{"id":5867,"date":"2012-12-31T18:42:23","date_gmt":"2012-12-31T18:42:23","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5867"},"modified":"2012-12-31T20:00:16","modified_gmt":"2012-12-31T20:00:16","slug":"tunis-colloque-sur-le-statut-des-juifs-tunisiens-lors-de-loccupation-allemande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunis-colloque-sur-le-statut-des-juifs-tunisiens-lors-de-loccupation-allemande\/","title":{"rendered":"Tunis : Colloque sur le statut des juifs tunisiens, lors de l\u2019occupation allemande"},"content":{"rendered":"<p>\n\tTunis : Colloque sur le statut des juifs tunisiens, lors de l&rsquo;occupation allemande<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour la premi&egrave;re fois en Tunisie, la question du statut des Juifs tunisiens, lors de la Seconde Guerre mondiale, a &eacute;t&eacute; d&eacute;battue lors d&#39;un colloque organis&eacute;e par l&#39;Association Tunisienne de Soutien aux Minorit&eacute;s (1).<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes historiens Abdelkarim Allagui et Habib Kazdaghli sont revenus sur une p&eacute;riode relativement m&eacute;connue du grand public tunisien. Serge Moati, Sophie Bessis, Claude Nataf ont rappel&eacute; la situation des juifs tunisiens sous occupation allemande.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&#39;objectif de cette d&eacute;marche &eacute;tait de mieux conna&icirc;tre ce qui s&#39;est r&eacute;ellement pass&eacute; afin de se pr&eacute;munir des r&eacute;flexes n&eacute;cessaires &agrave; la d&eacute;tection des d&eacute;rives antis&eacute;mites qui se propagent aujourd&rsquo;hui en Tunisie post-r&eacute;volutionnaire. &Eacute;tait pr&eacute;sent &eacute;galement, Fran&ccedil;ois Gouyette, ambassadeur de France &agrave; Tunis.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl faut rappeler que plusieurs lacunes historiographiques planent sur l&rsquo;histoire des Juifs de Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale. D&#39;abord, le manque de sources, tant &eacute;crites qu&#39;orales, sur les camps de Tunisie, limite le travail de recherche. Il faut savoir qu&#39;une forte censure de la presse a &eacute;t&eacute; mise en place d&egrave;s novembre 1942, date qui correspond &agrave; l&#39;arriv&eacute;e du repr&eacute;sentant du mar&eacute;chal P&eacute;tain, Georges Guilbaud. Tous les journaux sont interdits, pour ne publier plus qu&#39;un seul quotidien en fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans les ann&eacute;es qui suivent la fin du conflit mondial, les Juifs tunisiens commencent &agrave; &eacute;migrer massivement, vers la France ou Isra&euml;l. Ce mouvement migratoire, accentu&eacute; &agrave; partir de 1956 avec la d&eacute;colonisation et la reprise du pays par les Tunisiens musulmans, a contribu&eacute; &agrave; la dispersion de la communaut&eacute; juive tunisienne, ce qui rendra difficile la r&eacute;colte d&#39;informations et de t&eacute;moignages sur la question de la Shoah en Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa Tunisie fut le seul territoire fran&ccedil;ais hors m&eacute;tropole, &agrave; subir une occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale : six mois entre novembre 1942 et mai 1943, un temps trop bref pour proc&eacute;der &agrave; un massacre massif de la population juive locale, mais suffisant pour la terroriser, avec en particulier une rafle de 4000 hommes en d&eacute;cembre 1942, envoy&eacute;s dans des camps de travail ou sur les lignes de front, o&ugrave; h&eacute;las une cinquantaine, presque tous tr&egrave;s jeunes, furent tu&eacute;s ; une poign&eacute;e de r&eacute;sistants et de militants antifascistes furent aussi d&eacute;port&eacute;s en Europe, o&ugrave; ils furent assassin&eacute;s &hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDurant ces six mois terribles d&rsquo;occupation, des jeunes hommes de la communaut&eacute; furent conduits vers l&rsquo;un des plus grands Camps de Travail forc&eacute; du cot&eacute; de Bizerte (au nord de la Tunisie).<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes familles des travailleurs forc&eacute;s, quand &agrave; elles, subissaient l&rsquo;humiliation et toute l&rsquo;injustice de l&rsquo;occupant nazi. Les Juifs de la ville de Sousse avaient m&ecirc;me port&eacute; l&#39;&eacute;toile jaune qui eut une fonction de marquage, d&eacute;signant les Juifs aux nazis lors des rafles.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDurant le Rafle des Juifs de Tunis, le jour du 9 d&eacute;cembre 1942 (le 2 Tevet 5703) quelques 2 000 juifs furent arr&ecirc;t&eacute;s. Des centaines d&rsquo;entre eux ont trouv&eacute; la mort et plusieurs d&rsquo;entre eux ont trouv&eacute; la route de la d&eacute;portation.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi les citoyens juifs tunisiens &eacute;taient progressivement r&eacute;duits d&egrave;s 1942 au statut de sous-citoyens, par contagion de lois antis&eacute;mites de Vichy, la situation des Juifs n&rsquo;&eacute;tait pas id&eacute;ale avant l&rsquo;occupation allemande, car ces derniers &eacute;taient souvent trait&eacute;s de mani&egrave;re in&eacute;quitable par les tribunaux tunisiens.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette discrimination &eacute;tait d&#39;ailleurs le pr&eacute;texte d&rsquo;interventions et de pressions aupr&egrave;s du Bey de Tunisie et de son gouvernement. Les juridictions tunisiennes ne cessaient de faire preuve d&rsquo;une particuli&egrave;re s&eacute;v&eacute;rit&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de cette fraction de la population locale. En 1857, l&rsquo;affaire &laquo; Batou Sfez &raquo; (2) allait &ecirc;tre l&rsquo;occasion pour la France et la Grande-Bretagne d&rsquo;intervenir au nom de la d&eacute;fense des droits de l&rsquo;homme. Gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;intervention des puissances europ&eacute;ennes, cette communaut&eacute; &eacute;chappa au statut s&eacute;culaire de la dhimma.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tFtouh Souhail<\/p>\n<p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"360\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/hZdStFR1DJc\" width=\"640\"><\/iframe><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"MARGIN-BOTTOM: 0.49cm\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t(2) Batou Sfez &eacute;tait un cocher juif qui fut accus&eacute; d&rsquo;avoir injuri&eacute; le Proph&egrave;te, lors d&rsquo;une altercation avec un musulman. Il fut inculp&eacute;, jug&eacute; coupable en d&eacute;pit de ses protestations d&rsquo;innocence et condamn&eacute; &agrave; la peine capitale. L&rsquo;&eacute;motion et l&rsquo;indignation furent vives dans la communaut&eacute; juive. La France et la Grande-Bretagne exerc&egrave;rent une pression politique et militaire telle que le Bey dut c&eacute;der et proclamer une s&eacute;rie de r&eacute;formes rassembl&eacute;es en un Pacte fondamental.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tunis : Colloque sur le statut des juifs tunisiens, lors de l&rsquo;occupation allemande &nbsp; Pour la premi&egrave;re fois en Tunisie, la question du statut des Juifs tunisiens, lors de la Seconde Guerre mondiale, a &eacute;t&eacute; d&eacute;battue lors d&#39;un colloque organis&eacute;e par l&#39;Association Tunisienne de Soutien aux Minorit&eacute;s (1). &nbsp; Les historiens Abdelkarim Allagui et Habib&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[485,10,232,255,264,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-5867","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-claude-nataf","category-france","category-habib-kazdaghli","category-serge-moati","category-sophie-bessis","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5867","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5867"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5867\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5867"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5867"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5867"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}