{"id":5877,"date":"2016-02-23T11:27:02","date_gmt":"2016-02-23T11:27:02","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5877"},"modified":"2016-02-24T00:36:45","modified_gmt":"2016-02-24T00:36:45","slug":"la-ceramique-en-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-ceramique-en-tunisie\/","title":{"rendered":"La C\u00e9ramique en Tunisie"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa C&eacute;ramique en Tunisie<\/p>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Introduction<\/strong><br \/>\n\t\tEn Tunisie, l&rsquo;artisanat de la c&eacute;ramique est une activit&eacute; mill&eacute;naire. Il est de nos jours encore bien vivant, essentiellement populaire, diff&eacute;rent et vari&eacute;. Il t&eacute;moigne de l&rsquo;anciennet&eacute; des traditions dans le pays. Les mus&eacute;es r&eacute;gionaux nous montrent par leurs collections la richesse et la diversit&eacute; de ce patrimoine.<br \/>\n\t\tCet artisanat c&eacute;ramique est r&eacute;pandu sur tout le territoire, en zones urbaines comme en zones rurales, partout o&ugrave; l&rsquo;argile existe, et plus particuli&egrave;rement &agrave; A&iuml;n Drahem, Berrama, Guellala, Menzel Fersi, Moknine, Nabeul, Nafta, Sejn&egrave;ne, Testour, et Tozeur. Ces villages et ces villes repr&eacute;sentent les p&ocirc;les de production o&ugrave; l&rsquo;argile est travaill&eacute;e par les mains d&rsquo;habiles artisans &agrave; domicile ou dans des ateliers &agrave; temps plein ou discontinu.<br \/>\n\t\tEn zone rurale, l&rsquo;artisanat de la c&eacute;ramique est une activit&eacute; familiale, traditionnelle et saisonni&egrave;re, pratiqu&eacute;e en plein air par les femmes b&eacute;douines. La poterie rurale est tr&egrave;s peu diversifi&eacute;e, souvent &eacute;loign&eacute;e du march&eacute;. En zone urbaine, l&rsquo;activit&eacute; c&eacute;ramique est g&eacute;n&eacute;ralement une affaire d&rsquo;hommes travaillant dans des ateliers de diff&eacute;rentes tailles. Le produit est diversifi&eacute;, la production est importante, les march&eacute;s sont diversifi&eacute;s.<br \/>\n\t\tJusqu&rsquo;&agrave; vers la moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle, chaque r&eacute;gion vivait dans un certain isolement, ce qui donna lieu &agrave; plusieurs vari&eacute;t&eacute;s locales de c&eacute;ramiques et de techniques de fabrication, et forma des &eacute;coles ind&eacute;pendantes :<br \/>\n\t\t\uf095\uf020Nabeul, un important centre renomm&eacute; pour ses poteries de terre cuite, et pour sa vaisselle,&nbsp;ses carreaux et ses tuiles de fa&iuml;ence.<br \/>\n\t\t\uf095\uf020Moknine et Guellala deux villes c&eacute;l&egrave;bres pour leurs poteries de terre cuite brutes ou&nbsp;verniss&eacute;es en forme de jarres et de bassines de grandes dimensions.<br \/>\n\t\t\uf095\uf020Testour, ville connue pour ses tuiles et ses dalles brutes typiquement andalouses.<br \/>\n\t\t\uf095\uf020Tozeur et Nefta, deux villes r&eacute;put&eacute;es pour leurs briques pleines destin&eacute;es &agrave; satisfaire le&nbsp;besoin d&rsquo;une architecture locale.<br \/>\n\t\t\uf095\uf020Les villages de Sejn&egrave;ne, Berrama, Menzel Fersi et Zouakra n&rsquo;ont pas cess&eacute; de perp&eacute;tuer &agrave;&nbsp;l&rsquo;identique leurs fameux kanouns, tagines, broms, hallebs, tabounas, etc. de poterie tendre.<br \/>\n\t\t\uf095\uf020A&iuml;n Drahem, la ville foresti&egrave;re a brill&eacute; par sa nouvelle fabrication d&rsquo;articles souvenirs en&nbsp;fa&iuml;ence blanche dont les formes et le d&eacute;cor rappellent la for&ecirc;t du nord ouest du pays.<br \/>\n\t\tIl appara&icirc;t ainsi que l&rsquo;artisanat tunisien de la c&eacute;ramique est tr&egrave;s divers dans son organisation et dans&nbsp;ses dynamiques. Il renferme 4 cat&eacute;gories de fabrication : la poterie tendre, la poterie dure de terre&nbsp;cuite, la poterie verniss&eacute;e et les fa&iuml;ences.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Quelques rep&egrave;res<\/strong><br \/>\n\t\tLarousse d&eacute;finit la c&eacute;ramique en ces termes : &laquo; l&rsquo;art de fabriquer les poteries et autres objets de terre cuite et de fa&iuml;ence &raquo;.<br \/>\n\t\tEn termes Scientifiques, la &laquo; c&eacute;ramique &raquo; d&eacute;signe un terme g&eacute;n&eacute;rique donn&eacute; aux produits d&rsquo;apparences diverses, fabriqu&eacute;s &agrave; base d&rsquo;argile (e&rsquo;ttine en arabe en amplifiant un peu les 2t) qui ont subi, au cours d&rsquo;une cuisson &agrave; temp&eacute;rature plus ou moins &eacute;lev&eacute;e, une transformation physico-chimique irr&eacute;versible.<br \/>\n\t\tLes c&eacute;ramistes op&egrave;rent dans deux domaines &eacute;conomiques assez distincts : l&rsquo;Industrie et l&rsquo;Artisanat. Ce dernier domaine est caract&eacute;ris&eacute; en Tunisie par le travail essentiellement manuel dont les produits sont inspir&eacute;s en g&eacute;n&eacute;ral du patrimoine national, ou sont de connotation artistique.<br \/>\n\t\tDu point de vue r&eacute;glementaire, les activit&eacute;s de la c&eacute;ramique en Tunisie, appartiennent au groupe d&rsquo;activit&eacute;s N&deg; 8 &laquo;M&eacute;tiers de l&rsquo;Argile et de la Pierre &raquo; d&eacute;fini dans le cadre de la Liste des Activit&eacute;s Artisanales, institu&eacute;e par le D&eacute;cret n&deg;2005-3078 du 29 Novembre 2005 fixant la liste des activit&eacute;s de petits m&eacute;tiers et de l&rsquo;artisanat et d&eacute;terminant les activit&eacute;s dont l&rsquo;exercice n&eacute;cessite la qualification professionnelle .<br \/>\n\t\tCe groupe d&rsquo;activit&eacute; cite quatre genres de c&eacute;ramiques ou de produits en c&eacute;ramique &agrave; savoir : la poterie artisanale, la c&eacute;ramique traditionnelle, la brique traditionnelle et la tuile traditionnelle.<br \/>\n\t\tLa Nomenclature des Activit&eacute;s Tunisiennes NAT&nbsp; pr&eacute;vu des positions sp&eacute;cifiques se rapportant &agrave; la fabrication traditionnelles de briques, de tuiles, poterie artisanales et la c&eacute;ramique alors que la Classification Tunisienne des Produits CTP&nbsp; pr&eacute;voit d&rsquo;en r&eacute;server une pour les produits provenant de chacune de ces activit&eacute;s dans sa nouvelle version.<br \/>\n\t\tSocialement, et pour la majorit&eacute; des tunisiens, la c&eacute;ramique traditionnelle est per&ccedil;ue essentiellement comme un h&eacute;ritage culturel qu&rsquo;il faut pr&eacute;server. C&rsquo;est un produit pour la d&eacute;coration et le souvenir plut&ocirc;t qu&rsquo;un produit d&rsquo;usage courant, mais les mentalit&eacute;s commencent &agrave; changer et on voit de plus en plus la c&eacute;ramique envahir notre quotidien. C&rsquo;est plut&ocirc;t &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur des maisons que la c&eacute;ramique appara&icirc;t le plus. Les tuiles multicolores recouvrent les toits et les bordures des balcons et des cl&ocirc;tures de jardins, alors que de multitudes vases et pots envahissent les jardins.<\/p>\n<p>\t\t<strong>Histoire de la c&eacute;ramique<\/strong><br \/>\n\t\tLe mot c&eacute;ramique, qui s&rsquo;est impos&eacute; dans la plupart des langues, provient du grec ancien &laquo; k&eacute;ramos &raquo; qui signifie &laquo; fabriqu&eacute; en argile &raquo;. Les activit&eacute;s de la c&eacute;ramique se r&eacute;f&egrave;rent &agrave; une confluence entre les arts de la terre et les arts du feu elles sont apparues au d&eacute;but, au Moyen-Orient, au n&eacute;olithique dans le berceau des grandes civilisations s&eacute;dentaires. La c&eacute;ramique s&rsquo;est propag&eacute;e en m&ecirc;me temps que l&rsquo;agriculture pour atteindre le Maghreb et l&rsquo;Europe vers le milieu du IV &egrave;me mill&eacute;naire avant J-C. La c&eacute;ramique model&eacute;e maghr&eacute;bine du n&eacute;olithique et de l&rsquo;&acirc;ge de bronze trouve sa place dans une koin&egrave; m&eacute;diterran&eacute;enne. Les contacts &eacute;tablis depuis ces temps recul&eacute;s entre le Maghreb et l&rsquo;Europe expliquent leur parent&eacute;, notamment sur le plan morphologique, avec les c&eacute;ramiques model&eacute;es des autres r&eacute;gions de la m&eacute;diterran&eacute;e occidentale. Cette c&eacute;ramique, qui utilise des mat&eacute;riaux et des techniques simples comme le modelage au colombin, s&rsquo;est maintenue presque immuablement, jusqu&#39;&agrave; notre &eacute;poque, dans des milieux paysans.<br \/>\n\t\tEn Afrique du nord, le d&eacute;but de cette production se situe entre 4400 et 3800 av. J-C. Selon les formes, deux types se diff&eacute;rencient : une saharienne, g&eacute;n&eacute;ralement sph&eacute;rique, et une poterie maghr&eacute;bine &agrave; fond conique. Au Maghreb, les gisements n&eacute;olithiques sous grottes ont livr&eacute; des vases &agrave; fond coniques et &agrave; bord largement ouvert, des sortes de bouteilles ovo&iuml;des munies de cols ferm&eacute;s et courts, des petites tasses &agrave; fond h&eacute;misph&eacute;rique munies d&rsquo;un oreillon de pr&eacute;hension perfor&eacute;, des vases globulaires &agrave; fond plat, des vases et des gobelets &agrave; &eacute;paulement et &agrave; fond conique.<br \/>\n\t\tOn rel&egrave;ve fr&eacute;quemment la pr&eacute;sence de mamelon et de boutons de pr&eacute;hension, plus rarement celle d&rsquo;anses funiculaires. Les potiers (ou plut&ocirc;t des poti&egrave;res) utilisaient des argiles peu fines avec des impuret&eacute;s et des &eacute;l&eacute;ments organiques qui, &agrave; la fin de la cuisson, donnent une coloration sombre &agrave; une p&acirc;te tr&egrave;s grenue.<\/p>\n<p>\t\t<strong>La c&eacute;ramique en Tunisie : un pass&eacute; mouvement&eacute;<\/strong><br \/>\n\t\tLa c&eacute;ramique poss&egrave;de une longue histoire en Tunisie et se manifeste &agrave; travers des typologies vari&eacute;es. La c&eacute;ramique model&eacute;e est d&rsquo;une pratique tr&egrave;s ancienne, elle s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute;e dans le Sud Tunisien &agrave; la fin du n&eacute;olithique et pendant la p&eacute;riode protohistorique alors que la c&eacute;ramique tourn&eacute;e ne fut d&eacute;velopp&eacute;e qu&rsquo;avec les ph&eacute;niciens qui ont introduit le tour du potier lors de leur &eacute;tablissement en Tunisie. Plusieurs causes et influences internes et externes ont permis cette &eacute;volution :<br \/>\n\t\t&#8211; le d&eacute;veloppement intrins&egrave;que de l&rsquo;agriculture (bl&eacute;, huile &hellip;.) et le d&eacute;veloppement de certaines industries d&rsquo;extraction (&eacute;tain, cuivre&hellip;) dont les produits ont n&eacute;cessit&eacute; pour leur exportation en m&eacute;diterran&eacute;e des amphores en c&eacute;ramique,<br \/>\n\t\t&#8211; lors de l&rsquo;implantation romaine en Tunisie la c&eacute;ramique connut une expansion remarquable surtout par l&rsquo;adoption de la sigill&eacute;e romaine,<br \/>\n\t\t&#8211; l&rsquo;adoption par les concurrents musulmans de l&rsquo;Afrique du nord du carreau de c&eacute;ramique &agrave; reflet m&eacute;tallique import&eacute; d&rsquo;orient et implant&eacute; dans la mosqu&eacute;e de Kairouan en 836.<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;examen de l&rsquo;&eacute;volution historique de la c&eacute;ramique permet de conclure &agrave; la p&eacute;rennit&eacute; du d&eacute;veloppement de la c&eacute;ramique en Tunisie. Il est vrai que cette &eacute;volution connut des ruptures dues &agrave; des influences plut&ocirc;t externes qu&rsquo;internes : l&rsquo;adoption g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e du christianisme en Tunisie a permis le d&eacute;veloppement du carreau &agrave; iconographie chr&eacute;tienne alors que l&rsquo;arriv&eacute;e de l&rsquo;Islam en Tunisie a n&eacute;cessit&eacute; l&rsquo;adoption du carreau de c&eacute;ramique sans repr&eacute;sentation figur&eacute;e mais &agrave; reflets m&eacute;talliques.<br \/>\n\t\tL&rsquo;exemple type du d&eacute;veloppement du carreau de c&eacute;ramique en Tunisie du d&eacute;but de la p&eacute;riode musulmane &agrave; la fin di 19&eacute;me si&egrave;cle montre la grande ouverture de la c&eacute;ramique tunisienne &agrave; accepter les apports successifs andalous , turcs, fran&ccedil;ais &hellip;.<br \/>\n\t\tGr&acirc;ce &agrave; cette souplesse et &agrave; cette ouverture sur la m&eacute;diterran&eacute;e, la c&eacute;ramique tunisienne a su se maintenir et ma&icirc;triser les exportations en axant sur le maintien d&rsquo;une d&eacute;coration du carreau sur l&rsquo;arabesque et sur le patrimoine national. Il est clair qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire de se d&eacute;connecter de l&rsquo;h&eacute;ritage culturel tunisien pour survivre et pour se d&eacute;velopper. La modernisation de notre c&eacute;ramique passe par la conjonction entre l&rsquo;ancien et le nouveau et par leur r&eacute;conciliation.<\/p>\n<p>\t\t<strong>L&rsquo;Argile une mati&egrave;re abondante<\/strong> :<br \/>\n\t\tDes gisements multiples, tr&egrave;s diff&eacute;renci&eacute;s<br \/>\n\t\t&#8211; A Tabarka (gouvernorat de Jendouba N-O de la Tunisie) on trouve une concentration d&rsquo;argile kaolinique situ&eacute;e &agrave; l&rsquo;Est de la ville &agrave; environ 8 km. Elle fait partie des argiles de l&rsquo;extr&ecirc;me Nord du pays qui appartiennent &agrave; la formation Numidienne qui constitue une s&eacute;rie argilo-gr&eacute;seuse.<br \/>\n\t\t&#8211; Dans le Nord Ouest du pays &eacute;galement :<br \/>\n\t\t&#8211; les argiles de B&eacute;ja qui sont utilis&eacute;es actuellement dans la fabrication des briques sont d&rsquo;&acirc;ge Mioc&egrave;ne. Elles se pr&eacute;sentent en trois faci&egrave;s diff&eacute;rents : niveau inf&eacute;rieur plastique de couleur noir, niveau moyen sableux de couleur marron et niveau sup&eacute;rieur tr&egrave;s sableux de couleur jaune.<br \/>\n\t\tDu point de vue min&eacute;ralogique, il s&rsquo;agit d&rsquo;une combinaison kaolinite illite smectite avec pr&eacute;dominance illitique.<br \/>\n\t\t&#8211; les argiles de Tajerouine (Gouvernorat du Kef) de couleur brune ou grise d&rsquo;&acirc;ge C&eacute;tac&eacute; sup&eacute;rieur ayant des teneurs moyennes en silice de 45% et sont riches en alumine, elles sont assez charg&eacute;es en carbonate et leurs teneurs en fondants alcalins sont peu &eacute;lev&eacute;s. Du point de vue granulom&eacute;trique, elles ne sont pas tr&egrave;s fines. Ces argiles sont actuellement utilis&eacute;es dans la fabrication des biscuits pour carreaux c&eacute;ramiques.<br \/>\n\t\t&#8211; Les argiles de Sejn&egrave;ne (gouvernorat de Bizerte N-E du pays) appartiennent au flysch numidien.<br \/>\n\t\tElles sont plastiques et se trouvent sous formes lenticulaires ou de poches dans le secteur ouest avec<br \/>\n\t\tdes couleurs blanches. Dans le secteur Est, elles sont plut&ocirc;t grises &agrave; gris clair et pr&eacute;sentent des couches r&eacute;guli&egrave;res avec des fines pass&eacute;es gr&eacute;seuses. Dans la zone de Menzel Jemil et de Khetmine<br \/>\n\t\tdes argiles grises d&rsquo;&acirc;ge Mioc&egrave;ne contenant du gypse en petits cristaux sont utilis&eacute;es pour la fabrication de produits rouges.<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; Au Cap-Bon, les argiles de Nabeul sont caract&eacute;ris&eacute;es par une certaine diversification dans les faci&egrave;s li&eacute;e &agrave; des d&eacute;p&ocirc;ts d&rsquo;&acirc;ges diff&eacute;rents. En effet, dans la r&eacute;gion de Nabeul, ont &eacute;t&eacute; identifi&eacute;es essentiellement les argiles de l&rsquo;Oligoc&egrave;ne inf&eacute;rieur de teinte verte, grise et marron en bancs tr&egrave;s &eacute;pais et les argiles d&rsquo;&acirc;ge Plioc&egrave;ne marin jaunes-verd&acirc;tres, plus ou moins carbonat&eacute;es tr&egrave;s fines qui constituent la principale source des mati&egrave;res premi&egrave;re utilis&eacute;es dans la poterie locale. On trouve &eacute;galement des argiles d&rsquo;&acirc;ge Mioc&egrave;ne (Messinien) qui affleurent au Nord de la ville de Nabeul.<br \/>\n\t\t&#8211; Au Sahel, (centre Est du pays), le pli de Zeramdine (Jemmel pr&egrave;s de Sousse) pr&eacute;sente une masse argileuse importante d&rsquo;&acirc;ge mioc&egrave;ne sup&eacute;rieur. Ce sont d&rsquo;&eacute;paisses s&eacute;ries s&eacute;dimentaires form&eacute;es par des alternances argilo sableuses &agrave; couche de lignite et localement du charbon. Une seconde s&eacute;rie argilo sableuse, d&rsquo;&acirc;ge Mio-Plioc&egrave;ne, brune et monotone occupe les flancs occidentaux du pli. Du point de vue min&eacute;ralogique, ces argiles sont principalement kaolino-illitiques et sont presque exclusivement utilis&eacute;es dans la fabrication des briques.<br \/>\n\t\t&#8211; Dans le gouvernorat de Sfax (centre Est du pays) les Argiles d&rsquo;Aguereb pr&eacute;sentent des formation stratifi&eacute;es d&rsquo;&acirc;ge Mio-Plioc&egrave;ne &agrave; villafranchien (formation segui) alternant avec des couches sableuses. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une argile gonflante utilis&eacute;e dans la fabrication des produit rouges mais introduite avec de faibles proportions dans la fabrication des biscuits pour carreaux de fa&iuml;ence.<br \/>\n\t\t&#8211; Au sud du pays :<br \/>\n\t\tA Tejra (gouvernorat de Mednine), on trouve des argiles limoneuses de couleur rouge riches en oxyde de fer. Elles font partie de la formation argilo-gr&eacute;seuse d&rsquo;&acirc;ge triasique qui affleure dans le sud Tunisien sous formes de couches stratiformes d&rsquo;&eacute;paisseur importante.<br \/>\n\t\tR&eacute;cemment de nouvelles d&eacute;couvertes ont r&eacute;v&eacute;l&eacute; l&rsquo;existence &agrave; sidi Aich (Gouvernorat de Gafsa) d&rsquo;une grande quantit&eacute; d&rsquo;argile repr&eacute;sentant une r&eacute;serve de pr&egrave;s 50 millions de tonnes propre &agrave; la production du carreau de fa&iuml;ence. D&rsquo;autres r&eacute;serves d&rsquo;argile dans la r&eacute;gion de Gafsa sont prouv&eacute;es &agrave; Mdhila et &agrave; Metlaoui &hellip;<br \/>\n\t\tL&rsquo;&eacute;tude sur les argiles de Guellala (Ile de Djerba gouvernorat de M&eacute;denine) montre que la s&eacute;rie s&eacute;dimentaire affleurante dans l&rsquo;&icirc;le de Djerba comporte des formations r&eacute;centes d&rsquo;&acirc;ge mio-plioc&egrave;ne et quaternaire. La couche d&rsquo;argile de poteries pr&eacute;sente une &eacute;paisseur variable de 0,30 &agrave; 3 m. Elle affleure sporadiquement dans certains cours d&rsquo;eau &quot;Chaaba et wad&quot;. Ailleurs, elle est couverte par une pile de s&eacute;diments dont la puissance peut atteindre 15 &agrave; 20 m&egrave;tres de haut.<br \/>\n\t\t&#8211; Pr&egrave;s de la Capitale, les argiles de Mornag (Gouvernorat de Ben Arous) sont d&rsquo;&acirc;ge Eoc&egrave;ne sup&eacute;rieur-Oligoc&egrave;ne inf&eacute;rieur et se pr&eacute;sentent sous forme d&rsquo;&eacute;paisses masses argileuses intercal&eacute;es entre des bancs de gr&eacute;s plus ou moins tendres, pr&eacute;sentant par endroit des taches d&rsquo;oxyde de fer. Elles sont assez riches en carbonates, sulfates et oxydes de fer et en fondant alcalins ce qui limite leur utilisation dans la c&eacute;ramique fine et ne sont presque utilis&eacute;es que dans la fabrication des briques.<br \/>\n\t\tAutres mat&eacute;riaux<br \/>\n\t\tDes mati&egrave;res inertes non plastiques sont souvent ajout&eacute;es aux argiles pour am&eacute;liorer leur aptitude au fa&ccedil;onnage, modifier leurs comportements au s&eacute;chage et &agrave; la cuisson, et aussi, pour donner aux produits finis les caract&eacute;ristiques d&eacute;sir&eacute;es de texture, de vitrification, de translucidit&eacute;, de couleur, de solidit&eacute;, de r&eacute;sistance au choc thermique, etc.<br \/>\n\t\tSelon l&rsquo;argile employ&eacute;e, on ajoute, dans des proportions variables:<br \/>\n\t\t&#8211; Les d&eacute;graissants: ce sont essentiellement le sable et la chamotte broy&eacute;e d&rsquo;argile pr&eacute;alablement stabilis&eacute;e par la cuisson. Les d&eacute;graissants interviennent pour diminuer la plasticit&eacute; de l&rsquo;argile et la rendre moins grasse, et aussi pour constituer un squelette permettant de freiner le retrait au s&eacute;chage et &agrave; la cuisson, ce qui r&eacute;duit les risques de d&eacute;formation et de fissuration.<br \/>\n\t\t&#8211; Les fondants : dans certains produits c&eacute;ramiques comme le gr&egrave;s ou la porcelaine, la vitrification est d&eacute;velopp&eacute;e lors de la cuisson par addition de fondants constitu&eacute;s de feldspaths, de craie, de dolomie ou de verre broy&eacute;. Outre leur action fondante, ces mati&egrave;res ont une action d&eacute;graissante, en cru. Des mati&egrave;res servant essentiellement dans l&rsquo;&eacute;maillage et la d&eacute;coration des produits c&eacute;ramiques sont g&eacute;n&eacute;ralement import&eacute;es. Mais on importe aussi la p&acirc;te c&eacute;ramique en boudin. Les mati&egrave;res import&eacute;es sont souvent en provenance d&rsquo;Europe, et sont donc sens&eacute;es &ecirc;tre conformes &agrave; la r&eacute;glementation en vigueur du pays d&rsquo;origine en mati&egrave;re de normalisation, celle-ci est g&eacute;n&eacute;ralement en harmonies avec les exigences en la mati&egrave;re sur le territoire tunisien. Le suivi des importations des mati&egrave;res premi&egrave;res constitue l&rsquo;un des indicateurs qui peut renseignersur le d&eacute;veloppement de l&rsquo;activit&eacute; de la c&eacute;ramique en Tunisie.<\/p>\n<p>\t\t<strong>Du gisement &agrave; l&rsquo;atelier de fabrication<\/strong><br \/>\n\t\tL&rsquo;extraction de l&rsquo;argile se fait en g&eacute;n&eacute;ral par l&rsquo;artisan lui-m&ecirc;me. Si dans la r&eacute;gion de Sejn&egrave;ne, o&ugrave; l&rsquo;argile est partout, l&rsquo;artisane n&rsquo;a qu&rsquo;&agrave; creuser un trou dans le sol pour l&rsquo;extraire, &agrave; Barrama, les hommes l&rsquo;extraient sur une propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e &agrave; Dm&egrave;ne-Dhyou, situ&eacute;e &agrave; 12 km de l&rsquo;agglom&eacute;ration et l&rsquo;achemine sur le dos de mulet. La qualit&eacute; exceptionnelle des gisements d&rsquo;argile de la r&eacute;gion Nefta et Tozeur, a pouss&eacute; les artisans &agrave; se sp&eacute;cialiser dans la fabrication d&rsquo;un mono-produit : la brique jaune. Les artisans briquetiers ach&egrave;tent une argile grasse de couleur rouge&acirc;tre extraite d&rsquo;une carri&egrave;re se trouvant dans l&rsquo;oasis du nom &laquo; ouahat Chemsa &raquo; situ&eacute;e &agrave; 10 km du lieu de production. Ils doivent aussi, se procurer l&rsquo;eau dans une autre oasis du nom &laquo; ouahat J&eacute;hin &raquo; loin de 8 km o&ugrave; l&rsquo;eau jaillit de source naturelle. A Testour (Nord ouest du pays) la r&eacute;gion est riche en argile de tr&egrave;s bonne qualit&eacute;, que l&rsquo;artisan va chercher sur le dos d&rsquo;&acirc;ne, au m&ecirc;me endroit qu&rsquo;autrefois, dans une colline du nom &laquo; kodiet el h&rsquo;laoua &raquo; &agrave; 2 km de sa tuilerie. Il l&rsquo;extrait gratuitement sans avoir besoin de demander une autorisation au pr&eacute;alable. Cette argile est de couleur jaun&acirc;tre et l&eacute;g&egrave;rement ferrugineuse. On la trouve &agrave; quelques dizaines de centim&egrave;tres de la surface du sol. Lors du pr&eacute;l&egrave;vement, elle est tri&eacute;e et d&eacute;barrass&eacute;e de ses impuret&eacute;s (d&eacute;bris v&eacute;g&eacute;taux, fragments de calcaire, petites pierres) sur place. A l&rsquo;arriv&eacute;e sur le lieu de travail, elle est mise en tas arrondis d&rsquo;environ deux m&egrave;tres cubes. Puis elle est malax&eacute;e avec les pieds. L&rsquo;eau est pr&eacute;lev&eacute;e directement dans l&rsquo;oued M&eacute;jarda.<br \/>\n\t\tDans la ville de Moknine, et depuis une quinzaine d&rsquo;ann&eacute;es, tous les potiers se procurent l&rsquo;argile qu&rsquo;ils tournent, dans une nouvelle carri&egrave;re situ&eacute;e &agrave; Menzel Fersi, &agrave; 8 km environ de la r&eacute;gion. L&rsquo;exploitation de l&rsquo;argile se fait en carri&egrave;re &agrave; ciel ouvert par une pelle m&eacute;canique et assur&eacute;e par un particulier qui vend la benne d&rsquo;environ 3 tonnes &agrave; 30 dinars, soit &agrave; 10 millimes le kg d&rsquo;argile livr&eacute;e &agrave; l&rsquo;atelier. Autrefois, les potiers devaient chercher eux-m&ecirc;mes l&rsquo;argile dans un tr&egrave;s ancien site d&rsquo;extraction, situ&eacute; &agrave; Dar H&rsquo;roun, &agrave; 1 km de la ville. L&rsquo;extraction &eacute;tait manuelle comme elle se fait encore &agrave; Jerba, dans des tunnels pouvant atteindre 20 m&egrave;tres de profondeur. En raison des risques d&rsquo;accident et de l&rsquo;absence de candidats pour s&rsquo;aventurer dans ces tunnels dangereux, les potiers se sont tourn&eacute;s vers les carri&egrave;res &agrave; ciel ouvert qui sont exploit&eacute;es aussi par les briqueteries industrielles. Mais, la carri&egrave;re qui leur a donn&eacute; satisfaction est celle de Menzel Fersi qui est exploit&eacute;e aussi par les femmes poti&egrave;res depuis fort longtemps. Il convient de noter que la plupart des potiers ont souvent un probl&egrave;me d&rsquo;approvisionnement li&eacute; &agrave; l&rsquo;exploitation de la carri&egrave;re qui, para&icirc;t-il, n&rsquo;est pas administrativement en r&egrave;gle. Les op&eacute;rations d&rsquo;achats se font sans factures ni bons de livraison ce qui peut bloquer les livraisons en cas de contr&ocirc;le sur la voix de l&rsquo;acheminement de l&rsquo;argile. Les tracasseries sont aussi avec le fisc pour justifier le cas &eacute;ch&eacute;ant, les d&eacute;penses. Cela emp&ecirc;che aussi les exploitants de d&eacute;terminer les prix de revient de leurs poteries avec exactitudes et pratiquent sur le march&eacute; des prix tr&egrave;s bas qui ne leur permettent pas parfois de couvrir leurs frais et, par l&agrave;, il serait difficile d&rsquo;am&eacute;liorer leurs conditions de vie.<br \/>\n\t\tSelon les traditions ancestrales, l&#39;argile &agrave; Guellala &laquo; taghouri&raquo; est extraite de la mine manuellement dans des galeries souterraines appel&eacute;es &quot;maaden&quot;. On pioche la roche pour extraire un minerai de couleur rouge&acirc;tre &agrave; brun&acirc;tre riche en hydroxyde de fer. Ce dernier est rassembl&eacute; en tas puis vendu par les exploitants aux potiers comme mati&egrave;re premi&egrave;re. L&rsquo;unit&eacute; de vente s&rsquo;appelle &quot;Dassaa&quot; (environ 30 Kgs). Il faut noter que depuis quelques ann&eacute;es, les potiers ont commenc&eacute; &agrave; se plaindre de la difficult&eacute; d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;argile, ce qui constitue un handicap tr&egrave;s important pour leur activit&eacute;. En effet, les trois carri&egrave;res existantes fonctionnent &agrave; tr&egrave;s faible rendement. Leurs propri&eacute;taires sont &acirc;g&eacute;s ou n&rsquo;ont plus les moyens et la capacit&eacute; pour accro&icirc;tre la production. Certains potiers disent qu&rsquo;ils sont oblig&eacute;s d&rsquo;aller s&rsquo;approvisionner dans des carri&egrave;res &agrave; M&eacute;denine pour compenser les quantit&eacute;s manquantes &agrave; leur besoin. Il est &agrave; noter qu&rsquo;&agrave; Tataouine, une usine de pr&eacute;paration et de commercialisation de p&acirc;tes c&eacute;ramiques a &eacute;t&eacute; inaugur&eacute;e au mois de juin 2006 et a d&eacute;marr&eacute; sa production avec une p&acirc;te qui convient au fa&ccedil;onnage des petites pi&egrave;ces. Quant aux grandes pi&egrave;ces, l&rsquo;usine est en train de composer une autre p&acirc;te dont les propri&eacute;t&eacute;s doivent correspondre aux besoins des fabricants de jarres et d&rsquo;autres grands ouvrages. Depuis 1967, les potiers fa&iuml;enciers Nabeuliens utilisent de la p&acirc;te pr&ecirc;te &agrave; l&rsquo;emploi fournie par des entreprises sp&eacute;cialis&eacute;es. Cette p&acirc;te est constitu&eacute;e d&rsquo;argiles grises cuisant blanches ros&acirc;tres. Elles sont extraites dans les carri&egrave;res situ&eacute;es dans la ville de Tabarka (gouvernorat de Jendouba). Elles sont broy&eacute;es avec 30 % environ de dolomie et pass&eacute;es au filtre-presse. On utilise deux consistances, l&rsquo;une suffisamment molle pour &ecirc;tre tourn&eacute;e directement apr&egrave;s le p&eacute;trissage &agrave; la main effectu&eacute; par le tourneur, l&rsquo;autre, plus dure pour le moulage &agrave; la presse. Cette p&acirc;te est abondamment consomm&eacute;e &agrave; Nabeul et commercialis&eacute;e dans toute la Tunisie et m&ecirc;me en Libye. Les argiles de Tabarka ont fait la r&eacute;putation de la fa&iuml;ence de Nabeul depuis un demi si&egrave;cle et les ressources sont encore consid&eacute;rables. L&rsquo;installation de quelques unit&eacute;s de pr&eacute;paration de p&acirc;te pr&ecirc;tes &agrave; l&rsquo;emploi a favoris&eacute; le d&eacute;veloppement du Centre Nabeulien de la C&eacute;ramique. Ce travail &eacute;tait autrefois r&eacute;alis&eacute; &agrave; grande peine par le potier. La consommation annuelle d&rsquo;un atelier est d&rsquo;environ 40 tonnes\/an. Le prix de la tonne est d&rsquo;environ 120 dinars. Il convient de noter que certains commer&ccedil;ants install&eacute;s &agrave; Nabeul importent et vendent &agrave; environ 500 dinars la tonne, des p&acirc;tes cuisant tr&egrave;s blanches import&eacute;es d&rsquo;Italie et d&rsquo;Espagne. Elles sont utilis&eacute;es dans la fabrication de la fa&iuml;ence blanche. On trouve aussi dans le commerce une p&acirc;te import&eacute;e de couleur rouge. Sa particularit&eacute; est de r&eacute;sister au choc thermique. Elle est donc employ&eacute;e dans la fabrication d&rsquo;ustensiles culinaires pouvant servir &agrave; cuire des repas directement sur le feu. A Nabeul &eacute;galement, l&rsquo;argile destin&eacute;e au tournage de la poterie de terre cuite est une terre commune qui provient d&rsquo;une carri&egrave;re &agrave; ciel ouvert voisine des ateliers des potiers. Sa qualit&eacute; permet de produire toutes sortes de jarres et de grands r&eacute;cipients. Apr&egrave;s extraction, l&rsquo;argile en mottes, est transport&eacute;e par tracteur jusqu&rsquo;aux ateliers o&ugrave; elle est stock&eacute;e &eacute;tal&eacute;e dans la cour en plein air. Comme ailleurs, la p&acirc;te &agrave; jarres qu&rsquo;utilisent les potiers de Nabeul r&eacute;sulte du m&eacute;lange de 2 ou 3 argiles communes locales dans des proportions variables. La principale composante de la p&acirc;te est l&rsquo;argile jaune verd&acirc;tre tr&egrave;s fine et tr&egrave;s grasse du gisement nomm&eacute; &laquo; ghar e&rsquo;tfel &raquo;. Elle ne contient pratiquement aucun corps &eacute;tranger. Tr&egrave;s pure et tr&egrave;s collante, elle doit &ecirc;tre m&eacute;lang&eacute;e avec une argile sableuse jaun&acirc;tre locale. Le m&eacute;lange peut aussi &ecirc;tre additionn&eacute;e d&rsquo;une certaine quantit&eacute; de sable tamis&eacute; tr&egrave;s finement. De couleur jaune lorsqu&rsquo;elle est crue, la p&acirc;te devient rouge&acirc;tre apr&egrave;s cuisson.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<strong>Les pr&eacute;liminaires de la fabrication <\/strong>:<br \/>\n\t\tPr&eacute;paration de la p&acirc;te<br \/>\n\t\tA Sejn&egrave;ne : Apr&egrave;s extraction de l&rsquo;argile, les poti&egrave;res la font s&eacute;cher, en l&rsquo;exposant au soleil, pour faciliter son &eacute;miettement et son trempage. L&#39;argile s&eacute;ch&eacute;e est ensuite concass&eacute;e et tamis&eacute;e pour la d&eacute;barrasser de ses impuret&eacute;s (sable, petits cailloux, fragments de calcaire, d&eacute;bris v&eacute;g&eacute;taux). Ensuite, elle est mise dans un r&eacute;cipient, une sorte de marmite appel&eacute;e &laquo; ajjan &raquo;, pour &ecirc;tre tremp&eacute;e dans de l&rsquo;eau pendant toute une journ&eacute;e ou une nuit. Devenue boue, la poti&egrave;re lui ajoute un tiers de d&eacute;graissant appel&eacute; &laquo; teffoun &raquo; pour r&eacute;gler la mall&eacute;abilit&eacute; de la p&acirc;te et limiter son retrait lors du s&eacute;chage.<br \/>\n\t\tLe d&eacute;graissant dont l&#39;usage est tr&egrave;s r&eacute;pandu chez les poti&egrave;res de Sejn&egrave;ne, est la chamotte qui est constitu&eacute;e de tessons de d&eacute;bris de poteries pil&eacute;es et pass&eacute;es au tamis &agrave; semoule &laquo;ghorbel tchiche&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tQuant aux poti&egrave;res de Berrama, elles utilisent, &agrave; la place de la chamotte, des cristaux de calcite pil&eacute;s entre deux lourdes pierres ou moulus finement &agrave; la meule &agrave; bras. Au cours du p&eacute;trissage &agrave; la main, le d&eacute;graissant ajout&eacute; &agrave; la boue est intimement m&eacute;lang&eacute; &agrave; l&rsquo;argile. Pour corriger la mall&eacute;abilit&eacute; de la p&acirc;te ainsi obtenue, la poti&egrave;re la met en boules qu&rsquo;elle trempe plusieurs fois dans la poudre de d&eacute;graissant et p&eacute;trit ensuite jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;elle soit satisfaite de son aptitude au fa&ccedil;onnage. A la fin, la p&acirc;te ne doit pas coller aux doigts. Bien entendu, cette op&eacute;ration, comme toutes les autres, se fait &agrave; m&ecirc;me le sol sur un vieux chiffon. A la fin de la pr&eacute;paration, il faut couvrir la p&acirc;te de chiffons, et la placer &agrave; l&rsquo;ombre pendant 24 heures pour qu&rsquo;elle reste humide et pour que l&rsquo;eau se r&eacute;partisse bien dans la masse et puisse &ecirc;tre absorb&eacute;epar le teffoun.<br \/>\n\t\tA Guellala: malgr&eacute; sa nature gypseuse, l&rsquo;argile extraite est de qualit&eacute; convenable. Sa couleur varie du chamois au rouge brique. Pour la transformer en p&acirc;te, elle est tremp&eacute;e dans des fosses pleines qui seront remplies soit d&rsquo;eau de mer si l&rsquo;on veut obtenir des poteries blanches, soit d&rsquo;eau douce pour la fabrication de la poterie rose ou rouge&acirc;tre. L&rsquo;ajout de sable tamis&eacute; finement, est parfois n&eacute;cessaire pour r&eacute;gler la plasticit&eacute; de la p&acirc;te lors du p&eacute;trissage qui se fait toujours au pied nu comme dans les temps les plus recul&eacute;s. Avant utilisation, la p&acirc;te subit un dernier p&eacute;trissage &agrave; la main pour en extraire les bulles d&rsquo;air et quelques impuret&eacute;s, et pour la rendre homog&egrave;ne et lui donner la forme d&rsquo;un boudin.<br \/>\n\t\tA Moknine, et apr&egrave;s livraison, l&rsquo;argile est &eacute;tal&eacute;e dans la cour de l&rsquo;atelier pour subir les actions combin&eacute;es du vent, de la pluie et du soleil, qui ont pour effet de fragmenter les grosses mottes. Ensuite, elle est concass&eacute;e au maillet et tremp&eacute;e dans une fosse pleine d&rsquo;eau. La boue obtenue, doit passer &agrave; une autre fosse &agrave; travers un tamis pour &ecirc;tre &eacute;pur&eacute;e de ses cailloux et autres d&eacute;chets organiques. Puis, elle est enrichie de d&eacute;graissant sous forme de sable tamis&eacute; extr&ecirc;mement finement. Apr&egrave;s, elle est retir&eacute;e et mise en tas pour &ecirc;tre p&eacute;trie au pied. Au moment du p&eacute;trissage, le potier incorpore environ cinq kilos de sel gros par m&egrave;tre cube de p&acirc;te pr&eacute;par&eacute;e. C&rsquo;est ce sel qui donne aux produits cuits leur aspect blanc. Elle est ensuite d&eacute;coup&eacute;e en plaques et stock&eacute;e jusqu&rsquo;&agrave; utilisation. Avant celle-ci, la p&acirc;te est battue &agrave; la main pour en extraire les bulles d&rsquo;air et pour la mettre en forme de boudin.<br \/>\n\t\tCertains ateliers p&eacute;trissent leur p&acirc;te &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un laminoir et d&rsquo;une malaxeuse-boudineuse, qui ont &eacute;t&eacute; confectionn&eacute;s artisanalement par des forgerons &agrave; Nabeul. Mais, ces deux machines ne disposent d&rsquo;aucun syst&egrave;me de s&eacute;curit&eacute;.<br \/>\n\t\tIl est &agrave; noter, que les artisans qui se sont orient&eacute;s vers les poteries artistiques, vont &agrave; Nabeul pour acheter une p&acirc;te fine pr&ecirc;te &agrave; l&rsquo;emploi. Faut-il encourager des promoteurs pour cr&eacute;er sur place une unit&eacute; de pr&eacute;paration de p&acirc;tes ? Un tel projet pourrait certainement renforcer l&rsquo;activit&eacute; poti&egrave;re dans la r&eacute;gion et contribuerait &agrave; la d&eacute;velopper en &eacute;pargnant aux potiers la p&eacute;nibilit&eacute; de la pr&eacute;paration et l&rsquo;espace qu&rsquo;elle n&eacute;cessite. Ce qui rend la poterie au regard des jeunes un m&eacute;tier noble.<br \/>\n\t\tA Nabeul: Avant utilisation, les mottes d&rsquo;argiles s&eacute;ch&eacute;es au soleil doivent &ecirc;tre tri&eacute;es, &eacute;pur&eacute;es et r&eacute;duites en granul&eacute;s &agrave; la main &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un maillet en bois. Aucun potier ne dispose de concasseur &eacute;lectrique qui transforme directement les mottes d&rsquo;argile en un fin granul&eacute; pr&ecirc;t pour la l&eacute;vigation. Le d&eacute;trempage ou &laquo; l&eacute;vigation &raquo;, permet d&rsquo;&eacute;liminer les derni&egrave;res impuret&eacute;s de l&rsquo;argile, de s&eacute;parer les pierres et les racines v&eacute;g&eacute;tales, et d&rsquo;obtenir une mati&egrave;re homog&egrave;ne. Cette op&eacute;ration est r&eacute;alis&eacute;e dans de grands bassins remplis d&rsquo;eau. Ces bassins sont au nombre de deux ou trois. Le premier bassin re&ccedil;oit les argiles concass&eacute;es. Apr&egrave;s quelques jours, la boue liquide obtenue est conduite dans un deuxi&egrave;me bassin en passant &agrave; travers un tamis, et parfois dans un troisi&egrave;me. Puis, le bassin est vid&eacute; et la boue est &eacute;tal&eacute;e au sol en une &eacute;paisse couche. Le moment venu, elle sera homog&eacute;n&eacute;is&eacute;e par un long pi&eacute;tinement par le potier. La p&acirc;te obtenue est ensuite coup&eacute;e en grandes plaques et stock&eacute;e plus ou moins longtemps dans une chambre humide et fra&icirc;che o&ugrave; elle est recouverte d&rsquo;une b&acirc;che, pour &eacute;viter l&rsquo;ass&egrave;chement. Pendant ce temps, elle acquiert une humidit&eacute; uniforme et sa plasticit&eacute; s&rsquo;am&eacute;liore : c&rsquo;est le &laquo; pourrissage &raquo;. Au moment voulu, le potier pr&eacute;l&egrave;ve une plaque pour lui faire subir un dernier p&eacute;trissage &agrave; la main avant de la tourner en diff&eacute;rentes pi&egrave;ces. La plupart des fa&iuml;enciers travaillant &agrave; domicile, ach&egrave;tent leur p&acirc;te liquide nomm&eacute;e barbotine. Mais, les entreprises sont &eacute;quip&eacute;es d&rsquo;agitateurs pour pr&eacute;parer la barbotine dans leurs ateliers avec l&rsquo;eau de pluie. Le recours &agrave; l&rsquo;eau de robinet se fait en saison s&egrave;che mais ne permet pas d&rsquo;avoir la m&ecirc;me qualit&eacute; de p&acirc;te. Il faut noter que contrairement &agrave; ce qu&rsquo;on peut croire, les ateliers de c&eacute;ramique ne sont pas des gros consommateurs d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>\t\t<strong>Disponibilit&eacute; de la mati&egrave;re<\/strong><br \/>\n\t\tDans les centres de productions ruraux, la mati&egrave;re premi&egrave;re est g&eacute;n&eacute;ralement accessible pour l&rsquo;artisan, celui-ci puise l&rsquo;argile dans des gisements limitrophes soit directement par ses propres moyens ou bien en l&rsquo;achetant chez des exploitants de gisements. Dans les centres urbains, le producteur de la c&eacute;ramique ach&egrave;te la mati&egrave;re premi&egrave;re chez les fournisseurs locaux ou &eacute;trangers. Les mati&egrave;res premi&egrave;res locales ou import&eacute;es b&eacute;n&eacute;ficient de certains avantages d&rsquo;ordres fiscaux et douaniers . Il s&rsquo;agit d&rsquo;exon&eacute;ration des droits de douanes et de r&eacute;duction du taux de la TVA &agrave; 6 % (le taux normal &eacute;tant de 18 %) pour les articles et mati&egrave;res premi&egrave;res import&eacute;es, ainsi que la r&eacute;duction du taux de la TVA &agrave; 6% pour les produits et mati&egrave;res premi&egrave;res fabriqu&eacute;s localement et n&eacute;cessaires pour les activit&eacute;s de la c&eacute;ramiques au m&ecirc;me titre que les autres activit&eacute;s d&rsquo;artisanat traditionnel. Les produits et mati&egrave;res premi&egrave;res en question sont essentiellement :<br \/>\n\t\t1. Sur le plan local : articles semi-finis en c&eacute;ramique, poterie et argile<br \/>\n\t\t2.Mati&egrave;res premi&egrave;res import&eacute;es b&eacute;n&eacute;ficiant des avantages fiscaux et douaniers N&deg; de<\/p>\n<p>\n\t\tEX 25.07 Argiles blanches pour la fabrication des c&eacute;ramiques<br \/>\n\t\tEX 3207 Pigments opacifiant pour l&#39;&eacute;maillage des c&eacute;ramiques, du cuivre, des m&eacute;taux ou du verre<br \/>\n\t\tProduit &eacute;mail &agrave; four Lustre liquide et pr&eacute;parations similaires des types utilis&eacute;s pour la c&eacute;ramique, l&#39;&eacute;maillerie ou la verrerie Pour l&rsquo;ann&eacute;e 2008, le montant des importations sous les r&eacute;gimes pr&eacute;f&eacute;rentiels s&rsquo;est &eacute;lev&eacute; &agrave; environ 460 milles dinars dont 163 mille dinars en p&acirc;te blanche. Pour le premier trimestre 2009, les importations en argile blanche ont chiffr&eacute; &agrave; 5,280 mille dinars, alors que les &eacute;maux et les lustrant ont chiffr&eacute; environ 200 mille dinars. C&rsquo;est dire que les activit&eacute;s de la c&eacute;ramique ne d&eacute;pendent pas &eacute;norm&eacute;ment de la mati&egrave;re premi&egrave;re import&eacute;e.<\/p>\n<p>\t\t<strong>Le potier, un artisan vou&eacute;<\/strong><br \/>\n\t\tLa branche c&eacute;ramique traditionnelle en Tunisie, se caract&eacute;rise par la diversit&eacute; des produits et des techniques, la dispersion des activit&eacute;s &agrave; travers tout le territoire m&ecirc;me dans les r&eacute;gions les plus recul&eacute;es et la co-existence d&rsquo;activit&eacute;s structur&eacute;es avec des activit&eacute;s spontan&eacute;ment install&eacute;es. Ces artisans, surtout les potiers ruraux, ma&icirc;trisent tout le processus de production.&nbsp; Certains, comme ceux de la r&eacute;gion de Guellala, travaillent seuls dans des ateliers plus ou moins grands (jusqu&rsquo;&agrave; 200 m&sup2;) et proc&egrave;dent &agrave; toutes les op&eacute;rations de productions d&egrave;s l&rsquo;extraction de la mati&egrave;re premi&egrave;re des carri&egrave;res environnantes jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ornementation des pi&egrave;ces.<br \/>\n\t\tDiverses sources d&rsquo;informations renseignent globalement sur les activit&eacute;s artisanales en g&eacute;n&eacute;ral. Un recoupement des donn&eacute;es de ces sources est indispensable afin d&rsquo;&eacute;tablir le nombre d&rsquo;actifs dans le domaine de la c&eacute;ramique. Si, sur l&rsquo;espace des deux derni&egrave;res d&eacute;cennies, l&rsquo;Office National de l&rsquo;Artisanat (ONA) a identifi&eacute; sur ses registres 1909 &laquo;artisans&raquo; entre c&eacute;ramistes d&rsquo;art et potiers traditionnels, en 2007, l&rsquo;&eacute;tude sur les plus importants centres de production de c&eacute;ramique a &eacute;tablit le nombre des c&eacute;ramistes dans ces centres &agrave; 4428 artisans dont 762 en poterie tendre, 792 dans la poterie dure, 864 pour la poterie fine, 600 d&eacute;corateurs et 1410 fabricants de carreaux de fa&iuml;ences. Exon&eacute;ration des droits de douanes et de la TVA Est artisan toute personne exer&ccedil;ant une activit&eacute; essentiellement manuelle et mentionn&eacute;e dans la liste des activit&eacute;s &eacute;tablit par d&eacute;cret Etude engag&eacute;e par l&rsquo;ONA en 2007 &eacute;labor&eacute;e par l&rsquo;Expert en c&eacute;ramique A.Kharraz La r&eacute;gion de Nabeul, avec ses 3000 personnes, exer&ccedil;ant divers m&eacute;tiers en relation avec la c&eacute;ramique, vient largement en t&ecirc;te. Les artisanes &agrave; Sejn&egrave;ne, sont environ au nombre de 500. A Barrama et &agrave; Zouakra on compte une centaine de poti&egrave;res dans chacune de ces deux agglom&eacute;rations. Dans la r&eacute;gion de Moknine, les deux vari&eacute;t&eacute;s de c&eacute;ramique (poterie dure et fine) occupent 428 artisans. Tout ce beau monde travaille dans des entreprises de diff&eacute;rentes tailles allant de la micro-entreprise comptant une seule personne travaillant &agrave; domicile ou dans un petit atelier, aux grandes entreprises employant plus de 50 personnes. Certaines entreprises peuvent employer plus de 100 personnes.<\/p>\n<p>\t\t<strong>L&rsquo;apport des c&eacute;ramistes<\/strong><br \/>\n\t\tLes 4428 potiers et c&eacute;ramistes rep&eacute;r&eacute;s dans les grands centres de production, ne repr&eacute;sentent, en terme de nombre qu&rsquo;environ 1,5 % de l&rsquo;ensemble des artisans estim&eacute;s&nbsp; . Mais en dehors de ces Zones, les activit&eacute;s de la c&eacute;ramique ne sont pas totalement absentes. D&rsquo;abord, A Sfax, cette activit&eacute; commence &agrave; bien se d&eacute;velopper traduisant l&rsquo;effort d&rsquo;investissement soutenu dans la branche. Dans le Grand Tunis et particuli&egrave;rement &agrave; la Manouba et Ben Arous, et &agrave; l&rsquo;Ariana, quelques projets fleurissent. On peut alors arrondir l&rsquo;estimation pour l&rsquo;ensemble des r&eacute;gions du pays &agrave; environ 5000 producteurs sans grand risque. D&rsquo;autre part, et en l&rsquo;an 2000, la strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement de l&rsquo;artisanat en 2016 estime la population des artisans dans les activit&eacute;s du groupe de la pierre et l&rsquo;argile &agrave; environ 23.400 avec une valeur ajout&eacute;e par artisan, au niveau de la production, de l&rsquo;ordre de 4600 dinars, soit une valeur ajout&eacute;e globale d&rsquo;environ 108 millions de dinars. Cette population englobe tous les artisans travaillant la pierre, la mosa&iuml;que, le pl&acirc;tre et la c&eacute;ramique sans aucune r&eacute;partition entre ces activit&eacute;s. Il parait que ces activit&eacute;s ont tendances &agrave; g&eacute;n&eacute;rer une valeur ajout&eacute;e moyenne similaire. Or, on estime que depuis l&rsquo;an 2000, la valeur ajout&eacute;e par t&ecirc;te de cette population a n&eacute;cessairement augmenter suite &agrave; l&rsquo;&eacute;l&eacute;vation g&eacute;n&eacute;rale du coup de la vie en Tunisie. L&rsquo;inflation, bas&eacute;e sur le panier de la m&eacute;nag&egrave;re, se situant officiellement entre 4 et 5 % par an. Les prix des mat&eacute;riaux de construction et du foncier se sont multipli&eacute;s au moins par 2 sur la m&ecirc;me p&eacute;riode. On peut tabler sur une hypoth&egrave;se de 10% l&rsquo;an pour l&rsquo;inflation. Ce qui situe la valeur ajout&eacute;e n&eacute;cessaire pour garder le m&ecirc;me niveau pour cette frange de la population &agrave; 10.800 dinars. La valeur ajout&eacute;e totale pour les 5000 producteurs approcherait alors les 54 millions de dinars.<\/p>\n<p>\t\t<strong>Les potiers : l&rsquo;habilet&eacute; est de mise<\/strong><br \/>\n\t\tL&rsquo;activit&eacute; de la c&eacute;ramique comprend de nombreux sp&eacute;cialistes : le p&eacute;trisseur, le tourneur de poteries fines, le tourneur de poteries grossi&egrave;res, le&nbsp; modeleur de p&acirc;te, le couleur, le finisseur, le graveur, l&rsquo;ajoureur, le peintre potier, le peintre fa&iuml;encier, l&rsquo;&eacute;mailleur, l&rsquo;enfourneur, le cuiseur, et aussi le sp&eacute;cialiste de la fabrication des mod&egrave;les en pl&acirc;tre (le modeleur), des moules (le mouleur), de la pr&eacute;paration de la p&acirc;te et de l&rsquo;&eacute;mail, du calibrage, du pressage, de l&rsquo;emballage. L&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la profession se fait principalement par l&rsquo;apprentissage sur le tas. Il y a bien des centres de formation, les instituts sup&eacute;rieurs des beaux-arts, et actuellement les &eacute;coles des m&eacute;tiers. Les structures les plus indiqu&eacute;es sont principalement le centre sectoriel des arts du feu &agrave; Nabeul et le centre de Sidi Kacem Jelizi &agrave; la capitale qui est d&rsquo;un grand&nbsp; recours &agrave; tous ceux qui veulent apprendre ou se perfectionner dans le m&eacute;tier. En l&rsquo;an 2000, l&rsquo;&eacute;tude strat&eacute;gique pour le d&eacute;veloppement de l&rsquo;artisanat &agrave; l&rsquo;horizon 2016 d&eacute;crit la situation de la formation dans les activit&eacute;s de la pierre, argile, marbre et pl&acirc;tre dans ces termes :<br \/>\n\t\t&laquo; Le patrimoine et le savoir faire tunisien dans ces m&eacute;tiers sont riches. Cependant, son d&eacute;veloppement dans quelques r&eacute;gions c&ocirc;ti&egrave;res est peu respectueux de l&rsquo;&eacute;cologie. Le transfert de ces activit&eacute;s vers l&rsquo;int&eacute;rieur se fait d&rsquo;une mani&egrave;re progressive. L&rsquo;offre de formation ne traduit pas les potentialit&eacute;s &eacute;conomiques et le savoir-faire de cette branche. L&rsquo;offre actuelle de formation est de 427 postes de formation, plus de 70 % de cette offre est r&eacute;alis&eacute;e dans les ateliers des artisans. La cr&eacute;ation du centre des arts de feux &agrave; Nabeul reste insuffisante pour la satisfaction des besoins en formation de cette branche qui pourrait constituer un vecteur de d&eacute;veloppement r&eacute;gional. En outre plusieurs branches ne seront pas concern&eacute;es par ce centre comme la mosa&iuml;que, le calpinage, la taille et la sculpture sur pierre, marbre, et pl&acirc;tre &raquo;. D&rsquo;autre part, la strat&eacute;gie propos&eacute;e confirme que &laquo; la formation est le vecteur cl&eacute; de la r&eacute;ussite de toute strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement au profit de l&rsquo;artisanat &raquo;. Elle a alors &eacute;tablit la Synth&egrave;se de la demande de formation dans le secteur de l&rsquo;artisanat (Les besoins actuels et futurs de formation, Besoins en formateurs \/ tuteurs de l&rsquo;artisanat) et<br \/>\n\t\tA fix&eacute; les principales caract&eacute;ristiques des demandes futures pour les m&eacute;tiers de l&rsquo;artisanat<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La fabrication &eacute;tape par &eacute;tape <\/strong>!<br \/>\n\t\tLa c&eacute;ramique se pr&eacute;sente sous forme de poterie model&eacute;e ou tourn&eacute;e, de c&eacute;ramique verniss&eacute;e ou &eacute;maill&eacute;e, elle est creuse ou plate (carreaux), fonctionnelle ou artistique &hellip;&nbsp; A Sejn&egrave;ne<br \/>\n\t\tLa poterie continue &agrave; &ecirc;tre essentiellement r&eacute;alis&eacute;e par modelage &agrave; la main et par juxtaposition de bandes de p&acirc;te successives et courtes comme s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un tissage ou d&rsquo;une vannerie. La couleur et l&rsquo;aspect brillant des objets fabriqu&eacute;s montrent qu&rsquo;elles ont &eacute;t&eacute; couvertes d&rsquo;un engobe color&eacute; et ont subi un polissage. Cette technique est encore pratiqu&eacute;e de nos jours. Ces pi&egrave;ces font appara&icirc;tre des repr&eacute;sentations humaines qui se manifestent aussi dans la forme des poteries b&eacute;douines. Au niveau de la d&eacute;coration, il y a des similitudes dans les &eacute;l&eacute;ments des motifs et des dessins qui se rencontrent dans le d&eacute;cor r&eacute;gulier engendr&eacute; par les fibres de vannerie. Au niveau de la cuisson, la crudit&eacute; n&rsquo;est jamais compl&egrave;tement supprim&eacute;e et le durcissement n&rsquo;est que superficiel, car, les poteries tendres sont tout simplement grill&eacute;es &agrave; l&rsquo;air libre d&rsquo;o&ugrave; leur manque de solidit&eacute;, celles-ci ne r&eacute;sistent m&ecirc;me pas &agrave; la pression des doigts, et se brisent ais&eacute;ment comme de la craie. La cuisson qu&rsquo;elles subissent, semble juste suffisante pour obtenir une semi-c&eacute;ramique ayant une bonne qualit&eacute; culinaire. En effet, les ustensiles de poterie primitive ont toujours fait preuve d&rsquo;une r&eacute;sistance au cours de leurs usages r&eacute;p&eacute;t&eacute;s sur le feu, en y faisant cuire les aliments bouillis ou m&ecirc;me griller l&rsquo;orge. A Testour Les produits, essentiellement : tuiles, briques et carreaux, sont fabriqu&eacute;s avec la m&ecirc;me argile. Ils suivent une s&eacute;rie d&#39;&eacute;tapes incontournables. Pour cela, l&rsquo;artisan tuilier emploie une technique commode et tr&egrave;s artisanale appel&eacute;e l&rsquo;estampage. Pour la tuile, l&rsquo;artisan mouille d&rsquo;abord le moule en bois, constitu&eacute; d&rsquo;un cadre trap&eacute;zo&iuml;dal, pour emp&ecirc;cher le collage de la p&acirc;te, et il sable pour la m&ecirc;me raison la table de travail. Puis, il proc&egrave;de au remplissage du moule. L&rsquo;argile molle est tass&eacute;e dans le cadre et nivel&eacute;e avec la rase. Apr&egrave;s d&eacute;moulage, la feuille de p&acirc;te obtenue est plac&eacute;e, avec un mouvement tr&egrave;s rapide, sur une bosse tronconique qui donne la forme d&eacute;finitive. La tuile est alors liss&eacute;e &agrave; la main, et l&rsquo;exc&eacute;dent de p&acirc;te est d&eacute;coup&eacute; avec une aiguille. Enfin, avec une habilit&eacute; impressionnante, il prend l&rsquo;ensemble, moule et pi&egrave;ce, et les pose par terre et d&eacute;moule sa tuile qui reste pour s&eacute;cher sur place. Au bout d&rsquo;un certain temps de s&eacute;chage, les tuiles sont remises en tas avec un peu de cendre pour les emp&ecirc;cher de se coller. Elles sont stock&eacute;es jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;il y en ait suffisamment pour entreprendre la cuisson.&nbsp; Les briques et les carreaux, sont estamp&eacute;s de la m&ecirc;me mani&egrave;re qu&rsquo;&agrave; Tozeur. L&rsquo;artisan mouille son moule rectangulaire ou carr&eacute;, et le remplit de p&acirc;te molle. Apr&egrave;s tassement, la brique est obtenue en retirant le cadre qu&rsquo;on replace &agrave; c&ocirc;t&eacute; pour refaire les m&ecirc;mes gestes. Apr&egrave;s moulage les pi&egrave;ces sont mises &agrave; s&eacute;cher par terre pendant un &agrave; deux jours car il faut les d&eacute;barrasser de leur eau de fa&ccedil;onnage. Puis elles sont empil&eacute;es pour &ecirc;tre stock&eacute;es en attendant qu&#39;il y en ait un nombre suffisant pour remplir le four. Les briques et les carreaux sont cuits dans le m&ecirc;me four que les tuiles. La cuisson se fait dans un four archa&iuml;que &agrave; ciel ouvert. Sa zone de combustion est en fosse. La chambre de cuisson a une forme ronde d&rsquo;environ 2 m&egrave;tres de diam&egrave;tre et d&#39;environ 1,5 m&egrave;tres de hauteur. Sa forme ronde est adapt&eacute;e au rangement des tuiles. Les tuiles sont rang&eacute;es sur le champ, les unes contre les autres, en 5 &agrave; 7 rang&eacute;es. Le four peut contenir environ 1500 tuiles. La derni&egrave;re rang&eacute;e est recouverte de briques cuites pour fermer le four. L&rsquo;enfournement se fait par une porte de c&ocirc;t&eacute; qui est mur&eacute;e &agrave; chaque cuisson, et aussi par la partie sup&eacute;rieure par laquelle s&rsquo;&eacute;chapperont les fum&eacute;es. Le four est aliment&eacute; au bois qui est tr&egrave;s abondant dans la r&eacute;gion de Testour. Le temps de cuisson est d&rsquo;environ 16 heures, pour atteindre une temp&eacute;rature de 800 &ndash; 900&deg; C. Apr&egrave;s cuisson, il faut attendre deux ou trois jours avant de d&eacute;fourner. C&#39;est gr&acirc;ce &agrave; la cuisson au feu de bois que l&rsquo;argile prend ses belles couleurs ros&eacute;es, rouges, blanch&acirc;tres, etc. Chaque tuile est unique, elle pr&eacute;sente des reflets de rose, chair, jaune&#8230; Ce qui fait le charme et la beaut&eacute; des toitures, des murs et des sols anciens, c&rsquo;est cette vari&eacute;t&eacute; de teintes qui rend les produits non identiques et tr&egrave;s appr&eacute;ci&eacute;s. A Guellala: Les poteries de Guellala entrent parfaitement dans le cadre de l&rsquo;art populaire. Elles sont issues du savoir faire et de la tradition ancestrale selon la technique combin&eacute;e du tournage et du colombin &laquo; e&rsquo;ttamlis &raquo;. Cette technique consiste &agrave; fa&ccedil;onner entre les deux mains un long boudin d&rsquo;argile &laquo; f&#39;tila &raquo; que l&#39;on dispose ensuite en spirale, chaque spirale forme un anneau, le corps de la jarre est construit par superposition d&#39;une succession d&#39;anneaux qui sont ensuite liss&eacute;s sur le tour &laquo; eljarrara&raquo;. A Nabeul. Le tournage est le proc&eacute;d&eacute; de fa&ccedil;onnage le plus artisanal et le plus commun aux potiers et aux fa&iuml;enciers. Les pi&egrave;ces tourn&eacute;es pr&eacute;sentent des variations l&eacute;g&egrave;res de taille, mais elles ne sont pas consid&eacute;r&eacute;es comme des d&eacute;fauts mais comme la marque d&rsquo;une fabrication manuelle et personnalis&eacute;e. Chaque pi&egrave;ce est donc unique. Environ 40 % de la production fa&iuml;enci&egrave;re est tourn&eacute;e et le reste calibr&eacute;e, estamp&eacute;e &agrave; la presse et coul&eacute;e.&nbsp; Par contre, l&rsquo;activit&eacute; de la poterie de terre cuite est largement orient&eacute;e vers le tournage qui offre la possibilit&eacute; de r&eacute;aliser rapidement un mod&egrave;le nouveau demand&eacute; sans avoir &agrave; r&eacute;aliser un moule ou un calibre. Chaque tourneur p&eacute;trit sa p&acirc;te &agrave; la main sur une solide table r&eacute;alis&eacute;e en ma&ccedil;onnerie, puis la met en forme de gros boudins pr&ecirc;ts &agrave; &ecirc;tre tourn&eacute;s. Les petits articles tourn&eacute;s sont dispos&eacute;s sur des planches pour les exposer, dans un premier temps, au soleil et &agrave; l&rsquo;air libre afin qu&rsquo;ils se raffermissent l&eacute;g&egrave;rement. A ce stade, le tourneur potier proc&egrave;de &agrave; la finition et &agrave; l&rsquo;application sur les pi&egrave;ces, d&rsquo;anses et autres garnitures avec un peu de barbotine en guise de colle, puis intervient le s&eacute;chage &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;atelier dans un endroit sans courant d&rsquo;air. Pour &eacute;viter leur d&eacute;formation, les pi&egrave;ces &agrave; parois droites, comme les pots &agrave; fleurs, doivent s&eacute;cher bouchetonn&eacute;es (bouche contre bouche). Depuis une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es, les tuiles sont fabriqu&eacute;es chez les artisans fa&iuml;enciers par calibrage et surtout par pressage qui sont deux proc&eacute;d&eacute;s beaucoup plus rentables que le tournage. D&rsquo;un point de vue technique, la tuile fabriqu&eacute;e m&eacute;caniquement par les fa&iuml;enciers se caract&eacute;rise par la qualit&eacute; de son fa&ccedil;onnage (p&acirc;te et parois fines, dimensions identiques, poids l&eacute;ger) et de son &eacute;maillage et sa cuisson au four &agrave; gaz (bel aspect et diversit&eacute; des couleurs). Ce degr&eacute; de qualit&eacute; a &eacute;t&eacute; atteint dans tous les ateliers producteurs de fa&iuml;ence. Pour rentabiliser leur activit&eacute; et am&eacute;liorer la qualit&eacute; du produit, certains fa&iuml;enciers ont d&eacute;velopp&eacute; la production en s&eacute;ries. Ils ont introduit la calibreuse, il y a une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es, pour mouler des pi&egrave;ces rondes creuses ou plates comme les assiettes, les bols, les tasses, les tebsis, les tuiles, et, la presse, depuis dix ans, pour presser uniquement les pi&egrave;ces plates l&eacute;g&egrave;rement creuses de forme ronde, ovale ou carr&eacute;e comme les plats, les saladiers, les tuiles. Les potiers de terre cuite sont rest&eacute;s sur leurs proc&eacute;d&eacute;s en continuant de faire tout &agrave; la main et au pied, par souci de d&eacute;pendance. Le fa&ccedil;onnage des pi&egrave;ces de formes compliqu&eacute;es, est fait par coulage manuel dans des moules en pl&acirc;tre. Les produits de fa&iuml;ence se reconnaissent par le rev&ecirc;tement d&rsquo;&eacute;mail opaque dissimulant la couleur naturelle de la p&acirc;te cuite (biscuit). Pour ce type de production le d&eacute;cor est appliqu&eacute; sur l&rsquo;&eacute;mail cru, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;appellation &laquo; d&eacute;cor sur &eacute;mail &raquo;. Mais lorsque la fa&iuml;ence est produite avec une p&acirc;te blanche, le d&eacute;cor est appliqu&eacute; dans ce cas, directement sur le biscuit, puis il sera couvert d&rsquo;un &eacute;mail transparent, d&rsquo;o&ugrave; le nom &laquo; d&eacute;cor sous &eacute;mail &raquo;. En ce qui concerne la cuisson et la ma&icirc;trise de l&rsquo;&eacute;nergie depuis plusieurs ann&eacute;es les fa&iuml;enciers nabeuliens cuisent leurs produits dans des fours &eacute;lectriques et utilisent de plus en plus des fours &agrave; gaz isol&eacute;s par des fibres c&eacute;ramiques plus &eacute;conomiques. La cuisson dure 6 &agrave; 8 heures selon les articles. Les potiers fabricants d&rsquo;articles en terre cuite, emploient toujours leurs fours traditionnels, chauff&eacute;s au feu de bois d&rsquo;olivier, aux grignons d&rsquo;olives et parfois au caoutchouc. Les d&eacute;cors totalement r&eacute;alis&eacute;s &agrave; la main, sont tr&egrave;s vari&eacute;s et comprennent &agrave; c&ocirc;t&eacute; des motifs traditionnels constitu&eacute;s d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments v&eacute;g&eacute;taux stylis&eacute;s, des motifs figuratifs de branches d&rsquo;olives appliqu&eacute;es sur fond jaune inspir&eacute;s des d&eacute;cors proven&ccedil;aux (France) et siciliens (Italie).&nbsp; Dans les ann&eacute;es 90, les tendances marocaines ont &eacute;merg&eacute; par l&rsquo;imitation de certains d&eacute;cors typiques du Maroc. Ils sont r&eacute;alis&eacute;s d&rsquo;une mani&egrave;re telle que m&ecirc;me les connaisseurs s&rsquo;y trompent sur la vraie origine des pi&egrave;ces. Mais il faut noter que la fa&iuml;ence nabeulienne est d&rsquo;un bel aspect, fine et l&eacute;g&egrave;re, ceci suite au fa&ccedil;onnage &agrave; l&rsquo;aide de machines, de l&rsquo;emploi d&rsquo;&eacute;maux pr&eacute;par&eacute;s par des entreprises sp&eacute;cialis&eacute;es et de la cuisson effectu&eacute;e dans des fours modernes &eacute;lectriques ou &agrave; gaz. Certains fa&iuml;enciers se sont orient&eacute;s vers la reproduction d&rsquo;une gamme de fa&iuml;ences anciennes datant des ann&eacute;es 1950, s&rsquo;approchant au plus pr&egrave;s des originaux. Ils ont r&eacute;ussi &agrave; retrouver l&rsquo;aspect d&rsquo;origine en respectant, autant que possible, les techniques de fabrication utilis&eacute;es autrefois. Les produits de ce type de fa&iuml;ence, sont tr&egrave;s sollicit&eacute;s par les collectionneurs et se vendent tr&egrave;s bien en Europe et au Canada.<\/p>\n<p>\t\t<strong>La main, l&rsquo;outil et la machine !<\/strong><br \/>\n\t\tDans la fabrication de la c&eacute;ramique traditionnelle la main reste le principal outil de modelage, fa&ccedil;onnage et surtout pour la finition des pi&egrave;ce et leur d&eacute;coration. Pour la poterie rurale, se sont les doigts des artisans et surtout des artisanes tel qu&rsquo;&agrave; Sejn&egrave;ne, qui donnent la forme &agrave; l&rsquo;objet et proc&egrave;dent &agrave; son embellissement par l&rsquo;apposition de symboles et de couleurs. L&rsquo;outil, m&ecirc;me rudimentaire, reste g&eacute;n&eacute;ralement absent ou tr&egrave;s peu utilis&eacute; dans ces contr&eacute;s. De m&ecirc;me, dans les fabriques les plus modernes, l&rsquo;intervention de la main dans le processus de fabrication est incontournable surtout dans les &eacute;tapes finales. Oui, quelques outils sont indispensables, il s&rsquo;agit essentiellement de moules, et autres accessoires pour le fa&ccedil;onnage des pi&egrave;ces pour la production en petites s&eacute;ries. Les ateliers de c&eacute;ramique en Tunisie regorgent alors de personnel, g&eacute;n&eacute;ralement bien qualifi&eacute;, pour d&eacute;poser l&rsquo;empreinte de la main dans chaque pi&egrave;ce &laquo; touche main final &raquo;. C&rsquo;est ce qui caract&eacute;rise le produit d&ucirc; au fait artisanal traditionnel en Tunisie.<br \/>\n\t\tMat&eacute;riel commun&eacute;ment utilis&eacute;<br \/>\n\t\tLe mat&eacute;riel utilis&eacute; varie en fonction des techniques adopt&eacute;es, selon qu&rsquo;il s&rsquo;agit de modelage, de tournage, de moulage, etc&#8230; ; on distingue ainsi :<br \/>\n\t\t&#8211; Les outils de base tels que :<br \/>\n\t\t*la tournette pouvant servir au fa&ccedil;onnage de n&rsquo;importe qu&rsquo;elle pi&egrave;ce, indispensable pour lesformes sym&eacute;triques, elle se compose d&rsquo;un pied tr&egrave;s pesant dans lequel est fix&eacute; un axe rotatif surmont&eacute; d&rsquo;un plateau circulaire en acier que l&rsquo;on entra&icirc;ne &agrave; la main<br \/>\n\t\t* les &eacute;bauchoirs essentiels pour le modelage, ils servent &agrave; unir plusieurs &eacute;l&eacute;ments, les lisser, polir ou texturer),<br \/>\n\t\t* les rouleaux servant &agrave; &eacute;tendre et aplanir les plaques ou bandes de terre&nbsp;<br \/>\n\t\t* les cro&ucirc;teuses, outils manuel ou &eacute;lectrique munis de deux rouleaux, l&rsquo;un fixe et l&rsquo;autre r&eacute;glable en hauteur, entre lesquels on fait passer l&rsquo;argile pour l&rsquo;obtention d&rsquo;une plaque d&rsquo;une &eacute;paisseur d&eacute;termin&eacute;e,<br \/>\n\t\t* les mirettes servant &agrave; creuser les pi&egrave;ces model&eacute;es dans la masse ou &eacute;galiser et lisser les parois des pi&egrave;ces,<br \/>\n\t\t* les couteaux du potier permettant de couper et d&rsquo;ajourer les objets r&eacute;alis&eacute;s,<br \/>\n\t\t* les &eacute;ponges utilis&eacute;es pour humidifier les objets lorsqu&rsquo;ils perdent une grande quantit&eacute; d&rsquo;eau&nbsp;<br \/>\n\t\t* les toiles utilis&eacute;es pour &eacute;viter que l&rsquo;argile ne colle au plan de travail, le fil pour d&eacute;tacher les pi&egrave;ces du rouleau et le cuiller utilis&eacute; pour &eacute;vider les pi&egrave;ces,<br \/>\n\t\t* l&rsquo;&eacute;couvillon et demi-cuiller pour travailler l&rsquo;int&eacute;rieur de pi&egrave;ces &agrave; col &eacute;troit.<br \/>\n\t\t&#8211; les outils de pr&eacute;paration des &eacute;maux : cuvettes, bassines, batteur &eacute;lectrique, tamis, r&eacute;cipients avec couvercles,<br \/>\n\t\t&#8211; les accessoires d&rsquo;enfournements : ce sont des pi&egrave;ces de diff&eacute;rentes formes con&ccedil;ues &agrave; base de terre r&eacute;fractaire, les pi&egrave;ces cylindriques jouant le r&ocirc;le de piliers pour tenir les plaques d&rsquo;enfournement, quant aux pi&egrave;ces en forme d&rsquo;&eacute;toiles elles servent &agrave; s&eacute;parer les pi&egrave;ces &eacute;maill&eacute;es les unes des autres.<br \/>\n\t\t&#8211; les outils pour la coloration et la d&eacute;coration : ceux-ci varient selon la technique d&eacute;corative utilis&eacute;e : les pinceaux de tailles et de formes diff&eacute;rentes, on utilise aussi des outils de petites molettes en argile biscuit&eacute;e ou d&rsquo;autres &eacute;l&eacute;ments donnant des textures : nappe en crochet, motif en m&eacute;tal, pour l&rsquo;&eacute;maillage des surfaces uniformes on utilise le pistolet qui permet aussi d&rsquo;&eacute;tendre le vernis transparent dans la phase finale de travail.<br \/>\n\t\t&#8211; les &eacute;quipements caract&eacute;ristiques de l&lsquo;activit&eacute; de la poterie &agrave; savoir le tour du potier qui peut &ecirc;tre soit traditionnel actionn&eacute; avec les jambes, soit &eacute;lectrique et les fours de cuisson qui peuvent &ecirc;tre selon la nature de l&rsquo;entreprise soit archa&iuml;ques &agrave; ciel ouvert soit traditionnels soit &eacute;lectriques (fours armoire), on utilise de plus en plus des fours &agrave; gaz pour des raisons d&rsquo;&eacute;conomie d&rsquo;&eacute;nergie.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Profil type d&rsquo;un atelier de fabrication<\/strong><br \/>\n\t\t3 projets ont &eacute;t&eacute; choisis parmi les intentions de 2007, d&rsquo;un co&ucirc;t d&rsquo;investissement moyen avoisinant les 350.000 dinars (environ 195.000 Euros soit 1Euro = 1.8 DT).<br \/>\n\t\tEmploi<br \/>\n\t\tCadre nombre moyen 1,3<br \/>\n\t\tAutres employ&eacute;s 17<br \/>\n\t\tEquipements de base<br \/>\n\t\t&bull;&nbsp;Four &agrave; gaz avec chariots et accessoires : 2 &agrave; 3<br \/>\n\t\t&bull;&nbsp;Tour : 3<br \/>\n\t\t&bull;&nbsp;Presse hydraulique : 3 &agrave; 4<br \/>\n\t\t&bull;&nbsp;Broyeur : 2 &agrave; 4<br \/>\n\t\t&bull;&nbsp;Boudineuse d&eacute;gazeuse : 1 &agrave; 2<br \/>\n\t\t&bull;&nbsp;Filtre presse : 3<br \/>\n\t\t&bull;&nbsp;Accessoires<br \/>\n\t\tLes &eacute;quipements utilis&eacute;s dans le secteur de l&rsquo;artisanat b&eacute;n&eacute;ficient des avantages pr&eacute;vus par la r&eacute;glementation en vigueur r&eacute;gie essentiellement par la loi 93-120 du 27 d&eacute;cembre 1993 relative &agrave; la promulgation du code des investissements en Tunisie. Plusieurs autres textes accordent certains avantages sp&eacute;cifiques au secteur ayant pour finalit&eacute; d&rsquo;impulser la d&eacute;cision d&rsquo;investir dans les activit&eacute;s d&rsquo;artisanat traditionnel. La r&eacute;glementation stipule essentiellement l&rsquo;exon&eacute;ration des droits de douanes et l&rsquo;application de taux am&eacute;nag&eacute;s de TVA pour l&rsquo;importation ou l&rsquo;acquisition de mat&eacute;riel n&eacute;cessaire aux besoins des&nbsp; artisans et entreprises artisanales. Des listes d&rsquo;&eacute;quipement sont d&ucirc;ment arr&ecirc;t&eacute;es, mais la tendance est &agrave; l&rsquo;&eacute;largissement des avantages &agrave; l&rsquo;ensemble des &eacute;quipements vu la complexit&eacute; de la r&eacute;alit&eacute; li&eacute;e &agrave; la mondialisation o&ugrave; l&rsquo;entreprise artisanale devrait de plus en plus r&eacute;pondre aux exigences multiples d&rsquo;une client&egrave;le de diff&eacute;rents horizons. 14 D&eacute;cret n&deg; 94-491 du 28 f&eacute;vrier 1994, Jort N&deg; 21 du 18 mars 1994.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La qualit&eacute;, un objectif national<\/strong><br \/>\n\t\tLa qualit&eacute; constitue de nos jours un &eacute;l&eacute;ment essentiel de la vie de l&rsquo;entreprise artisanale. La stabilit&eacute;<br \/>\n\t\tet la p&eacute;rennit&eacute; de l&rsquo;entreprise sont d&eacute;sormais tributaires de l&rsquo;instauration d&rsquo;un syst&egrave;me qualit&eacute;. Pour atteindre cet objectif, l&rsquo;entreprise doit r&eacute;ussir &agrave; adapter une exploitation optimale de ses ressources humaines et mat&eacute;rielles et s&rsquo;assurer que toutes les &eacute;tapes de la production ont &eacute;t&eacute; ex&eacute;cut&eacute;es selon les crit&egrave;res et les normes en vigueur afin de donner satisfaction au client, garder sa confiance et le fid&eacute;liser. Cela se traduit par l&rsquo;am&eacute;lioration de sa comp&eacute;titivit&eacute; et d&rsquo;oeuvrer pour une meilleure position sur le march&eacute;. L&rsquo;Etat Tunisien n&rsquo;a cess&eacute; de promouvoir l&rsquo;approche qualit&eacute; dans l&rsquo;administration et encourage les priv&eacute;s &agrave; s&rsquo;inscrire dans cette approche. On a parl&eacute; alors des cercles de qualit&eacute;, de la qualit&eacute; totale et actuellement du programme national pour la qualit&eacute;. Ainsi, dans cette optique et dans le cadre de la strat&eacute;gie visant &agrave; renforcer la capacit&eacute; du secteur de l&rsquo;artisanat &agrave; promouvoir les entreprises et les soutenir pour gagner le pari de l&rsquo;exportation, l&rsquo;Office National de l&rsquo;Artisanat est sur la voie de mettre en place un syst&egrave;me national de qualit&eacute; pour l&rsquo;artisanat appel&eacute; &laquo; syst&egrave;me Itqane&raquo;. Ce syst&egrave;me devrait participer &agrave; adapter le secteur de l&rsquo;artisanat aux mutations r&eacute;gionales et mondiales en mati&egrave;re de normalisation, de propri&eacute;t&eacute;s industrielle et de certification. Il vise essentiellement &agrave; :<br \/>\n\t\t&#8211; Instituer des normes et des r&eacute;glementations techniques pour l&rsquo;&eacute;laboration de produits s&ucirc;rs, fiables, efficaces et pr&eacute;servant au mieux l&rsquo;environnement;<br \/>\n\t\t&#8211; Offrir un cadre de r&eacute;f&eacute;rence et un lexique scientifique commun aux fournisseurs et aux artisans afin d&rsquo;unifier les concepts et de favoriser l&rsquo;&eacute;change d&rsquo;information;<br \/>\n\t\t&#8211; Optimiser l&rsquo;exploitation des ressources humaines et mat&eacute;rielles pour &eacute;viter le gaspillage;<br \/>\n\t\t&#8211; Renforcer l&rsquo;application des normes et am&eacute;liorer la qualit&eacute; des produits de l&rsquo;artisanat en vue de leurs permettre d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; de nouveaux march&eacute;s mondiaux.<br \/>\n\t\t&#8211; Veiller &agrave; l&rsquo;application des normes en vue de cr&eacute;er des conditions favorables &agrave; une concurrence saine ;<br \/>\n\t\t&#8211; Donner aux entreprises artisanales la possibilit&eacute; d&rsquo;acc&eacute;der au march&eacute; sur un m&ecirc;me pied d&rsquo;&eacute;galit&eacute; avec ses rivales &eacute;trang&egrave;re et de faire face &agrave; la concurrence.<br \/>\n\t\tCe syst&egrave;me repose principalement sur les axes ci-apr&egrave;s :<br \/>\n\t\tLes normes techniques : il s&rsquo;agit d&rsquo;engager les proc&eacute;dures n&eacute;cessaires &agrave; l&rsquo;&eacute;laboration des normes techniques des mati&egrave;res premi&egrave;res, des proc&eacute;d&eacute;s de fabrication et des produits finis ;<br \/>\n\t\tElaboration des guides de qualit&eacute; qui serviront &agrave; garantir la qualit&eacute; des produits par une meilleure information des artisans sur les techniques de production, les mati&egrave;res premi&egrave;res utilis&eacute;es et les normes.<br \/>\n\t\tLa propri&eacute;t&eacute; industrielle :<br \/>\n\t\t15<br \/>\n\t\tItquane : mot arabe qui peut &ecirc;tre traduit par &laquo; travail bien fait &raquo;<br \/>\n\t\t&#8211; Protection des plans et mod&egrave;les en vue de prot&eacute;ger les int&eacute;r&ecirc;ts des artisans dans ce domaine. Des actions visant &agrave; r&eacute;duire de 70 % les redevances aff&eacute;rentes aux formalit&eacute;s de d&eacute;p&ocirc;t des plan et mod&egrave;les au profit des artisans, ont &eacute;t&eacute; entreprises. Ainsi conform&eacute;ment aux dispositions du d&eacute;cret n&deg; : 2009-437 du 16 f&eacute;vrier 2009 compl&eacute;tant le d&eacute;cret n&deg; : 2001-1985 du 27 ao&ucirc;t 2001 fixant les montants des redevances aff&eacute;rentes aux dessins et mod&egrave;les industriels, les artisans et les entreprises artisanales payent 30 % du montant pr&eacute;vus pour la protection de leurs plans et mod&egrave;les. Cet avantage vise &agrave; inciter les artisans &agrave; d&eacute;poser leurs cr&eacute;ations et mod&egrave;les afin de les prot&eacute;ger contre tout usage ill&eacute;gal.<br \/>\n\t\t&#8211; Protection des produits de l&rsquo;artisanat par des marques de fabrique : des r&eacute;ductions de 70 % sur les redevances de d&eacute;p&ocirc;t de marque de fabrique ont &eacute;t&eacute; consenties aux artisans et entreprises artisanales et ce en application des dispositions du d&eacute;cret n&deg; : 98-2133 du 2 novembre 1981 fixant les montants des redevances per&ccedil;u au titre de la propri&eacute;t&eacute; industrielle et du d&eacute;cret n&deg; : 2001-1934 du 14 ao&ucirc;t 2001 fixant les montants des redevances relatives aux marques de fabrique, de commerce et de services. &#8211; Protection des indications g&eacute;ographiques : celles-ci sont d&rsquo;une importance capitale en mati&egrave;re d&rsquo;artisanat. Elles constituent un outil pr&eacute;cieux de valorisation de la qualit&eacute; des produits. Dans ce cadre, et suite &agrave; la parution de la loi n&deg; : 2007-68 du 27<br \/>\n\t\td&eacute;cembre 2007 relative aux appellations d&rsquo;origine, aux indications g&eacute;ographiques et aux indications de provenances des produits artisanaux, des projets de cahiers des charges ont &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute;s en vue de cr&eacute;er des appellations d&rsquo;origine pour la &laquo; poterie de Sejnane &raquo; et des indications g&eacute;ographiques pour le bois d&rsquo;olivier. Contr&ocirc;le de la qualit&eacute; : Pour assurer un meilleur niveau de qualit&eacute; pour les produits de l&rsquo;artisanat, un effort consid&eacute;rable est d&eacute;ploy&eacute; par les d&eacute;partements concern&eacute;es de l&rsquo;ONA afin de mettre &agrave; la disposition des contr&ocirc;leurs de la qualit&eacute; des guides et manuels afin d&rsquo;unifier les m&eacute;thodes et proc&eacute;dures de contr&ocirc;le.<br \/>\n\t\tPar ailleurs des projets de normes et de textes r&eacute;glementaires ont &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute;s pour d&eacute;finir la qualit&eacute; des mati&egrave;res premi&egrave;res, des intrants et des &eacute;quipements. Parall&egrave;lement un vaste programme d&rsquo;action de contr&ocirc;le et d&rsquo;estampillage des produits a &eacute;t&eacute; entrepris.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>D&eacute;veloppement durable :pour un environnement saint<\/strong><br \/>\n\t\tEn g&eacute;n&eacute;ral, les activit&eacute;s dans le secteur de l&rsquo;artisanat ne sont pas d&eacute;gradantes pour l&rsquo;environnement surtout s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un artisanat du terroir telle la poterie rurale. C&rsquo;est plut&ocirc;t le contraire, les mati&egrave;res premi&egrave;res utilis&eacute;es sont prises directement de la nature. C&rsquo;est le cas des fibres v&eacute;g&eacute;tales, de la laine, des chutes de bois divers, des produits de r&eacute;cup&eacute;ration et principalement l&rsquo;argile. Cependant, l&rsquo;usage de quelques additifs dans certaines activit&eacute;s artisanales peut avoir des effets n&eacute;gatifs sur l&rsquo;environnement tels les colorants, les vernis et les &eacute;maux &agrave; base de produits polluants. Dans notre cas, la d&eacute;gradation de l&rsquo;environnement peut provenir de la surexploitation des d&eacute;chets des forets ou l&rsquo;usage de combustibles non appropri&eacute;s pour la cuisson des objets en c&eacute;ramique. Des initiatives visant la sauvegarde de l&rsquo;environnement sont entreprises dans plusieurs directions :<br \/>\n\t\t&#8211; la sensibilisation des agents acteurs &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de mieux composer avec la nature pour pouvoir perp&eacute;tuer leurs affaires.<br \/>\n\t\t&#8211; l&rsquo;initiation de projets pour l&rsquo;usage des &eacute;nergies propres tel est le cas dans les r&eacute;gions de Nabeul et Moknine o&ugrave; on &eacute;tudie la possibilit&eacute; d&rsquo;aider les artisans potiers &agrave; l&rsquo;usage du gaz naturel au lieu des combustibles multiples chers et polluants. Les potiers peuvent &ecirc;tre &eacute;galement encourager &agrave; user proprement des combustibles disponibles (bois de taille d&rsquo;olivier, d&eacute;chets de grignons des olives) en les aidant &agrave; construire des chemin&eacute;es de plus de 7 metres de hauteur ou bien de s&rsquo;&eacute;quiper de br&ucirc;leurs &agrave; grignons d&rsquo;olives qui permettent de r&eacute;aliser une combustion compl&egrave;te (sans fum&eacute;e). Ce type de br&ucirc;leurs se fabrique en Espagne.<br \/>\n\t\t&#8211; L&rsquo;&eacute;tude des possibilit&eacute;s offertes par l&rsquo;usage de colorants et &eacute;maux naturels. L&rsquo;ONA a engag&eacute; une s&eacute;rie de recherches dans le cadre de projets de fin d&rsquo;&eacute;tude, encadr&eacute;es par un expert sp&eacute;cialis&eacute; afin de prospecter un peu le potentiel existant. La d&eacute;marche s&rsquo;inscrit, bien s&ucirc;r, dans le cadre de l&rsquo;approche tunisienne pour la sauvegarde de l&rsquo;environnement<br \/>\n\t\t.<br \/>\n\t\t<strong>Le march&eacute;:<\/strong><br \/>\n\t\tla ru&eacute;e vers l&rsquo;internationale<br \/>\n\t\tLes activit&eacute;s de la c&eacute;ramique traditionnelle en Tunisie se caract&eacute;risent par leur diversit&eacute;, de r&eacute;gion &agrave; autre, un type particulier de c&eacute;ramique surgit. La poterie rurale (berb&egrave;re) &agrave; Sejn&egrave;ne et Barrama au Nord du pays, la c&eacute;ramique verniss&eacute;e ou &eacute;maill&eacute; &agrave; Nabeul au Cap-Bon ou &agrave; Moknine au centre du pays et poterie tourn&eacute;e de terre cuite &agrave; Djerba au Sud. On rencontre aussi des potiers et c&eacute;ramistes dans plusieurs autres r&eacute;gions telles que Tunis, Mahdia, Medenine, Zaghouan, Sidi Bouzid&hellip; On distingue plusieurs march&eacute;s selon la client&egrave;le cible. Le march&eacute; local, le national, l&rsquo;international et le march&eacute; touristique. Chaque march&eacute; &agrave; sa propre logique et l&rsquo;administration et en l&rsquo;occurrence l&rsquo;ONA cherche d&eacute;velopper l&rsquo;ensemble de ces march&eacute;s vue le potentiel latent. Sur le plan local, c&rsquo;est par l&rsquo;encouragement des artisans et des entreprises artisanales &agrave; la participation aux diff&eacute;rentes manifestations organis&eacute;es par l&rsquo;ONA ou par d&rsquo;autres parties, et qui sont en relation avec l&rsquo;artisanat ou ont une port&eacute;e culturelle, qu&rsquo;on motive, en premier lieux, ces artisans et entreprises &agrave; promouvoir leurs produits. Dans ce cadre on peut citer les deux manifestations sp&eacute;cifiques : la Foire de la poterie de Gallala et la Foire de Nabeul o&ugrave; la c&eacute;ramique est le produit phare. D&rsquo;autres foires sont organis&eacute;es &agrave; Tataouine (mois de mars), Tozeur (mois d&rsquo;ao&ucirc;t), Douze (mois d&rsquo;ao&ucirc;t), Denden (mois de d&eacute;cembre), Kairouan (mois de mars), Zaghouan (mois de mai), Kef (mois de f&eacute;vrier) et &agrave; Tabarka (mois d&rsquo;ao&ucirc;t). Des expositions sont tenues lors de diverses manifestations culturelles, touristiques ou lors de grandes conf&eacute;rences nationales ou internationales. Ensuite, et dans le cadre de la strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement de l&rsquo;artisanat &agrave; l&rsquo;horizon 2016, le projet de cr&eacute;ation de cit&eacute;s artisanales afin de rassembler les artisans et faciliter l&rsquo;approvisionnement et la commercialisation des produits a atteint sa vitesse de croisi&egrave;re. Le processus a &eacute;t&eacute; d&eacute;clanch&eacute; par la cr&eacute;ation de telles cit&eacute;es dans le cadre de programmes nationaux de d&eacute;veloppement en l&rsquo;occurrence le programme 21.21 et PDUI, l&rsquo;ONA est en train de mettre en place une cha&icirc;ne &agrave; travers la cr&eacute;ation d&rsquo;un ensemble de cit&eacute;s artisanales. Outre la cit&eacute; pilote de Den.Den cr&eacute;e depuis 2005, l&rsquo;ONA a particip&eacute; activement &agrave; la cr&eacute;ation de la cit&eacute; artisanale du Kef (ville se situant &agrave; 170 km au nord de la capitale). D&rsquo;autres cit&eacute;s, dont la cr&eacute;ation est appuy&eacute;e par des d&eacute;cisions pr&eacute;sidentielles commencent &agrave; voir le jour &agrave; Gafsa (au moins 4 unit&eacute;s), Kairouan, et autres villes. L&rsquo;autre d&eacute;marche pour consolider la pr&eacute;sence du produit de l&rsquo;artisanat tant sur le march&eacute; local et international consiste &agrave; encourager les promoteurs &agrave; cr&eacute;er des groupements (consortiums) 17<br \/>\n\t\t&nbsp;D&rsquo;approvisionnement et commercialisation des produits de l&rsquo;artisanat. Tels groupes, autoris&eacute;s par la loi 2005-15 du 16 f&eacute;vrier 2005, commencent &agrave; jouer un r&ocirc;le assez significatif, surtout dans certaines r&eacute;gions, dans la dynamisation de quelques activit&eacute;s. Sur le plan international, les programmes visent &agrave; &eacute;tudier certains march&eacute;s jug&eacute;s porteurs pour l&rsquo;artisanat tunisien tel que le march&eacute; allemand, am&eacute;ricain et des pays du golf. Actuellement, l&rsquo;ONA continu &agrave; accompagner quelques artisans et entreprises artisanales dans la participation &agrave; des manifestations internationales. En outre, les entreprises artisanales, &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de leurs homologues du secteur de l&rsquo;industrie, b&eacute;n&eacute;ficient des avantages et des encouragements des programmes visant la promotion des exportations tels le FOPRODEX et FAMEX. Ces programmes aident les entreprises dans leur d&eacute;marche &agrave; l&rsquo;exportation soit pour une op&eacute;ration ponctuelle ou bien dans le cadre d&rsquo;un v&eacute;ritable programme sp&eacute;cifique pour l&rsquo;acc&egrave;s aux march&eacute;s ext&eacute;rieurs. Un guide des entreprises artisanales exportatrices a &eacute;t&eacute; &eacute;dit&eacute; par le CEPEX o&ugrave; figurent 385 entreprises dont 53 en poterie et autres produits de c&eacute;ramique. L&rsquo;exportation est &eacute;lev&eacute;e au niveau du devoir national d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;engouement de tout ou chacun &agrave; multiplier les efforts pour la concr&eacute;tisation de cette orientation. Le portail de l&rsquo;artisanat initi&eacute; par L&rsquo;ONA est actuellement en cours d&rsquo;actualisation. Ce site se veux un site vitrine de l&rsquo;artisanat tunisien, utile aux diff&eacute;rents op&eacute;rateurs dans le secteur et peut apporter des informations sens&eacute;es aider les d&eacute;cideurs &agrave; la d&eacute;cision quand aux strat&eacute;gies et aux actions &agrave; mener &agrave; m&ecirc;me de favoriser le d&eacute;veloppement du secteur et des activit&eacute;s artisanales dont celles en rapport avec le commerce.<br \/>\n\t\tSur le site &laquo; les pages jaunes &raquo; on d&eacute;nombre 532 entreprises artisanales r&eacute;parties en 13 groupes d&rsquo;activit&eacute;s diff&eacute;rentes. Sur ces 532 entreprises, 46 concernent les produits de la c&eacute;ramique d&rsquo;Art et 49 la poterie soit 95 entreprises sp&eacute;cialis&eacute;es dans les produits de poterie et c&eacute;ramique, ce qui repr&eacute;sente 14 % des sites de commercialisation des produits de l&rsquo;artisanat. D&rsquo;autres sites Internet, initi&eacute;s par des structures administratives ou par des associations ou organisations non gouvernementales contiennent des adresses d&rsquo;entreprises artisanales ou des artisans ind&eacute;pendants pour les aider &agrave; mieux promouvoir leurs produits et d&eacute;velopper leur vente. Tel est l&rsquo;exemple du site marchand souk-artisanes.org.tn qui est l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un projet national lanc&eacute; en 2005 par le minist&egrave;re des affaires de la femme, de la famille, de l&rsquo;enfance et des personnes &acirc;g&eacute;es, dont la gestion a &eacute;t&eacute; confi&eacute;e &agrave; l&rsquo; &laquo; association de solidarit&eacute; internationale &raquo;. Il est le fruit de la politique avant-gardiste tunisienne &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la femme dont le principe fondamental est de n&rsquo;exclure aucune cat&eacute;gorie sociale, et ce dans un contexte socio-&eacute;conomique pr&ocirc;nant la solidarit&eacute; sous toutes ses formes. Le site a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; en collaboration avec des partenaires gouvernementaux, notamment le Minist&egrave;re du Commerce et de l&rsquo;Artisanat et le Minist&egrave;re des Technologies de la Communication, ainsi qu&#39;avec des repr&eacute;sentants de la soci&eacute;t&eacute; civile. Dans un esprit de solidarit&eacute;, allant de pair avec sa vocation et ses objectifs, l&rsquo;Association de Solidarit&eacute; Internationale (ASI) assurera la gestion du site et prendra en charge la collecte, le stockage et la vente &eacute;lectronique des produits des artisanes. C&eacute;ramique bleu et brun sur fonds jaune Faute d&rsquo;une nomenclature clairement &eacute;tablie pour les produits de l&rsquo;artisanat en g&eacute;n&eacute;ral et de la c&eacute;ramique en particulier, l&rsquo;ONA en collaboration avec les structures concern&eacute;es suit les exportations dans le secteur &agrave; travers les publications disponibles en l&rsquo;occurrence celles de l&rsquo;INS, la consultation de diff&eacute;rentes bases de donn&eacute;es &agrave; l&rsquo;INS ou &agrave; la Direction g&eacute;n&eacute;rale du commerce ext&eacute;rieur au minist&egrave;re du commerce et de l&rsquo;artisanat ou &agrave; la CEPEX. La d&eacute;marche permet d&rsquo;&eacute;tablir une liste de produits selon la nomenclature en vigueur ainsi que les quantit&eacute;s et les valeurs des op&eacute;rations d&rsquo;exportation les concernant. Parfois on arrive &agrave; compl&eacute;ter les donn&eacute;es par la liste des pays de destination et celle des op&eacute;rateurs. Quant aux exportations dites indirectes (achats par des touristes lors de leur s&eacute;jour en Tunisie) on les estime en multipliant le nombre des entr&eacute;es annuelles par un montant moyen d&eacute;gag&eacute; &agrave; partir d&rsquo;une &eacute;tude (enqu&ecirc;te) aupr&egrave;s d&rsquo;un &eacute;chantillon de touriste, initi&eacute;e par le Minist&egrave;re de Tourisme et tient compte des acquisitions des touristes en produits d&rsquo;artisanat.<\/p>\n<p>\t\tL&rsquo;avenir des activit&eacute;s de la c&eacute;ramique<br \/>\n\t\tLa strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement de l&rsquo;artisanat &agrave; l&rsquo;horizon 2016, les plans de d&eacute;veloppement quinquennaux et les plans d&rsquo;actions initi&eacute;s par l&rsquo;office de l&rsquo;artisanat concordent sur l&rsquo;avenir prosp&egrave;re de l&rsquo;artisanat en Tunisie et notamment les activit&eacute;s jug&eacute;es prioritaires, puisque porteuses. Parmi les activit&eacute;s retenues dans ce cadre la production de la c&eacute;ramique tous genres confondus malgr&eacute; les quelques difficult&eacute;s que rencontre cette branche. Ces activit&eacute;s font actuellement l&rsquo;objet de d&eacute;marches pour leur d&eacute;veloppement &agrave; travers plusieurs interventions suite &agrave; des m&eacute;thodologies et plans d&rsquo;actions &eacute;tablis notamment dans le cadre du programme pour renforcement des capacit&eacute;s institutionnelles de l&rsquo;office national de l&rsquo;artisanat pour la promotion du secteur de l&rsquo;artisanat (P3A). Ces interventions concernent essentiellement :&nbsp;<br \/>\n\t\t&#8211; l&rsquo;instauration d&rsquo;une d&eacute;marche qualit&eacute; aupr&egrave;s des entreprises concern&eacute;es,<br \/>\n\t\t&#8211; des actions promotionnelles cibl&eacute;es,<br \/>\n\t\t&#8211; des op&eacute;rations d&rsquo;encadrement technique pour l&rsquo;innovation et la cr&eacute;ation,<br \/>\n\t\t&#8211; l&rsquo;&eacute;dition de guides et manuels pour ces m&eacute;tiers et pour les artisans et entreprises artisanales les plus en vue<br \/>\n\t\t&#8211; l&rsquo;&eacute;laboration de monographies actualisables dans le but de mieux d&eacute;limiter leur champs et identifier les insuffisances afin de permettre la prise de d&eacute;cisions strat&eacute;giques les concernant et de mettre &agrave; la disposition du public et, particuli&egrave;rement les promoteurs, des informations aussi fra&icirc;ches et opportunes que possible.<br \/>\n\t\t20<br \/>\n\t\tEn outre, le volet du d&eacute;veloppement durable en phase avec les soucis de sauvegarde de l&rsquo;environnement n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; omis comme il a &eacute;t&eacute; pr&eacute;cis&eacute; pour le cas notamment des zones de productions dans les r&eacute;gions de Nabeul et de Moknine, o&ugrave; la c&eacute;ramique a de bonne chances de continuer &agrave; se d&eacute;velopper. La poterie rurale, telle qu&rsquo;&agrave; Sajen&egrave;ne et Barrama, est une cible tr&egrave;s convoit&eacute;e dans les actions pour le d&eacute;veloppement des activit&eacute;s de la c&eacute;ramique, et en constitue une composante tr&egrave;s importante vu le potentiel qu&rsquo;elle renferme. D&rsquo;autres outils, qui vont permettre la protection des produits, sont en phase de mise en place. Apr&egrave;s avoir pr&eacute;par&eacute; l&rsquo;arsenal de textes juridiques n&eacute;cessaires relatifs notamment &agrave; l&rsquo;enregistrement des dessins et mod&egrave;les, les marques de fabrique, de commerce et de services, les appellations d&rsquo;origines, les indicateurs g&eacute;ographiques et les indications de provenance, des compagnes de sensibilisation et d&rsquo;encouragement des artisans et entreprises artisanales pour l&rsquo;adh&eacute;sion &agrave; cette d&eacute;marche ont d&eacute;marr&eacute; dans le cadre d&rsquo;un large programme. Il est a noter aussi que le programme de mise &agrave; niveau des entreprises artisanales, dans une version originale o&ugrave; les actions se font &agrave; travers l&rsquo;intervention du Programme de Mise &agrave; Niveau de l&rsquo;industrie, peut apporter un appui important aux entreprises dans les activit&eacute;s de la c&eacute;ramique vu leur pr&eacute;pond&eacute;rance parmi les entreprises structur&eacute;es du secteur. Enfin, les programmes des cit&eacute;s artisanales, des p&eacute;pini&egrave;res d&rsquo;entreprises et des groupements pour l&rsquo;approvisionnement et la commercialisation des produits de l&rsquo;artisanat, que l&rsquo;ONA initie et g&egrave;re dans un esprit de r&eacute;seaux consolid&eacute;s ouvert &agrave; l&rsquo;export, permettront n&eacute;cessairement aux activit&eacute;s de la c&eacute;ramique, &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des autres produits, une meilleure circulation par l&rsquo;exigence de la qualit&eacute; et un positionnement notable sur le march&eacute; international. Tous ces outils, programmes et plans d&rsquo;actions pourraient &ecirc;tre d&eacute;clin&eacute;s, entre autre, en une strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement de la branche des activit&eacute;s de la c&eacute;ramique.<\/p>\n<p>\n\t\tSource:&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.artisanet.org\/file\/Monoceram.pdf\" target=\"_blank\">La monographie sur les activit&eacute;s de la C&eacute;ramique traditionnelle en Tunisie&nbsp;( texte int&eacute;grale)<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La C&eacute;ramique en Tunisie &nbsp; Introduction En Tunisie, l&rsquo;artisanat de la c&eacute;ramique est une activit&eacute; mill&eacute;naire. Il est de nos jours encore bien vivant, essentiellement populaire, diff&eacute;rent et vari&eacute;. Il t&eacute;moigne de l&rsquo;anciennet&eacute; des traditions dans le pays. 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