{"id":5883,"date":"2013-01-03T05:34:22","date_gmt":"2013-01-03T05:34:22","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=5883"},"modified":"2013-01-03T05:34:22","modified_gmt":"2013-01-03T05:34:22","slug":"yasmina-reza-nous-dit-heureux-les-heureux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/yasmina-reza-nous-dit-heureux-les-heureux\/","title":{"rendered":"Yasmina Reza nous dit \u00abHeureux les heureux\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tYasmina Reza nous dit &laquo;Heureux les heureux&raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"metaLine\">\n<p>\n\t\tPar Etienne Dumont<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\tIl s&rsquo;agit cette fois d&rsquo;un roman, dont chaque chapitre se voit centr&eacute; sur l&rsquo;un des personnages. Mais tous, en fait, se connaissent plus ou moins.<\/p>\n<p>\n\tIl existe un ph&eacute;nom&egrave;ne Yasmina Reza. Comment se fait-il que cette femme tr&egrave;s m&eacute;diatique reste l&rsquo;auteur(e) d&rsquo;une seule &oelig;uvre? Car enfin, il faut bien l&rsquo;admettre. A part &laquo;Art&raquo;, jou&eacute; sur les plus grandes sc&egrave;nes du monde et qui remonte tout de m&ecirc;me &agrave; 1994, il n&rsquo;y a vraiment pas grand-chose &agrave; retenir de sa production ult&eacute;rieure. &laquo;Le pique-nique de Lulu Kreutz&raquo; n&rsquo;&eacute;tait pas terrible. &laquo;Une pi&egrave;ce espagnole&raquo; vraiment terrible. Avec &laquo;Une d&eacute;solation&raquo;, tout &eacute;tait dit dans le titre. Et on pourrait continuer comme &ccedil;a longtemps.<\/p>\n<p>\n\t&laquo;Heureux les heureux&raquo; constitue du coup une bonne surprise. L&rsquo;ouvrage se qualifie de roman. Il serait permis de parler de nouvelles, ou plut&ocirc;t de tranches de vie. Les protagonistes changent en effet, selon les r&eacute;cits. Certains d&rsquo;entre eux reviennent sur le devant de ce qui constitue finalement une sc&egrave;ne. D&rsquo;autres r&eacute;apparaissent en filigrane. Normal! Ces gens sont mari&eacute;s. Ils se connaissent. Ils vont chez le m&ecirc;me m&eacute;decin. Bref, il s&rsquo;agit d&rsquo;un petit monde, qui s&rsquo;agite ici d&rsquo;une mani&egrave;re un peu st&eacute;rile.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Monologues<\/strong><\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;ouvrage commence ainsi avec des courses dramatiques dans un supermarch&eacute;. Robert Toscano s&rsquo;irrite contre son &eacute;pouse Odile, &agrave; la fois incomp&eacute;tente et brouillonne. Le couple finirait par en venir aux mains, tant la haine monte. Sous pr&eacute;texte de r&eacute;cup&eacute;rer un trousseau de clefs, le mari arrache d&rsquo;ailleurs le sac de son &eacute;pouse pour avoir le plaisir de lui tordre douloureusement un bras. Le tout sous le regard narquois des clients, ravis de voir plus malheureux qu&rsquo;eux. Une sc&egrave;ne de la vie ordinaire, quoi!<\/p>\n<p>\n\tLes Toscano vont revenir par moments dans cet ouvrage sans intrigue, et donc sans progression dramatique. La maladie joue pourtant son r&ocirc;le. Philip Chemla est ainsi canc&eacute;rologue. Mais dans son monologue, moyen d&rsquo;expression principal d&rsquo;&laquo;Heureux les heureux&raquo;, il reste question de ses probl&egrave;mes sexuels. Cet homme encore jeune aime les gar&ccedil;ons un peu brutaux, qu&rsquo;il paie. L&rsquo;argent doit sans doute faire taire sa culpabilit&eacute;, n&eacute;e de son &eacute;ducation juive. Et puis, il y a des gens qui aiment se sentir coupables, comme d&rsquo;autres aiment le chocolat.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Juda&iuml;cit&eacute; marqu&eacute;e<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLa juda&iuml;cit&eacute; forme d&rsquo;ailleurs le trait d&rsquo;union entre la plupart des personnages. Un trait constant chez Yasmina R&eacute;za. L&rsquo;auteur d&rsquo;&laquo;Adam Haberberg&raquo; sait cependant &eacute;viter l&rsquo;impression de ghetto caract&eacute;risant les fictions d&rsquo;une Eliette Abecassis. Chez cette derni&egrave;re, la question religieuse devient si pr&eacute;sente que les lecteurs d&rsquo;autres confessions se sentent exclus. Il s&rsquo;agit pour eux d&rsquo;une forme d&rsquo;ethnographie.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;autre trait reliant les pantins de cette sarabande serait l&rsquo;aisance sociale. Le roman fran&ccedil;ais, on le sait, ne conna&icirc;t ni le travail, ni les probl&egrave;mes d&rsquo;argent. Du moins dans son immense majorit&eacute;. Ici, on sort donc de l&rsquo;ENA (Ecole nationale d&rsquo;administration). On est grand reporter. Grand banquier. Joueur de poker de niveau international. C&rsquo;est comme si tous ces &laquo;grands&raquo; devaient faire de Yasmina Reza un grand auteur, ce qui ne demeure certes pas le cas.<\/p>\n<p>\n\tCela dit, pour une fois avec elle, la chose se r&eacute;v&egrave;le tout &agrave; fait lisible. Un dimanche de pluie, tout de m&ecirc;me.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Pratique<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&laquo;Heureux les heureux&raquo;, de Yasmina Reza, aux Editions Flammarion, 189 pages. Sortie le 2 janvier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Yasmina Reza nous dit &laquo;Heureux les heureux&raquo; &nbsp; Par Etienne Dumont &nbsp; Il s&rsquo;agit cette fois d&rsquo;un roman, dont chaque chapitre se voit centr&eacute; sur l&rsquo;un des personnages. Mais tous, en fait, se connaissent plus ou moins. Il existe un ph&eacute;nom&egrave;ne Yasmina Reza. 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