{"id":5827,"date":"2016-01-15T22:34:42","date_gmt":"2016-01-15T22:34:42","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5827"},"modified":"2016-01-15T01:13:42","modified_gmt":"2016-01-15T01:13:42","slug":"lombroso-une-famille-italo-iberique-a-tunis-dans-la-seconde-moitie-du-xvii-siecle-par-elia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lombroso-une-famille-italo-iberique-a-tunis-dans-la-seconde-moitie-du-xvii-siecle-par-elia\/","title":{"rendered":"LOMBROSO &#8211; Une Famille Italo ib\u00e9rique \u00e0 Tunis dans la seconde moiti\u00e9 du XVII\u00b0 Si\u00e8cle, par Elia Boccara"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLOMBROSO<\/p>\n<p>\n\td&#39;apr&egrave;s une Etude de Elia Boccara<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne Famille Italo ib&eacute;rique &agrave; Tunis dans la seconde moiti&eacute; du XVII&deg; Si&egrave;cle<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\t&laquo;&nbsp;La famille Lombroso &eacute;tait la plus importante, ou l&#39;une des plus importantes famille Grana en raison de sa pr&eacute;&eacute;minence &eacute;conomique et sociale, de la permanence de son implantation &agrave; Tunis, qui remonte au d&eacute;but du XVII&deg; si&egrave;cle, ainsi que par le r&ocirc;le de ses membre, au fil des g&eacute;n&eacute;rations, dans le cadre de la communaut&eacute; &raquo;.<\/p>\n<p>\n\tAnna Avrahami Foa<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tDans cette publication&nbsp;l&#39;auteur&nbsp;traitera d&#39;abord des origines de la famille Lombroso&nbsp;pour d&eacute;crire ensuite son activit&eacute; &agrave; Tunis dans la seconde moiti&eacute; du XVII&deg; si&egrave;cle jusqu&#39;en 1710 lorsque fut cr&eacute;&eacute;e &agrave; Tunis la Communaut&eacute; H&eacute;bra&iuml;que Portugaise. Pour atteindre ce r&eacute;sultat&nbsp;il a&nbsp;tent&eacute; de r&eacute;unir et de synth&eacute;tiser les fruits de diverses recherches sectorielles compl&eacute;t&eacute;es par des enqu&ecirc;tes personnelles aupr&egrave;s des Archives d&#39;Etat de Venise et Livourne ainsi qu&#39;au Central Archives for the&nbsp;Historyof&nbsp;the&nbsp;Jewish&nbsp;People de J&eacute;rusalem, dans les archives de la chancellerie du Consulat de France &agrave; Tunis, mises en forme par Pierre Granchamps, ainsi que dans la correspondance du n&eacute;gociant fran&ccedil;ais Nicolas B&eacute;ranger la quelle a &eacute;t&eacute; int&eacute;gr&eacute;e par Grandchamps dans les trois derniers volumes que celui-ci a consacr&eacute; aux dites archives.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tOrigines V&eacute;nitiennes<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tJ&#39;ai volontairement adopt&eacute; la forme&nbsp;LOMBROSO&nbsp;mais le patronyme &eacute;crit en h&eacute;breu permet aussi de l&#39;orthographier&nbsp;LUMBROSO.&nbsp;Au moyen age en Espagne on rencontre la forme&nbsp;LUMBROSO&nbsp;ce qui en espagnol signifie lumineux&nbsp;(cf Julio Casares, Dictionario Ideologico de la lengua espagnol, Barcelona 1966).&nbsp;Mon choix s&#39;est bas&eacute; sur la pr&eacute;dominance presque absolue de cette forme dans la p&eacute;riode consid&eacute;r&eacute;e, entre autre dans les proc&egrave;s de l&#39;Inquisition de Venise, Pise et Rome, dans les actes de la ASV que j&#39;ai pu consulter ainsi que chez A. Luzzatto: &laquo;&nbsp;La Communit&agrave; Ebraica di Venezia e i suoi cimiteri&nbsp;&raquo;, Milan 2000.<\/p>\n<p>\n\tDans les &laquo;&nbsp;Actes de Tunisie&nbsp;&raquo; recueillis par Grandchamps* il y a une pr&eacute;dominance tr&egrave;s nette de la forme Lombroso ou Lombrozo, et m&ecirc;me de Lambroso alors que Lumbroso ne se rencontre que pendant quelques ann&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\tMais en lisant Lumbroso il est &eacute;tabli que parfois Grandchamps est influenc&eacute; par la forme que ce nom adoptera d&eacute;finitivement du moins d&egrave;s le XIX&deg; si&egrave;cle.<\/p>\n<p>\n\tSelon mon hypoth&egrave;se,les membres de ces familles qui en Espagne s&#39;appelaient Rodrigues ou Matos-Maccoca,r&eacute;cup&eacute;r&egrave;rent cet antique patronyme espagnol en l&#39;italianisant l&eacute;g&egrave;rement. Il arrive que dans un m&ecirc;me document un m&ecirc;me personnage soit appel&eacute; successivement Lombroso puis Ombroso la lettre initiale prise pour l&#39;article &eacute;tant tenue pour facultative.(Processi XIII pp. 231 et 232).<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tMarranes portugais en Italie<\/p>\n<p>\n\tAu XVI&deg; si&egrave;cle, le&nbsp;27 juin 1552 un Isach Lombroso participe &agrave; l&#39;assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de la Nation Portugaise d&#39;Ancone mais il ne figurera pas &agrave; l&#39;assembl&eacute;e suivante qui se tiendra le 15 septembre 1552 (25).<\/p>\n<p>\n\tLe 25 septembre 1557 nous trouvons &agrave; Pesare un Samuel Lombroso qui vends du drap de Londres aux portugais Yomtob Attias et Samuel Benmayor (6).<\/p>\n<p>\n\tLe 6 janvier 1572 &agrave; venise, Mayr Lombroso fils de Isach (qui est cit&eacute; sous le subterfuge de levantin) se porte garant de l&#39;identit&eacute; de nombreux autres juifs dits levantins (7).<\/p>\n<p>\n\tDe 1569 &agrave; 1612 &agrave; travers une s&eacute;rie de documents r&eacute;unis par Pier Cesare Ioly-Zorattini, il nous est possible de reconstituer, dans ses grandes lignes, la vie de Mayr Lombroso.<\/p>\n<p>\n\tEn 1600, devant le tribunal de l&#39;Inquisition de Pise, il dit &ecirc;tre natif du Caire en Egypte, ce qui lui permet de se pr&eacute;senter comme juif levantin, puis de s&#39;&ecirc;tre mari&eacute; &agrave; Salonique avec sa cousine Esther, de s&#39;&ecirc;tre &eacute;tabli &agrave; Venise en 1569 et enfin &agrave; Pise en 1591 (9).<\/p>\n<p>\n\tLa naissance au Caire est erron&eacute;e mais vise &agrave; fuir l&#39;accusation d&#39;&ecirc;tre un ren&eacute;gat accus&eacute; d&#39;&ecirc;tre revenu au juda&iuml;sme apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; baptis&eacute; chr&eacute;tien au Portugal.<\/p>\n<p>\n\tDe fait, dans une d&eacute;position du 11 d&eacute;cembre 1594 devant se Saint Office un n&eacute;ophyte romain affirma que: &laquo;&nbsp;don Mayr Ombroso &eacute;tait venu du Portugal o&ugrave; il r&eacute;sidait et vivait en chr&eacute;tien avec sa femme et ses enfants et que, &agrave; Pise, lui et ses enfants se sont circoncis (10). Le m&ecirc;me d&eacute;clara en outre: &laquo;&nbsp;avoir vu &agrave; Pise David Lombroso, portugais, qui, &agrave; Pise, avec ses fils s&#39;&eacute;tait fait circoncire alors qu&#39;au Portugal ils &eacute;taient chr&eacute;tiens et vivaient chr&eacute;tiennement. (11)<\/p>\n<p>\n\tEn fin dans une note du 16 octobre 1602 il est fait &eacute;tat &laquo;&nbsp;de ces portugais qui vivent en juifs et pour les quels on se doit de faire diligence aux fins de retrouver leur acte de bapt&ecirc;me.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\tEt l&#39;on indique le noms de &laquo;&nbsp;David Lombroso, homme de quarante ans avec ses fils&nbsp;&raquo; et de&nbsp; &laquo;&nbsp;Mayr Lombroso, sa femme et ses enfants, de ces deux hommes on ignore le pr&eacute;nom chr&eacute;tien mais &agrave; Lisbonne ils se nommaient Rodriguez&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tPendant son s&eacute;jour &agrave; Pise, Mayr Lombroso qui avait obtenu des autorit&eacute;s grand-ducale le privil&egrave;ge d&#39;&eacute;tablir sur la place une manufacture de tissus m&ecirc;l&eacute;s de laine et lin &agrave; bas prix (Processi XIII p 13) avait en outre offert &agrave; la synagogue de la ville une paire de rimonim ( cf R. Toaff La Nazione Ebrea a Livorno e a Pisa, 1591\/1700, Florence 1990 p. 78).<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tSans que l&#39;on en connaisse la date exacte Meir Lombroso retourna &agrave; Venise o&ugrave; il mourut, sa pierre tombale porte la date de 1612 (13) .<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tEn revenant en arri&egrave;re nous apprenons que, durant son long s&eacute;jour v&eacute;nitien, Mayr Lombroso fit l&#39;objet le 7 juillet 1583 devant l&#39;inquisition de Venise, d&eacute;nonc&eacute; par certains citoyens de Murano qui lui reprochaient de s&eacute;journer sur l&#39;&icirc;le avec sa famille en d&eacute;pit de l&#39;obligation faite aux juifs de r&eacute;sider dans le ghetto. Il avait m&ecirc;me sous lou&eacute; des appartements &agrave; des chr&eacute;tiens; et, en fin, pendant la procession du Corpus Domini, avec d&#39;autre juifs, il restait &agrave; sa fen&ecirc;tre, &laquo;&nbsp; riant et se gaussant de notre religion&nbsp;&raquo; (14).<\/p>\n<p>\n\tLe tribunal de l&#39;Inquisition, ne prit pas au s&eacute;rieux de telles accusations, preuve que Mayr Lombroso &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme un e personnalit&eacute; respectable. Si bien que le 24 mars 1586 les officiers du Cattaver l&#39;autoris&egrave;rent &agrave; demeurer &agrave; Murano avec d&#39;autres personnes pour encore deux mois jusqu&#39;&agrave; la fin Mai&nbsp; &laquo;et qu&#39;ils puisse rester hors de la dite demeure en dehors des heures &agrave; eux impos&eacute;es&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tEnfin au cours de mes investigations j&#39;ai d&eacute;couvert qu&#39;en 1629 les V Savi alla Mercanzia &eacute;tendirent privil&egrave;ges concernant les juifs &agrave; Josu&eacute; Lombroso, Jacob d&#39;Abram Lombroso et Isach Lombroso<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Lombroso &agrave; Tunis<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tM&ecirc;me si nous n&nbsp;&#39;avons pas de preuves de la descendance directe des Lombroso de Tunis par rapport &agrave; ceux dont nous avons d&eacute;j&agrave; trait&eacute; il y &agrave; des indices qui vont dans ce sens en raison de la co&iuml;ncidence des diff&eacute;rents pr&eacute;noms.<\/p>\n<p>\n\tDans la premi&egrave;re moiti&eacute; du XVII&deg; si&egrave;cle seuls deux Lombroso, peut-&ecirc;tre parents entre eux, ont laiss&eacute; des traces &agrave; Tunis: Samuel et Abram.<\/p>\n<p>\n\tSamuel Lombroso se trouvait &agrave; Tunis le 20 octobre 1619, c&#39;est alors qu&#39;il enregistre, avec Yitshaq Baru, trois polices de chargement(17); en 1625 on le retrouve &agrave; Alger en relation d&#39;affaires avec la compagnie de David Navarro, &agrave; la quelle &eacute;tait associ&eacute; Moise Israel (18). On le retrouve en 1626 &agrave; Livourne o&ugrave;, en 1643 il est bless&eacute; au cours d&#39;une agression (19).<\/p>\n<p>\n\tOn trouve aussi un Yitshaq de David Lombroso &agrave; Venise en 1668, le quel re&ccedil;oit une procuration en provenance de Tunis &eacute;mise par Reina fille de Salvador Penso (20) veuve de Meier Lombroso, descendant de Mayr Lombroso, aux fins de vendre une maison &agrave; Venise et de g&eacute;rer ses biens(21).<\/p>\n<p>\n\tDu m&ecirc;me Y. Lombroso nous savons qu&#39;il fut, &agrave; Venise en 1662 et en 1664, Parnas (consul) de la<\/p>\n<p>\n\t&laquo;&nbsp; Chevra Pidiyon Shevuyim&nbsp;&raquo; fraternit&eacute; pour le rachat des captifs (22). Il se rend ensuite &agrave; Tunis o&ugrave; il jouera un important r&ocirc;le religieux et o&ugrave; il meurt en 1691. Il fut le p&egrave;re de David et Samuel Lombroso qui eux aussi jou&egrave;rent un r&ocirc;le important.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tNous avons d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; Abram Lombroso lequel est consid&eacute;r&eacute; comme le chef de lignage de la branche principale des Lombroso de Tunis. Nous savons qu&#39;il y re&ccedil;ut le 22 avril 1626 une procuration de la part de Moise Israel Pe\u0148a &ndash; mandataire des orphelins de Moise Israel &ndash; aux fins de&nbsp;recouvrer certaines cr&eacute;ances du d&eacute;funt (24).<\/p>\n<p>\n\tJ&#39;ai tent&eacute; de suivre les traces d&#39;Abram Lombroso lequel quitte Tunis pour Livourne o&ugrave;, toujours en 1626, il est associ&eacute; au d&eacute;j&agrave; nomm&eacute; Samuel Lombroso dans un proc&egrave;s contre David et Abraham Navarro au sujet d&#39;un chargement de sucres parvenu de Tunis. Puis &agrave; nouveau contre David Navarro le 20 f&eacute;vrier et le 10 septembre 1629 en qualit&eacute; de curateur des h&eacute;ritiers de Moise Israel (26). enfin le 31 septembre 1633 au sujet d&#39;une somme de 1909 &eacute;cus.<\/p>\n<p>\n\tOn retrouve Abram Lombroso &agrave; Venise le 20 juillet 1661 &agrave; la mort de son commettant Giuseppe Carob dont Abram &eacute;tait l&#39;homme de confiance (28). C&#39;est la m&ecirc;me ann&eacute;e qu&#39;Abram d&eacute;cide de s&#39;&eacute;tablir &agrave; Tunis (29) o&ugrave; depuis une dizaine d&nbsp;&#39;ann&eacute;es op&eacute;rait son fils Daniel..<\/p>\n<p>\n\tOn ne peut pas &#8211; comme le font M. Rozen(30)et d&#39;autres &#8211; identifier cet Abram Lombroso au rabbin Abraham Lombroso qui qui a &eacute;t&eacute; enterr&eacute; &agrave; Venise en 1627 (31).<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tA compter de la seconde moiti&eacute; du XVII&deg; si&egrave;cle les descendants d&#39;Abram Lombroso se sont illustr&eacute;s en Tunisie pendant de nombreuses g&eacute;n&eacute;rations.<\/p>\n<p>\n\tNous ne connaissons de ses enfants que son fils Daniel dont les activit&eacute;s sont notables de 1652 &agrave; 1681 (32). Il eut pour fils Avraham, Jacob et Rafael. D&egrave;s 1654 Avraham est pr&eacute;sent&eacute; comme l&#39;associ&eacute; de son p&egrave;re Daniel. Association qui se poursuit jusqu&#39;en 1662 (33). Avraham r&eacute;appara&icirc;t seul ou associ&eacute; &agrave; son p&egrave;re entre 1680 et 1683. Mais le vrai chef de famille apr&egrave;s Daniel sera Jacob dont nous pouvons suivre le n&eacute;goce de 1674 &agrave; 1708, seul ou avec d&#39;autres associ&eacute;s essentiellement sous la raison sociale &laquo;&nbsp;Jacob et Rafael Lombroso&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tLes autres Lombroso dont on rel&egrave;ve la pr&eacute;sence &agrave; Tunis semblent peu travailler en nom propre. Peut-&ecirc;tre appartenaient-ils &agrave; l&#39;entreprise de Jacob ou peut-&ecirc;tre encore pratiquaient-ils le commerce local qui n&#39;a pas laiss&eacute; de traces document&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tD&#39;apr&egrave;s ce qu&#39;&eacute;crit le fils de Jacob, Yitshaq Lombroso , dans son livre &laquo;&nbsp;Zera&#39; Yitshaq&nbsp;&raquo;, la Semence d&#39;Yitshaq, (34) Jacob eut trois enfants: Rachel, Yitshaq et Avraham, ce qui pose un probl&egrave;me car j&#39;ai trouv&eacute; sept actes &agrave; la Chancellerie du Consulat de France au nom de Daniel de Jacob Lombroso, concentr&eacute;s sur un temps tr&egrave;s court entre le 9 juin 1682 et et le 13 janvier 1683.<\/p>\n<p>\n\tUn acte int&eacute;ressant du 14 d&eacute;cembre 1679 (35)r&eacute;unit Daniel Lombroso et Daniel de Avraham Lombroso: le premier Daniel ne peut-&ecirc;tre que le vieux p&egrave;re de Jacob et Rafael, tandis que le second doit &ecirc;tre son petit fils, le fils donc de son a&icirc;n&eacute; Avraham. Pour plus de pr&eacute;cision dans un acte tr&egrave;s important du 30 ao&ucirc;t 1685 &ndash; sur le quel nous reviendrons plus loin &ndash; nous trouvons &agrave; la suite: Abraham de Daniel Lombroso et Daniel de Abraham Lombroso, il est &eacute;vident que le second est fils du premier.<\/p>\n<p>\n\tLa conclusion la plus vraisemblable est que Daniel de Jacob Lombroso apr&egrave;s une br&egrave;ve initiation au commerce sous l&#39;aile paternelle est mort tr&egrave;s jeune ce qui peut justifier l&#39;oubli de son fr&egrave;re Yitshaq.<\/p>\n<p>\n\tLe Daniel nomm&eacute; par la suite, sans indication de paternit&eacute;, dans diff&eacute;rents actes jusqu&#39;en 1707 est le fils d&#39;Avraham le fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; de Jacob et Rafael.<\/p>\n<p>\n\tDans une lettre du 3 octobre 1704 le n&eacute;gociant fran&ccedil;ais Nicolas B&eacute;ranger parle de Daniel Lombroso Juif de Venise (36). Quant aux deux fils de Jacob, Avraham et Yitshaq ils feront tous deux des &eacute;tudes rabbiniques mais Avraham d&eacute;cida par&nbsp;la suite de se d&eacute;dier au n&eacute;goce (37), en raison peut-&ecirc;tre de la disparition de son fr&egrave;re Daniel.<\/p>\n<p>\n\tTout ce que nous savons de David et Samuel Lombroso, les fils du v&eacute;nitien, Yitshaq de David Lombroso, est que , selon les documents tunisiens en notre possession, David a exerc&eacute; son commerce en nom propre &agrave; petite &eacute;chelle de 1687 &agrave; 1701 (38) quant &agrave; Samuel de Isaac, son nom figure au bas de deux importants documents sign&eacute;s par divers notables juifs de Tunis sur les quels nous aurons l&#39;occasion de nous arr&ecirc;ter, nous y trouvons d&#39;ailleurs un autre Jacob, fils de Meir Lombroso et de Reina Penso (39).<\/p>\n<p>\n\tUn certain Josu&egrave; Lombroso, accueilli &agrave; Venise en 1617 (cf16) s&#39;est ensuite &eacute;tabli lui aussi &agrave; Tunis o&ugrave; nous trouvons les traces de cinq op&eacute;rations commerciales effectu&eacute;es entre 1667 et 1672 (40).<\/p>\n<p>\n\tNous conclurons ce panorama g&eacute;n&eacute;ral des Lombroso pr&eacute;sents &agrave; Tunis au cours de la seconde moiti&eacute; du XVII&deg; si&egrave;cle en signalant un Salvator Lombroso dont un seul acte du 22 septembre 1660 nous apprends qu&#39;il exer&ccedil;ait une activit&eacute; commerciale &agrave; Tunis et qu&#39;il y est d&eacute;c&eacute;d&eacute;(41).<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tDe ce qui pr&eacute;c&egrave;de on conclura &agrave; l&#39;origine principalement v&eacute;nitienne des Lombroso.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>L&#39;activit&eacute; &eacute;conomique des Lombroso<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\t<strong>I &#8211; Daniel Lombroso<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tL&#39;activit&eacute; &eacute;conomique des Lombroso &agrave; Tunis dans la seconde moiti&eacute; du XVII&deg; si&egrave;cle se divise en deux p&eacute;riodes:<\/p>\n<p>\n\tLa premi&egrave;re de 1652 &agrave; 1681 est domin&eacute;e par Daniel Lombroso.<\/p>\n<p>\n\tAu cours de la seconde qui court de 1681 &agrave; 1708 et au del&agrave; s&#39;affirme la forte personnalit&eacute; de son fils, Jacob de Daniel.<\/p>\n<p>\n\tTant Daniel que Jacob sont entour&eacute;s de parents et de descendants qui les assistent dans leurs n&eacute;goces et qui poursuivront leur activit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tLorsque Daniel Lombroso appara&icirc;t sur la sc&egrave;ne tunisienne la puissante association entre Isac Alcala&iuml; et David Uziel existe d&eacute;j&agrave;. Tous deux proviennent de Venise avec de probables origines levantines.<\/p>\n<p>\n\tIsac Alcala&iuml; entreprend seul son activit&eacute; &agrave; Tunis comme correspondant d&#39; Avraham Uziel de Venise (42); il est ensuite rejoint par son ami David Uziel, peut-&ecirc;tre un parent par alliance et certainement un parent de Avraham Uziel.<\/p>\n<p>\n\tDaniel Lombroso aura des int&eacute;r&ecirc;ts en commun avec l&#39;entreprise Alcala&iuml;-Uziel. Tandis que David Uziel dispara&icirc;t de la sc&egrave;ne en 1663 (peut-&ecirc;tre par d&eacute;c&egrave;s) Isac Alcala&iuml; poursuit son activit&eacute; jusqu&#39;&agrave; sa mort de la peste en 1676(44). Le fils Isac, Daniel &#8211; qui a renoncer &agrave; l&#39;h&eacute;ritage de son p&egrave;re s&#39;engage &agrave; rembourser une importante dette de 2700 pi&egrave;ces contract&eacute;e envers Jacob de Havram Uziel de Venise (45) reste &agrave; Tunis o&ugrave; il est sans doute li&eacute; &agrave; la famille Lombroso; Sa signature figure au bas de deux actes de 1685 et 1686.<\/p>\n<p>\n\tDe ce qui pr&eacute;c&egrave;de d&eacute;duira que dans la p&eacute;riode allant de 1650 &agrave; 1680 le&nbsp;panorama commercial juif &agrave; Tunis est domin&eacute; par un petit groupe de marchands d&#39;origine V&eacute;nitienne, Occidentale ou Orientale, les Lombroso, Alcala&iuml; et Uziel dont le commerce italien est orient&eacute; vers Livourne.<\/p>\n<p>\n\tLa premi&egrave;re grosse affaire r&eacute;alis&eacute;e par Daniel Lombroso &agrave; Tunis &#8211; en soci&eacute;t&eacute; avec David de Moise Israel et Daniel Attias &#8211; est l&#39;affr&egrave;tement le 26 f&eacute;vrier 1652, moyennant 215 pi&egrave;ces par mois, du navire &laquo;&nbsp;Sainte Marie Bonaventure&nbsp;&raquo; de Martigues avec obligation pour une p&eacute;riode de huit mois de<\/p>\n<p>\n\tCharger des marchandises &agrave; La Goulette (le port de Tunis), Porto Farina, Bizerte, Cap N&egrave;gre et Fiumara Salade (deux concessions fran&ccedil;aises sur la c&ocirc;te nord de la Tunisie), Livourne, G&egrave;nes, Nice, Marseille et d&#39;autres ports de la Provence (46). Notons que comme souvent le b&acirc;timent bat pavillon fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\tSelon le r&eacute;gime des capitulations, les navires fran&ccedil;ais &eacute;taient th&eacute;oriquement mieux prot&eacute;g&eacute;s face aux attaques des corsaires (47); en outre &agrave; cot&eacute; de l&#39;axe Livourne-Tunisie il y avait des relations privil&eacute;gi&eacute;es avec la France m&eacute;ridionale en y incluant les escales fran&ccedil;aises en Tunisie (Cap N&egrave;gre b&eacute;n&eacute;ficiait du privil&egrave;ge d&#39;exporter du bl&eacute; et de l&#39;orge).<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tAssoci&eacute; &agrave; Isac Alcala&iuml;, David Uziel et quelques autres juifs livournais, Daniel Lumbroso acqui&egrave;re le 13 mars 1658 acqui&egrave;re le navire &laquo;&nbsp;Le Roi David&nbsp;&raquo; pour 2000 pi&egrave;ces de huit Real (48), On trouve l&agrave; un bon exemple du climat de collaboration qui r&eacute;gnait &agrave; Tunis entre ces n&eacute;gociants juifs d&#39;origine ib&eacute;rique qui apr&egrave;s une p&eacute;riode d&#39;extr&ecirc;me mobilit&eacute; se sont &eacute;tablis d&eacute;finitivement dans le pays (49),<\/p>\n<p>\n\tNous n&#39;avons pas dans ce cas sp&eacute;cifique d&#39;indications pr&eacute;cises sur les marchandises &eacute;chang&eacute;es mais nous savons plus g&eacute;n&eacute;ralement quels &eacute;taient les produit qui faisaient l&#39;objet des principales transactions (50),<\/p>\n<p>\n\tLes bateaux des royaumes de Naples et de Sicile &eacute;taient les plus fr&eacute;quentes victimes de l&#39;assaut des corsaires tunisiens<\/p>\n<p>\n\tLe navire sicilien &laquo;&nbsp;Sta ferma e le anime del paradiso&nbsp;&raquo;, qui transportait un chargement pour le compte de Daniel Lombroso en fit les frais.<\/p>\n<p>\n\tVoici la synth&egrave;se du r&eacute;cit que le capitaine Francesco Buscaino, de Trapani, fit le 8 f&eacute;vrier 1660 &#8211; &agrave; la demande de Lombroso, et &agrave; l&#39;usage des assureurs &ndash; au Consul de France Jean Le Vacher:faisant voile vers Livourne ils avaient &eacute;t&eacute;s captur&eacute;s, avant de joindre &agrave; destination, par un bateau de corsaires tunisiens et entra&icirc;n&eacute;s en raison de vents contraires dans les eux sardes o&ugrave; ils furent lib&eacute;r&eacute;s apr&egrave;s onze jours par une escadre fran&ccedil;aise ce qui avait permis leur retour &agrave; Tunis(51),<\/p>\n<p>\n\tPar un acte du 22 novembre 1672 (52) le n&eacute;gociant marseillais Henri Philip Castelanne promets &agrave; Daniel Lombroso de charger pour son compte de 50 &agrave; 60 quintaux d&#39;&eacute;ponges au prix de 4 livres et 10 sols le quintal. Il est &eacute;vident que le marchand fran&ccedil;ais &eacute;tait le pr&ecirc;te-nom de Daniel Lombroso, en y trouvant son int&eacute;r&ecirc;t comme cela arrivait fr&eacute;quemment &agrave; cette &eacute;poque du fait que les fran&ccedil;ais b&eacute;n&eacute;ficiaient d&#39;une taxation pr&eacute;f&eacute;rentielle de 3% sur les marchandises export&eacute;es ou import&eacute;es alors que les juifs &eacute;taient tax&eacute;s &agrave; 10%.<\/p>\n<p>\n\tD&#39;autres axes commerciaux unissaient Tunis au proche orient, en particulier avec l&#39;Egypte, A titre d&#39;exemple nous citerons une importante transaction qui fut conclue entre Daniel Lombroso et le capitaine fran&ccedil;ais Fran&ccedil;ois Challon commandant du vaisseau &laquo;&nbsp;Saint Louis Bonaventure&nbsp;&raquo; au prix de 377 piastres pour l&#39;armement et 3071 piastres pour le fret &agrave; charger &agrave; Alexandrie d&#39;Egypte (53),<\/p>\n<p>\n\tLes capitaines qui se trouvaient souvent &agrave; court d&#39;argent en raison des frais qu&#39;ils devaient engager pour l&#39;entretien de leurs embarcations et de leurs &eacute;quipages recouraient &agrave; l&#39;emprunt aupr&egrave;s des commer&ccedil;ants juifs,<\/p>\n<p>\n\tAinsi le 30 d&eacute;cembre 1675 Fran&ccedil;ois Ferraud, de Marseille, capitaine du &laquo;&nbsp;Petit Vivonne&nbsp;&raquo; re&ccedil;ut de Daniel Lombroso, pour le radoub de son navire, la somme de 432 piastres au taux de 8%, avec la garantie du Consul de France(54),<\/p>\n<p>\n\tIl arrivait aussi que certains marchands ne parviennent pas &agrave; assainir leurs dettes avant de quitter la Tunisie, Ainsi le napolitain Giuseppe Marullo s&#39;&eacute;tait d&eacute;j&agrave; embarqu&eacute; sur un navire anglais lorsqu&#39;il fut contraint d&#39;en descendre par ses cr&eacute;anciers. Ce fut une fois encore Daniel Lombroso qui le tira d&#39;embarras en lui accordant un pr&ecirc;t de 71 pi&egrave;ces et 5 aspri (55), d&#39;autres commer&ccedil;ants d&eacute;sargent&eacute;s demandaient des pr&ecirc;ts pour payer les marchandises qu&#39;ils exportaient.<\/p>\n<p>\n\tL&#39;un des produits les plus recherch&eacute;s export&eacute; vers Livourne &eacute;tait la boutargue ce qui permit &agrave; Daniel Lombroso de faire deux fois une double affaire unissant le profit financier au b&eacute;n&eacute;fice commercial: Associ&eacute; &agrave; un grec, il exporte vers Livourne, le 15 septembre 1679, 32 caisses de boutargue, en pr&ecirc;tant &agrave; son associ&eacute;, pour financer son apport,667 piastre au taux de 12%, remboursables &agrave; Livourne; Le 14 d&eacute;cembre de la m&ecirc;me ann&eacute;e il pr&ecirc;tait &agrave; un autre grec 141 piastres pour sept autres caisses de boutargue(56),<\/p>\n<p>\n\tLes op&eacute;rations effectu&eacute;es par Daniel Lombroso, seul ou en association avec des parents concernant le rachat des esclaves seront trait&eacute;es par ailleurs.<\/p>\n<p>\n\t<strong>II &#8211; Jacob Lombroso<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tJacob Lombroso fut, et de loin, le marchand le plus g&eacute;nial de la famille. Non seulement il poursuivit le activit&eacute;s habituelles centr&eacute;es sur le n&eacute;goce et le rachat d&#39;esclaves mais il donna une impulsion d&eacute;cisive &agrave; l&#39;industrie locale des &laquo; chechia &raquo;, bonnets tunisiens rouges port&eacute;s par une grande partie de la population.<\/p>\n<p>\n\tSes initiatives sont d&eacute;crites dans l&#39;abondante correspondance du commer&ccedil;ant fran&ccedil;ais Nicolas B&eacute;ranger qui fut son ami et son collaborateur.<\/p>\n<p>\n\tIl se comporta en chef de la Nation Juive Portugaise lorsqu&#39;il favorisa, avec quelques autre personnes, la naissance d&#39;une Communaut&eacute; Portugaise totalement autonome par rapport &agrave; la communaut&eacute; indig&egrave;ne.<\/p>\n<p>\n\tJacob &eacute;tait plus jeune que son fr&egrave;re Avraham, le quel resta plus &eacute;troitement attach&eacute; &agrave; son p&egrave;re Daniel. Apr&egrave;s un apprentissage dans l&#39;entreprise paternelle il manifesta rapidement des signes d&#39;ind&eacute;pendance.<\/p>\n<p>\n\tLe rachat d&#39;un esclave, ce qui &eacute;tait pour eux un travail de routine, marqua en 1674 (57) son entr&eacute;e officielle dans le monde des affaires.<\/p>\n<p>\n\tA partir de 1683 il prend dans son entreprise son fr&egrave;re cadet Rafael, auquel il devait &ecirc;tre tr&egrave;s attach&eacute;, et fonde la soci&eacute;t&eacute; Jacob et Rafael Lombroso dont la principale activit&eacute; sera orient&eacute;e vers le rachat d&#39;esclaves.<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est au cours de cette m&ecirc;me p&eacute;riode que s&#39;install&egrave;rent &agrave; Tunis certains membres de la famille Franco de Venise: Benjamin et ses fils Abraham et Daniel. La relation la plus durable, conduisit &agrave; une association avec Abraham de Benjamin Franco, au moins de puis 1682 (58). Le premier acte qui t&eacute;moigne de cette durable association date du 17 f&eacute;vrier 1687 (59) et selon les documents, que j&#39;ai consult&eacute;s elle se poursuivra jusqu&#39;en 1706(60).<\/p>\n<p>\n\tAu d&eacute;but du XVIII&deg; si&egrave;cle Daniel de Abraham Lombroso (61).sera souvent associ&eacute; &agrave; la Compagnie Jacob &amp; Rafael Lombroso (61).<\/p>\n<p>\n\tDans la m&ecirc;me p&eacute;riode Abraham de Benjamin Franco conforte ses liens avec la jeune g&eacute;n&eacute;ration des Lombroso en s&#39;associant avec Daniel ou avec David de Isaac Lombroso (62).<\/p>\n<p>\n\tEnfin il semble que n&#39;acquit &agrave; cette &eacute;poque une relation d&#39;affaires entre d&#39;une part la Cie Jacob &amp; Rafael Lombroso et Abraham de Benjamin Franco, et, d&#39;autre part Sansone Boccara (63) fils de ce Benjamin Boccara qui en 1673 avait implant&eacute; &agrave; Tunis une usine de tabac &agrave; priser (64).<\/p>\n<p>\n\tL&#39;activit&eacute; commerciale des Lombroso s&#39;interrompt en 1708 (65) dans la mesure o&ugrave; c&#39;est &agrave; cette date que s&#39;arr&ecirc;tent les documents fournis jusqu&#39;ici par les archives diplomatiques de Nantes que j&#39;ai pu consult&eacute; &agrave; J&eacute;rusalem.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJacob Lombroso mourut en 1723.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Rachats d&#39;Esclaves par les Lumbroso (1653-1706)<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tEn Tunisie le rachat d&#39;esclaves chr&eacute;tiens fut, d&egrave;s la fin du XVII&deg; si&egrave;cle, l&#39;une des principales activit&eacute;s des juifs ib&eacute;riques. En Europe l&#39;initiative de ces op&eacute;rations venait soit des &laquo;&nbsp;R&eacute;demptions&nbsp;&raquo; qui &eacute;taient des institutions catholiques, soit d&#39;autres interm&eacute;diaires qui &#8211; &agrave; la requ&ecirc;te des familles des personnes captur&eacute;es par les pirates barbaresques &#8211; prenaient en charge la collecte de la ran&ccedil;on n&eacute;cessaire au rachat des esclaves.<\/p>\n<p>\n\tLe d&eacute;placement de ces interm&eacute;diaires en Tunisie &eacute;tant tr&egrave;s co&ucirc;teux, ils eurent souvent recours &agrave; l&#39;interm&eacute;diation h&eacute;bra&iuml;que gr&acirc;ce &agrave; une organisation parfaitement rod&eacute;e qui reliait Tunis &agrave; Livourne, centre de recueil des commandes.<\/p>\n<p>\n\tFinanci&egrave;rement l&#39;op&eacute;ration se d&eacute;roulait ainsi:<\/p>\n<p>\n\tLe marchand de Tunis avan&ccedil;ait le montant de la ran&ccedil;on, augment&eacute; de divers tributs et pourboires, du &laquo;&nbsp;Change Maritime&nbsp;&raquo; (en g&eacute;n&eacute;ral 16%), des indemnit&eacute;s de l&#39;op&eacute;rateur de Tunis et de son correspondant de Livourne, qualifi&eacute; dans les actes d&#39;ami, &agrave; qui toute cette somme devait &ecirc;tre revers&eacute;e dans les vingt jours suivant l&#39;arriv&eacute;e du captif &agrave; Livourne. Tant que toute l&#39;op&eacute;ration n&#39;&eacute;tait pas finalis&eacute;e par le r&egrave;glement des sommes dues, l&#39;esclave &eacute;tait accueilli dans les Bagnes P&eacute;naux du Grand-Duc de Toscane.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes ordres pouvaient provenir non seulement de Livourne mais aussi du Gouverneur de Tabarka qui travaillait pour le compte de la R&eacute;demption de G&egrave;nes, ou encore d&#39;Amsterdam et d&#39;ailleurs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes membre de la famille les plus actifs dans la lib&eacute;ration des captifs &eacute;taient : Daniel, Jacob, Jacob &amp; Rafael, seuls ou avec d&#39;autres parents.<\/p>\n<p>\n\tJ&#39;ai fait le compte des rachats connus effectu&eacute;e en Tunisie par les diff&eacute;rents membres de la famille Lombroso de 1653 &agrave; 1706.<\/p>\n<p>\n\tLe total est de 247 esclaves lib&eacute;r&eacute;s dont:<\/p>\n<p>\n\t169 originaires des royaumes de Naples et de Sicile,<\/p>\n<p>\n\t39 de la R&eacute;publique de G&egrave;nes, dont 10 corses,<\/p>\n<p>\n\t39 flamands et hollandais,<\/p>\n<p>\n\t4 toscans, 4 espagnols et portugais,<\/p>\n<p>\n\t3 allemands, 1 bolognais et 4 cas ind&eacute;termin&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\tCompte tenu des registres perdus et des contrats non enregistr&eacute;s, on peut pr&eacute;sumer que 300 esclaves au moins ont &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute;s par les Lombroso pendant la p&eacute;riode &eacute;tudi&eacute;e qui couvre un demi si&egrave;cle.<\/p>\n<p>\n\tEn tenant compte des autres op&eacute;rateurs juifs de Tunisie le nombre total des lib&eacute;rations d&#39;esclaves devrait atteindre cinq cent personnes dont pr&egrave;s des deux tiers ont &eacute;t&eacute;s lib&eacute;r&eacute;s par l&#39;action des Lombroso.<\/p>\n<p>\n\tParmi les op&eacute;rateurs livournais en relation avec les Lombroso pour la lib&eacute;ration des esclaves figurent les noms de Juda Crespino, Rafael &amp; Mo&iuml;se de Farro, Mo&iuml;se &amp; Gabriel di Farro, parfois aussi le capitaine Francesco Franceschi (sans doute toscan mais pas juif), des marchands flamands de Livourne, de diverses Institutions Pieuses et du Gouverneur de Tabarka.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tOn signalera ici la d&eacute;livrance du notable g&eacute;nois Gio Stefano Doria demand&eacute; par les Spinola de G&egrave;nes &agrave; Daniel &amp; Abraham Lombroso de Tunis, le 28 f&eacute;vrier 1680, pour l&#39;exorbitante somme de 1736 pi&egrave;ces.<\/p>\n<p>\n\tLe prix du rachat des captifs est extr&ecirc;mement variable. Non seulement, comme une denr&eacute;e, il est soumis &agrave; la variation des cours, mais il d&eacute;pend aussi du niveau social du captif, de la pr&eacute;sum&eacute;e richesse de sa famille, ou encore de la comp&eacute;tence et de la capacit&eacute; de travail de l&#39;esclave. Ainsi, un capitaine de navire pouvait difficilement se lib&eacute;rer pour moins d&#39;un millier de pi&egrave;ces.<\/p>\n<p>\n\tAussi, pour la lib&eacute;ration de Andrea Speranza de Salerne, le contrat ex&eacute;cut&eacute; par Jacob &amp; Rafael Lombroso avec le concours d&#39;Abraham de Benjamin Franco, le 23 mai 1701 indique t&#39;il une ran&ccedil;on de 200 pi&egrave;ces plus diff&eacute;rentes charges, aux quelles il convient d&#39;ajouter 4% (9 pi&egrave;ces) d&#39;honoraires pour le marchand de Tunis, 2% pour &laquo;&nbsp;l&#39;ami&nbsp;&raquo; de Livourne. Soit un co&ucirc;t total de 249 pi&egrave;ces et 20 aspri somme &agrave; la quelle il convient d&#39;ajouter le &laquo;&nbsp;Change Maritime&nbsp;&raquo; de 16%, taux qui peut para&icirc;tre &eacute;lev&eacute; mais comme l&#39;indique le contrat il garantissait contre diff&eacute;rents risques tels que &laquo;&nbsp; feu, naufrage ou corsaires, &agrave; l&#39;exception de la mort naturelle&nbsp;&raquo; et comportait donc une v&eacute;ritable police d&#39;assurance.<\/p>\n<p>\n\tCe m&ecirc;me contrat pr&eacute;sente l&#39;int&eacute;r&ecirc;t de d&eacute;crire le processus suivant le quel se d&eacute;roulent les op&eacute;rations. L&#39;ordre de rachat &eacute;mis par les &laquo;&nbsp;Lieux Pieux de Naples&nbsp;&raquo; est adress&eacute; &agrave; Gennaro Mare de Naples qui le transmet &agrave; deux autres napolitains, Gasparo et Gio-Francesco Verona, les quels l&#39;adressent enfin &agrave; leurscorrespondants de Livourne, Abraham &amp; Isache Del Rio qui repr&eacute;sentent aussi les Lombroso de Tunis.<\/p>\n<p>\n\tEvidement le passage par autant d&#39;interm&eacute;diaires contribue &agrave; faire monter la d&eacute;pense.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tParmi les curiosit&eacute;s de cette activit&eacute; signalons le rachat le 16 septembre 1695 par Jacob &amp; Rafael Lombroso, sur commande de&nbsp;Manoel Crespino, de deux esclaves chr&eacute;tiens propri&eacute;t&eacute; d&#39;un magnat juif tunisien le ca&iuml;d Shalom.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>La fabrication des Chechia<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tJacob Lombroso d&eacute;tenait &agrave; Tunis, le quasi monopole des produits entrant dans la fabrication des chechia qui sont de souples bonnets de laine rouge port&eacute;s par les hommes en Tunisie et dans quelques autres territoires du monde arabo-musulman.<\/p>\n<p>\n\tIl poss&eacute;dait en outre au moins quatre ateliers de fabrication.<\/p>\n<p>\n\tLes produits entrant dans la fabrication des chechia &eacute;taient les suivants:<\/p>\n<p>\n\tLes plus fines laines espagnoles de S&eacute;govie et celles moins recherch&eacute;es en provenance<\/p>\n<p>\n\td&#39; Albarracin.<\/p>\n<p>\n\tLe vermillon pour la teinture des bonnets.<\/p>\n<p>\n\tLe papier de Florence ou papier royal pour envelopper les couvre-chefs par douzaines.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tCes mati&egrave;res premi&egrave;res &eacute;taient import&eacute;es par les Lumbroso en provenance de Livourne et de Marseilles.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSelon Nicolas B&eacute;ranger, repr&eacute;sentant des Lumbroso &agrave; Marseille :<\/p>\n<p>\n\t&laquo;&nbsp;il y a &agrave; Tunis plus de 200 fabriques de bonnets qui n&#39;en ont jamais cinquante douzaines d&#39;achev&eacute;squi ne soient aussit&ocirc;t vendues par la grande r&eacute;putation&nbsp;qu&rsquo;ils ont par tous les pays qui croient &agrave; Mahomet.<\/p>\n<p>\n\tPresque tous les ouvriers ne travaillent qu&rsquo;aux laines fines et de l&agrave; vient que pour une balle des albarrasins il s&rsquo;en consume quatre balles des s&eacute;govies.<\/p>\n<p>\n\tCela est un immanquable n&eacute;goce [&#8230;], mais il faut avoir du fonds pour attendre le terme qu&rsquo;on est oblig&eacute; &agrave; donner aux d&eacute;biteurs. Nous n&rsquo;avons ici qu&rsquo;un seul marchand juif, nomme&acute; Lambrosy [Jacob Lombroso] qui fasse ce trafic de la mani&egrave;re qu&rsquo;il faut. Il re&ccedil;oit &agrave; la fois 100 balles de laine fine et n&rsquo;en vend pas une au comptant: tout se distribue &agrave; terme [&#8230;]. Comme les ouvriers travaillent incessamment&nbsp;en payant le vieux compte, ils en font un nouveau.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tComme on le voit il s&#39;agit d&#39;un n&eacute;goce particuli&egrave;rement profitable puisque, au del&agrave; des mers la demande est in&eacute;puisable. De plus les capitaux investis rapportent doublement en ce que, aux profits r&eacute;alis&eacute;s sur la vente des laines s&#39;ajoutent les int&eacute;r&ecirc;ts pour retards de payement. Ainsi que les profits r&eacute;sultants de l&#39;exportation des produits finis.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\thttp:\/\/lumbroso.info\/index.html<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; LOMBROSO d&#39;apr&egrave;s une Etude de Elia Boccara &nbsp; &nbsp; Une Famille Italo ib&eacute;rique &agrave; Tunis dans la seconde moiti&eacute; du XVII&deg; Si&egrave;cle &laquo;&nbsp;La famille Lombroso &eacute;tait la plus importante, ou l&#39;une des plus importantes famille Grana en raison de sa pr&eacute;&eacute;minence &eacute;conomique et sociale, de la permanence de son implantation &agrave; Tunis, qui remonte&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[77,30,38,246,10,275,56,343,304,384,52,84,241,97,60,9,1,193],"tags":[],"class_list":["post-5827","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-alger","category-egypte","category-espagne","category-florence","category-france","category-genealogie","category-italie","category-jacob-","category-lisbonne","category-livourne","category-londres","category-marseille","category-milan","category-portugal","category-rome","category-tunisie","category-uncategorized","category-venise"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5827","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5827"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5827\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5827"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5827"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5827"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}