, couronn&eacute;es de chapiteaux corinthiens en marbre blanc, de plus de douze m&egrave;tres de hauteur, et &agrave; laquelle on acc&eacute;dait en traversant vestibules et palestres. Les piscines froides sont &agrave; l&#39;est ; un portique ouvert sur le golfe les borde ; les bains chauds, &agrave; l&#39;ouest, comprennent un caldarium de plan rectangulaire ferm&eacute; par deux absides semi-circulaires et situ&eacute; entre deux salles polygonales. On ne voit plus aujourd&#39;hui que le rez-de-chauss&eacute;e des thermes et le sol des piscines : au centre et &agrave; l&#39;est, les salles &agrave; pilastres, aras&eacute;es ou ayant conserv&eacute; leurs vo&ucirc;tes qui soutenaient les palestres et la salle centrale ; &agrave; l&#39;ouest, les salles polygonales &agrave; double vo&ucirc;te circulaire port&eacute;e par un pilier central et des piliers rayonnants, s&eacute;par&eacute;es par des magasins vo&ucirc;t&eacute;s qui portaient les bains chauds. Ces pi&egrave;ces &eacute;taient encombr&eacute;es de blocs provenant des vo&ucirc;tes de l&#39;&eacute;tage (l&#39;un d&#39;eux est recouvert d&#39;une mosa&iuml;que &agrave; cubes de verre polychrome), d&#39;&eacute;l&eacute;ments de sols pav&eacute;s de mosa&iuml;que noire et blanche (encadrant des tableaux polychromes), de f&ucirc;ts de colonnes de porphyre ou de marbre de Chemtou vert et rose, de chapiteaux histori&eacute;s (chapiteau aux anguip&egrave;des, &agrave; la t&ecirc;te de Caelestis, &agrave; la chouette), de d&eacute;bris de statues (dont les portraits des empereurs Antonin le Pieux et Caracalla, des imp&eacute;ratrices Livie et Faustine, et deux herm&egrave;s ou statues piliers repr&eacute;sentant l&#39;une un Berb&egrave;re, l&#39;autre un N&egrave;gre). Une vaste esplanade entoure les thermes sur les trois c&ocirc;t&eacute;s terrestres ; elle est bord&eacute;e de salles de r&eacute;union richement d&eacute;cor&eacute;es de stucs, de fontaines, de statues (on y a exhum&eacute; un magnifique portrait de Constance II), de latrines semi-circulaires. Le forum devait se trouver pr&egrave;s des thermes, au sud, &agrave; l&#39;emplacement de l&#39;ancien palais beylical.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le port<\/strong><\/p>\n<p>\n\tDu port et des docks, il ne reste qu&#39;une faible partie des murs de fondation : mur courbe soutenant des magasins encerclant le port rond du Kram, vo&ucirc;tes et piliers portant des magasins align&eacute;s le long du bassin rectangulaire de Salammb&ocirc;, &eacute;difi&eacute;s au-dessus du champ de st&egrave;les du tophet. Il se peut que l&#39;ancien Coth&ocirc;n punique, situ&eacute; au nord de cet ensemble, ait conserv&eacute; sa fonction de rade militaire, car on y a trouv&eacute; des restes de quais et de dallage datant du IVe si&egrave;cle apr&egrave;s J.-C.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les th&eacute;&acirc;tres et le cirque<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLa cavea du Th&eacute;&acirc;tre &eacute;tait creus&eacute;e dans les flancs de la colline qui porte ce nom et qui domine la ville au nord-ouest : c&#39;est l&agrave; qu&#39;Apul&eacute;e pronon&ccedil;a Les Florides . L&#39;Od&eacute;on ou th&eacute;&acirc;tre couvert fut &eacute;difi&eacute; sous les S&eacute;v&egrave;res, au sommet de cette colline. L&#39;h&eacute;micycle des gradins &eacute;tait tourn&eacute; vers le nord et reposait sur un dispositif de couloirs semi-circulaires, vo&ucirc;t&eacute;s et &eacute;tag&eacute;s en amphith&eacute;&acirc;tre, qui servaient &agrave; la circulation des spectateurs. L&#39;&eacute;difice &eacute;tait orn&eacute; de colonnes corinthiennes en marbre de Chemtou vert et rose, et de statues. Le cirque et l&#39;amphith&eacute;&acirc;tre se dressaient au sud-ouest de la ville. Aujourd&#39;hui, on distingue &agrave; peine l&#39;emplacement de la piste et de la spina du cirque. L&#39;amphith&eacute;&acirc;tre aussi a &eacute;t&eacute; ras&eacute;, mais Edrisi, voyageur arabe du XIIe si&egrave;cle, le d&eacute;crit ceint de cinquante arcades, surmont&eacute;es de plusieurs rangs d&#39;arcades similaires, orn&eacute;es de reliefs repr&eacute;sentant des hommes, des animaux et des navires. Les carceres ferm&eacute;es par des herses occupaient le sous-sol du podium. &Agrave; l&#39;origine, Carthage&eacute;tait aliment&eacute;e en eau par des r&eacute;servoirs vo&ucirc;t&eacute;s, dans lesquels s&#39;installa le village arabe de La Malga, et par les citernes des maisons priv&eacute;es. Puis il fallut construire un aqueduc amenant l&#39;eau du massif du Zaghouan pour approvisionner les thermes d&#39;Antonin.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;(&agrave; droite les ruines des aqueducs qui acheminaient l&#39;eau)<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les habitations<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLes riches demeures s&#39;&eacute;tageaient sur les pentes des collines, bien a&eacute;r&eacute;es. La mieux conserv&eacute;e se dresse sur la colline du Th&eacute;&acirc;tre, face &agrave; la mer. Le rez-de-chauss&eacute;e est occup&eacute; par des boutiques ; au premier, les pi&egrave;ces de r&eacute;ception et le laraire, tapiss&eacute;s de marbre blanc, pav&eacute;s de mosa&iuml;ques, s&#39;ouvrent sur une enfilade de jardins et de portiques, agr&eacute;ment&eacute;s de bassins. Une magnifique mosa&iuml;que figurant une voli&egrave;re o&ugrave; des oiseaux s&#39;&eacute;battent dans le feuillage couvrait le p&eacute;ristyle du viridarium ; elle a donn&eacute; son nom &agrave; cette maison. Des bains chauds et des magasins se cachent dans la partie amont. Mais, en g&eacute;n&eacute;ral, seules les mosa&iuml;ques de sol des habitations ont &eacute;t&eacute; conserv&eacute;es : celles de La Chasse , du Couronnement d&#39;Ariadne , de l&#39;Aurige Scorpianus , du Seigneur Julius , du Paon , des Saisons &#8230; L&#39;une de ces demeures est venue au jour lorsqu&#39;on a creus&eacute; les fondations du lyc&eacute;e de Sainte-Monique. La pi&egrave;ce principale est divis&eacute;e en trois parties. Un tableau de mosa&iuml;que, situ&eacute; au centre, porte le portrait d&#39;un personnage vu de face, en buste, coiff&eacute; d&#39;un diad&egrave;me, v&ecirc;tu d&#39;une tunique recouverte d&#39;un manteau de pourpre et tenant un sceptre ; la t&ecirc;te est aur&eacute;ol&eacute;e d&#39;un nimbe ; cette composition ressemble aux personnifications d&#39;id&eacute;es philosophiques, Sagesse, Magnanimit&eacute;, Force ou autres, &agrave; la mode en Orient aux environs de 400 apr&egrave;s J.-C. Le reste du sol est couvert d&#39;un semis de roses.<br \/>\n\tCertains monuments ont servi de si&egrave;ge &agrave; des associations religieuses ou civiles. L&#39;un d&#39;eux, situ&eacute; le long de la route d&#39;Amilcar, abritait une secte mystique de douze membres, v&eacute;n&eacute;rant Sylvain, dieu berb&egrave;re assimil&eacute; &agrave; Jupiter Hammon. Pourchass&eacute;s par les chr&eacute;tiens apr&egrave;s la paix de l&#39;&Eacute;glise, ces d&eacute;vots pa&iuml;ens entass&egrave;rent dans un caveau leur mat&eacute;riel cultuel, dont une statue de D&eacute;m&eacute;ter et une de V&eacute;nus, et en c&eacute;l&egrave;rent l&#39;acc&egrave;s par une mosa&iuml;que. Au pied de la colline de Junon, du c&ocirc;t&eacute; nord, se tenait le &laquo; club &raquo; de la faction du cirque des Bleus, comprenant une vaste salle &agrave; colonnes de plan basilical, une cour &agrave; p&eacute;ristyle pav&eacute;e de mosa&iuml;ques repr&eacute;sentant une chasse aux fauves, une frise d&#39;enfants chasseurs, ex&eacute;cut&eacute;es par l&#39;&eacute;quipe qui travailla &agrave; Piazza Armerina, et une immense salle o&ugrave; les dalles de marbre polychrome alternent avec quatre-vingt-six tableaux de mosa&iuml;que, qui repr&eacute;sentent des chevaux de course dont les noms sont indiqu&eacute;s par des r&eacute;bus. Enfin, &agrave; l&#39;ouest des thermes d&#39;Antonin se trouvait la schola des augustales vou&eacute;e au culte imp&eacute;rial. Une cour centrale, ferm&eacute;e par une abside, creus&eacute;e d&#39;un bassin au centre et bord&eacute;e de colonnes sur ses c&ocirc;t&eacute;s les plus longs, donnait acc&egrave;s &agrave; l&#39;ouest &agrave; des bureaux et &agrave; l&#39;est &agrave; une salle de r&eacute;ception trifoli&eacute;e. Le pavement d&#39;une des absides repr&eacute;sente des putti accrochant des guirlandes &agrave; la coupole d&#39;un kiosque flanqu&eacute;, aux deux ailes, d&#39;une colonnade ferm&eacute;e par un rideau o&ugrave; devait se d&eacute;rouler une c&eacute;r&eacute;monie du culte imp&eacute;rial. Dans le quartier desPorts, un palais fastueux s&#39;&eacute;levait au-dessus de l&#39;area du tophet punique. Il n&#39;en reste que des fragments de fresques figurant un thiase marin et des panneaux de mosa&iuml;ques ornant les sols qui repr&eacute;sentent des Saisons nimb&eacute;es et ail&eacute;es, datant de la premi&egrave;re moiti&eacute; du IVe si&egrave;cle. La banlieue nord de Carthage, l&#39;ancienne Megara, &eacute;tait couverte de villas et de jardins.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les sanctuaires<\/strong><\/p>\n<p>\n\tAucun des grands sanctuaires de la Carthageromaine n&#39;a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;. Un petit metroon a cependant &eacute;t&eacute; reconnu sur le flanc ouest de la colline de Byrsa ; une statue de C&eacute;r&egrave;s, couronn&eacute;e d&#39;&eacute;pis, une inscription mentionnant une confr&eacute;rie de pr&ecirc;tres de C&eacute;r&egrave;s (sacerdotes cereales ) ainsi que de nombreux fragments architecturaux d&eacute;cor&eacute;s de raisins et d&#39;&eacute;pis ont &eacute;t&eacute; exhum&eacute;s sur le plateau de Bordj Djedid, l&agrave; o&ugrave; devait s&#39;&eacute;lever le temple de la d&eacute;esse ; de m&ecirc;me, au tophet de Salammb&ocirc;, on a retrouv&eacute; des vestiges de la modeste chapelle d&eacute;di&eacute;e &agrave; Saturne, un buste du dieu, une mosa&iuml;que consacr&eacute;e au &laquo; Seigneur &raquo; par Erucius et des cippes. Enfin, un bloc pesant plusieurs tonnes, portant l&#39;inscription Iussu Domini Aescu (lapi ), d&eacute;couvert sur la colline du Th&eacute;&acirc;tre, indique sans doute l&#39;emplacement du temple de ce dieu, qui succ&eacute;da &agrave; celui d&#39;Eshmoun.<\/p>\n<p>\n\t<strong>3. L&#39;apport des fouilles depuis 1973<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCarthageest la seule grande ville antique du monde m&eacute;diterran&eacute;en dont la connaissance a &eacute;t&eacute; profond&eacute;ment renouvel&eacute;e. De 1973 &agrave; 1989, la grande campagne internationale de Carthage patronn&eacute;e par l&#39;U.N.E.S.C.O. a fait participer des dizaines de missions venant de nombreux pays &agrave; l&#39;&eacute;tude des vestiges carthaginois &agrave; travers toutes les p&eacute;riodes.<\/p>\n<p>\n\t<strong>La ville punique<\/strong><\/p>\n<p>\n\tGr&acirc;ce aux fouilles, la ville punique, jusque-l&agrave; myst&eacute;rieuse, est r&eacute;apparue, et son &eacute;volution est mieux connue. Malgr&eacute; de grandes lacunes, les lignes g&eacute;n&eacute;rales de l&#39;histoire de l&#39;antique cit&eacute; peuvent &ecirc;tre esquiss&eacute;es. Surtout parce que la plus marquante, la derni&egrave;re phase qui pr&eacute;c&egrave;de la destruction de 146 avant J.-C., a &eacute;t&eacute; mise au jour. Un quartier a &eacute;t&eacute; d&eacute;couvert, d&eacute;gag&eacute; et restaur&eacute; sur le flanc sud de l&#39;acropole de Byrsa. Ce quartier, miraculeusement pr&eacute;serv&eacute;, doit sa survivance aux &eacute;normes travaux entrepris par le constructeur romain : pour &eacute;tablir une immense plate-forme sur la colline, on a &eacute;cr&ecirc;t&eacute; le sommet et combl&eacute; les versants sous d&#39;&eacute;normes quantit&eacute;s de remblais maintenus &agrave; mi-pente par des murs de sout&egrave;nement. Ce sont ces remblais qui ont enfoui et pr&eacute;serv&eacute; les vestiges.<br \/>\n\tC&#39;est un quartier d&#39;habitation &eacute;difi&eacute; &agrave; flanc de colline selon un plan r&eacute;gulier, suivant une orientation nord-est &#8211; sud-ouest ; chaque &icirc;lot rectangulaire (30 m Z 15 m environ), entour&eacute; par de larges rues orthogonales, s&#39;&eacute;tage par paliers successifs suivant la pente et comprend plusieurs habitations de plan allong&eacute; comportant diff&eacute;rentes variantes : donnant sur la fa&ccedil;ade, une grande salle long&eacute;e d&#39;un couloir d&#39;acc&egrave;s conduit vers une courette centrale &agrave; ciel ouvert et d&eacute;bouche au fond sur un ensemble de petites pi&egrave;ces. Au sous-sol de chaque unit&eacute;, une citerne tr&egrave;s profonde &eacute;tait approvisionn&eacute;e par les eaux de pluie provenant des terrasses. Le sol est pav&eacute; d&#39;un tuileau de poterie concass&eacute;e parsem&eacute; de petits cubes de marbre blanc. Les murs sont couverts d&#39;un stuc blanc, parfois peint. Nul doute que cette architecture comportait plusieurs &eacute;tages.<br \/>\n\tCe lotissement a &eacute;t&eacute; dat&eacute; de la fin du IIIe si&egrave;cle &ndash; d&eacute;but du IIe si&egrave;cle, c&#39;est-&agrave;-dire de la seconde guerre punique. Apr&egrave;s sa d&eacute;faite &agrave; Zamaen 203, Hannibal, devenu suff&egrave;te de sa patrie, aurait &eacute;t&eacute; le promoteur de cet ensemble qui r&eacute;v&egrave;le une organisation urbanistique et architecturale remarquable.<br \/>\n\tCe quartier aura la vie courte, puisque, en 146, il sera d&eacute;truit par les soldats de Scipion, puis enfoui sous les remblais des terrassements de la ville romaine. Ce sont les fouilles r&eacute;centes men&eacute;es par l&#39;&eacute;quipe fran&ccedil;aise dans le cadre de la campagne internationale qui le remettront au jour.<br \/>\n\tUn autre secteur essentiel de Carthagea fait l&#39;objet de travaux de fouilles et de recherches : ce sont les ports puniques. L&#39;identification des anciens ports de Carthage avec les deux lagunes actuelles n&#39;&eacute;tait pas assur&eacute;e et certains la contestaient. L&#39;&eacute;quipe britannique a pu, malgr&eacute; l&#39;&eacute;tat fangeux actuel des lagunes, les remaniements op&eacute;r&eacute;s &agrave; l&#39;&eacute;poque romaine et l&#39;abandon ult&eacute;rieur, reconstituer l&#39;&eacute;tat et l&#39;aspect des prestigieux ports de Carthageet plus particuli&egrave;rement le port militaire circulaire. L&#39;arch&eacute;ologie a confirm&eacute; la description qu&#39;en avait faite Polybe, reprise par Appien : &laquo; Les ports de Carthage &eacute;taient dispos&eacute;s de telle sorte que les navires passaient de l&#39;un dans l&#39;autre ; de la mer, on p&eacute;n&eacute;trait par une entr&eacute;e large de 70 pieds [20,72 m] qui se fermait avec des cha&icirc;nes de fer. Le premier port, r&eacute;serv&eacute; aux marchands, &eacute;tait pourvu d&#39;amarres nombreuses et vari&eacute;es. Au milieu du port int&eacute;rieur &eacute;tait une &icirc;le. L&#39;&icirc;le et le port &eacute;taient bord&eacute;s de grands quais. Tout le long de ces quais, il y avait des loges, faites pour contenir 220 vaisseaux, et, au-dessus des loges, des magasins pour les agr&egrave;s. &raquo; On sait par les fouilles britanniques que cet &eacute;tat date de la derni&egrave;re p&eacute;riode de Carthage et qu&#39;il ne peut &ecirc;tre ant&eacute;rieur au IVe si&egrave;cle avant J.-C.<br \/>\n\tAutre r&eacute;v&eacute;lation des fouilles internationales : la d&eacute;couverte des niveaux et des vestiges du Ve si&egrave;cle, c&#39;est-&agrave;-dire de la p&eacute;riode d&#39;expansion de Carthage, sous les Magonides (fouilles allemandes). Sur la plaine littorale qui s&#39;&eacute;tend au pied de la colline de Byrsa, &agrave; l&#39;abri d&#39;une puissante muraille garnie de tours, fut construit alors un nouveau quartier d&#39;habitation selon un plan r&eacute;gulier ; il &eacute;tait desservi par une voie de communication aboutissant &agrave; une porte maritime d&eacute;fendue par des bastions. Au IIe si&egrave;cle, certaines demeures furent agrandies aux d&eacute;pens d&#39;autres : ordonn&eacute;es autour d&#39;une cour &agrave; colonnade, les ailes de la maison comportaient d&eacute;sormais au moins deux niveaux. L&#39;architecture en &eacute;tait soign&eacute;e : stucs peints aux murs, sols en mosa&iuml;ques ; puits et citernes assuraient l&#39;approvisionnement en eau. L&#39;incendie de 146 d&eacute;truisit ce quartier. Lorsque les Romains reconstruisirent la ville, ils reprirent le m&ecirc;me sch&eacute;ma d&#39;orientation urbanistique. Un sondage stratigraphique profond op&eacute;r&eacute; sur l&#39;axe du Decumanus Maximus dans la plaine littorale, au pied de la colline de Byrsa, a permis d&#39;obtenir une s&eacute;quence chronologique des diff&eacute;rentes occupations urbaines de la ville.<br \/>\n\tAu plus profond du sondage, &agrave; 8 m&egrave;tres au-dessous du niveau actuel, on a distingu&eacute; plusieurs couches de sol en terre battue, dat&eacute;es &agrave; partir de la premi&egrave;re moiti&eacute; du VIIIe si&egrave;cle gr&acirc;ce &agrave; des fragments de c&eacute;ramique d&#39;importation grecque, ph&eacute;nicienne, chypriote et ib&eacute;rique, ainsi que de la c&eacute;ramique locale.<br \/>\n\tAu-dessous des couches archa&iuml;ques &eacute;tait &eacute;difi&eacute; un grand temple que l&#39;on a pu identifier gr&acirc;ce aux &eacute;l&eacute;ments architecturaux retrouv&eacute;s. Une grande quantit&eacute; de sceaux sigill&eacute;s qui fermaient les rouleaux de papyrus permet d&#39;affirmer l&#39;existence d&#39;archives qui ont br&ucirc;l&eacute;.<br \/>\n\tLe temple serait consacr&eacute; &agrave; Baal Hamon Jeune, assimil&eacute; au dieu &eacute;gyptien Horus Harpocrate, dans lequel les Romains reconnaissaient Apollon.<br \/>\n\tApr&egrave;s la destruction de la ville punique, une grande basilique civile aurait &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute;e, et l&#39;on sait par les textes anciens qu&#39;un tel monument donnait sur le forum de la ville basse, qui aurait succ&eacute;d&eacute; &agrave; l&#39;agora punique.<br \/>\n\tUn autre t&eacute;moignage important de la Carthage punique est le &laquo; tophet &raquo;, sanctuaire de Tanit et de Baal Hamon. On sait par diverses sources antiques que les Carthaginois pratiquaient des sacrifices de jeunes enfants en l&#39;honneur de divinit&eacute;s tut&eacute;laires de la ville. C&#39;est par hasard que ce lieu consacr&eacute; a &eacute;t&eacute; d&eacute;couvert, en 1920, &agrave; proximit&eacute; du port marchand. Plusieurs milliers de st&egrave;les votives surmontant des urnes qui contenaient les restes des sacrifi&eacute;s ont &eacute;t&eacute; recueillies par les fouilleurs. Comme elles se sont superpos&eacute;es au cours du temps, on a pris l&#39;habitude de les r&eacute;partir en trois grandes p&eacute;riodes : la plus ancienne, au niveau le plus bas, allant de 715 &agrave; 600, puis la deuxi&egrave;me de 600 &agrave; 300, enfin la derni&egrave;re de 350 &agrave; 146. C&#39;est l&agrave; qu&#39;a &eacute;t&eacute; d&eacute;couvert le d&eacute;p&ocirc;t le plus ancien recueilli &agrave; Carthage : constitu&eacute; de c&eacute;ramiques d&#39;importation chypriote et orientale, il remonte &agrave; 725 avant J.-C. La d&eacute;couverte du tophet d&eacute;montre la persistance des sacrifices humains durant toute l&#39;&eacute;poque punique, m&ecirc;me si l&#39;on y substitua parfois des animaux. La fouille men&eacute;e par une &eacute;quipe am&eacute;ricaine dans un secteur du tophet a confirm&eacute; les observations faites auparavant.<br \/>\n\tSur la pente m&eacute;ridionale de Byrsa, on a d&eacute;couvert une n&eacute;cropole tr&egrave;s ancienne remontant &agrave; la fin du VIIIe et au d&eacute;but du VIIe si&egrave;cle. Ce sont les poteries import&eacute;es constituant le mobilier fun&eacute;raire qui permettent de dater les tombes : en particulier les &laquo; kotyles &raquo;, gobelets &agrave; boire &agrave; paroi tr&egrave;s fine et d&eacute;cor&eacute;e, produits &agrave; Corinthe et diffus&eacute;s sur le pourtour de la M&eacute;diterran&eacute;e.<br \/>\n\tDe fait, c&#39;est paradoxalement par les n&eacute;cropoles que la Carthage punique a surv&eacute;cu et a &eacute;t&eacute; red&eacute;couverte : d&egrave;s la fin du XIXe si&egrave;cle, les fouilles de Gauckler et surtout celles de Delattre ont r&eacute;v&eacute;l&eacute; la multitude des tombes, caveaux et fosses &eacute;tal&eacute;s sur les versants des collines de Borj J&eacute;did et de l&#39;Od&eacute;on ainsi qu&#39;&agrave; Byrsa. Ces tombeaux ont fourni une quantit&eacute; innombrable d&#39;objets h&eacute;t&eacute;roclites ayant constitu&eacute; le mobilier fun&eacute;raire : en dehors des st&egrave;les et des sarcophages, ce sont des milliers de vases en terre cuite, de lampes, accompagn&eacute;s d&#39;amulettes, de bijoux parmi lesquels figurent des pi&egrave;ces d&#39;importation que l&#39;on peut dater. Les fouilles de Delattre, qui se sont &eacute;tendues sur plusieurs ann&eacute;es, ont rempli le mus&eacute;e de Carthage, sans que toutes les pr&eacute;cautions scientifiques aient &eacute;t&eacute; prises. Le m&eacute;rite d&#39;H&eacute;l&egrave;ne B&eacute;nichou-Safar est d&#39;avoir repris l&#39;ensemble de la question et d&#39;en avoir pr&eacute;sent&eacute; une &eacute;tude compl&egrave;te : la carte qu&#39;elle a &eacute;tablie permet de se faire une id&eacute;e de l&#39;extension et de la chronologie de la ville des morts.<br \/>\n\tSans &ecirc;tre exhaustives, les fouilles et les recherches effectu&eacute;es depuis 1973 ont beaucoup contribu&eacute; &agrave; faire conna&icirc;tre l&#39;histoire de Carthage : la mise au jour des vestiges architecturaux, l&#39;accumulation des niveaux d&#39;occupation ou de destruction qui se sont succ&eacute;d&eacute; sur le site permettent d&#39;en &eacute;baucher une histoire arch&eacute;ologique &agrave; partir de l&#39;&eacute;poque archa&iuml;que, m&ecirc;me lorsque ces niveaux se ram&egrave;nent &agrave; quelques horizons entass&eacute;s ou &agrave; quelques indices de murs &eacute;vanescents. Leur datation est d&#39;un apport consid&eacute;rable. La pratique du terrain r&eacute;v&egrave;le aussi la fragilit&eacute; de la construction punique constitu&eacute;e de grands blocs superpos&eacute;s encadrant des assises r&eacute;guli&egrave;res de moellons, sans liant autre que la terre ou la glaise ; ces murs se d&eacute;litent facilement une fois abandonn&eacute;s. De m&ecirc;me, l&#39;analyse de certains documents jusque-l&agrave; n&eacute;glig&eacute;s a permis de saisir ou de percevoir des ph&eacute;nom&egrave;nes &eacute;conomiques nouveaux : en particulier la c&eacute;ramique d&#39;importation grecque dont la pr&eacute;sence fr&eacute;quente dans les endroits fouill&eacute;s r&eacute;v&egrave;le des &eacute;changes commerciaux assez soutenus, m&ecirc;me durant les p&eacute;riodes d&#39;hostilit&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t<strong>La capitale de l&#39;Afrique proconsulaire<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&Agrave; l&#39;&eacute;poque romaine, Carthageest la capitale de l&#39;Afrique proconsulaire. La nouvelle ville s&#39;&eacute;l&egrave;ve sur le m&ecirc;me emplacement que la m&eacute;tropole punique, au-dessus des vestiges d&eacute;truits un si&egrave;cle auparavant. D&#39;embl&eacute;e, le pouvoir imp&eacute;rial la voudra majestueuse. Le plan cadastral ayant pour centre la colline de Byrsa en est la preuve : le croisement du Decumanus Maximus avec le Kardo Maximus d&eacute;termine un r&eacute;seau de rues et d&#39;avenues secondaires enserrant des &icirc;lots rectangulaires couvrant l&#39;ensemble de la cit&eacute;. C&#39;est &agrave; l&#39;int&eacute;rieur de ces insulae , ou &icirc;lots, que prendront place les monuments publics et priv&eacute;s. Seuls les noyaux en b&eacute;ton des structures ou des vo&ucirc;tes ont subsist&eacute; pour les grands monuments. Des maisons, ce sont en g&eacute;n&eacute;ral les citernes indestructibles et les pavements de mosa&iuml;ques inutilisables qui ont surv&eacute;cu. Des grands temples et de leurs annexes, de m&ecirc;me que des basiliques immenses, rien apparemment n&#39;a subsist&eacute; ! Leurs structures architecturales sp&eacute;cifiques ainsi que la qualit&eacute; de leur mat&eacute;riau sont responsables de leur quasi-disparition : colonnes, corniches et charpentes de pierre, de marbre et de bois ont &eacute;t&eacute; bien &eacute;videmment exploit&eacute;es et r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es avec profit. Ainsi, l&#39;emplacement du forum de Carthageest rest&eacute; ignor&eacute; jusqu&#39;aux fouilles r&eacute;centes : le d&eacute;cor architectonique, les murs en grand appareil et les grosses dalles de pavement ont totalement disparu. On sait aujourd&#39;hui que le c&oelig;ur de la cit&eacute; s&#39;&eacute;levait au sommet de la colline de Byrsa : vaste programme de construction commenc&eacute; sous Auguste, agrandi par Antonin le Pieux en 155-156 et achev&eacute; par Marc Aur&egrave;le, ce qui fit de cette r&eacute;alisation l&#39;une des plus grandioses de l&#39;empire. Il suffit d&#39;&eacute;voquer la grandeur de la basilique judiciaire, longue de 84 m&egrave;tres, large de 44 m&egrave;tres, qui fermait du c&ocirc;t&eacute; est l&#39;esplanade du forum (elle n&#39;offre plus aujourd&#39;hui qu&#39;un vaste terre-plein dans le jardin du mus&eacute;e).<br \/>\n\tEn bas, sur la c&ocirc;te, dans l&#39;&icirc;lot situ&eacute; au milieu du bassin du port circulaire, une autre place, circulaire, elle aussi entour&eacute;e d&#39;un double portique, l&#39;un tourn&eacute; &agrave; l&#39;int&eacute;rieur, l&#39;autre tourn&eacute; &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur sur les quais, &eacute;tait le centre portuaire. On date l&#39;am&eacute;nagement de cette place et des portiques, ainsi que le r&eacute;am&eacute;nagement du bassin, du r&egrave;gne de l&#39;empereur Commode qui avait cr&eacute;&eacute; la Classis Commodiana en 186, confirmant ainsi le r&ocirc;le &eacute;minent du port de Carthage.<br \/>\n\tCe sont l&agrave; les deux principaux apports de la Campagne internationale de fouilles de Carthagepour la p&eacute;riode romaine. Une autre d&eacute;couverte a trait &agrave; la p&eacute;riode tardive.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les envahisseurs successifs<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCadastr&eacute;e, Carthagefut pendant longtemps une ville ouverte &agrave; la fois sur la mer par son port et sur son arri&egrave;re-pays par les nombreuses routes qui y convergeaient.<br \/>\n\tCe n&#39;est qu&#39;au d&eacute;but du Ve si&egrave;cle que, sentant venir le danger barbare, elle se pr&eacute;munit contre l&#39;arriv&eacute;e des envahisseurs en construisant &agrave; la h&acirc;te une muraille pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e d&#39;un foss&eacute; qui fait le tour de l&#39;agglom&eacute;ration.<br \/>\n\tCette enceinte n&#39;emp&ecirc;chera pas l&#39;entr&eacute;e des Vandales et leur installation dans la ville. De m&ecirc;me qu&#39;elle n&#39;emp&ecirc;chera pas leur expulsion un si&egrave;cle plus tard lors de la reconqu&ecirc;te byzantine, ni la prise de la ville par les Arabes et son d&eacute;mant&egrave;lement en 698. Une muraille vaut ce que valent les hommes qui la d&eacute;fendent : celle de Carthage a donc disparu, d&eacute;mantel&eacute;e pi&egrave;ce par pi&egrave;ce par le pillage et l&#39;exploitation de ses mat&eacute;riaux, mais les arch&eacute;ologues ont retrouv&eacute; certaines traces de ses fondations : H. Hurst dans un grand sondage au sud de Salamb&ocirc;, Carandini et Wells le long de l&#39;escarpement qui limite le quartier de l&#39;Od&eacute;on.<br \/>\n\tApr&egrave;s un bref essor, marqu&eacute; par la volont&eacute; de Byzance de conforter sa province reconquise, Carthagene tarde pas &agrave; entrer en d&eacute;cadence. D&eacute;laiss&eacute;e par le pouvoir central pr&eacute;occup&eacute; par sa propre survie, abandonn&eacute;e progressivement par sa population dont l&#39;aristocratie &eacute;migre, Carthage, affaiblie et d&eacute;peupl&eacute;e, va &ecirc;tre prise en 698 par le conqu&eacute;rant arabe Hassan Ibn N&ocirc;oman qui l&#39;abandonnera au profit de Tunis. D&eacute;sormais, l&#39;antique Carthageva servir de carri&egrave;re pour la nouvelle capitale de cette province de l&#39;empire arabo-musulman naissant.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Perspectives d&#39;avenir<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLe d&eacute;veloppement &eacute;conomique introduit par le protectorat fran&ccedil;ais et l&#39;accroissement d&eacute;mographique qui s&#39;ensuivit avaient d&eacute;clench&eacute; l&#39;expansion urbaine. C&#39;est alors que cette zone de Carthage, jusque-l&agrave; p&eacute;riph&eacute;rique, se rapprocha de la nouvelle capitale, Tunis, et entra dans sa zone d&#39;attraction. Le cardinal Lavigerie avait pris possession de toutes les hauteurs du site pour y &eacute;difier des monuments et des centres religieux. Visionnaire, il avait projet&eacute; de refonder la nouvelle capitale catholique du r&eacute;cent protectorat &agrave; l&#39;emplacement de l&#39;antique m&eacute;tropole africaine, punique, romaine et chr&eacute;tienne. L&#39;&eacute;rection d&#39;une immense cath&eacute;drale ainsi que d&#39;un grand s&eacute;minaire au sommet de Byrsa, haut lieu et centre g&eacute;om&eacute;trique de la presqu&#39;&icirc;le, devait &ecirc;tre le c&oelig;ur de cette r&eacute;surrection. L&#39;histoire en d&eacute;cida autrement. La nouvelle ville de Tuniss&#39;&eacute;tant &eacute;tablie au voisinage de la m&eacute;dina, le site de Carthagefut &eacute;pargn&eacute;. Mais la progression urbanistique constante de Tunistout au long de ce si&egrave;cle a fini par atteindre Carthage: elle n&#39;est plus aujourd&#39;hui qu&#39;une des dix-neuf communes satellites d&#39;une vaste banlieue et soumise &agrave; l&#39;attraction et &agrave; la loi de Tunis. La confrontation entre la pouss&eacute;e urbaine et l&#39;arch&eacute;ologie n&#39;a donc pas &eacute;t&eacute; de tout repos. C&#39;est au prix de nombreux faits accomplis et de dures concessions &agrave; la construction que l&#39;on a pu constituer une zone arch&eacute;ologique non aedificandi : cette r&eacute;serve doit constituer le futur parc arch&eacute;ologique de Carthage. Le site de Carthage figure depuis 1979 sur la liste du Patrimoine mondial &eacute;tablie par l&#39;U.N.E.S.C.O. Apr&egrave;s avoir fait l&#39;objet d&#39;une grande campagne internationale, il est d&eacute;sormais prot&eacute;g&eacute; de fa&ccedil;on draconienne par la loi de classement nationale du 7 octobre 1985<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Histoire de Carthage&nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15280,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[53,71,139,405,38,74,380,18,56,160,13,1],"tags":[],"class_list":["post-579","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique","category-bretagne","category-cannes","category-carthage","category-espagne","category-grande-bretagne","category-hannibal","category-histoire","category-italie","category-sidi-bou-sa","category-tunis","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/579","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=579"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/579\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15280"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=579"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=579"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=579"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}